Publié le 30 Avril 2017

Lancé en 2014, le Concours Photo "Insectes de France" de l'Agrion de l'Oise en est à sa 4ème édition.

A partir du 1er mai et jusqu’au 31 août, si vous êtes photographe amateur, passionné de macrophotographie ou débutant, vous pourrez nous faire parvenir vos meilleures photos d’insectes. En France il y en a plus de 35000 espèces, bien sûr toutes ne sont pas photogéniques, certaines sont minuscules, d’autres ne prennent pas facilement la pose… Mais quel plaisir quand la photo est bonne.

Avec l’embarras du choix :  9800 espèces de coléoptères, 8000 d’hyménoptères, 6500 de diptères, 5100 de lépidoptères, etc. Mais les espèces moins nombreuses : hémiptères, orthoptères, odonates sont des sujets de choix.

A vous de jouer !

A vos appareils reflex, bridges, compacts et même smartphones ou tablettes !

Confirmés ou débutants, grands et petits, nous attendons vos photos jusqu’au 31 août à minuit.

photo lauréate du Prix du Jury 2016 "Agapanthie des chardons" © Anna Rodriguez

photo lauréate du Prix du Jury 2016 "Agapanthie des chardons" © Anna Rodriguez

Vous avez donc 4 mois pour faire la photo de vos rêves.

Ce concours - réservé aux amateurs - est gratuit sans obligation d’adhésion ou d’achat.

Deux catégories sont proposées :

  • Plus de 18 ans.
  • Jeunes moins de 18 ans

Chaque Participant pourra présenter un maximum de 3 photographies numériques.

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 21 au 28 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement 2017 complet

Bordereau de participation 2017 (à copier-coller) ou à demander à lagriondeloise@orange.fr

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Publié le 27 Avril 2017

Surtout si tu t'intéresses aux insectes.

L'Agrion de l'Oise propose ce mois-ci de nombreuses activités.

Tout d'abord dans le cadre de la Fête de la Nature avec la Ville de Creil

En mai, fais ce qui te plait

Tout le mois  du 2 au 31 mai, vous pourrez voir une exposition à la Maison de la Ville. On y retrouve les photos lauréates de 3 années (2014-2016) de notre Concours "Insectes de France" en parallèle au lancement de la 4ème édition de ce concours le 1er mai.

Le 17 mai, la Ville de Creil propose une sortie entomologique sur ces coteaux où l'on trouvera orchidées et papillons.

Puis le 24 mai ce sera la projection de Microcosmos; un film passionnant sur le petit peuple de l'herbe, que les plus jeunes découvriront émerveillés et les plus âgés reverront avec plaisir.

En mai, fais ce qui te plait

Mais ce n'est pas tout.

"Carapaces et sortilèges" s'ouvre le 29 avril jusqu'au 4 juin à l'Espace Saint-Pierre des Minimes de Compiègne.
 

 

En mai, fais ce qui te plait

Notre adhérente Mireille Chapelain-Midy y expose les magnifiques insectes de bronze de François Chapelain-Midy (1937-2007). A ne pas manquer.

Claire Villemant du Muséum national d'Histoire naturelle, également adhérente de L'Agrion de l'Oise, vous y propose une conférence scientifique le 20 mai au cours de la Nuit des Musées à partir de 20h00.

Et une sortie entomologique proposée par L'Agrion de l'Oise aura lieu le 24 mai au Coteau du Chatel à Feigneux (Oise)

Le coteau du Chatel à Feigneux présente sur une surface de 3 ha de magnifiques pelouses calcicoles et s'inscrit dans le réseau des pelouses calcicoles de la Vallée de L'Automne. Ce coteau raide s'est développé sur des calcaires et des sables et abrite de nombreuses espèces d'intérêt patrimonial.

