Publié le 30 Mai 2014

L’Agrion de l’Oise lance son 1er Concours Photo réservé aux photographes amateurs « Les Insectes de France »
Partez en safari dans votre jardin, dans le pré ou le petit bois tout proches.
Découvrez la grande diversité des insectes présents près de chez vous ou au cours de vos vacances.
Rapprochez vous au plus près des insectes, observez-les et tirez leur le portrait.
Moins de 15 ans ou plus,
Photographes débutants ou confirmés,
Macro ou Proxi, pas d’importance,
Surtout faites de beaux clichés créatifs et originaux

L’Agrion de l’Oise vous propose son 1er concours photo, en partenariat avec Oise Tourisme et la Communauté de Communes Pays d’Oise et d’Halatte (CCPOH),

Entre le 1er juin et le 27 juillet, envoyez vos fichiers numériques et le bordereau d’accompagnement à notre adresse mail :

lagriondeloise@orange.fr

en respectant bien les modalités du règlement du concours

Pour consulter le règlement
et copier le bordereau d’accompagnement

Date limite d’envoi : dimanche 27 juillet 2014 à minuit

Le jury se réunira début août. Les photographes retenus seront avisés avant le 15 août au plus tard.

Prix du Jury

Catégorie Jeunes moins de 15 ans

1er prix : week-end « Dormir perchés dans les arbres » pour 2 adultes et 2 enfants d’une valeur de 200 € offert par Oise-Tourisme

2ème prix : lot d’une valeur de 100 € offert par l’Agrion de l’Oise

3ème prix : bon d’une valeur de 70 € pour deux abonnements Quintet à la Manekine offert par la CCPOH

Catégorie plus de 15 ans :

1er prix : week-end « Moulin des Forges » pour 2 personnes d’une valeur de 166 € offert par Oise-Tourisme

2ème prix : bon d’achat pour tirage photographique de 100 € offert par Photo Henrique

3ème prix : bon d’une valeur de 70 € pour deux abonnements Quintet à la Manekine offert par la CCPOH

L’Agrion de l’Oise lance son 1er Concours Photo réservé aux photographes amateurs « Les Insectes de France »

Les 24 meilleurs clichés seront exposés en format 30x40 du 27 septembre au 4 octobre 2014 en plein air dans le Parc du Conservatoire de Musique de Pont-Sainte-Maxence (Oise).

Les photos exposées feront l’objet d’un vote par le public. Un bulletin sera déposé dans une urne prévue à cet effet (sur les lieux de l’exposition, un seul bulletin par visiteur).

Le dépouillement des votes se fera le samedi 4 octobre en présence d’un huissier.

Prix du Public

1er prix : week-end « Comme des Châtelains» pour 2 personnes d’une valeur de 270 € offert par Oise-Tourisme

2ème prix : lot d’une valeur de 100 € offert par l’Agrion de l’Oise*

3ème prix : bon d’une valeur de 70 € pour deux abonnements Quintet à la Manekine offert par la CCPOH

Les meilleures photos pourront être publiées sur les sites Internet de l’Agrion de l’Oise , de la CCPOH et de Oise Tourisme, ainsi que dans les magazine « Notre Pays Oise et Halatte » et « 60 »

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Publié le 27 Mai 2014

Dans le cadre des « Jardins en scène » organisés par le Conseil Régional de Picardie, les magnifiques insectes de bronze du sculpteur François Chapelain-Midy, disparu en 2007, seront présentés par son épouse Mireilledu vendredi 30 mai au dimanche 1er juin aux Jardins de la Muette à Largny-sur-Automne (Aisne).

Mireille Chapelain-Midy, qui est membre de notre association, pratiquement depuis sa création, a invité l’Agrion de l’Oise à être à ses côtés. Nous la remercions de son invitation et nous nous ferons un plaisir d’être présents le vendredi 30 mai à partir de 14h00.

Cette semaine l’Agrion de l’Oise a un week-end bien rempli

Ne ratez pas ces œuvres magnifiques, que notre blog a déjà évoquées. Elles seront mises en beauté dans un superbe lieu.

Jardins de la Muette
2, rue du château
02600 - LARGNY-SUR-AUTOMNE

Et c’est dans le cadre de « l’Oise Verte et Bleue », ensemble de manifestations sous l’égide du Conseil général de l’Oise, qu’une autre de nos adhérentes, Virginie Dupressoir du Théâtre du Pressoir, nous a invités le samedi 31 à ses côtés à la Maison du Conseil Général Hors les Murs à Estrées-Saint-Denis (Oise).

Cette semaine l’Agrion de l’Oise a un week-end bien rempli

Tandis que Pollen et Coxy, une abeille coquine et une coccinelle mutine, évolueront pour le plaisir des spectateurs à 11h00 et 14h00, il sera possible d’admirer d’une part les travaux « recyclage » des enfants des écoles et d’autre part les œuvres de photographes amateurs de talents, adhérents ou sympathisants de l’Agrion de l’Oise. Ce sera aussi pour l’Agrion de l’Oise l’occasion d’évoquer le concours photos « Insectes de France » qu’il lance le 1er juin, avec le concours de Oise-Tourisme, et dont nous aurons l’occasion très bientôt de reparler ici.

