Publié le 6 Octobre 2015

L’Agrion de l’Oise vient tout juste de vous inviter à venir le rencontrer du 8 au 11 octobre pour la Fête de la Science 2015 à Compiègne et à Senlis, mais ce n’est pas tout.

La 2ème édition 2015 de notre concours photos « Insectes de France », lancée le 1er mai, s’est clôturée le 16 août. Le Jury s’est réuni fin août et a délibéré après avoir visionné les nombreuses photos d’excellente qualité que les photographes amateurs nous ont fait parvenir.

Venez voter pour votre photo préférée –  Concours "Insectes de France 2015"

Du samedi 10 octobre au samedi 17 octobre, l’Agrion de l’Oise expose les photos sélectionnées en format 30 x 40 dans la galerie marchande du centre commercial Val d’Halatte (Centre Leclerc) à Pont-Sainte-Maxence (Oise).

24 photos ont été sélectionnées et leurs auteurs en ont été informés. Le Jury a délibéré et fait son choix pour les Prix du Jury « Adultes » et « moins de 18 ans ». 6 photos sont donc d’ores et déjà récompensées, mais les photographes gagnants ne le savent pas encore.

Il vous appartient à présent de choisir les 3 photos qui recevront les Prix du Public.

Pour cela vous pourrez voter pendant une semaine.

Les Prix du Jury et du Public seront proclamés samedi 17 octobre à 18h00 à l’issue du dépouillement des votes.

Rappelons que les 1ers prix sont offerts par notre partenaire Oise Tourisme, occasion de découvrir l'Oise aussi bien pour les gagnants d'autres horizons que pour les locaux.

Les 2èmes prix en bons d’achats sont offerts par nos partenaires Photo Henrique et Centre Leclerc.

Les 3èmes prix sont des abonnements pour les spectacles de la saison 2015-2016 à La Manekine.

Deux bulletins de vote seront tirés au sort et les gagnants se verront remettre eux aussi comme prix un abonnement pour La Manekine.

Venez nombreux, vous pourrez rencontrer des photographes et des membres de notre association.

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Publié le 30 Septembre 2015

L’Agrion de l’Oise sera présent du 8 au 11 octobre à l’Université de Technologie de Compiègne pour la Fête de la Science.

Les thèmes majeurs de la Fête de la Science 2015 sont :

  • le changement climatique à quelques semaines de la COP21 (Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris - du 30 novembre au 11 décembre 2015) et
  • la lumière dans le cadre de l’Année de la Lumière en France 2015.

On se souviendra de l’exposition "Lumière d'insectes" que notre association avait présentée en février sous le label Année Lumière 2015 au Musée de la Mémoire des Murs de Verneuil-en-Halatte.

L’Agrion de l’Oise a pu sans problème s’emparer de ces thèmes.

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Il propose une exposition de posters :

« Les insectes, quel futur pour l'homme ? »

En effet le changement climatique, mais aussi la globalisation, nous inquiètent. L’élévation de la température, les échanges internationaux, sont en partie à la source de l’apparition et l’extension d’insectes invasifs, susceptibles de ravager la végétation, cultures agricoles, arbres et forêts (pyrale du buis, chenille processionnaire, mouche du fruit,…) ou d’être vecteurs de maladies dues à des agents infectieux : virus, bactéries, parasites, … (moustiques, poux, puces, punaises,…).

frelon asiatique  ©Roger Puff

frelon asiatique ©Roger Puff

Il sera également question des risques qui pèsent sur les abeilles, menacées notamment par le varroa, le frelon asiatique et les pesticides utilisés pour éradiquer les ravageurs.

Mais les insectes ne sont pas que menaces, ils sont aussi les outils du bio-contrôle pour la protection des cultures (auxiliaires tels que micro-hyménoptères, coccinelles, …), la nourriture du futur (entomophagie) et la source de substances nouvelles (bio-raffinerie –avec le projet DESIRABLE financé par l’Agence nationale de la Recherche - ou développement de molécules pharmaceutiques et de vaccins), sans oublier le biomimétisme (appelé aussi bioinspiration pour le développement de nouveaux produits ou procédés), donc porteurs de R&D, d’innovation et de développement économique.

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Mais ce n’est pas tout, à l’invitation de l’Agrion de l’Oise, Serge Berthier, prononcera une conférence sur le thème de la lumière en relation dans ses relations avec les insectes.

Professeur à l'Université Paris Diderot, Serge Berthier enseigne notamment l'électromagnétisme et la physique des lasers. Chercheur passionné par les structures biologiques, la couleur et le biomimétisme, il anime l’équipe « Milieux désordonnés multi-échelle : bio photonique, couleur » de l’Institut de Nanosciences de Paris. Il est également membre de la chaire de Nanotechnologie UNESCO-UNISA (Université d’Afrique du Sud, Le Cap). Il est auteur de l’ouvrage « Photonique des Morphos », première étude quasi exhaustive, des structures fines de ce genre de papillons et des propriétés optiques et colorimétriques qu’ils génèrent.

