Publié le 19 Novembre 2014

L‘Agrion de l’OIse n’a pas attendu les récents événements – et oui le survol de centrales nucléaires par des drones - pour s’intéresser à ces engins. Enfin aux drones s’inspirant du vol des insectes : nous avions en effet traité ce sujet dans un précédent article en février dernier titré " Insectes et minidrones" .

Cela étant j’ai retrouvé sur la toile un article de 2007 « Libellule ou insecte espion ? Des scientifiques travaillent sur des robots-bestioles » sur des sites francophones s’intéressant à la mondialisation. Je me suis reporté à l’article original - c'est plus sûr - paru sur le site du Washington Post du 9 octobre 2007 "Dragonfly or Insect Spy ? Scientists at Work on Robobugs". L’article indique que de tels engins auraient été récemment utilisés pour espionner les foules.

Cet article en anglais évoquait un robot-libellule que la CIA aurait développé en secret dans les années 70s. Mais il ne devait pas être si petit que cela car les ailes battantes de la libellule étaient animées par un moteur à essence. Le projet n’aurait pas débouché, les performances de cet insectothopter étant particulièrement médiocres par vents latéraux.

L’article dit aussi que la miniaturisation d’un tel engin motorisé – et qui plus est équipé d’outils d’espionnage - à la taille d’une libellule de belle taille n’est pas chose évidente. On n’est plus au paléolithique avec des odonates de 70 cm d’envergure. Qui plus est si la taille du drone était celle d’un moustique comme le laisse entendre un hoax (voir notre page Facebook du 29 octobre).

« Comprendre et reproduire l'efficacité du vol des insectes n'est pas un mince défi » c’est l’ONERA (le centre français de la recherche aéronautique, spatiale et de défense) qui le souligne, sachant que cet organisme travaille, dans le cadre de son projet REMANTA, sur les drones à ailes battantes depuis le début des années 2000.

Toujours est-il que c’est là l’occasion de parler de ces mini-drones entomomorphes. Mais il n’y a pas que les drones qui se donnent un look d'insecte, il y a ceux qui se proposent de lutter contre les insectes. Je veux parler de drones plus conventionnels, comme ceux largement utilisés pour les prises de vue aériennes, à l’ouvrage en agriculture. Un "drone agricole" était présenté pour la première fois au Salon de l’Agriculture en février dernier. Ces engins très maniables sont destinés à l’inspection des parcelles en vue de l’optimisation des traitements, donc ici pour éventuellement lutter contre des insectes invasifs.

Mais pour en savoir plus, il faudra venir à notre prochaine réunion trimestrielle. Nous vous y invitons. C'est à Rieux, à 20h00, le 4 décembre. Qu'on se le dise.

Des Insectes et des Drones

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Publié le 10 Novembre 2014

La mode était à la fin du 19ème siècle, et jusqu’à la guerre 14-18 au moins, de représenter les pays sous forme de caricatures dans une cartographie satirique. André Belloguet (1830-1873) en était un des dessinateurs les plus connus en France.

Une de ses cartes probablement dessinée entre 1870 et 1873 (date de sa mort) présente «L’Europe animale», où la France, rabotée à l’est par la perte de l’Alsace et de la Moselle, est figurée comme un coq tourné vers l’Allemagne, celle-ci comme un renard prêt à plonger sur le coq, l’Angleterre en pieuvre voulant étendre son hégémonie, la Russie comme un ours féroce, ... Le sens de ces représentations était relativement clair dans le contexte politique de l’époque. Avec cela plus ou moins évident : l’Italie en pie, l’Espagne en taureau, l’Afrique du Nord en lion, la Turquie d’Europe en tortue, la Turquie d’Asie en chameau, etc.

Je vous laisse la découvrir sur la toile. Un site en anglais la présente. Mais dans cette carte et d’autres du même genre pratiquement jamais un pays n’était figuré par un insecte. Quel dommage pour nous.

Avec une autre association dont je fais partie, les Amis du Vieux Verneuil, une exposition sur la Guerre 14-18 a été montée en mai dernier dans le cadre des commémorations. Une collection de cartes postales a été prêtée et j’ai eu la permission du collectionneur de m’en servir pour notre blog. Qu’il soit remercié ici.

Tous les pays belligérants sont représentés en insectes.

14-18 : des insectes symbolisaient les belligérants

Bien sûr l’auteur est français et tous les alliés dans le conflit sont des insectes bien sympathiques : des papillons pour la quasi totalité. La France aux ailes bleu-blanc-rouge est perchée sur une branche. Au fait savez-vous qu’il existe bien un papillon avec de telles ailes tricolores l’Ancyluris formossima ? Il vit au Pérou, en Equateur et en Bolivie.

14-18 : des insectes symbolisaient les belligérants

Papillons aussi pour l’Angleterre, la Belgique, l’Italie et le Japon. Tous des papillons aux ailes couleurs du drapeau national. Les personnages, qui en forment le corps, sont tous féminins, une Française en casque de poilu, une Russe couronnée comme une impératrice, les autres moins typées… Mais aucun de ces personnages ne figure une tête connue, pas de roi, de reine ou de chef d’état. Ils symbolisent le peuple de chaque pays dans son anonymat.

14-18 : des insectes symbolisaient les belligérants

Il en va de même pour les autres alliés, le Monténégro, la Russie et la Serbie.

Nos lépidoptères sont tous posés sur une branche, et surtout ils sont paisibles, souriants, innocents, pourrait-on dire.

A noter qu’il manque la Grèce, le Portugal et la Roumanie pour les Alliés de la Triple Entente du continent européen.

14-18 : des insectes symbolisaient les belligérants

Bien sûr rien de tel pour les ennemis, L’Allemagne en tête figurée en coléoptère menaçant aux énormes mandibules.

14-18 : des insectes symbolisaient les belligérants

Il y a bien ici aussi le drapeau colorant leurs ailes, mais à côté de l’Allemagne en lucane, les autres sont des hyménoptères peu sympathiques : guêpe ou frelon pour l’Autriche, bourdon pour la Bulgarie. Quant à la Turquie, c’est une espèce de coléoptère aux élytres bruns peu identifiable. Un hanneton peut être ?

De plus les personnages sont des hommes, barbus, revêches, que dis-je belliqueux. Les responsables de la guerre, les « méchants » sont identifiés. Ce sont des despotes, des tyrans… et non comme on la vu pour les « gentils » le peuple. L’Allemagne, c’est manifestement le Kaiser Guillaume II avec ses moustaches retroussées, l’Autriche c’est l’Empereur austro-hongrois François-Joseph Ier avec son crane chauve et ses favoris blancs, la Bulgarie c’est le roi Ferdinand avec sa barbichette noire et ses moustaches à la Napoléon III. Le personnage symbolisant la Turquie coiffé d’un fez rouge pourrait bien être le Sultan Mehmed V, mais la ressemblance avec les photos consultées, mis à part le fez, est moins frappante …

Ils sont ailes déployés, présentés comme des assaillants, des agresseurs … mais regardez bien, ils sont tous une épée fichée dans le corps, « épinglés » comme dans une boite de collectionneur, donc tués, figés dans leur posture guerrière. Voilà le destin de la Triple Alliance.

