Publié le 9 Juin 2016

Rappelez-vous notre précédent article "Terre de vers" paru le 17 mars.

Un ami de l'Agrion de l'Oise, Martin, avait bien voulu nous donner la permission de présenter le journal qu'il tenait de son élevage de ténébrions.

L'élevage avait été lancé le 2 janvier et nous nous étions arrêtés au 12 mars.

Voici ce qui s'est passé chez Martin du 12 mars au 17 avril.

  • 2016-03-17 : St-Patrick’s Day
    • Juste un nouveau décompte : 46 nymphes et 301 coléoptères…
    • …et encore des vers qui tardent à se transformer en nymphes,
    • Pourquoi tant de retard ?
    • Attention si dimanche ils demeurent misérables vers, ils vont passer au régime piolystyrénique (cf. article de l'Université de Stanford)
  • 2016-03-18: Un peu de rangement dans le terrarium
    • Extraction des vers récalcitrants, ils sont 46 à se faire désirer, si ça continue miam miam EPS,
    • Première observation de cannibalisme, un coléoptère en train de grignoter l’abdomen d’un de ses pairs aptères.
  • 2016-03-21: Norouz – Nouvel An Perse
    • De retour de quelques jours d'absence, pas mal de transformations et surtout 10 vers oubliés ont refait surface
    • Le décompte à ce jour : vers 46, nymphes 38, coléoptères 319
    • Ajouté au graphe le nombre de vers
    • Ecrit aux auteurs de l’article en quête d’information complémentaire sur l’article et sur les ténébrions en général, impatient de lire leurs réponses
Terre de vers (suite)
  • 2016-03-24 : Retour d'absence
    • les vers repus de flocons n’ont pas touché au polystyrène (ces étudiants de Stanford ont dû vraiment les affamer pour les tenter avec du plastique)
    • il reste 22 vers, 44 nymphes et toujours davantage de coléoptères plus ou moins vaillants
    • toujours pas de représentants visibles de la nouvelle génération, il va falloir observer avec attention.
Terre de vers (suite)
  • 2016-03-28: Lundi de Pâques
    • plus que 10 vers
    • activité reproductrice intense chez les ténébrions
Terre de vers (suite)
  • 2016-03-29: Plus que 9 vers ! Dernier ver, si je t’attrape je te mange !
  • 2016-04-02: A new generation – Satisfaction
    • Mais avant cela, un phénomène étrange, est-ce la malédiction de Rascar Capac, la tremblante du ténébrion ou la maladie du ténébrion fou ?
    • Toujours est-il que 6 ténébrions gigotent sur le dos frénétiquement sans possibilité de se calmer.
    • On les retourne sur leurs pattes, impossible de rester dans cette position tant ils tremblent, retour sur le dos à trépigner jusqu’à épuisement et la mort.
  • Pourvu que les services sanitaires n’imposent pas l’abattage du cheptel. La ruine ! On n’est pas assurés !
  • Cependant, la bonne nouvelle c’est l’apparition des premiers spécimens de la new generation.
  • Plus que 5 vers et 27 nymphes, tous les autres sont coléoptères ou ad patres (les tremblants entre autres et quelques autres à l’abdomen dévoré)
Terre de vers (suite)
  • · 2016-04-08: Réjouissons-nous !

    • Les derniers vers de la première génération se sont métamorphosés en nymphes ; 5 nymphes se préparent à devenir coléoptères.
    • D’ici quelques jours, ces nymphes passeront au stade adulte et faudra attendre encore longtemps avant d’en voir de nouvelles apparaître.
    • Les coléoptères, quant à eux, frétillent de toute part et semblent bien occupés à assurer la survie de l’espèce.
    • La nouvelle génération croît et embellit dans son beau bac dédié.
    • Il aura tout de même fallu plus de 3 mois pour venir à bout de ce premier lot de vers acquis le 2 janvier.
    • Patience et longueur de temps…
  • · 2016-04-16: Régulons-nous !

    • Non, il ne s’agit pas de réguler les naissances mais juste la température.
    • Ca y est le régulateur de température programmable est en place, il ne reste plus qu’à construire une boite isolante.
    • Il ne reste plus qu’une seule nymphe qui ne devrait pas tarder à passer du côté ténébrion de la vie.
    • Les nouveaux vers se développent joyeusement, les coléoptères se régalent de salade et de peaux de kiwi.
    • Pas de nouvelles bien sûr des chercheurs alimentant les vers avec du polystyrène.
    • En revanche, une personne de l’OPIE évoque le stress ou l’accumulation d’électricité statique sur les bords du bac en plastique comme source possible de la “tremblante” du ténébrion ; quoi qu’il en soit le phénomène se s’est pas reproduit depuis.
  • · 2016-04-17: Ca y est !

  • La dernière nymphe a rejoint ses pairs coléoptères.
  • Difficile cependant de compter les coléoptères vu leur nombre et leur mobilité.
  • Le total de 407 individus est largement surestimé compte tenu des décès déjà observés.
  • A première vue, la nature a déjà fait son office de sélection car la plupart des individus sans ailes ont déjà péri.
  • Le solde du cheptel parait assez homogène en termes de morphologie.
  • La température de consigne à 28°C
Terre de vers (suite)

A suivre

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 20 Mai 2016

Nous vous invitons à notre prochaine conférence trimestrielle

le 31 mai à 20h00 à la salle des fêtes de Rieux (rue Jean Carette à gauche de la mairie).

Cette conférence portera sur un insecte qui fait beaucoup parler de lui par les dégâts qu'il cause sur les populations d'abeilles domestiques, venant ajouter son action néfaste à celles des autres fléaux de l'insecte mellifère : pesticides, varroa, loque, monoculture, ondes électromagnétiques...

Beaucoup s'inquiètent de la prolifération de cet insecte invasif et s'interrogent sur les actions à mener pour qu'il cesse de nuire.

