2015 Centenaire de la mort de Jean-Henri Fabre, entomologiste, naturaliste, écrivain…

Publié le 21 Janvier 2015

Lorsque notre projet d’insectarium a été lancé en 2007 au niveau du pays Sud de l’Oise, j’ai voulu en savoir plus sur les insectariums en France et dans le monde. Ma première visite a été pour l’insectarium de Montréal bien sûr avec son rayonnement mondial et ses près de 450000 visiteurs par an. L’année suivante je suis allé voir Micropolis, construit à proximité de la maison natale de Jean-Henri Fabre et l’année suivante je suis allé visiter l’Harmas à Lésignan, la maison où il a passé la fin de sa vie et où il est mort.

Viaduc de Millau et panneau Micropolis Cité des Insectes ©RogerPuff

Viaduc de Millau et panneau Micropolis Cité des Insectes ©RogerPuff

Il n’est pas dans mes intentions de faire ici la biographie de Jean-Henri Fabre, d’autres s’en chargeront sans doute cette année, notamment le Muséum national d’Histoire naturelle, car c’est l’année du centenaire de sa mort en 1915.

Si vous descendez vers le Languedoc-Roussillon, en empruntant l’autoroute A75, après avoir traversé le Massif Central, vous arrivez à quelques kilomètres au nord de Millau et de son viaduc à une sortie qui vous mène à Micropolis. Ceci dit, nous on remontait vers Paris venant de Montpellier et c’était notre premier passage du viaduc. Profitez de la visite de ce beau musée vivant et promenez vous sur le chemin ludique juste au-dessus, chemin aménagé pour que les enfants puissent se dépenser avant de reprendre la route.

Vue de Micropolis.©RogerPuff

Vue de Micropolis.©RogerPuff

De là vous pourrez voir la maison natale de Fabre sur l’autre flanc de la vallée. Une lunette permet même de l’approcher. Ensuite il suffit de suivre les panneaux puis peintes directement sur le chemin, de bien sympathiques fourmis…

Maison natale de Jena-Henri-Fabre ©RogerPuff

Maison natale de Jena-Henri-Fabre ©RogerPuff

Vous arriverez à la maison où Jean-Henri Fabre est né le 21 décembre 1823 et où, après avoir été élevé par ses grands-parents maternels dans une ferme un peu plus loin, il est revenu âgé de sept ans. C’est à Saint-Léons du Lévézou, une modeste maison, qui aujourd’hui se visite. En fait c’est un petit insectarium. Une jeune femme nous a fait découvrir la maison au mobilier campagnard, à la grande cheminée et au plafond à poutres apparentes.

Ouvrages écrits par Jean-Henri Fabre ©RogerPuff

Ouvrages écrits par Jean-Henri Fabre ©RogerPuff

Quelques boites de collection d’insectes épinglés. Quelques ouvrages dont un traité de Chimie agricole et une édition des Souvenirs entomologiques en japonais. Et oui les enfants japonais apprennent paraît-il le français dans les textes de notre entomologistes, peut-être plus connu au pays de Madame Butterfly qu’en France. Au fait Loti honorait-il Fabre en nommant ainsi son héroïne que Puccini mit en musique ?

Jardin et vue sur l'Insectarium Micropolis ©RogerPuff

Jardin et vue sur l'Insectarium Micropolis ©RogerPuff

Un petit jardin où une statue en pied de l’entomologiste regarde en face l’impressionnant bâtiment de Micropolis.. Dans le jardin un hôtel à osmies, ces abeilles sauvages solitaires si utiles à la pollinisation. Une petite maison toute simple. C’est là que Jean-Henri Fabre s’éveillera aux merveilles de la nature, observant les bêtes de la ferme d’abord, puis les insectes, qui le passionneront sa vie durant.

A dix ans, à une époque où on ne voyageait guère, la famille doit aller chercher du travail ailleurs. Rodez, Aurillac, Toulouse, Montpellier, Avignon … où il entre avant à l’Ecole normale d’instituteurs à dix-sept ans.

L’autodidacte va devenir un scientifique. A vingt cinq ans après avoir acquis le bac littéraire et le bac en mathématiques, il est titulaire d’une licence de sciences mathématiques et d’une de sciences physiques… Professeur de sciences physiques à Ajaccio, il se passionne toujours pour la nature. Il sera enseignant-chercheur à trente ans de retour à Avignon. A la guerre de 1870, il quitte l’enseignement et se retire à Orange pour écrire des ouvrages pour l’enseignement dans pratiquement toutes les matières et des ouvrages de vulgarisation, tout en poursuivant ses études personnelles sur les insectes.