Les paisibles papillons auront raison de ces nuisibles insectes.

Inutile de vous dire que si une même collection de cartes postales existait dans le camp adverse, la symbolique serait diamétralement opposée, mais là j’enfonce des portes ouvertes.

Ah oui j’oubliais : l’Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse sont restés neutres dans la Grande Guerre, donc point d’insectes pour les caricaturer.

Mais puisque nous parlons des insectes dans la guerre, je vous propose pour conclure cet extrait du livre Les Croix de bois de Roland Dorgelès :

« A tout moment, Gilbert regardait sa montre. Cette attente angoissante lui crispait le cœur : il eut voulu entendre le signal, partir tout de suite, en finir. Il pensa tout haut :

- Ils font durer le plaisir

Sur le parapet, entre deux touffes d’herbe, deux bêtes se battaient : un gros scarabée mordoré à la cuirasse épaisse et un insecte bleu aux fines antennes. Gilbert les regardait, et, quand le scarabée allait écraser l’autre, il le renversait sur le dos, du bout du doigt. De son front une goutte de sueur tomba sur la petite bête bleue, qui secoua ses ailes bigarrées.

- Attention, il va être l’heure, prévint un officier sur notre droite.

Plus près, Cruchet commanda :

- Baïonnette au canon… Les grenadiers en tête.

Un frisson d’acier courut tout le long de la tranchée. Penché, Gilbert observait toujours ses insectes, n’écoutant pas battre son cœur. Le scarabée secouait sa lourde carapace, mais l’autre l’avait saisi entre ses longues antennes, et il le maintenait ne le lâchait plus.

[…] Tiens, le scarabée doré ne bougeait plus, l’insecte l’emportait… Oh ! cette poudre, quelle âcre puanteur !… Une rumeur monta vers la droite, des cris ou une chanson. « Les zouaves sont sortis ! » Une rafale de 105 éclata, cinq coups de cymbales…

- En avant la troisième ! cria le capitaine.

- En avant !… »

Et surtout n’oublions pas : cette guerre ce sont plus de 18 millions de morts militaires et civils, tous pays confondus, plus de 21 millions de militaires blessés.

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Publié le 3 Novembre 2014

Dans le livre de Patrick Deville « Peste et choléra », prix Femina 2012, nous pouvons lire la mort brutale du père d’Alexandre Yersin, le jeune pastorien, découvreur du bacille de la peste.

« A Morges dans le canton de Vaud, chez les Yersin comme chez les voisins, ce n’est pas le dénuement mais une stricte frugalité. Un sou y est un sou. Les jupes élimées des mères passent aux servantes. Ce père parvient à coups de leçons particulières à mener à Genève des études de moyenne intensité, devient un temps professeur de collège, féru de botanique et d’entomologie, mais pour mieux gagner son pain c’est l’administration des poudrières. Il porte la longue veste noire cintrée des savants et un chapeau haut de forme, il sait tout des coléoptères, se spécialise dans les orthoptères et les acridiens.

Il dessine les criquets et les grillons, les tue, place sous le microscope les élytres et les antennes, envoie des communications à la Société vaudoise des sciences naturelles, et jusqu’à la Société entomologique de France. Puis le voilà intendant des Poudres et ça n’est pas rien. Il poursuit l’étude du système nerveux du grillon champêtre et modernise la poudrerie. Le front écrase le dernier grillon. Un bras dans une ultime contraction renverse les bocaux. Alexandre Yersin meurt à trente-huit ans. Un scarabée vert traverse sa joue. Une sauterelle se piège dans ses cheveux. Un doryphore entre dans sa bouche ouverte. Sa jeune épouse Fanny est enceinte. La veuve du patron va devoir quitter la poudrerie. Après l’oraison, au milieu des ballots de linge et des piles de vaisselle, un enfant naît. On lui donne le prénom du mari mort. »

Alexandre Yersin fils / wikipedia commons
Alexandre Yersin fils / wikipedia commons

Cette mort brutale de l’entomologiste à sa table de travail, ainsi traitée de façon spectaculaire par Patrick Deville, est sans doute quelque peu romancée. Il n’en reste pas moins que le père du disciple de Pasteur et de Roux, Alexandre Yersin, a effectivement laissé sa trace dans l’histoire de l’entomologie.

Il s’agit donc d’Alexandre Yersin père (1829-1863).

On trouve un ouvrage de 1866 « La vie et les écrits d’Alexandre Yersin » écrit par le genevois Henry de Saussure (1829-1905), que Patrick Deville a probablement consulté. Henry de Saussure est un géographe qui a beaucoup voyagé, notamment en Amérique, où, alpiniste, il a gravi le Popocatepelt, et qui a également écrit sur l’entomologie américaine : « Fourmis mexicaines » (1853), « Orthoptères de l’Amérique moyenne et mantidés américaines » (1858), pour ne citer que ces deux publications. Fondateur entre autres de la Société d’entomologie de Suisse, il était le petit-fils de Horace-Bénédict de Saussure, naturaliste et géologue, fondateur de l’alpinisme.

Alexandre Yersin père s’est illustré en entomologie dans l’étude des orthoptères d’Europe. Il a travaillé sur le chant de ces insectes, la stridulation. Dans un ouvrage il décrit le chant particulier des différentes espèces que l’on trouve en Suisse en le notant en musique. Dans les espèces d’Orthoptères qu’il décrit, il distingue trois familles musicales : les Grilloniens, les Locustaires et les Criquets, les autres étant muettes. (Attention la cigale n’est pas un orthoptère, nous n’en parlons donc pas).

