Publié le 22 Avril 2016

L'Agrion de l'Oise a le plaisir de vous inviter à l'exposition "Verneuil au fil de l'eau" organisée par les Amis du Vieux Verneuil à la salle des Fêtes de Verneuil-en-Halatte du 30 avril au 8 mai 2016.

Les insectes aquatiques au fil de l'eau de Verneuil

Nous vous proposons d'y découvrir les insectes aquatiques :

- Ils appartiennent à 11 ordres, représentant environ 3800 espèces

  • éphémères
  • odonates
  • plécoptères
  • trichoptères
  • diptères
  • coléoptères
  • etc.

- Leur cycle vital s’accomplit dans deux milieux : aquatique puis aérien, sauf quelques exceptions

- Avec deux modes de développement possibles : hétérométabole ou holométaboles (passage par un état de nymphe)

Les insectes aquatiques au fil de l'eau de Verneuil

Mais il y a bien d'autres choses que nous vous invitons à découvrir dans cette exposition. Il y sera question de la rivière Oise bien sûr, mais aussi de rus, de fossés, d'étangs, de zones humides… sans oublier gué, bac, passerelle, puits, lavoirs, moulins, châteaux d'eau, réservoirs, de l'hygiène, de l'eau domestiquée… bref de l'eau sous toutes ses formes, d'anecdotes locales liées à l'eau…

Et le 3 mai à 20h30, une conférence "Enjeux et objectifs de la politique de l'eau dans l'Oise" par Cécile Jouin, responsable "politique et police de l'eau" à la Direction Départementale des Territoires de l'Oise (DDT).

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Publié le 2 Avril 2016

Le 13 décembre de l'année dernière l'Agrion de l'Oise proposait un concert "Notes d'insectes" avec lecture de textes; dont voici les premiers extraits.

Le thème était comme on peut s'en douter les insectes.

Avec des vers de Guillaume Apollinaire, voici un Bestiaire, appelé aussi le Cortège d’Orphée, paru en 1911. Ce sont 30 courts portraits d’un animal, nous n’aurons que ceux consacrés aux insectes, les illustrations sont des gravures sur bois de Raoul Dufy. Pourquoi le cortège d’Orphée, me direz-vous ? Par sa poésie et sa musique, Orphée attendrissait et charmait les bêtes féroces, les arbres et les rochers au point qu'ils se déplaçaient en cortège pour le suivre et l'écouter. Francis Poulenc et d’autres ont mis en musique certains de ces poèmes,

Pour écouter cliquer sur ce lien

Une mouche et des papillons

Mais Orphée eut d’autres aventures. Il perdit son Euridyce..

Alors donnons la parole – si j’ose dire – à Offenbach, ce compositeur autrichien, plus parisien que les Parisiens. Donc cela présage du plaisir. En effet c’est Orphée aux Enfers.

La femme d’Orphée, Eurydice (une dryade) a été, lors de leur mariage, mordue au pied par un serpent. Elle meurt et descend au royaume des Enfers. Orphée, muni de sa lyre, part à sa recherche. Mais il faut aussi compter sur Jupiter.

Voilà le fameux Duo de la Mouche (Bzz, Bzz…) et ce sont, accompagnés par Christophe Chauvet, Pascale Naud, Eurydice, et Pascal Louvain, Jupiter métamorphosé en mouche pour la séduire, deux choristes du Chœur des Aulnes, élèves de Patricia Murtas, qui se lancent en solo, pardon en duo.

Pour écouter cliquer sur ce lien

Une mouche et des papillons

Nous poursuivrons avec Camille Carpentier que nous allons entendre à la flûte traversière accompagnée par Christophe Chauvet dans une œuvre d’Ernesto Köhler. Il est né à Modène en Italie, mort à Saint-Pétersbourg, c’est un flutiste et compositeur italien, faisant partie des plus grands flutistes de l'époque Romantique.

Et le morceau est Papillon (ou Les papillons ?). Nous n’avons pas de précisions sur l’espèce, sachant qu’il y en a beaucoup, des lépidoptères, comprenant - soyons précis - entre 155 181 et 174 250 espèces décrites (dont près de 7 000 en Europe et 5 000 en France) réparties dans 126 familles et 46 super-familles.

Est-ce un hétérocère aux couleurs ternes, un papillon de nuit, ou, papillon de jour, un rhopalocère aux vives couleurs virevoltant et butinant de fleurs en fleurs, ? Je vous laisse choisir.

Au fait papillon est un joli mot dans toutes les langues, Schmetterling en allemand , butterfly en anglais, mariposa en espagnol, petalouda en grec, pillongo en hongrois, farfalla en italien, borboleta en portugais, pilpintu en quechua, babotchka en russe, etc.

Pour écouter cliquer sur le lien

Une mouche et des papillons

D'autres vidéos plus tard, qui sait ?

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Publié le 17 Mars 2016

Terre de vers

Un ami de l'Agrion de l'Oise, Martin, a bien voulu nous donner la permission de présenter le journal qu'il tient de son élevage de ténébrions.

  • 2016-01-02 : Achat de 50 grammes de vers de farine
  • 2016-01-12 : Première nymphe
  • 2016-01-19 : 2 autres nymphes
  • 2016-01-29 : Premier ténébrion
  • 2016-02-03 : Jamila le premier compagnon de Cora est arrivé, 6 nouvelles nymphes extraites.
  • 2016-02-04 : Et maintenant Minna le troisième , extraction de nymphes à prévoir dans les prochains jours, 2 semaines à attendre pour de nouveaux coléoptères.
  • 2016-02-09 : Toujours 3 coléoptères et une quinzaine de nymphes en attente de métamorphose.
  • 2016-02-13 : Ce matin, grand nettoyage, mise en place du chauffage pour un confort accru pour un métabolisme plus rapide.
Terre de vers
Terre de vers
Terre de vers

Et voilà des grillons pour remplir la maison de bruit !

les grillons

les grillons

  • 2016-02-15 : 2 nouveaux compagnons pour Cora, Jamila et Minna.
  • 2016-02-18 : 3 de plus au retour des Pays-Bas. Un d’entre eux semble blessé à l’aile droite. Des ailes ? Mais pour quoi faire ?
  • 2016-02-19 : Déjà 85 nymphes en attente de métamorphose.
comptage des nymphes

comptage des nymphes

  • 2016-02-20 : 4 nouveaux ténébrions extrait de la boite de 85 : solde 81. Déjà une douzaine de ténébrions futurs reproducteurs.
  • 2016-02-21 : Les ténébrions et les vers dans leur environnement équipé d’un humidificateur, les 81 “vieilles”nymphes dans leur refuge dédié et les plus jeunes isolées bien au chaud.
81 nymphes prêtes pour leur nouveau refuge dédié

