Publié le 24 Août 2016

Un jugement intéressant (1903)

" Une dame M., locataire d’un appartement, boulevard de Courcelles, à Paris, demandait samedi au tribunal la résiliation de son bail, le remboursement d’un trimestre de loyer payé d’avance, et des dommages-intérêts. Elle alléguait que l’appartement était inhabitable, à raison de son invasion par les punaises.

Dans quelle proportion cette invasion s’était-elle produite ? C’est ce qu’un expert fut chargé de rechercher. Il constata, en effet, la présence d’un certain nombre de punaises, mais déclara qu’il lui était impossible de juger dans quelle mesure elles pouvaient troubler « la jouissance du locataire ».

La propriétaire s’emparant de ce rapport soutenait que les plaintes de Mme M. étaient exagérées et que, dès lors, sa demande devait être rejetée.

Punaise de lit © Wikicommons

Punaise de lit © Wikicommons

Maître L. et Maître B. ont développé respectivement les arguments des deux adversaires.

Et le tribunal a statué :

Attendu, dit son jugement, que l’expert, et cela se comprend, n’a pu fixer le chiffre auquel doit s’arrêter la tolérance de la présence des punaises dans un appartement ; qu’en effet, tel locataire habitué aux soins de la propreté sera dans l’impossibilité de jouir en paix des lieux loués, si les punaises, même en quantité minime, l’ont envahi alors que tel autre en quelque sorte vacciné par un contact journalier avec la vermine n’attache aucune importance à la présence de quelques punaises ;

Attendu d’un autre côté, que la punaise se reproduit dans les milieux qui lui sont favorables avec une rapidité excessive, qui ne permet pas à un expert d’apprécier les conditions dans lesquelles elle pourra troubler la jouissance d’un locataire ;

Mais, attendu qu’il échet de fixer en principe que la présence de punaises dans un appartement est un trouble apporté à la jouissance du locataire, qui est en droit d’exiger, en échange des loyers qu’il paie, une jouissance qui ne peut qu’être plus ou moins troublée par la présence de la vermine et la nécessité de lutter chaque jour pour s’en débarrasser.

En conséquence, il a donné gain de cause à la locataire, en prononçant la résiliation du bail, en ordonnant la restitution du loyer payé d’avance. La propriétaire est condamnée à 50 francs de dommages-intérêts.

Ce jugement intéressant pour les propriétaires, l’est encore plus pour les locataires et surtout pour les petits."

La République de l’Oise, 15 mai 1903

(Archives départementales de l’Oise)

Punaise in "Les Insectes"  Louis Figuier 1819
Punaise in "Les Insectes" Louis Figuier 1819

Voilà qui m’amène à un moment musical (enfin presque car il nous manque a musique). C’est un tout petit extrait d’une opérette de Jacques Offenbach sur un livret de Nadar et Charles Bataille (La Grande Symphonie héroïque des Punaises - 1877)

L’infortuné voyageur

[…] Ah ça ! mais vous n’avez pas de puce ici ?

La servante

De père en fils, monsieur, la maison est connue

Pour une auberge honnête et proprement tenue

(A part)

Des puces ! quelle idée a donc cet étranger ?

Les punaises d’ailleurs sont là pour les manger.

Commentaires

Il s’agissait manifestement de Cimex Lectularius, la Punaise de lit, un hémiptère, sous-ordre des Hétéroptera, de la famille des Cimicidae, parasite hématophage de l’homme et des animaux, qui se cache le jour et pique la nuit. Fléau à cette époque, elle avait disparu grâce à une meilleure hygiène des ménages et surtout aux insecticides puissants, comme le DTT. Elle reparait depuis les années 90s avec les déplacements internationaux et peut être ramenée dans une valise après un séjour dans un hôtel ici ou là, y compris dans les pays développés.

Un récent article de Sciences et Avenir (avril 2016) alertait sur le retour de cet insecte pas très sympathique. Ses piqûres indolores entraînent des démangeaisons intenses pouvant dégénérer en urticaire généralisé et des surinfections, mais il n’est pas prouvé que les bestioles transmettent parasites, virus ou bactéries.

En Amérique du Nord, New-York, Chicago, Montréal et bien d’autres métropoles les subissent. Un site Bedbugregistry répertorie même les hôtels infestés. Pour la France, c’est moins évident à investiguer, mais on sait que les interventions des services de salubrité à Paris ont manifestement augmenté.

Je n’en dirai ici pas plus et vous renvoie aux nombreux sites qui traitent plus en détails de cet insecte.

Sachez cependant que l’on compte aujourd’hui 80000 espèces d’hémiptères, dont 8000 en Europe.

Alors en voici une champêtre et estivale, nettement plus sympathique

punaise sur son herbe ©RogerPuff

punaise sur son herbe ©RogerPuff

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Publié le 12 Août 2016

Pour nous changer des insectes de France, notre amie Manon a souhaité nous parler de l’entomofaune du Costa-Rica, pays où elle est allée plusieurs fois et où elle a fait connaissance d’Alberto Mairena Roiz, un guide naturaliste photographe.

Donnons-lui la parole.

Au plus loin que je me souvienne, je me suis toujours intéressée à la biodiversité. Petite, j’aimais regarder les documentaires animaliers. Par la suite, j’ai eu la chance d’effectuer de nombreux voyages en compagnie de mes parents un peu partout dans le monde. Et ces voyages m’ont littéralement ouvert les yeux : ils m’ont permis d’entrapercevoir l’immense biodiversité qui compose notre planète et, au-delà de ça, je me suis rendu compte que cultures, traditions et nature sont liées. Il n’est pas possible de protéger une espèce ou un espace sans le soutien des locaux. Et pour bénéficier de leur aide, il nous faut les comprendre.

Il nous faut nous unir et s’écouter : le monde actuel a besoin d’idées, de projets, d’innovations…et chacun a un rôle à jouer.