Jeune sauterelle verte ©Philippe_Delmer _ 1er prix du Jury au 1er concours photo de l'Agrion de l'Oise 2014

Jeune sauterelle verte ©Philippe_Delmer _ 1er prix du Jury au 1er concours photo de l'Agrion de l'Oise 2014

C’est Henry de Saussure qui synthétise ces travaux

« Les Grillons et les Locustes stridulent au moyen d’un tambour ou appareil spécial de leurs élytres, tandis que les Criquets produisent leurs sons en faisant jouer leurs tibias postérieurs sur les élytres, comme un archet sur un violon. Le procédé de ces derniers a un caractère beaucoup plus musical que celui des premiers : il est par conséquent beaucoup moins facile à noter ; mais quoique produisant un bruit plutôt qu’un son, il devient chez les différentes espèces la source d’un chant infiniment plus varié que le procédé employé par les Grilloniens et les Locustaires. Tandis que les insectes de ces deux dernières familles recherchent l’ombre des buissons et l’obscurité de la nuit, pour faire entendre avec persistance ces sons aigus qui nous impatientent si souvent, les Criquets ne saluent de leur chant que les rayons du soleil ; ils recherchent la chaleur, et pour n’en perdre aucun rayon, ils ont soin d’abaisser la patte placée du côté de la lumière afin qu’elle ne projette aucune ombre sur leur corps. A l’approche de la soirée, les Criquets cessent de striduler.

Tous les Orthoptères chanteurs savent varier leurs stridulations. Lorsqu’on les saisit ils produisent un son aigu que l’on pourrait prendre pour un cri de détresse ; ils ont aussi leur cri d’appel et lorsque les mâles s’approchent de la femelle ils adoucissent la voix d’une manière remarquable ; et quelquefois même ils vont jusqu’à en changer complètement le rythme. Enfin lorsque les insectes se nettoient les pattes et les élytres, ou lorsque le temps change ils rendent par moments des sons désordonnés, qu’il ne faut pas confondre avec le chant de l’espèce. »

Criquets (insectarium Hexapoda Waremme Belgique) ©Roger_Puff

Criquets (insectarium Hexapoda Waremme Belgique) ©Roger_Puff

Dans un article du blog, nous avons évoqué les Plaies d’Egypte et plus particulièrement les invasions de criquets. Ce phénomène n’est pas propre aux pays du Sud. Il a en effet été étudié par Alexandre Yersin en Suisse, où en 1858 des myriades de sauterelles envahirent le canton de Vaud. Le point de départ n’était pas l’Orient, mais le Valais où l’espèce en cause Pachytitus migratorius était indigène. Le même phénomène était déjà apparu en 1837. Les ravages de ces sauterelles suisses ne sont en rien comparables à celles des criquets pèlerins mais suffisants pour que des moyens de destruction aient été proposés.

Henry de Saussure nous dit encore que le fléau des sauterelles avait ravagé en 1613 les Bouches-du-Rhône. La ville de Marseille avait accordé des primes pour la destruction des œufs, des larves et des insectes. Les enfants pouvaient chacun en recueillir plusieurs kilogrammes par jour.

Ceci dit les œufs des sauterelles de l’invasion de 1858 ne furent pas détruits par le froid au cours de l’hiver et les sauterelles apparurent par myriades dévorant les champs d’avoine et autres graminées.

Alexandre Yersin qui avait commencé sa carrière de scientifique dans la météorologie sut faire la relation entre les conditions climatiques et ces éclosions explosives.

Grillons  ©Roger_Puff

Grillons ©Roger_Puff

Mais il vaudrait mieux que vous puissiez lire la totalité de ce que dit Henry de Saussure des œuvres de Yersin et mieux encore lire Yersin lui-même. C’est de Saussure qui écrit d’ailleurs à ce propos :

«[… pour tout ce qui tient à la peinture de la nature vivante, il faut lire ce qu’on écrit les observateurs eux-mêmes. Les extraits font perdre tout le charme des descriptions. La vie de la nature ne saurait en effet se traduire avec vérité que par la plume de ceux qui se sont eux-mêmes inspirés par la contemplation de ses admirables mystères. »

Les travaux approfondis sur le système nerveux des grillons de Alexandre Yersin ont été particulièrement appréciés. Il en publia une première partie faite surtout de ces observations, mais la mort vint interrompre ses travaux et la synthèse qu’il rédigeait ne fut pas publiée.

Les collections de Yersin père, complétées par celles de Yersin fils, qui s’est passionné pour la science de son père dans son enfance, ont été recueillies par le Muséum d’histoire naturelle de Genève où elles ont rejoint celles de Henry de Saussure.

Timbre poste Indochine 1943-1944
Timbre poste Indochine 1943-1944

Voilà ce qu’écrit à ce sujet Patrick Deville :

« Le garçon est seul et bat la campagne, nage dans le Lac ou construit des cerfs-volants. Il capture des insectes, les dessine, les transperce d’une aiguille et les fixe au carton. Le rite sacrificiel ressuscite les morts. Du père – comme dans une peuplade guerrière la lance et le bouclier -, il hérite des emblèmes, sort d’une malle au grenier le microscope et le bistouri. Voilà un deuxième Alexandre Yersin et un deuxième entomologiste. »

Et c’est grâce au microscope le plus perfectionné que Alexandre Yersin le fils, acheta vers 1884 chez Carl Zeiss à Iéna, tandis qu’il poursuivait ses études de médecine à Marburg puis à Berlin et qui ne le quitta pas de toute sa vie, qu’il va découvrir plusieurs années après le bacille de la peste à Hongkong en 1894…

Mais - bien qu’entomologiste - il ne parvint pas à résoudre le problème de la transmission de la maladie du rat à l’homme.

Alexandre Yersin, père et fils, entomologistes

« C’est un insecte qui propage la peste. La puce. On l’ignore encore. » écrit Patrick Deville.

Atteint d'un paludisme sévère, Yersin doit rentrer en France. En 1898, son collègue Paul-Louis Simond établit que c’est par sa piqûre que la puce transmet du rat à l’homme le bacille de la peste .

Revenu en Indochine, Alexandre Yersin de son côté met au point un sérum antipesteux et, depuis Nha Trang en Annam où il s’est établi, voyage en Chine et en Inde pour lutter contre de nouvelles épidémies .

timbre poste Viet Nam 2013
timbre poste Viet Nam 2013

Il poursuit sa carrière de médecin-militaire en Indochine où il fonde un Institut Pasteur à Saigon, une succursale à Nha Trang, ouvre l’Ecole de Médecine de Hanoi, introduit la culture de l’hévéa, installe un sanatorium à Dalat, développe la culture du quinquina pour lutter avec la quinine contre le paludisme, etc.Une riche carrière

Il meurt en 1943 à Nha Trang où il s’est établi.

Le Viet Nam honore aujourd’hui encore ce grand chercheur franco-suisse, qui est surnommé Ong Nam (Monsieur Cinq en référence à ses 5 galons de Médecin-Colonel du Service de Santé Colonial), témoin ce timbre poste de 2013.

Je vous recommande, si vous ne l’avez pas encore lu, l’ouvrage de Patrick Deville

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Publié le 26 Octobre 2014

Voilà ce que l’on peut lire dans un opuscule publié aux Pays-Bas, à Utrecht en 1791 « La Flore des Insectophiles précédée d’un discours sur l’utilité des Insectes et de l’étude de l’Insectologie… » écrit par Jacques Brez, un pasteur vaudois, par ailleurs auteur d’une « Histoire des Vaudois ». J’aurais peut-être l’occasion de revenir sur cette Flore des Insectophiles pour d’autres thématiques.