81 nymphes prêtes pour leur nouveau refuge dédié

Terre de vers
  • 2016-02-26 : Après 5 jours d’absence, beaucoup de changements:
    • parmi les 81 nymphes, 8 sont devenues coléoptères et ont rejoint le grand terrarium
    • 95 nymphes se sont formées et ont rejoint le petit groupe de 21
    • les vers se font rares
    • A ce jour : 20 ténébrions, 189 (73 (81 – 8) + 21 + 95) nymphes de maturités diverses
  • 2016-02-28 : 2 jours d’absence et encore 29 nymphes de plus et 5 coléoptères extraits du lot de 73
  • Score : ténébrions 25, nymphes 189 – 5 + 29 = 214
  • Score: ténébrions 51, nymphes 214 – 26 + 32 = 220
  • Certains coléoptères semblent souffrir d’atrophie des ailes, à surveiller de près. Apporter un peu de sang neuf ne serait sans doute pas inutile.
  • La durée au stade de nymphes semble assez variable
  • On peut observer quelques anomalies chez certains coléoptères:
  • 2016-03-03 : de retour de la capitale, 26 nouveaux coléoptères et encore 32 nymphes en 4 jours.
  • 2016-03-04 : Les changements d’état se poursuivent. On peut observer quelques anomalies chez certaines coléoptères
Terre de vers
  • 2016-03-06 : Un peu de rangement dans les différentes boites de nymphes après beaucoup de transformations.
    • A ce jour : 45 nouveaux coléoptères soit 96 petites bêtes qui s’agitent sous les boites à oeufs et les épluchures de légumes.
    • 220 nymphes + 28 – 45 et donc 203 nymphes au total, la production baisse après un pic autour de 20 nymphes par jour, on est aujourd’hui autour de 10.
    • Le stock de vers baisse.
et les petites bêtes qui montent, qui montent

et les petites bêtes qui montent, qui montent

  • 2016-03-09: En ce jour de la Sainte-Françoise,
    • plus qu’un décompte précis, rien n’est plus parlant qu’un petit graphique,
    • un décompte tout de même, 123 nymphes et 206 coléoptères.
les courbes se sont croisées

les courbes se sont croisées

  • 2016-03-12: L’activité métamorphique en déclin rapide
    • Le décompte en ce jour : 83 nymphes, 258 coléoptères
    • mais à cela il faut soustraire quelques pertes déjà réalisées (au moins 10 nymphes et 8 coléoptères)
    • il semble que les premières pertes parmi les coléoptères concernent surtout des “coléaptères:
Terre de vers

Pas évident l'élevage de ténébrions. Bon courage ami Martin.

Nous attendons la suite avec impatience.

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Publié le 5 Mars 2016

J'ai choisi de vous faire part d'un article que j'ai trouvé au cours de mes recherches aux Archives départementales de l'Oise dans La République de l'Oise, un quotidien paraissant à Beauvais au tournant du 20ème siècle.

Nous sommes en 1905, la conférence a été donnée le lundi 19 février 1905 au Cercle laïque d’Éducation morale, une Université populaire proposant des cours et des conférences sur des sujets divers et variés.

En décembre de la même année sera adoptée la loi de séparation des églises et de l'état. Charles Darwin n'a formulé sa théorie de l'origine des espèces qu'en 1859, à peine 45 ans auparavant.

fourmis atta @RogerPuff

fourmis atta @RogerPuff

" Conférence de Monsieur Alexandre Mary

Lundi soir, M. Alexandre Mary, le jeune érudit bien connu, a fait au Cercle laïque, une Conférence des plus intéressantes et des plus curieuses sur « l’organisation sociale chez les animaux ».

En voici un résumé succinct :

Les sociétés ont pour causes déterminantes l’existence d’un milieu favorable dans lequel se réunissent en nombre plus ou moins grand, les individus ou les couples qui peuvent y trouver leur substance.

Dans ce sens, il y a même des colonies végétales. Les formes sociales adoptées par les animaux dépendent du degré d’évolution de l’espèce. A partir des êtres inférieurs, deux séries évolutives se sont formées ayant abouti, d’une part à l’homme, et de l’autre aux insectes, comme termes les plus élevées. C’est donc chez les hommes et chez les insectes que l’on doit trouver les sociétés les plus complexes, les monarchies et les républiques par exemple.

élevage de pucerons par les fourmis @JeanPierreBertrand

élevage de pucerons par les fourmis @JeanPierreBertrand

Le militarisme et la religion, fondés l’un sur l’instinct de destruction et l’autre sur un mélange d’instinct de crainte et de conservation, sont communs aux hommes et aux groupements animaux, au moins dans leur racine.

Ce dont on s’est le plus servi pour faire de l’homme un être à part est donc tout simplement une attestation flagrante de sa nature et de son origine animale.

Les auditeurs ont applaudi cette originale conférence."

N.B. article in extenso

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Publié le 18 Février 2016

Comme on commence à parler des chenilles processionnaires dans le sud de la France, j'ai retrouvé dans le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, Tome XII, édité à Paris chez Belin-Mandar en 1834 l'article chenille. Il est signé Z. Ce n'est pas Zorro, c'est certain, mais je n'ai pas pu identifier l'auteur.

Voilà ce que l'article nous dit :

"Ce nom dérive de chaîne, suivant certains étymologistes, aurait aussi pour radical le mot latin canicula, diminutif de canis, chien, à cause, dit Ménage, de la ressemblance qu’ont certaines chenilles avec de petits chiens. Le poète Antiphanes, dans l’Anthologie manuscrite, désigne la chenille sous le nom grec kuno, chienne. […] Quelle que soit la véritable origine de ce nom, sur laquelle il serait inutile de s’arrêter plus longtemps, nous ferons d’abord remarquer qu’il est fréquemment employé dans le langage usuel et dans celui de l’entomologie, branche de l’histoire naturelle qui traite des insectes. Il désigne vulgairement un insecte à plusieurs pieds, qui ronge les feuilles des arbres, et qui se change en papillon. En entomologie, on nomme ainsi les larves des insectes lépidoptères […]."