Alurnus ornatus, coléoptère de la famille des Chrysomelidae ©Alberto Mairena Roiz

Alurnus ornatus, coléoptère de la famille des Chrysomelidae ©Alberto Mairena Roiz

J’ai rencontré Alberto, guide naturaliste, lors d’un de mes voyages au Costa Rica. Mes parents et moi-même étions intéressés par la richesse de la faune de Sarapiqui, zone située dans la région d’Heredia. Cette région est facile d’accès et de nombreuses randonnées sont organisées pour découvrir la nature. Nous avons eu l’occasion d’effectuer une de ces randonnées avec Alberto, qui a pu nous faire découvrir un petit échantillon de la biodiversité costaricaine.

Alberto m’a autorisée à utiliser quelques unes de ses photos pour cet article.

Un charançon Curculio (Pissodes) notatus ©Alberto Mairena Roiz

Un charançon Curculio (Pissodes) notatus ©Alberto Mairena Roiz

Mais d’abord quelques mots sur ce beau pays qui m’a conquise.

Actuellement premier pays mondial en termes d’écotourisme, le Costa Rica a pris conscience de la nécessité de préserver sa principale richesse dès 1970. Sa superficie est de 51 000 km² soit 0.03% des terres émergées du globe. Sa biodiversité avoisine les 500 000 espèces (dont 300 000 espèces d’insectes) soit 4% de la biodiversité mondiale recensée. De part sa superficie réduite et son nombre considérable d’espèces, le Costa Rica est considéré comme l’un des pays les plus concentrés en biodiversité du monde.

Sans armée, le gouvernement s’est entièrement dédié à la protection de l’environnement sous toutes ses formes et souhaite servir de modèle aux autres pays du globe. Ainsi lors de la COP 21, le président affirmait l’engagement du Costa Rica à devenir un pays neutre en carbone en 2021. De plus, il dévoilait que durant les 75 premiers jours de l’année 2015, l’intégralité de l’électricité utilisée provenait de ressources renouvelables.

Exuvie de cigale ©Alberto Mairena Roiz

Exuvie de cigale ©Alberto Mairena Roiz

Découvert le 18 septembre 1502 par Christophe Colomb, le Costa Rica abrite alors 3 tribus précolombiennes : les Chorotegas, les Borucas et les Huetares. Eblouis par l’or que porte les guerriers et sensibles à l’accueil qu’on leur réserve, les Espagnols s’imaginent avoir atteint une terre extraordinaire et la baptisent « Costa Rica » : Côte Riche. C’est en 1561 que le Costa Rica est définitivement occupé. Cependant, les Espagnols sont déçus : l’or n’est pas abondant. Loin de la Couronne espagnole et difficile d’accès, le Costa Rica est presque indépendant. C’est en 1821 qu’il rédige un pacte pour faire valoir son indépendance : il sera intégré aux Provinces Unies Centraméricaines. La totale indépendance du Costa Rica est déclarée en 1838, date à laquelle nait la nouvelle république.

Costa Rica ©costa-rica-map-carte-information-blog

Costa Rica ©costa-rica-map-carte-information-blog

Ce pays est bordé à l’ouest par l’océan Pacifique, à l’est par la Mer des Caraïbes, au nord par le Nicaragua et au sud par le Panama. Le relief du Costa Rica est traversé du nord au sud par des chaines montagneuses, pour la plupart volcaniques. Au centre de ces montagnes, la vallée centrale : 3000 km2 de terres fertiles enrichies par un climat tropical-tempéré. Elle héberge la moitié de la population du pays, dont la capitale San José, et une grande partie des cultures.

Plus de 65 % de ses frontières sont côtières. Elles regroupent des plages rocheuses et des plages de sable fin, toutes idylliques et pour la plupart, méconnues du grand public, les stations balnéaires se regroupant au centre-ouest et sud-ouest du pays.

Un papillon (famille Hepialidae ?) ©Alberto Mairena Roiz

Un papillon (famille Hepialidae ?) ©Alberto Mairena Roiz

Cinq types de climat sont à distinguer :

  • La côte caraïbe et le sud de la côte pacifique regroupent les terres basses humides. La saison sèche y est quasi absente, les pluies sont peu nombreuses et les températures peuvent varier de 25 à 35 degrés environ. Les pluies s’intensifient dès que l’on s’enfonce dans les terres.
  • Au nord-ouest, la région de Guanacaste et une partie de la province de Puntarenas se distingue par des terres basses, une saison sèche très marquée et des températures plus élevées.
  • La vallée centrale a un climat tempéré.
  • Entre 1000 m et 1500 m, la saison sèche reste encore marquée mais les températures sont plus fraiches et constantes.
  • Au-delà de 1500 m, le climat est montagneux, tel celui des Andes. La température peu descendre à 0° C à 3000 m d’altitude.

La topographie du pays ainsi que les différents climats ont permis à la biodiversité de se développer, faisant du Costa Rica l’un des plus gros réservoirs du monde en termes d’espèces.

Une estimation réalisée par INbio, Institut national de la biodiversité, donne le chiffre de 500 000 espèces, faune et flore confondues. Parmi la faune, on compte notamment 205 espèces de mammifères, 850 espèces d’oiseaux et 35 000 espèces d’insectes.

Une mouche  (diptère) ©Alberto Mairena Roiz

Une mouche (diptère) ©Alberto Mairena Roiz

Depuis 1963, date de création du premier parc national, la superficie de ces aires protégées n’a cessé de s’étendre pour atteindre actuellement 27% du territoire. Ces espaces regroupent presque tous les biotopes existants au Costa Rica : forêts caducifoliées, forêts pluvieuses, marais, mangroves, lagunes herbacées, palmeraies de marais et étendues désertiques.

Le pays compte aujourd’hui :

  • 20 parcs nationaux
  • 8 réserves biologiques
  • 27 zones protégées
  • 1 site archéologique
  • 9 réserves forestières
  • 9 refuges de la vie sylvestre

Il faut ajouter à cette liste : 5 projets privés et de multiples propriétés privées, transformés en zones protégées et aménagés pour la visite. Ces derniers ne sont officiellement pas enregistrés. Il y a également 21 réserves indiennes.

