Publié le 15 Mai 2015

L’Agrion de l’Oise vous convie à une conférence de haut niveau ouverte à tous le mercredi 10 juin à 20h00 à Brenouille (Oise) : "Sylviculture et rôle des insectes dans un éco-système forestier".

A l'affiche le 10 juin et à ne pas manquer

A l'affiche le 10 juin et à ne pas manquer

Hugues de Grandmaison
Hugues de Grandmaison

Vous pourrez découvrir Hugues de Grandmaison sur le site Internet d’Esprit de Picardie. Il faut dire qu’il est bien connu et apprécié des mélomanes qui participent au Festival des Forêts, dont il est une des grandes figures. Il assure en effet l’accompagnement des concerts-randonnées, promenades en musique du Festival, faisant découvrir aux participants entre deux aubades tous les aspects de nos belles forêts domaniales. Le voici en discussion avec un ami passionné dont on ne voit que les mains ; j’ai pris cette photo de lui en 2009, entre Vieux-Village et le Prieuré des Célestins au Mont Saint-Pierre où une belle aubade nous attendait.

Forestier d’une grande expérience, il a été conseiller de la chambre d’agriculture de l’Oise durant 38 ans et contribue depuis sa retraite en 1998 à diverses associations, le Festival des Forêts bien sûr, et la Société de Protection de la Forêt de Compiègne.

Permettez-moi de vous donnez un autre éclairage - personnel - sur ce Festival d'une très grande qualité dans des sites remarquables. C'était en 2014.

Autre spécialiste, SaId Belkacem, docteur en foresterie, enseigne les techniques forestières et les relations commerciales à l'Institut Charles Quentin de Pierrefonds, collège et lycée général et agricole (et BTS), connu pour son très bel arboretum au pied du château et son jardin médiéval dans un parc sur 13 ha dont 7 ha de bois. Le parc comprend aussi un parcours dédié à la thématique forestière, conçu et aménagé par Saïd Belkacem et ses élèves, inauguré en juin 2013. Il comprend 15 stations décrivant le fonctionnement d'un écosystème forestier.

Notez qu’à l’occasion du week-end L’Oise Verte et Bleue, les 6 et 7 juin prochain, l’Agrion de l’Oise exposera à l’Institut Charles-Quentin. Nous vous y invitons. Vous découvrirez - si vous ne connaissez pas encore - un trésor du tourisme de l’Oise.

probablement le petit capricorne ©RogerPuff

probablement le petit capricorne ©RogerPuff

J’en profite pour publier une photo d’un bel insecte xylophage de nos forêts, prise sur une plante ombellifère dimanche dernier, en lisière de la Forêt d’Halatte.

En fait le premier individu remarqué a été rejoint après de prudents manoeuvres d'approche par un deuxième, pour faire, devinez quoi. Un troisième larron et arrivé, lui aussi en catimini. Je vous laisse imaginer la suite du film.

rapidement ils étaient trois ©RogerPuff

rapidement ils étaient trois ©RogerPuff

Pardonnez la médiocrité de la photo. mais la mise au point était difficile...

Est-ce le petit capricorne, cerambyx scopolii (17 à 28 mm ) ? Très probablement. Pour moi, les bestioles faisaient bien leurs 3 cm. En effet le grand capricorne noir, cerambyx cerdo, ou capricorne du chêne, mesure lui jusqu’à 6 cm hors antennes.

Nos spécialistes nous le confirmerons sans doute.

Bref, une conférence à ne surtout pas manquer.

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Publié le 24 Avril 2015

Nous rééditons cette année le concours photos « Insectes de France ».

Le nouveau règlement du concours est paru sur notre blog. Nous espérons cette année de nombreux candidats et surtout recevoir des photos réalisées par des jeunes photographes de moins de 18 ans, un prix spécial est prévu pour eux.

Le concours est ouvert à tous, adhérents ou non de notre association.