Sa conférence « Les insectes et la lumière » aura lieu

Samedi 10 Octobre 2015 à 15h au Centre Pierre Guillaumat de l’UTC

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Les liens entre lumière et insectes, comme avec tous les organismes vivants, sont complexes. La lumière est essentielle à la vie, mais peut aussi s’avérer dangereuse, voire mortelle. Pour gérer ces échanges électromagnétiques entre l’extérieur et l’organisme, la nature a développé aux interfaces (ailes et cuticule) des structures adaptées aux différentes contraintes. Dans le domaine de l’optique, ces structures, qualifiées de photoniques, donnent lieu à de magnifiques effets colorés. Serge Berthier commencera donc à présenter et à illustrer les « insectes-couleurs » et les différentes structures générant ces effets. Il traitera ensuite des échanges lumineux d’un point de vue plus énergétiques, en commençant par la lumière entrante, c'est-à-dire de l’insecte capteur d’énergie solaire. Comment est optimisée l’absorption, comment il évite la surchauffe…Dans une troisième partie, il abordera la lumière sortante ou l’insecte LED. Par fluorescence ou bioluminescence de nombreux insectes émettent de la lumière et ont beaucoup à nous apprendre sur son extraction ! En toute occasion, des pistes ou des réalisations bio inspirées seront présentées.

Mais L’Agrion de l’Oise a également tissé des liens avec le CEEBIOS (Centre européen d’excellence en biomimétisme de Senlis) et il suivra Serge Berthier qui prononcera une deuxième conférence à Senlis le même jour.

« Les structures photoniques dans la gestion des flux électromagnétiques des insectes »

Samedi 10 octobre à 18h30 au CEEBIOS.

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Après une courte présentation de l’activité de son équipe « Biomimétismes » de l’INSP, Serge Berthier présentera deux exemples de structures naturelles intervenant directement dans la gestion des flux énergétiques par les insectes.

Le premier concerne l’auto-régulation de l’émissivité du « capteur » papillon. Les insectes sont des organismes poikilothermiques qui doivent assurer en partie de manière exogène leur approvisionnement énergétique, principalement en captant l’énergie solaire. Chez les lépidoptères en particulier, cela est assuré majoritairement par les ailes qui jouent le rôle de trakers et de concentrateur chez les insectes clairs ou d’absorbeur sélectifs chez les sombres. C’est une stratégie dangereuse car ils doivent à l’inverse éviter l’hyperthermie (au delà de 40°) qui leur serait fatal. Un dispositif qui allie structure photonique absorbante et matériau émissif leur permet de moduler automatiquement leur émissivité qui augmente quand le papillon est trop chaud et diminue lorsqu’il est trop froid, le maintenant ainsi dans une fourchette de température viable.

Le second traite de l’extraction de lumière d’un milieu haut indice vers un milieu bas indice, généralement fortement limité par la réflexion totale à l’interface. Il s’agit d’un problème particulièrement important dans les LED par exemple ou l’indice de l’émetteur est élevé. Il montrera comment de nombreux insectes émetteurs de lumière (par fluorescence ou bioluminescences) sont parvenus à tourner ce problème et à optimiser leur émission à l’aide de structures photoniques de surface, généralement multi-échelles.

La conférence se terminera par une brève présentation de quelques travaux en cours sur les structures anti-abrasion développées par des organismes fouisseurs comme la golden mole « Chysachloris leucorhina » ou le lézard des sables «Scincus scincus » par exemple. Le transfert de telles structures sur nos capteurs pourraient permettre de protéger leur surface des agressions du sable en milieu désertique.

Photos Berthier/INSP

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Publié le 24 Septembre 2015

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

J’ai eu récemment l’occasion de visiter le très intéressant Familistère à Guise dans l’Aisne.

Son créateur Jean-Baptiste André Godin (1817-1888) - vous connaissez tous bien le poêle Godin - y a mis en application avec succès les idées utopistes de Fourier. J’ai retenu de cette visite qu’il portait des principes que l’on chérit toujours aujourd’hui : le droit à l’air pur, à l’eau courante (bien évidemment non polluée), à la lumière, à l’espace. Précurseur en lançant dès 1858 la construction de bâtiments d’habitation à proximité de son usine, il a voulu que tous ses ouvriers en bénéficient, alors qu’à l’époque la condition ouvrière c’était plutôt Germinal, roman que Zola ne publiera qu’en 1885.

Il écrit dans son ouvrage Solutions sociales paru en 1871.

"L’air est un des principaux éléments que la Nature donne à l’homme pour l’entretien de son existence ; c’est un aliment de tous les instants […]. Il est donc du plus grand intérêt que l’architecture fasse concourir toutes les dispositions de l’habitation pour tirer de l’air le parti le plus utile à la santé."

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Les espaces verts autour des bâtiments contribuent à son assainissement. La conception du système de ventilation naturelle du palais social assure le rafraichissement de l’air en été et son réchauffement en hiver. On pourrait ici faire l’analogie avec la termitière à laquelle l’économie bleue pense aujourd’hui pour construire des immeubles plus économes en énergie. La couverture vitrée des cours intérieures joue le rôle de serre pour réchauffer l’air en hiver.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Je retiens plutôt pour ma chronique - consacrée bien sûr aux insectes- le chapitre « L’air : absence d’insectes ».

"La rareté des insectes est peut-être un véritable signe de l’état de salubrité du Familistère ; dans tous les cas, c’est un motif de tranquillité de plus à ajouter aux avantages de l’habitation, et à signaler en faveur des sociétaire du Palais.

Qui ne sait combien sont gênantes, dans la plus grande partie des maisons ouvrières, et particulièrement à la campagne, ces quantités innombrables de mouches dont les logements sont remplis ?"

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

"C’est qu’aux abords de ces maisons les eaux croupissantes, les matières en décomposition, les tas d’ordures, sont des foyers où se développent les larves dont éclosent les insectes. Rien de pareil ne peut se produire au Familistère ; aussi les mouches y sont elles très rares, et même, pendant plusieurs années, en ont-elles été complètement absentes."