En 1979, grâce à l’argent gagné avec ses ouvrages, il achète à 8 km d’Orange, à Sérignan-du-Comtat, une propriété qu’il baptise L'Harmas. Ce sera sa dernière demeure et son laboratoire.

C’est là qu’il meurt le 11 octobre 1915.

Et c’est cette belle propriété, qui aujourd’hui appartient au Muséum national d’Histoire naturelle, que je suis allé visiter l’année suivante, en 2009, alors que les études de faisabilité de l’insectarium étaient engagées.

L'Harmas ©RogerPuff

L'Harmas ©RogerPuff

Une belle bâtisse au sein d’un grand jardin clos de murs.

Les pièces de travail de Fabre avec de grandes vitrines pour ses collections, son tout petit bureau, qui le suivait depuis longtemps dans ses multiples demeures, et où il a écrit tous ses ouvrages et consignés toutes ses observations.

On ne photographie pas à l’intérieur… dommage. Ceci dit depuis 2009, cela a peut être changé.

Dans le jardin L'Harmas ©RogerPuff

Dans le jardin L'Harmas ©RogerPuff

Mais la merveille, enfin pour moi, c’est le jardin avec son grand bassin. Un paradis pour les insectes.

Ces quelques photos prises ce jour-là en l’hommage du grand entomologiste.

Vanesse du chardon ou Vanesse des chardons (Cynthia cardui ou Vanessa cardui), appelée Belle-Dame ©RogerPuff

Vanesse du chardon ou Vanesse des chardons (Cynthia cardui ou Vanessa cardui), appelée Belle-Dame ©RogerPuff

Pièride de la rave ( Pieris rapae) ©RogerPuff

Pièride de la rave ( Pieris rapae) ©RogerPuff

Je n’ai pas photographié de grand paon, mais je voudrais vous donner à son sujet, un extrait d’un texte de Fabre, pour vous en faire apprécier la clarté du style.

Ce fut une soirée mémorable. Je l'appellerai la soirée du Grand-Paon. Qui ne connaît ce superbe papillon, le plus gros de l'Europe, vêtu de velours marron et cravaté de fourrure blanche ? Les ailes, semées de gris et de brun, traversées d'un zigzag pâle et bordées de blanc enfumé, ont au centre une tache ronde, un grand oeil à prunelle noire et iris varié, où se groupent, en arcs, le noir, le blanc, le châtain, le rouge amarante.

Souvenirs entomologiques, Série VII, Chapitre 23 "Le Grand Paon"

Abeille mellifère, oui mais quelle espèce ? ©RogerPuff

Abeille mellifère, oui mais quelle espèce ? ©RogerPuff

J’avoue mon incompétence. Quel est ce bel hyménoptère ?  ©RogerPuff

J’avoue mon incompétence. Quel est ce bel hyménoptère ? ©RogerPuff

Et à propos des hyménoptères un autre extrait :

Expérimentons maintenant le Chalicodome des murailles sous un autre point de vue psychologique. — Voici une Abeille maçonne qui construit ; elle en est à la première assise de sa cellule. Je lui donne en échange une cellule non seulement achevée comme édifice, mais encore garnie de miel presque au complet. Je viens de la dérober à sa propriétaire, qui n'aurait pas tardé à y déposer son oeuf. Que va faire la maçonne devant ce don de ma munificence, lui épargnant fatigues de bâtisse et de récolte ? Laisser là le mortier, sans doute ; achever l'amas de pâtée, pondre et sceller. — Erreur, profonde erreur : notre logique est illogique pour la bête. L'insecte obéit à une incitation fatale, inconsciente. Il n'a pas le choix de ce qu'il doit faire ; il n'a pas le discernement de ce qui convient et de ce qui ne convient pas ; il glisse, en quelque sorte, suivant une pente irrésistible, déterminée d'avance pour l'amener au but. C'est ce qu'affirment hautement les faits qu'il me reste à rapporter.

Souvenirs entomologiques, Serié 1, Chapitre 22 "Echange de nids"

NB. Le chalicodome des murailles, Megachile parietina, ou abeille-maçonne, est un hyménoptère de la famille des osmildes

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Delfosse Emmanuel 01/06/2015 13:55

L'hyménoptère avec les ailes bleues est une abeille du genre Xylocopa.

Roger 02/06/2015 18:38

Un grand merci pour cette identification