"Les chenilles sont, en général, un objet de haine pour l’économiste agriculteur, en raison des pertes qu’elles lui font éprouver. Ainsi dit-on figurément et familièrement d’une personne qui se plait à mal faire, que c’est une méchante chenille. Mais pour le physiologiste et le naturaliste philosophe, ces animaux deviennent un sujet d’observation qui leur révèle les faits les plus susceptibles d’exciter et de satisfaire leur curiosité. […]"

chenille du damier du frêne Euphydryas maturna @Thierry _Frayon

chenille du damier du frêne Euphydryas maturna @Thierry _Frayon

"Les distinctions les plus importantes à établir entre Les nombreuses espèces de chenilles doivent être fondées sur les classifications des insectes parfaits ou des lépidoptères, qui sont la forme la plus parfaite de leur organisation et leur dernier état. Les unes sont destinées à devenir des lépidoptères diurnes, les autres se transformeront en chrysalides de papillons crépusculaires ; enfin les troisième finiront par être des lépidoptères nocturnes. L’impossibilité de poursuivre ici les caractères différentiels des chenilles en suivant l’ordre des familles nous détermine à énumérer rapidement les dénominations de chenilles rases ou sans poils, chenilles à livrée (à coloration par bande), chenilles chagrinées, avec ou sans corne à l’arrière, épineuses, tuberculeuses, velues à poils courts ou ras, ou longs ; chenilles à brosse, chenilles à mamelons, les uns ras, les autres velus ou pourvus d’une corne en Y en avant ; chenilles cloportes, celles dites géomètres, arpenteuses ou arpenteuses en bâton, les semi-arpenteuses, les chenilles processionnaires, les rouleuses, les plieuses de feuille, les sociétaires et les solitaires. Toutes ces distinctions, consacrées par la nomenclature des entomologistes, sont fondées sur des caractères anatomiques et sur des particularités de mœurs dans le détail desquels nous ne devons entrer ici ; mais nous ne pouvons nous dispenser d’indiquer en quoi les chenilles nous sont nuisibles, quels sont leurs ennemis, et les ressources qu’elles fournissent à l’industrie."

chenille la Pudibonde, Calliteara pudibunda  @Elise_Chevrier

chenille la Pudibonde, Calliteara pudibunda @Elise_Chevrier

"Il est facile de se rendre raison des dégâts causés par ces animaux, en observant que la plupart se nourrissent des feuilles des végétaux, qu’il en est qui dévore les fleurs, les racines, les boutons, les graines et le bois même le plus dur, qu’ils ramollissent au moyen d’une liqueur qu’ils dégorgent, et que certaines espèces rongent nos pelleteries, nos étoffes de laine, nos draps, le cuir, la graisse, la cire er le lard. On a remarqué que plusieurs se nourrissent d’une seule matière, et qu’il en est qui attaquent diverses espèces de plantes ou d’autres substances. Ce sont donc réellement pour nous des ennemis domestiques très préjudiciables. Le sentiment de haine qu’on leur porte est donc bien fondé, et pour prévenir leurs ravages, la loi prévoit même d’écheniller en temps utile les arbres et les haies. L’homme figure donc le premier parmi les ennemis des chenilles. Les fortes gelées d’hiver, les pluies froides du printemps en font mourir une partie. Parmi les oiseaux qui leur font une guerre continuelle et en détruisent des quantités prodigieuses quand elles sont jeunes, il faut surtout compter le rossignol, la fauvette, le pinson et le moineau pendant ses nichées, pour lesquels elles sont un mets friand. Elles sont aussi la proie des grenouilles et des lézards. "

chenille du machaon Papilio machaon @Dominique_Pinaud

chenille du machaon Papilio machaon @Dominique_Pinaud

"On a encore remarqué parmi les espèces qui ne vivent pas en société deux espèces dont les individus sont capables de s’entre-manger. La punaise des bois, la guêpe, surtout la larve d’un carabe sont d’autres ennemis de ces animaux. Certaines larves se tiennent sur leur corps et les percent pour pouvoir les sucer. Enfin, les ichneumons déposent leurs œufs sous la peau des chenilles ou dans les œufs même des papillons, et leur larve dévore ainsi la chenille avant sa naissance ou la chrysalide. Pour prévenir les inconvénients de la prodigieuses fécondité de ces chenilles et de leur trop grande multiplication, la nature leur a opposé comme on voit un nombre prodigieux d’ennemis destructeurs."

Gravure de l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, montrant les étapes de la sériciculture

Gravure de l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, montrant les étapes de la sériciculture

"Mais il était réservé à l’homme de multiplier à son gré l’espèce qui lui fournit les soieries, et que l’on connait sous le nom de ver-à-soie, de retirer du corps de certaines chenilles la matière qui sert à faire des vernis admirables, et d’obtenir à l’aide de procédés ingénieux la substance soyeuse, sous forme de filaments très solides et transparents, que les pêcheurs ajoutent à l’extrémité de la ligne où se trouve l’hameçon. Ces filaments sont connus dans le commerce sous le nom de racines, et dans le midi de la France, sous celui de fils ou poils de Messine. L’idée singulière de faire avec les vernis soyeux des étoffes qui ne seraient nullement tissues a été émise. En étudiant avec soin toutes les espèces de chenilles qui pourraient être utilisées, l’industrie humaine pourra faire de nouvelles conquêtes."

Pour le moment on en est toujours au ver à soie, chenille du Bombyx du murier.

Mais pour terminer voici une annonce que j'ai dénichée dans un journal de janvier 1900, La République de l'Oise.

Des chenilles à la soie

Ou comment se passer des vers à soie, tout en restant dans les produits naturels.

Soieification : le terme n'est pas resté

En revanche la soie artificielle avait déjà été inventée quelque temps auparavant, en 1884, des chimistes français, Hilaire de Chardonnet et Auguste Delubac, qui préparaient une soie artificielle à partir de cellulose.. La viscose a été brevetée en 1892 par des anglais, Cross, Bevan et Beadle fabriquée à partir de pulpe de bois. La rayonne et la fibranne seront fabriquées à partir de fibres de viscose.

La fabrication consiste à dissoudre dans un mélange chimique des produits à base de cellulose (déchets de coton ou de tissus, sciure de bois). Puis de faire passer le mélange à travers une filière, à la sortie de laquelle on obtient des fils solidifiés. Ces produits ont eu un grand développement dans le textile et les éponges, notamment.

C'était sans doute un procédé de ce type qui était proposé sous le nom barbare de soieification par notre ingénieur-chimiste.

