Publié le 20 Octobre 2017

La 4ème édition du concours photo "Insectes de France" de l'Agrion de l'Oise arrive en phase finale ces prochains jours.

Le jury, présidé par Gilles Mermet, journaliste et artiste-photographe, s'est tenu et a délibéré  le 19 septembre. Nous avons reçu des photos d'excellente qualité venues de toute la France. Les Hauts-de-France ont fourni 78% des candidats, dont  les 4/5 de l'Oise. Mais on n'en trouve aussi de nombreuses autres régions de France (Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d'Azur,  et même de Belgique, les insectes passent les frontières,

Belle façon d'honorer les insectes dont la raréfaction, récemment démontrée par des scientifiques allemands, ne peut que nous inquiéter. En effet si certains insectes vecteurs de maladies, ravageurs des cultures ou invasifs nous perturbent, les nombreuses espèces de pollinisateurs - il n'y a pas que l'abeille mellifère -  menacées par les pesticides, nous sont indispensables. Et n'oublions pas la place des insectes dans la chaîne alimentaire et leurs fonctions de nettoyeurs de la nature ou de bio-contrôle.

Du 21 au 28 octobre, venez voter pour votre photo d'insecte préférée

Le jury a sélectionné 24 photos, parmi lesquelles il a décerné les prix "adulte" et "jeune". Les résultats ne seront connus que le 28 octobre à l'issue d'une semaine d'exposition pour que le public puisse lui aussi décerner ses prix.

L'exposition de cette 4ème édition se tiendra comme les deux années précédentes dans la galerie marchande du centre commercial "Val d'Halatte" à Pont-Sainte-Maxence (Leclerc). Le public pourra voter du 21 au 28 octobre pour sa photo préférée. L'an dernier, nous avions décompté près de 900 votants.

La proclamation des prix du public et du jury sera faite à l'issue du dépouillement, samedi 28 octobre vers 17h00. Les lots offerts par l'Agrion de l'Oise et ses partenaires : groupe E. Leclerc, Photo Henrique, Grand Optical, Oise Tourisme et McDonald's,  seront remis aux photographes primés présents. Les absents, rassurons-les, devront encore attendre un peu une livraison par la poste.

Deux bulletins de vote tirés au sort permettront à leurs déposants de gagner un lot.

Alors venez dès samedi 21 octobre admirer ces photos, faire votre choix et déposer votre bulletin dans l'urne. Nous vous attendons.

 

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 26 Septembre 2017

Jeudi 14 septembre, le photographe Jean-Pierre Bertrand était le conférencier invité pour notre 14ème réunion trimestrielle, qui cette fois-ci se tenait à Rieux.

Collembole de type Arthropléone (allongé)

Collembole de type Arthropléone (allongé)

Un public où se retrouvaient quelques photographes d’insectes qui venaient découvrir ces petits arthropodes à 6 pattes, qui ne sont plus classés parmi les insectes.

Après une courte introduction, Jean-Pierre nous a projeté, en avant-première la vidéo de 4’58 « La litière du sol, un univers inconnu » qu’il a réalisé en milieu naturel – la forêt de Halatte - avec Patrick Bodu pour le montage et les vues d’ensemble. C’est Claudine Guittet qui a écrit et dit le commentaire. Avant-première en effet, car la vidéo sera présentée le 15 octobre prochain au Festival international Nature à Namur

vue de la salle

vue de la salle

Après la projection de la vidéo, que nous avons vraiment beaucoup appréciée et que nous espérons voir récompensée à Namur, Jean-Pierre a poursuivi avec ses photos sur la description et le mode de vie extraordinaire des collemboles : alimentation, longévité, reproduction, etc.

La classification distingue aujourd’hui dans la classe des Hexapodes :

  • La sous-classe des Insectes
  • La sous-classe des Entognathes (signifiant pièces buccales internes, encloses dans une poche sous la tête) comprenant :
    • Protoures
    • Diploures
    • Collemboles
Collembole de type Symphypléone (pyriforme, antennes plus longue que la tête)

Collembole de type Symphypléone (pyriforme, antennes plus longue que la tête)

Ces trois sous-classes étaient autrefois dénommées insectes aptèrigotes, au côté des thysanoures, toujours classés insectes  (dont le lépisme ou poisson d’agent).

Les collemboles sont très anciens, ils existaient déjà au Dévonien (400 millions d’années), sans doute avant les insectes, ce que montrent les fossiles trouvés.

Notre conférencier Jean-Pierre Berrtrand décrit l'anatomie d'un collembole

Notre conférencier Jean-Pierre Berrtrand décrit l'anatomie d'un collembole

Comme les insectes, les collemboles ont bien 6 pattes, un corps en 3 parties, 2 antennes segmentées. Les extrémités des pattes sont munies de griffes. Le thorax ne se distingue pas aussi bien que chez les insectes.

Les collemboles n’ont pas d’ailes (aptèrygotes) et surtout ont un appareil buccal (mandibules et maxilles), caché dans une cavité appelée la capsule céphalique (entognathe).

Sinon ils ont bien un corps en 3 parties et 2 antennes.

Ils n’ont pas des yeux à facettes, mais de simples ocelles, 1 à 8, regroupées ou non.

En plus ils possèdent deux organes tout à fait originaux : la furca et le collophore :

  • La furca, espèce de fourche sous le corps, leur permet de se projeter très rapidement en se détendant brusquement vers l’arrière. Ce saut leur permet d’échapper à un prédateur ou d’échapper à un milieu, par exemple l’eau d’une ornière. La direction du saut n’est pas contrôlée, c’est un mécanisme de fuite et de survie. On l’observe surtout quand, en soulevant la feuille sous laquelle ils s’abritent, on les met en pleine lumière. Ils n’aiment pas :  ils sont lucifuges. Jean-Pierre nous a présenté quelques vidéos montrant la rapidité extraordinaire de leur saut.
  • et un tube ventral, le collophore, dont les fonctions sont encore discutées. Plusieurs hypothèses : il leur permettrait de rester accroché aux surfaces lisses, de respirer via sa mince paroi, il aurait une fonction de régulation de la teneur en eau dans leur corps (le plus souvent évoqué), il pourrait servir à la réception après le saut, il permettrait en s’allongeant au collembole de se nettoyer. Jean-Pierre dit avoir observé cette fonction de toilettage.
Anatomie d'un collembole de type Symphypléone

Anatomie d'un collembole de type Symphypléone

Les collemboles sont répandus partout et il en existe entre 8 000 et 50 000 espèces, dont 1 000 en France.

Quelques photos nous montrent que leur corps peut être couvert de poils, ou d’écailles ou encore lisse et orné de dessins.

La reproduction des collemboles est, suivant les espèces :

  • sexuée (mâle et femelle)  - ce qu’illustre la photo d’une parade d’accouplement de l’espèce Sminthurides parvulus, mais le dépôt d’un spermatophore par le mâle permet à la femelle d’être fécondée en s’y frottant,
  • ou asexué (parthénogénèse).

