Publié le 6 Août 2017

Le dernier mois est entamé.

Vos photos d'insectes sont faites ? Envoyez les nous dès à présent avec votre bordereau de participation. Cela nous évitera d'avoir tout à traiter début septembre.

Vous n'êtes pas satisfaits de vos clichés ? Il vous reste jusqu'à fin août pour en faire d'autres.

Vous ne vous êtes pas encore lancés ? Il n'est pas trop tard.

Il vous reste 25 jours pour faire trois photos d'insectes et nous les faire parvenir impérativement avant le 31 août à minuit accompagnées du bordereau de participation.

J-25 - Dernier rappel pour notre Concours Photos "Insectes de France"

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 21 au 28 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement 2017 complet

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez la moindre question.

Bordereau de participation 2017 (à copier-coller) ou à demander à lagriondeloise@orange.fr

C'est simple : faites nous parvenir vos 3 plus belles photos d'insectes (mais si vous n'en proposez qu'une, ce n'est pas grave) et l'indispensable bordereau donnant votre identité et votre autorisation pour l'utilisation de ces photos.

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Publié le 1 Août 2017

Une famille adhérente a eu la chance de passer 15 jours en périple au Japon.

Elle nous a fait le plaisir de nous envoyer quelques photos de son beau voyage. Les deux premiers jours à Tokyo, il fallait se remettre du jetlag et surtout visiter la mégapole (enfin en partie).

 

vu en ville de jour et by night

vu en ville de jour et by night

Mais le 3ème jour, comme il pleuvait la visite des musées s'imposait.

Le Musée de Tokyo présentait entre autres des samouraïs. Celui-là couronné de cornes impressionnantes sera un avant-goût du Musée des Sciences et de la Nature où on trouve des dinosaures, mais aussi – ouf ! – des insectes.

Les coléoptères, guerriers entomologiques, avaient manifestement inspirés la tenue des valeureux guerriers.

Du mimétisme

Du mimétisme

D'autres coléos tout aussi lourdement armés

D'autres coléos tout aussi lourdement armés

De charmantes libellules

De charmantes libellules

D'autres spécimens

D'autres spécimens

... comme ces mormolyces, ce Fulgura lampetis (une espèce d’hémiptère cousin des punaises)  ou cette Exaerete frontalis, une espèce d’abeille…

A voir aussi une belle présentation didactique de la pollinisation

A voir aussi une belle présentation didactique de la pollinisation

Après Tokyo notre famille a pris le Shinkansen pour Nikko, un adorable site bouddhiste dans la montagne, où ils n'ont passé - à regret - qu'une journée.

Pont Shinkansen 					Sanctuaire de Toshogu

Pont Shinkansen Sanctuaire de Toshogu

Tonneaux de saké (ah ces moines boudhistes ont des réserves pour l'hiver !)

Tonneaux de saké (ah ces moines boudhistes ont des réserves pour l'hiver !)

Départ pour Kyoto toujours en Shikansen (vous savez ce train dont le nez est inspiré du bec du martin pécheur pour aller plus vite)

Quelques insectes vus au Japon

Ça y est on a vu un insecte vivant !! Une punaise apparemment ?

 

L’Agrion de l’Oise confirme mais ne l’a pas identifiée.

L’Agrion de l’Oise confirme mais ne l’a pas identifiée.

Il y avait plein de trucs étranges au marché de Nishiki à Kyoto

Il y avait plein de trucs étranges au marché de Nishiki à Kyoto

Un bol de tempura a régalé nos amis, des champignons, de petits trucs blanc qui ressemblaient à des asticots mais c’étaient des alevins.
Le Palais impérial et les jardins étaient avec plein de hauts murs qui cachaient la vue, ou qui ne se visitaient que sur rendez-vous.
Le lendemain la journée a été fructueuse à Arashiyama...


 

 

D'abord de très belles libellules en bambou, puis un insecte vivant, encore un coléoptère, mais non, ce n’était pas un hanneton…

D'abord de très belles libellules en bambou, puis un insecte vivant, encore un coléoptère, mais non, ce n’était pas un hanneton…

Et ce qui a été pris pour un frelon asiatique un peu fatigué dans le parc aux singes,

Et ce qui a été pris pour un frelon asiatique un peu fatigué dans le parc aux singes,

La bête faisait plus de 5 cm. En fait il s’agissait du frelon géant, Vespa mandarinia, qui peut atteindre 7,5 cm.

La bambouseraie

La bambouseraie

Le jardin zen de Okichi Sanson

Le jardin zen de Okichi Sanson

C'est dans ce jardin zen qu'ils ont vu des araignées et surtout une élégante mante religieuse

la mante

la mante

ainsi que des espèces de guêpes

ainsi que des espèces de guêpes

Probablement Polistes. Les dessins de l'abdomen la rapproche de P. jakahamae ou de P. rothneyimais mais sans photo plus détaillée avec vue du thorax on ne pouvait en dire plus.

 

Mais le héron n’est pas mal non plus.

Mais le héron n’est pas mal non plus.

Quelques insectes vus au Japon
Comme souvenir on pouvait acheter de belles boites avec des insectes bizarres… en métal ou en matière minérale…

Comme souvenir on pouvait acheter de belles boites avec des insectes bizarres… en métal ou en matière minérale…

Ensuite c'est Nara, une ancienne ville impériale où il y a des trésors de temples bouddhistes et un parc avec 1200 dais en liberté.

Ils sont sacrés et adorés donc protégés. les touristes les nourrissent ce qui explique leur amour de la foule ... mais on en a vu quelques uns s'amuser à faire peur aux touristes. Attraction garantie...