Aujourd’hui je ne retiendrais que le passage intitulé « Les Insectes auraient pu nous apprendre plusieurs arts utiles » :

« Enfin, car il est temps de nous arrêter, l’étude des insectes aurait pu seule nous apprendre plusieurs arts utiles. Les Guêpes faisaient leurs nids d’une sorte de papier, avant même qu’on eu pensé à avoir des papeteries. On apprend avec plaisir, que l’art est parvenu de nos jours à imiter assez bien ces ouvrages de la Nature. On trouve en Amérique des Guêpes, auxquelles on a donné le nom de cartonnières, dont le nid est composé de plus beau carton, qui est d’une blancheur et d’un poli, que nos ouvriers ne surent jamais donner à leurs cartons. »

Je vous renvoie à mon précédent article « Nos amies les Guêpes » pour en savoir plus.

Après un produit : le carton, Jacques Brez va nous parler d’un outil :

« Les mouches à scie sciaient les branches de rosier, longtemps avant que nous eussions l’instrument, dont elles ont pris leur nom. Et cet instrument que nous possédons et qui nous est d’une si grande utilité, ne réunit pas à beaucoup près autant d’avantages que celui de la mouche. Il ne fait pour nous que les fonctions d’une scie, au lieu que celui de la mouche fait en même temps les fonctions d’une scie, d’une râpe et d’une lime. Ne pourrions-nous pas perfectionner notre instrument, en étudiant sérieusement le mécanisme de celui de la mouche ? »

Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des  Arts et des Métiers Diderot et d’Alembert

Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers Diderot et d’Alembert

Voici une mouche à scie, prise cet été le long de l'Azergues (dans le département du Rhône). C'est un insecte de l'ordre des hyménoptères, du sous-ordre des symphytes ou tenthrèdes, de la super-famille de tenthrendinidae. Les femelles possèdent un ovipositeur en forme de scie qui leur permet d'insérer leurs œufs dans les tissus des plantes dont se nourrissent les larves.

Tenthrède ©RogerPuff

Tenthrède ©RogerPuff

Remarquez le mimétisme avec les guêpes, mais il n'y a pas la "taille de guêpe". L'animal ne pique pas. Les tenthredinidae sont phytophages. Leurs larves, appelée "fausses chenilles" car elles ne donnent pas de papillons, peuvent faire des ravages dans la végétation.

Des insectes et du biomimétisme en 1790

Autre outil, la pompe (image tirée de l'Encyclopédie Diderot et d'Alembert):

« Les papillons pompaient les liqueurs mielleuses des fleurs, les Cousins, la mouche commune, les punaises, suçaient le sang qui coule de nos veines, etc. longtemps avant que nous connussions les pompes aspirantes ; et quelle différence entre le nombre et la variété des fonctions auxquelles ces pompes naturelles sont propres, et celui de nos pompes, même les plus parfaites ! »

Tristan ©RogerPuff

Tristan ©RogerPuff

Des insectes et du biomimétisme en 1790

Et à présent, la tarière (gravure d'Albrecht Durer) ou la perceuse :

« Nous ne connaissions, sans doute, pas encore les instruments avec lesquels nous perçons le bois et le matières plus dures encore, lorsque l’Abeille perce-bois perçait et creusait déjà de la manière la plus simple de vieux troncs d’arbres, lorsque les Ichneumons introduisaient déjà leur aiguillon à travers la paroi des nids de guêpes des murailles, formés d’une matière très dure, pour y déposer leurs œufs et y faire croitre les larves qui doivent en sortir, aux dépens de l’habitante naturelle du nid. »

abeille xylophage ©RogerPuff

abeille xylophage ©RogerPuff

Et voilà l’art de bâtir :

« Nous étions à coup sûr peu avancés dans l’art de la Maçonnerie, lorsque les fameux Termites, de la grosseur de nos fourmis des bois, bâtissaient, en Afrique et en Asie, des nids de la hauteur de quinze à seize pieds, sur lesquels la pioche n‘a presque aucune prise ; et qu’ils bâtissaient, toute proportion gardée, en beaucoup moins de temps que nos ouvriers les plus habiles ne l’auraient fait. »

Voyage au Cap de Bonne-Espérance et autour du monde avec le Capitaine Cook, et principalement dans le pays des Hottentots et des Caffres] / [Non identifié] ; George Forster, André Sparrman, aut. du texte

Voyage au Cap de Bonne-Espérance et autour du monde avec le Capitaine Cook, et principalement dans le pays des Hottentots et des Caffres] / [Non identifié] ; George Forster, André Sparrman, aut. du texte

Jacques Brez termine son chapitre sur des considérations à connotation religieuse sur l’importance de l’Insectologie, qu’il place manifestement avant les autres domaines des sciences du vivant.

« Que conclurons nous de tout ce que nous avons avancés dans ce discours , -- que l’Insectologie mérite au moins autant de nous occuper que tout autre science ; qu’étant plus propre qu’aucune autre partie de l’histoire naturelle, à nous donner à chaque instant les preuves les plus éclatantes de la Sagesse, de la Bonté, de l’Intelligence sans bornes du CREATEUR de l’univers, elle mérite d’autant plus d’être l’objet de nos loisirs et de nos méditations. Mais lorsque je nomme l’Insectologie, j’entends par là la vraie science des insectes, telle qu’elle a été traitée par un SWAMMERDAM, par un REAUMUR, par un BONNET. Je ne parle nullement de la science de nos Insectologues les plus modernes, qui ne consiste guère que dans la connaissance des noms classifiques, génériques et spécifiques des insectes ; cette étude, si tant qu’on puisse lui en donner le nom, n’étant pas, suivant moi, digne d’un bon esprit, d’un homme raisonnable, elle ne mérite pas qu’on la mettre en ligne de compte. »

Des insectes et du biomimétisme en 1790

Mais ce faisant il oppose les classificateurs, qu’il rejette, aux observateurs. Ces derniers sont les précurseurs de l'éthologie, l'étude du comportement des diverses espèces animales, branche de la biologie animale remontant au 17ème siècle, mais dont la dénomination n’apparaitra qu’en 1854 sous la plume du naturaliste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-1861). Les Français Réaumur (1683-1757) et plus tard Jean-Henri Fabre (1823-1915) en sont les représentants les plus connus pour ce qui concerne l’entomologie. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces entomologistes, ainsi que sur le néerlandais Jan Swammerdam (1637-1680), qui étudia la métamorphose des insectes grâce au microscope, et le suisse Charles Bonnet (1720-1793), à qui on doit la description de la parthénogenèse chez le puceron.