La shag carpet caterpillar, littéralement « chenille couverte d’une toison »  est la chenille de Prothysana felderi, famille des Bombycidae ©Alberto Mairena Roiz

La shag carpet caterpillar, littéralement « chenille couverte d’une toison » est la chenille de Prothysana felderi, famille des Bombycidae ©Alberto Mairena Roiz

Alberto Mairena Roiz, guide naturaliste à Chilamate Rainforest Eco Retreat, lodge destiné à l’écotourisme situé au nord du pays à Sarapiqui, et photographe amateur lors de ses temps libres, témoigne : « Notre plus grande richesse est notre nature et les habitants du pays l’ont bien compris. L’augmentation des écotouristes prouve également qu’il y a une prise de conscience mondiale. De plus en plus de gens comprennent l’importance de sauvegarder notre biodiversité ».

Une autre espèce de mouche (diptère) ©Alberto Mairena Roiz

Une autre espèce de mouche (diptère) ©Alberto Mairena Roiz

Le guide naturaliste a un réel rôle à jouer dans la prise de conscience actuelle. Il fait découvrir la biodiversité et les biotopes, sensibilise le public et apporte des exemples de gestes écologiques réalisables par tous. Alberto explique « On devient guide parce qu’on veut partager nos connaissances et montrer la beauté de notre nature. Parce qu’on aime la nature. Je suis devenu Guide naturaliste parce que j’aime la nature et que j’en avais assez de ne pas pouvoir mettre un nom sur les oiseaux que je voyais, sur les sons que j’entendais ».

Il poursuit « J’avais 13 ans et ma mère ne pouvait plus financer mes études. Des touristes venaient au lodge et curieux, je voulais discuter avec eux. J’ai donc appris l’anglais. Peu après, j’ai eu la chance de trouver un emploi au lodge en tant qu’homme à tout faire. C’est là que j’ai commencé à apprendre les bases sur la biodiversité aux côtés d’autres guides. J’ai pu reprendre mes études en cursus générale et plus tard j’ai combiné mes études à une formation environnementale à la Selva* pour devenir guide naturaliste (La Selva est un centre de renommée international dans le domaine de la recherche et de l’éducation). Cette formation, qui a duré 2 ans, m’a permis de connaitre l’intégralité de la biodiversité de ma région, mais également quelques autres espèces du Costa Rica. »

Une punaise (Hémiptère) ©Alberto Mairena Roiz

Une punaise (Hémiptère) ©Alberto Mairena Roiz

Néanmoins, le rôle du guide naturaliste n’est pas seulement de connaitre la biodiversité, il est aussi de partager avec le public : « J’ai régulièrement des groupes hétérogènes en âge avec de jeunes enfants et des personnes âgées. Je me mets alors au diapason de chacun : je répète plusieurs fois la même chose mais sous un angle différent ; mon objectif étant de toujours sensibiliser le public à son environnement ».

Et parfois, de simples règles de sécurité sont difficiles à imposer : Alberto se souvient « C’était l’une de mes premières randonnées. J’avais expliqué qu’il fallait marcher derrière moi, de sorte que je puisse identifier les dangers si danger il y avait. Dans le groupe, il y avait une petite fille que ses parents ne surveillaient pas, et qui s’obstinait à courir devant moi. A un moment donné, elle s’est mise à hurler : elle venait de rentrer de plein fouet dans la toile géante d’une araignée, Néphila Clavipes. Cette araignée peut faire des toiles allant jusqu’à 3 mètres de diamètre et vit généralement en groupe. Heureusement, leur piqure n’est pas dangereuse pour l’homme. Sur le coup je ne savais pas trop quoi faire : j’ai essayé de calmer la fillette et lui réexpliquer pourquoi il fallait que je marche devant. Cette expérience l’a définitivement calmée. »

Une araignée ©Alberto Mairena Roiz

Une araignée ©Alberto Mairena Roiz

A cause du changement climatique, le climat costaricain s’est modifié négativement. En 2015, avant la COP21, le président costaricain, Luis Guillermo Solis, décrivait les conséquences de ce changement pour le pays « Chez nous, les tremblements de terre, les ouragans, les sécheresses et les déluges, s’intensifient avec le changement climatique. Les phénomènes de « El Niño » et de « La Niña » ont des conséquences dramatiques dans une zone, victime à la fois d’abondance et de manque d’eau. ».

une mante religieuse ©Alberto Mairena Roiz

une mante religieuse ©Alberto Mairena Roiz

Et la biodiversité, elle aussi a été impactée. Alberto confirme « Depuis plusieurs mois, il m’arrive d’observer des espèces qui ne sont pas de la région. Par exemple, le colibri à crête noire (Coquette d’Hélène Lophornis helenae) : normalement c’est un oiseau qui vit en altitude et qui ne descend pas dans les vallées. »

Mais le pays reste optimiste : il avance même, lors de la COP 21, qu’il sera un pays neutre en carbone en 2021. Il dévoile également que 100% de son énergie provenait de ressources renouvelables lors des 75 premiers jours de 2016. Etonnant ? Pas vraiment …

En 2015, Elbert Duran, directeur de la communication de l’Institut Costaricain d’Electricité (ICE) se félicite : « De janvier à octobre, nous avons produit 98.7% de notre électricité à partir d’énergie renouvelable ».

En effet, actuellement, le Costa Rica compte :

  • 4 stations hydrauliques
  • 5 centrales géothermiques
  • 9 parcs éoliens
  • 1 usine expérimentale de panneaux solaires (avec au total 4300 panneaux)
Un papillon ©Alberto Mairena Roiz

Un papillon ©Alberto Mairena Roiz

Du fait de l’importante quantité de volcans, la géothermie représente une ressource énergétique importante, plus stable que l’hydraulique et l’éolien : ces dernières variant en fonction de la saison. Ainsi, en juillet 2014, l’État décide d’investir 958 millions de dollars pour développer des installations géothermiques.

Néanmoins, le Costa Rica ne souhaite pas négliger le potentiel des autres ressources : il a pour projet de construire 9 parcs éoliens d’ici 2017.

