Publié le 22 Juin 2021

Panneau du Marais Chantraine à Saint-Vaast-lès-Mello

Panneau du Marais Chantraine à Saint-Vaast-lès-Mello

Ce ne sera pas encore le 3ème trimestre mais l'été depuis le 21 juin. Nous vous proposons :

- le mercredi  30 juin une sortie entomologique et photographique au Marais Chantraine à Saint-Vaast-lès-Mello. Ce site est géré par la municipalité avec l'appui de Saint-Vaast-Nature. Le tour du marais devrait nous permettre de voir et de photographier de nombreux odonates, libellules et demoiselles au bord de l'eau et dans les pelouses adjacentes.

Il convient de s'inscrire (1) au préalable (taille de groupe limitée) pour que nous puissions fixer le lieu et l'heure de rendez-vous et organiser éventuellement du co-voiturage.

 

 

 

Au bord de la Mare aux Daims

Au bord de la Mare aux Daims

En juillet  nous vous proposons deux sorties :

- le jeudi 8 juillet (14h)

- le jeudi 29 juillet (14h)

Le rendez-vous sera au pied des vestiges du château en face du manoir Salomon de Brosse. Le durée est d'environ 2 heures. C'est idéal pour les familles, les enfants sont bienvenus.

Il convient de s'inscrire (1) au préalable (groupe de taille limitée)

Important : la sortie nocturne prévue le 29 juillet est reportée au mois d'août.

 

Au départ du sentier de la Pierre Glissoire

Au départ du sentier de la Pierre Glissoire

En août nous vous proposons :

- le mardi 10 août une sortie d'observation nocturne d'insectes à Verneuil-en-Halatte. L'inscription est impérative pour connaître le lieu et l'heure du rendez-vous.

- le jeudi 19 août (14h) une nouvelle sortie "Entomologie pour les néophytes" sur le sentier de la biodiversité dans la parc du château de Verneuil-en-Halatte.

- le mercredi 25 août (14h30) une sortie entomologique et photographique à la Pierre Glissoire à Péroy-les-Gombries (1)

 

 

Un panneau d'information du Mont-César

Un panneau d'information du Mont-César

Les activités reprennent avec un rythme soutenu en septembre :

- le mercredi 2 septembre  (14h30) sortie entomologique et photographique aux Marais de Sacy (à confirmer)

- le samedi 11 septembre (14h) sortie sur le Sentier de la biodiversité de Verneuil-en-Halatte avec l'OTSI de la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte (l'inscription obligatoirement se fait à l'OTSI par tél : 03 44 72 35 90)

- le mercredi 16 septembre (14h30) sortie entomologique et photographique aux Etangs de Commelles

- le jeudi 29 septembre (14h30) sortie entomologique et photographique au Mont-César/

Pour les Marais de Sacy, les étangs de Commelles et le Mont-César, le lieu de rendez-vous sera communiqué aux personnes inscrites, un covoiturage pourra être organisé à partir de Verneuil-en-Halatte et Pont-Sainte-Maxence.

2018 au Forum des Assdociations de Verneuil-en-Halatet

2018 au Forum des Assdociations de Verneuil-en-Halatet

Encore fin août (à confirmer) :

- le dimanche 29 août nous tiendrons un stand à la fête "Un dimanche à la Campagne" à Nogent-sur-Oise (à confirmer)

Et en septembre nous vous proposons diverses autres activités :

- du samedi 4 au samedi 25 septembre (dates à confirmer) une exposition des photos sélectionnées et lauréates du 6ème Concours photo "Insectes de France" 2020 organisé par l'Agrion de l'Oise à la Médiathèque de Nogent-sur-Oise (heures d'ouverture de la médiathèque).

- le dimanche 5 septembre l'Agrion de l'Oise sera présent au Forum des Associations de Pont-Sainte-Maxence

- le dimanche 12 septembre l'Agrion de l'Oise sera présent au Forum des Associations de Verneuil-en-Halatte

Nous serons les 18 et 19 septembre pour les Journées européennes du Patrimoine au Jardin zoologique d'Amiens. Un occasion unique de visiter de superbe zoo pour 1 euro seulement, mais attention il y a toujours beaucoup de monde...

Notez que le 10 septembre à minuit, le 7ème Concours "Insectes de France" 2021 sera clôturé. Le jury se tiendra le 23 septembre.

Enfin ce mois très dense se terminera par la clôture de l'exposition de photos à la Médiathèque de Nogent-sur-Oise, mais surtout le samedi 25 septembre à 16h par la conférence sur  Entomologie judiciaire par Madame Laetitia Fillâtre.                     

Nous vous conseillons de vérifier les dates (des changements sont toujours possible) et de réserver.

Pour vous inscrire à nos sorties :

téléphone : 06 25 00 21 26

mail : lagriondeloise@orange.fr

Des covoiturages pourront être organisés au départ de Verneuil-en-Halatte et de Pont-Sainte-Maxence.

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Publié le 16 Juin 2021

Les gorges de l'Allier © Joël Tribhout

Les gorges de l'Allier © Joël Tribhout

Il y a des petits coins de France qui méritent le détour. Encerclée par les départements du Puy-de-Dôme, du Cantal, la Lozère, l’Ardèche et la Loire, la Haute-Loire fait partie de ceux-là. Un fleuve long de 1006 km, la Loire et une rivière longue de 421 km, l’Allier, traversent ce très beau département.

Nous avons décidé de poser nos sacs à dos et chaussures de randonnée à quelques kilomètres de la charmante petite ville de Saugues dans un gîte atypique adossé à un énorme rocher à 1000m d’altitude. C’est ici en 1764 que commença l’histoire de la Bête du Gévaudan, animale ou humaine, et qui se termina au Mont Mouchet, tuée par Jean Chastel, un enfant du pays. Pour mieux comprendre l’histoire de la Bête du Gévaudan, mythe ou réalité, nous visitons le fantastique musée de Saugues.

Dectique verrucivore © Joël Tribhout

Dectique verrucivore © Joël Tribhout

Je n’attends pas longtemps pour photographier mon premier insecte qui est une très belle sauterelle, le Dectique verrucivore (Decticus verrucivorus)) postée devant l’entrée du gîte. Elle venait me souhaiter la bienvenue. Son nom proviendrait d'une ancienne pratique consistant à se faire mordre les verrues par l'insecte : les sucs digestifs caustiques brûlant les verrues.

Ce séjour sera ponctué par la découverte de charmants villages, de randonnées pédestres à couper le souffle, des rafraîchissantes Gorges de l’Allier ou la magique ville du Puy en Velay.

Un berger et ses moutons © Joël Tribhout

Un berger et ses moutons © Joël Tribhout

Le lendemain de notre arrivée, au petit-déjeuner, nous découvrons ces images un peu oubliées par les citadins mais faisant partie intégrante de cette région avec ce troupeau de moutons, du berger et de son chien.