Si en 1790, on constatait que les insectes auraient pu inspirer les inventeurs, aujourd’hui on pense que l’on doit s’inspirer de la nature pour découvrir de nouveaux procédés, de nouveaux matériaux, de nouvelles molécules. Les anglophones parlent de biomimicry.

Le site de l’Association Biomimicry Europa annonce comme phrase-vocation « Promouvoir le biomimétisme : quand la nature inspire la durabilité » et précise :

« Le biomimétisme, défini par Janine Benyus[i] en 1997, est une démarche d’innovation, qui fait appel au transfert et à l’adaptation des principes et stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes, afin de produire des biens et des services de manière durable, et rendre les sociétés humaines compatibles avec la biosphère. »

C’est le but que se fixe le CEEBIOS (Centre européen d’excellence en biomimétisme de Senlis), qui se veut un centre de développement économique et scientifique s’inspirant du vivant.

[i] Biomimicry : Innovation Inspired by Nature by Janine M. Benyus, Sept. 1, 1997, (ISBN 0060533226) ou en français Biomimétisme : Quand la nature inspire des innovations durables Janine M. Benyus, Rue de l'échiquier, mai 2011.

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Publié le 20 Octobre 2014

L’Agrion de l'Oise était présent du 16 au 19 octobre au Centre Pierre Guillaumat de l’Université de Technologie de Compiègne à l’occasion de la Fête de la Science.

Lumières d'insectes

Il exposait des travaux de design industriels des étudiants (2ème bac de design industriel) du Pr Hilke Vervaeke de l’Ecole Supérieure des Arts de l’Institut Saint-Luc à Liège. Il s’agissait de luminaires bio-inspirés par l’anatomie des insectes, qui avaient été présentés pour la première fois en mai dernier à Agro-Bio Tech à Gembloux dans le cadre d’Insectopolis, le Festival de l’Insecte.

Lumières d'insectes

L’exposition des luminaires, complétée par les macro-photographies d’insectes d’un de nos adhérents, Jean-Pierre Bertrand, a remporté un grand succès auprès du public de scolaires (plus de 2500 écoliers et collégiens les jeudi et vendredi) ainsi que du public familial du week-end (plus de 1200 visiteurs).

Si les lampes avaient été à vendre, nul doute que nous aurions fait un excellent chiffre d’affaires. Souhaitons aux étudiants de rencontrer bientôt les industriels qui les fabriqueront et les commercialiseront.

Occasion pour l’Agrion de l’Oise de marquer sa présence dans l’Oise, au sein du milieu scientifique, et de faire connaître le projet d’insectarium et le monde des insectes par le biais du design, point de rencontre entre l’entomologie, l’art et la technologie.

Lumières d'insectes

Si pour certaines lampes le rapport entre l’objet et l’insecte pouvait assez facilement être mis en évidence, comme par exemple l’applique « ailes de libellule » de Julien Colson ou la lampe de chevet « pattes de sauterelle » de Guillaume Humblet, il n’en allait pas de même pour les autres.

Lumières d'insectes

Les étudiants sont allés chercher chez l’insecte le détail quelquefois infime qui allait permettre la réalisation d’un luminaire beau et fonctionnel, comme pour le lucane (cerf-volant) dont le dessin de la mandibule motivait Marie Gardier pour une boule de lumière, tandis qu’un segment de patte inspirait Jacques Ernotte pour une lampe à poser.

Lumières d'insectes

La structure du corps de l’insecte « une tête, un thorax, un abdomen » donna sans doute à Alexandre Weymiens l’idée de sa lampe éclatée en trois éléments, mais à n’en pas douter les couleurs chatoyantes des élytres d’un coléoptère, chrysolina fastuosa se retrouvent bien dans les tons chauds des coques de bois que les LEDs éclairent.

Lumières d'insectes

N’oublions pas la corne en fine céramique du dynaste hercule de Fabien Principe,

Lumières d'insectes

Ni l’abdomen de la mante religieuse de Céline Louesse, et la belle et grande lampe inspirée par le bien modeste lépisme argenté de Florent Charlier.

Nous comptons présenter d'ici février 2015 cette magnifique collection de luminaires dans d’autres localités de l’Oise. Leur lumière va éclairer un bout du chemin qui reste à suivre jusqu’à l’ouverture de l’insectarium, que nous espérons pour 2017.

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Publié le 14 Octobre 2014

A ne pas manquer.

Bioinspiration, biomimétisme...

L'Agrion de l'Oise sera présent du 16 au 19 octobre au Village des Sciences à l'Université de technologie de Compiègne à l'occasion de la Fête de la Science.

Il y présente des luminaires inspirés par l'anatomie des insectes réalisés par les étudiants en design de l'Institut Saint-Luc de Liège.

Les insectes illuminent le Village des Sciences à l'UTC

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Publié le 11 Octobre 2014

N.d.R. :Et voilà la suite du récit de notre ami Philippe, mêcheur à la pouche

Rappel : la notonecte (greater water boatman en GB ; water boatman ou backswimmer aux US ou en Colombie britannique - abeille d’eau (en France) peut atteindre 20 mm. Elle possède un rostre bicanalé lui permettant d’absorber la chair de ses proies. Elle est carnivore en effet et mange des agrions (entre autres bien sûr).

Au Canada, les agrions font partie des "Damsels" du français « demoiselle ». Je n'ai pas de vidéo montrant une notonecte en train de manger un agrion. A la place je vais vous montrer un autre animal en train de manger des Damsels … en détresse et en Nouvelle-Zélande.

Vous avez ouvert le lien ?

Quel spectacle n'est-ce pas ? De la poésie pure malgré la violence. Notez que beaucoup en réchappent. J'ai estimé la taille de ces truites, je pense qu'elles atteignent 80 cm ! Peut-être 5 kg!

Bon, continuons. La notonecte a des facultés de vision exceptionnelles : ses yeux peuvent voir au-dessus, dans le film et en dessous. Je vous laisse aller y voir de plus près (c'est compliqué, Essilor a étudié le truc) pour me concentrer sur ce qui m'intéresse et qui peut être pourrait aussi vous intéresser…

Vers fin septembre, le water boatman quitte l’aval où son habitat s'assèche pour aller chercher de l'eau en amont, comme dans notre Big OK Lake qui est à 1500 m d’altitude. Il fait déjà froid à cette altitude. Nous y avons campé dans la neige et la température est tombée jusqu'à - 5°C. Cette migration n'a pas lieu qu’en raison du manque d'eau, il semble que les water boatmen bougent aussi pour se reproduire.