Mais là on est bien loin des lépidoptères...

chenille de l'écaille du seneçon Tyria jacobaeae @Françoise_VandeWiele

chenille de l'écaille du seneçon Tyria jacobaeae @Françoise_VandeWiele

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Publié le 31 Janvier 2016

C’est un extrait de l’article « Insectes » du Dictionnaire raisonné d’histoire naturelle contenant l’histoire des animaux, des végétaux et des minéraux, etc. que j’aimerais vous présenter aujourd’hui.

A l’époque un grand titre n’arrêtait pas le lecteur car je ne vous en ai donné qu’à peine le quart.

L’auteur en est Jean-Christophe Valmont de Bonmare (1731-1807), naturaliste français aux multiples titres parmi lesquels je ne retiendrai que Directeur des Cabinets d'Histoire Naturelle, de Physique, etc. de S. A. S. Monseigneur le Prince de Condé à Chantilly, poste qu’il avait accepté en 1769. L’ouvrage est paru chez Brunet à Paris et il s'agit de la « nouvelle édition revue et considérablement augmentée par l’auteur » parue en 1775.

L’ouvrage est consultable en ligne sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France.

L’article « Insectes » compte une quarantaine de pages. Les lignes que je vous propose sont tirées du chapitre « Ruses, ravages, armes & combats des Insectes, soit pour leur défense, soit pour leur nourriture ». J’y ai fait quelques corrections pour donner l’orthographe moderne, mais j’ai laissé les & pour la couleur locale, si j’ose dire.

hanneton commun ©Naturatopia (Thierry Frayon)

hanneton commun ©Naturatopia (Thierry Frayon)

" Tous les insectes, si l'on en excepte un très-petit nombre, sont cruels & voraces, & nuisent à tous les animaux, même à l'homme. Les Histoires sacrées & profanes font remplies d'exemples de peuples qui ont été contraints d'abandonner leur pays natal pour avoir été trop incommodés par les sauterelles, par les scorpions, par les scolopendres, ou par les punaises, les puces, les araignées, les abeilles. Le scarabée des maréchaux dégorge de toutes ses articulations une liqueur grasse & visqueuse, dont l'odeur fait enfuir tous les Insectes qui approchent de lui. Chaque espèce sait détruire à sa manière les différentes productions de la terre. Des légions de chenilles & de larves ravagent en peu de temps les prairies ; une espèce dévore les racines du houblon, une autre les fleurs, une autre perce les habits; les tipules rongent les plantes qui commencent à naître dans les campagnes ; d'autres insectes se forment dans l'intérieur des feuilles des sentiers & des galeries : les insectes appelés gribouri par les Vignerons, & la bêche, détruisent les ceps en hiver & les raisins en été ..."

charançon éperonné ©Naturatopia (Thierry Frayon)

charançon éperonné ©Naturatopia (Thierry Frayon)

"... les charançons consument les blés dans les épis ; le perce-oreille & la larve du hanneton détruisent les herbes potagères ; la chenille ravage les choux; le ver à soie les feuilles de mûrier ; la chrysomèle les asperges ; le scarabée dissèquent les peaux & les viandes. Quelques-uns qui font ordinairement remplis de différentes larves de mouches & d'insectes à étuis, n'attaquent & ne dévorent que les animaux morts, & dont les chairs commencent déjà à fermenter. Une autre espèce de scarabée, & particulièrement la vrillette, réduit en poussière les tables des maisons & les différents meubles de bois. Sa larve logée dans l'intérieur des vieux arbres, les ronge & les réduit en une espèce de tan, dans lequel elle se transforme & y bat comme une montre de poche. La mite gruge le fromage & la farine, &c. Il suffit de nommer les punaises de Paris, les tarentules de la Pouille, les scorpions d'Afrique, les cousins de la Nord-Hollande, les chiques d'Amérique, les taons de la Laponie, les grillons des cabanes des villages, les mites de la Finlande, la vermine des enfants, les cirons qui tracent des sillons dans la chair humaine, les chenilles qui désolent les arbres fruitiers, & les teignes qui rongent les étoffes. L'araignée entortille par la contexture admirable de ses fils, l'insecte qu'elle attend souvent pendant une journée pour en faire sa proie ; mais elle tombe à son tour entre les griffes de la guêpe ichneumone son ennemi capital. L'emérobe ou phryganée dans son premier âge se trouve avec les poissons ses plus cruels ennemis ; mais il se couvre tout le corps d'atomes sablonneux & de feuilles pour tromper l'avidité de ses ravisseurs : en le voyant étendu sur les eaux, on le prendrait pour un très-petit morceau de bois pourri, & non pour un animal vivant qui devient mouche sur le soir : d'autres insectes savent se raccourcir ou paraître au besoin plus grands qu'ils ne font effectivement, parce que leur corps est composé de pattes qui s'allongent en se dépliant, ou se raccourcissent en rentrant les unes sur les autres, comme faisaient les brassarts & les cuissarts dans nos anciennes armures."

punaise des céréales ©Naturatopia (Thierry Frayon)

punaise des céréales ©Naturatopia (Thierry Frayon)

" La tortue (cassida), & la chrysomèle qui a le cou comprimé, marchent sous le masque, tout couvertes de leurs excréments, pour n'être point reconnues des oiseaux : les larves des cigales bedaudes se cachent sous leur propre écume : la punaise à museau pointu a le corps tout couvert de brins de toute espèce, & pour mieux se déguiser, marche tantôt d'une façon , tantôt d'une autre, de sorte qu'à force de se masquer ainsi, de fort bel insecte qu'elle était, elle devient plus hideuse qu'une araignée.

La teigne d'où naît un phalène ou papillon nocturne, se loge dans le tissu le plus fin des tapisseries, des étoffes, même dans les peaux emplumées, afin de les ronger à son aise ; & comme elle est très-susceptible d'accroissement, elle fait élargir sa demeure aux dépens de l'étoffe. "

fourmilion ©Naturatopia (Thierry Frayon)

fourmilion ©Naturatopia (Thierry Frayon)

" Le formica-leo demeure dans le sable, vit sans boire, se contente d'une très légère nourriture, se cache dans la terre par la crainte qu'il a des oiseaux, & se tient au centre d'une petite fosse qu'il creuse dans un sable sec & mobile, & qu'il façonne en forme de cône renversé. Les fourmis qui passent par-là, tombent dans le trou & deviennent la proie de l'animal qui s'y tient caché. La mouche, malgré son vol étourdi, sa structure délicate & ses membres déliés, est destinée évidemment par la Nature à être aussi la proie du fourmilion. Ce prédateur a en partage la ruse, la force & la vigilance.