Avant de partir au cœur d’une nature verdoyante, nous prenons la direction du Puy-en-Velay, ville d’art et d’histoire et point de départ des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Il faut bien la journée pour découvrir toutes les richesses de cette ville historique au fil de ses rues aux maisons colorées.

Notre-Dame de France © Joël Tribhout

Notre-Dame de France © Joël Tribhout

Après avoir visité la grandiose cathédrale Notre-Dame construite sur le Mont Anis, nous levons la tête vers la statue Notre-Dame de France. Il nous faudra monter les 280 marches pour être à ses pieds.

Vue panoramique du Py-en-Velay © Joël Tribhout

Vue panoramique du Py-en-Velay © Joël Tribhout

D’ici, le panorama sur la ville est époustouflant. Nous apercevons le Rocher et la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe que nous allons bientôt gravir.

Cathédrale Saint-Etienne du Puy-en-Velay © Joël Tribhout

Cathédrale Saint-Etienne du Puy-en-Velay © Joël Tribhout

Nous terminons la journée par un grandiose spectacle de lumière sur les principaux monuments du Puy-en-Velay.

Le Mont Chauvet © Joël Tribhout

Le Mont Chauvet © Joël Tribhout

Le lendemain nous partons à la découverte du Mont Chauvet. En haut, une vue panoramique sur les Cévennes, les monts du Cantal, le Devès et le Cézalier s’offre à nous au milieu de parterres de bruyère.

Insectes sur fleur d'angélique © Joël Tribhout

Insectes sur fleur d'angélique © Joël Tribhout

De retour au gîte, je m’aventure sur un petit sentier longeant un ruisseau. Je quitte le chemin, attiré par une multitude d’angéliques sauvages. De nombreux insectes tels des Syrphes (sans doute des Éristales gluantes, Eristalis tenax), Téléphores fauves s’accouplant  (Rhagonycha fulva) ou un Lepture tacheté (Rutpela maculata) sont venus faire le plein de nourriture. Les ombellifères sont de véritables restaurants pour de nombreux insectes.

Le Grand Mars changeant © Joël Tribhout

Le Grand Mars changeant © Joël Tribhout

A quelques mètres de là j’aperçois un papillon, le Grand Mars changeant (Apatura iris) se régalant de nectar avec sa trompe jaune. Je m’approche doucement car je n’ai pas ce beau lépidoptère dans ma photothèque. Deux photos à un centimètre du sujet et il s’envole, mais le résultat est probant. Je n'ai toutefois pas pu le prendre avec ses ailes ouvertes dont la couleur change avec l'orientation de la lumière.

La Trichie fasciée © Joël Tribhout

La Trichie fasciée © Joël Tribhout

Je ne sais plus où donner de l’appareil photo. Là, toujours sur l’angélique voici la Trichie fasciée (Trichius fasciatus), un coléoptère de la famille des Scarabaeidae, dont la pilosité et la couleur pourraient le faire passer pour un bourdon. Avec tous ces poils, il doit être un bon pollinisateur..

Orage en Haute-Loire © Joël Tribhout

Orage en Haute-Loire © Joël Tribhout

J’ai beaucoup de mal à quitter ce lieu magique mais au loin le ciel s’obscurcit et quelques coups de tonnerre me mettent à la raison.

Chapelle saint-Etienne © Joël Tribhout

Chapelle saint-Etienne © Joël Tribhout

Notre première randonnée de 8 km nous fait découvrir des panoramas grandioses sur les Gorges de l’Allier. Notre itinéraire est cerné sur trois côtés par cette rivière. Après une très forte pente, nous voici à la chapelle Saint-Étienne d’où la vue est impressionnante. Nous en profitons pour faire une halte pique-nique bien méritée.

Le Flambé

Le Flambé

Plusieurs papillons Flambés (Iphiclides podalirius) viennent nous tenir compagnie. Je laisse mon casse-croûte pour quelques secondes afin de photographier l’un des plus beaux lépidoptères de France, voire d’Europe. D'une envergure de 50 à 70 mm, il est remarquable par ses grands vols planés.

La guêpe poliste © Joël Tribhout

La guêpe poliste © Joël Tribhout

Sur le chemin du retour, à l’approche d’une ferme une guêpe poliste (Polistes sp.) se désaltère dans un bassin-baignoire. Les polistes sont des guêpes sociales. On les reconnait par les pattes qu'elles laissent trainer en vol.Ce sont des prédatrices omnivores (fruits, nectars, larves, chenilles, insectes morts...),...

Le coq et sa cour © Joël Tribhout

Le coq et sa cour © Joël Tribhout

...alors qu'un coq a réuni sa cour.

Roches basaltiques de Prades © Joël Tribhout

Roches basaltiques de Prades © Joël Tribhout

Cette région est vraiment un paradis pour les randonneurs. Nous partons pour le village de Prades et ses très belles orgues basaltiques.

L'Ecaille chinée © Joël Tribhout

L'Ecaille chinée © Joël Tribhout

Il fait très chaud, alors nous empruntons un sentier ombragé qui longe l’Allier pour plus de fraîcheur. Le cadre est idyllique et les occasions de se tremper ne manquent pas. Un splendide papillon, l’Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria), ouvre ses ailes le temps de flasher sur ses belles couleurs orangées ponctuées de taches noires. 

Accouplement d'Ephippigères avec la spermatophore © Joël Tribhout

Accouplement d'Ephippigères avec la spermatophore © Joël Tribhout

Devant notre gîte, des genêts attirent mon attention et notamment une stridulation d’insecte. Je m’approche et je découvre deux Ephippigères des vignes bien cachées qui  s’accouplent.

La "selle de cheval" de l'Ephippigère des vignes © Joël Tribhout

La "selle de cheval" de l'Ephippigère des vignes © Joël Tribhout

Leur nom vient du grec ephippios qui signifie « selle de cheval ».

La femelle mange la spermatore © Joël Tribhout

La femelle mange la spermatore © Joël Tribhout

Je remarque que leurs ailes sont atrophiées ne leur permettant pas de voler mais de chanter. Une autre particularité m’intrigue. Lors de l’accouplement, le mâle dépose à l’extrémité de l’abdomen de la femelle, une poche appelée spermatophore contenant les spermatozoïdes et ressemblant à deux « œufs sur le plat ». Une fois l’opération terminée, la femelle mange cette poche lui permettant la fécondation des œufs.

Nécrophore fossoyeur © Joël Tribhout

Nécrophore fossoyeur © Joël Tribhout

Après cette belle découverte voici un Nécrophore fossoyeur (Nicrophorus sp. je penche pour N. investigator) de la famille des Silphidae, des insectes fossoyeurs et carnivores. Ce Coléoptère se nourrit de cadavres de petits animaux (oieaux, souris) et souvent les enterre en creusant le sol sous eux pour servir de nourriture à ses larves.