Lancement de la 2ème édition de notre concours photos

Les photos seront cette année exposées du 10 au 17 octobre dans la galerie marchande du centre commercial Leclerc Val d’Halatte aux Ageux. Le public pourra voter pour sa photo préférée pendant 8 jours. La remise de prix du Jury et du Public aura lieu le samedi 17 octobre à 16h00 (après dépouillement des votes et tirage au sort de 2 votants qui se verront également remettre un prix).

Les premiers prix cette année sont des week-ends offerts par Oise Tourisme, les 2ème prix sont des bons d’achat chez des commerçants (dont Photo Henrique et l'Espace culturel du centre commercial Leclerc) et les 3ème prix des abonnements à La Manekine offerts par la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte.

Pour les candidats de France et de Navarre, de Belgique ou d'ailleurs, ce sera une bonne occasion de visiter notre beau département.

Cliquer sur les liens ci-dessus

Règlement du concours

Bordereau d'envoi des photos

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Publié le 22 Avril 2015

Je profite de la Journée internationale de la Terre instaurée par l’ONU il y a 45 ans déjà pour vous parler de végétaux ; j’allais dire de plantes en pots. J’aurais plutôt dû vous parler aujourd'hui de changement climatique, mais on y reviendra d’ici la COP 21 qui se tiendra à Paris en décembre. Parlons plutôt d’un événement proche.

Dans moins d’un mois, du 14 au 17 mai, L’Agrion de l’Oise sera présent à une grande exposition à l’Abbaye royale du Moncel organisée par Orchidée 60, une association amie. Cette exposition ce sont 5000 orchidées botaniques et hybrides venues de tous les continents, la prestigieuse collection des Serres du Jardin du Luxembourg, des producteurs de renommée mondiale de France, de Belgique, d’Allemagne, d’Équateur et de Taïwan, des artisans, des artistes, des passionnés, dont nous ! Bref une superbe manifestation à ne pas manquer.

L'Agrion de l'Oise s'intéresse aux orchidées

Occasion pour moi de vous dire quelques mots sur les orchidées et leurs rapports avec les insectes.

Les insectes menacent bien sûr les orchidées comme bien d’autres plantes.

Voilà ce que l’on peut lire dans un ouvrage Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe de Lucien Linden, publié en 1894 chez l’auteur à Bruxelles et chez Octave Douin , éditeur à Paris :

Un certain nombre d’insectes envahissent fréquemment les serres à Orchidées ; je citerai notamment les fourmis, les cloportes, ces ennemis de toutes les serres, les thrips, à peine visibles à l’œil nu, les blattes et cancrelats, les araignées rouges, les limaces, ces ogres qui dans l’espace d’une nuit, dévorent une quantité considérable de verdure et s’attaquent toujours de préférence aux tiges florales – et à celles auxquelles l’amateur tient le plus.

Stop ! Les cloportes ne sont pas des insectes mais des crustacés, les araignées rouges des arachnides, les limaces des mollusques… Faut pas confondre avec nos chers insectes.

L’auteur détaille les moyens de se débarrasser de tout ce petit monde et alors là, rien de tel que le tabac. Je note :

Les thrips, aphis, araignées rouges, etc. sont chassés surtout par des lavages répétés de temps en temps avec de l’eau contenant un peu de nicotine ; mais ces insectes se logent parfois sur les étiquettes de bois. Il ne suffit donc pas de laver les feuilles et les pots et de rempoter les plantes malades, il faut encore examiner avec soin les étiquettes et les nettoyer ou les remplacer…

coccinelle à sept points ©Roger Puff

coccinelle à sept points ©Roger Puff

Non il ne s’agit donc pas de les enfumer avec les volutes de votre cigarette. Évitez d’ailleurs de fumer dans les serres. Au fait pour ceux qui ne le savent pas, les aphis sont des Aphididae (ordre des hémiptères) ou si vous préférez des pucerons. Utilisez donc quelques coccinelles bien de chez nous, si possible à 7 points.

Question fourmis, c’est vite expédié :

Les fourmis se prennent facilement à des pièges formés de pots ou vases un peu profonds contenant un sirop sucré ; le jus de pruneaux également les détruit.