Cependant, le coût des énergies renouvelable reste supérieur à celui des énergies fossiles et le pari que s’est fixé le gouvernement pour 2021 n’est tenable que si le pays refuse le développement d’une industrie lourde ; un choix qui risque d’être perçu comme un frein à la croissance à plus ou moins long terme.

Affaire à suivre …

Manon Castaing

J’espère que vous avez apprécié ces quelques insectes costaricains et que l'article de Manon vous aura donné envie de visiter le Costa Rica.

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Publié le 31 Juillet 2016

Rappel Concours Photos 2016 (2)

J-31

Photographes amateurs, il ne vous reste plus qu'un mois pour nous envoyer vos photos d'insectes.

L'affiche que nous vous proposons ici reprend la photo d'une mante religieuse de Patrick Carliez, qui a obtenu le 2ème prix du public à notre concours 2015.

Voilà ce qu'il nous en disait :

"C'était la première fois que j'observais une femelle mante religieuse sur ce site du conservatoire. Le fond uni et marron n'est autre que le champ moissonné en bas du coteau."

Les conditions de prise de vue ont été les suivantes :

Nikon D300s, objectif 300mm f4 à f7.1, 1/320, iso 400, mesure spot ,-.03IL

Cette photo a été faite le 27/08/2014 à 15 h56 sur le lary de Fignières dans la Somme .

Vous trouverez tous les détails du concours sur notre site.

Nous attendons vos clichés, quel que soit votre équipement, nul besoin d'être un grand spécialiste, pourvu que la photo soit belle. Et n'oubliez pas le prix du jury pour les moins de 18 ans. Vous avez tous vos chances.

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Publié le 24 Juillet 2016

Nous avions laissé Martin et son élevage de ténébrions (vers de farine) le 17 avril 2016 (voir notre précédent article).

La première génération était arrivée à son terme. La deuxième prenait place.

2016-05-08 : Premières nymphes (2.2) de la nouvelle génération 2

  • Il aura suffi de 4 mois pour que la boucle soit bouclée et que les premières nymphes apparaissent,
  • 3 semaines après la transformation de la dernière de la génération précédente,
  • Un programme d’observation de la durée à l’état de nymphe sera bientôt lancé dès que j’aurai un peu de temps disponible.

2016-05-13: Et déjà les premiers coléoptères (2.3) de la génération 2.

  • Et oui, 2 coléoptères sont apparus,
  • Il va falloir se remettre à compter nos individus et avoir une idée du taux de reproduction,
  • En tout cas, le bac de vers grouillent de vers de plus en plus gros,
  • Extraction régulière de la fraction fine du bac de coléoptères où se concentrent a priori les œufs pour l’intégrer au bac de vers,
  • Constitution d’un nouveau bac pour y loger les coléoptères 2.3 et éviter le brassage des générations,
  • Mise en place d’un système de stockage tampon des nymphes pour une première évaluation sommaire des temps mini et maxi au stade de nymphes,
  • Chaque petit récipient recevra 25 nymphes, on y inscrit la date à laquelle est introduite la première nymphe, la date de retrait du premier coléoptère et celle du retrait du dernier.
  • On verra bien ce que cela donne à l’usage,
  • A suivre donc….
  • … Nous reviendrons à la génération 1.0 lorsque le dernier coléoptère 1.3 s’éteindra. Pas pour tout de suite. Le plus jeune a juste un mois.

2016-05-16: Quelques photos.

  • Les vers 2.1 se développent bien, des plus gros au plus petits à peine visibles, tout ce petit monde cohabite, grignote le pain et le chou
  • Les nymphes 2.2 se comptent par centaine dans des boites de fromages blancs de 25 unités par compartiment ( 3 dates: première nymphe introduite, permier coléoptère extrait, dernier coléoptère extrait)
Terre de vers (suite 2)
de 1.3. à 2.3;
de 1.3. à 2.3;

2016-05-22: Dimanche pluvieux après un samedi radieux à battre le pavé Lyonnais avec 800 autres contre l’abho-minable désherbant.

  • Rien de très spécial, plus de cinquante nymphes dans la zone de comptage dédiée,
  • La digestion des larves semblent produire assez d’énergie pour garde la température quasi stable autour de 28°C en compensant les pertes
  • Verrons nous un jour 1.3 aux côtés de 3.2 ?

2016-06-04:

  • Déjà plus de 200 nymphes formées et une cinquantaine de coléoptères
  • On va bientôt commencer à pouvoir retracer des courbes d’élevage et voir le temps moyen au stade de nymphe

2016-06-10: Quels voraces

  • On savait déjà que les vers mangeaient le polystyrène (cf. article Stanford)
  • Et bien ils mangent volontiers aussi la gaine plastique qui protège la sonde de température et aussi celle qui protège la résistante chauffante
  • Mieux encore, les coléoptères quant à eux se délectent d’une éponge en polyuréthane qui servait à maintenir un peu d’humidité dans le bac, il ne reste plus que le côté vert qui gratte.
  • Et tout ce petit monde croît et embellit, déjà plus de 300 nymphes comptées depuis la première apparition le 8 mai 2016.
les vers de farine mangent le polystyrène

les vers de farine mangent le polystyrène

2016-06-23: The big day

  • Enfin, 100 vers pour 13 grammes, 48 heures de jeûne et une nuit au congélateur plus tard, les voici dans la casserole
Terre de vers (suite 2)
Terre de vers (suite 2)
  • Et pendant ce temps la génération 3.1 qui montre le bout de son nez
  • Bien grossie mais bien présente la génération 3.1

Et voilà, les premiers vers de farine de l'élevage de Martin étaient dégustés

Qu'allait-il se passer ensuite ?

Martin nous a laissé 3 semaines sans nouvelles

Et la suite est arrivée pas plus tard qu'hier.