Le train touristique de Langeac à Langogne © Joël Tribhout

Le train touristique de Langeac à Langogne © Joël Tribhout

Après une journée farniente au lac du Bouchet, nous terminons en musique lors d’un concert classique à Brioude dans la magnifique basilique Saint Julien, la plus grande église romane d’Auvergne. Notre voyage touche à sa fin. Alors pour garder un souvenir inoubliable de cette superbe région et admirer de près ou en hauteur les Gorges de l’Allier et ses paysages majestueux, nous prenons le train touristique de Langeac à Langogne.

Texte photos Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribout

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Publié le 7 Juin 2021

L'Agrion de l'Oise vous propose une conférence de Jean-Louis Fischer, historien des sciences, sur la première femme entomologiste reconnue. Il s'agit de Maria Sybilla Merian (1647-1717), une artiste allemande ayant mis ses talents de peintre miniaturiste au service de l'entomologie. Non contente de reproduire les insectes sur le papier, elle se rendit en Guyane hollandaise pour recueillir elle-même des spécimens sur le terrain.

Maria Sybilla Merian, première femme entomologiste, une conférence de Jean-Louis Fischer

La conférence aura lieu en présentiel (sauf modifications des consignes sanitaires)

le mardi 15 juin 2020 à 20h00 précises
Salle Salomon de Brosse à Verneuil-en-Halatte.

Attention la jauge des salles reste limitée : il est prudent de réserver sa place

par téléphone au  06 25 00 21 26

Pour présenter succinctement l’héroïne de cette conférence que nous donnera Jean-Louis Fischer, j’ai déniché un article « L’intronisation du pou » signé de Laurent Tailhade.

Laurent Tailhade (1854-1919) est un poète, un polémiste et un pamphlétaire, habitué aux articles provocateurs et a qui l'on attribue la chanson gaillarde « Les Filles de Camaret ». Cet article, paru en première page dans la revue Comœdia le 27 juin 1914, est manifestement en rapport avec l'Exposition internationale d'Insectes vivants, de Poissons d'ornements et d'Oiseaux de volière qui eut lieu au Jardin d'Acclimatation du 6 au 21 juin 1914. Pour en savoir plus, vous pouvez onsulter l'article publié sur Alphonse Labitte dans le magazine Insectes de l'OPIE.

Je vous proposerai d’autres extraits de l'article de Laurent Tailhade à l’occasion, mais ici je n’en ai retenu que la fin.

Scarlet Mormon (Papilio rumanzovia -Philippines et Célèbes) à l'Insectarium  du Zoo de Londres 2018 ©Roger Puff

Scarlet Mormon (Papilio rumanzovia -Philippines et Célèbes) à l'Insectarium du Zoo de Londres 2018 ©Roger Puff

"Ici toute férie est dans son domaine. Ici, les phantasmes du rêve et les monstres du cauchemar s’incarnent, prennent vie, entrent dans la réalité. Êtres lumineux et bêtes nocturnes se mêlent, se confondent, échangent leurs membres, leurs têtes, leurs sexes, leurs organes. Subites métamorphoses. L’être qui rampait, tout à l’heure, dans les eaux croupissantes, voltige en plein azur. Cela va de l’éphialte à la reine Mab, du hideux scorpion à l’aérienne libellule, aux papillons si beaux et plus riches que les fleurs. Dans les vitrines de monsieur Lemoult, la sinistre mouche tsé-tsé bourdonne, la mygale immonde et sanguinaire se convulse de fureur ; telle chenille velue étire ses anneaux. Dans le sable un pou carnassier, le formica-leo, creuse, pour l’affût, des entonnoirs. Les insectes de toutes les parties du monde apportent ici, leurs épouvantes et leurs splendeurs. Les belles planches que dessina, grava, peignit elle-même, Sybille de Merian, dont l’édition définitive, parue en 1730, chez Frédéric Bernard, libraire d’Amsterdam, étonne encore par la fraîcheur du coloris, et les précisions de l’image, s’animent chez Lemoult. Le rêve s’est fait chair. Séraphin qui durcit les insectes, les amène à l’état de momie et permet au bijoutier de les sertir. Elles ressuscitent. Voici les fleurs vivantes des Indes néerlandaises, les papillons du Surinam sous leurs habits de fête, satin vert et velours noir, velours brun et satin bleu, taffetas mauve, satin mauve aux reflets nacrés. Leurs chenilles rongent l’ananas mûrissant, le jasmin des Indes, le grenadier, la gomme gutte, les bourgeons de la passiflore, la vanille et la nèfle de Surinam.

Annonce parue dans le Bulletin de la Société d'Entomologie de France 1914

Annonce parue dans le Bulletin de la Société d'Entomologie de France 1914

"Le rêve s’est fait chair. Séraphin qui durcit les insectes, les amène à l’état de momie et permet au bijoutier de les sertir. Elles ressuscitent. Voici les fleurs vivantes des Indes néerlandaises, les papillons du Surinam sous leurs habits de fête, satin vert et velours noir, velours brun et satin bleu, taffetas mauve, satin mauve aux reflets nacrés. Leurs chenilles rongent l’ananas mûrissant, le jasmin des Indes, le grenadier, la gomme gutte, les bourgeons de la passiflore, la vanille et la nèfle de Surinam.

Vulcain (Vanessa atalanta) en Forêt d'Halatte 2014 ©Roger Puff

Vulcain (Vanessa atalanta) en Forêt d'Halatte 2014 ©Roger Puff

"Auprès de ces joyaux ailés, nos insectes d’Europe, scarabées ou papillons de l’Occident ne laissent pas de faire figure. Cicindèles, cétoines rose et or, hopplias d’un bleu turquoise tirant sur le lilas, avec un beau reflet d’argent, vanesses, paons du jour, vulcains, atalantes ne palissent aucunement au voisinage de leurs frères exotiques.

"Les bois, les prés, les champs, les campagnes de la zone tempérée égalent en magnificence les pays où Sybille de Merian, lasse de théologie et pour fuir, je pense les docteurs labadistes, fut comme Wilson, étudier la nature sous des cieux inconnus. Elle peignit, observa, mourut laide et vierge, ignorant le féminisme et tout ce qui s’en suit. Mais, pour la science, pour la gloire de la Femme, cette « pucelle huguenote » comme disait d’elle-même mademoiselle de Gournay, avait fait, ce semble, presque autant que J.-Henri Fabre. Peut-être même, oserai-je dire, que cette walkure, la citoyenne Maria Pognon."

Extrait de « L’intronisation du pou », article signé Laurent Tailhade, Comœdia 27 juin 1914

Nota

Laurent Tailhade fait également référence à Eugène Le Moult (1882-1967), un naturaliste spécialisé en entomologie, plus particulièrement les lépidoptères, qui fit fortune en vendant les papillons, fort appréciés des collectionneurs, qu’il faisait capturer par les forçats du bagne de Cayenne dans une boutique ouverte à paris en 1908. Je vous recommande son ouvrage Mes chasses aux Papillons (1955) où il parle de ses activités en Guyane. L’article évoque aussi Séraphin, un naturaliste qui s’était spécialisé dans le montage en bijoux de coléoptères et de lépidoptères, qu’il vendait au 22, faubourg Montmartre à Paris. Quant à Maria Pognon (1844-1925), c'est une journaliste féministe , qui participa au long combat pour l'émancipation des femmes sous la IIIe République.

