Pire que la pyrale du buis ?

Publié le 13 Août 2014

En ballade avec mes petits-enfants au Parc de la Tête d’Or à Lyon, nous avons pour objectif d’aller voir les grosses bêtes : crocodiles, girafes ... et surtout les singes. En allant vers le zoo, nous passons par une allée où tous les buissons sont comme brûlés.

Pire que la pyrale du buis ?

Ce sont des buis. Un panneau explique qu’ils ont été ravagés par la pyrale du buis, un papillon de nuit d’origine asiatique - Cydalima perspectalis de la famille des Crambidae- dont la chenille se nourrit exclusivement des feuilles de buis. Le panneau très bien fait précise que le phénomène est apparu à Lyon en 2013 et s’est développé dans le Parc de la Tête d’Or cet été.

D’autres sources nous disent que la pyrale serait arrivée en France à partir de 2005, mise en évidence d’abord en Alsace, puis en Ile-de-France et Poitou-Charentes. La pyrale du buis est inscrite parmi les espèces ravageuses depuis 2008 sur la liste d'alerte de l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes.

Les chenilles s’attaquent d’abord au centre du buisson et l’infestation n’est franchement visible que tardivement.

La lutte contre la chenille est très difficile. Les buis ont été traités avec Bacillus thurengiensis, produit respectueux de l’environnement mais d’efficacité faible. A noter que ce bacille synthétise et excrète des cristaux protéiques ayant des propriétés insecticides sur les lépidoptères, les coléoptères et les diptères. Le panneau précise que la chenille n’est pas dangereuse pour l’homme (elle n’est pas urticante). Il dit aussi que les buis ne sont pas morts, mais que leur cycle végétatif est très ralenti. Les jardiniers attendent de voir si au printemps prochain les buis repartent en végétation ou s’ils sont définitivement perdus.

Pire que la pyrale du buis ?

En regardant d’un peu plus près j’ai pu voir et photographier une chenille caractéristique avec sa couleur olivâtre, ses verrues noires et ses longs poils blancs.

Et ce n'est pas tout …

Pire que la pyrale du buis ?

Il y a quelques petits papillons sur les branches effeuillées. Effectivement des pyrales du buis. En voilà un photographié dans la foulée.

Vous ne verrez pas les photos de la girafe cette fois-ci..

Et oui les papillons ne sont pas tous de beaux insectes colorés qui déroulent leur longue trompe pour aspirer le nectar des fleurs. Il en est aussi quelques uns qui causent bien des soucis. Les pyrales (en grec pyr désigne le feu et une couleur rousse ou rougeâtre) sont en fait des papillons de plusieurs familles distinctes : notamment les Pyralidae et des Crambidae, toutes plus ou moins ravageuses spécifique d’une plante : luzerne, cactus, houblon, maïs, etc.

La pyrale de la vigne sous sa forme imago (papillon) - Sparganothis pilleriana appartient à la famille des Tortricidae, dont la chenille est appelée Tordeuse printanière de la vigne. Bref cela se complique… Un papillon de jour, le "brun" du géranium - Cacyreus marshalli de la famille des Lycaenidae – apprécie les pélargoniums (appelés à tort géraniums). Sa chenille fore des galeries dans les tiges.

Dans le sud de la France un papillon originaire d’Argentine s’attaque aux palmiers. Il s’agit de Paysandisia archon de la famille des Castniidae. Il a été introduit en Europe accidentellement par des importations de palmiers d'Amérique du sud, prélevés dans la nature.

Mais il y a aussi un coléoptère qui s’active à la destruction des palmiers dans le midi : le charançon rouge des palmiers - Rhynchophorus ferrugineus - de la super-famille des Curculionoideae ... Et au Canada, c’est un autre coléoptère, l'agrile du frêne - Agrilus planipennis - de la famille des Buprestidae, qui ravage le frêne.

Ne jetons pas la pierre aux papillons…

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