Mais des daims, on peut aussi en voir à la plage, ici à Miyajyma.

bord de mer

bord de mer

On peut admirer un grand bouddha de 15 me dans le temple Todai-ji, mais le temple préféré c'est Kasuga taisha avec ses belles poutres oranges et ses lanternes..

Ah j'oubliais, ils ont senti un léger tremblement de terre cette nuit-là, mais c'est fréquent, on s'en est à peine rendu compte...

Le voyage se poursuit avec une nouvelle journée bien remplie à Kyoto. Visite du Nijo-jo, le château d'un Shogun, c'est à dire un commandant en chef. L’après-midi, balade dans un quartier historique, avec le Parc Maruyama où ils ont pu voir quelques bestioles sympa, insectes et tortue molle puis le temple Kiyomizu-dera bourré de monde...un peu comme le Mont Saint Michel....
Pour finir le bord de la rivière Kamo pour faire un peu les boutiques.

 

Quelques photos un iule (myriapode) et des chenilles

Quelques photos un iule (myriapode) et des chenilles

A Miyama un papillon dans un passage souterrain

A Miyama un papillon dans un passage souterrain

L’enquête de l’Agrion de l’Oise nous dit que c’est un papillon de la famille des zygènes, Pidorus atratus- il se vend 45 € épinglé à Taïwan. Un site japonais nous donne des précisions

Taille (Kaicho) 45-60 mm
Période Juin-Juillet, Septembre
Distribution au japon : Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu-Okinawa

Au cours de la journée, il vole lentement dans les parties sombres des forêts. L’espèce est commune en basse montagne, on peut également e voir proximité des zones résidentielles.
Les larves mangent Sakaki, les feuilles de Eurya japonica.

Puis ce sera Hiroshima et la visite des ruines du souvenir.

Hiroshima                                          et la ville d'Osaka vue du haut de Umeda Sky Building

Hiroshima et la ville d'Osaka vue du haut de Umeda Sky Building

Et à nouveau le Shinkansen pour Osaka avec sushi dans le train, l'équivalent du sandwich SNCF.😉
Osaka grouille de monde et les revoilà au milieu des buildings, dont le Umeda Sky building visité à la tombée de la nuit
.

Pour la visite au Mont Koya, la famille s’était lancé un défi : celui qui fait la plus belle photo d'insecte

Résultat : une abeille, un caloptéryx,  ...Résultat : une abeille, un caloptéryx,  ...

Résultat : une abeille, un caloptéryx, ...

... un gros scarabée noir, un papillon …... un gros scarabée noir, un papillon …

... un gros scarabée noir, un papillon …

Mont Koya

Mont Koya

Et les voilà repartis pour une nouvelle expédition : le Koya-san ou Mont Koya, sanctuaire bouddhiste avec mausolée accessible après 90 min de train et un funiculaire
Expérience spirituelle extraordinaire, d'autant plus qu’ils sont arrivés avec la pluie et que le ciel s'est éclairci en début d'après-midi...

 

Dernier jour à Osaka, dernier jour au Japon...snif
Ça passe trop vite!
...
Petite virée à l'aquarium, belle réussite…, puis un peu de shopping, et de bons sushis pour le dîner ! Mais ils avaient laissé les portables, donc les appareils photos, à l'hôtel !

photos ©Alexandre, Isabelle et François / l'Agrion de l'Oise

Faites comme nos amis envoyez-nous vos insectes souvenirs de voyage, exotiques ou non.

Mais si ce sont des insectes de nos régions, participez plutôt à notre concours photo

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Publié le 13 Juillet 2017

C'est l'été.

Allons faire un tour du côté de chez Lewis Caroll avec son Alice au Pays des Merveilles que vous connaissez tous.

Alice est dans un wagon de chemin de fer, enfin c'est ce qu'il me semble, mais nous sommes de l'autre côté du miroir, alors ce n'est pas toujours facile de suivre.

Je cite Lewis Caroll :

 

ici une l'abeille dans le jaune © Roger Puff

ici une l'abeille dans le jaune © Roger Puff

"Naturellement, elle commença par examiner en détail le pays qu'elle allait parcourir : « Ça me rappelle beaucoup mes leçons de géographie, pensa-t-elle en se dressant sur la pointe des pieds dans l'espoir de voir un peu plus loin. Fleuves principaux... il n'y en a pas. Montagnes principales... je suis la seule qui existe, mais je ne crois pas qu'elle ait un nom. Villes principales... Tiens, quelles sont ces créatures qui font du miel là-bas ? Ça ne peut pas être des abeilles... personne n'a jamais pu distinguer des abeilles à un kilomètre de distance... » Et pendant quelques minutes elle resta sans rien dire à regarder l'une d'elles qui s'affairait au milieu des fleurs dans lesquelles elle plongeait sa trompe, «exactement comme si c'était une abeille ordinaire », pensa Alice.Mais c'était tout autre chose qu'une abeille ordinaire : en fait c'était un éléphant, comme Alice ne tarda pas à s'en apercevoir, bien que cette idée lui coupât le souffle tout d'abord. « Ce que les fleurs doivent être énormes ! se dit-elle tout de suite après. Elles doivent ressembler à des petites maisons dont on aurait enlevé le toit et qu'on aurait placées sur une tige... Et quelles quantités de miel ils doivent faire ! "

Mais dans la compartiment, Alice n'était pas toute seule. Il y a un monsieur vêtu de papier blanc.

"Un Bouc, installé à côté du monsieur vêtu de blanc, ferma les yeux et dit à haute voix :
- Elle devrait savoir trouver un guichet, même si elle ne sait pas son alphabet !"