Les Labadistes formaient une communauté religieuse d'obédience calviniste aux Pays-Bas disparue vers 1730. Quant à Wilson, il pourrait s'agir de Ernest Henry Wilson (1876-1930), un botaniste britannique qui introduisit une très grande nombre d'espèces de plantes d'Asie en Occident.

Et tout le monde connait bien sûr Jean-Henri Fabre...

 

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Rédigé par Roger Puff L'Agrion de l'Oise

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Publié le 28 Mai 2021

Lancement de notre 8ème Concours Photos "Insectes de France"

Quasiment déconfinés comme les insectes, vous allez pouvoir vous adonner à la photographie d'insectes et participer à la 8ème édition du Concours Photo "Insectes de France", le concours que l'Agrion de l'Oise propose depuis 2014.

Dès le 1er juin et jusqu’au 10 septembre, que vous soyez photographe amateur, passionné de macrophotographie ou débutant, et tout particulièrement si vous avez moins de 18 ans, l'Agrion de l'Oise attend vos meilleures photos d’insectes.

Les insectes sont indispensables au bon équilibre de la biodiversité pour les services écosystémiques qu'ils nous rendent. La biodiversité des insectes est gigantesque. pensez qu'il y a plus de 1 million d'espèces répertoriées dans le monde et il en reste à découvrir. Mais les insectes sont menacés dans leur biomasse et leur biodiversité. Plus de 30 % des espèces risquent de disparaitre. Et il n'y a pas que l'abeille mellifère qui pollinise. Il existe près de 1000 abeilles sauvages. Les papillons, des diptères, des coléoptères, et bien d'autres encore contribuent à la pollinisation. D'autres contribuent au nettoyage et au recyclage des détritus, à la régénération des sols et à la chaine alimentaire. Mais ils sont aussi respectables pour ce qu'ils sont tout autant que les grands animaux

Que ce soit l'abeille domestique ou la coccinelle, le grand capricorne ou un syrphe quelconque tous méritent votre attention. Photographiez-les pour mieux les connaitre, comprendre en quoi ils nous sont indispensables. Et puis, on ne vous le répètera jamais assez, ils sont beaux et photogéniques, et si divers, même les laids peuvent aussi donner de très belles photos.

En France il y en a plus de 35 000 espèces :  9 800 espèces de coléoptères (pensez aux coccinelles, aux chrysomèles et pourquoi pas aux charançons et plus sportif aux cicindèles), 8 000 espèces d’hyménoptères (la timide osmie cornue, la superbe xylocope violacée, l'humble fourmi), 6 500 espèces de diptères (tipules, volucelles, tachinaires ou simple mouche domestique), 5 100 espèces de lépidoptères (machaons ou flambés, nacrés ou adèles, etc pensez à leurs chenilles souvent remarquables de beauté). Et n'oubliez pas les hémiptères, les orthoptères, les odonates, vous avez l'embarras du choix dans vos jardins, dans les prairies, dans les sous-bois, au bord de l'eau. Inutile de partir pour un safari lointain, la beauté des insectes est à votre porte ou à quelques centaines de mètres de chez vous. Mais attention photographiez des insectes dans la nature, pas de papillons exotiques dans une volière ou de blattes siffleuses dans un terrarium.

Plus de 35 000 espèces, vous avez le choix. A vous de jouer ! J'oubliais il ont six pattes... (ou si ce sont des chenilles, elles les auront bientôt).

A vos appareils reflex, bridges, compacts et même smartphones ou tablettes !

Confirmés ou débutants, grands et petits, nous attendons vos photos jusqu’au 10 septembre à minuit.

Vous pouvez ressortir des photos de vos archives (mais de préférence en numérique). Vous avez 3 mois et 10 jours pour en prendre dans la nature. Attention le 10 septembre passé minuit, il sera trop tard pour nous les faire parvenir.

Ce concours - réservé aux amateurs - est gratuit sans obligation d’adhésion ou d’achat.

Deux catégories sont proposées :

  • Plus de 18 ans.
  • Jeunes de moins de 18 ans

Chaque Participant pourra présenter un maximum de 3 photographies à envoyer de préférence en fichier jpg et à au plus 1 Mo. Les fichiers en qualité maximale seront à nous faire parvenir en cas de sélection.

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionner les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition du 23 au 30 octobre, jour de la remise des prix. Les lauréats 2020 ne pourront participer au Prix du Public mais pourront se voir décerner un prix d'honneur. le jury pourra éventuellement attribuer une récompense à des photos intéressantes sur un plan entomologiques, mais non justifiables d'un prix du Jury ou du Public.

Consultez le Règlement 2021 complet.

 Copier-coller le Bordereau d'envoi 2021

ou le demander à

Mail : lagriondeloise@orange.fr qui est aussi l'adresse pour envoyer vos photos

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Publié le 23 Mai 2021

Osmie photographiée le 21 mars 2021 © Michel Huyvaert

Osmie photographiée le 21 mars 2021 © Michel Huyvaert

Du fait des conditions sanitaires en vigueur, l'assemblée générale de l'Agrion de l'Oise a été tenue en visio-conférence.

Voir le compte-rendu détaillé

 

 

On en trouvera le compte-rendu détaillé

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Publié le 19 Mai 2021

Sympétrum fascié  (Sympetrum striolatum) ©Joël Tribhout

Sympétrum fascié (Sympetrum striolatum) ©Joël Tribhout

Au bord d’une eau cuivrée,
Une libellule sur un jonc vînt se poser,
Doucement je me suis approché,
Par sa beauté j’étais envoûté.
Ultime instant de bonheur,
Quand ma main tremblante,
Au rythme de mon cœur,
A caressé ses voiles transparentes.
Dans ses yeux multicolores,
J’ai plongé tout mon corps,
Ses milliers de facettes irisées,
Se reflétaient dans une eau argentée.
C’était un feu d’artifice,
Dans cette mer aux parfums d’épices,
Des centaines d’étoiles dorées,
Ont inondé de lumière mon voilier.
De la crête des vagues se détachaient,
Des embruns aux fumets de poissons,
Invitant mes lèvres iodées,
A déguster cette divine boisson.
 
                                                                                    
Aeschne affine (Aeschna affinis) ©Joël Tribhout

Aeschne affine (Aeschna affinis) ©Joël Tribhout

Longtemps j’ai navigué,
Guidé par la voie lactée,
Escorté d’une myriade de libellules,
Dansant dans les airs telles des funambules.
Je glissais sur l’eau de ses yeux,
Quand une douce mélodie angélique,
Accompagnée de chants poétiques,
Descendirent magiquement des cieux.
Je garde encore les frissons,
De ces minutes chimériques,
Où mes cinq sens à l’unisson,
Flottaient dans son univers cosmique.
En revenant de ma croisière,
C’était la fin de l’été,
L’Odonate s’est envolé,
Vers sa destinée dernière,
Son horizon va bientôt s’obscurcir,
Une à une ses voiles se déchirent,
Alors, avant son dernier soupir,
A un mâle elle souhaite s’offrir.
 