Notre conférencière, spécialiste des hyménoptères, établira le bilan de la situation et nous apportera le point de vue d'un organisme de référence.

Photos Jean Haxaire

Photos Jean Haxaire

Madame Claire Villemant, Maitre de Conférence au Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l'Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (UMR7205) dont les laboratoires sont au Jardin des Plantes, vous proposera

Bilan des connaissances sur l’invasion en Europe

du frelon asiatique Vespa velutina

Vespa velutina introduit en France avant 2004 est un féroce prédateur d’abeilles dont la rapide expansion menace l’apiculture européenne. La présentation portera sur la biologie de l’espèce, les caractéristiques de l’invasion et les modalités d’un éventuel contrôle.

Claire Villemant est responsable de la collection d’Hyménoptères du MNHN (guêpes, abeilles et fourmis : 1 million de spécimens). Ses recherches portent principalement sur la biodiversité des Hyménoptères parasites et sur l’invasion de Vespa velutina en France.

Elle a publié en collaboration avec le photographe Philippe Blanchot deux ouvrages sur les insectes (Portraits d’Insectes, Seuil 2004 ; Tête-à-tête avec les insectes, Seuil Jeunesse 2008).

On notera que Claire Villemant est membre de notre association depuis sa création.

Une conférence à ne surtout pas manquer

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 14 Mai 2016

illustration Pêcheur-Praticien 1870

illustration Pêcheur-Praticien 1870

Un de nos amis a retrouvé dans les vieux bouquins de sa famille, au fin fond d’un grenier poussiéreux, un petit opuscule bien sympatique : le Nouveau manuel complet du pêcheur-praticien ou les secrets, les mystères et les ruses de la pêche à la ligne dévoilés et mis à la portée de tout le monde par M. Lambert (St-Ange), amateur. On ne sait rien de plus sur cet amateur, ... éclairé il va sans dire.

page de garde

page de garde

Dans ce bréviaire, sans doute inspiré par Saint André le patron des pêcheurs et des poissonniers, paru en 1870, enrichi du fruit d’expériences journalières, nous avons découvert des lignes passionnantes sur la pêche.

Ne jamais perdre patience

Est la moitié de la science

Et que l’on ne croie pas que cette patience, qualité première du pêcheur à la ligne, puisse s’acquérir à volonté. On nait pêcheur comme l’on naît chasseur ; c’est un goût que le séjour à la campagne, sur les bords d’une rivière, peut donner et développer, il est vrai ; mais il y a une grande différence entre le pêcheur formé de cette façon et celui que ses facultés naturelles ont poussé vers cet amusement plein d’attraits.

Cet ouvrage - dont la première édition remonte à 1842 et la probablement dernière et quatrième à 1906 - allait donc nous délivrer tous les secrets de Monsieur Lambert. Mais bien entendu, je ne me suis attardé que sur les passages ayant trait aux insectes.

Après avoir présenté comment se fabriquer une bonne canne, légère, solide et flexible, monter une ligne en crin terminée en queue de rat, choisir judicieusement son hameçon, de préférence irlandais, mais fabriqué en France, Monsieur Lambert nous propose des modèles de poissons artificiels : véron – aujourd’hui nous écririons vairon - pour la pêche du brochet, ablette pour la truite. Puis il passe aux insectes artificiels :

On fabrique également des insectes artificiels pour la pêche de la truite, du dard ou vaudoise et du juerne. Ainsi que les modèles précédents, la ressemblance de ces imitations n’est pas absolue, et il faut vraiment que la voracité des poissons vienne en aide à l’habilité du pêcheur.

insectes artificiels

insectes artificiels

Puis il nous dit comment réaliser des empiles (le petit filet sur lequel on attache l’hameçon), technique qu’il est indispensable d’acquérir avant de se lancer dans la fabrication des mouches artificielles :

On peut fabriquer soi-même ces mouches avec de la soie, de la laine, et de la plume de divers oiseaux ; on leur donne ainsi à peu près l’apparence de l’insecte qu’on a voulu imiter.

mouchzes artificielles

mouchzes artificielles

Je passe sur ces mouches artificielles. Je préfère vous renvoyer vers un article plus ancien de notre blog, le mêcheur à la pouche.

Moi je préfère que nous arrêtions aujourd’hui sur les insectes en chair et en os, pardon je voulais dire les vrais, les naturels, en chair et en chitine bien évidemment. Alors portons nous à la page 36, passons les lignes de fond, à flotter ou à rouler, la confection des grelots, les bouchons plus ou moins perfectionnés, les plombées… sans oublier la trousse du pêcheur, la boite à hameçons, le plioir, le dégorgeoir, les émerillons, le panier, la boite à vers, le seau à vif, le filet à poisson, les sondes, le grappin, l’épuisette, et surtout le pliant et le parapluie à ne pas oublier.

Enfin nous arrivons aux amorces et aux esches… Admettons que nous avons convenablement amorcé la place de pêche.

On nomme escher, mettre à l’hameçon tel ou tel appât. […] On doit faire une distinction entre les esches tendres et les esches dures. Les premières tiennent peu à l’hameçon et demandent un ferrage prompt ou approprié à l’espèce de poisson. Ce sont les pâtes, les insectes [nous y voilà], les porte-faix [qui sont aussi des insectes mais le sait-il Monsieur Lambert ? probablement], les cerises, le raisin, le vif, le poisson entier ou en morceaux, etc. Les secondes résistent aux attaques du poisson, et obligent le pêcheur à sentir bien franchement ces attaques pour ferrer. Ce sont les vers rouges et le fromage de Gruyère.

Monsieur Lambert entreprend de nous faire connaître les moyens de se procurer des esches et la manière de les enferrer.