Les fourmis étant engluées dans le jus de pruneaux, je ne pense pas que se soit l’action laxative du fruit qui a raison de notre bestiole. L’auteur développe ensuite la lutte contre Acarus telarius, un acarien, donc passons, ce n’est pas un insecte.

Voilà aussi ce que l’auteur propose plus concrètement pour se débarasser de la gent insecte, à nouveau l’herbe à Nicot. Il s’agit de mélanger dans 2 litres d’eau, 25 grammes de tabac à fumer, 60 grammes de savon noir, 110 gramme de fleur de soufre ; de faire bouillir quelques minutes, puis d’ajouter 6 litres d’eau, soit 10 litres de solution à utiliser en seringage ou en bassinage. Mais l’auteur a d’autres solutions qui me plaisent bien :

On peut aussi employer pour détruire beaucoup de petits insectes, la grenouille et la tortue, deux auxiliaires précieux. Toutefois les amateurs n’aiment pas tous à voir ces animaux dans leurs serres, et il n’est pas toujours facile de les y retenir.

Dommage.

Les feuilles de tomates, dispersées dans une serre, font, paraît-il, fuir définitivement les insectes.

Mais le meilleur moyen nous indique l’auteur reste encore le tabac, mais cette fois-ci avec un autre mode opératoire :

Déposer sur les tuyaux de chauffage [de la serre] une légère couche de côtes de feuilles de tabac séchées, que l’on arrose de temps en temps. Il s’en dégage une vapeur de nicotine assez faible pour ne pas incommoder les visiteurs, et même à peine perceptible au bout de deux jours, mais dont la persistance chasse absolument les insectes en produisant une réelle intoxication de l’atmosphère.

Vous voyez bien, cela fait longtemps qu’on le dit, le tabac n’est pas bon pour la santé. Les insectes l’ont expérimenté depuis belle lurette.

L'Agrion de l'Oise s'intéresse aux orchidées

Ceci dit, il faut 1 kg de côtes de tabac pour couvrir 3 à 4 m de tuyaux. Et à l’époque c’est assez cher avec1 franc le kg sachant qu'à l'époque une femme de ménage gagnait 1,5 francs par jour). Qu'en serait-il aujourd’hui avec un paquet de cigarettes anonymisé et illustré de phrases choc et de poumons ravagés, bientôt à 8 ou 10 euros, voire à 13 euros pour couvrir son coût social. Sans compter qu’il n’y a pas que du tabac dans une cigarette mais des tas d’additifs, ne serait-ce que dans le papier à cigarette. Bien sûr les insectes, eux aussi, ne doivent pas beaucoup les apprécier, mais je doute qu’ils y deviennent accros.

Aujourd’hui un jet d’insecticides revient sans doute moins cher et prend beaucoup moins de temps que l’application ces méthodes du 19ème siècle… Le progrès (mais il faut penser qu'aujourd'hui c'est la Journée internationale de la Terre, alors évitons les produits non bio)..

Mais le danger pour les Orchidées vient peut aussi d’ailleurs :

Il arrive parfois aussi que des plantes importées apportent avec elles des insectes redoutables de leur pays d’origine, lesquels sont cachés à l’état de larves dans les pseudobulbes et les tiges.

Notamment, nous dit-il, le redoutable Isosoma Cattleyae, un minuscule hyménoptère (chalcidé) qui génère des galles. On le donne aussi sous Eurytoma orchidearum (Westwood, 1869), en anglais cattleya fly, la mouche du cattleya. En 1920, la société d’entomologie d’Amérique donnait comme moyen de s’en débarrasser un mélange de 50 parties de kaolin, 20 parties de chaux hydratée, 5 parties de sulfate de nicotine à 40% et 25 parts de poussière de tabac à 1% de nicotine. Encore et toujours l’herbe à Nicot.

Mais ce n’est pas tout. Poursuivons notre lecture :

En dehors des insectes qui nuisent aux plantes et les attaquent, il en est d’autres dont l’intervention est bien moins néfaste, mais n’est cependant pas désirable, tels les guêpes, abeilles, papillons, etc., qui s’introduisent quelquefois dans les serres par les ventilateurs ouverts pendant l’été. La présence de ces insectes peut être gênante, et il peut arriver quelquefois, qu’ils fécondent des fleurs mal à propos. Il est donc préférable de les arrêter, ce qui est facile à réaliser en plaçant pendant l’été un fin grillage métalliques à l’ouverture des ventilateurs.