 

en guise de scarabée ce carabe chagriné © Hubert Carpentier

en guise de scarabée ce carabe chagriné © Hubert Carpentier

"Un Scarabée se trouvait assis à côté du Bouc (c'était un groupe de voyageurs des plus étranges, en vérité !) et, comme ils semblaient avoir pour règle de parler l'un à la suite de l'autre, ce fut lui qui continua en ces termes :
- Elle sera obligée de partir d'ici comme colis !
Alice ne pouvait distinguer qui était assis de l'autre côté du Scarabée, mais ce fut une voix rauque qui parla après lui. « Changer de locomotive... », commença-t-elle, puis elle s'étouffa et fut obligée de s'interrompre.
« Cette voix est rude comme un roc », pensa Alice.
Et une toute petite voix, tout contre son oreille, dit :
« Tu pourrais faire un jeu de mots à ce sujet... quelque chose sur "roc" et sur "rauque", vois-tu ? »

Mais qui est cette petite voix, se demande Alice ?

"- Je sais que tu es une amie, continua la petite voix, une amie intime, une vieille amie, et tu ne me ferais pas de mal, bien que je sois un insecte."


 

cette mouche prédatrice a bien une barbe, mais ce n'est pas un taon © Roger Puff

cette mouche prédatrice a bien une barbe, mais ce n'est pas un taon © Roger Puff

"- Quel genre d'insecte ? demanda Alice non sans inquiétude. (Ce qu'elle voulait vraiment savoir, c'était s'il piquait ou non, mais elle jugea qu'il ne serait pas très poli de le demander.)
"Comment, mais alors tu n'aimes..." commença la petite voix ; mais elle fut étouffée par un sifflement strident de la locomotive, et tout le monde fit un bond de terreur, Alice comme les autres.
Un cheval, qui avait passé la tête par la portière, la retira tranquillement et dit : « Ce n'est rien ; c'est un ruisseau que nous allons sauter. » Tout le monde sembla satisfait, mais Alice se sentit un peu inquiète à l'idée que le train pouvait sauter. « De toute façon, il nous amènera dans la Quatrième Case, ce qui est assez réconfortant ! » pensa-t-elle.
Un instant plus tard, elle sentit le wagon se soulever tout droit dans l'air, et, dans sa terreur, elle se cramponna à la première chose qui lui tomba sous la main, qui se trouva être la barbe du Bouc."

 

un moucheron ? je ne pense pas, mais là encore sûrement pas un taon © Roger Puff

un moucheron ? je ne pense pas, mais là encore sûrement pas un taon © Roger Puff

"Mais la barbe sembla disparaître au moment précis où elle la touchait, et elle se trouva assise tranquillement sous un arbre... tandis que le Moucheron (car tel était l'insecte à qui elle avait parlé) se balançait sur une branche juste au-dessus de sa tête et l'éventait de ses ailes.
A vrai dire, c'était un très, très gros Moucheron « à peu près de la taille d'un poulet », pensa Alice. Malgré tout, elle n'arrivait pas à avoir peur de lui, après la longue conversation qu'ils avaient eue."

Toujours pas de taon, mais un bombyle piquant sur un muscaris © Roger Puff

Toujours pas de taon, mais un bombyle piquant sur un muscaris © Roger Puff

"- ... alors tu n'aimes pas tous les insectes ? continua le Moucheron aussi tranquillement que si rien ne s'était passé.
- Je les aime quand ils savent parler, répondit Alice. Dans le pays d'où je viens, aucun insecte ne parle.
- Et quels sont les insectes que tu as le bonheur de connaître dans le pays d'où tu viens ?
- Les insectes ne me procurent aucune espèce de bonheur parce qu'ils me font plutôt peur... du moins les gros... Mais je peux te dire le nom de quelques-uns d'entre eux.
- Je suppose qu'ils répondent quand on les appelle par leur nom ? demanda le Moucheron d'un ton négligent.
- Je ne les ai jamais vus faire cela.
- A quoi ça leur sert d'avoir un nom, s'ils ne répondent pas quand on les appelle ?
- Ça ne leur sert de rien, à eux, mais je suppose que c'est utile aux gens qui leur donnent des noms. Sans ça, pourquoi est-ce que les choses auraient un nom ?
- Je ne sais pas. Dans le bois, là-bas, les choses et les êtres vivants n'ont pas de nom... Néanmoins, donne-moi ta liste d'insectes."


 

ce n'est pas une liste, mais une file de criquets sortant d'un filet © Roger Puff

ce n'est pas une liste, mais une file de criquets sortant d'un filet © Roger Puff

"- Eh bien, il y a d'abord le Taon, commença Alice, en comptant sur ses doigts.
- Et qu'est-ce que le Taon ?
- Si tu préfères, c'est une Mouche-à-chevaux, parce qu'elle s'attaque aux chevaux.
- Je vois. Regarde cet animal sur ce buisson : c'est une Mouche-à-chevaux-de-bois. Elle est faite entièrement de bois, et se déplace en se balançant de branche en branche.
- De quoi se nourrit-elle ? demanda Alice avec beaucoup de curiosité.
- De sève et de sciure. Continue, je t'en prie.
Alice examina la Mouche-à-chevaux-de-bois avec grand intérêt, et décida qu'on venait sans doute de la repeindre à neuf, tellement elle semblait luisante et gluante. "



 

une libellule indubitablement des ruisseaux © Roger Puff

une libellule indubitablement des ruisseaux © Roger Puff

"Puis, elle reprit :

- Il y a aussi la Libellule-des-ruisseaux.
- Regarde sur la branche qui est au-dessus de ta tête, et tu y verras une Libellule-des-brûlots. Son corps est fait de plum-pudding ; ses ailes, de feuilles de houx ; et sa tête est un raisin sec en train de brûler dans de l'eau-de-vie.
- Et de quoi se nourrit-elle ?
- De bouillie de froment et de pâtés au hachis de fruits ; elle fait son nid dans une boîte à cadeaux de Noël."