Et voilà le ver à queue que l’on trouve dans les ruisseaux d’écoulement d’urine de vache et dans les fosses à purin... excellent pour tous les poissons, mais surtout la brème et le barbillon. C’est la larve d’un diptère, le ver à queue de rat des éristales (Eristalis tenax et autres diptères syrphidae), donc proche des syrphes. Eristalis tenax est encore appelé éristale gluante ou mouche à pourceau, tout un programme. Mais sachez que cet insecte contribue à la pollinisation, ce qui rachète son environnement répugnant.

Syrphe au soleil ©RogerPuff

Syrphe au soleil ©RogerPuff

Suit le ver blanc de viande ou asticot. On peut s’en procurer soi-même dans toute viande corrompue ou avec du poisson. Je préfère vous faire grâce du mode opératoire… mais il faut l’utiliser avant qu’il passe en chrysalide que l’on appelle épine-vinette. Mais attention ce n’est pas le vinettier (Berberis vulgaris), arbuste de la famille des Berbéridacées, ni le 13ème jour du mois de Fructidor.... C’est la pupe de la mouche, qui effectivement ressemble un peu en forme, taille et couleur à la graine de l’arbuste. Je vous renvoie aux sites spécialisés. Ceci dit la pupe serait excellente pour la pêche au gardon. Ajoutons que les asticots mêlés à du crottin de cheval constituent une excellente amorce pour tout type de pêche. Monsieur Lambert en revanche ne nous dit encore rien de l’usage des mouches susceptibles d’éclore.

Les vers de terre, de terreau et de fumier, dits vers rouges, n’ont rien à voir avec l’entomologie. Laissons-les de côté. Car voici le paragraphe qui nous intéresse au premier chef.

Chenilles, papillons, hannetons, mouches vives, cocon de ver à soie.

Ces insectes, aussitôt qu’ils paraissent, servent à la pêche des poissons de surface ; la chenille velue est venimeuse pour le pêcheur, les chenilles sans poils sont préférables ; mais comme les velues sont les premières, on s’en sert au printemps. On les trouve facilement sur l’écorce des ormes, sur les routes. On pêche avec cette esche, à la plume au coup, le petit et le moyen juerne ; avec les papillons et les hannetons, on pêche, sans plume de surface, le gros juerne, le dard, et quelquefois la truite ; avec la mouche commune, on prend l’ablette, le petit juerne ; avec la grosse mouche, l’abeille, etc. on prend le gros juerne, le dard, etc. On les enferre du côté de la tête, le hanneton par le corselet du côté droit.

Hanneton comm ©ThierryFrayon

Hanneton comm ©ThierryFrayon

Plus loin, après les graines et les fruits, les pâtes diverses et variées, les herbes fortes (serpolet, marjolaine, absinthe, menthe, etc. et le fromage de Gruyère (fromage à pâte dure, c’est certainement plus difficile de pêcher au camembert), le pain bis et le sang caillé, les viandes cuites et crues, la chair d’hirondelle pour pêcher l’anguille (c’est scandaleux), le poisson et les crustacés, nous trouvons un récapitulatif par type d’esches. Je ne donnerai ici que les esches les plus convenables à base d’insectes :

  • Le ver blanc à queue pour tous les poissons
  • Le ver blanc de viande pour la plus grande partie
  • La chenille sans poils pour le dard, le juerne et quelquefois la truite
  • La sauterelle pour les mêmes
  • Le grillon de boulanger pour les mêmes
  • Le ver de farine pour les petits juernes, les dards, les gardons et les petits barbillons
  • La mouche commune de viande pour les mêmes
  • Les grosses mouches et abeilles pour les mêmes
La demoiselle ©RogerPuff

La demoiselle ©RogerPuff

  • La demoiselle ou mariée pour les mêmes
  • Le hanneton pour le juerne, le dard et la truite
  • Le corps des papillons pour le juerne
  • Les vers d’eau dits porte-bois, porte-faix, cher-faix, cherche-faix, etc. (bref des trichoptères) pour tous les poissons moyens
  • Le cocon de ver à soie pour le juerne, le dard et la truite
  • Le taon de couche pour l’anguille et le gros barbillon

Enfin j’ai su ce que c’était qu’un juerne en prenant connaissance du sous-chapitre Toucher du poisson dans le chapitre Pratique de la pêche :

Le juerne, juène, chevanne ou meunier attaque bien de fond au printemps ; mais l’été, à la surface, il mord si légèrement, qu’à peine on s’en aperçoit (ferrer très vite).

C’est donc un chevesne ou chevaine (Squalius cephalus), encore appelé nommé cabot (en Franche-Comté), cabouòt ou cabeda (dans l'Aveyron), meunier, dos noir, chevanne...

Quant à la vandoise ou dard, c’est le poisson le plus vif ; s’il est un peu gros, il fait des efforts à tout rompre (ménager).

La vandoise (Leuciscus leuciscus), autre poisson blanc comme le chevesne, est une espèce de poisson potamodrome d'Europe et d'Asie. Potamodrome ? Et oui, on en apprend des mots nouveaux dans ce blog, le mot vient du grec potamos, le fleuve, et dromos, courir, autrement dit qui migre uniquement dans des rivières d’eau douce

Les autres poissons cités ne posent a priori pas de problème de reconnaissance, enfin je crois.

Je passerai sur la suite de l’ouvrage qui traite de l’appétit du poisson, des effets du bruit, du ferrage (à l’insecte il faut faire vite, mais au ver blanc ne pas se presser), du temps favorable à la pêche, de l’aspect de l’eau, du choix de la place, de l’emploi du moulinet, … il y en a des pages… Le tout se conclut par un chapitre Législation et Jurisprudence avec la Loi sur le droit de pêche du 15 avril 1829 et les deux lois du 31 mai 1865 et le décret du 25 janvier 1868 – donc très récents à l’époque, ce qui justifiait sans doute une nouvelle édition.