 

Faune : Coronelle lisse, Lézard vert, Lézard des murailles, Argus bleu-nacré, Petite Violette, Criquet noir-ébène, Mante religieuse, Decticelle bicolore, Criquet de la Palène, Hespérie de la mauve, Lézard des souches

Flore : Véronique de Scheerer, Séséli coloré, Iris fétide, Ophrys mouche, Orchis singe, Brunelle laciniée, Pulsatille commune, Germandrée des montagnes, Orobanche du thym

Pour s'inscrire : 06 25 00 21 26 ou lagriondeloise@orange.fr

Autant d'occasions de retrouver L'Agrion de l'Oise.

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Publié le 19 Avril 2017

Une adhérente m’a fait parvenir quelques photos d’insectes de son récent périple en Namibie avec sa petite famille (adhérente…).

Hello!!! Quelques nouvelles : ici dans le Parc d’Etosha il fait un peu gris mais chaud l’après-midi. Un peu frais quand on part à 6h du matin en chasse ! On a eu un super guide ce matin et on a passé 4 heures à courir après les animaux tous plus majestueux les uns que les autres. On a vu un rhinocéros, mais les guides sont inquiets : ils en ont perdu 150 l’an dernier en raison du braconnage, rien que dans ce parc ! Ne manquaient à l’appel que les lions... il a tellement plu que les animaux peuvent boire partout alors dans un parc de 60 000 km² ils ne sont pas faciles à localiser. Mais on a eu de la chance : on a craqué pour les bébés zèbres... Il y a aussi des oiseaux fantastiques. Niveau insectes on a vu un capricorne, mais pas beaucoup de bestioles exotiques... A part les termitières !!!

C’était son premier courriel. Il y a en a eu d’autres. Evidemment, on ne va pas donner ici de photos des grosses bêtes, mais de celles que nous aimons bien, j’ai nommé les insectes.

Débutons par la photo d’un magnifique coléoptère se posant sur le bras de sa fille pas impressionnée pour un sou. Un rhinocéros ?

les rhinos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

les rhinos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Puis il y a ces énormes termitières, chef d’œuvre d’ingénierie thermique. Premier exemple pour le biomimétisme, mais pas le plus spectaculaire.

immeubles climatisés ©CAP & L’Agrion de l’Oise

immeubles climatisés ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Nos amis ont aussi vu en très grande quantité une espèce de sauterelle cuirassée comme un chevalier du Moyen-Age, d’au moins 5 cm sans compter les pattes. Pas de problème der braconnage de ce côté, il y en avait plein les pistes, donc beaucoup de petites bêtes écrasées… Côté photo, elles filaient vite et étaient compliquées à photographier.

la grande sauterelle ©CAP & L’Agrion de l’Oise

la grande sauterelle ©CAP & L’Agrion de l’Oise

C’est un orthoptère, Acanthoplus longipes (en anglais longlegged armoured katydid), que l’on trouve parait-il aussi en Afrique du Sud dans la province du nord du Cap et au Botswana. Belle bête et encore il y en aurait de plus grands.

En discutant avec les Damara, une peuplade vivant dans ces contrées, la conversation a démarré autour d'un arbre miraculeux, qui sent l’eucalyptus, dont les feuilles sont comme des ailes d’anges et les graines sont plates dans une cosse de haricot - pas du tout comme des fruits « classiques » d’eucalyptus. Les Damara se servent de toutes ses parties ! Ecorces pour nouer les branchages sur le toit, bois pour la construction et le chauffage, feuilles pour la médication en décoction et pour l’hygiène voire la coquetterie avec une poudre parfumée. Ils ont donc évoqué une chenille qui apprécie beaucoup les feuilles de cet arbre… et que les Damara apprécient. Nous en avions pris une belle en photo, que nous avons montrée pour identification : une superbe chenille bien grasse de 6-7 cm (apparemment c’est une chenille de sphingidae. Un sphinx donc…).

délicieuse parait-il ©CAP & L’Agrion de l’Oise

délicieuse parait-il ©CAP & L’Agrion de l’Oise

A la vision de l’animal, les enfants se léchaient les babines en riant. ! Après traduction, nous avons compris que cette chenille était vraiment succulente et que… nous avions eu tort de ne pas la goûter ! Avis aux amateurs, elle s’accommode de diverses manières : cuite en ragout, grillée, séché en chips…  Mais ils n'en ont pas proposé à la dégustation. Ils doivent se les garder.