                                                                                      Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 28 Avril 2021

La Lithobie, une chasseuse redoutable © Joël Tribhout

La Lithobie, une chasseuse redoutable © Joël Tribhout

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22 mars

Toujours dans le bois mort, c’est la Lithobie à pinces qui passe devant mon objectif. Ce Chilipode, qui aime l’humidité et fuit la lumière (lucifuge), est un chasseur redoutable car il est équipé d’une impressionnante paire de pattes-mâchoires appelées forcipules. Que ce soit des araignées, perce-oreilles, collemboles, petits coléoptères ou diverses larves, tous finiront entre ses mandibules après avoir reçu une bonne dose de venin. N’ayez crainte, il n’y a pas de danger à l’observer mais cela demande beaucoup de patience car sa première réaction quand on la dérange est de s’enfuir.

Avec le Platyrhinus on est dans le monde du minuscule © Joël Tribhout

Avec le Platyrhinus on est dans le monde du minuscule © Joël Tribhout

28 mars

Sous l’écorce d’un vieux chêne et J’ai failli ne pas le voir, je suis en présence du Platyrhinus resinosus. Ce petit Coléoptère (moins d’1cm), phytophage est rattaché à la famille des Anthribidae. Une fois repéré, ce dernier se met sur le dos en faisant le mort. Je ne me laisse pas duper et je prépare mon appareil photo en mode vidéo. Une quinzaine de secondes plus tard, une à une ses pattes se mettent en mouvement puis il se retourne et disparaît très vite.

Une araignée très séduisante © Joël Tribhout

Une araignée très séduisante © Joël Tribhout

Dans ce cocon la vie est en mouvement © Joël Tribhout

Dans ce cocon la vie est en mouvement © Joël Tribhout

30 mars

Cette année 2021, j’ai passé beaucoup de temps à chercher des araignées du cocon à l’adulte et mes rencontres ont été fructueuses. Une de mes plus belles découvertes est la Dysdera crocata. Cachée sous un tronc, elle s’est figée devant mon appareil prenant la pause. D’une belle couleur orangée cette femelle capture des cloportes et transperce leurs carapaces avec les puissants crochets de ses chélicères. Quelques jours auparavant, J’ai vu un reportage où un aranéologue la prenait dans sa main. La tentation était trop grande et le danger de se faire mordre inexistant. Après quelques secondes passées dans ma main, je l’ai déposé et sans un regard elle a disparu à toutes pattes. Sous la fine écorce de ce tronc d’arbre deux cocons renfermant des araignées qui commencent à s’activer vont bientôt percer leur nid soyeux pour de nouvelles aventures.

La femelle lampyris est équipée d’une lampe très efficace © Joël Tribhout

La femelle lampyris est équipée d’une lampe très efficace © Joël Tribhout

Le mâle Lampyris ne dira pas le contraire © Joël Tribhout

Le mâle Lampyris ne dira pas le contraire © Joël Tribhout

1er avril

Je le ou la cherchais depuis longtemps car assez rare à trouver. Je veux parler du Lampyris, du grec lampe, briller et pyros, feu. Il désignait déjà le ver luisant chez les Romains. En grattant un tronc en décomposition je me frotte les yeux. Oui, je suis en présence de la femelle Lampyris qui ressemble à une larve car elle est dépourvue d’ailes. Le mâle a une paire d’élytres typique des Coléoptères. La femelle possède sous son abdomen une petite lampe appelée photophore qui produit une lumière vert-jaune. Lors de la période amoureuse, elle grimpe le long d’une tige, recourbe son abdomen et le balance lentement. Si un mâle repère cette lumière avec ses yeux globuleux, il se laisse tomber à côté de sa promise. Après l’accouplement elle dépose une centaine d’œufs jaunes légèrement luminescents de 1mm de diamètre dans la végétation.

Le Gloméris est équipé d’une ingénieuse et efficace armure © Joël Tribhout

Le Gloméris est équipé d’une ingénieuse et efficace armure © Joël Tribhout

Le Gloméris adulte © Joël Tribhout

Le Gloméris adulte © Joël Tribhout

2 avril

Sous un morceau de bois je découvre toute une famille de Gloméris, 9 exactement, ressemblant à de minuscules billes. A ne pas confondre avec les cloportes qui l’on voit dans le même type d’habitat. Leur nom vient du verbe latin Glomerare signifiant « se mettre en boule ». Ce sont des myriapodes-diplopodes qui possèdent 17 paires de pattes. Quand le Gloméris adopte cette attitude de protection en boule, il est bien difficile de savoir où est la tête car les anneaux s’ajustent à la perfection, protégeant les parties du ventre souples et vulnérables. Ceci lui confère une longévité pouvant aller jusqu’à 11 ans.

Quelques minutes de patience et le spectacle était au rendez-vous quand L’un après l’autre, les 9 Gloméris se sont mis en mouvement.

Ce Carabe embrouillé a revêtu son plus bel habit © Joël Tribhout

Ce Carabe embrouillé a revêtu son plus bel habit © Joël Tribhout

Une tête très impressionnante  © Joël Tribhout

Une tête très impressionnante © Joël Tribhout

17 avril

Au bord d’une allée forestière un tronc vermoulu attire mon attention. D’un geste délicat, je soulève l’écorce et mes yeux sont éblouis devant ce grand Carabe bleu-violet de la famille des Carabidés avec ses élytres granuleuses. Je veux le voir de face alors je le manipule avec douceur. Les yeux dans les yeux, je découvre de longues et impressionnantes mandibules acérées lui permettant de transpercer facilement ses proies telles les limaces dont il est très friand. Il ne vole pas mais J’ai pu constater qu’il peut partir très vite. Il faut savoir que ce Coléoptère ne peut se maintenir dans des forêts soumises à une exploitation intensive donc il aurait tendance à se raréfier. Cette espèce est inscrite comme vulnérable.

Voilà la fin de cette belle aventure qui me fait dire que le monde des insectes doit être considéré comme indispensable à notre écosystème.

Le monde du minuscule devrait être enregistré au patrimoine mondial du bien être animal.

Texte et Photos © Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 21 Avril 2021

© Joël Tribhout

© Joël Tribhout

Quand on se promène dans une forêt on s’émerveille de la beauté des arbres qui s’élancent droits comme des I vers la canopée, du chant des oiseaux bien cachés dans la ramure, des insectes qu’il nous faut dénicher à l’abri dans la végétation. La vie végétale et animale est en pleine effervescence dès que le printemps s’installe.

Pourtant, si on revient quelques mois en arrière, un monde animal se prépare à sortir de sa cachette au grand jour.