La loi a bien dû changer depuis. Tiens, c’est même pratiquement d’hier : Le décret n°2016-417 du 7 avril 2016 modifie diverses dispositions du code de l'environnement relatives à la pêche en eau douce.On se réfèrera utilement au Code de l’Environnement et à son titre III relatif à la Pêche en eau douce et la gestion des ressources piscicoles (Article L430-1) et ses 8 chapitres. Mais ceci est une autre histoire, dans laquelle je n’ai pas l’intention de me lancer aujourd'hui.

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 29 Avril 2016

Pour la 3ème année consécutive, l'Agrion de l'Oise lance son Concours Photo "Insectes de France"

Vous pourrez envoyer vos photos à partir du 1er mai et cette fois-ci avec 15 jours de délai supplémentaire : la clôture des envois se fera le 31 août à minuit.

3ème édition de notre Concours Photo

Vous avez donc 4 mois pour faire la photo de vos rêves.

Nous l'attendons.

Ce concours - réservé aux amateurs - est gratuit sans obligation d’adhésion ou d’achat.

Deux catégories sont proposées :

  • Plus de 18 ans.
  • Jeunes moins de 18 ans

Chaque Participant pourra présenter un maximum de 3 photographies numériques.

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition prévue du 22 au 29 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement complet

Télécharger le règlement et le bordereau de participation

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 22 Avril 2016

L'Agrion de l'Oise a le plaisir de vous inviter à l'exposition "Verneuil au fil de l'eau" organisée par les Amis du Vieux Verneuil à la salle des Fêtes de Verneuil-en-Halatte du 30 avril au 8 mai 2016.

Les insectes aquatiques au fil de l'eau de Verneuil

Nous vous proposons d'y découvrir les insectes aquatiques :

- Ils appartiennent à 11 ordres, représentant environ 3800 espèces

  • éphémères
  • odonates
  • plécoptères
  • trichoptères
  • diptères
  • coléoptères
  • etc.

- Leur cycle vital s’accomplit dans deux milieux : aquatique puis aérien, sauf quelques exceptions

- Avec deux modes de développement possibles : hétérométabole ou holométaboles (passage par un état de nymphe)

Les insectes aquatiques au fil de l'eau de Verneuil

Mais il y a bien d'autres choses que nous vous invitons à découvrir dans cette exposition. Il y sera question de la rivière Oise bien sûr, mais aussi de rus, de fossés, d'étangs, de zones humides… sans oublier gué, bac, passerelle, puits, lavoirs, moulins, châteaux d'eau, réservoirs, de l'hygiène, de l'eau domestiquée… bref de l'eau sous toutes ses formes, d'anecdotes locales liées à l'eau…

Et le 3 mai à 20h30, une conférence "Enjeux et objectifs de la politique de l'eau dans l'Oise" par Cécile Jouin, responsable "politique et police de l'eau" à la Direction Départementale des Territoires de l'Oise (DDT).

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 2 Avril 2016

Le 13 décembre de l'année dernière l'Agrion de l'Oise proposait un concert "Notes d'insectes" avec lecture de textes; dont voici les premiers extraits.

Le thème était comme on peut s'en douter les insectes.

Avec des vers de Guillaume Apollinaire, voici un Bestiaire, appelé aussi le Cortège d’Orphée, paru en 1911. Ce sont 30 courts portraits d’un animal, nous n’aurons que ceux consacrés aux insectes, les illustrations sont des gravures sur bois de Raoul Dufy. Pourquoi le cortège d’Orphée, me direz-vous ? Par sa poésie et sa musique, Orphée attendrissait et charmait les bêtes féroces, les arbres et les rochers au point qu'ils se déplaçaient en cortège pour le suivre et l'écouter. Francis Poulenc et d’autres ont mis en musique certains de ces poèmes,

Pour écouter cliquer sur ce lien

Une mouche et des papillons

Mais Orphée eut d’autres aventures. Il perdit son Euridyce..

Alors donnons la parole – si j’ose dire – à Offenbach, ce compositeur autrichien, plus parisien que les Parisiens. Donc cela présage du plaisir. En effet c’est Orphée aux Enfers.

La femme d’Orphée, Eurydice (une dryade) a été, lors de leur mariage, mordue au pied par un serpent. Elle meurt et descend au royaume des Enfers. Orphée, muni de sa lyre, part à sa recherche. Mais il faut aussi compter sur Jupiter.

Voilà le fameux Duo de la Mouche (Bzz, Bzz…) et ce sont, accompagnés par Christophe Chauvet, Pascale Naud, Eurydice, et Pascal Louvain, Jupiter métamorphosé en mouche pour la séduire, deux choristes du Chœur des Aulnes, élèves de Patricia Murtas, qui se lancent en solo, pardon en duo.

Pour écouter cliquer sur ce lien

Une mouche et des papillons

Nous poursuivrons avec Camille Carpentier que nous allons entendre à la flûte traversière accompagnée par Christophe Chauvet dans une œuvre d’Ernesto Köhler. Il est né à Modène en Italie, mort à Saint-Pétersbourg, c’est un flutiste et compositeur italien, faisant partie des plus grands flutistes de l'époque Romantique.

Et le morceau est Papillon (ou Les papillons ?). Nous n’avons pas de précisions sur l’espèce, sachant qu’il y en a beaucoup, des lépidoptères, comprenant - soyons précis - entre 155 181 et 174 250 espèces décrites (dont près de 7 000 en Europe et 5 000 en France) réparties dans 126 familles et 46 super-familles.

Est-ce un hétérocère aux couleurs ternes, un papillon de nuit, ou, papillon de jour, un rhopalocère aux vives couleurs virevoltant et butinant de fleurs en fleurs, ? Je vous laisse choisir.

Au fait papillon est un joli mot dans toutes les langues, Schmetterling en allemand , butterfly en anglais, mariposa en espagnol, petalouda en grec, pillongo en hongrois, farfalla en italien, borboleta en portugais, pilpintu en quechua, babotchka en russe, etc.