Autre anecdote avec les Damara : ils collectent le millet sur pied mais aussi… d’une façon peu orthodoxe ! Lorsqu’il a une grande pluie, les fourmis prennent la peine de sortir de leurs fourmilière les graines pour qu’elles sèchent. Les Damara n’ont plus qu’à « ratisser » à même le sol ! On ne peut pas vraiment parler d’une symbiose avec ces fourmis travailleuses et généreuses malgré elles…

Mais voilà un myriapode de belle taille, un Iule qui fait bien 12 cm et qui se promène tranquillement et sans se mettre en boule. D’accord ce n’est pas un insecte, mais on peut bien parler de temps en temps d’autres arthropodes. Les éléphants ne s’y intéressent pas trop.

tubes et trompes ©CAP & L’Agrion de l’Oise

tubes et trompes ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Du côté de Twyfelfontein, ce sera un joli coléoptère de 3 cm au moins, avec de belles élytres rouge et noir et un petit point rouge caractéristique

les coléos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

les coléos ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Moins coloré, cet autre coléoptère de la taille d’une cétoine fait penser à un hanneton velu.

Nous n’avons pas réussi à les nommer.

Appel aux lecteurs pour nous aider à les identifier.

En bord de mer pas d’insectes. Fait-il trop frais ? Mais des phoques… en quantité. Hors sujet, passons.

les nids du désert ©CAP & L’Agrion de l’Oise

les nids du désert ©CAP & L’Agrion de l’Oise

Mais revoilà la chaleur étouffante du désert du côté d’Hammerstein avec quelques rares arbres portant des nids d’oiseaux de belle taille…

Et là, il l’ont vu, celui qu’il fallait voir : le fameux coléoptère emblème du biomimétisme, celui qui grâce à sa carapace arrive à condenser le peu de vapeur d’eau de l’air pour produire la goutte d’eau quotidienne nécessaire à leur vie.

Mais il file vite le bougre sur le sable avec ses grandes pattes et pour le photographier, c’est du sport.

Heureusement il y en avait deux qui prenaient leur temps et on les comprend.

couple de coléoptères condenseurs de vapeur ©CAP & L’Agrion de l’Oise

couple de coléoptères condenseurs de vapeur ©CAP & L’Agrion de l’Oise

c'est là qu'ils vivent ©CAP & L’Agrion de l’Oise

c'est là qu'ils vivent ©CAP & L’Agrion de l’Oise

On peut dire que c’est le must du désert de Namibie où il ne pleut pratiquement jamais, un des endroits les plus chauds du monde. Quelques précisions sur l’insecte, dont le nom scientifique est Onymacris unquilaris. On le nomme aussi scarabée du désert ou ténébrion phalangé.

Ses longues pattes lui permettent de marcher le corps éloigné de la température torride du sable qui pourrait le cuire vite fait. Tôt le matin, dans la fraîcheur de l’air, un brouillard dense se forme et notre scarabée se prosterne face au vent qui balaie sa carapace. Des microgouttes se forment sur ses élytres et coulent jusqu’à sa bouche.

L’ouvrage Poulpe Fiction d’Agnès Guillot et Jean-Arcady Meyer (Dunod 2014) nous explique le phénomène :

« Un zoologiste et un ingénieur britanniques ont décrypté ce mystère. Au microscope électronique, ils ont découvert que les ailes rigides du scarabée étaient constellées de petites bosses, dont le sommet est recouvert d’une substance hydrophile. Les pentes de ces bosses sont ponctuées de dômes aplatis de 10 microns de diamètre, disposés en hexagones et enduits de cire hydrophobe. Ainsi, les molécules d’eau s’accumulent au sommet des bosses sans s’évaporer ni être emportées par le vent, du fait de l’attraction avec la substance hydrophile. Lorsque la goutte atteint une certaine taille, la gravité l’arrache du sommet et elle glisse vers la bouche de l’insecte grâce aux pentes hydrophobes. »

Simple, non ? Des chercheurs ont réussi à reproduire le phénomène avec une texture semblable. Produire de l’eau dans le désert : un projet pas si futuriste que cela.