Maison du Conseil Général Hors les Murs

15 rue Guynemer

60190 ESTREES-SAINT-DENIS

Enfin dans un tout autre contexte, sportif celui-là, l’Agrion de l’Oise sera présent et vous accueillera dimanche matin, 1er juin, au village du Trail du Château de Verneuil-en-Halatte.

Non il n’est pas prévu qu’il prenne part à la compétition, mais tous les sportifs et leurs amis pourront faire sa connaissance.

Cette semaine l’Agrion de l’Oise a un week-end bien rempli

Trail du Château

Place de Piegaro

60550 Verneuil-en-Halatte

Et n’oubliez pas jeudi 5 juin à 20h00 la réunion trimestrielle des adhérents de l’Agrion de l’Oise.

Le point des actions passées et à venir sera fait et une conférencière enseignante et apicultrice devrait nous captiver sur le thème « des élèves, des abeilles et … des robots »

(possibilité d’adhérer sur place)

Salle Salomon de Brosse

60550Verneuil-en-Halatte

Pour tout renseignement tél : 06 25 00 21 26

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Publié le 25 Mai 2014

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Chaque année, autour du 22 mai, journée internationale de la biodiversité, des milliers de manifestations sont organisées dans toute la France depuis 2007 sous le label "Fête de la Nature".

Cette année c’est du 21 au 25 mai 2014.

Objectif : tous ensemble, célébrer la nature.

Tout à proximité du futur site d’implantation du projet d’Insectarium que l’Agrion de l’Oise soutient, la SANEF, gestionnaire de l’autoroute A1, proposait du 22 au 24 mai aux automobilistes, venant de Paris ou du sud de la France et se dirigeant vers Lille ou le nord de l’Europe, des animations sur l’aire de repos de Chevrières. Et là notez bien que la SANEF, ce n’est pas que l’asphalte des 2 fois 2 ou 3 voies, les péages, les aires de service ou de repos, c’est aussi 7000 ha d’espaces verts exploités en gestion raisonnée.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

L’Agence Verte, qui assiste la SANEF dans ses projets de communication vers les clients, avait pressenti l’Agrion de l’Oise pour participer à ces animations. Bien sûr, nous ne pouvions que nous sentir concernés ; nous ne nous sommes pas trop fait prier (et super contents d’avoir été retenus). Sans compter que ces trois jours se sont passés dans l’agréable compagnie des très sympathiques équipes de la SANEF, de l’Agence Verte et des autres intervenants. Et bien sûr des visiteurs, grands et petits, Français ou étrangers, tous bien sympathiques, intéressés et intéressants.

L’aire de Chevrières, idéalement équipée pour la détente et le repos des automobilistes, conçue dans le respect du développement durable, propose un circuit d’interprétation de la biodiversité en zones de prairies, autour d’une belle mare "faite de la main de l’homme" où la nature exerce à présent pleinement ses droits, grâce à des plantations et des graines judicieusement choisies avec l’aide des spécialistes. L’automobiliste ou le routier, à l’occasion d’une pause de détente ou de pique-nique, se retrouve pratiquement dans l’environnement qu’il aurait s’il se promenait dans les prairies en bordure de l’Oise, la rivière qu’il vient tout juste de traverser. Cadre idéal pour les longues pauses obligatoires des routiers, mais aussi pour les familles.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Dans un paysage de prairies humides de vallée alluviale, grâce aux panneaux explicatifs conçus avec le concours du Conservatoire d’Espaces naturels de Picardie, plantés sur le circuit, le voyageur va pouvoir se situer géographiquement, découvrir la flore avec le butome à ombelles et le séneçon aquatique, apprendre le mode de vie des batraciens grenouilles, rainettes, tritons palmés ou crêtés, connaître l’économie d’élevage des prairies humides, imaginer le passage des oiseaux migrateurs et visualiser entre autres le râle des genets, ce bel oiseau emblématique de Picardie qui se raréfie dramatiquement, enfin il pourra s’intéresser aux insectes de ces prairies : cuivré des marais, criquet ensanglanté ou leste sauvage.

Pendant ces trois jours d’animation, André-Claude, l’apiculteur dont les jolies ruches anciennes et les rayons ont eu tôt fait d’attirer les butineuses du voisinage, faisait découvrir les indispensables abeilles et leurs merveilleux miels,

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

tandis qu’Ivo, le portraitiste caricaturiste, croquait petits et grands. Enfin il était possible, avec nos amis de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) d’apprendre à construire un nichoir à oiseaux et même de repartir avec le nichoir sous le bras.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Et c’est à l’Agrion de l’Oise - en fait à Roger son président – qu’était dévolu le rôle du guide naturaliste, faisant faire le tour de la mare aux visiteurs pour approfondir les explications, répondre aux questions, mais aussi avouons-le, les aider un peu à bien répondre au quizz proposé (avec à la clé un tirage au sort bien intéressant). Il a même eu droit à l’interview filmée et un coup de soleil sur le nez. Sans doute les participants à ce tour guidé ont peut être un tout petit peu plus entendu parler des insectes "une tête, deux antennes, un thorax, six pattes, un abdomen…", et en tout particulièrement des odonates, que des autres représentants du monde animal.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Qui plus est, la LPO ne pouvant malheureusement être présente sur les 3 jours, c’est l’Agrion de l’Oise qui s’est lancé dans l’aide au montage des nichoirs, agrémentée de quelques notions d’ornithologie de base. Et là c’est Jean-Michel, notre trésorier, qui a excellé dans le domaine. Les amis des insectes se rapprochaient ainsi des amis des oiseaux. C’est aussi çà la biodiversité.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