Pour écouter cliquer sur le lien

Une mouche et des papillons

D'autres vidéos plus tard, qui sait ?

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 17 Mars 2016

Terre de vers

Un ami de l'Agrion de l'Oise, Martin, a bien voulu nous donner la permission de présenter le journal qu'il tient de son élevage de ténébrions.

  • 2016-01-02 : Achat de 50 grammes de vers de farine
  • 2016-01-12 : Première nymphe
  • 2016-01-19 : 2 autres nymphes
  • 2016-01-29 : Premier ténébrion
  • 2016-02-03 : Jamila le premier compagnon de Cora est arrivé, 6 nouvelles nymphes extraites.
  • 2016-02-04 : Et maintenant Minna le troisième , extraction de nymphes à prévoir dans les prochains jours, 2 semaines à attendre pour de nouveaux coléoptères.
  • 2016-02-09 : Toujours 3 coléoptères et une quinzaine de nymphes en attente de métamorphose.
  • 2016-02-13 : Ce matin, grand nettoyage, mise en place du chauffage pour un confort accru pour un métabolisme plus rapide.
Terre de vers
Terre de vers
Terre de vers

Et voilà des grillons pour remplir la maison de bruit !

les grillons

les grillons

  • 2016-02-15 : 2 nouveaux compagnons pour Cora, Jamila et Minna.
  • 2016-02-18 : 3 de plus au retour des Pays-Bas. Un d’entre eux semble blessé à l’aile droite. Des ailes ? Mais pour quoi faire ?
  • 2016-02-19 : Déjà 85 nymphes en attente de métamorphose.
comptage des nymphes

comptage des nymphes

  • 2016-02-20 : 4 nouveaux ténébrions extrait de la boite de 85 : solde 81. Déjà une douzaine de ténébrions futurs reproducteurs.
  • 2016-02-21 : Les ténébrions et les vers dans leur environnement équipé d’un humidificateur, les 81 “vieilles”nymphes dans leur refuge dédié et les plus jeunes isolées bien au chaud.
81 nymphes prêtes pour leur nouveau refuge dédié

81 nymphes prêtes pour leur nouveau refuge dédié

Terre de vers
  • 2016-02-26 : Après 5 jours d’absence, beaucoup de changements:
    • parmi les 81 nymphes, 8 sont devenues coléoptères et ont rejoint le grand terrarium
    • 95 nymphes se sont formées et ont rejoint le petit groupe de 21
    • les vers se font rares
    • A ce jour : 20 ténébrions, 189 (73 (81 – 8) + 21 + 95) nymphes de maturités diverses
  • 2016-02-28 : 2 jours d’absence et encore 29 nymphes de plus et 5 coléoptères extraits du lot de 73
  • Score : ténébrions 25, nymphes 189 – 5 + 29 = 214
  • Score: ténébrions 51, nymphes 214 – 26 + 32 = 220
  • Certains coléoptères semblent souffrir d’atrophie des ailes, à surveiller de près. Apporter un peu de sang neuf ne serait sans doute pas inutile.
  • La durée au stade de nymphes semble assez variable
  • On peut observer quelques anomalies chez certains coléoptères:
  • 2016-03-03 : de retour de la capitale, 26 nouveaux coléoptères et encore 32 nymphes en 4 jours.
  • 2016-03-04 : Les changements d’état se poursuivent. On peut observer quelques anomalies chez certaines coléoptères
Terre de vers
  • 2016-03-06 : Un peu de rangement dans les différentes boites de nymphes après beaucoup de transformations.
    • A ce jour : 45 nouveaux coléoptères soit 96 petites bêtes qui s’agitent sous les boites à oeufs et les épluchures de légumes.
    • 220 nymphes + 28 – 45 et donc 203 nymphes au total, la production baisse après un pic autour de 20 nymphes par jour, on est aujourd’hui autour de 10.
    • Le stock de vers baisse.
et les petites bêtes qui montent, qui montent

et les petites bêtes qui montent, qui montent

  • 2016-03-09: En ce jour de la Sainte-Françoise,
    • plus qu’un décompte précis, rien n’est plus parlant qu’un petit graphique,
    • un décompte tout de même, 123 nymphes et 206 coléoptères.
les courbes se sont croisées

les courbes se sont croisées

  • 2016-03-12: L’activité métamorphique en déclin rapide
    • Le décompte en ce jour : 83 nymphes, 258 coléoptères
    • mais à cela il faut soustraire quelques pertes déjà réalisées (au moins 10 nymphes et 8 coléoptères)
    • il semble que les premières pertes parmi les coléoptères concernent surtout des “coléaptères:
Terre de vers

Pas évident l'élevage de ténébrions. Bon courage ami Martin.

Nous attendons la suite avec impatience.

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 5 Mars 2016

J'ai choisi de vous faire part d'un article que j'ai trouvé au cours de mes recherches aux Archives départementales de l'Oise dans La République de l'Oise, un quotidien paraissant à Beauvais au tournant du 20ème siècle.

Nous sommes en 1905, la conférence a été donnée le lundi 19 février 1905 au Cercle laïque d’Éducation morale, une Université populaire proposant des cours et des conférences sur des sujets divers et variés.

En décembre de la même année sera adoptée la loi de séparation des églises et de l'état. Charles Darwin n'a formulé sa théorie de l'origine des espèces qu'en 1859, à peine 45 ans auparavant.

fourmis atta @RogerPuff

fourmis atta @RogerPuff

" Conférence de Monsieur Alexandre Mary

Lundi soir, M. Alexandre Mary, le jeune érudit bien connu, a fait au Cercle laïque, une Conférence des plus intéressantes et des plus curieuses sur « l’organisation sociale chez les animaux ».

En voici un résumé succinct :

Les sociétés ont pour causes déterminantes l’existence d’un milieu favorable dans lequel se réunissent en nombre plus ou moins grand, les individus ou les couples qui peuvent y trouver leur substance.