En tout cas, moi je suis très content qu’une de nos adhérentes ait pu observer et surtout photographier ce scarabée emblématique. Merci.

Mais avant de quitter la Namibie, c’est un joli papillon qu’elle a pu nous offrir en s’excusant presque de la banalité de l’insecte et de la photo, qui n’est pas de très grande qualité, mais, dit-elle, cet insecte ne se posait que quelques micros secondes sur chaque inflorescence de bougainvillier, pas assez pour une non spécialiste de la photo d’insecte opérant avec son smartphone…. (NdR : le 600 mm étant manifestement réservé aux big five).

un beau papillon ©CAP & L’Agrion de l’Oise

un beau papillon ©CAP & L’Agrion de l’Oise

En fait ce lépidoptère est Papilio demodocus, ou Papillon de Vinson ou encore Voilier des citronniers, une espèce de papillon présente dans toute l'Afrique sauf le Sahara et l’Afrique du nord. Les Anglais l’appelle aussi Christmas Butterfly, mais je ne sais pas pourquoi.

Bref en Namibie, on ne photographie pas que du gros gibier, encore faut-il être motivé par les insectes. Et c’est bien sûr le cas pour une adhérente de l’Agrion de l’Oise.

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Publié le 1 Avril 2017

Pour tout savoir de notre assemblée générale extraordinaire et ordinaire, reportez-vous au compte rendu.

 

Le Bureau et Philippe Kellner, maire-adjoint, en charghe des associations

Le Bureau et Philippe Kellner, maire-adjoint, en charghe des associations

Et pour connaitre les nouveaux statuts qui ont été adoptés à cette occasion

Le compte rendu de l'Assemblé générale du 14 mars est en ligne

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Publié le 1 Mars 2017

Assemblée générale de l'Agrion de l'Oise le 14 mars 2017

Assemblée générale de l’Agrion de l’Oise

mardi 14 mars à 20h00 (accueil à partir de 19h30)

salle Salomon de Brosse à Verneuil-en-Halatte

 

L’Agrion de l’Oise vous invite à son assemblée générale 2017, qui se déroulera en deux temps ;

  • Assemblée générale extraordinaire pour la révision des statuts
  • Assemblée générale ordinaire avec
    • rapport moral et financier 2016,
    • projet de programme/budget 2017

Vous pourrez découvrir le programme 2017, qui prévoit entre autres des promenades entomologiques avec initiation à la photographie d’insectes, les conférences trimestrielles, la 4ème édition de notre concours photo « Insectes de France » et la 3ème édition de notre concert « Notes d’insectes » à l’Abbaye royale du Moncel.

La réunion se terminera par un pot de l’amitié avec possibilité de déguster des insectes.

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Publié le 13 Février 2017

Encore un extrait du temps passé...

Chez la bête, comme chez l’homme, il y a de l’instinct et de l’intelligence.

L’amour provient d’une attirance instinctive ; l’amitié possède les facultés issues de l’intelligence.

Chez les insectes, je ne citerai que deux ou trois exemples sur leur amitié ou sur leur amour la place me faisant défaut pour en donner davantage.
[…]

©Dittaeva GNU Free Documentation License Wikipedia Commons

©Dittaeva GNU Free Documentation License Wikipedia Commons

Le Lethre à grosse tête (NdR. dermeste du lard, Dermestres lardarius) est un petit coléoptère au corps rugueux et de coloration noire. Sa tête est triangulaire et très développée. Lorsqu’il a choisi sa compagne, il ne la quittera plus et les deux insectes s’aimeront jusqu’à ce que la mort vienne mettre un terme à leur union.

Aidé de son épouse, le mâle creuse une galerie qui souvent mesure un mètre de longueur ; d’abord oblique, les terrassiers la redressent verticalement ; ils y construisent de grandes loges où ils déposent la nourriture qui sera nécessaire aux jeunes lethres qui naîtront d’eux.