sur les marguerites papillon et sirphe se cotoyent © Roger Puff

sur les marguerites papillon et sirphe se cotoyent © Roger Puff

"- Ensuite, il y a le Papillon, continua Alice, après avoir bien examiné l'insecte à la tête enflammée (tout en pensant :« Je me demande si c'est pour ça que les insectes aiment tellement voler dans la flamme des bougies.... pour essayer de devenir des Libellules-des-brûlots ! »)
- En train de ramper à tes pieds, dit le Moucheron (Alice recula ses pieds vivement non sans inquiétude), se trouve un Tartinillon. Ses ailes sont de minces tartines de pain beurré, et sa tête est un morceau de sucre.
- Et de quoi se nourrit-il ?
- De thé léger avec du lait dedans.
Une nouvelle difficulté se présenta à l'esprit d'Alice :
- Et s'il ne pouvait pas trouver de thé et de lait ? suggéra-t-elle.
- En ce cas, il mourrait, naturellement.
- Mais ça doit arriver très souvent, fit observer Alice d'un ton pensif.
- Ça arrive toujours, dit le Moucheron."


 

désolé je n'ai pas trouvé de photo de Tartinillon, c'est une eppiphigère sur un tamis © Christian Tauziède

désolé je n'ai pas trouvé de photo de Tartinillon, c'est une eppiphigère sur un tamis © Christian Tauziède

"Là-dessus Alice garda le silence pendant une ou deux minutes, et se plongea dans de profondes réflexions. Le Moucheron, pendant ce temps, s'amusa à tourner autour de sa tête en bourdonnant. Finalement, il se posa de nouveau sur la branche et demanda :
- Je suppose que tu ne voudrais pas perdre ton nom ?
- Non sûrement pas, répondit Alice d'une voix plutôt anxieuse.
- Pourtant ça vaudrait peut-être mieux, continua le Moucheron d'un ton négligent. Songe combien ce serait commode si tu pouvais t'arranger pour rentrer chez toi sans ton nom ! Par exemple si ta gouvernante voulait t'appeler pour te faire réciter tes leçons, elle crierait : « Allons ».... puis elle serait obligée de s'arrêter, parce qu'il n'y aurait plus de nom qu'elle puisse appeler, et, naturellement, tu ne serais pas obligée d'y aller.
- Ça ne se passerait pas du tout comme ça, j'en suis sûre. Ma gouvernante ne me dispenserait pas de mes leçons pour si peu. Si elle ne pouvait pas se rappeler mon nom, elle crierait : « Allons, là-bas, Mademoiselle! »
- Eh bien, si elle te disait : « Allons là-bas, Mademoiselle ! » sans rien ajouter d'autre, tu t'en irais là-bas, et ainsi tu ne réciterais pas tes leçons. C'est un jeu de mots. Je voudrais bien que ce soit toi qui l'aies fait !
- Pourquoi voudrais-tu que ce soit moi qui l'aie fait ? C'est un très mauvais jeu de mots !
Mais le Moucheron se contenta de pousser un profond soupir, tandis que deux grosses larmes roulaient sur ses joues.
- Tu ne devrais pas faire de plaisanteries, dit Alice, puisque ça te rend si malheureux.
Il y eut un autre soupir mélancolique, et, cette fois, Alice put croire que le Moucheron s'était fait disparaître en soupirant, car, lorsqu'elle leva les yeux, il n'y avait plus rien du tout sur la branche. Comme elle commençait à avoir très froid à force d'être restée assise sans bouger pendant si longtemps, elle se leva et se remit en route."

 

Rouge et noir c'est un clairon © Roger Puff

Rouge et noir c'est un clairon © Roger Puff

Alice ne voulait pas perdre son nom.

Elle avait bien raison.

Aussi nos insectes ont-ils tous aussi un nom, un nom vernaculaire bien sûr, mais surtout un nom latin, bien compliqué, mais qui permet aux entomologistes du monde entier de savoir de qui ou de quoi ils parlent...

Celui-ci, le clairon, c'est un clairon des abeilles (trichodes apiarius) : sa larve vit dans les trous des abeilles solitaires, à moins que ce soit t. alvearius  le clairon des ruches.

Merci Monsieur Carl von Linné pour le nom des insectes, merci Monsieur Lewis Caroll pour ces extrait du chapitre Miroir des Insectes dans Alice au Pays des Merveilles.
 

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Publié le 5 Juillet 2017

Il vous reste un peu moins de 2 mois, très exactement 57 jours, pratiquement 8 semaines pour envoyer vos photos.

N'attendez pas la dernière minute.

Merci

Envoyez vos photos à notre concours 2017

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 21 au 28 octobre, jour de la remise des prix.

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Publié le 26 Juin 2017

14 juin Conférence à Verneuil-en-Halatte sur Charles Janet (1849-1932) industriel et savant beauvaisien, par Loïc Casson, professeur SVT à l’ESPE-Beauvais, spécialiste de l’histoire des sciences. Notre conférencier a découvert Charles Janet durant une collaboration paléontologique avec le Musée de l’Oise ; c’est là qu’il est tombé sur les 600 tiroirs de fossiles que ce savant avait laissés.