Dans ce sens, il y a même des colonies végétales. Les formes sociales adoptées par les animaux dépendent du degré d’évolution de l’espèce. A partir des êtres inférieurs, deux séries évolutives se sont formées ayant abouti, d’une part à l’homme, et de l’autre aux insectes, comme termes les plus élevées. C’est donc chez les hommes et chez les insectes que l’on doit trouver les sociétés les plus complexes, les monarchies et les républiques par exemple.

élevage de pucerons par les fourmis @JeanPierreBertrand

élevage de pucerons par les fourmis @JeanPierreBertrand

Le militarisme et la religion, fondés l’un sur l’instinct de destruction et l’autre sur un mélange d’instinct de crainte et de conservation, sont communs aux hommes et aux groupements animaux, au moins dans leur racine.

Ce dont on s’est le plus servi pour faire de l’homme un être à part est donc tout simplement une attestation flagrante de sa nature et de son origine animale.

Les auditeurs ont applaudi cette originale conférence."

N.B. article in extenso

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 18 Février 2016

Comme on commence à parler des chenilles processionnaires dans le sud de la France, j'ai retrouvé dans le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, Tome XII, édité à Paris chez Belin-Mandar en 1834 l'article chenille. Il est signé Z. Ce n'est pas Zorro, c'est certain, mais je n'ai pas pu identifier l'auteur.

Voilà ce que l'article nous dit :

"Ce nom dérive de chaîne, suivant certains étymologistes, aurait aussi pour radical le mot latin canicula, diminutif de canis, chien, à cause, dit Ménage, de la ressemblance qu’ont certaines chenilles avec de petits chiens. Le poète Antiphanes, dans l’Anthologie manuscrite, désigne la chenille sous le nom grec kuno, chienne. […] Quelle que soit la véritable origine de ce nom, sur laquelle il serait inutile de s’arrêter plus longtemps, nous ferons d’abord remarquer qu’il est fréquemment employé dans le langage usuel et dans celui de l’entomologie, branche de l’histoire naturelle qui traite des insectes. Il désigne vulgairement un insecte à plusieurs pieds, qui ronge les feuilles des arbres, et qui se change en papillon. En entomologie, on nomme ainsi les larves des insectes lépidoptères […]."

"Les chenilles sont, en général, un objet de haine pour l’économiste agriculteur, en raison des pertes qu’elles lui font éprouver. Ainsi dit-on figurément et familièrement d’une personne qui se plait à mal faire, que c’est une méchante chenille. Mais pour le physiologiste et le naturaliste philosophe, ces animaux deviennent un sujet d’observation qui leur révèle les faits les plus susceptibles d’exciter et de satisfaire leur curiosité. […]"

chenille du damier du frêne Euphydryas maturna @Thierry _Frayon

chenille du damier du frêne Euphydryas maturna @Thierry _Frayon

"Les distinctions les plus importantes à établir entre Les nombreuses espèces de chenilles doivent être fondées sur les classifications des insectes parfaits ou des lépidoptères, qui sont la forme la plus parfaite de leur organisation et leur dernier état. Les unes sont destinées à devenir des lépidoptères diurnes, les autres se transformeront en chrysalides de papillons crépusculaires ; enfin les troisième finiront par être des lépidoptères nocturnes. L’impossibilité de poursuivre ici les caractères différentiels des chenilles en suivant l’ordre des familles nous détermine à énumérer rapidement les dénominations de chenilles rases ou sans poils, chenilles à livrée (à coloration par bande), chenilles chagrinées, avec ou sans corne à l’arrière, épineuses, tuberculeuses, velues à poils courts ou ras, ou longs ; chenilles à brosse, chenilles à mamelons, les uns ras, les autres velus ou pourvus d’une corne en Y en avant ; chenilles cloportes, celles dites géomètres, arpenteuses ou arpenteuses en bâton, les semi-arpenteuses, les chenilles processionnaires, les rouleuses, les plieuses de feuille, les sociétaires et les solitaires. Toutes ces distinctions, consacrées par la nomenclature des entomologistes, sont fondées sur des caractères anatomiques et sur des particularités de mœurs dans le détail desquels nous ne devons entrer ici ; mais nous ne pouvons nous dispenser d’indiquer en quoi les chenilles nous sont nuisibles, quels sont leurs ennemis, et les ressources qu’elles fournissent à l’industrie."

chenille la Pudibonde, Calliteara pudibunda  @Elise_Chevrier

chenille la Pudibonde, Calliteara pudibunda @Elise_Chevrier

"Il est facile de se rendre raison des dégâts causés par ces animaux, en observant que la plupart se nourrissent des feuilles des végétaux, qu’il en est qui dévore les fleurs, les racines, les boutons, les graines et le bois même le plus dur, qu’ils ramollissent au moyen d’une liqueur qu’ils dégorgent, et que certaines espèces rongent nos pelleteries, nos étoffes de laine, nos draps, le cuir, la graisse, la cire er le lard. On a remarqué que plusieurs se nourrissent d’une seule matière, et qu’il en est qui attaquent diverses espèces de plantes ou d’autres substances. Ce sont donc réellement pour nous des ennemis domestiques très préjudiciables. Le sentiment de haine qu’on leur porte est donc bien fondé, et pour prévenir leurs ravages, la loi prévoit même d’écheniller en temps utile les arbres et les haies. L’homme figure donc le premier parmi les ennemis des chenilles. Les fortes gelées d’hiver, les pluies froides du printemps en font mourir une partie. Parmi les oiseaux qui leur font une guerre continuelle et en détruisent des quantités prodigieuses quand elles sont jeunes, il faut surtout compter le rossignol, la fauvette, le pinson et le moineau pendant ses nichées, pour lesquels elles sont un mets friand. Elles sont aussi la proie des grenouilles et des lézards. "

chenille du machaon Papilio machaon @Dominique_Pinaud

chenille du machaon Papilio machaon @Dominique_Pinaud

"On a encore remarqué parmi les espèces qui ne vivent pas en société deux espèces dont les individus sont capables de s’entre-manger. La punaise des bois, la guêpe, surtout la larve d’un carabe sont d’autres ennemis de ces animaux. Certaines larves se tiennent sur leur corps et les percent pour pouvoir les sucer. Enfin, les ichneumons déposent leurs œufs sous la peau des chenilles ou dans les œufs même des papillons, et leur larve dévore ainsi la chenille avant sa naissance ou la chrysalide. Pour prévenir les inconvénients de la prodigieuses fécondité de ces chenilles et de leur trop grande multiplication, la nature leur a opposé comme on voit un nombre prodigieux d’ennemis destructeurs."