Matin et soir, le lethre à grosse tête, laissant sa compagne aux soins du ménages, s’en va au travail. Il grimpe sur les ceps de vigne, il en coupe les jeunes pousses qu’il laisse tomber sur le sol. Quand il en a abattu un certain nombre, il descend, met pied à terre. Un à un, il prend dans ses mandibules les bourgeons qu’il a coupés, et, un à un, il les transporte à son domicile, où à l’entrée la femelle guette son arrivée ; Aussitôt qu’elle l’aperçoit elle court au-devant de son compagnon, le débarrasse du bourgeon qu’il apporte ; elle le roule en boule et y dépose un œuf qui est aussitôt placé dans une des loges préparées à l’avance. Et le ménage, constamment uni, assure ainsi l’avenir de ceux qui naîtront de lui.

Ephémère - extrait de Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, t.VI]. Tome 6, Ferchaud de Réaumur, BNF Gallica

Ephémère - extrait de Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, t.VI]. Tome 6, Ferchaud de Réaumur, BNF Gallica

L’Ephémère adulte ne mange pas ; sa vie est brève, mais heureuse entre toutes. Se nourrissant d’un rayon de soleil, vagabondant dans la lumière, il folâtre au milieu de ses compagnons d’un jour.

Suivez-le. De l’immense tourbillon de la valse aérienne, deux êtres se détachent ; aussi légers que deux âmes, ils se posent sur une feuille de nénuphar ou sur une fleur d’iris. Sur cette fleur ou sur cette feuille que l’onde berce, au milieu de toutes les gloires du printemps, les éphémères s’unissent.

Puis ils tombent dans le crépuscule de la joie. Les minutes et les années n’étant qu’une même chose lorsqu’elles sont passées.

Alphonse Labitte, attaché au Muséum national d’Histoire naturelle (Hautes études)

Extrait de De bons exemples : l’amour et l’amitié chez les insectes, L’Intransigeant, 30 octobre 1927,

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Publié le 19 Janvier 2017

La lecture de la République de l'Oise, journal paraissant à Beauvais, me fait découvrir le compte-rendu d'une conférence publique donnée le 17 mars 1902, avec projections, salle de la Justice-de-Paix de l'Hôtel de Ville, dans le cadre du Cercle laïque d'Education morale, une université populaire locale très active à l'époque.

La vie des insectes sociaux passionne et Maurice Maeterlinck vient à peine de publier chez l’éditeur Fasquelle sa Vie des Abeilles. La Vie des Fourmis ne paraitra qu’en 1926 et la Vie des Termites qu'en 1930.

Au coeur de l'aster ©Roger Puff

Au coeur de l'aster ©Roger Puff

Conférence de Mme Hubert Bourgin

Mme Hubert Bourgin, professeur au Collège Jeanne-Hachette, l’aimable femme du dévoué secrétaire du Cercle laïque, a fait hier soir, dans la salle de la Justice de Paix, une jolie et intéressante conférence sur les insectes et notamment sur les insectes travailleurs, abeilles et fourmis.

Avant d’aborder le sujet traité, nous devons faire remarquer que le Cercle laïque n’a presque rien à envier aux universités populaires de Paris, car il a non seulement ses artistes lyriques et dramatiques, mais aussi ses conférenciers et conférencières.

Après Mlle Lefèvre, dont la conférence parlée et chantée a eu un beau succès bien mérité, c’est Mme Hubert Bourgin, qui a parlé pendant plus d’une heure avec une facilité étonnante et une verve abondante, une précision et une correction parfaites, enfin un réel talent de causeuse délicate et spirituelle, car la conférence toute scientifique qu’elle était, était émaillée de réflexions et d’observations fort justes, pleines d’à-propos.

Voici très succinctement le résumé du sujet traité.

Les mœurs des insectes sont intéressantes en elles-mêmes par la façon dont ces petits animaux accomplissent les actes de leur vie, et intéressantes pour nous par les manifestations d’intelligence qu’elles présentent.