L’occasion aussi pour le "guide naturaliste" de faire quelques photos du petit peuple de la mare : de belles rainettes vertes – comme dit le panneau - plutôt bruyantes, à moins que ces charmants amphibiens ne soient plutôt des grenouilles vertes (laissons aux herpétologistes le soin de trancher, mais l'Agrion de l'Oise a sa petite idée) :

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

de bien jolies demoiselles (quelques gracieux zygoptères sans garantie d’identification : agrion jouvencelle, ischnure élégant, mâles et femelles et juvéniles),

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

d’une larve de libellule prête à la métamorphose (probablement de libellule déprimée, car deux ces véloces anisoptères à l’abdomen bleu sillonnaient la mare et ont échappé à l’objectif du photographe)

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

et de quelques insectes divers, à première vue des cantharides, une panorpe ou mouche scorpion… et bien sûr des coccinelles...

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Une belle Fête de la Nature pour l’Agrion de l’Oise avec plein de nouveaux amis.

Et un bon conseil, si vous êtes sur l’A1 en direction de Lille - animations ou pas - arrêtez-vous sur l’aire de la biodiversité de Chevrières pour prendre votre pause, faites à votre allure le tour de la mare, installez-vous confortablement sur une table de pique-nique pour déguster votre jambon-beurre ou le superbe panier que vous avez préparé, c’est une détente assurée et vous saurez tout sur la faune et la flore de notre belle vallée de l’Oise. C’est l’Agrion de l’Oise qui vous le dit.

Et vous apprécierez les autres équipements : les jeux pour les enfants, les appareils de musculation, les places de parking couvertes pour se protéger du soleil, les distributeurs de boisson et de chouettes toilettes… Ah ! Si toutes les aires de repos étaient comme celle-là … Gageons qu’elles le deviendront.

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Publié le 16 Mai 2014

Cette semaine je suis plutôt sec pour un article un peu consistant et documenté (si tant est que les précédents l’aient été) ; je n’ai rien de prêt sous le coude. Mais le temps étant beau, je me promène en forêt d’Halatte mercredi après-midi pas loin de chez moi l’appareil photo en bandoulière.

Le premier insecte remarquable rencontré me parait être une guêpe, mais en y regardant de plus près, c’est un coléoptère et un bel exemple de mimétisme. Je ne suis pas entomologiste et tout à fait débutant dans l’identification des espèces, mais je me soigne…

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

D’après les documents consultés, ce serait un clyte commun ou clyte bélier (Clytus arietis), un coléoptère longicorne de la famille des cérambycidés. Sa larve vit dans le bois mort. Même ses déplacements évoquent la guêpe. Son mimétisme remarquable lui permet de ressembler à des insectes toxiques ou dangereux pour les prédateurs

Poursuivant mon chemin en lisière de bois, un beau papillon noir avec un corps rouge qu’il cache soigneusement m’attend.

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Là il s’agirait d’une écaille fermière (Epicallia villica), ou villageoise, un lépidoptère de la famille des Arctiidae. J’en avais déjà croisé une il y a quinze jours en cueillant du muguet. Ses couleurs voyantes éloignent les oiseaux. Là encore un moyen de défense.

Mais le suivant est un odonate zygoptère :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Sauf erreur de ma part (et si j’en fais, corrigez-moi svp), c’est un agrion jouvencelle mâle (Coenagrion puella), au vu des segments bleus et noirs, mais je n’ai pas pu distinguer le U caractéristique sur le 2ème segment. Il faudra que je fasse confirmer par une amie spécialiste.

Je poursuis ma chasse (en fait nous sommes deux à repérer nos proies en battant les fourrés chacun d'un côté du chemin, mon aide – mon épouse – à l’œil aiguisé et ne rate rien).

Voilà deux coléoptères bien rouges qui batifolent :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Des cardinaux à tête rouge (Pyrochroa serraticornis ), coléoptères appartenant à la famille des Pyrochroidae. Il existe un cardinal à tête noire encore plus rouge vif.

Et voilà un autre longicorne (ou capricorne). Il est beau, tout brillant :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Ce serait – selon les photos qui me permettent une identification probable grâce à ses longues antennes noires et blanches - l’Agapanthie ou Saperde à pilosité verdâtre (Agapanthia villosoviridescens), coléoptère de la famille des cérambycidés. J’avoue ne pas distinguer ses poils. Il est sur une feuille d’ortie, un de ses lieux de prédilection (et sa nourriture) avec les sommités des ombellifères.