Le pou de bois, improprement appelle pou pulsateur, se tient dans le vieux bois & dans les livres ; il y entre par les trous que des vers ont faits, & y fait encore de plus grands dégâts.

Le puceron qui se nourrit de plantes est dévoré par certaines mouches : le taon détruit ces mouches : les demoiselles font la guerre aux taons, & celles-ci sont la proie des araignées ; le perroquet d'eau qui se plaît dans l'eau corrompue sert de nourriture aux moucherons, ceux-ci aux grenouilles, etc. le papillon nocturne est mangé par la chauve-souris.

La blatte, nommée kacherlacki à Surinam, court la nuit pour butiner, dévore les souliers, les habits, les viandes, & surtout le pain, dont elle ne mange que la mie. Cet animal qui croît aussi à la Martinique, y est appelé ravet ; il ronge les papiers, les livres, les tableaux & les hardes ; il gâte par ses ordures & sa mauvaise odeur tous les endroits où il se niche : comme il vole partout, & plus la nuit que le jour, il se prend dans les toiles de la grosse araignée appelée phalange. Celle-ci fond sur ces blattes d'une manière surprenante, les lie avec ses filets, & les suce de telle manière, que quand elle les quitte il ne reste plus rien que leur peau & leurs ailes bien entières, mais sèches comme du parchemin.

La vermine multiplie prodigieusement sur la tête des enfants galeux : quelques-uns prétendent qu'elle leur est avantageuse en ce qu'elle détruit le superflu des humeurs ; mais M. Bourgeois dit que loin de leur être utile, elle ne sert qu'à perpétuer la gale, & à y produire des ulcères, qui rendent la gale inguérissable tant que la vermine subsiste ; & on remarque les jours que les enfants attaqués de gale & de vermine invétérée, deviennent maigres , pâles & cacochymes ; d'ailleurs la petite quantité d'humeurs que les poux consument ne saurait leur procurer un avantage réel & sensible.

Au reste tout ceci démontre que les insectes ont presque tous des goûts exclusifs."

Après un tel étalage d’horreur et de catastrophes, il faudra qu’une autre fois vous faire connaitre l’extrait « Utilité des insectes » tout aussi captivant.

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Publié le 9 Janvier 2016

Il y a 41 ans que la Réserve de biosphère du papillon Monarque a été découverte au Mexique. C'est ce que m'a dit Google ce matin. Cette réserve permet de protéger les aires d'hivernage du Monarque. Le site est reconnu par l'UNESCO depuis 2008 et appartient à présent au patrimoine mondial de l'humanité.

Le Monarque (Danaus plexippus), ce magnifique papillon avec ses 12 cm d'envergure est un migrateur, qui parcourt jusqu'à 4000 kilomètres entre le Canada et la Mexique, deux fois par an, d'août à octobre vers le sud et au printemps vers le nord. en groupes de millions d'individus.

Je profite de cet anniversaire pour montrer le petit jardin à papillons (baptisé Oasis pour les Monarques) où le Monarque règne sur une cour de lépidoptères variés à l'insectarium de Montréal. On peut y contempler le roi des papillons les yeux dans les yeux, ce que j'ai eu le plaisir de faire l'été 2014.

Le Monarque à l'honneur aujourd'hui
Le Monarque à l'honneur aujourd'hui
Le Monarque à l'honneur aujourd'hui
Le Monarque à l'honneur aujourd'hui
Le Monarque à l'honneur aujourd'hui

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Publié le 6 Janvier 2016

En ce début janvier, l'Agrion de l'Oise, son Président et son Conseil d'Administration, souhaitent à tous les adhérents et les sympathisants une excellente année.2016.

Que cette année vous apporte Joie, Santé, Bonheur, Solidarité et Paix.

Que 2016 soit une année favorable à la biodiversité et au développement durable.

Que des efforts soient enfin faits pour juguler le changement climatique.

Que les abeilles aient de vrais hivers pour se reposer un peu (valable aussi pour d'autres insectes pas forcément aussi sympathiques)

Que les étés ne soient pas caniculaires pour que les insectes ,ne se cachent pas trop et qu'ils puissent être photographiés

Que moustique-tigre, frelon asiatique et autres fléaux ravageurs nous laissent un peu de répit.

Que... Bref qu'humains et insectes vivent en parfaite harmonie.

Mais là je rêve sans doute un peu...

Que pour l'Agrion de l'Oise - qui vole à tire d'ailes malgré la mise en suspension du projet d'insectarium - l'année soit pleine d'activités sympathiques et amicales, comme conférences, concours photos, expositions, promenades entomologiques, etc. .

Vous en saurez plus après notre Assemblée générale qui aura lieu le mercredi 9 mars à Verneuil-en-Halatte (lieu à confirmer).

Les Vœux 2016 de l'Agrion de l'Oise

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Publié le 20 Décembre 2015

Et voilà le concert est pour 16h30.

Les dernières réservations ont été prises à 13h00. La salle est quasi pleine. Il reste peut-être encore 25 places…

Le Chœur des Aulnes devant l‘Abbaye royale du Moncel.

Le Chœur des Aulnes devant l‘Abbaye royale du Moncel.

Les spectateurs arrivent dès 15h45. Le contrôle est sévère.

La salle se remplit rapidement.

La salle se remplit rapidement.

Quelques personnes n’ayant pas réservé pourront rentrer. D’autres seront obligées de renoncer. La salle est pleine, plus une seule chaise. Heureusement que le pianiste a son tabouret…

La prochaine fois, si l’Agrion refait un concert, il faudra faire attention de réserver en temps voulu.

Pourquoi un tel succès ? Certainement l’attrait du site prestigieux de l’Abbaye royale du Moncel, la qualité des intervenants, la bonne communication dans les journaux locaux et sur des sites internet, une belle affiche, la gratuité et c’est sûr … la curiosité : comment peut-on proposer un concert sur le thème des insectes ?

D’emblée une fois les derniers sièges occupés par des personnes encore debout les 42 choristes du Chœur des Aulnes, chorale de Verneuil-en-Halatte, prennent possession de la scène. Pas de pupitres, pas de partitions. Béatrice Flores Garcia donne les notes au piano, se plante devant les choristes.

Un insectarium en musique et autres notes d'insectes

Elle Grillo éclate.