Gravure de l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, montrant les étapes de la sériciculture

Gravure de l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, montrant les étapes de la sériciculture

"Mais il était réservé à l’homme de multiplier à son gré l’espèce qui lui fournit les soieries, et que l’on connait sous le nom de ver-à-soie, de retirer du corps de certaines chenilles la matière qui sert à faire des vernis admirables, et d’obtenir à l’aide de procédés ingénieux la substance soyeuse, sous forme de filaments très solides et transparents, que les pêcheurs ajoutent à l’extrémité de la ligne où se trouve l’hameçon. Ces filaments sont connus dans le commerce sous le nom de racines, et dans le midi de la France, sous celui de fils ou poils de Messine. L’idée singulière de faire avec les vernis soyeux des étoffes qui ne seraient nullement tissues a été émise. En étudiant avec soin toutes les espèces de chenilles qui pourraient être utilisées, l’industrie humaine pourra faire de nouvelles conquêtes."

Pour le moment on en est toujours au ver à soie, chenille du Bombyx du murier.

Mais pour terminer voici une annonce que j'ai dénichée dans un journal de janvier 1900, La République de l'Oise.

Des chenilles à la soie

Ou comment se passer des vers à soie, tout en restant dans les produits naturels.

Soieification : le terme n'est pas resté

En revanche la soie artificielle avait déjà été inventée quelque temps auparavant, en 1884, des chimistes français, Hilaire de Chardonnet et Auguste Delubac, qui préparaient une soie artificielle à partir de cellulose.. La viscose a été brevetée en 1892 par des anglais, Cross, Bevan et Beadle fabriquée à partir de pulpe de bois. La rayonne et la fibranne seront fabriquées à partir de fibres de viscose.

La fabrication consiste à dissoudre dans un mélange chimique des produits à base de cellulose (déchets de coton ou de tissus, sciure de bois). Puis de faire passer le mélange à travers une filière, à la sortie de laquelle on obtient des fils solidifiés. Ces produits ont eu un grand développement dans le textile et les éponges, notamment.

C'était sans doute un procédé de ce type qui était proposé sous le nom barbare de soieification par notre ingénieur-chimiste.

Mais là on est bien loin des lépidoptères...

chenille de l'écaille du seneçon Tyria jacobaeae @Françoise_VandeWiele

chenille de l'écaille du seneçon Tyria jacobaeae @Françoise_VandeWiele

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 31 Janvier 2016

C’est un extrait de l’article « Insectes » du Dictionnaire raisonné d’histoire naturelle contenant l’histoire des animaux, des végétaux et des minéraux, etc. que j’aimerais vous présenter aujourd’hui.

A l’époque un grand titre n’arrêtait pas le lecteur car je ne vous en ai donné qu’à peine le quart.

L’auteur en est Jean-Christophe Valmont de Bonmare (1731-1807), naturaliste français aux multiples titres parmi lesquels je ne retiendrai que Directeur des Cabinets d'Histoire Naturelle, de Physique, etc. de S. A. S. Monseigneur le Prince de Condé à Chantilly, poste qu’il avait accepté en 1769. L’ouvrage est paru chez Brunet à Paris et il s'agit de la « nouvelle édition revue et considérablement augmentée par l’auteur » parue en 1775.

L’ouvrage est consultable en ligne sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

L’article « Insectes » compte une quarantaine de pages. Les lignes que je vous propose sont tirées du chapitre « Ruses, ravages, armes & combats des Insectes, soit pour leur défense, soit pour leur nourriture ». J’y ai fait quelques corrections pour donner l’orthographe moderne, mais j’ai laissé les & pour la couleur locale, si j’ose dire.

hanneton commun ©Naturatopia (Thierry Frayon)

hanneton commun ©Naturatopia (Thierry Frayon)

" Tous les insectes, si l'on en excepte un très-petit nombre, sont cruels & voraces, & nuisent à tous les animaux, même à l'homme. Les Histoires sacrées & profanes font remplies d'exemples de peuples qui ont été contraints d'abandonner leur pays natal pour avoir été trop incommodés par les sauterelles, par les scorpions, par les scolopendres, ou par les punaises, les puces, les araignées, les abeilles. Le scarabée des maréchaux dégorge de toutes ses articulations une liqueur grasse & visqueuse, dont l'odeur fait enfuir tous les Insectes qui approchent de lui. Chaque espèce sait détruire à sa manière les différentes productions de la terre. Des légions de chenilles & de larves ravagent en peu de temps les prairies ; une espèce dévore les racines du houblon, une autre les fleurs, une autre perce les habits; les tipules rongent les plantes qui commencent à naître dans les campagnes ; d'autres insectes se forment dans l'intérieur des feuilles des sentiers & des galeries : les insectes appelés gribouri par les Vignerons, & la bêche, détruisent les ceps en hiver & les raisins en été ..."

charançon éperonné ©Naturatopia (Thierry Frayon)

charançon éperonné ©Naturatopia (Thierry Frayon)