Voilà un hanneton avec de magnifiques antennes en peigne. Les hannetons se font rares, dit-on.

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Le hanneton est un coléoptère, classé dans la famille des Scarabaeidae, de la sous-famille des Melolonthinae. Mais est-ce le hanneton commun (Melolontha melolontha ) ? En tout cas je le trouve bien élégant, je le prends dans ma main pour qu’il me gratte la paume (que cela me rappelle mon enfance) et le remets délicatement sur sa branche de fougère.

Alors là je suis gâté, voici un moro qui butine en vol stationnaire de sa longue trompe recourbée les fleurs de vesce :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Il ne tient pas en place et j’ai du mal à l’isoler. Le Moro sphinx ou Sphinx colibri (Macroglossum stellatarum) est un lépidoptère, de la famille des Sphingidae. Il fait du vol stationnaire et, paraît-il, affectionne les fleurs violettes ou bleues. Je l’adore ce papillon.

Tiens, voilà des duettistes, à moins que … mais oui bien sûr :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Une photo de dessus me montre les trois points noirs caractéristiques sur leur abdomen rondelet et glabre d'un bel orange. Il s’agit d’un couple de diptères, des gymnosomes arrondis (Gymnosoma rotundatum), de la famille des mouches tachinaires. Elles pondent leurs œufs dans les punaises vertes qui seront le futur repas des futures larves. Les adultes préfèrent quant à eux le nectar des ombellifères, qu'ils aiment consommer en se promenant en couple..

Et pour finir, je tombe sur cette jolie bestiole :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Je croyais d’abord à une araignée, mais je lui compte bien 6 pattes, pas de doute c’est un insecte. Je ne trouve pas sur l’Internet de photo pour l’identifier. Alors je prends mon bon vieux Guide du promeneur dans la nature (Hatier 1978), tout abimé par l’usage. Ce serait un rhynocore coléreux ou rédule assassin (Rhynonocoris (Harpactor) iracundus), une punaise de la famille des réduviidés, dont la piqûre est très douloureuse. On le trouverait plutôt dans le sud de la France. Heureusement je ne l’ai touché que des yeux. Il se promène sur les ombellifères à la recherche des diptères et des petits hyménoptères, dont – c’est un vampire – il suce les viscères après avoir percé leur carapace de son solide crochet. Je l’ai échappé belle.

Une ballade riche en belles prises. N’est-elle pas superbe – et mystérieuse - cette forêt d’Halatte, où l’on peut partir en safari sans même prendre l’avion ? Et voir autant de beaux spécimens en à peine une heure.

Encore faut-il que nos lisières de forêt et nos bords de chemins soient préservés non seulement des insecticides mais aussi des tontes rases et trop fréquentes des cantonniers consciencieux. Laissons vivre ces insectes, laissons l'équilibre naturel s'établir entre proies et prédateurs, laissons leur aussi des haies pour se réfugier, car nombres d'insectes sont fort utiles comme auxiliaires dans les champs proches - tous ne font pas des kilomètres comme les abeilles pour se nourrir - et puis, n'oublions pas, comme pitance pour les oiseaux dont les chants nous ravissent tôt me matin.

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Publié le 10 Mai 2014

Dans un précédent article, à propos des fourmis au cinéma et plus particulièrement du film "Quand la Marabunta gronde", j’ai évoqué la plaga de hormigas, la plaie des fourmis. Le héros masculin du film est Charlton Heston, qui peu de temps après - en 1956 - jouera le rôle de Moïse dans "Les Dix Commandements" de Cecil B. De Mille. Le film, sorti en France en janvier 1958, tous les gens de ma génération s’en souviennent, était un des premiers très longs métrages. En Technicolor et Vistavision, il durait 3 heures et 39 minutes avec un entracte. Est-ce parce qu’il avait connu la plaga de hormigas, que Charlton Heston-Moïse fit subir à l’Egypte les fameuses dix plaies ? Bien sûr que non, c’est dans la Bible, tout le monde sait cela. Troublant tout de même cette prédestination pour Charlton, mais qui va s’en plaindre ?

Ce qui est plus important pour nous c’est que sur les dix fameuses plaies que Moïse y déclencha, il y en avait trois dues aux insectes. Je ne vous rappelle pas toute la série de dix. Je me contente de la 3ème "toute la poussière du sol se changea en moustiques", de la 4ème "des taons en grand nombre entrèrent dans tout le pays d’Egypte" et de la 8ème "Les sauterelles couvrirent toute la surface du pays".

Et à l’époque, on ne connaissait pas les insecticides, l’Égypte dû subir chaque plaie et Pharaon à chaque fois dû demander grâce.

Les insectes des Dix Plaies d'Egypte

Revenons au Livre de l’Exode qui nous conte le départ des Hébreux d’Egypte. Tiens prenons une Bible publiée en 1859 par la Société biblique américaine, traduite en français, et cherchons le texte. La plaie dite des moustiques vient après celle des grenouilles qui tombent du ciel. Mais dans cette version de 1859, point de moustiques, mais des poux…

« Et l’Eternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Etends ta verge, et frappe la poussière de la terre, et elle devint des poux sur les hommes et sur les bêtes ; toute la poussière du pays devint des poux en tout le pays d’Egypte ».