Certaines espèces se reproduisent en utilisant les deux modes. Les œufs sont déposés sur un substrat humide, isolés ou en paquet. Les quantités dépendent de la disponibilité de nourriture du site.

Croissance du collembole

Croissance du collembole

Les collemboles ne subissent pas de métamorphoses. La croissance se poursuit tout au long de la vie et se fait par mues successives, de 40 à 50 selon les espèces. Le stade adulte apparait après 4 ou 5 mues. Les collemboles vivent en général moins d’un an. Le record de longévité observé en laboratoire est de 5 ans et 7 mois.

La grande majorité des espèces sont saprophages, c’est-à-dire qu’elles se nourrissent de matières en décomposition. Les champignons, hyphes mycéliens, semblent être leur nourriture préférée. Certaines espèces se nourrissent de végétaux vivants, notamment Smithurides viridis, appelé puce de luzerne, considéré comme un ravageur invasif en Australie, où il aurait été introduit sans prédateur. Les collemboles consomment également des pollens, des algues ou des bactéries. Peu d’espèces seraient carnivores.

Les collemboles sont des proies pour les carnivores notamment les arachnides, comme les pseudo-scorpions ou les gamases.

Les collemboles ont colonisé à peu près tous les milieux terrestres et aquatiques. Certaines espèces ont été trouvées en Antarctique, d’autres à 7000 m d’altitude dans l’Himalaya, d’autres dans des grottes très profondes (-2000 m), ou dans les déserts australiens…

Mais ils sont surtout abondants dans les sols offrant nourriture et conditions climatiques favorables.

Les collemboles sont hygrophiles, ils n’aiment donc pas la sécheresse. Pour y échapper, ils s’enfoncent dans le sol. Certaines espèces ont des cycles de vie leur permettant d’échapper au stress hydrique. Par exemple, elles raccourcissent leur temps de croissance pour échapper à la période critique. D’autres succombent mais leurs œufs résistent à la sécheresse. D’autres enfin effectuent un changement métabolique qui leur permet de s’adapter.

De même les collemboles s’enfoncent pour résister au froid. D’autres espèces, comme chez certains insectes, produisent des molécules antigel (glycérol). Dans les régions très froides (Antarctique), le cycle de vie s’allonge jusqu’à 2 ans d’œuf à œuf pour une éclosion au moment propice.

Collembole pyriforme

Collembole pyriforme

Leur rôle dans l’écosystème du sol.

Les collemboles régulent la microflore bactérienne des sols en limitant le développement des bactéries et champignons, tout en favorisant leur dissémination. Ils participent également à la dissémination de pollens ou de spores. Ils peuvent favoriser l’assimilation de l’azote par les plantes. Bref ils font partie de tous ces organismes qui contribuent à rendre le sol fertile, sachant que les phénomènes agissant sont complexes et encore mal connus.

Certaines espèces peuvent contribuer à la diminution des maladies parasitaires, notamment celles liées à la présence de champignons.

Quelques rares espèces sont reconnus comme raveuses de cultures. C’est notamment le cas pour des espèces introduites dans une région du monde où leurs prédateurs naturels sont absents, par ex. pour Sminthurus viridis en Australie.

Les sols forestiers sont ceux qui sont le plus favorables au développement des collemboles (jusqu’à 10 000 individus au m²). Les sols à usage agricole le sont moins (environ 2 000 au m² seulement). Le type de pratique agricole influence bien évidemment la richesse de la microfaune. Les labours profonds et l’usage de pesticides, notamment herbicides sont particulièrement défavorables. En revanche la permaculture les favorise. Les prairies sont quant à elles nettement plus riches en biodiversité du sol.

Collembole pyriforme

Collembole pyriforme

En conclusion : où et comment les trouver chez nous ?

En forêt, à l’automne, c’est le plus facile. La chute des feuilles apportant une nourriture abondante, le temps humide et des températures clémentes favorisent le développement des collemboles qui sont alors très nombreux.

Dans l’herbe, en particulier sur le trèfle, il est possible de les observer toute l’année, sauf pendant les périodes de gel ou de sécheresse.

Une loupe st nécessaire, la petite taille de ces animaux l’impose.

La microphotographie est le meilleur moyen pour les découvrir mais n’est pas simple à mettre en œuvre.

 

Un diaporama de photos prises par Jean-Pierre au cours de ses longues heures en forêt nous a permis d’apprécier sa patience, sa haute technicité et son talent artistique.

Collembole de type pyriforme

Collembole de type pyriforme

Quelques mots sur notre conférencier

Jean-Pierre a été au départ attiré par la photographe d’insectes et L’Agrion de l’Oise a pu monter pratiquement sa toute première exposition photo avec les siennes. Il nous a d’ailleurs confié ses tirages en garde, nous en présentons à l’occasion, et les beaux encadrements noirs sont encore utilisés pour nos expositions. Il faut le remercier pour ce généreux prêt.

Il s’est depuis passionné pour les collemboles et attend l’automne avec fièvre pour aller passer des heures allongé sur les feuilles, que les collemboles vont transformer en humus. Les promeneurs sont étonnés, voire inquiets, de le voir ainsi et viennent souvent lui demander si tout va bien. C’est aussi pourquoi, il préfère travailler dans des endroits isolés.

Il regrette cependant le manque de neige de nos derniers hivers, la neige permettant de photographier sur un support étincelant des quantités de sujets particulièrement bien mis en valeur. Témoin cette photo :

Sur la neige

Sur la neige

En action sur un tapis de feuilles ©Patrick Bodu

En action sur un tapis de feuilles ©Patrick Bodu

Jean-Pierre photographie et filme avec un Canon EOS 6D et les objectifs macro appropriés.

Certaines photos sont obtenues par superposition d’images (focus stacking ou empilage de mise au point), focus légèrement décalé pour maximiser la profondeur de champ des images, c’est-à-dire augmenter la zone de netteté. Il utilise le logiciel Zerenestacker (payant).

Pour la vidéo, il utilise son boitier Canon EOS 6D équipé d’un objectif Canon 65MPE et 2 torches à LED et pose l'appareil sur un bean bag (une espèce de coussin pour assurer une bonne stabilisation)

Si vous allez en forêt cet automne, penchez-vous vers les feuilles tombées, remuez-les un peu et vous devriez voir des bestioles sauter de tous côtés. Si vous avez du trèfle dans votre pelouse, il y a probablement d’autres espèces à observer. Ce petit monde est indispensable à la nature, donc nous est indispensable, et, sachez que lui aussi, est très sensible aux produits chimiques, que nous utilisons encore trop largement. Alors Zéro Phyto SVP.

Merci Jean-Pierre.

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 22 Septembre 2017

Notre jury s'est tenu le 19 septembre sous la présidence de Gilles Mermet, journaliste et photographe d'art.