Pour bien comprendre les actes des insectes, il est nécessaire de connaître l’organisation générale d’un insecte. C’est un animal dont le corps se divise en trois parties : la tête qui porte les yeux, les antennes, organes du toucher et de l’ouïe, et la bouche aux mandibules puissantes comme chez le cerf-volant, ou allongées en trompe comme chez le papillon et l’abeille ; le thorax portant les ailes, et les pattes disposées pour courir, sauter, nager ou fouir le sol ; enfin l’abdomen qui n’a point d’appendices. Un tel animal est très vivant, très agile et peut accomplir des actes variés. Il ne nait d’ailleurs pas sous cette forme ailée, mais sous la forme d’une larve, semblable à un ver, qui mange beaucoup, puis s’enveloppe d’un cocon d’où sort, après un temps plus ou moins long, l’insecte parfait.

Au point de vue de l’intelligence, on peut diviser les insectes en deux groupes : les insectes isolés et les insectes vivant en société.

Les insectes isolés usent souvent de procédés ingénieux pour rechercher leur nourriture, tel le récluse masqué qui, pour guetter les punaises des lits dont il se nourrit, s’enveloppe de poussière ; ils savent aussi assurer à leurs œufs, qui éclosent quand les parents sont morts, l’abri et la nourriture appropriée, - par exemple, certains insectes déposent leurs œufs dans le corps d’une chenille dont les jeunes larves se nourriront. Mais tous ces actes se reproduisent de même pour les mêmes espèces ; ils semblent avoir un caractère un peu mécanique ; cependant quelques preuves de progrès ont pu être observées.

Sur un rudbeckia ©Roger Puff

Sur un rudbeckia ©Roger Puff

Les insectes vivant en société, au contraire, nous montrent beaucoup d’actes raisonnés. Ces insectes sont : les abeilles, que nous trouvons très bien étudiées, sous une forme philosophique et poétique, dans la Vie des Abeilles de Maurice Maeterlinck, et les fourmis, au sujet desquelles M. Charles Janet, zoologiste beauvaisien, a donné de sûrs et nombreux documents.

Chez les abeilles comme chez les fourmis, la recherche de nourriture et l’élevage des jeunes sont accomplis par la communauté, où le principe de la division du travail est appliqué. Les actes instinctifs se produisent comme chez les insectes isolés, mais plus souvent que chez ces derniers. On voit des actes provoqués par des causes inattendues et que les hommes ne désavoueraient pas : par exemple, le fait de redresser une ruche ou une fourmilière dont l’équilibre a été accidentellement détruit par un tampon de cire ou de terre à la partie inférieure ; et bien d’autres faits du même ordre.

Dans la société des abeilles, l’individu est complètement sacrifié à la communauté, à l’esprit de la race ; dès qu’il est malade, donc hors d’usage, il est rejeté. Chez les fourmis, au contraire, plus de place est donnée à l’initiative de chacune, et les malades sont soignées par leurs compagnes.

L’étude des mœurs de ces différents insectes nous fait donc voir l’intelligence en dehors de nous et nous fait assister au développement intellectuel se produisant plutôt dans les sociétés que dans l’isolement.

De plus ces intéressantes bêtes peuvent nous présenter un exemple salutaire ; car on peut imaginer une société qui unirait au dévouement des abeilles, pour leur race et leurs générations futures, la personnalité et la sensibilité des fourmis, et cette société pourrait être l’idéal d’une société humaine

Dans le prunus ©Roger Puff

Dans le prunus ©Roger Puff

Les auditeurs ont pris grand plaisir à entendre une aussi gracieuse et aussi intéressante conférencière et le lui ont témoigné maintes fois par de chauds applaudissements.

Des projections lumineuses sur l’anatomie des insectes, ont complété cette conférence aussi utile qu’intéressante qui fait honneur au talent de Mme Hubert Bourgin.

signé André Dély

Le République de l'Oise mars 1902

à partir du journal microfilmé aux Archives départementale de l'Oise

N.B. J'aurais aimé prendre connaissance du texte original de la conférence de Madame Bourgin, hélas ! On ne sait pas où le trouver.

 

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Publié le 5 Janvier 2017

Bonne Année 2017 aux Amis des Insectes

C'est avec la photo d'Anna Rodriguez, lauréate du 1er Prix du Jury de notre 3ème édition du concours photo "Insectes de France" que l'Agrion de l'Oise vous souhaite une excellente année 2017.

