Les abeilles en péril

Publié le 10 Novembre 2015

Les abeilles en péril

L’Agrion de l’Oise s’est associé à l’association Mai du Cinéma pour proposer le mardi 17 novembre à 20h30 au cinéma Le Palace de Pont-Sainte-Maxence, le film documentaire suisse Des abeilles et des hommes (More than Honey) écrit et réalisé par Markus Imhoof, sorti en 2012.

Tarif : A partir de 6 euros

Un pot de l’amitié sera offert par les deux associations à l’issue de la séance

Un apiculteur local, Jean-Marie Michel, témoignera des problèmes rencontrés par la profession et proposera une exposition sur l'abeille et le miel.

A noter : le même jour à 14h00, une séance est organisée pour les scolaires

s’adresser à L’Agrion de l’Oise lagriondeloise@orange.fr

Dans ce documentaire mêlant la réalité à la fiction, l’actualité au futur proche au cas où les abeilles viendraient à disparaître, de magnifiques images nous font découvrir la vie au cœur même de la ruche, la reine se faisant féconder en plein ciel, les abeilles partant à la recherche des fleurs à polliniser et dansant devant la ruche pour informer leurs consœurs des meilleurs sites pour la récolte…

Entre l’apiculteur industriel américain et celui qui récolte le miel des abeilles sauvages la différence est grande. Entre les deux, nos apiculteurs qui s’inquiètent à juste titre pour l'avenir de l'abeille, leur passion et leur profession.

l'abeille ©RogerPuff

l'abeille ©RogerPuff

Les abeilles sont en danger

"Elles ont toujours vécu en harmonie avec la nature, les plantes, les arbres et les fleurs. En totale communion, elles n’ont pas développé de défenses particulières, or aujourd’hui, les pesticides en particulier les ont fragilisées. Beaucoup plus sensibles aux attaques qu’elles subissent, l’homme doit maintenant intervenir pour les protéger. Les types d’agressions sont les maladies, les pesticides, plus récemment les attaques du frelon asiatique et les prédateurs divers."

C’est ainsi que de son côté un apiculteur ami de l’Agrion de l’Oise présente la situation.

l'abeille ©RogerPuff

l'abeille ©RogerPuff

En plus des conséquences écologiques, du risque de perte de biodiversité, la disparition des abeilles aurait des conséquences économiques majeures. A l’échelle mondiale, elles pollinisent des cultures dont la production est estimée à plus de 150 milliards d’euros. Sans les abeilles, la quasi totalité des plantes fruitières disparaîtrait faute de reproduction.

Les plantes pollinisées par les abeilles représentent 10 % du chiffre d’affaires de l'agriculture.
La disparition des ruches signifie aussi des pertes d'emplois chez les apiculteurs .

Si notre existence n’est pas menacée par le manque d’abeilles (60 % des cultures n’ont pas besoin de pollinisateurs ), en revanche la diversité alimentaire serait réduite. Des espèces sauvages de plantes, des arbres fruitiers, des cultures oléagineuses et protéagineuses, des cultures maraîchères seraient affectées. La diversité animale serait également touchée.

Depuis quelques années, on observe une baisse dramatique du nombre des abeilles dûe à plusieurs causes :

Les insecticides/les pesticides : l’utilisation de certains produits chimiques, tout particulièrement les néonicotinoïdes, pour protéger les cultures par le traitement des semences nuit gravement à la santé des abeilles.

frelon asiatique ©RogerPuff

frelon asiatique ©RogerPuff

Le frelon asiatique : originaire de l'Inde, de Chine et des montagnes d'Indonésie, il s'attaque principalement aux abeilles ouvrières et arrive à tuer et à emporter deux abeilles toutes les trois secondes. 5 ou 6 frelons seulement suffisent à condamner une ruche... .

Le varroa : introduit en Europe dans les années 80 en même temps que des abeilles importées d'Asie, il affecte aujourd'hui de nombreuses colonies. La femelle varroa pond dans les alvéoles des œufs, larves et nymphes et ses jeunes sucent le sang des larves d'abeilles. Ce parasite se multiplie très rapidement et transmet plusieurs virus.

La monoculture : les monocultures intensives appauvrissent l’alimentation des abeilles à tel point que certains apiculteurs sont obligés de donner des compléments alimentaires aux ruches.

Les champignons : les abeilles sont aussi attaquées par des champignons comme le Nosema Cerenea retrouvé dans le corps des abeilles mortes. Ce champignon, récent en Europe, mais présent aux Etats-Unis depuis 10 ans, cause de véritables épidémies.

La loque américaine : une maladie très grave et très contagieuse causée par Paenibacillus larvae, une espèce de bactérie sporulante, qui touche le couvain non operculé.

Les ondes électromagnétiques : les abeilles émettent des signaux électromagnétiques lors de leurs danses d'orientations. La téléphonie mobile est modulée sur la même bande de fréquence que celle émise par les abeilles, ce qui «brouille» leur message : les abeilles sont désorientées et souvent incapables de retourner à la ruche.

sphynx tête de mort (vitrine muséum Strasbourg) ©RogerPuff

sphynx tête de mort (vitrine muséum Strasbourg) ©RogerPuff

Des insectes comme le Sphynx tête de mort et un coléoptère originaire d’Afrique du Sud, aethina tumida, détecté dans le sud de l’Italie en 2014, peuvent également causer des dégâts aux ruches

Autant de dangers menaçant l'abeille.

Il est urgent de lutter.

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