Faudrait savoir ? Moustiques ou poux ? Ce n’est pas la même chose. Les poux, c’est le fléau des écoles, cela se traitait dans le temps avec "la Marie Rose, la mort parfumée des poux", qui fit la fortune du dramaturge Armand Salacrou. Aujourd’hui, les poux font de la résistance. Bref dans un cas comme dans l’autre, ils nous ennuient énormément, mais le moustique surtout le tigre est bien plus dangereux que le brave pou. Au fait, poux de tête ou poux de corps ? Cette version de la Bible n’en dit rien de plus. Il aurait fallu demander à Charlton Heston, il devait savoir.

Qu’en est-il pour la 4ème plaie ? Va-t-on bien avoir des taons, ou à la rigueur des mouches ? Que dis Moïse à Pharaon ?

« Car si tu ne laisses pas aller mon peuple, voici, je m’en vais envoyer, contre toi, contre tes serviteurs, contre ton peuple et contre tes maisons, un mélange d’insectes ; et les maison des Egyptiens seront remplies de ce mélange, et la terre aussi sur laquelle ils seront. »

D’accord, il ne se mouille pas, il envoie un mélange d’insectes, comme on dirait un mélange de céréales pour le petit déjeuner du matin. Il n’y avait donc pas d’entomologistes spécialistes des diptères à cette époque ? Il aurait lui bien vu que sur la photo ci-dessous ce ne sont pas des diptères, mais des hyménoptères (tentredo mesomelas, ne vous fatiguez pas à retourner votre écran)...

Les insectes des Dix Plaies d'Egypte

Qu’est ce que cela va donner pour la 8ème plaie. Je lis :

« Laisse aller mon peuple, afin qu’ils me servent. Car si tu refuses de laisser aller mon peuple, voici, je vais faire venir demain des sauterelles en tes contrées, qui couvriront toute la face de la terre, tellement qu’on ne pourra voir la terre, et qui brouteront le reste de ce qui est échappé, que la grêle vous a laissé, et brouteront tous les arbres qui poussent dans les champs. »

Rappel : la grêle avait été la 7ème plaie, juste avant. Pharaon ne céda pas et :

« Moïse donc étendit sa verge sur le pays d’Egypte ; et l’Eternel amena sur la terre un vent oriental tout ce jour-là et toute la nuit ; et au matin le vent oriental eut enlevé les sauterelles. Et il fit monter les sauterelles sur tout le pays d’Egypte, et les mit dans toutes les contrées d’Egypte : elles étaient fort grosses, et il n’y en avait point eu de semblables avant elles, et il n’y en aura pas de semblables après elles, etc. »

Les insectes des Dix Plaies d'Egypte

Moïse ne plaisantait pas. En tout cas, cela nous montre que les sauterelles, comme fléau, ne font aucun doute, alors qu’entre les moustiques et les poux on peut hésiter et quand on ne sait pas, on parle de mélange d’insectes.

Mais soyons sérieux, enfin essayons.

La 3ème plaie. Les moustiques sont un véritable fléau. Ils nous apportent des tas de maladies. Ils nous envahissent, profitant des transports aériens pour sauter d’un continent à l’autre, enfin pour ceux qui sont impatients et n’attendent pas les effets du changement climatique.

On a craint une véritable invasion de moustiques à l’été 2013. Disons que la presse en a parlé. L’Est Eclair, un quotidien de Champagne-Ardenne rapportait les propos du porte-parole du syndicat de démoustification Marne-Aube qui disait "Les crues et les débordements de nappes phréatiques d'avril dernier ont fait éclore des milliards d'œufs". Un site Internet publiait des cartes inquiétantes (et publie toujours, je viens de le consulter). Il s’avère qu’il est soutenu par un laboratoire proposant des produits anti-moustique. Bon marketing… Il n’y a pas de mal à cela, mais de là à parler d’invasion. On est tout de même loin des plaies d’Egypte.

Voilà pour les moustiques, mais quid des poux ? On parle, nous dit un autre site, d’invasion de poux lorsqu’on dénombre 10 à 20 poux dans une chevelure. D’accord ce n’est pas agréable et les mamans ont vite fait de déclarer la guerre aux poux avec moult produits chimiques ou naturels ou encore "peigne électronique". Les techniques sont nombreuses et progressent à mesure que la résistance des poux augmente.

Ceci dit s’agissant de l’Egypte et plus particulièrement des bords du Nil, je parierai plutôt pour "moustiques" que pour "poux".