2016-07-23: Quelques nouvelles

  • Voici 3 semaines dont on pourrait penser qu’il ne s’est rien passé et bien c’est faux !
  • Une partie du troupeau se nourrit au polystyrène et semble bien se régaler !
  • Bien ficelés dans les boites, en route à travers la France, nos petits mais sont partis en vacances dans les Landes.
Terre de vers (suite 2)
  • Une petite dégustation a même été réalisée. Apéritif de biscuits salés Micronutris (achetés sur le marché de Soustons) suivi de ténébrions maison à la poêle.
  • Le cheptel a été complété avec une dizaine de ténébrions “sauvages” grâce au Conservatoire avicole , un grand merci aux propriétaires bien sympathiques qui contribuent à maintenir la biodiversité des gallinacés … et de mon élevage (à propos de poules , nous voici depuis hier responsables de 3 poules rescapés d’un élevage industriel)
Terre de vers (suite 2)
  • Étrange pic de nymphes à l’arrivée à Soustons suivi d’une semaine de baisse continue puis reprise de retour à la maison, serait-ce les trépidations de ma machine qui les mettent ainsi en branle ? Un graphe vaut mieux qu'un long discours
  • J’avais compté 1700 nymphes de la génération 2 avant le départ à Soustons, une centaine de vers mangés sur place et plus de 300 nymphes sur place, nous avons atteint au moins 2100 individus ayant déjà passé le stade de nymphes mais pas mal de pertes et d’anomalies qui conduisent à une perte non négligeable au stade adulte.
  • Comme pour la première génération, les plus faibles meurent vite; on voit en particulier un nombre important de transformation incomplète, la tête se transforme tandis que l’abdomen semble rester dans la forme de la nymphe (l’abdomen est strié et sans aile)
  • On observe aussi qu’avec l’âge les ténébrions grandissent lentement certes mais nettement ; en moyenne les coléoptères 1.3 (le plus jeune date du 17 Avril) sont plus longs que les 2.3 (le plus vieux est du 13 mai 2016)
  • Contacts avec Bill Wu à propos de la digestion des plastiques par ces drôles d’individus (cf. article Stanford)

A suivre

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Publié le 11 Juillet 2016

J- 41

L'Agrion de l'Oise vous rappelle son Concours Photo "Insectes de France" , dont c'est la 3ème édition.

L'affiche, que nous vous proposons ici, reprend la photo de Manon Deboskre, a qui le 1er Prix du Jury "moins de 18 ans" a été attribué pour sa photo "Syrphe au Point d’eau".

Dans sa présentation, Manon, alors lycéenne de 17 ans, précisait que "le syrphe reposait sur une feuille au dessus d’un point d’eau, pourchassant les autres insectes qui s’approchaient". La photo a été prise avec un Olympus Imaging le 16 juin 2013 à 16h20 dans son jardin de Nozeroy (Jura).

Syrphe au point d'eau ©Manon Debroskre

Syrphe au point d'eau ©Manon Debroskre

Les candidatures seront reçues jusqu'au 31 août à minuit.

Le jury se réunira fin septembre pour sélectionner les 24 photos qui seront exposées du 22 au 29 octobre dans la galerie marchande du Centre commercial Val d'Halatte (Leclerc) de Pont-Sainte-Maxence. C'est parmi ce choix qu'il attribuera ses prix (adultes et moins de 18 ans).

Le public sera appelé à voter dans la galerie marchande pour sa photo préférée.

Le dépouillement des votes se fera le samedi 29 octobre à partir de 16h00.

Les prix du Jury seront dévoilés et remis vers 18h00 en même temps que ceux du Public. Deux bulletins de vote seront tirés au sort et se verront remettre un prix spécial.

L'Agrion de l'Oise attend dès à présent vos candidatures et espère recevoir parmi elles les clichés de nombreux jeunes photographes de moins de 18 ans.

A vos appareils !

Voir le règlement et télécharger le bordereau d'envoi

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Publié le 29 Juin 2016

Ou mieux encore :

Innover avec les insectes

L'Agrion de l'Oise à Biomim'Expo les 1er et 2 juillet

La nature est une source d'inspiration pour l'homme que ce soit pour l'élaboration de matériaux ou la conception de procédés,

Les insectes, qui représentent le plus grand nombre d'espèces vivantes dans la nature, sont évidemment sources multiples d’inspiration.

Il était évident que l'Agrion de l'Oise devait s'intéresser au biomimétisme, autrement dit à la bioinspiration.

L'Agrion de l'Oise a déjà abordé ce sujet dans ce blog, par exemple à propos de la visionique, où comment développer un œil artificiel en s'inspirant de l’œil des mouches.

L'oeil de l'insecte inspire la visionique

L'oeil de l'insecte inspire la visionique

Ou encore comment construire un drone volant comme une libellule.

Libellule

Libellule

Le CEEBIOS (Centre européen d'excellence en biomimétisme de Senlis) organise les 1er et 2 juillet à Senlis une manifestation consacrée au biomimétisme, BIOMIM'EXPO, avec colloque scientifique et exposition .

Il y a invité l'Agrion de l'Oise, qui présentera une série de posters et des photos proposant des exemples de bioinspiration à partir des insectes :

- le déplacement : marcher, sauter, voler...

- les sens : voir, sentir,...

- la thermique: climatiser, chauffer, ...

- etc.

Venez en parler avec nous !

Pour en savoir plus sur cette grande manifestation BIOMIM'EXPO, le grand rassemblement annuel des acteurs et des parties prenantes du Biomimétisme et des approches qui s’inspirent de la Nature pour innover et créer les conditions d’un modèle de développement renouvelé et respectueux de l’environnement.

Biomim’Expo, le rendez-vous pour repenser notre modèle de développement et passer à l’économie bio-inspirée.

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Publié le 9 Juin 2016

Rappelez-vous notre précédent article "Terre de vers" paru le 17 mars.

Un ami de l'Agrion de l'Oise, Martin, avait bien voulu nous donner la permission de présenter le journal qu'il tenait de son élevage de ténébrions.

L'élevage avait été lancé le 2 janvier et nous nous étions arrêtés au 12 mars.

Voici ce qui s'est passé chez Martin du 12 mars au 17 avril.