Avez-vous remarqué que de nombreuses souches, troncs et arbres en décomposition jonchent le sol de nos forêts ? L’ONF (Office National des Forêts) laisse volontairement ces bois morts permettant à tout un monde de se cacher, se développer et se nourrir.

Sous les troncs, les écorces où au plus profond dans le bois vermoulu, ma curiosité m’a permis de mieux comprendre l’évolution de certaines espèces. Des rencontres magiques qui pendant de très longues minutes m’ont déconnecté du monde des bipèdes.

Coléoptères, Hyménoptères, Myriapodes (Diplopodes et Chilipodes), Cloportes, Aranéides, Hémiptères ont occupés mes nombreuses sorties dès la fin du mois d’octobre Jusqu’à début avril.

C'est parti pour un hiver bien au chaud © Joël Tribhout

C'est parti pour un hiver bien au chaud © Joël Tribhout

Ma première rencontre en octobre sera avec la reine des bourdons, bien lovée dans sa loge sous une écorce prête à entrer en hibernation.

Je me dépêche de faire deux à trois clichés puis je repose délicatement l’écorce. Au printemps, la reine des bourdons se réveille puis elle fait sa toilette et avant de faire son premier repas de nectar pour reprendre des forces, on peut la voir voler au ras du sol et s’enfuir sous les feuilles pour se reposer de son hibernation. Un phénomène que je remarque à chaque printemps. Puis elle va chercher un endroit propice au sol pour fonder sa colonie. Souvent ce sera un ancien terrier de petit mammifère, idéal pour protéger la future colonie des prédateurs et des intempéries.

Une longueur impressionnante pour ce Géophile © Joël Tribhout

Une longueur impressionnante pour ce Géophile © Joël Tribhout

Le 26 novembre

Je continue mes balades en forêt quand je suis attiré par une grosse pierre. Je sais que la vie animale s’y cache. Doucement, je déplace ce bloc avec précaution pour découvrir un Géophile de la classe des Chilipodes, du grec chili, bord et pod, pied, qui, surpris dans un premier temps, commence à mettre en marche ses 180 paires de pattes.  En quelques secondes il disparaît dans une petite faille. Je remet la pierre en place puis je poursuis mes recherches.

Un frelon européen pas si antipathique © Joël Tribhout

Un frelon européen pas si antipathique © Joël Tribhout

28 novembre

J’ai longtemps hésité à vous présenter le frelon européen de son nom scientifique Vespa crabro car sa réputation d’insecte dangereux s’attaquant aux abeilles est fausse. Il est souvent confondu avec le frelon asiatique qui lui est un prédateur d’abeilles. Le frelon européen est carnivore et en dehors des mouches, il peut s’’attaquer aux papillons, sauterelles, chenilles, mais rarement aux abeilles. Sous une très grosse bûche que je fais rouler lentement, elle est là, endormie, la reine du frelon européen, protégée par deux à trois feuilles. Sa taille peut atteindre les 35 mm contre 18 à 28 mm pour les autres frelons de la colonie. Je sais que je ne risque rien même si sa grande taille peut être dissuasive de toute approche. Je ne suis plus qu’à 1 cm. Je déplace les feuilles et je peux observer en toute tranquillité son abdomen qui bat au rythme de son cœur. Je reste de longues minutes à la regarder, la photographier, la filmer avant de lui remettre sa couverture hivernale. Quand elle se réveillera au printemps, sa tâche sera de fonder une colonie.

La larve du Lucane Cerf-volant en hibernation © Joël Tribhout

La larve du Lucane Cerf-volant en hibernation © Joël Tribhout

Elle deviendra ce majestueux Coléoptère © Joël Tribhout

Elle deviendra ce majestueux Coléoptère © Joël Tribhout

2 décembre

En soulevant une écorce je suis tout excité de ma découverte. Je suis en présence de la larve du Lucane Cerf-volant dont J’ai pu photographier un adulte mâle quelques mois plutôt. Cet insecte, dont l’origine du nom Lucanus vient du latin lucus, « bois sacré », aurait donné le nom au Cerf-volant, car les enfants autrefois, dit–on, faisaient voler les Lucanes avec un fil à la patte. Les passionnés de Cerf-volant aujourd’hui sont appelés « lucanistes ». Les larves qui restent cachées pendant 3 à 5 ans, se nourrissent de bois mort en décomposition. Puis elles entameront leur stade nymphal. Dommage mais je n’ai pas la patience d’attendre, alors je replace l’écorce proprement après une série de clichés.

Cette larve de Taupin va bientôt s’envoyer en l’air © Joël Tribhout

Cette larve de Taupin va bientôt s’envoyer en l’air © Joël Tribhout

Le Taupin est monté sur ressort © Joël Tribhout

Le Taupin est monté sur ressort © Joël Tribhout

Le 3 février

Ce n’est pas en faisant les moissons que j’ai trouvé la larve du Taupin mais comme vous vous en doutez c’est sous une écorce. Ce Coléoptère fait partie de la famille des Elatéridés. La larve qu’on appelle « vers fil de fer », car elle est dure, cylindrique et filiforme, va passer 4 ans sous terre à grignoter les racines des plantes. Pourquoi était-elle sous une écorce ? Mystère ! … Une fois adulte, le Taupin qui vole peu trouvera sa nourriture sur les ombellifères ou les arbres à fleurs. L’originalité de cet insecte est étonnante. S’il se retrouve sur le dos il ne peut se retourner à l’aide de ses pattes car elles sont trop courtes. J’attend patiemment de voir son stratagème. Il relève la tête en arrière afin de tendre un muscle élastique. La tension accumulée dans le muscle est libérée d’un coup envoyant le Taupin en l’air avec un petit clic afin de retomber sur ses pattes.

Une Petite biche pressée de sortir dans la forêt © Joël Tribhout

Une Petite biche pressée de sortir dans la forêt © Joël Tribhout

Le 17 février,

Toujours sous une écorce, me voici en présence de la Petite biche, Dorcus parallelipipedus. Je trouve un peu tôt l’arrivée de ce Coléoptère lucanidé. Mais au vu de la température positive, pourquoi pas !... Je suis en présence d’un mâle car la femelle, plus petite, possède deux petites bosses sur le thorax. Je présume qu’après deux à trois ans passés dans ce bois nourricier, il a envie de se dégourdir les pattes même si sa vitesse de déplacement se rapproche de celle d’un escargot. Si cet insecte est crépusculaire, on le rencontre également en journée se régalant de la sève suintante de la plaie des arbres.

A côté dans une loge se trouve une larve et ne voulant pas la déranger, je pense qu’il s’agit d’une future petite biche.

Une réunion de larves de Pyrochre écarlate © Joël Tribhout

Une réunion de larves de Pyrochre écarlate © Joël Tribhout

23 février

Chacune de mes sorties m’offrent de nouvelles images comme ces larves de Pyrochre écarlate à différents stades d’évolution. Son corps très aplati est pourvu de deux solides éperons ainsi que de mandibules lui permettant de se nourrir de larves d’insectes. Il n’est pas rare qu’en cas de pénurie alimentaire elles se mangent entre elles. Son développement est de 2 à 3 ans. En avril 2020, J’ai photographié la métamorphose de la larve du stade nymphal à celui d’imago et je puis vous assurer que ce moment à été magique.