C’est un chant en italien composé par Josquin des Près, musicien de la Renaissance, né dans l’Aisne en Picardie, ayant vécu en Italie, musicien de la cour du roi Louis XII, puis maître de chapelle de la basilique royale de Saint-Quentin, mort à Condé-sur-Escaut dans le Nord-Pas-de-Calais. Le régional de l’étape en ce jour de 2ème tour d’élections régionales. Son grillon ne fait pas comme les autres oiseaux qui vont de branche en branche, lui reste en place dans la chaleur du jour et chante longuement et amoureusement.

La suite, ce sera Claude Le Jeune, né à Valenciennes, protestant, musicien du bon roi Henri IV, donc probablement passé dans le château de Verneuil-en-Halatte, construit par Salomon de Brosse que le roi avait offert à sa maîtresse, la belle Henriette de Balzac d’Entragues.

C’est Une Puce que j’ai dedans l’oreille, chanté en vieuss frânessouaise (vieux français si vous préférez). Avoir la puce à l’oreille jusqu’au 16ème siècle signifiait avoir du désir pour quelqu’un. Autant vous dire que c’est un chant d’amour très amusant. Le mal est bien ancré « Nul remède n’y puis donner ».

Annie Dauny, la conteuse

Annie Dauny, la conteuse

Elle vient nous parler elle aussi du chant du grillon sur un texte de Jean-Henri Fabre. Et oui 2015 est l’année du centenaire de la mort de notre grand entomologiste national, né près de Millau là où se trouve aujourd’hui Micropolis, l’insectarium que nous aurions aimé concurrencer ici, décédé à l’Harmas, sa propriété à quelques pas d’Orange, aujourd’hui jardin musée dépendant du Museum national d’Histoire naturelle. Fabre est mondialement connu, les japonais apprennent le français dans ses Souvenirs entomologiques, dont a été extrait ce grillon.

Un insectarium en musique et autres notes d'insectes

Le maître de cérémonie – sur lequel nous passerons rapidement puisque c’est lui qui écrit ici – entre alors en scène pour présenter les chants et les paroles que le public vient d’entendre, pour remercier le public venu nombreux et annoncer le morceau suivant.

Christophe Chauvet au piano et Corinne Zelmann au violon

Christophe Chauvet au piano et Corinne Zelmann au violon

La jeune Corinne Zelmann, élève de Pierre Cesmat, accompagnée par Christophe Chauvet, évoque la danse des libellules (Libellentanz), mais peut-être s’agit-il plutôt des demoiselles ? Cela serait trop long d’expliquer au public la différence entre anisoptères et zygoptères. La pièce est d’Oscar Rieding violoniste et compositeur allemand né en Poméranie, aujourd’hui en Pologne, passé par Vienne et mort en Slovénie en 1918. Un exemple typique de la Mitteleuropa. Ses œuvres les plus connues sont des concertos pour violon, composées pour progresser dans l'apprentissage de l’instrument.

La pièce suivante tient particulièrement à cœur à L’Agrion de l’Oise, l’association dite des Amis de l’Insectarium, car ce n’est autre que l’Insektarium de Rued Langgaard, organiste et compositeur danois mort en 1952.

Christophe Chauvet

Christophe Chauvet

Christophe Chauvet donne quelques éclaircissements sur la pièce qu’il va interpréter au piano, pièce rarement jouée qu’il a déniché pour ce concert. C’est une série de 9 courts morceaux écrits en 1917, et d’une modernité surprenante, nécessitant une virtuosité particulière avec des effets comme de frapper sur le couvercle du piano avec les doigts ou faire des glissandos directement sur les cordes du piano. Rued Langgard est un compositeur oublié après sa mort et cette pièce, jouée pour le première fois en 1977, n’a été imprimée qu’en 1993.

Forficula auricularia, Libellula depressa, … etc. Rien que des insectes de nos latitudes où l’on reconnait un hanneton, une tipule, un moustique bien de chez nous mais tout de même un intrus. Je vous le donne en mille : un mille-pattes. Les enfants du public l’ont repéré. C’est en fait un iule, un myriapode diplopode de l'ordre des Julida. Et oui les insectes n’ont que 6 pattes, une tête, un thorax, un abdomen et 2 antennes, tous les enfants le savent parfaitement.

Christphe Chauvet au piano

Christphe Chauvet au piano

Nous avons donc à défaut d’un insectarium en dur, un insectarium virtuel en musique, un bien bel insectarium que le public et les choristes ont le plaisir de découvrir.

C’est le temps des concerts de Noël. Le Chœur des Aulnes donne pour suivre une pièce extraite du Bestiaire de Noël de Thierry Machuel, compositeur né en 1962 à Paris, qui se consacre à l’art choral. En littérature, un bestiaire désigne un manuscrit du Moyen Âge regroupant des fables et des moralités sur les "bêtes", animaux réels ou imaginaires. Par extension, on appelle bestiaire une œuvre consacrée aux bêtes. Voyons ce que Thierry Machuel dit du sien :

Écrite pour mon père, à l'intention de sa chorale paroissiale, ce Bestiaire de Noël est une suite joyeuse de courts tableaux, où l'on découvre les pensées secrètes et inattendues d'animaux aussi divers qu'un chien, une araignée, une puce, un escargot, etc. Les sentiments humains, bien sûr, apparaissent derrière ces portraits malicieux, auxquels j'ai ajouté des mots en grec ou en latin tirés de la l'Ordinaire de la Messe, histoire de montrer que si les bêtes sont admises, elles aussi, à saluer la naissance de leur Créateur, alors, elles peuvent bien participer au banquet de la Sainte Liturgie....

C’est bien sûr de la Puce qu’il s’agit, Celle-ci logée dans les pans de la houppelande probablement d’un berger de la crèche, demande - implorante à ce que les peintres de Hollande la représentent dans leurs tableaux. Une puce encore une… Le maître de cérémonie, avant de reprendre sa place dans le chœur, espère que cela ne démange pas le public de partout.

Mais nous n’en avons pas fini des puces, en voilà encore plus, des Puces, ou plutôt des Puces savantes, cela change tout. Le maître de cérémonie ne peut pas s’empêcher, puisque tant de puces s’invitent à ce concert de donner quelques bases entomologiques au public sur ces siphonaptères ectoparasites. Il va même exagérer un peu en parlant des puces de 23 mm qui infectaient les dinosaures …

hannah Kimmes au piano

hannah Kimmes au piano

C’est Hannah Kimmes, élève de Christophe Chauvet, qui nous propose ces puces savantes. Les puces qui sautent on le sait très haut, 340 fois leur taille. Rapportée à la taille humaine une puce sauterait à la hauteur de la Tour Eiffel… mais ne lui coupez pas les pattes …

Ces puces savantes sont de Félix Le Couppey, pianiste, compositeur et professeur de musique au Conservatoire de Paris, né en 1814 à Paris, mort à Paris en 1887.