  • 2016-03-17 : St-Patrick’s Day
    • Juste un nouveau décompte : 46 nymphes et 301 coléoptères…
    • …et encore des vers qui tardent à se transformer en nymphes,
    • Pourquoi tant de retard ?
    • Attention si dimanche ils demeurent misérables vers, ils vont passer au régime piolystyrénique (cf. article de l'Université de Stanford)
  • 2016-03-18: Un peu de rangement dans le terrarium
    • Extraction des vers récalcitrants, ils sont 46 à se faire désirer, si ça continue miam miam EPS,
    • Première observation de cannibalisme, un coléoptère en train de grignoter l’abdomen d’un de ses pairs aptères.
  • 2016-03-21: Norouz – Nouvel An Perse
    • De retour de quelques jours d'absence, pas mal de transformations et surtout 10 vers oubliés ont refait surface
    • Le décompte à ce jour : vers 46, nymphes 38, coléoptères 319
    • Ajouté au graphe le nombre de vers
    • Ecrit aux auteurs de l’article en quête d’information complémentaire sur l’article et sur les ténébrions en général, impatient de lire leurs réponses
Terre de vers (suite)
  • 2016-03-24 : Retour d'absence
    • les vers repus de flocons n’ont pas touché au polystyrène (ces étudiants de Stanford ont dû vraiment les affamer pour les tenter avec du plastique)
    • il reste 22 vers, 44 nymphes et toujours davantage de coléoptères plus ou moins vaillants
    • toujours pas de représentants visibles de la nouvelle génération, il va falloir observer avec attention.
Terre de vers (suite)
  • 2016-03-28: Lundi de Pâques
    • plus que 10 vers
    • activité reproductrice intense chez les ténébrions
Terre de vers (suite)
  • 2016-03-29: Plus que 9 vers ! Dernier ver, si je t’attrape je te mange !
  • 2016-04-02: A new generation – Satisfaction
    • Mais avant cela, un phénomène étrange, est-ce la malédiction de Rascar Capac, la tremblante du ténébrion ou la maladie du ténébrion fou ?
    • Toujours est-il que 6 ténébrions gigotent sur le dos frénétiquement sans possibilité de se calmer.
    • On les retourne sur leurs pattes, impossible de rester dans cette position tant ils tremblent, retour sur le dos à trépigner jusqu’à épuisement et la mort.
  • Pourvu que les services sanitaires n’imposent pas l’abattage du cheptel. La ruine ! On n’est pas assurés !
  • Cependant, la bonne nouvelle c’est l’apparition des premiers spécimens de la new generation.
  • Plus que 5 vers et 27 nymphes, tous les autres sont coléoptères ou ad patres (les tremblants entre autres et quelques autres à l’abdomen dévoré)
Terre de vers (suite)
  • · 2016-04-08: Réjouissons-nous !

    • Les derniers vers de la première génération se sont métamorphosés en nymphes ; 5 nymphes se préparent à devenir coléoptères.
    • D’ici quelques jours, ces nymphes passeront au stade adulte et faudra attendre encore longtemps avant d’en voir de nouvelles apparaître.
    • Les coléoptères, quant à eux, frétillent de toute part et semblent bien occupés à assurer la survie de l’espèce.
    • La nouvelle génération croît et embellit dans son beau bac dédié.
    • Il aura tout de même fallu plus de 3 mois pour venir à bout de ce premier lot de vers acquis le 2 janvier.
    • Patience et longueur de temps…
  • · 2016-04-16: Régulons-nous !

    • Non, il ne s’agit pas de réguler les naissances mais juste la température.
    • Ca y est le régulateur de température programmable est en place, il ne reste plus qu’à construire une boite isolante.
    • Il ne reste plus qu’une seule nymphe qui ne devrait pas tarder à passer du côté ténébrion de la vie.
    • Les nouveaux vers se développent joyeusement, les coléoptères se régalent de salade et de peaux de kiwi.
    • Pas de nouvelles bien sûr des chercheurs alimentant les vers avec du polystyrène.
    • En revanche, une personne de l’OPIE évoque le stress ou l’accumulation d’électricité statique sur les bords du bac en plastique comme source possible de la “tremblante” du ténébrion ; quoi qu’il en soit le phénomène se s’est pas reproduit depuis.
  • · 2016-04-17: Ca y est !

  • La dernière nymphe a rejoint ses pairs coléoptères.
  • Difficile cependant de compter les coléoptères vu leur nombre et leur mobilité.
  • Le total de 407 individus est largement surestimé compte tenu des décès déjà observés.
  • A première vue, la nature a déjà fait son office de sélection car la plupart des individus sans ailes ont déjà péri.
  • Le solde du cheptel parait assez homogène en termes de morphologie.
  • La température de consigne à 28°C
Terre de vers (suite)

A suivre

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Publié le 20 Mai 2016

Nous vous invitons à notre prochaine conférence trimestrielle

le 31 mai à 20h00 à la salle des fêtes de Rieux (rue Jean Carette à gauche de la mairie).

Cette conférence portera sur un insecte qui fait beaucoup parler de lui par les dégâts qu'il cause sur les populations d'abeilles domestiques, venant ajouter son action néfaste à celles des autres fléaux de l'insecte mellifère : pesticides, varroa, loque, monoculture, ondes électromagnétiques...

Beaucoup s'inquiètent de la prolifération de cet insecte invasif et s'interrogent sur les actions à mener pour qu'il cesse de nuire.

Notre conférencière, spécialiste des hyménoptères, établira le bilan de la situation et nous apportera le point de vue d'un organisme de référence.

Photos Jean Haxaire

Photos Jean Haxaire

Madame Claire Villemant, Maitre de Conférence au Muséum national d’Histoire naturelle, membre de l'Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (UMR7205) dont les laboratoires sont au Jardin des Plantes, vous proposera

Bilan des connaissances sur l’invasion en Europe

du frelon asiatique Vespa velutina

Vespa velutina introduit en France avant 2004 est un féroce prédateur d’abeilles dont la rapide expansion menace l’apiculture européenne. La présentation portera sur la biologie de l’espèce, les caractéristiques de l’invasion et les modalités d’un éventuel contrôle.

Claire Villemant est responsable de la collection d’Hyménoptères du MNHN (guêpes, abeilles et fourmis : 1 million de spécimens). Ses recherches portent principalement sur la biodiversité des Hyménoptères parasites et sur l’invasion de Vespa velutina en France.