Ces quelques photos de mouches plutôt solidaires ne donneront qu’une vague idée de la prolifération évitée dans ces constructions.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

"Mais un fait bien propre à faire saisir les avantages de l’habitation unitaire, pour l’application des moyens de destruction des insectes, c’est l’absence de puces au familistère, chez une population à peine sortie de la misère. "

Je n'ai pas plus de photos de puces à vous proposer qu de termites, dommage.

Effectivement en vivant dans des logements mono-familles tenus en état de propreté et d’aération parfaite, on évite la prolifération de vermine. Godin d’ailleurs indique que la seule invasion de puces connues l’a été dans les dortoirs consacrés aux ouvriers célibataires. Il a suffi de mélanger du coaltar et de la sciure de bois pour en faire une poudre qu’on dispersait la nuit sur les sols et dans les gaines de ventilation et qu’on balayait au matin.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

"Cette opération si simple, et qui suffit pour faire disparaitre, en quelques jours, jusqu’au dernier de ces insectes ennemis du repos de l’homme […]"

Point n’est besoin comme dans la fable de La Fontaine d’invoquer les dieux pour qu’ils vous prêtent leur foudre et leur massue. Un bon goudron de houille suffit, mais il devient difficile de s’en procurer.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Mais plutôt que le curatif, Godin préférait les solutions préventives :

"Comme il est infiniment plus simple de prévenir le mal que d’y porter remède, on n’attend plus au Familistère que le repos des travailleurs soit troublé par des insectes gênants pour interdire à ces derniers l’entrée du Palais. L’invasion de la vermine y est donc paralysée par des moyens d’assainissement employés en vue de l’hygiène générale, l’influence de ces moyens eux-mêmes, sur la santé publique, semble prouver que les maladies épidémiques ou contagieuses sont moins accessibles au Familistère qu’elles ne le sont dans les habitations de la ville."

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Malheureusement Godin ne traite pas des moustiques et des frelons, qui aujourd’hui mobilisent nos quotidiens. Sans doute ces trublions ne posaient-ils pas problème en ce temps-là.

Au fait savez-vous que la ruche a été un temps la marque moulée dans la fonte des poêles Godin ? Le drapeau de l’Harmonie en était aussi marqué. La ruche était symbole de la solidarité que l’on mettait en œuvre dans le Familistère.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

La ruche a été l’emblème de l’habitat social, notamment avec la cité-jardin La Ruche construite en 1891-1893 par l’architecte Georges Guyon à La Plaine Saint-Denis. La Ruche est aussi un lieu de résidence et de travail pour les artistes à Montparnasse inauguré en 1902, qui recyclait un pavillon octogonal construit par Gustave Eiffel pour l’Exposition Universelle de 1900. Ce qui n’a cependant pas conduit les abeilles à se lancer dans la construction de cellules à 8 côtés. La ruche symbolise aujourd’hui encore l’économie sociale et solidaire.

Photos R.Puff

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Publié le 12 Septembre 2015

Jules Michelet
Jules Michelet

Dans un ouvrage de 1857 intitulé tout simplement "L’Insecte", le grand historien Jules Michelet (1798-1874) s’intéresse à l’entomologie et à l’art, tout particulièrement dans le chapitre "De la rénovation de nos arts par l’étude de l’insecte". L’image ci-contre est un extrait d’un portrait peint par Thomas Couture, cher aux habitants de Senlis où il est né en 1815.

"Les arts proprement dits, les beaux arts, profiteraient encore plus que l’industrie de l’étude des insectes. L’orfèvre, le lapidaire, feront bien de leur donner des modèles et des leçons".

C’est ce que n’ont pas manqué de faire les artistes du tournant du 20ème siècle avec l’Art Nouveau, il n’y a qu’à voir les bijoux femme-libellule ou femme-papillon de René Lalique. Je vous conseille de visiter un jour le Musée Lalique à Wingen-sur-Moder en Alsace, vous y verrez des merveilles.

Le taon d’un regard ©Philippe_Delmer

Le taon d’un regard ©Philippe_Delmer

Michelet poursuit : "Les insectes mous, les mouches, ont spécialement dans leurs yeux des iris vraiment magiques, près desquels aucun écrin ne soutient la comparaison. "

Plus loin il s’intéresse aux coléoptères :

Les bousiers ©Roger_Puff

Les bousiers ©Roger_Puff

"Le bousier, lourd insecte noir à le regarder par le dos, offre au ventre un sombre saphir, comme on n’en a jamais vu dans la couronne des rois. "

Un saphir dans la main ©Roger_Puff

Un saphir dans la main ©Roger_Puff

J’ai essayé de vérifier cela lors de ma dernière ballade en forêt. En voici un dans ma main, il gigotait hardiment, ayant hâte de se remettre sur ses six pattes et j’ai eu bien du mal à le photographier convenablement. Rassurez-vous, ce n’est pas l’un des partenaires de la photo du petit couple prise en Normandie il y a deux ans … Celui-ci est reparti gaillardement vers son destin.

Je change momentanément d’auteurs, mais reste au bousier, qui porte aussi escarbot pour nom, plus très usité aujourd’hui. Jean de La Fontaine nous a conté la fable de l’Aigle et l’Escarbot, souvenez-vous. Mais j’ai autre chose, "La Pharmacopée Universelle contenant toutes les Compositions de Pharmacie" de Nicolas Lemery, de l’Académie Royale des Sciences, Docteur en Médecine, ouvrage daté de 1764, qui nous propose un onguent Unguentum Scarabeorum :

Bon pour les rhumatismes ©Roger_Puff

Bon pour les rhumatismes ©Roger_Puff

"On amassera des escarbots, qu’on appelle fouille-merdes, quand ils sont dans leur vigueur, on les écrasera bien dans un mortier, & on les mêlera avec de l’huile de laurier, on mettra le mélange dans un pot qu’on bouchera exactement, & on le laissera en digestion pendant un mois, etc."