Eliott Duperrier au piano

Eliott Duperrier au piano

Après Hannah, c’est le jeune Eliott Duperrier qui s’installe au clavier, pour évoquer des fourmis, des fourmis bleues, en fait une Planète où dansent les fourmis bleues. La pièce est de Bruno Rossignol, né en 1958 à Nanterre, compositeur, chef de chœur et d’orchestre, pianiste et pédagogue. Il a été chef de chœur des spectacles de Jean-Michel Jarre. Aujourd’hui il est directeur artistique de l’ensemble instrumental de la Dordogne et du Chœur de Dordogne.

Mais le spectacle est très éclectique. Avec des vers de Guillaume Apollinaire, voici à nouveau un Bestiaire. Celui-ci est aussi appelé le Cortège d’Orphée, paru en 1911. Ce sont trente courts portraits d’un animal. Nous n’aurons droit aujourd’hui bien sûr qu’à ceux consacrés aux insectes.

Pourquoi le Cortège d’Orphée direz-vous ? Par sa poésie et sa musique, Orphée attendrissait et charmait les bêtes féroces, les arbres et les rochers au point qu'ils se déplaçaient en cortège pour le suivre et l'écouter. Francis Poulenc et d’autres ont mis en musique certains de ces poèmes, mais ici ce sera la belle musique de la voix d’Annie Dauny.

Encore une puce nous dit-elle, puisque, effectivement, à côté d’une chenille, d’une mouche et d’une sauterelle nous retrouvons la damnée siphonaptère.

Orphée eut d’autres aventures. Il perdit son Euridyce…

Alors donnons la parole au grand Jacques Offenbach, ce compositeur autrichien, plus parisien que les Parisiens. Donc cela présage bien du plaisir. En effet c’est Orphée aux Enfers.

La femme d’Orphée, Eurydice (une dryade) a été, lors de leur mariage, mordue au pied par un serpent. Elle meurt et descend au royaume des Enfers. Orphée, muni de sa lyre, part à sa recherche. Mais il faut aussi compter sur Jupiter.

Le Duo de la Mouche

Le Duo de la Mouche

Pascal Louvain, Pascale Naud

Pascal Louvain, Pascale Naud

Voilà le fameux Duo de la Mouche (bzz, bzz…) et ce sont, accompagnés par Christophe Chauvet, Pascale Naud, Eurydice, et Pascal Louvain, Jupiter métamorphosé en mouche pour la séduire, deux choristes du Chœur des Aulnes, élèves de Patricia Murtas, qui se lancent en solo, pardon en duo.

Un régal. Oh le joli fredon ! Bzz, bzz, etc.

Pierre Cesmat au violon

Pierre Cesmat au violon

On aurait pu avoir le Vol du Bourdon de Rimsky-Korsakoff, mais non, ce sera celui de l’Abeille de Schubert, Franz Schubert (1808-1878), non pardon Franz Anton Schubert. Rien à voir avec le grand compositeur romantique viennois, amateur de truite meunière, Franz Schubert. Lui, nait à Dresde et part étudier à Paris, où il travaille sous le nom de François Schubert (à prononcer à la française svp avec un U pas un OU). Il retourne dans sa ville natale et jouera dans l'orchestre de la Cour. Pierre Cesmat interprète L’Abeille, son morceau le plus populaire, accompagné par Christophe Chauvet. Dans le public on n’entend pas une mouche voler.

Changeons de continent.

Nous partons pour l’Asie et ce sont les sopranes et altis du Chœur des Aulnes qui évoquent les lucioles, Hotaru en japonais. Les lucioles, des lampyridae, il y en a 2000 espèces, ce sont des coléoptères qui produisent de la lumière, grâce à une enzyme, la luciférase. C’est la bioluminescence. La nuit les femelles sans ailes, au sol, émettent une lumière verte relativement puissante et attirent les mâles ailés, eux aussi émetteurs de lumière. Chaque espèce a ses signaux bien caractéristiques. Elles sont très sensibles aux insecticides et à la pollution lumineuse. Mais attention les femelles de certaines espèces de lucioles sont cannibales. Elles s’arrangent pour imiter les signaux d’autres espèces plus petites et se font des festins de leurs mâles crédules.

Les sopranes et les altis du Choeur des Aulnes

Les sopranes et les altis du Choeur des Aulnes

Hotaru Koi est un chant traditionnel nippon. Hotaru, c’est luciole et Koi c’est amour. Juste un aperçu de la traduction (Jean Sturm, d'après l'adaptation anglaise) :

Ho, luciole, ho, en haut de ce sentier de montagne.
Regarde ! vois un millier de lanternes scintillant dans le noir, en haut de ce sentier de mont
agne.

Puis nous entendrons Camille Carpentier à la flûte traversière accompagnée par Christophe Chauvet dans une œuvre d’Ernesto Köhler. Il est né à Modène en Italie, mort à Saint-Pétersbourg, c’est un flutiste et compositeur italien, faisant partie des plus grands flutistes de l'époque Romantique.

Camille Carpentier à la flûte traversiàre

Camille Carpentier à la flûte traversiàre

Et le morceau est Papillon. Nous n’avons pas de précisions sur l’espèce, sachant qu’il y en a beaucoup, des lépidoptères, comprenant - soyons précis - entre 155 181 et 174 250 espèces décrites (dont près de 7 000 en Europe et 5 000 en France) réparties dans 126 familles et 46 super-familles.

Est-ce un hétérocère aux couleurs ternes, un papillon de nuit, ou, papillon de jour, un rhopalocère aux vives couleurs virevoltant et butinant de fleurs en fleurs ? Ce sera au public de choisir.

Au fait papillon est un joli mot dans toutes les langues, Schmetterling en allemand, butterfly en anglais, mariposa en espagnol, petalouda en grec, pillongo en hongrois, farfalla en italien, borboleta en portugais, pilpintu en quechua, babotchka en russe, etc.