Après une longue délibération, au vu du nombre de candidats et de la qualité des photos reçues, le jury a sélectionné 24 photos, parmi lesquelles il a décerné ses prix Jeunes (moins de 18 ans) et Adultes.

A noter que nos candidats sont majoritairement originaires des Hauts-de-France (78%), des hommes (59%), actifs ou scolarisés (65%), ont déjà participé au moins une fois à notre concours (60%). Il y a eu plus de jeunes candidats que l'an dernier, c'est heureux mais pas encore suffisant. Aux photographes chevronnés d'encourager et de former la jeune génération, d'autant que le smartphone lui permet de faire ses premiers pas, avant de passer au reflex et à l'objectif macro.

Les lépidoptères sont les insectes les plus fréquemment photographiés (22,3%), suivi des odonates (18,4%), des hyménoptères (15,6%), des diptères et des coléoptères (11,2% ex æquo). 6 autres ordres étaient représentés avec au moins une espèce.

Les insectes ne manquent pas, leur diversité est incroyable, leur beauté est souvent surprenante et le jardin, le parc municipal, le pré ou la forêt proches, peuvent être des destinations de safaris pleines de bonnes surprises et de charme.

Les 24 candidats sélectionnés ont été avisés par mail individuel, les recalés par mail collectif. Les "nominés" doivent nous faire parvenir le fichier numérique de leur cliché sous la meilleure définition disponible, ainsi que les caractéristiques techniques de leur prise de vue, y compris le lieu et l'heure. Une légende - de maximum 140 caractères - leur est également demandée, précisant autant que faire se peut le nom de l'espèce d'insecte photographiée. Mais bien sûr ce n'est pas une obligation. Nos spécialistes sauront s'il le faut attribuer le nom latin de l'espèce.
 

Le point sur le concours photo "Insectes de France" 2017

Les photos - tirées avec le plus grand soin en format 30x40 par notre partenaire Photo Henrique - seront exposées du 21 octobre au 28 octobre dans la galerie marchande du centre commercial "Val d'Halatte" à Pont-Sainte-Maxence (Centre Leclerc). Le public pourra alors voter pour sa photo préférée.

Le dépouillement des votes sera effectué en public le samedi 28 octobre vers 16h30. Deux bulletins de vote seront tirés au sort et un lot leur sera offert.

La proclamation des prix du Jury et du Public se fera vers 17h00. Les lauréats présents recevront leurs diplômes et les prix attribués grâce à nos partenaires Espace culturel Leclerc, Jardi- et Brico-Leclerc, Grand Optical, Oise Tourisme, Photo Henrique et McDonald's, que nous remercions.

Venez nombreux voter pour votre photo préférée.

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 15 Septembre 2017

Voici la suite de l’article paru sur ce blog le 20 août dernier.

Il s’agit de textes tirés de l’ouvrage d’Achille Guénée (1809-1880 à Châteaudun), spécialiste des papillons et de leurs chenilles, fondateur de la Société entomologique de France.

Les entomologistes vus par Achille Guénée (suite)

"Le véritable entomologiste lui-même échappe rarement à quelques-uns de ces défauts ou, si l’on veut, de ces ridicules. Seulement, ce qui est pour les autres un but n’est pour lui qu’un moyen. Il rassemble les faits connus, les groupe en mille manières diverses et en extrait des idées d’une fécondité que ne soupçonnent pas ceux qui sont étrangers à ces mystères ; Il étudie les mœurs avec attention et curiosité, mais sans être poursuivi par ce besoin de trouver des miracles, qui dévore incessamment certains faiseurs de livres ; car il sait que la nature est assez grande par elle-même pour que ces merveilles n’aient pas besoin d’être exagérées, mais il sait aussi que cette belle simplicité dérobe souvent la perfection aux yeux de l’observateur inattentif. Avec un brin d’herbe ployé, une écorce tuméfiée, un trou dans le sable, tout est pour lui matière à réflexion. Cette réflexion ne l’abandonne pas même dans ses recherches de simple chasseur, car il a éprouvé qu’elle dirige mieux que le hasard ; aussi trouve-t-il souvent une abondante récolte en restant patiemment courbé là où d’autres ont passé en courant. Se hasarde-t-il à publier le résultat de ses investigations, il dédaigne ces descriptions isolées de genres ou d’espèces nouvelles qui font presque toujours sacrifier la science à la satisfaction d’une puérile vanité et il aime mieux donner son nom à des idées qu’à des insectes. Enfin, qu’il parcoure les champs ou qu’il tienne les filets ou la plume, l’entomologie est toujours pour lui à la fois une étude et un délassement, un travail et un plaisir."

à la recherche du brin d'herbe ployé, le photographe entomophile .©Roger Puff

à la recherche du brin d'herbe ployé, le photographe entomophile .©Roger Puff

"J’aurais pu vous parler de ces susceptibilités ombrageuses, de ces polémiques aigres-douces, de ces discussions de priorité, petites jalousies et grandes vanités, auxquelles l’entomologiste paye tribut comme tout le reste des savants, genus irritabile ; mais tout cela a été dit cent fois et mieux que je ne pourrais le faire. J’aime mieux le suivre maintenant dans sa vie sociale et vous raconter ses tribulations publiques et ses joies privées."

chenille de noctuelle Triaena psi ©Roger Puff

chenille de noctuelle Triaena psi ©Roger Puff

"Il n’est guère de ville, grande ou petite, qui ne recèle au moins un entomologiste et, comme il est généralement peu soucieux de son accoutrement, comme il pousse quelquefois l’oubli du respect humain jusqu’à passer dans les rues enseignes déployées, il y est promptement remarqué. Or, dans une petite ville, qui dit remarqué dit critiqué. Et combien y a-t-il en France de grandes villes qui ne soient pas petites villes sous ce rapport. Il faut donc qu’il se résigne à subir les inconvénients de l’excentricité, c’est-à-dire à être regardé avec une étonnement peu flatteur par les dix-neuf vingtièmes des habitants, pour lesquels « faire comme tout le monde » est la suprême loi. Aussi, la partie masculine de la population l’accuse-t-elle de manquer de maturité dans les idées, tandis que la partie féminine (je ne parle pas seulement des femmes) lui reproche de ne pas porter de sous-pieds à ses pantalons. Le filet surtout fourni aux hommes graves un argument sans réplique. Il est vrai que la plupart ses entomologistes, effrayés de ce hourrah universel, déguisent ingénieusement et instrument réprouvé sous la forme d’une canne ; mais une fois sorti de la ville, il faut bien se décider à le déployer et les promeneurs du dehors ne tardent pas à surprendre la flagrant délit. Or, les gens raisonnables ne peuvent s’habituer à regarder un filet autrement que comme un jouet d’enfants, même ceux qui respectent la virilité dans le fusil de l’ornithologiste ou le râteau de l’horticulteur. Tel qui comprendra parfaitement qu’un homme sérieux s’occupe à faire de la tapisserie, ne lui pardonnera pas de chasser des papillons. Enfin, les gens instruits d’eux-mêmes, qui sont convaincus de la nécessité et de l’élévation des sciences naturelles, ont une peine infinie à admettre l’entomologie au même rang que l’étude des grands animaux, comme si la nature avait proportionné à la grosseur ou tarifé au kilogramme l’intérêt et la beauté de ses productions."