"... les charançons consument les blés dans les épis ; le perce-oreille & la larve du hanneton détruisent les herbes potagères ; la chenille ravage les choux; le ver à soie les feuilles de mûrier ; la chrysomèle les asperges ; le scarabée dissèquent les peaux & les viandes. Quelques-uns qui font ordinairement remplis de différentes larves de mouches & d'insectes à étuis, n'attaquent & ne dévorent que les animaux morts, & dont les chairs commencent déjà à fermenter. Une autre espèce de scarabée, & particulièrement la vrillette, réduit en poussière les tables des maisons & les différents meubles de bois. Sa larve logée dans l'intérieur des vieux arbres, les ronge & les réduit en une espèce de tan, dans lequel elle se transforme & y bat comme une montre de poche. La mite gruge le fromage & la farine, &c. Il suffit de nommer les punaises de Paris, les tarentules de la Pouille, les scorpions d'Afrique, les cousins de la Nord-Hollande, les chiques d'Amérique, les taons de la Laponie, les grillons des cabanes des villages, les mites de la Finlande, la vermine des enfants, les cirons qui tracent des sillons dans la chair humaine, les chenilles qui désolent les arbres fruitiers, & les teignes qui rongent les étoffes. L'araignée entortille par la contexture admirable de ses fils, l'insecte qu'elle attend souvent pendant une journée pour en faire sa proie ; mais elle tombe à son tour entre les griffes de la guêpe ichneumone son ennemi capital. L'emérobe ou phryganée dans son premier âge se trouve avec les poissons ses plus cruels ennemis ; mais il se couvre tout le corps d'atomes sablonneux & de feuilles pour tromper l'avidité de ses ravisseurs : en le voyant étendu sur les eaux, on le prendrait pour un très-petit morceau de bois pourri, & non pour un animal vivant qui devient mouche sur le soir : d'autres insectes savent se raccourcir ou paraître au besoin plus grands qu'ils ne font effectivement, parce que leur corps est composé de pattes qui s'allongent en se dépliant, ou se raccourcissent en rentrant les unes sur les autres, comme faisaient les brassarts & les cuissarts dans nos anciennes armures."

punaise des céréales ©Naturatopia (Thierry Frayon)

punaise des céréales ©Naturatopia (Thierry Frayon)

" La tortue (cassida), & la chrysomèle qui a le cou comprimé, marchent sous le masque, tout couvertes de leurs excréments, pour n'être point reconnues des oiseaux : les larves des cigales bedaudes se cachent sous leur propre écume : la punaise à museau pointu a le corps tout couvert de brins de toute espèce, & pour mieux se déguiser, marche tantôt d'une façon , tantôt d'une autre, de sorte qu'à force de se masquer ainsi, de fort bel insecte qu'elle était, elle devient plus hideuse qu'une araignée.

La teigne d'où naît un phalène ou papillon nocturne, se loge dans le tissu le plus fin des tapisseries, des étoffes, même dans les peaux emplumées, afin de les ronger à son aise ; & comme elle est très-susceptible d'accroissement, elle fait élargir sa demeure aux dépens de l'étoffe. "

fourmilion ©Naturatopia (Thierry Frayon)

fourmilion ©Naturatopia (Thierry Frayon)

" Le formica-leo demeure dans le sable, vit sans boire, se contente d'une très légère nourriture, se cache dans la terre par la crainte qu'il a des oiseaux, & se tient au centre d'une petite fosse qu'il creuse dans un sable sec & mobile, & qu'il façonne en forme de cône renversé. Les fourmis qui passent par-là, tombent dans le trou & deviennent la proie de l'animal qui s'y tient caché. La mouche, malgré son vol étourdi, sa structure délicate & ses membres déliés, est destinée évidemment par la Nature à être aussi la proie du fourmilion. Ce prédateur a en partage la ruse, la force & la vigilance.

Le pou de bois, improprement appelle pou pulsateur, se tient dans le vieux bois & dans les livres ; il y entre par les trous que des vers ont faits, & y fait encore de plus grands dégâts.

Le puceron qui se nourrit de plantes est dévoré par certaines mouches : le taon détruit ces mouches : les demoiselles font la guerre aux taons, & celles-ci sont la proie des araignées ; le perroquet d'eau qui se plaît dans l'eau corrompue sert de nourriture aux moucherons, ceux-ci aux grenouilles, etc. le papillon nocturne est mangé par la chauve-souris.

La blatte, nommée kacherlacki à Surinam, court la nuit pour butiner, dévore les souliers, les habits, les viandes, & surtout le pain, dont elle ne mange que la mie. Cet animal qui croît aussi à la Martinique, y est appelé ravet ; il ronge les papiers, les livres, les tableaux & les hardes ; il gâte par ses ordures & sa mauvaise odeur tous les endroits où il se niche : comme il vole partout, & plus la nuit que le jour, il se prend dans les toiles de la grosse araignée appelée phalange. Celle-ci fond sur ces blattes d'une manière surprenante, les lie avec ses filets, & les suce de telle manière, que quand elle les quitte il ne reste plus rien que leur peau & leurs ailes bien entières, mais sèches comme du parchemin.

La vermine multiplie prodigieusement sur la tête des enfants galeux : quelques-uns prétendent qu'elle leur est avantageuse en ce qu'elle détruit le superflu des humeurs ; mais M. Bourgeois dit que loin de leur être utile, elle ne sert qu'à perpétuer la gale, & à y produire des ulcères, qui rendent la gale inguérissable tant que la vermine subsiste ; & on remarque les jours que les enfants attaqués de gale & de vermine invétérée, deviennent maigres , pâles & cacochymes ; d'ailleurs la petite quantité d'humeurs que les poux consument ne saurait leur procurer un avantage réel & sensible.

Au reste tout ceci démontre que les insectes ont presque tous des goûts exclusifs."

Après un tel étalage d’horreur et de catastrophes, il faudra qu’une autre fois vous faire connaitre l’extrait « Utilité des insectes » tout aussi captivant.

Voir les commentaires

Repost 0