Cet onguent est paraît-il excellent pour les rhumatismes. Il va falloir que je pense à en préparer un plein pot. Donc comme vous pouvez le constater, le bousier inspire non seulement l’artiste, mais aussi le pharmacien.

Revenons à Michelet : il évoque à présent le scarabée de l’Egypte « vivante émeraude, mais tellement supérieur à cette pierre par la gravité, l’opulence, la magie du reflet. »

J’ai bien vu un carabe doré sur un chemin des Vosges cet été, mais sa vivacité ne m’a pas permis d’en faire une photo correcte. J’ai honte. Il devient rare sur nos chemins ce scarabée rapide.

carabe chagriné ©Hubert_Carpentier

carabe chagriné ©Hubert_Carpentier

En revanche, je vous propose ce beau carabe chagriné, bien moins chatoyant évidemment, mais dont les élytres me font penser à un tableau de Pierre Soulages.

"Le hanneton, rude et prosaïque au premier aspect, promet peu. Cependant son aile écailleuse, mise au foyer d’un microscope, bien éclairé en dessous du petit miroir, et vue ainsi par transparence, offre une noble étoffe d’hiver, feuille morte, où serpentent des veines d’un très beau brun. […] Mirage étrange ! Toute cette fête de lumière, c’était l’aile d’un hanneton ! "

Je n’ai pas voulu arracher l’aile fine sous l’élytre d’un pauvre hanneton, aujourd’hui bien rare d’ailleurs, pour l’observer sous l’œilleton du microscope et vérifier les dires de Michelet. Plutôt l’admirer vivant même terne, il est trop mignon. Il faudra en reparler.

Pour Michelet il faut s’inspirer de l’insecte non seulement pour les bijoux mais aussi pour les tissus.

Mosaïque de coléoptères - Insectarium de Montréal 2014 ©Roger_Puff

Mosaïque de coléoptères - Insectarium de Montréal 2014 ©Roger_Puff

"La Nature, qui est une femme, lui dira que pour parer ses sœurs, au tissu doux, léger, de l’ancien cachemire, il faut inscrire, non pas les tours de Notre-Dame, mais cent créatures charmantes, - si vous voulez, ce petit prodige, si commun, de la cicindèle, où tous les genres sont mêlés ; - moins que cela, le scarabée de pourpre glorifié dans son lis ; - ou la verte chrysomèle, que ce matin j’ai trouvé sensuellement blottie au fond d’une rose ."

Vert et Jaune ©Thierry_Marbach

Vert et Jaune ©Thierry_Marbach

Plutôt que de la chrysomèle, ne serait-ce pas plutôt du hanneton des roses, la cétoine dorée, superbe émeraude, dont l’historien veut nous parler ? Je vous en propose une, mais dans une autre fleur.

"je vais" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

"je vais" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

Pas évident de trouver des photos de certains coléoptères trop rapides ou devenus rares. Par chance, Philippe a photographié une cicindèle, ce rapide insecte chasseur coureur des sables, pas plus évident à prendre au filet (voyez ce qu’en dit son grand spécialiste, l’écrivain Ernst Jünger dans son livre Chasses subtiles), qu’à photographier. Un récent article disait que la cicindèle était "l’animal le plus rapide du monde, rapporté à sa taille". Rapporté à la taille d'un homme, la cicindèle foncerait à 700 km/h. Usain Bolt n’a qu’à bien se tenir. Philippe a pu la photographier fuyant, ...

"je viens" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

"je viens" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

Mais, me dit-il, l’insecte est curieux et revient sur ses pas voir qui peut bien tant s’intéresser à lui. D’où la deuxième photo. Bien vu !

Cependant Michelet de conclure :

"Est-ce à dire qu’il faille copier ? Point du tout. Ces êtres vivants, et dans leur robe d’amour, par cela seul ont une grâce, je dirai une auréole animé, qu’on ne traduit pas. Il faut les aimer seulement, les contempler, s’en inspirer, en tirer des formes idéale, et des iris tout nouveaux, de surprenants bouquets de fleurs… "

On est en en plein dans le biomimétisme, mais fallait-il le préciser ?

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Publié le 1 Septembre 2015

Dans le cadre de ses réunions trimestrielles, l'Agrion de l'Oise vous propose une présentation de la protection biologique intégrée

mercredi 9 septembre

à 20h salle Salomon de Brosse

à Verneuil-en-Halatte.

Un agriculteur pratiquant une agriculture respectueuse de l'environnement, faisant entre autres appel à des insectes pour la protection des cultures, nous fera part de son expérience.

Ce sera aussi l'occasion de faire le point sur le fonctionnement de notre association.

Les insectes et la protection biologique intégrée

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Publié le 23 Août 2015

Je suis allé récemment au Parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville pour les Nuits des Etoiles, mais où on peut aussi y découvrir jusqu’à fin octobre encore une exposition consacrée à Rousseau et la botanique.

Sur un panneau, j’ai noté et je me suis permis de photographier cette citation extraite d’une lettre écrite en 1772 à Mme Delessert :

Rousseau décrit les ombellifères ©RogerPuff et Parc J.J. Rousseau

Rousseau décrit les ombellifères ©RogerPuff et Parc J.J. Rousseau

Y figure une très belle description de la structure des Ombellifères, bel exemple de géométrie fractale dans la nature… Le chou-fleur c’est pas mal non plus (comme exemple de fractale).