Aïe ! Alors la petite coccinelle à 7 points que j’évoquais plus haut, bien qu’elle ne soit pas réputée pour son rôle pollinisateur, risque peut être elle aussi de féconder mal à propos une orchidée de la serre. En lisant à un autre chapitre, j e comprends mieux le fonctionnement des fleurs :

L’apprenti semeur perdrait son temps à vouloir féconder une de ces fleurs par elle-même. Il faut avoir sous la main des fleurs des deux sexes, ce qui ne se rencontre pas très fréquemment.

Il parle de catasetum, l'orchidée-arbalète, et décrit les organes – je suis obligé de passer sur les détails – et notamment deux antennes.

Orchidée-arbalète (figures extraites de Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe)

Orchidée-arbalète (figures extraites de Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe)

L’une de ces antennes est inerte […] mais l’autre agit comme un ressort à détente d’une délicatesse extrême. Dès qu’elle reçoit le plus léger contact, elle soulève l’opercule de l’anthère ; par suite le pédicelle des pollinies, n’étant plus maintenu, se détend avec une extrême violence, de sorte que tout l’appareil pollinique est projeté à une certaine distance, généralement sur le doigt de l’observateur, ou sur le dos de l’insecte, qui visitait la fleur […]

Alors pas touche.

Ami lecteur, je ne suis en aucun pas spécialiste des orchidées et mes conseils ne sont donc pas à suivre. Je vais d’ailleurs moi-même profiter de cette belle exposition pour en apprendre plus sur les rapports entre orchidées et insectes, tels qu’on en parle aujourd'hui, 120 ans après Lucien Linden.

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Publié le 15 Avril 2015

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

Bravo RObeez et les CM1 du Plateau Rouher à Creil.

Superbe nouvelle et un très grand bravo à notre amie Joëlle Lefort, adhérente de L'Agrion de l'Oise, qui, avec ses petits Creillois en CM1, a remporté - devant 600 candidats au niveau national - le 1er prix de l'innovation numérique de l’Education nationale pour son programme RObeez, les robots-abeilles.

Nous sommes très heureux pour elle et nous la félicitons, ainsi que ses 27 élèves de l' École élémentaire Louise Michel/Jean Biondi. C'est un magnifique succès pour ce très beau projet. Je manque de superlatifs mais je suis sûr que ses abeilles, les vraies car elle est aussi apicultrice, en sont très heureuses, elles-aussi.

Voilà de la belle info "abeilles" qui nous change du frelon et du varroa. Voilà de l'espoir pour ces jeunes qui vont apprécier tout autant l'écologie que la technologie. Souhaitons-leur la réussite dans leurs études. Merci Joëlle pour ce grand plaisir que tu nous donnes.

En effet le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche organisait la 5ème édition de la Journée de l'innovation, le mercredi 8 avril 2015, au lycée Diderot à Paris. Cette Journée, sous la présidence de la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, avait pour objectif de valoriser la capacité de recherche et d'innovation du système éducatif.

Plusieurs prix étaient décernés. Joëlle était nominée sur le thème « Le numérique au cœur des apprentissages et dans la relation pédagogique ».

Voilà in extenso la présentation du projet RObeez telle qu’on la trouve sur le site de l’Education nationale :