Elle a publié en collaboration avec le photographe Philippe Blanchot deux ouvrages sur les insectes (Portraits d’Insectes, Seuil 2004 ; Tête-à-tête avec les insectes, Seuil Jeunesse 2008).

On notera que Claire Villemant est membre de notre association depuis sa création.

Une conférence à ne surtout pas manquer

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Publié le 14 Mai 2016

illustration Pêcheur-Praticien 1870

illustration Pêcheur-Praticien 1870

Un de nos amis a retrouvé dans les vieux bouquins de sa famille, au fin fond d’un grenier poussiéreux, un petit opuscule bien sympatique : le Nouveau manuel complet du pêcheur-praticien ou les secrets, les mystères et les ruses de la pêche à la ligne dévoilés et mis à la portée de tout le monde par M. Lambert (St-Ange), amateur. On ne sait rien de plus sur cet amateur, ... éclairé il va sans dire.

page de garde

page de garde

Dans ce bréviaire, sans doute inspiré par Saint André le patron des pêcheurs et des poissonniers, paru en 1870, enrichi du fruit d’expériences journalières, nous avons découvert des lignes passionnantes sur la pêche.

Ne jamais perdre patience

Est la moitié de la science

Et que l’on ne croie pas que cette patience, qualité première du pêcheur à la ligne, puisse s’acquérir à volonté. On nait pêcheur comme l’on naît chasseur ; c’est un goût que le séjour à la campagne, sur les bords d’une rivière, peut donner et développer, il est vrai ; mais il y a une grande différence entre le pêcheur formé de cette façon et celui que ses facultés naturelles ont poussé vers cet amusement plein d’attraits.

Cet ouvrage - dont la première édition remonte à 1842 et la probablement dernière et quatrième à 1906 - allait donc nous délivrer tous les secrets de Monsieur Lambert. Mais bien entendu, je ne me suis attardé que sur les passages ayant trait aux insectes.

Après avoir présenté comment se fabriquer une bonne canne, légère, solide et flexible, monter une ligne en crin terminée en queue de rat, choisir judicieusement son hameçon, de préférence irlandais, mais fabriqué en France, Monsieur Lambert nous propose des modèles de poissons artificiels : véron – aujourd’hui nous écririons vairon - pour la pêche du brochet, ablette pour la truite. Puis il passe aux insectes artificiels :

On fabrique également des insectes artificiels pour la pêche de la truite, du dard ou vaudoise et du juerne. Ainsi que les modèles précédents, la ressemblance de ces imitations n’est pas absolue, et il faut vraiment que la voracité des poissons vienne en aide à l’habilité du pêcheur.

insectes artificiels

insectes artificiels

Puis il nous dit comment réaliser des empiles (le petit filet sur lequel on attache l’hameçon), technique qu’il est indispensable d’acquérir avant de se lancer dans la fabrication des mouches artificielles :

On peut fabriquer soi-même ces mouches avec de la soie, de la laine, et de la plume de divers oiseaux ; on leur donne ainsi à peu près l’apparence de l’insecte qu’on a voulu imiter.

mouchzes artificielles

mouchzes artificielles

Je passe sur ces mouches artificielles. Je préfère vous renvoyer vers un article plus ancien de notre blog, le mêcheur à la pouche.

Moi je préfère que nous arrêtions aujourd’hui sur les insectes en chair et en os, pardon je voulais dire les vrais, les naturels, en chair et en chitine bien évidemment. Alors portons nous à la page 36, passons les lignes de fond, à flotter ou à rouler, la confection des grelots, les bouchons plus ou moins perfectionnés, les plombées… sans oublier la trousse du pêcheur, la boite à hameçons, le plioir, le dégorgeoir, les émerillons, le panier, la boite à vers, le seau à vif, le filet à poisson, les sondes, le grappin, l’épuisette, et surtout le pliant et le parapluie à ne pas oublier.

Enfin nous arrivons aux amorces et aux esches… Admettons que nous avons convenablement amorcé la place de pêche.

On nomme escher, mettre à l’hameçon tel ou tel appât. […] On doit faire une distinction entre les esches tendres et les esches dures. Les premières tiennent peu à l’hameçon et demandent un ferrage prompt ou approprié à l’espèce de poisson. Ce sont les pâtes, les insectes [nous y voilà], les porte-faix [qui sont aussi des insectes mais le sait-il Monsieur Lambert ? probablement], les cerises, le raisin, le vif, le poisson entier ou en morceaux, etc. Les secondes résistent aux attaques du poisson, et obligent le pêcheur à sentir bien franchement ces attaques pour ferrer. Ce sont les vers rouges et le fromage de Gruyère.

Monsieur Lambert entreprend de nous faire connaître les moyens de se procurer des esches et la manière de les enferrer.

Et voilà le ver à queue que l’on trouve dans les ruisseaux d’écoulement d’urine de vache et dans les fosses à purin... excellent pour tous les poissons, mais surtout la brème et le barbillon. C’est la larve d’un diptère, le ver à queue de rat des éristales (Eristalis tenax et autres diptères syrphidae), donc proche des syrphes. Eristalis tenax est encore appelé éristale gluante ou mouche à pourceau, tout un programme. Mais sachez que cet insecte contribue à la pollinisation, ce qui rachète son environnement répugnant.

Syrphe au soleil ©RogerPuff

Syrphe au soleil ©RogerPuff

Suit le ver blanc de viande ou asticot. On peut s’en procurer soi-même dans toute viande corrompue ou avec du poisson. Je préfère vous faire grâce du mode opératoire… mais il faut l’utiliser avant qu’il passe en chrysalide que l’on appelle épine-vinette. Mais attention ce n’est pas le vinettier (Berberis vulgaris), arbuste de la famille des Berbéridacées, ni le 13ème jour du mois de Fructidor.... C’est la pupe de la mouche, qui effectivement ressemble un peu en forme, taille et couleur à la graine de l’arbuste. Je vous renvoie aux sites spécialisés. Ceci dit la pupe serait excellente pour la pêche au gardon. Ajoutons que les asticots mêlés à du crottin de cheval constituent une excellente amorce pour tout type de pêche. Monsieur Lambert en revanche ne nous dit encore rien de l’usage des mouches susceptibles d’éclore.