La famille des Apiaceae, les Ombellifères dans la classification de Cronquist de 1981, compte environ 3000 espèces en 420 genres dans le monde (d’après Wikipedia, mais sur le site de l’Université Pierre et Marie Curie, j’ai aussi trouvé 3055 espèces et 438 genres, faudrait savoir ! Où donc est la vérité ?). En France, Jean-Pierre Reduron, dans son ouvrage Ombellifères de France, paru en 2007, en dénombre 356 espèces différentes, "indigènes, naturalisées, subspontanées, adventices, cultivées ou potentielles". Parmi elles : aneth, angélique, carotte sauvage, panais sauvage, céleri, coriandre, fenouil, persil, etc.

belle réunion sur ombellière ©RogerPuff

belle réunion sur ombellière ©RogerPuff

A noter que la berce du Caucase, une espèce de très grande taille, jusqu’à 5 m de hauteur, à la sève phototoxique, introduite en Europe de l’Ouest comme plante ornementale, figure dans la liste des plantes invasives classées parmi les plus nuisibles au 21ème siècle. Le moustique-tigre est dans cette même liste. Vous voyez le problème.

deux diptères prêts à décoller ©RogerPuff

deux diptères prêts à décoller ©RogerPuff

Certaines Apiaceae sont utilisées pour leurs racines comestibles, d’autres pour leurs vertus aromatiques, d’autres sont des poisons violents comme la ciguë… Beaucoup ne servent à rien sauf aux insectes, et puis, ne boudons pas le plaisir des yeux : une belle et grande ombellifère, c’est élégant et esthétique, çà a de l’allure. La preuve ? Les Anglais avaient introduit la berce du Caucase aux jardins botaniques de Kew pour cette raison dès 1817.

rencontre entre deux punaises arlequin Graphosoma italicum ©RogerPuff

rencontre entre deux punaises arlequin Graphosoma italicum ©RogerPuff

Roland Lupoli dans un article Punaises des ombellifères de France, paru dans le magazine Insectes, édité par l’OPIE (n°93 – 1994) écrit :

"Pendant les belles journées ensoleillées, d’impressionnantes quantités d’insectes - principalement des Hyménoptères, des Lépidoptères, des Diptères et des Coléoptères - viennent butiner ces véritables "usines à nectar à plateformes molletonnée" que sont les fleurs blanches d’Ombellifères. Les Hétéroptères [les punaises] armés de leur rostre piqueur-suceur pourront prélever la sève des Ombellifères ou tirer profit de cet incessant défilé en se nourrissant des pollinisateurs eux-mêmes, ou plus tard des fruits issus de la pollinisation et de la fécondation des fleurs."

vue de dos ©RogerPuff

vue de dos ©RogerPuff

Vous aurez compris mon attrait pour les ombellifères : les insectes en nombre qui s’y pavanent longuement me permettent quelques photos. Qui plus est, comme les plantes sont plutôt hautes, je n’ai même pas besoin de beaucoup me baisser…

désordre, des ordres ©RogerPuff

désordre, des ordres ©RogerPuff

Spots de chasse connus de longue date des insectophiles comme on disait jadis, en effet, dans son Traité élémentaire d’entomologie (1873), Maurice Girard écrit à l’attention des chasseurs d’insectes :

"La floraison des Ombellifères commence l’époque du grand développement des Hyménoptères et des Diptères, et ces plantes offrent également des Coléoptères actifs et volants. "

belle mouche ©RogerPuff

belle mouche ©RogerPuff

Pourquoi cette attirance de la part des insectes ? Dans son livre La lutte biologique : vers de nouveaux équilibres écologiques (Editions Quae, 2010), dans un chapitre traitant des auxiliaires, ces insectes qui aident le jardinier ou la cultivateur dans leur lutte sans insecticides contre les ravageurs, Lydie Suty écrit :

"Les plantes de la famille des ombellifères sont particulièrement attirantes pour un grand nombre d’auxiliaires. Plusieurs espèces de guêpes parasitaires possèdent des parties buccales courtes et ne peuvent qu’atteindre les glandes nectarifères bien exposées, ce qui est le cas des ombellifères. Dans une étude sur la préférence de la guêpe parasitaire Itoplectis conquisitor, qui attaque les larves du carpocapse de la pomme, Leius (1962) a observé que l’insecte préférait le panais sauvage à toute autre plante comme source de nectar".

Dans un bref article du magazine Insectes (OPIE n°160 – 2011) je lis à propos du fenouil sauvage :

"Garde-manger des syrphes, des chrysopes, des mouches, des punaises, et bien entendu plante de prédilection du machaon, qui y dépose ses œufs et dont la chenille raffole des feuilles aciculaires, étroites lanières tout en longueur et groupées en touffe."

petit nacré ©RogerPuff

petit nacré ©RogerPuff

Je n’ai pas de photo de Machaon à vous proposer, il faudra vous contenter de ce Petit Nacré.