 

Ingénieur de Centrale, ayant épousé Berthe Dupont, fille d’un gros industriel beauvaisien de la brosserie, notre personnage aura une carrière scientifique touchant successivement à la paléontologie, l’entomologie, la biologie et la chimie. N’hésitant pas à reprendre ses études à 37 ans au labo de zoologie expérimentale de la Sorbonne dirigé par Henri de Lacaze-Duthiers (Académie des Sciences), il obtient une licence de sciences naturelles en 1887 puis un doctorat en 1900.

l'entomologie parmi les thèmes de recherche de Charles Janet  ©L'Agrion d el'Oise

l'entomologie parmi les thèmes de recherche de Charles Janet ©L'Agrion d el'Oise

Au cours de 50 années de carrière scientifique (1882-1931), il publie 4000 pages, 700 figures, 150 planches. Ce travail est considérable pour un amateur, mais peut-être pas si amateur que cela cependant, car tous les axes de recherches sont d’un haut niveau.

En biologie, il s’illustre par ses travaux sur le Volvox, microalgue verte d’eau douce. À noter sa volonté de mettre le vivant en équation, aussi bien la fourmi que l’algue brune, au travers de formules orthobiontiques bien compliquées, selon une théorie dont il est quasiment le seul défenseur et qui sera abandonnée. Enfin, il se lance dans la chimie atomique, proposant notamment une classification différente de celle de Mendeleïev, que des scientifiques actuels considèrent comme tout à fait intéressante, voire prometteuse.

Il dépose également de nombreux brevets, dont celui d’un moteur rotatif à hydrocarbures et d’un dispositif de sauvetage, qu’il n’hésite pas à faire tester par ses garçons de 9 et 12 ans. Il est également le promoteur à Beauvais de coquettes habitations à bon marché (qui existent toujours) destinées aux ouvriers de la Brosserie Dupont. Il propose même un mode de scrutin électoral de représentation proportionnelle exacte, lui aussi bien compliqué…

Charles Janet  ©Janet - Loïc Casson

Charles Janet ©Janet - Loïc Casson

En entomologie, il s’est surtout consacré aux insectes sociaux de l’ordre des hyménoptères, les fourmis puis les frelons.

En 1893, il présente une note à la Société entomologique de France sur la production des sons chez les fourmis. La même année il présente à la Société zoologique de France son appareil pour l’élevage et l’observation des fourmis et d’autres petits animaux "qui vivent cachés et ont besoin d’une atmosphère humide", ainsi qu’une note sur les nématodes (des vers) qui vivent sur les glandes pharyngiennes des fourmis. En effet disposant à la fois d’un matériel très perfectionné (microscopes et microtomes) et d’excellentes compétences techniques, il peut faire des observations très précises de l’anatomie de ces petits animaux.

coupe de fourmi  ©Janet - Loïc Casson

coupe de fourmi ©Janet - Loïc Casson

Sa formation d’ingénieur et son aptitude au dessin industriel, lui permettent de présenter des figures remarquablement détaillées et toujours admirées par les scientifiques actuels.

coupe de thorax de fourmi  ©Janet - Loïc Casson

coupe de thorax de fourmi ©Janet - Loïc Casson

Il s’intéresse aux frelons, plus particulièrement à l’histoire complète de la confection du nid par la reine. Pour ce faire il fait passer des annonces dans les journaux locaux pour recueillir des nids habités. Il met au point un système pour déplacer et pour mieux observer et étudier les nids dans son laboratoire.

construction d'uin nid de frelon  ©Janet - Loïc Casson

construction d'uin nid de frelon ©Janet - Loïc Casson

En 1894, il observe, quasiment heure par heure, la confection d’un nid de Vespa crabro (le frelon européen) pendant plusieurs mois, jusqu’à la mort de la dernière ouvrière, avec qui il était véritablement entré en empathie. 55 dates d’observations réparties sur 190 jours de 6 h 30 le matin à 22 h lui fournissent des détails inédits comme la trophallaxie entre les ouvrières et les larves. Ses observations précises et ses dessins minutieux montrent comment le nid se construit et comment fonctionne la société de frelons qui l’habite. Il transmet 3 notes à l’Académie des Sciences pour relater cette expérience.

Notre amie et adhérente Claire Villemant présente ce soir, confirme la qualité des travaux de Janet : ils sont toujours valables aujourd’hui et demeurent la seule référence dans le domaine. Cette spécialiste des hyménoptères (entre autres du frelon asiatique) au Muséum national d’Histoire naturelle, pense qu’il serait impossible de refaire les mêmes observations au regard des moyens actuels de la recherche.

Janet va aussi travailler sur les myrmécophiles, animaux vivant dans les fourmilières, tels les lépismes qui volent à la bouche des fourmis le liquide nutritif qu’elles s’échangent.

lepiqsme et fourmis - dessin de Charles Janet ©Janet - Loïc Casson

lepiqsme et fourmis - dessin de Charles Janet ©Janet - Loïc Casson

En 1896, il inaugure la 1ère conférence annuelle de la Société de zoologie française et reçoit le Prix Thore de l’Académie pour le meilleur mémoire publié sur les mœurs ou l’anatomie d’une espèce d’insectes d’Europe, dont Fabre fut le premier lauréat 30 ans plus tôt. Il observe également les acariens myrmécophiles qui viennent s’accrocher au corps ou à la tête des fourmis (proche du Varroa parasite des abeilles).

En 1898, il participe dans la délégation gouvernementale au Congrès de Cambridge, présidé par Sir John Lubbock, sommité britannique de l’entomologie. En 1899 il est élu président de la Société de Zoologie Française. Il travaille ensuite sur la métamérisation ; il essaie de retrouver dans la structure anatomique fondamentale d’un animal — ici l’insecte — un ancêtre annélidien.

Il présente son nid vertical qui trouve un très grand succès à l’Exposition universelle de 1900 (année où il présente et obtient sa thèse de doctorat ès sciences naturelles sur la constitution morphologique de la tête de la fourmi).