En étudiant le fonctionnement d'une ruche, les élèves se verront proposer un défi technologique : fabriquer des RObeeZ (abeilles robots) qui vont reproduire les comportements caractéristiques des individus d'une ruche. Le travail se fera en équipe. Dans chacune d'entre elles, les rôles seront définis selon le nombre d'équipiers, cette distribution changeant à chaque séance pour que chaque élève couvre l'ensemble des tâches. Construire des robots, c'est développer des compétences d’observation, d'analyse et de conception, apprendre à résoudre des problèmes et à travailler en équipe, susciter le besoin d'aller chercher l'information, prendre conscience des actions logiques sous-jacentes, utiliser des outils mathématiques et informatiques, créer, jouer, manipuler et donner forme à des idées. Découvrir les abeilles, c'est réaliser des observations scientifiques et sociales, découvrir l'impact environnemental des êtres vivants, surtout celui des hommes, éveiller la conscience civique et humaine, nourrir une réflexion sur les actes humains et décisions futures en faveur d'un écosystème à préserver. Les évaluations nationales CE1 et CM2 montrent des difficultés en résolution de problèmes et en gestion des données : ils ne donnent pas sens aux outils mathématiques qu'ils utilisent, ils s'appliquent très bien des mécanismes mais n'entrevoient pas l'utilité concrète qu'ils peuvent avoir. Chez eux, comme à l'école, les temps de manipulation et de conception sont quasi inexistants ou insuffisants. Les robots permettent de faciliter la modélisation et de combler cette lacune. Les élèves, rarement en contact avec la nature, ne réalisent pas l'impact de nos actes sur l'environnement ; les monde végétal et animal ne leur sont pas familiers ; leur jugement «environnemental» est faussé, leur comportement se révèle inadapté puisqu'ils n'ont pas les clés nécessaires à l'analyse des interactions homme-nature. L’étude des abeilles peuvent pallier ce manque de repères.

Et on se rappelle à l’association que Joëlle était venue en juin 2014 nous présenter ses travaux à l’occasion d’une de nos réunions trimestrielles.

Alors cette semaine je vous propose de publier sur ce blog l’article qui était paru dans notre lettre mensuelle aux adhérents. Le voici :

Une enseignante, Joëlle Lefort, vient ce soir nous faire une conférence que nous avions intitulée « Des abeilles, des élèves et … des robots ». Joëlle rectifie : « Ce ne sera pas une conférence mais un témoignage ».

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

Elle se présente : enseignante à Creil sur le plateau en CM1 à l’Ecole Louise-Michel, mais aussi amoureuse de la nature. Joëlle est arrivée à l’enseignement après avoir butiné ça et là.

Il semble bien qu’elle ait trouvé son miel. Oui car elle est aussi apicultrice.

Joëlle s’est découvert une passion pour les abeilles après avoir assisté à un essaimage : « J’ai été mordue ». Heureusement elle n’a pas été piquée. Rapidement elle a envie d’avoir sa propre ruche et s’initie à Beauvais auprès d’un vieux monsieur à la belle barbe blanche.

L’enseignante-apicultrice a aujourd’hui 3 ruches en forêt d’Ermenonville.

Elle a eu envie de faire partager à ses élèves, qui n’ont pratiquement aucune occasion d’aller en campagne ou en forêt, sa passion pour la nature et les abeilles. Mais il lui était impossible d’amener sa classe voir ses ruches. Un contact avec un spécialiste des sciences cognitives l’a amenée à s’intéresser à la robotique par le biais des abeilles.

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

C’est ainsi, qu’avec l’aide d’un spécialiste de la robotique, qu’elle a initié ses élèves à la construction en briques lego (que peu d’entre eux pratiquaient), à l’utilisation d’un i-pad et à la programmation. Ils se sont vite passionnés.

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

Après avoir étudié le comportement des abeilles, les élèves ont réalisé et programmé plusieurs robots : reine, exploratrice, butineuse, gardienne, maçonne, ouvrière. Aujourd’hui ses élèves sont passionnés par les insectes, ne les considèrent plus du tout comme gênants ou dangereux. L’un d’eux est même allé jusqu’à prendre une guêpe en main...

La perspective d’un Insectarium à proximité de Creil les enchante.

L’utilisation des i-pad ne pose aucun problème à ces jeunes. Joëlle a été surprise et émue lorsque l’une de ses élèves, Betul, est venue lui présenter le dessin animé qu’elle avait réalisé seule.

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

D’autres se sont lancés depuis. Les élèves utilisent sans difficulté les moyens mis à leur disposition, par exemple pour réaliser des fiches

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

L’expérience pédagogique de Joëlle a été reconnue par l’Education nationale et elle est très heureuse de pouvoir poursuivre avec ses élèves l’an prochain en CM2. Ils vont se passionner pour d’autres insectes et perfectionner leurs connaissances.