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Publié le 20 Décembre 2016

Le travailleur - 1er Prix du Public Concours Photo 2016 - © Ingrid Dauzier

Le travailleur - 1er Prix du Public Concours Photo 2016 - © Ingrid Dauzier

L'Agrion de l'Oise - avec cette photo 1er Prix du Public de la 3ème édition de notre Concours Photo "Insectes de France" - vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année.

Cette photo, titrée "Le travailleur", a été prise par Ingrid Dauzier, que nous félicitons.

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Publié le 13 Décembre 2016

"Notes d'insectes 2016" ou "Notes d'Insectes du baroque au jazz" : la 2ème édition du concert dédié aux insectes organisé par l'Agrion de l'Oise, dans le cadre superbe de l'Abbaye royale du Moncel, a permis à un public nombreux d'apprécier des artistes de grand talent et d'écouter une musique évoquant merveilleusement nos chères petites bestioles.

Mais il n'y avait pas que de la musique. De très beaux textes consacrés à l'entomologie ont également été dits.

La récitante Annie Dauny et Christophe Chauvet au clavecin -  photo ©Thierry Frayon

La récitante Annie Dauny et Christophe Chauvet au clavecin - photo ©Thierry Frayon

Le concert était animé par Roger Puff, président de l'Agrion de l'Oise, émaillant la présentation des artistes par des propos entomologiques sur les insectes évoqués dans les mélodies et,les pièces instrumentales.

Annie Dauny, la récitante, traitait également des insectes en lisant de très beaux textes extraits d'auteurs du passé ou contemporains, connus de tous comme Jean de la Fontaine, Gérard de Nerval, Colette et Jean Anouilh, contemporain comme l'anthropologue Hugh Raffles (auteur d'Insectopia, ouvrage paru en 2015 chez l'éditeur Worldproject) ou encore oublié comme l'entomologiste Alphonse Labitte, qui, avant 1914, voulait ouvrir un insectarium au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris (il faudra en reparler un jour dans ce blog).

Le public nombreux  - photo ©Thierry Frayon

Le public nombreux - photo ©Thierry Frayon

Christophe Chauvet au clavecin débutait le concert par des pièces de musique baroque figuraliste de Joseph Bodin de Boismortier et François Couperin, traitant de puces, de moucherons, d'abeilles, de sylvains et autres papillons.

Les lépidoptères étaient en effet les grandes vedettes de ce spectacle, tant par le texte que par la musique, sans oublier le décor de scène : trois très grandes photos de papillons, tirées par nos amis de Calepins et Epures, entreprise de Verneuil-en-Halatte.

C'est également au clavecin que Christophe Chauvet accompagnait la merveilleuse soprano Sophie Pattey dans Papillon Inconstant de Jean-Philippe Rameau et L'Amour piqué par une abeille de Louis-Nicolas Clérambault.

Entre les multiples espèces de papillons, se nichaient une cigale et une fourmi, avec la fable de La Fontaine qu'Annie Dauny faisait réciter à un public studieux et celle du musicien Valette que chantait Sophie Pattey.

Le baroque faisait place au 20ème siècle avec Insectarium de Jean Françaix, composé toutefois pour clavecin. Un insectarium peuplé de scolopendres (myriapodes), argyronètes (arachnides), talitres (crustacés) et tout de même de quelques insectes : coccinelles, scarabées et fourmis.

La soprano Sophie Pattey et Christophe Chauvet au piano - photo ©Thierry Frayon

La soprano Sophie Pattey et Christophe Chauvet au piano - photo ©Thierry Frayon

La 2ème partie consacrait au piano le 19ème siècle avec les mélodies d'Ernest Chausson sur des poèmes de Charles Leconte de Lisle (une cigale) et de Théophile Gautier (encore des papillons), ou de Charles Gounod avec Tombez, mes ailes, histoire d'une petite fourmi volante, un poème de Ernest-Wilfrid Legouvé.