Les vers de terre, de terreau et de fumier, dits vers rouges, n’ont rien à voir avec l’entomologie. Laissons-les de côté. Car voici le paragraphe qui nous intéresse au premier chef.

Chenilles, papillons, hannetons, mouches vives, cocon de ver à soie.

Ces insectes, aussitôt qu’ils paraissent, servent à la pêche des poissons de surface ; la chenille velue est venimeuse pour le pêcheur, les chenilles sans poils sont préférables ; mais comme les velues sont les premières, on s’en sert au printemps. On les trouve facilement sur l’écorce des ormes, sur les routes. On pêche avec cette esche, à la plume au coup, le petit et le moyen juerne ; avec les papillons et les hannetons, on pêche, sans plume de surface, le gros juerne, le dard, et quelquefois la truite ; avec la mouche commune, on prend l’ablette, le petit juerne ; avec la grosse mouche, l’abeille, etc. on prend le gros juerne, le dard, etc. On les enferre du côté de la tête, le hanneton par le corselet du côté droit.

Hanneton comm ©ThierryFrayon

Hanneton comm ©ThierryFrayon

Plus loin, après les graines et les fruits, les pâtes diverses et variées, les herbes fortes (serpolet, marjolaine, absinthe, menthe, etc. et le fromage de Gruyère (fromage à pâte dure, c’est certainement plus difficile de pêcher au camembert), le pain bis et le sang caillé, les viandes cuites et crues, la chair d’hirondelle pour pêcher l’anguille (c’est scandaleux), le poisson et les crustacés, nous trouvons un récapitulatif par type d’esches. Je ne donnerai ici que les esches les plus convenables à base d’insectes :

  • Le ver blanc à queue pour tous les poissons
  • Le ver blanc de viande pour la plus grande partie
  • La chenille sans poils pour le dard, le juerne et quelquefois la truite
  • La sauterelle pour les mêmes
  • Le grillon de boulanger pour les mêmes
  • Le ver de farine pour les petits juernes, les dards, les gardons et les petits barbillons
  • La mouche commune de viande pour les mêmes
  • Les grosses mouches et abeilles pour les mêmes
La demoiselle ©RogerPuff

La demoiselle ©RogerPuff

  • La demoiselle ou mariée pour les mêmes
  • Le hanneton pour le juerne, le dard et la truite
  • Le corps des papillons pour le juerne
  • Les vers d’eau dits porte-bois, porte-faix, cher-faix, cherche-faix, etc. (bref des trichoptères) pour tous les poissons moyens
  • Le cocon de ver à soie pour le juerne, le dard et la truite
  • Le taon de couche pour l’anguille et le gros barbillon

Enfin j’ai su ce que c’était qu’un juerne en prenant connaissance du sous-chapitre Toucher du poisson dans le chapitre Pratique de la pêche :

Le juerne, juène, chevanne ou meunier attaque bien de fond au printemps ; mais l’été, à la surface, il mord si légèrement, qu’à peine on s’en aperçoit (ferrer très vite).

C’est donc un chevesne ou chevaine (Squalius cephalus), encore appelé nommé cabot (en Franche-Comté), cabouòt ou cabeda (dans l'Aveyron), meunier, dos noir, chevanne...

Quant à la vandoise ou dard, c’est le poisson le plus vif ; s’il est un peu gros, il fait des efforts à tout rompre (ménager).

La vandoise (Leuciscus leuciscus), autre poisson blanc comme le chevesne, est une espèce de poisson potamodrome d'Europe et d'Asie. Potamodrome ? Et oui, on en apprend des mots nouveaux dans ce blog, le mot vient du grec potamos, le fleuve, et dromos, courir, autrement dit qui migre uniquement dans des rivières d’eau douce

Les autres poissons cités ne posent a priori pas de problème de reconnaissance, enfin je crois.

Je passerai sur la suite de l’ouvrage qui traite de l’appétit du poisson, des effets du bruit, du ferrage (à l’insecte il faut faire vite, mais au ver blanc ne pas se presser), du temps favorable à la pêche, de l’aspect de l’eau, du choix de la place, de l’emploi du moulinet, … il y en a des pages… Le tout se conclut par un chapitre Législation et Jurisprudence avec la Loi sur le droit de pêche du 15 avril 1829 et les deux lois du 31 mai 1865 et le décret du 25 janvier 1868 – donc très récents à l’époque, ce qui justifiait sans doute une nouvelle édition.

La loi a bien dû changer depuis. Tiens, c’est même pratiquement d’hier : Le décret n°2016-417 du 7 avril 2016 modifie diverses dispositions du code de l'environnement relatives à la pêche en eau douce.On se réfèrera utilement au Code de l’Environnement et à son titre III relatif à la Pêche en eau douce et la gestion des ressources piscicoles (Article L430-1) et ses 8 chapitres. Mais ceci est une autre histoire, dans laquelle je n’ai pas l’intention de me lancer aujourd'hui.

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Publié le 29 Avril 2016

Pour la 3ème année consécutive, l'Agrion de l'Oise lance son Concours Photo "Insectes de France"

Vous pourrez envoyer vos photos à partir du 1er mai et cette fois-ci avec 15 jours de délai supplémentaire : la clôture des envois se fera le 31 août à minuit.

3ème édition de notre Concours Photo

Vous avez donc 4 mois pour faire la photo de vos rêves.

Nous l'attendons.

Ce concours - réservé aux amateurs - est gratuit sans obligation d’adhésion ou d’achat.

Deux catégories sont proposées :

  • Plus de 18 ans.
  • Jeunes moins de 18 ans

Chaque Participant pourra présenter un maximum de 3 photographies numériques.

Le Jury se réunira fin septembre pour attribuer ses prix et sélectionnera les photos qui seront soumises au vote du public, à l'occasion d'une exposition prévue du 22 au 29 octobre, jour de la remise des prix.

Consultez le règlement complet

Télécharger le règlement et le bordereau de participation

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