Il pose une première candidature à l’Académie des Sciences en 1902, classé en dernière ligne, il n’obtient aucun suffrage. En 1906 il travaille sur les muscles du vol des fourmis et montre comment après l’arrachage des ailes, les muscles se transforment en corps gras fournissant à la fourmi de quoi vivre sans se nourrir. Ces travaux font toujours l’objet de notes à l’Académie où il candidate encore sans succès en 1908. Il reçoit le Prix Cuvier de l’Académie en 1909 « bien qu’ingénieur » et « grâce à sa vive passion ». Malgré sa thèse et ses travaux, on lui fait comprendre qu’il n’est pas du sérail. En 1912, sa 3ème candidature, bien que non classé, recueille 1 voix. Il ne se représentera plus.

Son frère cadet Armand, polytechnicien et ingénieur maritime, spéléologue, entomologiste, explorateur, inventeur, sera quant à lui président de la Société française d’Entomologie. Son cousin, lui aussi polytechnicien, sera président de la Société géologique de France.

Loïc Casson termine sa conférence en montrant la diversité des profils d’entomologistes avant 1914. Il est difficile de séparer les amateurs des professionnels tant les contributions sont variables allant de collecteur, en passant par collectionneur, assistant occasionnel au Muséum, chargé de mission par le Muséum, vulgarisateur (tel Maeterlinck) à chercheur indépendant… Finalement Charles Janet, bien qu’il soit toujours resté autonome et indépendant a eu le même rôle et les mêmes prérogatives qu’un professionnel. L’entomologie avant 1940, a dû se construire avec nombre d’individus de la trempe de Janet.

 

Loïc Casson et Claire Villemant (MNHN) ©L'Agrion de l'Oise

Loïc Casson et Claire Villemant (MNHN) ©L'Agrion de l'Oise

La conférence se termine par la rencontre, sous l’œil bienveillant de Charles Janet, de Loïc Casson, professeur en Sciences de la Vie et de la Terre, qui fait revivre ce grand ami des hyménoptères et de Claire Villemant, entomologiste, enseignant-chercheur au MNHN et spécialiste des hyménoptères, notamment des micro-guêpes parasitoïdes et du redouté frelon asiatique.

Pour ceux que l'histoire de l'entomologie intéresse, voir l'article de Loïc Casson intitulé "L'entomologie autour  de 1900 : une science d'amateurs ?". Il est paru dans la revue d'histoire des sciences suisse Gesnerus

 

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Publié le 12 Juin 2017

Un petit rappel ?

Il vous reste un peu moins de 3 mois - exactement 80 jours - pour nous envoyer vos photos.

Les insectes sont de sortie, profitez du beau temps et des vacances.toutes proches.

Premier rappel pour notre concours photo "Insectes de France"

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 21 au 28 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement 2017 complet

Bordereau de participation 2017 (à copier-coller) ou à demander à lagriondeloise@orange.fr

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Publié le 29 Mai 2017

Charles Janet (1849 - 1932) : un entomologiste beauvaisien

Ce sera le thème de notre prochaine conférence,

Charles Janet, ingénieur, savant et industriel à Beauvais, a consacré une partie de sa vie à l’étude des insectes, tout particulièrement les hyménoptères : fourmis, abeilles, guêpes et frelons.

Ses travaux, toujours reconnus aujourd'hui, l'ont conduit à l'Académie des Sciences

Cette conférence sera donnée par Loïc Casson, professeur en Sciences du Vivant et de la Terre à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education d’Amiens, doctorant en Histoire des Sciences à l’Ecole Supérieure des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris

Mercredi 14 juin 2017

A 20h00 Salle des Noues - Complexe municipal des Aulnes - Verneuil-en-Halatte

Entrée libre

 

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Publié le 30 Avril 2017

Lancé en 2014, le Concours Photo "Insectes de France" de l'Agrion de l'Oise en est à sa 4ème édition.

A partir du 1er mai et jusqu’au 31 août, si vous êtes photographe amateur, passionné de macrophotographie ou débutant, vous pourrez nous faire parvenir vos meilleures photos d’insectes. En France il y en a plus de 35000 espèces, bien sûr toutes ne sont pas photogéniques, certaines sont minuscules, d’autres ne prennent pas facilement la pose… Mais quel plaisir quand la photo est bonne.

Avec l’embarras du choix :  9800 espèces de coléoptères, 8000 d’hyménoptères, 6500 de diptères, 5100 de lépidoptères, etc. Mais les espèces moins nombreuses : hémiptères, orthoptères, odonates sont des sujets de choix.

A vous de jouer !

A vos appareils reflex, bridges, compacts et même smartphones ou tablettes !

Confirmés ou débutants, grands et petits, nous attendons vos photos jusqu’au 31 août à minuit.

photo lauréate du Prix du Jury 2016 "Agapanthie des chardons" © Anna Rodriguez

photo lauréate du Prix du Jury 2016 "Agapanthie des chardons" © Anna Rodriguez

Vous avez donc 4 mois pour faire la photo de vos rêves.

Ce concours - réservé aux amateurs - est gratuit sans obligation d’adhésion ou d’achat.

Deux catégories sont proposées :

  • Plus de 18 ans.
  • Jeunes moins de 18 ans

Chaque Participant pourra présenter un maximum de 3 photographies numériques.

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 21 au 28 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement 2017 complet

Bordereau de participation 2017 (à copier-coller) ou à demander à lagriondeloise@orange.fr

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Publié le 27 Avril 2017

Surtout si tu t'intéresses aux insectes.

L'Agrion de l'Oise propose ce mois-ci de nombreuses activités.