Ces animaux volent très bien (mais ils marchent mal…on peut imaginer pourquoi, avec de telles pattes, un cul par-dessus tête est courant..!). Ils se laissent tomber comme des grêlons, coincent une bulle au passage, et, vont s'installer dans des algues avec leur bulle. De temps en temps, ils viennent changer leur bulle.

Le water boatman est aussi appelé backswimmer c'est parce qu'il nage sur le dos avec sa bulle coincée sur le ventre. C'est ça, ce que veut dire le mot notonecte du grec nage et dos.

mouche simulant la notonecte

mouche simulant la notonecte

Toutes nos mouches ont une fausse bulle, voire une trainée de bulles synthétiques. Quand vous regardez dans votre verre de champagne, ne concluez pas qu'il y a des notonectes dedans ; parce que vous disposez d'un indice qui permet d'écarter cette hypothèse : la trainée de bulles n'est pas verticale chez les notonectes.

La période la plus dangereuse pour eux, c'est depuis le "ploc" jusqu'à l'algue protectrice. Ils sont à découvert et les truites ont faim à ce moment-là de l'année, parce qu'il faut bien manger avant que le gel ne vienne couvrir le lac… dans un mois à peine. Les water boatmen descendent par une nage saccadée vers le fond et c'est cette action que nous cherchons à imiter.

Quand un évènement comme celui-là se produit, c'est le bal dans le lac. C'est la joie du mêcheur à la pouche.

On vise les gobages, on met un bas de ligne plongeant doucement, on effectue des tirettes de 10 cm, posé, tirettes, posé…et paf. Si on serre trop la ligne au moment de la tirette ou si on ferre trop fort, on casse.

J'ai dit plus haut que Bryce était un pêcheur redoutable…mais pas trop, pourquoi pas trop ? En effet, au Canada, il est illégal de pêcher avec des hameçons dotés de barbillons. Il faut les casser.

"barbless" sans barbillon

"barbless" sans barbillon

Ainsi, il devient très facile de décrocher les poissons. De plus, nous relâchons toutes ces truites, sans exception. On a le droit à une par jour, mais on n'y a jamais goûté. D'après Glenn, les poissons ne souffrent pas comme les mammifères. Ils seraient extrêmement sensibles aux moindres pressions, mais il n'y aurait pas de douleur ? J'espère que c'est vrai. Quand on voit les pauvres saumons après avoir frayé … avant de mourir, on dirait des fantômes, ils nagent à peine, ils sont blanc délavé, les yeux ont été mangés. S’ils souffrent, c'est que la nature est trop impitoyable.

Donc on est des pêcheurs redoutables, mais pas trop, "catch and release", on prélève un peu en mer, jamais en rivière et lac. Sans barbillon le poisson a sa chance. Si on lui laisse du mou, c'en est fait.

le mêcheur à la pouche sur son pontoon boat

le mêcheur à la pouche sur son pontoon boat

On est donc sur notre pontoon boat, les palmes dans l'eau. On a lancé sur un gobage, on a fait plein de tirettes… donc, il y plein de ligne entassée sur le tablier… en tas … peut être en perruque… Touche… Ferre… ça y est; peut-être 20 pouces…50 cm….5 Lbs. Bryce en a pris de 26". 65 cm !

Saumons coho à la ferme d'élevage

Saumons coho à la ferme d'élevage

On tient la ligne dans la main gauche. On met la gaule à la verticale bras tendu et on commence à palmer comme un fou pour garder de la tension. En effet, ce n'est pas facile de contrôler la ligne quand on n’est pas en prise sur le moulinet. Il faut, justement, arriver sur le moulinet et pour cela rembobiner la ligne qui est sur le tablier en perruque potentielle. Si le poisson avale la ligne libre c'est facile… mais c'est rare. Souvent le poisson se bat sur place ou il fonce sur vous. Alors on fait comme on peut, on ramène brassée par brassée sur la future perruque. Si le poisson ne bouge pas, on maintient la tension et on essaye de rembobiner "par le dessous de la ligne" ; faire un nœud est courant. Si le poisson part, que va-t-il se passer avec le nœud ?

Ce qu'on aime, c'est quand le poisson saute. C'est majestueux. Souvent c'est à ce moment-là qu'il se libère. On est content pour lui. C'est ceux-là qui s'inscrivent plus durablement dans nos rêves. Ils sont plus gros pour toujours "tels qu'en eux même enfin l'éternité les change".

Les plus combatifs avalent toute la soie et vont sur le backing (une réserve de fil résistant non pesant de 100 / 200 m). On est maintenant sur le moulinet. il n'y a plus qu'à… Quand le poisson arrive près du pontoon, il prend peur et fait tout un cirque. L'épuisette est souvent trop petite ! Je vous laisse imaginer la suite. On décroche, on mesure ou pas, photo ou pas et hop à l'eau. Le poisson n'a pas de mémoire, il peut se faire reprendre rapidement.

Démonstration

Démonstration

En septembre, en particulier, il ne faut pas jouer longtemps. Le poisson perdrait de l'énergie pour l'hiver et il y aurait des "casualités" (NdR : de l’anglais « des pertes »). On reste donc ferme quitte à casser. Là dessus, un mot.

Si le poisson part avec l'hameçon, ce n'est pas grave. En général, il va s'en débarrasser. Un processus rapide de corrosion va finir par couper l'hameçon (pas d'inox). Si l'hameçon ne se décroche pas, on est tout simplement dans la situation du piercing. Le poisson peut même arborer fièrement son piercing …

Un jour, on peut être désespéré, on ne voit pas un poisson sauter ou faire des ronds ou ceci ou cela. Et puis tout d'un coup, il y a une éclosion d’insectes et on n’en revient pas du nombre de truites qui font leur apparition.

Ephéméroptère : ce n’est pas une mouche artificielle © Nordelch Creative Commons

Ephéméroptère : ce n’est pas une mouche artificielle © Nordelch Creative Commons

Si on a une May fly hatch, une éclosion d'éphémères (la « manne » au Québec)… Le problème est de s'assurer que la truite choisisse votre pouche artificielle au lieu de l'une ou l'autre des vraies… Quand un évènement comme celui-là se produit, les truites "marsouinent" … Un spectacle.

Quand il y a une grêle de water boatmen, c'est le même genre d'évènement. Mais ça ne marsouine pas, ça attaque franchement, il n'y a pas besoin de faire de posé en douceur, au contraire, la truite entend le ploc de l'insecte et fonce dessus. D'après mes amis, après un jour ou deux, les truites ne réagissent plus au water boatman. On dirait qu'elles en sont écœurées. J'ai une théorie là dessus. Je vais y venir.