Les insectes visiteurs de l’ombellifère, attirés par son nectar, vont pouvoir transférer le pollen entre les fleurs voisines d’une même inflorescence, ou celles d’une autre ombelle. Donc toute cette armada de bestioles vient sur les ombellifères pour se délecter de leur nectar, polliniser ou trouver ses mets préférés, fruits ou autres insectes proies.

tous ensemble, tous ensemble ©RogerPuff

tous ensemble, tous ensemble ©RogerPuff

Beaucoup en profitent bien sûr pour se reproduire ayant trouvé l’âme sœur sur ce forum bien fréquenté.

amaryllis ©RogerPuff

amaryllis ©RogerPuff

"Toute ombellifère à odeur fétide est suspecte ; toute ombellifère à odeur forte et aromatique st innocente. " Voilà ce que note Antoine Laurent Apollinaire Fée dans son Cours d’Histoire naturelle pharmaceutique, publié en 1828, mais il traite de substances vénéneuses, voire mortelles ou thérapeutiques et non de l’attirance des mouches. Il parle de principe vireux, avéré dans des végétaux toxiques d’odeur ou de saveur nauséabonde. Les ombellifères dégagent quasiment toutes une odeur plus ou moins forte, surtout au niveau des feuilles, des tiges et des racines, dont ont extrait des huiles essentielles. Les fleurs proprement dites seraient en général inodores ou peu odorantes, susceptibles néanmoins, il me semble, d’attirer les insectes.

syrphe sur ombelle ©RogerPuff

syrphe sur ombelle ©RogerPuff

Certaines ombellifères peuvent dégager une odeur fétide, y compris la coriandre cultivée, une plante aromatique et médicinale. En effet après dessiccation l’odeur est plutôt agréable. La plante tiendrait son nom du grec κόρις / kóris, qui signifie "punaise", mais ce serait controversé. Je n’entrerai pas dans ces polémiques.

phex sur ombelle ©RogerPuff

phex sur ombelle ©RogerPuff

Pour la ciguë, Fée parle d’odeur extrêmement forte et à propos de l’infusion, d’odeur nauséeuse. La férule assa-foetida (cela veut tout dire) a une odeur alliacée, très fétide et très tenace. La férule ammonifère a une odeur rappelant celle du galbanum, mais moins désagréable. Le galbanum, c’est la férule gommeuse, qui a des fleurs jaunes dégageant une odeur déplaisante et que l’on trouve en Iran, Turquie, Turkménistan ; sa gomme-résine est utilisée pour la préparation d’encens ; elle entrait aussi dans la préparation de la thériaque, un célèbre contrepoison. Quant à l’angélique, toute la plante a une odeur forte, aromatique et agréable, comme son nom l’indique. Un ange ne peut être que délicieusement parfumé …

cétoine dorée ©RogerPuff

cétoine dorée ©RogerPuff

Bref je m’arrête là pour les propriétés des ombellifères, sinon nous n’en sortirons pas de sitôt. Je ne vais tout de même pas vous faire un cours de phytothérapie ou d’aromathérapie. Je suis là pour parler d’insectes, non ?

grosses cuisses, petits bras (oedemera nobilis) ©RogerPuff

grosses cuisses, petits bras (oedemera nobilis) ©RogerPuff

Revenons donc, si vous le voulez, bien à Jean-Jacques Rousseau et aux insectes.

Les insectes n’apprécient pas que les plantes en pleine floraison. Ils aiment aussi se repaître des herbes séchées dans les herbiers et peuvent en peu de temps ravager le patient et méticuleux travail de l’herborisateur.

Rousseau, herborisateur, avait une bonne recette :

"Pour garantir votre herbier des ravages qu’y feraient les insectes, il faut tremper le papier sur lequel vous voulez fixer vos plantes dans une forte dissolution d’alun, le faire bien sécher, etc. "

La citation est tirée du Dictionnaire élémentaire de Botanique de Bulliard, revu par Richard (Paris, 1802) au mot Herbier, et, selon l’auteur, serait extraite d’un manuscrit de Rousseau… (in Œuvres complètes – 93 titres de Jean-Jacques Rousseau - Arvensa Editions, 2014). Petit complément d’information : l’alun ordinaire est un sulfate double d’aluminium et de potassium (KAl(S04)2, 12 H2O).

bourdon ©RogerPuff

bourdon ©RogerPuff

Une autre recette s’appliquait aux végétaux plutôt qu’à leur support : elle préconisait de traiter les plantes en les trempant dans une solution alcoolique de sublimé corrosif, c’est en tout cas ce que je lis dans le Dictionnaire d’Histoire naturelle de Rey et Gravier publié en 1825 (NdR. traduit en petit chimiste moderne le sublimé corrosif c’est du chlorure mercurique, HgCl2)

cantharidae ©RogerPuff

cantharidae ©RogerPuff

En revanche Rousseau ne semble pas avoir eu une grande considération pour les insectes ; en effet, il écrit pour la Septième Promenade des Rêveries du promeneur solitaire :

"Le règne animal est plus à notre portée et certainement mérite encore mieux d’être étudié. Mais enfin cette étude n’a-t-elle pas ses difficultés, ses embarras, ses dégoûts et ses peines. […] Je passerais ma vie à me mettre hors d’haleine pour courir auprès des papillons, à empaler de pauvres insectes, à disséquer des souris quand j’en pourrais prendre […] Ce n’est pas là, sur ma parole, que Jean-Jacques ira chercher ses amusements. "

Vulcain et la mouche©RogerPuff

Vulcain et la mouche©RogerPuff

Je vous ai fait grâce des cadavres puants, des squelettes affreux et des vapeurs pestilentielles… Manifestement notre philosophe préférait, et de loin, le règne végétal… Pour lui (je picore dans ses écrits) les insectes étaient méprisables, dévoraient la verdure, rongeaient les plantes, etc. Il devait détester ces ravageurs d’herbiers.