Tout d'abord dans le cadre de la Fête de la Nature avec la Ville de Creil

En mai, fais ce qui te plait

Tout le mois  du 2 au 31 mai, vous pourrez voir une exposition à la Maison de la Ville. On y retrouve les photos lauréates de 3 années (2014-2016) de notre Concours "Insectes de France" en parallèle au lancement de la 4ème édition de ce concours le 1er mai.

Le 17 mai, la Ville de Creil propose une sortie entomologique sur ces coteaux où l'on trouvera orchidées et papillons.

Puis le 24 mai ce sera la projection de Microcosmos; un film passionnant sur le petit peuple de l'herbe, que les plus jeunes découvriront émerveillés et les plus âgés reverront avec plaisir.

En mai, fais ce qui te plait

Mais ce n'est pas tout.

"Carapaces et sortilèges" s'ouvre le 29 avril jusqu'au 4 juin à l'Espace Saint-Pierre des Minimes de Compiègne.
 

 

En mai, fais ce qui te plait

Notre adhérente Mireille Chapelain-Midy y expose les magnifiques insectes de bronze de François Chapelain-Midy (1937-2007). A ne pas manquer.

Claire Villemant du Muséum national d'Histoire naturelle, également adhérente de L'Agrion de l'Oise, vous y propose une conférence scientifique le 20 mai au cours de la Nuit des Musées à partir de 20h00.

Et une sortie entomologique proposée par L'Agrion de l'Oise aura lieu le 24 mai au Coteau du Chatel à Feigneux (Oise)

Le coteau du Chatel à Feigneux présente sur une surface de 3 ha de magnifiques pelouses calcicoles et s'inscrit dans le réseau des pelouses calcicoles de la Vallée de L'Automne. Ce coteau raide s'est développé sur des calcaires et des sables et abrite de nombreuses espèces d'intérêt patrimonial.

 

Faune : Coronelle lisse, Lézard vert, Lézard des murailles, Argus bleu-nacré, Petite Violette, Criquet noir-ébène, Mante religieuse, Decticelle bicolore, Criquet de la Palène, Hespérie de la mauve, Lézard des souches

Flore : Véronique de Scheerer, Séséli coloré, Iris fétide, Ophrys mouche, Orchis singe, Brunelle laciniée, Pulsatille commune, Germandrée des montagnes, Orobanche du thym

Pour s'inscrire : 06 25 00 21 26 ou lagriondeloise@orange.fr

Autant d'occasions de retrouver L'Agrion de l'Oise.

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Publié le 19 Avril 2017

Une adhérente m’a fait parvenir quelques photos d’insectes de son récent périple en Namibie avec sa petite famille (adhérente…).

Hello!!! Quelques nouvelles : ici dans le Parc d’Etosha il fait un peu gris mais chaud l’après-midi. Un peu frais quand on part à 6h du matin en chasse ! On a eu un super guide ce matin et on a passé 4 heures à courir après les animaux tous plus majestueux les uns que les autres. On a vu un rhinocéros, mais les guides sont inquiets : ils en ont perdu 150 l’an dernier en raison du braconnage, rien que dans ce parc ! Ne manquaient à l’appel que les lions... il a tellement plu que les animaux peuvent boire partout alors dans un parc de 60 000 km² ils ne sont pas faciles à localiser. Mais on a eu de la chance : on a craqué pour les bébés zèbres... Il y a aussi des oiseaux fantastiques. Niveau insectes on a vu un capricorne, mais pas beaucoup de bestioles exotiques... A part les termitières !!!

C’était son premier courriel. Il y a en a eu d’autres. Evidemment, on ne va pas donner ici de photos des grosses bêtes, mais de celles que nous aimons bien, j’ai nommé les insectes.

Débutons par la photo d’un magnifique coléoptère se posant sur le bras de sa fille pas impressionnée pour un sou. Un rhinocéros ?

les rhinos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

les rhinos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Puis il y a ces énormes termitières, chef d’œuvre d’ingénierie thermique. Premier exemple pour le biomimétisme, mais pas le plus spectaculaire.

immeubles climatisés ©CAP & L’Agrion de l’Oise

immeubles climatisés ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Nos amis ont aussi vu en très grande quantité une espèce de sauterelle cuirassée comme un chevalier du Moyen-Age, d’au moins 5 cm sans compter les pattes. Pas de problème der braconnage de ce côté, il y en avait plein les pistes, donc beaucoup de petites bêtes écrasées… Côté photo, elles filaient vite et étaient compliquées à photographier.

la grande sauterelle ©CAP & L’Agrion de l’Oise

la grande sauterelle ©CAP & L’Agrion de l’Oise

C’est un orthoptère, Acanthoplus longipes (en anglais longlegged armoured katydid), que l’on trouve parait-il aussi en Afrique du Sud dans la province du nord du Cap et au Botswana. Belle bête et encore il y en aurait de plus grands.

En discutant avec les Damara, une peuplade vivant dans ces contrées, la conversation a démarré autour d'un arbre miraculeux, qui sent l’eucalyptus, dont les feuilles sont comme des ailes d’anges et les graines sont plates dans une cosse de haricot - pas du tout comme des fruits « classiques » d’eucalyptus. Les Damara se servent de toutes ses parties ! Ecorces pour nouer les branchages sur le toit, bois pour la construction et le chauffage, feuilles pour la médication en décoction et pour l’hygiène voire la coquetterie avec une poudre parfumée. Ils ont donc évoqué une chenille qui apprécie beaucoup les feuilles de cet arbre… et que les Damara apprécient. Nous en avions pris une belle en photo, que nous avons montrée pour identification : une superbe chenille bien grasse de 6-7 cm (apparemment c’est une chenille de sphingidae. Un sphinx donc…).

délicieuse parait-il ©CAP & L’Agrion de l’Oise

délicieuse parait-il ©CAP & L’Agrion de l’Oise

A la vision de l’animal, les enfants se léchaient les babines en riant. ! Après traduction, nous avons compris que cette chenille était vraiment succulente et que… nous avions eu tort de ne pas la goûter ! Avis aux amateurs, elle s’accommode de diverses manières : cuite en ragout, grillée, séché en chips…  Mais ils n'en ont pas proposé à la dégustation. Ils doivent se les garder.