Après la magie des lucioles et celle des papillons, c’est une nouvelle lecture d’Annie Dauny avec un texte déniché dans un vieil ouvrage le Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture, édité à Paris en 1837. C’est au Tome 23 un article intitulé « Insectes », rédigé par Henry Belfield-Lefèvre, un savant de l’époque connu pour ses travaux sur la galvanoplastie, rien à voir avec l’entomologie, si ce n’est pour métalliser les insectes à titre décoratif... L’article traite en cinq pages des insectes, mais Annie n’en donne ici que la conclusion très imagée.

Christophe Chauvet au piano et Pierre Cesmat au violon

Christophe Chauvet au piano et Pierre Cesmat au violon

Ce sera ensuite le Martyre des insectes, une œuvre de 1925 d’Heitor Villa-Lobos, le compositeur brésilien né et mort à Rio de Janeiro.

Villa-Lobos, plutôt pessimiste, évoque trois insectes : la cigale en hiver victime du froid (c’était avant qu’on parle de changement climatique), le ver luisant sous la clarté du jour et le papillon sous la lumière, ici forcement de nuit. Encore la question de la pollution lumineuse.

A l’origine c’est un concerto pour violon et orchestre créé en 1925, période moderniste de Villa-Lobos, mais dans cette transcription, l’orchestre fait place au piano. L’œuvre, très descriptive et suggestive, est souvent jouée par les virtuoses brésiliens, surtout pour le populaire Papillon avec son prestissimo final, le pizzicato de sa mort et le calme qui suit.

vue de la salle

vue de la salle

Et ce concert se termine avec le compositeur hongrois Bela Bartok.

Jean-Michel, à la fois trésorier du Chœur des Aulnes et de l’Agrion de l’Oise, fin lettré, les chiffres et les lettres en personne, a mis en évidence que Bela Bartok, ce compositeur et pianiste hongrois né en Autriche-Hongrie dans le Banat à Saint-Nicolas le Grand, aujourd’hui en Roumanie, mort à New York, était non seulement pionnier de l’ethnomusicologie, science qui étudie les rapports de la musique et de la société, d’où son intérêt pour les chants du folklore, mais aussi un passionné d’entomologie. Un entomo-musicologue pourrait-on dire.

Bela Bartok c’est d’abord Christophe Chauvet avec la pièce Ce que la Mouche raconte, un extrait de Mikrocosmos.

Un insectarium en musique et autres notes d'insectes

Enfin le Chœur des Aulnes, accompagné par Christophe Chauvet, termine le concert une autre œuvre de Bartok, Házasság tücsök, traduit en anglais par The Cricket’s wedding, le Mariage du criquet. En fait c’est la traduction anglaise qui dit "cricket", la traduction littérale du hongrois donne "cigale".

Un insectarium en musique et autres notes d'insectes

Ce chant du folklore hongrois, une comptine, nous raconte le mariage du criquet, un orthoptère, ou de la cigale, mais là c’est un hémiptère… avec la fille de l’araignée. Toute la gent "insecte" - creepy crawly – est invitée à la noce. Les belles familles, bugs-in-law, semblent être ravies de ce mariage mixte, un bel exemple de tolérance et d’ouverture.

Camille Carpentier, Christophe Chauvet, Roger Puff

Camille Carpentier, Christophe Chauvet, Roger Puff

Eliott Duperrier, Hannah Kimmes, Pierre Cesmat, Corinne Zelmann

Eliott Duperrier, Hannah Kimmes, Pierre Cesmat, Corinne Zelmann

Quelques choristes et Béatrice Flores Garcia à droirte, sous l’œil d’un phasme

Quelques choristes et Béatrice Flores Garcia à droirte, sous l’œil d’un phasme

Merci à notre public

Merci à notre public

Et comme dans le grillon tout est bon, le spectacle se termine par un pot de l’amitié où il est même possible de déguster quelques grillons accompagnés de ténébrions, autrement dit vers de farine, et de petits gâteaux à la farine d’insecte. Bien sûr il y a d’autres nourritures plus classiques, l’entomophagie n’étant pas encore passée dans nos mœurs.

Photo Jean-Marc Baeyaert, Céline Ardichvili

Les insectes "géants" ont été confectionnés par Christian Heusse de l'Association Opale pour les Flaneries d'Automne

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Publié le 14 Décembre 2015

Oui tout commence par la mise en place et les répétitions.

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Vendredi 11 décembre après-midi, les chaises sont installées. Il y en a 300, c’est la jauge de la grande salle de l’Abbaye royale du Moncel.

Samedi 12 décembre après-midi, il ne fait pas bien chaud.

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Le piano arrive. Déjà les insectes sont avec nous, puisque l’instrument monte les marches sur de dociles et efficaces chenilles.

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Même les coccinelles ont besoin de se réchauffer.

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Le piano est accordé, tandis que Christophe se réchauffe en faisant les cent pas, à moins que ce soit le mille-pattes, qui comme chacun sait n'est pas un insecte, mais un myriapode diplopode.

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Voilà c’est parti, Christophe est au piano et Corinne fait valser les libellules

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Là c’est une abeille que poursuivent Christophe et Pierre, à moins que ce soit l’inverse. Pour se réchauffer, rien de tel. Cela fera du bon miel.

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Et voilà que les papillons se mettent à tourbillonner au son de la flûte traversière de Camille. Il doit y en avoir un autre qui se met à danser dans son cocon.

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Mais nous avons aussi une soprane Pascale et une basse Pascal qui bourdonnent joyeusement.

Ah le joli fredon !

Annie est passée pour faire ses essais de voix. Il y a aussi Hannah qui dompte ses puces, et Eliott qui peint ses fourmis en bleu, mais le photographe avait dû s’assoupir (une mouche tsé tsé serait-elle passée ?).

Le lendemain 13 décembre dimanche matin, après une nuit de chauffe, la température est un peu plus clémente (COP 21 oblige, il ne fallait pas trop augmenter l’effet de serre).

Tout commence par des répétitions, même chez les insectes

Et c’est au tour du Chœur des Aulnes de répéter ses histoires de grillon, de criquet, de puces et autres lucioles, sous la direction de Béatrice (bee-actrice ?).

Et pendant ce temps-là, le téléphone de Roger chauffe, il n’arrête pas de sonner pour enregistrer des réservations de dernière minute.

L’après-midi, le concert sera à guichet fermé et il y aura bien des déçus…(mais on vous l’avait bien dit qu’il était conseillé de réserver. Non ?).

II fera bien chaud et les insectes creepy crawly s'en donneront à cœur joie.

Mais c'est promis, on vous racontera.

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