la mouche ©RogerPuff

la mouche ©RogerPuff

Tiens puisque qu’au Parc Jean-Jacques Rousseau, il y a eu les Nuits des Etoiles, une autre citation, celle-ci extraite de l’Emile. Elle traite d’insectes et de microscope, de taches du soleil et de télescope :

"Emile ne saura jamais la dioptrique, ou je veux qu’il l’apprenne autour de ce bâton. Il n’aura point disséqué d’insectes ; il n’aura point compté les taches du soleil ; il ne saura ce que c’est qu’un microscope et un télescope. Vos doctes élèves se moqueront de son ignorance. Ils n’auront pas tort ; car avant de se servir de ces instruments, j’entends qu’il les invente, et vous vous doutez bien que cela ne viendra pas de si tôt. "

A deux c'est mieux (ruptela maculata) ©RogerPuff

A deux c'est mieux (ruptela maculata) ©RogerPuff

Donc une exposition "Rousseau et l’entomologie" n’est sans doute pas pour demain. J’en parlerai tout de même un jour aux responsables du Parc d’Ermenonville. On ne sait jamais et de toute façon il est permis d’en rêver, qu’on soit solitaire ou en association.

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Publié le 13 Août 2015

ET voilà, c'est la dernière ligne droite.

Il ne restera ce soir à minuit que 72 heures pour envoyer vos 3 photos.

Le règlement du concours est à votre portée

N'oubliez pas le bordereau d'envoi

L'Agrion de l'Oise attend vos envois.

Dernier rappel Concours Photos "Insectes de France" 2015

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Publié le 8 Août 2015

Aujourd'hui compris, il ne vous reste plus que 9 jours pour nous envoyer vos photos d'insectes de France.

N'attendez pas la dernière minute.

Le lundi 17 août à 0h01, il sera trop tard.

Le Machaon de Frédéric Pingliez a obtenu le 3ème Prix du Public en 2014

Le Machaon de Frédéric Pingliez a obtenu le 3ème Prix du Public en 2014

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Publié le 27 Juillet 2015

Aujourd'hui, il vous reste 20 jours, pas un de plus pour envoyer vos photos d'insectes de France.

N'attendez pas la dernière minute.

Le lundi 17 août à 0h01, il sera trop tard.

Rouge sur rouille (Crocothémis écarlate mâle surveillant son territoire) ©Bruno Derouané

Rouge sur rouille (Crocothémis écarlate mâle surveillant son territoire) ©Bruno Derouané

Vous avez droit à 3 photos. N'oubliez pas le bordereau d'envoi.

Pour plus de détails reportez vous svp à l'article de lancement du concours

Réglement

Bordereau d'envoi

Le jury se réunira le 26 août prochain pour sélectionner les photos qui seront soumises aux voix du public et attribuer ses prix.

Les photographes sélectionnés seront informés dans les meilleurs délais. Ils devront fournir le fichier de leur photo retenue au meilleur format disponible, si possible avec les détails techniques de la prise de vue et une légende.

Le public pourra voter pour sa photo préférée du 10 au 17 octobre au centre commercial Val-d'Halatte à Pont-Sainte-Maxence (Leclerc partenaire du concours). La proclamation des prix du jury et du public se fera le samedi 17 octobre à partir de 16h00.

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Publié le 20 Juillet 2015

Mon ami Jacques, il y a quelques jours, me pose la question : « Dis moi, comment tes insectes supportent-ils la canicule ? Et toi ? »

sirphe bravant la canicule ©RogerPuff

sirphe bravant la canicule ©RogerPuff

Bonne(s) question(s). Moi cela va, enfin c'est vrai, il a fait chaud. Les pluies de ce week-end ont fait du bien.

Mais lorsqu’il fait très chaud, c’est surtout de l’activité importante des insectes dont on s’inquiète. Tiens cliquez donc sur "insecte + canicule" sur votre navigateur préféré et vous allez voir apparaître des questions sur la prolifération avec la canicule des insectes, tels que criquets, moustiques ou guêpes, sur l’apparition d’insectes exotiques, avec souvent en arrière fond les risques liés au changement climatique.

sphinx tête de mort, illustration extraite de Mémoires pour servir à l'histoire des insectes ©gallica.bnf.fr

sphinx tête de mort, illustration extraite de Mémoires pour servir à l'histoire des insectes ©gallica.bnf.fr

Pendant la canicule de 2003, des sphinx à tête de mort venus d’Afrique ont par exemple été repérés à la frontière belge ou dans les Vosges. On s'est cet année inquiété Outre-Quiévrain de la présence d'un sphinx du troène à la belle couleur rose, pourtant bien présent sous nos climats.

Et oui quand il fait un peu chaud, les insectes sont agités, c’est le moins qu’on puisse dire. Cela étant les insectes ne sont pas tous à la fête et d’ailleurs pendant les jours de canicule, je n’en ai pas trouvé beaucoup à photographier. Les insectes sont comme nous, ils ont soif, ils cherchent l’ombre et des végétaux frais à manger alors que tout est grillé.

Qui plus est les insectes ne sont pas comme les mammifères capables de réguler leur température corporelle. A la limite les insectes sociaux peuvent maîtriser la température de leur habitat, comme par exemple les termites véritables spécialistes de la climatisation pour maintenir la termitière à une température acceptable pour leurs larves. Les abeilles savent aussi ventiler leur ruche en vibrant des ailes. Mais individuellement les insectes sont tributaires de la température externe.

abeille bravant la canicule ©RogerPuff

abeille bravant la canicule ©RogerPuff

On dit qu’ils sont poïkilothermes. Un joli mot qui vient du grec poïkilo, irrégulier, et therme, chaleur. Donc des animaux à chaleur irrégulière. Quand il fait froid, ils sont en quasi léthargie. Dès que la température monte, ils se mettent en mouvement, au besoin se réchauffent comme les lézards en se mettant au soleil. L’activité musculaire qu’ils déploient notamment en faisant vibrer leurs ailes augmente la température de leur corps de quelques degrés. Mais qu’advient-il s’il fait très chaud ?