entomophile photographe muni d'un filet à papillons ©Roger Puff

entomophile photographe muni d'un filet à papillons ©Roger Puff

"Mais les blâmes les plus violents que l’entomologiste ait à subir sont ceux de cette classe de personnes qui mettent au premier rang l’utilité et qui conçoivent difficilement qu’on puisse être supporté sur la terre à moins d’y spéculer sur les grains ou d’y auner les étoffes. Ces personnes, qui sont fermement convaincues qu’elles n’exercent leurs professions que pour le plus grand bien de l’humanité, ne trouvent pas assez de dédains pour l’homme qui se voue à une science si peu productive et, généralement, elles se contentent de l’accueillir au passage par un magnifique haussement d’épaules.

Enfin, il n’est pas jusqu’à ces gens inoffensifs, ces hommes bonae voluntatis, dont parle l’Ecriture, que ne jettent aussi leur part d’improbation au pauvre entomophile ; seulement ceux-là sont plus doux dans leurs jugements et plaignent plutôt qu’ils n’accusent. J’en ai entendu s’écrier, avec une compassion parfaitement sincère : « Quel dommage que ce pauvre M. N*** ait la cervelle dérangée ! Un jeune homme qui pouvait aller à tout ! »."

volucelle ©Roger Puff

volucelle ©Roger Puff

"Ce n’est pas tout. Quand l’entomologiste est rentré dans la vie commune, quand il a quitté son attirail de chasseur pour l’habit noir et les gants jaunes (les gants jaunes sont bien déchus aujourd’hui) et qu’il se risque à aller dans une soirée prendre sa part de ce plaisir qu’on vous vend au pied carré, ses tribulations ne sont pas finies. Sans doute la politesse enchaîne alors les langues et maintient les épaules dans leur position horizontale, mais il devient la proie des phraseurs, qui, après avoir passé la journée à sacrifier au dieu Argent dans leurs diverses officines, éprouvent secrètement, malgré leurs dires, le besoin de se réhabiliter à ses yeux du délit de lèse-intelligence. Ainsi un grave personnage s’écriera en lui prenant la main : « Ah ! monsieur, croyez que je sens tout ce qu’il y a de poésie dans vos études favorites ! Et moi aussi, monsieur, j’étais né pour aimer la nature et tout mon regret est que mes occupations m’empêchent de l’admirer sans distraction. » ou bien un autre, l’abordant ex abrupto : « Ah ! mon cher, j’ai pensé à vous aujourd’hui ; figurez-vous que j’ai rencontré dans mes bois un insecte magnifique (suit la description pittoresque dudit insecte, lequel est plus habituellement de toutes les couleurs). Savez-vous que c’est une douce occupation que la vôtre et que j’envie parfois votre bonheur ? ». Ou encore c’est l’homme politique du lieu, le candidat qui a échoué le matin et dont la pétition au ministère est restée sans effet : « Mon Dieu, monsieur N***, que vous êtes heureux de n’avoir point d’ambition et que vous êtes véritablement sage de préférer vos jouissances tranquilles aux misérables plaisirs de la vanité satisfaite ! »."

Pertit sylvain Limenitis camilla ©Roger Puff

Pertit sylvain Limenitis camilla ©Roger Puff

"Eh bien ! tous ces mensonges dorés, qu’autorise la politesse, sont peut-être plus difficiles à endurer pour l’entomologiste que les dédains sincères de ces mêmes personnages, car ils prouvent que ces hommes, qui lui accordent la perspicacité des yeux du corps, ne lui supposent pas assez de bons sens pour deviner que le plus désintéressé d’entre eux – s’il n’était condamné à quitter ses places, ses honneurs, son argent, pour ces occupations dont il vante la douceur – y périrait de regret et d’ennui."

A suivre

Nous aurons prochainement l'occasion de revenir sur la fin du texte de cet entomologiste qui décrit si bien, avec affection et avec finesse, ses collègues et ici met le doigt sur tous ceux qui - avec un regard amusé ou dédaigneux- les observent et les critiquent.

Et merci à Michel, le photographe entomophile.

 

 

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 28 Août 2017

Une conférence sera donnée par Roger Puff, président de l'association L'Agrion de l'Oise,  le samedi 2 septembre à 15h30 à la Médiathèque de Nogent-sur-Oise (1 rue Denis Diderot).

Elle traitera de la place des insectes, notamment des pollinisateurs, dans la "nature en ville" et des dispositions Zéro-Phyto applicables à l'espace public et aux jardins des particuliers.

La Médiathèque exposera également du 2 au 30 septembre les photos lauréates des trois premiers concours photos  "Insectes de France 2013-2016".

Rappelons que la 4ème édition du concours photo 2017 sera clôturée le 31 août à minuit.

les insectes et la Nature en ville

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 20 Août 2017

J’aimerais vous faire partager un petit texte relevé dans un opuscule que j’ai déniché dans une bibliothèque scientifique, où je vais fouiner quelquefois.

L’opuscule est titré « Les Entomologistes peints par eux-mêmes ». Il a été rédigé par un certain Achille Guénée et édité en 1934 aux Imprimeries Oberthur à Rennes.

Achille Guénée, avocat de profession, est un entomologiste né en 1809 à Chartres et mort en 1880 à Châteaudun. Il s’intéresse très tôt aux lépidoptères dont il fait sa spécialité. Il écrit de nombreux ouvrages sur les papillons et les chenilles. Il fait partie des fondateurs en 1832 de la Société entomologique de France et en est le président de 1848 à 1874.

Le texte, dont je vous livre les premières pages, est initialement paru dans le Recueil des travaux de la Société libre de l’Eure pour 1842, sans doute une allocution prononcée à Evreux par Achille Guénée devant les membres de la société savante euroise. L’ouvrage consulté a donc été publié 92 ans après et nous y revenons ici encore 175 ans plus tard.

Notre savant connaissait bien ses collègues entomologistes de l’époque et pouvait se permettre de faire avec humour le portrait de quelques spécimens caractéristiques. Voilà ce qu'il écrit en 1842.

"Et d’abord, qu’est-ce qu’un entomologiste ? La définition n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire, car chez ces êtres, comme dans leurs collections, il y a une foule de variétés."