J’utilise en Colombie britannique des water boatmen artificielles plus petites que celles avec trainée de bulles, munie d’une bille en tungstène pour qu'elles coulent bien. Pas mal de mes prises se sont fait leurrer avec cette mouche, acceptable toute l'année.

C’est ce qui me fait revenir au lesser water boatman, le Micronecta scholtzi. Très différent en fait de la notonecte : il ne nage pas sur le dos, il est végétarien, il ne migre pas, et surtout il est nettement plus petit (environ 2 mm). Plus petit que ma mouche artificielle. Et européen en plus.

Un autre type de mouche imitant semble-t-il le trichoptère, un insecte aquatique (caddisfly en anglais)

Un autre type de mouche imitant semble-t-il le trichoptère, un insecte aquatique (caddisfly en anglais)

Au fond, le Micronecta scholtzi ne serait pas très intéressant s’il n'avait pas un talent absolument remarquable : il fait un vacarme assourdissant avec sa b…, pardon son pénis. Je dis bien avec son pénis. Micronecta scholtzi est aussi appelé the singing penis. Charmant, n'est-ce pas? Ce phénomène a été très étudié tant il est impressionnant. Le bruit monte à 99 décibels, ce qui en fait l'animal le plus bruyant du monde. L'eau atténue le bruit et il faut faire intervenir le fait que l'insecte est tout petit pour comprendre pourquoi on arrive quand même à dormir. Toute proportion gardée, c'est l'animal le plus bruyant du monde. Whaw ! Évidemment, la femelle ne fait pas de bruit, à moins que… c'est une autre partie de ma théorie.

Oui, j'ai trouvé que c'était bizarre de faire du bruit avec son pénis. Je me suis dit qu'il fallait une b… d'airain et quelque chose de dur pour taper ou frotter dessus. Eh bien oui, Micronecta a, en guise de b…, un membre d’airain. De ce côté là, il ressemble à Henri IV. Du coup je me suis interrogé sur Madame Micronecta scoltzi. Partage-t-elle le plaisir du mâle ? J’ai enfin compris : Micronecta scholtzi pratique la copulation traumatique, mode de reproduction chez certains animaux à carapace dépourvus d’orifice sexuel. Le mâle plante son aiguillon dans la carapace de la femelle et les spermatozoïdes vont vers les ovules en se déplaçant dans le sang.

Ces mouches artificielles seraient-elles des demoiselles (sous-ordre des zygoptères) comme leurs yeux bien écartés le font penser ?

Ces mouches artificielles seraient-elles des demoiselles (sous-ordre des zygoptères) comme leurs yeux bien écartés le font penser ?

C'est pour cela que j'ai émis un doute sur le charme de cette affaire. Il transperce sa dame un peu n'importe où, avec une sorte de rostre du bas, c'est effectivement une b… d'airain, une dague monocanalée. Du coup, on peut s'interroger : le mâle fait du bruit avec, c'est certain. Mais peut être que sa dame hurle de douleur et fait autant de bruit ! On a maintenant en mains ce qu'il faut pour comprendre pourquoi les truites seraient écœurées par une alimentation à base de l'un ou l'autre de ces insectes. C'est l'effet Achab ou Jonas. Une fois dans le ventre de la baleine, ils ont dû avoir faim, ces braves, ils ont dû sortir leur opinel et se tailler un bout de la paroi stomacale pour manger ou alors pour faire vomir la baleine et retrouver la liberté… C'est sans doute ce que fait le water boatman avec son rostre bicanalé du haut et Micronecta avec son rostre monocanalé du bas. Ni plus ni moins, il y a de quoi écœurer une truite…

J'en reviens au titre : le vrai water boatman a un rostre en haut, le faux a un rostre en bas

C'était simple, n'est-ce pas, de reconnaitre le vrai du faux ?

Philippe, mêcheur à la pouche

Commentaires de l’Agrion de l’Oise

Comme cet article le laisse clairement entendre, la pêche à la mouche a bien besoin de l’entomologie.

Un spécialiste disait à juste titre que la connaissance de l’entomologie ne doublait pas le nombre de prises, mais doublait certainement le plaisir du pêcheur. A noter que c’est en ouvrant l’estomac d’un poisson et en faisant l’inventaire de ce qu’il a mangé que l’on peut déterminer sa proie préférée du moment et choisir sa mouche artificielle en conséquence.

Un site spécialisé"Fly Fishing Entomology"(en anglais)

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Publié le 4 Octobre 2014

Hier à 17h00, le temps est magnifique, l'urne est dans le parc du Conservatoire intercommunal de musique et de danse Adam-de-la-Halle a Pont-Sainte-Maxence. Le vote du public est clos. Un tableau blanc...

Me Germain, huissier de justice va procéder à l'ouverture de l'urne et au dépouillement des votes après une présentation de l'association par son président.

Au fur et à mesure de la lecture des bulletins, un trait est inscrit au tableau blanc dans la case réservée à chaque photo. Le public compte les points.

C'est terminé. Les résultats que chacun a vu apparaitre sont proclamés. Les prix vont être remis par Madame Khristine Foyart, vice-présidente à la culture de la Communauté de Communes du Pays d'Oise et d'Halatte et maire de la commune de Brenouille.

Et le vainqueur du Prix du Public est :

1et Prix du Public "Cache-cache" ©Jean-Claude-Trebouillard

1et Prix du Public "Cache-cache" ©Jean-Claude-Trebouillard

Jean-Claude Trebouillard, de Béthisy-Sain-Pierre (Oise), pour sa photo "Cache-cache", une demoiselle prise le 19 juin 2014 aux étangs de Saint-Pierre (Oise), qu'il légende "Un agrion pris sur un roseau. Malheureusement les roseaux ont été rasés peu de temps après. Il ne reste presque plus d'agrions dans cet endroit". Il reçoit le 1er prix du Public offert par Oise Tourisme : un week-end "Comme des Châtelains" pour 2 personnes.d'une valeur de 270 €.

Le 2ème Prix du Public est :

2ème Prix du Public "Rouge sur Rouille"" ©Bruno-Derouané

2ème Prix du Public "Rouge sur Rouille"" ©Bruno-Derouané

Bruno Derouané, de Pont-Sainte-Maxence, pour sa photo "Rouge sur Rouille", une libellule prise le 24 juillet 2014 aux marais de Sacy-le-Grand, sur la commune de Monceau, pour laquelle il a précisé "Un crocothémis écarlate mâle surveillant son territoire". Le 2ème prix est un chèque d'une valeur de 100 € offert par L'Agrion de l'Oise.