Plus loin ce serait d'autres compositeurs plus ancrés dans le 20ème siècle : Gabriel Fauré et Le papillon et la fleur, poème de Victor Hugo, puis Francis Poulenc, avec Quelle aventure, une histoire de puce, poème de Maurice Carême.

Ce qui nous montrait les talents de Sophie Pattey dans ces superbes mélodies françaises du baroque au contemporain.

Céline Tourniaire au saxo alto - photo ©Thierry Frayon

Céline Tourniaire au saxo alto - photo ©Thierry Frayon

Un frelon se mettait de la partie avec Lou Cabridan, le frelon en provençal, un air très vivant extrait des Tableaux de Provence de la compositrice Paule Maurice, joué au saxo alto par Céline Tourniaire, qui plus loin nous donnait le très attendu et plus que célèbre Vol du Bourdon de Nicolaï Rimsky-Korsakov, incontournable dès qu'il s'agit d'insectes en musique.

Mais le morceau le plus jazz de ce concert était Le papillon de Claude Bolling, compositeur bien connu pour ses musiques de films. L'alto de Céline y faisait des merveilles.

Christophe Chauvet poursuivait avec Ce que la mouche raconte, un morceau de Bela Bartok, musicien et entomologiste.

Le quatuor de saxophone Céline Tourniaire - photo ©Thierry Frayon

Le quatuor de saxophone Céline Tourniaire - photo ©Thierry Frayon

Céline Tourniaire nous avait fait le plaisir de venir avec trois de ses élèves pour former un quatuor. Elle avait échangé son alto contre un soprano. Ses élèves Anne-Claire Delis au ténor, Sonia Chagnas à l'alto, et Nicolas Gosselin au baryton, complétaient le quatuor pour nous donner Arachnophobie, un morceau très évocateur du jeune compositeur français Maxime Aulio. Le 21ème siècle était donc également bien représenté.

Sophie Pattey et Christophe Chauvet - photo ©Bernard Flamant

Sophie Pattey et Christophe Chauvet - photo ©Bernard Flamant

Le concert devait se terminer sur un air de Puccini, lui aussi très attendu. Chanté par Sophie Pattey, c'était le magnifique Un bel di, vedremo de Madame Butterfly (le fameux "sur la mer calmée", ici en V.O.), superbe air chanté par la belle Cio-Cio-San attendant pleine d'espoir son lieutenant Pinkerton, superbement interprété par la belle Sophie.

Air très apprécié du public comme ses applaudissements nourris le prouvaient.

Christophe Chauvet, piano, Sophie pattey, soprano, Céline Tourniaire, contrebasse - photo ©Roger Puff

Christophe Chauvet, piano, Sophie pattey, soprano, Céline Tourniaire, contrebasse - photo ©Roger Puff

Et pour le bis, Céline Tourniaire surprenait le public en venant avec sa contrebasse accompagner Sophie Pattey et Christophe Chauvet dans une nouvelle fable  La Cigale et la Fourmi, une comptine pour enfants pleine d'humour et de dynamisme du compositeur Jean-Michel Thierry, le pianiste accompagnateur de Raymond Devos.

 

Le salut final  - photo ©Thierry Frayon

Le salut final - photo ©Thierry Frayon

Le concert se terminait par la traditionnelle remise des bouquets aux artistes, mais à L'Agrion de l'Oise, les fleurs ont été amoureusement transformées par nos amies abeilles en délicieux miel, ici de printemps, des Ruchers des Trois Forêts, dont celle de Halatte qui jouxte l'Abbaye royale du Moncel.

Un pot de l'amitié terminait le spectacle. Il était même possible d'y tenter l'entomophagie et surtout d'admirer les photos de la 3ème édition du concours photo "Insectes de France" organisé par L'Agrion de l'Oise.

Y aura-t-il une 3ème édition du concert ?

Celui de cette année a pu être proposé gratuitement au public grâce au soutien financier de la SANEF, des agences du Crédit Mutuel Nord-Europe et des assurances MMA de Pont-Sainte-Maxence, de la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte, ainsi que du soutien logistique de la commune de Verneuil-en-Halatte.

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