Carabe coriacé ou chagriné (Carabus coriaceus) © Hubert Carpentier

Carabe coriacé ou chagriné (Carabus coriaceus) © Hubert Carpentier

"Il y a l’entomologiste collectionneur, dont la vocation n’est point spéciale, et qui ne fait qu’obéir au développement particulier de son crâne, qui l’a voué dès sa naissance à la manie des collections. Il ramasse et amasse des insectes comme il ramasserait des plantes, des coquilles, des médailles. Des bouquins et souvent, en effet. Il cumule tous ces goûts. Réunir le plus possible d'objets soigneusement rangés et étiquetés. Pouvoir se vanter de posséder seul tel carabus ou tel Elzévir[1], tel est son suprême bonheur. Du reste, il use peu ou point de ses propriétés une fois acquises ; chaque objet a sa place dans son casier et dans sa mémoire, mais il ne sort pas plus de l’un que de l'autre. "

 

[1] Elzevir : ouvrage sorti des presses des fameux typographes hollandais qui portaient ce nom, généralement de petit format in-12

Echiquier occitan (Melargania occitanica) © Alexandre Ramon

Echiquier occitan (Melargania occitanica) © Alexandre Ramon

"Il y a l’entomologiste commerçant, qui reporte sur la science une vocation pour le négoce qui n'a pu s’exercer autrement. Celui-là ne rêve qu'échanges, correspondances, comptes ouverts, ventes et achats. Ce qui n'est pour le premier qu'un moyen de se procurer les objets qui lui manquent devient pour lui un but principal. Tombe-t-ii sur une espèce recherchée, il en remplit ses boîtes, son chapeau, ses poches. Il cote la valeur de chaque objet et consent à rabattre quelques centimes s'il Iui manque une patte ou une antenne ; mais il n'estime eu général que la marchandise irréprochable et il préférera se passer toute sa vie du papillon le plus curieux, s'il n'est muni d'un certificat constatant qu'il n'a jamais volé et que la fatale épingle a terminé son existence à peine commencée. Du reste, il déploie dans l’exercice de ses goûts une activité, une adresse, un arsenal de ruse et d’éloquence commerciales, qui l’aurait mené loin dans une autre partie. C’est un commis-voyageur perfectionné."

Salvazana imperialis (hémiptère de la famille des cicadides, photographié à l'insectarium de Gaspésie Canada) © Roger Puff

Salvazana imperialis (hémiptère de la famille des cicadides, photographié à l'insectarium de Gaspésie Canada) © Roger Puff

"Pour l’entomologiste voyageur, les insectes ne semblent qu’une occasion de courir le monde ; son imagination ardente lui représente sans cesse des forêts obscurcies par le vol des lépidoptères ou des prairies dont chaque brin d’herbe est chargé d’un coléoptère. L’expérience ne le guérit point et, s’il a parcouru quatre parties du monde, c’est dans la cinquième qu’il placera cet impossible Eldorado. C’est du reste un héros pour le courage et la persévérance ; les dangers ne sont rien pour lui et partout où surgit un Cook, un Laplace, un d’Urville, il ne manque jamais à l’appel."

Bousier (Geotrupes stercorarius ??) © Roger Puff

Bousier (Geotrupes stercorarius ??) © Roger Puff

"Son opposé est l’entomologiste observateur, qui sort peu de son jardin, où il passe sa vie à suivre les manœuvres du nécrophore ou les pérégrinations de la fourmi. Celui-là lit peu des livres et, les faits les plus connus étant nouveaux pour lui, le nombre de ses jouissances défie les plus étroites limites. Aussi ce goût d‘observation se rencontre-t-il souvent dans les hommes les plus illettrés chez lesquels il témoigne d’une franche admiration pour les beautés naturelles."

Grande biche (femelle de Lucanus cervus) © Roger Puff

Grande biche (femelle de Lucanus cervus) © Roger Puff

""L’entomologiste classificateur est tout différent. Il vit au milieu des livres et accepte généralement comme prouvés tous les faits qui y sont consignés ou plutôt il s’en inquiète peu. Un coléoptère a-t-il quatre ou cinq articulations aux tarses, voilà pour lui la question capitale. Il écrira des volumes pour prouver que tel qui parait avoir quatre segments en a réellement cinq ; seulement le cinquième n’est pas visible, voilà tout. Il se soucie médiocrement des affinités réelles des espèces entre elles et de la conformité des mœurs ou d’habitudes par laquelle la nature semble avoir voulu les rapprocher ; pour lui, la vie même est une faculté accessoire ; il n’étudie que des cadavres."

Présentation de papillons exotiques Musée des Confluences Lyon © Roger Puff

Présentation de papillons exotiques Musée des Confluences Lyon © Roger Puff

"Le véritable entomologiste … " [à suivre]

Nul doute que les entomologistes d’aujourd’hui n’ont plus grand chose à voir avec ces stéréotypes du XIXème siècle. Cela dit les entomologistes de cette époque qui pour la plupart étaient de distingués amateurs, étaient souvent des plus compétents, comme nous l’avons d’ailleurs vu avec l’exemple de Charles Janet.

Bien sûr, Achille Guénée ne traite pas encore de l’entomologiste amateur photographe… (je me permets de vous rappeler que vous avez jusqu’au 31 août à minuit pour envoyer vos photos à notre concours…).

Pour ce qui me concerne, je ne suis pas entomologiste, amateur oui, mais sans être classificateur j’ai du plaisir à rechercher le nom scientifique des bestioles que je photographie (mais je me trompe parfois et demande votre indulgence) et je ne dédaigne pas de tirer le portrait d’un vulgaire diptère, encore que certaines mouches soient souvent très brillantes, et je ne parle pas de notre belle cétoine dorée.

 

 

cétoine dorée (Cetonia aurata) © Roger Puff

cétoine dorée (Cetonia aurata) © Roger Puff

Si vous le voulez bien, nous reviendrons une autre fois sur ce petit opuscule bien intéressant.

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 6 Août 2017

Le dernier mois est entamé.

Vos photos d'insectes sont faites ? Envoyez les nous dès à présent avec votre bordereau de participation. Cela nous évitera d'avoir tout à traiter début septembre.

Vous n'êtes pas satisfaits de vos clichés ? Il vous reste jusqu'à fin août pour en faire d'autres.

Vous ne vous êtes pas encore lancés ? Il n'est pas trop tard.

Il vous reste 25 jours pour faire trois photos d'insectes et nous les faire parvenir impérativement avant le 31 août à minuit accompagnées du bordereau de participation.

J-25 - Dernier rappel pour notre Concours Photos "Insectes de France"

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 21 au 28 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement 2017 complet

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez la moindre question.

Bordereau de participation 2017 (à copier-coller) ou à demander à lagriondeloise@orange.fr

C'est simple : faites nous parvenir vos 3 plus belles photos d'insectes (mais si vous n'en proposez qu'une, ce n'est pas grave) et l'indispensable bordereau donnant votre identité et votre autorisation pour l'utilisation de ces photos.

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 1 Août 2017

Une famille adhérente a eu la chance de passer 15 jours en périple au Japon.