Les insectes des Dix Plaies d'Egypte

Je veux en avoir le cœur net. Je trouve un autre ouvrage "Le grand Dictionnaire de la Bible – Explication littérale et historique de tous les mots propres du Vieux et Nouveau Testament…" édité en MDCCXVII (1717) à Lyon, par la veuve de Jean Certe et son fils Jacques Certe, rue Mercière. Là aussi point de moustiques, mais bien des poux… Certes. En fait le même ouvrage dans une page récapitulant les dix plaies, nous dit « La troisième, celles de petits insectes piquants ». Une autre entrée du dictionnaire parle de « scinifes ou cinifes, moucheron ou pou volant, une sorte de petits insectes très piquants & très facheux, dont Dieu se servit pour punir Pharaon & les Egyptiens […] ce fut la troisième plaie, l’an 2544 ». Donc ce ne sont pas les poux de nos chères têtes blondes, mais bien des bestioles qui volent et qui piquent… Une bible illustrée de 1725 parle de "mouches, bourdons et guêpes"… mais va pour les moustiques et restons en là. Comment vous me dites que ces bestioles pourraient être des nonos, ces petits moucherons piqueurs de Polynésie ? Leptoconops albiventris ou Culicoïdes bellani ? Faudrait savoir ?

La 4ème plaie. Des mouches, des taons ou un mélange d’insectes ? L’ouvrage de 1717 parle de "La quatrième, celles des mouches très importunes et très incommodes". Alors ces insectes ne piqueraient pas mais seraient très énervants ? Voilà ce que dit encore cet ouvrage "La quatrième fut celle d’une espèce de mouches, d’une prodigieuse grosseur, si importunes qu’elles suivoient partout les Egyptiens & les piquoient de telle sorte qu’ils ne pouvoient aucunement se défendre, plusieurs mêmes devenoient enflés de leurs picqueures & en mouroient". Non de grosses mouches qui piquent, forcément ce sont des taons…

Les insectes des Dix Plaies d'Egypte

Ceci dit, plus près de nous, Le Courrier Picard dans un édition de juin 2013, faisait état d’une grande invasion de mouches dans le village de Pertain et alentours « Les habitants s'épuisent à changer les rubans adhésifs qui capturent ces insectes, à faire un usage immodéré de bombe insecticide ou à carrément vivre les fenêtres closes. « Certains soirs, je peux en tuer une trentaine à la tapette, affirme Jean-Claude, qui habite rue des Limaçons. On ne peut rien laisser à manger sur les tables... ». Pour cause les habitants invoquaient soit un poulailler industriel, soit les épandages, ou encore la folie des mouches du fait d’un été précoce. On a les plaies d’Egypte qu’on peut.

La 8ème plaie. Là pas d’ambiguïté, l’ouvrage de 1717 parle de sauterelles. Ouf… Ouf ? Et non car si je cherche "sauterelle", je tombe sur une entrée page 512 du Dictionnaire qui me dit :

« Sauterelle, Locusta. Le Père Lami en mit de dix sortes. La première s’appelle Arbé, qui signifie plusieurs multiplex, parce qu’entre tous les insectes, il n’y en a point que soit plus fécond, & qui multiplie davantage que les sauterelles. La seconde s’appelle Gab, ce qui signifie sortir de la terre, parce que quand ces animaux ont fait leurs œufs, ils les couvrent de terre pour les faire éclore par la chaleur, & d’où elles sortent par après en grandes troupes. »

Les insectes des Dix Plaies d'Egypte

Je passe sur les huit autres et je lis plus loin que, selon les évangélistes Saint Mathieu et Saint Marc, que Saint Jean-Baptiste ne se nourrissait dans le désert que de sauterelles et de miel sauvage. Voilà qui met de l’eau au moulin des entomophages, mais excusez-moi c’est hors sujet.

Une autre entrée page 533 achève de jeter le trouble dans mon esprit car elle dit que les Hébreux admettent non pas dix, mais dix-sept sortes de sauterelles. La première "ce sont les cerfs-volants, & les Escarbots". La seconde "Iserah". La troisième "Gadau". La quatrième, "Cargolah, Cantharus […], les œufs de ce petit insecte sont très propres pour apaiser la douleur d’oreilles". La cinquième, "Jokunan, on la prend pour un ver-à-soye". La sixième, "karze ou karzin, sauterelles qui naissent & qui se nourrissent dans les orties, […]". La dix-septième, "Scharsechibah". Il y en a encore une qu’on appelle sauterelle ou langouste de mer : "C’est un poisson qui n’a point de sang, il est couvert de test mou, ayant devant les yeux deux longues cornes garnies d’aiguillons", etc. bref une crevette !

Les insectes des Dix Plaies d'Egypte

On ne s’en sortira pas… On est en 1717 et on évoque la Bible. Linné (1707-1778) ne sortira sa classification qu’à partir de 1735.

Ne pinaillons pas, on admettra que la 8ème plaie, ce sont les criquets pèlerins (schistocerca gregaria) qui sont bien connus pour être une plaie, un fléau pour l’humanité, lorsqu’ils décident de ne plus vivre chacun pour soi. Le site spécialisé du CIRAD nous dit :

« Le Criquet pèlerin (Schistocerca gregaria Forskål) passe très facilement d'une forme solitaire inoffensive à une phase grégaire nuisible. Ses capacités de déplacement, l'extrême densité de ses essaims et sa voracité font peser sur l'agriculture de nombreux pays une menace redoutable

Et pour conclure mon article, je ferai référence à une explication des Dix Plaies d’Égypte par l’éruption du volcan de Santorin vers 1500 avant notre ère. Selon deux géologues, un français et un américain, les cendres émises par le volcan en obscurcissant le ciel auraient provoqué un changement climatique brutal et des pluies diluviennes. Ces pluies exceptionnelles seraient à l’origine des grenouilles, des ténèbres, de la grêle, de la mortalité du bétail, des maladies humaines, des proliférations d’insectes, etc.