La discussion a été nourrie, tant sur cette expérience pédagogique que sur l’apiculture, telle que la pratique Joëlle. Très affectée par la perte de ses abeilles qui avaient butiné du colza traité, elle a choisie de poser ses ruches en forêt, en petit nombre pour ne pas perturber les autres butineurs de la forêt, de laisser leur miel aux abeilles pour ne pas avoir à les nourrir l’hiver avec du sucre. Elle ne prélève que ce qui reste et le donne à ses amis, car elle-même ne mange pas de miel. Ses abeilles sont saines et peu affectées par les attaques du varroa (l’acarien qui les parasite) et résistent donc mieux aux virus qui ravagent les colonies.

Les assistants l’interrogent sur le coût de la pratique de l’apiculture (coût d’un essaim, d’une ruche,…), ainsi que sur les abeilles sauvages. Une ancienne apicultrice fait part de son expérience, des abeilles noires qui aujourd’hui habitent un vieux mur de son jardin…

Témoignage passionnant d’une enseignante passionnée.

Et pour en savoir plus encore je vous invite à découvrir

Un projet de classe (très) addicTICE qui vous dira tout sur RObeez

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Publié le 8 Avril 2015

Il y a un peu plus de 8 jours, le temps était maussade, humide et frais. Les insectes étaient rares. Sur une feuille en bordure de chemin…

Bombyle au repos ©RogerPuff

Bombyle au repos ©RogerPuff

...un petit insecte tout velu, muni d’une longue trompe bien droite et de deux ailes noir et blanc : un bombyle. Ordinairement cet insecte en début de printemps s’affaire sans pratiquement jamais se poser auprès des fleurs, plongeant sa trompe pour y puiser le nectar.

Moi je me plonge dans les vieux grimoires en commençant par l’Entomologie analytique, parue en 1860 chez Didot Frères à Paris, de André-Marie Constant Duméril, cet entomologiste né à Amiens en 1774 et dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici.

Que nous dit Duméril à propos du bombyle ?

Ce nom tout à fait grec avait été employé par Aristote, par Aristophane et depuis par Swammerdam, mais pour indiquer des Guêpes et des Abeilles Bourdons qui font du bruit en volant.

Le bombyle d’Aristote est en fait notre Bourdon, Bombus en latin.

Frédéric Georges Cuvier, dans le Dictionnaire des sciences naturelles, paru chez Levrault en 1806, nous décrit celui qui fait l'objet de mon propos :

On ne connaît point du tout la larve des bombyles ; par conséquent on ignore comment et où se fait leur métamorphose. Quoique sous l’état parfait cet insecte paraisse armé de manière à attaquer les animaux et à se nourrir de leur sang, il ne s’alimente cependant que du nectar des fleurs, qu’il pompe en volant, comme le font les sphinx en général et principalement les sésies. Au reste la direction horizontale de la trompe s’opposerait à ce que le bombyle pût sucer étant posé ; car il faudrait alors qu’elle se relevât verticalement sur la tête, et sa grande longueur y mettrait bientôt obstacle. Lorsque ces insectes volent, ils produisent beaucoup de bruit par leur bourdonnement, et c’est probablement à cause de cette particularité que Linnæus leur aura donné le nom de bombyle.

Il décrit plusieurs espèces de bombyles, le nôtre est manifestement le bombyle majeur, bombylus major, que l’on trouve « fort souvent aux environs de Paris ».

Nous en avons une très belle photo :

Bombyle en piqué ©PhilippeDelmer

Bombyle en piqué ©PhilippeDelmer

prise par notre ami Philippe Delmer et que nous avons exposée lors de « Lumières d’insectes » en février dernier au Musée Serge-Ramond de Verneuil-en-Halatte.