Le 3ème Prix du Public est :

3ème Prix du Public "Sur le Mont Bouquet" ©Frédéric Pingliez

3ème Prix du Public "Sur le Mont Bouquet" ©Frédéric Pingliez

Frédéric Pingliez de Sauqueuse Saint-Lucien (Oise), pour sa photo d'un papillon Machaon intitulée "Sur le Mont Bouquet" prise le 31 juillet 2011 sur la commune de Breuzet-les-Alès (30). Il reçoit deux abonnements Quintet d'une valeur de 70 € pour La Manekine à Pont-Sainte-Maxence, offerts par la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte.

Le Jury, qui a sélectionné les 19 photos exposées le 7 août dernier, a décerné également ses 3 prix.

Le vainqueur du Prix du Jury est :

1er Prix du Jury "Jeune Sauterelle verte" ©Philippe-Delmer

1er Prix du Jury "Jeune Sauterelle verte" ©Philippe-Delmer

Philippe Delmer de Verneuil-en-Halatte (Oise), pour sa photo "Jeune sauterelle verte" prise à Verneuil-en-Halatte. Il reçoit le 1er prix du Jury offert par Oise Tourisme : un week-end "Moulins des Forges" pour 2 personnes.d'une valeur de 166 €.

Le 2ème Prix du Jury est :

2ème Prix du Jury "Au soleil levant"" ©Jean-Louis-Vervoort

2ème Prix du Jury "Au soleil levant"" ©Jean-Louis-Vervoort

Jean-Louis Vervoort de Noyon (Oise), une demoiselle, un caloptéryx éclatant, photo prise le 18 mai 2014 dans les prairies inondables de Baboeuf le long de l'Oise. Pour ce 2ème Prix du Jury, il reçoit un bon d'une valeur de 100 € pour des tirages papiers offert par Photo Henrique à Pont-Sainte-Maxence.

Enfin le 3ème Prix du Public revient au lauréat du 2ème Prix du Public, Bruno Derouané. Sa photo sera donc publiée deux fois ici. Il reçoit pour ce prix deux abonnements Quintet d'une valeur de 70 € pour La Manekine à Pont-Sainte-Maxence, offerts par la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte.

3ème Prix du Jury et 2ème Prix du Public "Rouge sur Rouille"" ©Bruno-Derouané

3ème Prix du Jury et 2ème Prix du Public "Rouge sur Rouille"" ©Bruno-Derouané

Bravo à nos lauréats.

Parmi leurs photos les odonates, 3 sur 5, demoiselles ou libellules, zygoptères ou anisoptères, ont eu la part belle. L'Agrion de l'Oise n'y est pour rien dans le choix de ses congénères, ce sont les décisions du Jury et du Public.

Le Jury et le Public ont eu du mal a faire leur choix parmi les photos de nos candidats, retenues ou non exposées ou non, vu la qualité de leurs travaux.

Les lauréats sont tous les 5 de l'Oise. 4 insectes sur 5 ont été pris dans l'Oise, le 5ème dans le Gard, sans doute au cours des vacances du lauréat.

Cela étant le jury avait également sélectionné des photos de candidats de l'Aisne, des Hautes-Alpes, de Meurthe-et-Moselle, du Loir-et-Cher et des Yvelines, montrant ainsi que dès sa première édition notre concours photo "Insectes de France" a atteint une dimension nationale.

Notre concours sera réédité en 2015 et nous espérons des candidats photographes encore plus nombreux, des insectes de toutes les régions de France, mais pourquoi pas aussi de Belgique ou de Suisse chez nos voisins francophones, pourvu que l'insecte photographié soit bien présent en France.

Cette année, faute de candidats, le prix du Jury "Moins de 15 ans" n'a pu être décerné et c'est bien dommage. Nous faisons un appel à ceux-ci pour qu'ils se lancent dans ces photos captivantes du vaste et fabuleux monde des insectes.

L'Agrion de l'Oise remercie les photographes et ses partenaires : la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte, élus et personnel, qui a pris en charge les agrandissements et leur installation dans le parc du Conservatoire, le directeur et le personnel du Conservatoire, le Théâtre de la Manekine, Oise Tourisme et les hôteliers isariens, ainsi que Photo Henrique.

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Publié le 27 Septembre 2014

Et voilà les 19 photos retenues pour notre 1er concours sont exposées dans le Parc du Conservatoire intercommunal de musique et de danse de Pont-Sainte-Maxence. S'il n'y a pas eu de vernissage, l'Agrion de l'Oise a profité ce matin de l'inauguration de la nouvelle salle de danse. Il y avait affluence pour découvrir ce nouvel équipement et les participants ont pu en profiter pour admirer les photos d'insectes.

de gauche à droite Michel Delmas, conseiller général, Khristine Foyart, maire de Brenouille et vice-présidente culture de la CCPOH, Christian Massaux, maire de Verneuil-en-Halatte et Président de la CCPOH

de gauche à droite Michel Delmas, conseiller général, Khristine Foyart, maire de Brenouille et vice-présidente culture de la CCPOH, Christian Massaux, maire de Verneuil-en-Halatte et Président de la CCPOH

Le discours de Christian Massaux, Président de la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte (CCPOH), consacré bien sûr à la salle de danse, s'est néanmoins conclu par une rapide présentation de l'exposition de photos d'insectes et par un appel à voter pour le cliché de son choix, et qui plus est, pour adhérer à notre association.

Merci Christian Massaux.

Merci à la CCPOH :

- pour son appui pour le montage du concours et la communication.

- pour le travail de tout le personnel de la CCPOH

- pour l'animation par les élèves et les enseignants du Conservatoire dont notre exposition a bénéficié.

Merci pour cette belle exposition prise entièrement en charge par la CCPOH.

Un bel espace pour les photos des candidats sélectionnés.
Un bel espace pour les photos des candidats sélectionnés.Un bel espace pour les photos des candidats sélectionnés.

Un bel espace pour les photos des candidats sélectionnés.

Vous avez jusqu'au vendredi 3 octobre à 17h00 pour voter pour votre photo coup de cœur. Ce sera difficile : toutes les photos sont excellentes et votre choix sera difficile comme celui du jury l'a été.

Elle se remplit et attend votre choix

Elle se remplit et attend votre choix

L'ouverture de l'urne se fera vendredi 3 octobre à 17h00 au Conservatoire. Les prix du Jury et du Public seront ensuite proclamés et les récompenses remises aux lauréats par Mme Khristine Foyart.

Nous pourrons ensemble prendre le verre de l'amitié et discuter de la qualité des photos, du sens artistique des photographes et surtout... de la beauté des insectes.

A bientôt

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Publié le 22 Septembre 2014

Venez nombreux et votez pour votre photo préférée en allant visiter l'exposition en plein air et en grand format qui s'ouvre le vendredi 26 septembre prochain à Pont-Sainte-Maxence.

La remise des prix du public et du jury aura lieu le vendredi 3 octobre à 17h00.

Votez pour vos photos préférées

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