Tout s’explique, même le passage de la Mer Rouge… "Mais oui, mais c’est, bien sûr…" comme aurait dit l’inspecteur Bourrel, ce qui lui valut d’être promu commissaire, comme le savent tous ceux de ma génération.

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Publié le 3 Mai 2014

L'un de nos adhérents, pas trop collant rassurez-vous, me demande de parler de la sexualité des insectes. On se demande bien pourquoi. Je suis bien ennuyé car, n’étant pas entomologiste comme vous le savez, je n’ai pas approfondi la question. Mais j’aime bien, vous le savez aussi, trouver réponse à mes interrogations dans les ouvrages plus ou moins anciens, et plutôt plus que moins.

Tiens prenons l’agrion, et tout particulièrement l’Agrion de Mercure, voilà ce qu’écrit L.ND. ( ?) dans "Les animaux en voie de disparition" daté 2009 (d’accord çà ce n’est pas très ancien) à son propos :

« Le comportement reproducteur commence par la formation des tandems. Ceux-ci se forment dès les premières heures chaudes de la journée. Comme chez les autres libellules, un cœur copulatoire se forme, puis cas particulier notamment aux Agrions, la ponte est effectuée en tandem. La femelle pénètre entièrement dans l’eau et y entraîne le mâle qui généralement renonce et se détache alors que son corps semble trop immergé. Il s’envole alors que la femelle poursuit sa tâche subaquatique. »

Du sexe chez les insectes

Je ne sais pas qui est L.ND. mais son style est quelque peu répétitif et rébarbatif, il faut dire qu’il traite aussi des pandas, des tigres blancs et des lémuriens, tout un vaste monde. Bon, on trouve mieux et je vous renvoie à ce qu’en disait Réaumur et que j’ai déjà évoqué dans ce même blog à propos du magnifique cœur copulatoire de nos demoiselles. Cela étant Réaumur n’évoque pas la phase plongée sous-marine… N’est pas le Commandant Cousteau qui veut. Par ailleurs l'Agrion de Mercure est rare et la photo que je vous propose correspond à une espèce cousine, mais les pratiques sont identiques.

Jean-Henri Fabre, lui nous parle dans ses "Souvenirs entomologiques" en termes bien plus littéraires, élégants et précis, des amours de la mante religieuse. Ecoutons-le conter :

« Nous sommes vers la fin août. Le mâle fluet amoureux, juge le moment propice. Il lance des œillades vers sa puissante compagne ; il tourne la tête de son côté, il fléchit le col, il redresse la poitrine. Sa petite frimousse pointue est presque visage passionné. En cette posture, immobile, longtemps il contemple la désirée. Celle-ci ne bouge pas, comme indifférente. L’amoureux cependant a saisi un signe d’acquiescement, signe dont je n’ai pas le secret. Il se rapproche ; soudain il étale les ailes, qui frémissent d’un tremblement convulsif. C’est là sa déclaration. Il s‘élance chétif sur le dos de la corpulente ; il se cramponne de son mieux, se stabilise. En général les préludes sont longs. Enfin l’accouplement se fait, de longue durée, cinq à six heures parfois. »

Et après, vous le savez tous, il sera croqué au cœur même de l’action - la tête d’abord - n’arrêtant son affaire que quand la mante lui boulottera le ventre … Et Fabre nous dit encore que si un deuxième mâle se présente, il sera lui aussi dévoré, le troisième et le quatrième auront la même peine. Et ce n’est pas tout :

« Dans l’intervalle de deux semaines, je vois ainsi la même Mante user jusqu’à sept mâles. A tous elle livre ses flancs, à tous elle fait payer de la vie l’ivresse nuptiale. »

Du sexe chez les insectes

Terrible mante. On en frémit… Et quel style ce Monsieur Fabre. On comprend que les lycéens japonais apprennent le français en le lisant, et qu’ensuite les mangas sado-masochistes aient un tels succès au pays de Madame Butterfly. Tiens un drôle d’insecte dont on pourra un jour parler dans une rubrique "Les insectes et l’Opéra"..

Mais encore me direz-vous ? Et les fourmis ? Là je prends mon "Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture" de 1837 (tome XXVIII) à l’article « fourmi », signé Paul Tiby, et je lis :

« Dès que la température a atteint 15 à 16° de Réaumur, les mâles et les femelles s’élancent en foule aux portes de la fourmilière pour prendre leur essor […]. L’essaim prend son vol, voltige, tournoie et disparaît […]. C’est dans cette course aérienne que s’opère le rapprochement des sexes, et le sol ne tarde pas à être jonché de couples étroitement unis que leurs ébats y ont précipités ; et là s’achève l’œuvre mystérieuse de la fécondation. Les mâles, nés en quelque sorte uniquement pour procréer et mourir, se dispersent et expirent çà et là de faim et de misère. Il n’en est pas de même des femelles : elles n’ont pas plus tôt conçu qu’elles se dépouillent volontairement de leurs ailes, fardeau désormais inutile, puisqu’elles ne doivent plus convoler à de nouvelles amours. »