Autre anecdote avec les Damara : ils collectent le millet sur pied mais aussi… d’une façon peu orthodoxe ! Lorsqu’il a une grande pluie, les fourmis prennent la peine de sortir de leurs fourmilière les graines pour qu’elles sèchent. Les Damara n’ont plus qu’à « ratisser » à même le sol ! On ne peut pas vraiment parler d’une symbiose avec ces fourmis travailleuses et généreuses malgré elles…

Mais voilà un myriapode de belle taille, un Iule qui fait bien 12 cm et qui se promène tranquillement et sans se mettre en boule. D’accord ce n’est pas un insecte, mais on peut bien parler de temps en temps d’autres arthropodes. Les éléphants ne s’y intéressent pas trop.

tubes et trompes ©CAP & L’Agrion de l’Oise

tubes et trompes ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Du côté de Twyfelfontein, ce sera un joli coléoptère de 3 cm au moins, avec de belles élytres rouge et noir et un petit point rouge caractéristique

les coléos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

les coléos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Moins coloré, cet autre coléoptère de la taille d’une cétoine fait penser à un hanneton velu.

Nous n’avons pas réussi à les nommer.

Appel aux lecteurs pour nous aider à les identifier.

En bord de mer pas d’insectes. Fait-il trop frais ? Mais des phoques… en quantité. Hors sujet, passons.

les nids du désert ©CAP & L’Agrion de l’Oise

les nids du désert ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Mais revoilà la chaleur étouffante du désert du côté d’Hammerstein avec quelques rares arbres portant des nids d’oiseaux de belle taille…

Et là, il l’ont vu, celui qu’il fallait voir : le fameux coléoptère emblème du biomimétisme, celui qui grâce à sa carapace arrive à condenser le peu de vapeur d’eau de l’air pour produire la goutte d’eau quotidienne nécessaire à leur vie.

Mais il file vite le bougre sur le sable avec ses grandes pattes et pour le photographier, c’est du sport.

Heureusement il y en avait deux qui prenaient leur temps et on les comprend.

couple de coléoptères condenseurs de vapeur ©CAP & L’Agrion de l’Oise

couple de coléoptères condenseurs de vapeur ©CAP & L’Agrion de l’Oise

c'est là qu'ils vivent ©CAP & L’Agrion de l’Oise

c'est là qu'ils vivent ©CAP & L’Agrion de l’Oise

On peut dire que c’est le must du désert de Namibie où il ne pleut pratiquement jamais, un des endroits les plus chauds du monde. Quelques précisions sur l’insecte, dont le nom scientifique est Onymacris unquilaris. On le nomme aussi scarabée du désert ou ténébrion phalangé.

Ses longues pattes lui permettent de marcher le corps éloigné de la température torride du sable qui pourrait le cuire vite fait. Tôt le matin, dans la fraîcheur de l’air, un brouillard dense se forme et notre scarabée se prosterne face au vent qui balaie sa carapace. Des microgouttes se forment sur ses élytres et coulent jusqu’à sa bouche.

L’ouvrage Poulpe Fiction d’Agnès Guillot et Jean-Arcady Meyer (Dunod 2014) nous explique le phénomène :

« Un zoologiste et un ingénieur britanniques ont décrypté ce mystère. Au microscope électronique, ils ont découvert que les ailes rigides du scarabée étaient constellées de petites bosses, dont le sommet est recouvert d’une substance hydrophile. Les pentes de ces bosses sont ponctuées de dômes aplatis de 10 microns de diamètre, disposés en hexagones et enduits de cire hydrophobe. Ainsi, les molécules d’eau s’accumulent au sommet des bosses sans s’évaporer ni être emportées par le vent, du fait de l’attraction avec la substance hydrophile. Lorsque la goutte atteint une certaine taille, la gravité l’arrache du sommet et elle glisse vers la bouche de l’insecte grâce aux pentes hydrophobes. »

Simple, non ? Des chercheurs ont réussi à reproduire le phénomène avec une texture semblable. Produire de l’eau dans le désert : un projet pas si futuriste que cela.

En tout cas, moi je suis très content qu’une de nos adhérentes ait pu observer et surtout photographier ce scarabée emblématique. Merci.

Mais avant de quitter la Namibie, c’est un joli papillon qu’elle a pu nous offrir en s’excusant presque de la banalité de l’insecte et de la photo, qui n’est pas de très grande qualité, mais, dit-elle, cet insecte ne se posait que quelques micros secondes sur chaque inflorescence de bougainvillier, pas assez pour une non spécialiste de la photo d’insecte opérant avec son smartphone…. (NdR : le 600 mm étant manifestement réservé aux big five).

un beau papillon ©CAP & L’Agrion de l’Oise

un beau papillon ©CAP & L’Agrion de l’Oise

En fait ce lépidoptère est Papilio demodocus, ou Papillon de Vinson ou encore Voilier des citronniers, une espèce de papillon présente dans toute l'Afrique sauf le Sahara et l’Afrique du nord. Les Anglais l’appelle aussi Christmas Butterfly, mais je ne sais pas pourquoi.

Bref en Namibie, on ne photographie pas que du gros gibier, encore faut-il être motivé par les insectes. Et c’est bien sûr le cas pour une adhérente de l’Agrion de l’Oise.

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