En fait on a pu établir des courbes, légèrement différentes selon les espèces et leur milieu habituel, montrant comment ils s’adaptent aux différentes températures. Par exemple en soumettant des mouches Stomoxys calcitrans à un gradient de température, on a pu constater que les individus avaient tendance à se concentrer dans la zone comprise entre 24 et 32°C (expériences de Nieschutz en 1934). On appelle cette zone le preferundum thermique, l’insecte y a son optimum d’activité, d’alimentation, de vol, de reproduction.

extrait de "Les insectes, résistance à la mort par décapitation ou submersion" d'après article OPIE

extrait de "Les insectes, résistance à la mort par décapitation ou submersion" d'après article OPIE

Entre parenthèses j’ai trouvé quelques vieux textes où des insectes étaient soumis à diverses expériences plus ou moins sadiques, pour étudier leur résistance à la submersion ou au tranchage de tête, mais pas grand chose sur la résistance aux hautes températures, si ce n’est quelques informations sur la cuisson des insectes comestibles.

La température limite à laquelle les insectes peuvent résister est effectivement associée à la résistance des protéines à la coagulation, processus irréversible. Or un insecte ce n’est rien moins que beaucoup de protéines et un peu de lipides dans une carapace de chitine, exactement comme une crevette (pour laquelle votre expérience de la cuisson est certainement bien établie).

zygène du trèfle à 30°C environ ©RogerPuff

zygène du trèfle à 30°C environ ©RogerPuff

Cette coagulation va dépendre de la teneur en eau et en sels minéraux de la chair de l’insecte. Ceci dit les insectes peuvent résister à des températures de l’ordre de 55°C, voire un peu plus, plus élevées que la température moyenne de coagulation des protéines. Bien sûr les insectes de nos climats ont des températures létales (auxquelles 50% des individus périssent) plus basses que celles des insectes des pays chauds. Au Sahara la fourmi Cataglyphis bombycina résiste à une température au sol de plus 70°C, mais les Notoptères, insectes vivant en montagne, ne supportent pas une température de plus de 16°C.. Cette température létale va également dépendre du stade de développement (larve, nymphe, imago), du sexe et des conditions nutritionnelles. La plupart des insectes qui vivent sur le sol périssent à 45-48°C, pour ceux qui vivent dans le sol, la fourchette est plus basse.

frelon occis mais pas sous l'effet de la chaleur  ©RogerPuff

frelon occis mais pas sous l'effet de la chaleur ©RogerPuff

Certains d'entre vous ont récemment pu lire qu'en Chine des abeilles sauvages sont capables de tuer un frelon asiatique qui s’introduit dans leur nid en s’agrippant en grappe autour de lui et en faisant monter sa température en vibrant des ailes : le frelon résiste jusqu’à 42°C, l’abeille accepte 43°C. Le degré Celsius d'écart fatal.

L’information n’est toutefois pas nouvelle. Je l’ai trouvé dans un ouvrage de 2010 écrit par Vincent Albouy, dans l’article Quel insecte résiste le mieux à la chaleur ? J'ai pu lire par ailleurs que la température atteinte était de 45°C voire plus. Un article de 2008, faisant référence à une émission télévisée, parle de 50°C et d'abeilles japonaises, mais l'auteur considère que c'est plus du domaine de la rumeur que de l'information.

Attention, la durée d’exposition joue également, donc si la canicule s'installe pour plusieurs jours, ce n’est pas bon pour eux.

Alors que font les insectes quand il fait trop chaud ? Il est probable qu’ils vont moins s’agiter (on a vu que les mouvements augmentent la température corporelle), ils vont se mettre à l’ombre (beaucoup en outre n’aiment pas trop la lumière), ils vont se terrer, bref ils vont faire comme nous : évitez les efforts physiques, se maintenir au frais et s’ils le peuvent s’humidifier et se ventiler. Nous connaissons tous depuis la canicule de 2003 les bons conseils, abondamment repris ces derniers jours. Nul doute qu’ils [les insectes voyons] vont aussi prendre des nouvelles de leurs proches, mais ils n'appelleront probablement pas le 15.

diptère à 28°C ©RogerPuff

diptère à 28°C ©RogerPuff

Il est probable que leur durée de vie pourra tout bêtement être raccourcie de quelques jours, que les individus les plus âgés vont mourir plus tôt que prévu, mais il est certain que quelques uns vont tout simplement cuire, après s’être déshydratés (eux aussi doivent boire beaucoup, comme nous).

Au fait, la chaleur peut être utilisée pour détruire les insectes ravageurs dans les récoltes, cette technique est appelée "désinsectisation thermique". On a même pensé à utiliser les fours à micro-ondes pour cuire les insectes sans cuire les grains. Des procédés existent aussi pour monter en température pendant plusieurs heures des locaux d'habitation pour détruire des acariens ou des punaises de lit.

Conclusion : comme nous les insectes souffrent de la canicule, ralentissent leur activité et passent quelquefois de vie à trépas.

Nous ne parlerons pas aujourd’hui de la résistance des insectes au froid, ce n’est vraiment pas de saison. Sans oublier qu'il faudra bien que j'écrive quelque chose cet hiver.

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