Elle nous a fait le plaisir de nous envoyer quelques photos de son beau voyage. Les deux premiers jours à Tokyo, il fallait se remettre du jetlag et surtout visiter la mégapole (enfin en partie).

 

vu en ville de jour et by night

vu en ville de jour et by night

Mais le 3ème jour, comme il pleuvait la visite des musées s'imposait.

Le Musée de Tokyo présentait entre autres des samouraïs. Celui-là couronné de cornes impressionnantes sera un avant-goût du Musée des Sciences et de la Nature où on trouve des dinosaures, mais aussi – ouf ! – des insectes.

Les coléoptères, guerriers entomologiques, avaient manifestement inspirés la tenue des valeureux guerriers.

Du mimétisme

Du mimétisme

D'autres coléos tout aussi lourdement armés

D'autres coléos tout aussi lourdement armés

De charmantes libellules

De charmantes libellules

D'autres spécimens

D'autres spécimens

... comme ces mormolyces, ce Fulgura lampetis (une espèce d’hémiptère cousin des punaises)  ou cette Exaerete frontalis, une espèce d’abeille…

A voir aussi une belle présentation didactique de la pollinisation

A voir aussi une belle présentation didactique de la pollinisation

Après Tokyo notre famille a pris le Shinkansen pour Nikko, un adorable site bouddhiste dans la montagne, où ils n'ont passé - à regret - qu'une journée.

Pont Shinkansen 					Sanctuaire de Toshogu

Pont Shinkansen Sanctuaire de Toshogu

Tonneaux de saké (ah ces moines boudhistes ont des réserves pour l'hiver !)

Tonneaux de saké (ah ces moines boudhistes ont des réserves pour l'hiver !)

Départ pour Kyoto toujours en Shikansen (vous savez ce train dont le nez est inspiré du bec du martin pécheur pour aller plus vite)

Quelques insectes vus au Japon

Ça y est on a vu un insecte vivant !! Une punaise apparemment ?

 

L’Agrion de l’Oise confirme mais ne l’a pas identifiée.

L’Agrion de l’Oise confirme mais ne l’a pas identifiée.

Il y avait plein de trucs étranges au marché de Nishiki à Kyoto

Il y avait plein de trucs étranges au marché de Nishiki à Kyoto

Un bol de tempura a régalé nos amis, des champignons, de petits trucs blanc qui ressemblaient à des asticots mais c’étaient des alevins.
Le Palais impérial et les jardins étaient avec plein de hauts murs qui cachaient la vue, ou qui ne se visitaient que sur rendez-vous.
Le lendemain la journée a été fructueuse à Arashiyama...


 

 

D'abord de très belles libellules en bambou, puis un insecte vivant, encore un coléoptère, mais non, ce n’était pas un hanneton…

D'abord de très belles libellules en bambou, puis un insecte vivant, encore un coléoptère, mais non, ce n’était pas un hanneton…

Et ce qui a été pris pour un frelon asiatique un peu fatigué dans le parc aux singes,

Et ce qui a été pris pour un frelon asiatique un peu fatigué dans le parc aux singes,

La bête faisait plus de 5 cm. En fait il s’agissait du frelon géant, Vespa mandarinia, qui peut atteindre 7,5 cm.

La bambouseraie

La bambouseraie

Le jardin zen de Okichi Sanson

Le jardin zen de Okichi Sanson

C'est dans ce jardin zen qu'ils ont vu des araignées et surtout une élégante mante religieuse

la mante

la mante

ainsi que des espèces de guêpes

ainsi que des espèces de guêpes

Probablement Polistes. Les dessins de l'abdomen la rapproche de P. jakahamae ou de P. rothneyimais mais sans photo plus détaillée avec vue du thorax on ne pouvait en dire plus.

 

Mais le héron n’est pas mal non plus.

Mais le héron n’est pas mal non plus.

Quelques insectes vus au Japon
Comme souvenir on pouvait acheter de belles boites avec des insectes bizarres… en métal ou en matière minérale…

Comme souvenir on pouvait acheter de belles boites avec des insectes bizarres… en métal ou en matière minérale…

Ensuite c'est Nara, une ancienne ville impériale où il y a des trésors de temples bouddhistes et un parc avec 1200 dais en liberté.

Ils sont sacrés et adorés donc protégés. les touristes les nourrissent ce qui explique leur amour de la foule ... mais on en a vu quelques uns s'amuser à faire peur aux touristes. Attraction garantie...

Mais des daims, on peut aussi en voir à la plage, ici à Miyajyma.

bord de mer

bord de mer

On peut admirer un grand bouddha de 15 me dans le temple Todai-ji, mais le temple préféré c'est Kasuga taisha avec ses belles poutres oranges et ses lanternes..

Ah j'oubliais, ils ont senti un léger tremblement de terre cette nuit-là, mais c'est fréquent, on s'en est à peine rendu compte...

Le voyage se poursuit avec une nouvelle journée bien remplie à Kyoto. Visite du Nijo-jo, le château d'un Shogun, c'est à dire un commandant en chef. L’après-midi, balade dans un quartier historique, avec le Parc Maruyama où ils ont pu voir quelques bestioles sympa, insectes et tortue molle puis le temple Kiyomizu-dera bourré de monde...un peu comme le Mont Saint Michel....
Pour finir le bord de la rivière Kamo pour faire un peu les boutiques.

 

Quelques photos un iule (myriapode) et des chenilles

Quelques photos un iule (myriapode) et des chenilles

A Miyama un papillon dans un passage souterrain

A Miyama un papillon dans un passage souterrain

L’enquête de l’Agrion de l’Oise nous dit que c’est un papillon de la famille des zygènes, Pidorus atratus- il se vend 45 € épinglé à Taïwan. Un site japonais nous donne des précisions

Taille (Kaicho) 45-60 mm
Période Juin-Juillet, Septembre
Distribution au japon : Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu-Okinawa

Au cours de la journée, il vole lentement dans les parties sombres des forêts. L’espèce est commune en basse montagne, on peut également e voir proximité des zones résidentielles.
Les larves mangent Sakaki, les feuilles de Eurya japonica.

Puis ce sera Hiroshima et la visite des ruines du souvenir.

Hiroshima                                          et la ville d'Osaka vue du haut de Umeda Sky Building

Hiroshima et la ville d'Osaka vue du haut de Umeda Sky Building

Et à nouveau le Shinkansen pour Osaka avec sushi dans le train, l'équivalent du sandwich SNCF.😉
Osaka grouille de monde et les revoilà au milieu des buildings, dont le Umeda Sky building visité à la tombée de la nuit
.

Pour la visite au Mont Koya, la famille s’était lancé un défi : celui qui fait la plus belle photo d'insecte

Résultat : une abeille, un caloptéryx,  ...Résultat : une abeille, un caloptéryx,  ...

Résultat : une abeille, un caloptéryx, ...