Le Polydesme caréné marche au radar © Joël Tribhout

Le Polydesme caréné marche au radar © Joël Tribhout

18 mars

Voici le Polydesme caréné qui est un myriapode-diplopode. On le reconnaît grâce à ses anneaux calcaires d’aspect rugueux.  En grec, myria et podos signifient de très nombreuses pattes. Le Polydesme possède 31 paires chez le mâle et 30 pour la femelle. Ce Diplopode vit dans l’obscurité et ne possède pas d’yeux. Il se dirige grâce à ses antennes qui sont équipées de capteurs sensoriels ultrasensibles. Je ne pense pas que ce cocon d’araignée l’intéresse, car sa nourriture est composée de matières végétales en décomposition, de racines ou de fruits tels les fraises des bois.

Texte et Photos © Joël Tribhout

A suivre

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 31 Mars 2021

Une osmie salue l'Agrion de l'Oise (plaque sur l'hôtel à insectes) © Michel Huyvaert

Une osmie salue l'Agrion de l'Oise (plaque sur l'hôtel à insectes) © Michel Huyvaert

Tout début mars, il y a eu quelques jours de beau temps. Nous avons pu observer que quelques mâles d'Osmies cornues, Osmia cornuta, étaient sortis de leurs tubes. Derniers pondus, premiers sortis. Ils attendaient les femelles qui tardaient à éclore.

Ce sont des abeilles sauvages et solitaires, mais néanmoins grégaires. Il n'y a pas de reine, il n'y a pas de ruche, on ne produit pas de miel. Pratiquement autant de mâles que de femelles qui forment des couples éphémères et vivent en colonies.

Quelques mâles, premiers sortis de leurs tubes, attendent les femelles © Michel Huyvaert

Quelques mâles, premiers sortis de leurs tubes, attendent les femelles © Michel Huyvaert

Les frimas ont repris et tout est redevenu calme à l'hôtel. Plus d'animation.

Mâle d'osmie cornue reconnaissable à son toupet blanc © Michel Huyvaert

Mâle d'osmie cornue reconnaissable à son toupet blanc © Michel Huyvaert

On se réunit à trois garçons, faudrait qu'elles viennent. On attend nous © Michel Huyvaert

On se réunit à trois garçons, faudrait qu'elles viennent. On attend nous © Michel Huyvaert

Ce mâle est parasité, un intrus avait dû venir pondre dans la cavité © Michel Huyvaert

Ce mâle est parasité, un intrus avait dû venir pondre dans la cavité © Michel Huyvaert

A deux on est bien, mais si on n'est pas du sexe opposé, mais faut bien attendre que ces dames soient sorties © Michel Huyvaert

A deux on est bien, mais si on n'est pas du sexe opposé, mais faut bien attendre que ces dames soient sorties © Michel Huyvaert

Quelques individus, majoritairement des mâles s'occupent comme ils peuvent autour de l'hôtel à insectes.

L'hôtel à insectes du Sentier de la Biodiversité © Michel Huyvaert

L'hôtel à insectes du Sentier de la Biodiversité © Michel Huyvaert

Sortie de mâles © Michel Huyvaert

Sortie de mâles © Michel Huyvaert

La maman de celui-ci avait choisi un autre type d'alvéoles © Michel Huyvaert

La maman de celui-ci avait choisi un autre type d'alvéoles © Michel Huyvaert

Il y a foule maintenant, mais ce sont surtout des mâles © Michel Huyvaert

Il y a foule maintenant, mais ce sont surtout des mâles © Michel Huyvaert

Il a fallu attendre la dernière décade de mars, à partir du 23, pour voir les osmies en foule autour de l'hôtel et pratiquement tous les tubes décapsulés. les orgies allaient pouvoir commencer.

Mesdames nous vous attendons © Michel Huyvaert

Mesdames nous vous attendons © Michel Huyvaert

Les femelles, à peine sorties et encore pataudes et peu mobiles, sont assaillies par les mâles.

Le mâle a un toupet blanc, la femelle est nettement plus grosse © Michel Huyvaert

Le mâle a un toupet blanc, la femelle est nettement plus grosse © Michel Huyvaert

Quelquefois il y a un mâle de trop © Michel Huyvaert

Quelquefois il y a un mâle de trop © Michel Huyvaert

Et si on allait dans la verdure, c'est plus sympa eton sera peut être seuls © Michel Huyvaert

Et si on allait dans la verdure, c'est plus sympa eton sera peut être seuls © Michel Huyvaert

Non voilà un troisième larron, un second mâle oui, mais son abdomen est différent. Qui est-ce ? © Michel Huyvaert

Non voilà un troisième larron, un second mâle oui, mais son abdomen est différent. Qui est-ce ? © Michel Huyvaert

Bon Mesdames, il va falloir pondre. les tubes sont libérés, il faudra faire un peu de ménage avant d'y pondre.

Entre chaque œuf vous déposerez un peu de pollen pour que la larve une fois éclose puisse trouver sa nourriture. Elle fera d'ici l'automne sa chrysalide qui attendra le mois de mars 2022 pour sortir de son alvéole.

Les mâles derniers pondus sortiront les premiers et attendront les femelles et le cycle recommencera.

Une seule génération par an qui pollinise pendant 3-4 semaines les premières fleurs du printemps, dont celles de nombreux arbres fruitiers.

 

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Rédigé par Michel Huyvaert

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Publié le 23 Mars 2021

La très belle Argiope frelon au milieu de sa toile © Joël Tribhout

La très belle Argiope frelon au milieu de sa toile © Joël Tribhout

Après l’épeire diadème, voici Argiope bruennichi plus connue sous les noms d’épeire fasciée ou argiope frelon au vu de la coloration de son abdomen aux rayures jaunes et noires. Elle fabrique également une toile circulaire mais tisse en complément une bande de soie blanche en forme de zigzag à partir du moyeu de la toile appelée stabilimentum.

Cette particularité n’est pas bien définie. Certains disent que c’est un tendeur, d’autres qu’elle sert à réfléchir les rayons UV ou à stabiliser la toile. Une fois son œuvre géométrique terminée, elle se positionnera en son centre et attendra immobile, la tête vers le bas, pendant des heures qu’une proie vienne se coller.

On remarque qu’au repos ses huit pattes sont regroupées par paire formant un X. Dès qu’un insecte vient s’empêtrer dans ce piège et se fatigue inutilement pour s’en extraire, on retrouve le même processus que pour l’épeire diadème. Elle bondit, l’emmaillote de soie puis la mord et la sirote.

Son cocon en forme de montgolfière © Joël Tribhout

Son cocon en forme de montgolfière © Joël Tribhout

Alors que la fin de l’été approche, je découvre une étrange boule de couleur brune avec des bandes noires et marron foncé bien accrochée et protégée avec des fils de soie sur un noisetier tortueux.  