Mante et fourmi, pauvres mâles. Le sort du mâle libellule paraît bien plus sympathique. Quid des papillons ? Je tombe par hasard sur un brevet d’invention qui nous ramène au ver à soie. Le brevet de "Quinze Ans" est de 1859, attribué au Sieur Salles, de Vigan (Gard) "Pour des moyens d’obtenir une bonne graine de vers à soie et de la préserver de tout germe morbide". Voilà ce qu’écrit le demandeur :

« Je pense que les papillons sont, comme certains ovipares, très lents dans la fécondation, parce que, à raison de la grande quantité d’œufs qui existent dans le corps de la femelle, la fécondation de ceux-ci ne peut s’opérer que lentement et à plusieurs reprises ; aussi j’ai remarqué que l’émission du fluide fécondant du mâle sur les œufs de la femelle est toujours annoncée par un battement des ailes du premier, alors que la femelle exécute à son tour des mouvements ondulatoires pour rapprocher tous les œufs vers l’anus, afin qu’ils soient tous également fécondés : ce qui me confirme dans cette opinion, c’est que les papillonnes saines n’abandonnent jamais le mâle tant que celui-ci continue le battement de ses ailes et tant qu’elles mêmes ont des œufs pour recevoir la fécondation, ce qu’elles annoncent par leur mouvements ondulatoires. »

Oui, les papillons de vers à soie semblent avoir des mœurs bien agréables. Les papillons sauvages aussi. On les voit batifoler à deux, voletant l’un autour de l’autre, grimpant au ciel, le 7ème peut-être, bien longtemps avant de se poser. Longs préludes, marivaudage aérien, avant une union qui - nous dit le brevet - dure au moins six heures (pour les papillons domestiques s’entend, je n’ai pas eu le loisir d’assister à la chose pendant toute sa durée pour les piérides du chou de mon jardin). La belle vie…

Vous avez tous vu la punaise arlequin. Jacques Attali (associé à Stéphanie Bourdon) dans "Amours ; Histoires des relations entre les hommes et les femmes" (2007) nous en parle :

« La punaise arlequin appelée "gendarme" s’accouple durant plusieurs heures, voire plusieurs jours et la plupart du temps en groupe. Elle peut aller jusqu’à deux cents rapports par jour. Ces accouplements, visibles et prolongés, ont une fonction biologique très précise : ainsi les autres mâles ne pourront plus féconder la femelle. Le mâle accouplé attend en effet que sa partenaire ne soit plus réceptive aux autres mâles ou qu’elle soit prête à pondre. »

Quelle santé !

Du sexe chez les insectes

Ceci dit - désolé Monsieur Attali - la punaise "arlequin" (Graphosoma italicum de la famille des Pentatomidae), en couple sur la photo de gauche, n’est pas la punaise "gendarme" (Pyrrhocoris apterus de la famille des Pyrrhocoridae), encore appelée "diable cherche-midi", "soldat" (en Lorraine) ou "suisse" (mais à Genève on l’appelle "cordonnier"), qui est celle dont vous nous parlez, sur la photo de droite. Faut voir à pas confondre, d’autant que la punaise "arlequin", comme nombre de ses cousines, ne sent pas bon, ce qui n’est pas le cas de notre sympathique gendarme.

Quand on écoute Brassens chanter :

« Mon père a vu, comme je vous vois,
Des nombrils de femmes de gendarmes, .
.. »

on se prend à penser que les gendarmes, qui dans la position où ils sont ne peuvent voir le nombril de leur compagne, tout comme les papillons (pas ceux que les premiers mettent sur les pare-brise) et les demoiselles (qui ne sont ni des aubergines ni des pervenches) ont bien de la chance si on les compare aux mâles de fourmis et surtout à ce pauvre Monsieur Mante.

Je ne résiste pas à vous proposer la photo que j'ai prise d’un couple de cétoines dorées (Cetonia aurata, hanneton des roses) en pleine action dans un érable en fleurs, où cétoines et abeilles se disputaient le pollen. Tout à coup apparaît un troisième larron. "Ciel mon mari !" s’écrit l’infidèle. Mais je découvre dans la littérature que cette bestiole porte aussi le nom vernaculaire de "catinette", serait-ce pour son infidélité ?

Du sexe chez les insectes

Que va-t-il se passer ? Peut être un constat d’huissier… J’apprends aussi que son ver blanc ne doit pas être détruit (confusion possible avec la larve du hanneton) car il a un rôle important dans le recyclage des matières organiques.

Mais ce n’est pas tout car voici, sur une même feuille d’ortie, deux couples de l’espèce téléphore moine ou cantharide rustique (Cantharis rustica ) qui se ne s’ennuient pas, les coquins. Sans doute s’encouragent-ils même.

Du sexe chez les insectes

Et comme dit la chanson :

« Si c’est çà la vie que tous les moines font (bis), je me ferai moine avec ma Jeanneton (bis)».

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