... un gros scarabée noir, un papillon …... un gros scarabée noir, un papillon …

... un gros scarabée noir, un papillon …

Mont Koya

Mont Koya

Et les voilà repartis pour une nouvelle expédition : le Koya-san ou Mont Koya, sanctuaire bouddhiste avec mausolée accessible après 90 min de train et un funiculaire
Expérience spirituelle extraordinaire, d'autant plus qu’ils sont arrivés avec la pluie et que le ciel s'est éclairci en début d'après-midi...

 

Dernier jour à Osaka, dernier jour au Japon...snif
Ça passe trop vite!
...
Petite virée à l'aquarium, belle réussite…, puis un peu de shopping, et de bons sushis pour le dîner ! Mais ils avaient laissé les portables, donc les appareils photos, à l'hôtel !

photos ©Alexandre, Isabelle et François / l'Agrion de l'Oise

Faites comme nos amis envoyez-nous vos insectes souvenirs de voyage, exotiques ou non.

Mais si ce sont des insectes de nos régions, participez plutôt à notre concours photo

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 13 Juillet 2017

C'est l'été.

Allons faire un tour du côté de chez Lewis Caroll avec son Alice au Pays des Merveilles que vous connaissez tous.

Alice est dans un wagon de chemin de fer, enfin c'est ce qu'il me semble, mais nous sommes de l'autre côté du miroir, alors ce n'est pas toujours facile de suivre.

Je cite Lewis Caroll :

 

ici une l'abeille dans le jaune © Roger Puff

ici une l'abeille dans le jaune © Roger Puff

"Naturellement, elle commença par examiner en détail le pays qu'elle allait parcourir : « Ça me rappelle beaucoup mes leçons de géographie, pensa-t-elle en se dressant sur la pointe des pieds dans l'espoir de voir un peu plus loin. Fleuves principaux... il n'y en a pas. Montagnes principales... je suis la seule qui existe, mais je ne crois pas qu'elle ait un nom. Villes principales... Tiens, quelles sont ces créatures qui font du miel là-bas ? Ça ne peut pas être des abeilles... personne n'a jamais pu distinguer des abeilles à un kilomètre de distance... » Et pendant quelques minutes elle resta sans rien dire à regarder l'une d'elles qui s'affairait au milieu des fleurs dans lesquelles elle plongeait sa trompe, «exactement comme si c'était une abeille ordinaire », pensa Alice.Mais c'était tout autre chose qu'une abeille ordinaire : en fait c'était un éléphant, comme Alice ne tarda pas à s'en apercevoir, bien que cette idée lui coupât le souffle tout d'abord. « Ce que les fleurs doivent être énormes ! se dit-elle tout de suite après. Elles doivent ressembler à des petites maisons dont on aurait enlevé le toit et qu'on aurait placées sur une tige... Et quelles quantités de miel ils doivent faire ! "

Mais dans la compartiment, Alice n'était pas toute seule. Il y a un monsieur vêtu de papier blanc.

"Un Bouc, installé à côté du monsieur vêtu de blanc, ferma les yeux et dit à haute voix :
- Elle devrait savoir trouver un guichet, même si elle ne sait pas son alphabet !"


 

en guise de scarabée ce carabe chagriné © Hubert Carpentier

en guise de scarabée ce carabe chagriné © Hubert Carpentier

"Un Scarabée se trouvait assis à côté du Bouc (c'était un groupe de voyageurs des plus étranges, en vérité !) et, comme ils semblaient avoir pour règle de parler l'un à la suite de l'autre, ce fut lui qui continua en ces termes :
- Elle sera obligée de partir d'ici comme colis !
Alice ne pouvait distinguer qui était assis de l'autre côté du Scarabée, mais ce fut une voix rauque qui parla après lui. « Changer de locomotive... », commença-t-elle, puis elle s'étouffa et fut obligée de s'interrompre.
« Cette voix est rude comme un roc », pensa Alice.
Et une toute petite voix, tout contre son oreille, dit :
« Tu pourrais faire un jeu de mots à ce sujet... quelque chose sur "roc" et sur "rauque", vois-tu ? »

Mais qui est cette petite voix, se demande Alice ?

"- Je sais que tu es une amie, continua la petite voix, une amie intime, une vieille amie, et tu ne me ferais pas de mal, bien que je sois un insecte."


 

cette mouche prédatrice a bien une barbe, mais ce n'est pas un taon © Roger Puff

cette mouche prédatrice a bien une barbe, mais ce n'est pas un taon © Roger Puff

"- Quel genre d'insecte ? demanda Alice non sans inquiétude. (Ce qu'elle voulait vraiment savoir, c'était s'il piquait ou non, mais elle jugea qu'il ne serait pas très poli de le demander.)
"Comment, mais alors tu n'aimes..." commença la petite voix ; mais elle fut étouffée par un sifflement strident de la locomotive, et tout le monde fit un bond de terreur, Alice comme les autres.
Un cheval, qui avait passé la tête par la portière, la retira tranquillement et dit : « Ce n'est rien ; c'est un ruisseau que nous allons sauter. » Tout le monde sembla satisfait, mais Alice se sentit un peu inquiète à l'idée que le train pouvait sauter. « De toute façon, il nous amènera dans la Quatrième Case, ce qui est assez réconfortant ! » pensa-t-elle.
Un instant plus tard, elle sentit le wagon se soulever tout droit dans l'air, et, dans sa terreur, elle se cramponna à la première chose qui lui tomba sous la main, qui se trouva être la barbe du Bouc."

 

un moucheron ? je ne pense pas, mais là encore sûrement pas un taon © Roger Puff

un moucheron ? je ne pense pas, mais là encore sûrement pas un taon © Roger Puff

"Mais la barbe sembla disparaître au moment précis où elle la touchait, et elle se trouva assise tranquillement sous un arbre... tandis que le Moucheron (car tel était l'insecte à qui elle avait parlé) se balançait sur une branche juste au-dessus de sa tête et l'éventait de ses ailes.
A vrai dire, c'était un très, très gros Moucheron « à peu près de la taille d'un poulet », pensa Alice. Malgré tout, elle n'arrivait pas à avoir peur de lui, après la longue conversation qu'ils avaient eue."

Toujours pas de taon, mais un bombyle piquant sur un muscaris © Roger Puff

Toujours pas de taon, mais un bombyle piquant sur un muscaris © Roger Puff

"- ... alors tu n'aimes pas tous les insectes ? continua le Moucheron aussi tranquillement que si rien ne s'était passé.
- Je les aime quand ils savent parler, répondit Alice. Dans le pays d'où je viens, aucun insecte ne parle.
- Et quels sont les insectes que tu as le bonheur de connaître dans le pays d'où tu viens ?
- Les insectes ne me procurent aucune espèce de bonheur parce qu'ils me font plutôt peur... du moins les gros... Mais je peux te dire le nom de quelques-uns d'entre eux.
- Je suppose qu'ils répondent quand on les appelle par leur nom ? demanda le Moucheron d'un ton négligent.
- Je ne les ai jamais vus faire cela.
- A quoi ça leur sert d'avoir un nom, s'ils ne répondent pas quand on les appelle ?
- Ça ne leur sert de rien, à eux, mais je suppose que c'est utile aux gens qui leur donnent des noms. Sans ça, pourquoi est-ce que les choses auraient un nom ?
- Je ne sais pas. Dans le bois, là-bas, les choses et les êtres vivants n'ont pas de nom... Néanmoins, donne-moi ta liste d'insectes."