Après l’avoir photographiée et pris des renseignements sur internet pour identification, ma curiosité me pousse à aller plus loin dans cette découverte. Muni d’une paire de ciseaux j’ouvre délicatement ce cocon appelé aussi sac à œufs, d’un diamètre de 2 à 2,5 cm ressemblant à une montgolfière inversée car l’ouverture est dirigée vers le haut.

Elle assure aux œufs une protection maximale © Joël Tribhout

Elle assure aux œufs une protection maximale © Joël Tribhout

La récompense est là sous mes yeux. Enveloppée d’une soie marron, une petite poche de la taille d’un demi dé à coudre est remplie d’une centaine d’œufs environ d’un beau jaune clair. Je ne peux m’empêcher de penser à des œufs d’esturgeon mais là s’arrête ma comparaison. Je sais que cette opération chirurgicale est fatale pour ces futures araignées mais je pense à Jean-Henri Fabre et à ses expériences dans son laboratoire à Sérignan du Comtat, afin d’étudier le comportement de ce monde animal.

Je réalise une série de photos me permettant de mieux comprendre la structure de ce cocon. Une fois qu’elle aura déposé ses œufs accompagnés des spermatozoïdes pour fécondation, ces derniers passeront l’hiver dans cette boule dont l’intérieur est tapissé d’une soie épaisse bien douillette et chaude qui les isolera du froid. L’argiope frelon terminera cette construction par une couche extérieure protectrice ressemblant à une feuille de papier kraft.

Une fois sa tâche accomplie, l’argiope frelon passera de vie à trépas.

Lorsque le moment est venu de sortir de l’œuf, les araignons se servent d’une dent d’éclosion pour percer la coquille mais ils resteront encore bien au chaud. Quand la température se fait plus clémente ils quittent leur cocon et après plusieurs mues les voici adultes devenus.

 

La Pisaure admirable au profil de mini singe © Joël Tribhout

La Pisaure admirable au profil de mini singe © Joël Tribhout

Une autre aranéide a également suscité ma curiosité. Il s’agit de la pisaure admirable (Pisaura mirabilis). Cette dernière ne tisse pas de toile mais chasse à l’affût dans la végétation grâce notamment à ses pattes robustes.

Quand on regarde sa tête de profil de très près, on remarque qu’elle ressemble à un mini singe d’Amazonie. A quatre pattes dans l’herbe pour la photographier, je suis hypnotisé par une certaine tendresse dans son regard. J’ai eu beaucoup de mal à la quitter et l’envie de la caresser ce corps soyeux me démangeait.

Avant l’accouplement, le mâle se veut galant et il lui offre un cadeau bien en chair enveloppé dans de la soie. Une belle preuve d’amour ou est-ce par prudence afin d’éviter la morsure ?

Un sac ovigère magnifiquement réalisé © Joël Tribhout

Un sac ovigère magnifiquement réalisé © Joël Tribhout

Une fois qu’elle s’est accouplée, elle fabrique un très beau cocon rempli de centaines d’œufs qu’elle maintient sous elle avec ses pédipalpes et ses chélicères. Ainsi, pendant plusieurs semaines, elle arpente la végétation en cessant toute alimentation.

La Pisaure admirable surveillera les araignons jusqu’à son dernier souffle © Joël Tribhout

La Pisaure admirable surveillera les araignons jusqu’à son dernier souffle © Joël Tribhout

Le moment est enfin venu de suspendre son sac ovigère dans un arbuste autour duquel elle tisse un réseau de fils de soie afin de protéger ses jeunes pisaures des prédateurs qui n’en feraient qu’une bouchée. Avec la douceur printanière et sous la surveillance permanente de leur mère, ils percent des petits trous dans leur ballon et vont rester plusieurs semaines dans leur pouponnière et se nourrir de petits moucherons avant de se lancer à la conquête du monde.

Beaucoup y laisseront leur vie avant d’atteindre l’âge adulte. Quand à Madame Pisaure, sa tâche étant accomplie et après un dernier regard sur ses petits, elle peut partir pour l’au-delà.

Magnifique toile en pyramide avec les araignons en sécurité © Joël Tribhout

Magnifique toile en pyramide avec les araignons en sécurité © Joël Tribhout

Pour terminer ce petit tour d’horizon sur les araignées au fil de mes balades, voici en images un échantillon de toiles autres que circulaires ainsi que des rencontres passionnantes sur leur comportement.

Entonnoir de toile en nappe © Joël Tribhout

Entonnoir de toile en nappe © Joël Tribhout

Positionnée au fond de son entonnoir de sa toile en nappe chargée de gouttelettes, l’araignée attend patiemment son repas.

Toile en réseau de l'épeire des roseaux © Joël Tribhout

Toile en réseau de l'épeire des roseaux © Joël Tribhout

L'épeire des roseaux © Joël Tribhout

L'épeire des roseaux © Joël Tribhout

On trouve aussi une toile en réseau entre les plantes pour cette très belle épeire des roseaux.

L'araignée Dysdera crocata © Joël Tribhout

L'araignée Dysdera crocata © Joël Tribhout

L’araignée femelle Dysdera crocata émerge de son berceau soyeux avant de partir à la recherche d’un cloporte.

Couple d'araignées crabes © Joël Tribhout

Couple d'araignées crabes © Joël Tribhout

L’araignée crabe femelle en compagnie du mâle. Va-t-il s’accoupler ou cherche t’il un moyen de transport facile ?

Cocon © Joël Tribhout

Cocon © Joël Tribhout

Dans des herbes torsadées avec un renflement dans leur centre, m’intrigue. Avec délicatesse je les écarte pour découvrir un cocon en forme de belle cacahuète.

Araignées et araignons © Joël Tribhout

Araignées et araignons © Joël Tribhout

Ma curiosité l’emporte. Je découpe délicatement la soie sur deux centimètres et là je suis face à face avec cette araignée tégénaire qui n’apprécie guère ma présence et me le fait comprendre avec ses chélicères écartées. Je découvre qu’elle partage cet habitat avec ses araignons et j’en déduis l’instinct maternel de cette araignée. Je comprends mieux sa réaction de défense.

Défense des araignons © Joël Tribhout

Défense des araignons © Joël Tribhout

Loin d’être impressionné, j’immortalise cette rencontre. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand lasse de m’intimider elle décide de réparer sa toile.

Je peux alors admirer son travail de couturière avec la soie qui sort de ses filières. Je me dis que ses araignons ne sont pas prêts à quitter le logis.

Araignée sans vie © Joël Tribhout

Araignée sans vie © Joël Tribhout

En revenant au mois d’octobre je découvre un autre cocon déserté par les araignons mais avec leur mère sans vie à l’intérieur.

Voilà une dernière information qui me permet de mieux comprendre la complexité des mœurs du monde des araignées.

Texte et photos © Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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