 

ce n'est pas une liste, mais une file de criquets sortant d'un filet © Roger Puff

ce n'est pas une liste, mais une file de criquets sortant d'un filet © Roger Puff

"- Eh bien, il y a d'abord le Taon, commença Alice, en comptant sur ses doigts.
- Et qu'est-ce que le Taon ?
- Si tu préfères, c'est une Mouche-à-chevaux, parce qu'elle s'attaque aux chevaux.
- Je vois. Regarde cet animal sur ce buisson : c'est une Mouche-à-chevaux-de-bois. Elle est faite entièrement de bois, et se déplace en se balançant de branche en branche.
- De quoi se nourrit-elle ? demanda Alice avec beaucoup de curiosité.
- De sève et de sciure. Continue, je t'en prie.
Alice examina la Mouche-à-chevaux-de-bois avec grand intérêt, et décida qu'on venait sans doute de la repeindre à neuf, tellement elle semblait luisante et gluante. "



 

une libellule indubitablement des ruisseaux © Roger Puff

une libellule indubitablement des ruisseaux © Roger Puff

"Puis, elle reprit :

- Il y a aussi la Libellule-des-ruisseaux.
- Regarde sur la branche qui est au-dessus de ta tête, et tu y verras une Libellule-des-brûlots. Son corps est fait de plum-pudding ; ses ailes, de feuilles de houx ; et sa tête est un raisin sec en train de brûler dans de l'eau-de-vie.
- Et de quoi se nourrit-elle ?
- De bouillie de froment et de pâtés au hachis de fruits ; elle fait son nid dans une boîte à cadeaux de Noël."

sur les marguerites papillon et sirphe se cotoyent © Roger Puff

sur les marguerites papillon et sirphe se cotoyent © Roger Puff

"- Ensuite, il y a le Papillon, continua Alice, après avoir bien examiné l'insecte à la tête enflammée (tout en pensant :« Je me demande si c'est pour ça que les insectes aiment tellement voler dans la flamme des bougies.... pour essayer de devenir des Libellules-des-brûlots ! »)
- En train de ramper à tes pieds, dit le Moucheron (Alice recula ses pieds vivement non sans inquiétude), se trouve un Tartinillon. Ses ailes sont de minces tartines de pain beurré, et sa tête est un morceau de sucre.
- Et de quoi se nourrit-il ?
- De thé léger avec du lait dedans.
Une nouvelle difficulté se présenta à l'esprit d'Alice :
- Et s'il ne pouvait pas trouver de thé et de lait ? suggéra-t-elle.
- En ce cas, il mourrait, naturellement.
- Mais ça doit arriver très souvent, fit observer Alice d'un ton pensif.
- Ça arrive toujours, dit le Moucheron."


 

désolé je n'ai pas trouvé de photo de Tartinillon, c'est une eppiphigère sur un tamis © Christian Tauziède

désolé je n'ai pas trouvé de photo de Tartinillon, c'est une eppiphigère sur un tamis © Christian Tauziède

"Là-dessus Alice garda le silence pendant une ou deux minutes, et se plongea dans de profondes réflexions. Le Moucheron, pendant ce temps, s'amusa à tourner autour de sa tête en bourdonnant. Finalement, il se posa de nouveau sur la branche et demanda :
- Je suppose que tu ne voudrais pas perdre ton nom ?
- Non sûrement pas, répondit Alice d'une voix plutôt anxieuse.
- Pourtant ça vaudrait peut-être mieux, continua le Moucheron d'un ton négligent. Songe combien ce serait commode si tu pouvais t'arranger pour rentrer chez toi sans ton nom ! Par exemple si ta gouvernante voulait t'appeler pour te faire réciter tes leçons, elle crierait : « Allons ».... puis elle serait obligée de s'arrêter, parce qu'il n'y aurait plus de nom qu'elle puisse appeler, et, naturellement, tu ne serais pas obligée d'y aller.
- Ça ne se passerait pas du tout comme ça, j'en suis sûre. Ma gouvernante ne me dispenserait pas de mes leçons pour si peu. Si elle ne pouvait pas se rappeler mon nom, elle crierait : « Allons, là-bas, Mademoiselle! »
- Eh bien, si elle te disait : « Allons là-bas, Mademoiselle ! » sans rien ajouter d'autre, tu t'en irais là-bas, et ainsi tu ne réciterais pas tes leçons. C'est un jeu de mots. Je voudrais bien que ce soit toi qui l'aies fait !
- Pourquoi voudrais-tu que ce soit moi qui l'aie fait ? C'est un très mauvais jeu de mots !
Mais le Moucheron se contenta de pousser un profond soupir, tandis que deux grosses larmes roulaient sur ses joues.
- Tu ne devrais pas faire de plaisanteries, dit Alice, puisque ça te rend si malheureux.
Il y eut un autre soupir mélancolique, et, cette fois, Alice put croire que le Moucheron s'était fait disparaître en soupirant, car, lorsqu'elle leva les yeux, il n'y avait plus rien du tout sur la branche. Comme elle commençait à avoir très froid à force d'être restée assise sans bouger pendant si longtemps, elle se leva et se remit en route."

 

Rouge et noir c'est un clairon © Roger Puff

Rouge et noir c'est un clairon © Roger Puff

Alice ne voulait pas perdre son nom.

Elle avait bien raison.

Aussi nos insectes ont-ils tous aussi un nom, un nom vernaculaire bien sûr, mais surtout un nom latin, bien compliqué, mais qui permet aux entomologistes du monde entier de savoir de qui ou de quoi ils parlent...

Celui-ci, le clairon, c'est un clairon des abeilles (trichodes apiarius) : sa larve vit dans les trous des abeilles solitaires, à moins que ce soit t. alvearius  le clairon des ruches.

Merci Monsieur Carl von Linné pour le nom des insectes, merci Monsieur Lewis Caroll pour ces extrait du chapitre Miroir des Insectes dans Alice au Pays des Merveilles.
 

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 5 Juillet 2017

Il vous reste un peu moins de 2 mois, très exactement 57 jours, pratiquement 8 semaines pour envoyer vos photos.

N'attendez pas la dernière minute.

Merci

Envoyez vos photos à notre concours 2017

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 21 au 28 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement 2017 complet

Bordereau de participation 2017 (à copier-coller) ou à demander à lagriondeloise@orange.fr

Voir les commentaires

Repost 0