Je ne résiste pas à vous donner une jolie description due à Mademoiselle Marie Maugeret dans La Science à travers les champs, ouvrage paru en 1880 chez Mame à Tours :

[…] voici un petit diptère qui mérite bien que nous disions un mot sur son compte. Remarquez qu’il plane au-dessus de cette fleur, à la manière de l’oiseau-mouche, sans même y poser ses petites pattes, pour puiser le suc dont il fait sa nourriture. Son corps, noir, couvert de poils jaunes assez épais, est d’un poids relativement lourd, ce qui ne l’empêche pas de traverser l’air comme une flèche. On lui a donné le nom de bombyle bichon, et les entomologistes ne manqueraient pas, ne serait-ce que par plaisir de vous débiter quelques grands mots scientifiques, de vous dire qu’il appartient à l’ordre des diptères, divisions des brachocères, subdivision des tétracoètes, famille des tanystomes et tribu des bombyliers.

Je passe sur les considérations très poétiques qui suivent pour noter que Mlle Maugeret se pose toujours une grande question :

Comme les bêtes ont de l’esprit ! Les hommes, qui en ont quelquefois aussi, et les savants, qui en ont un tout exprès pour eux, n’ont pas encore su découvrir la larve des bombyliers. C’est un point obscur qui doit les gêner considérablement. Pour nous, cela nous est, je suppose, assez indifférent. Plus d’une fois déjà nous avons pu constater que les larves sont de méchants personnages, qui n’ont d’autre occupation que de faire le mal, en égoïstes toujours, en assassin le plus souvent […].

Mlle Maugeret, comment pouvez-vous blâmer la larve alors que vous semblez admirer l’insecte ? Sans larve, point d’insecte … et réciproquement.

A peine cinq ans avant en 1875, Louis Figuier, dans Les Insectes paru chez Hachette, que Mlle Maugeret avait sans doute pu lire, se posait la même question :

 Louis Figuier gallica.bnf
Louis Figuier gallica.bnf

Beaucoup plus commun dans les climats chauds que dans le Nord, ces insectes, dont les larves ne sont pas encore connues, prennent leur essor à l’heure où les rayons du soleil sont les plus ardents. Ils volent très rapidement, en faisant entendre un bourdonnement grave. Ils planent au-dessus des fleurs, sans se poser sur leurs corolles.

L’ouvrage nous propose une bien belle illustration : l’insecte est toujours qualifié de bichon, terme que donnait déjà en 1804 Pierre André Latreille dans son Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes, parue chez Dufart. Bichon ? Du nom bien sûr de ce petit chien à nez court et à poils longs que les dames portaient dans leur manchon, très à la mode du temps de la Régence .

L’an dernier vers le 25 mars j’avais pu faire quelques photos de bombyles dans les muscaris qu’ils affectionnent tout particulièrement.

Mais cette année, en ce début d’avril, le temps toujours un peu frais et le vent plutôt vif ne favorisaient pas la sortie des insectes au jardin. Seuls quelques gros bourdons endurcis profitaient des fleurs du prunus. Mais en ce lundi de Pâques, il n’en allait plus de même : bourdons, abeilles, mouches de toutes tailles et nos bombyles étaient de sortie. A côté du bourdonnement des bourdons, je dois dire que les bombyles ne sont pas vraiment bruyants.

autre bombyle en piqué ©RogerPuff

autre bombyle en piqué ©RogerPuff

au but ©RogerPuff

au but ©RogerPuff

Alors bien sûr j’ai voulu faire un peu concurrence à Philippe, et voilà, j’ai de nouvelles photos de mes bombyles dans les muscaris de la pelouse.

Oui, mais me direz-vous : quid des larves ?

Et bien aujourd’hui nous avons la réponse et je vous recommande l’article (et les photos) de Jean-Pierre Moussu du département de Biologie de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, que je cite ici

C’est l’un des premiers insectes à faire son apparition au printemps. Dés les premiers beaux jours, et surtout lorsque les premières fleurs s’ouvrent, le grand Bombyle (Bombylius major) émerge de la galerie souterraine dans laquelle il a passé sa vie larvaire et la rigueur de l’hiver. Cette galerie n’est d’ailleurs pas exactement la sienne. En effet, lors de la saison précédente, la femelle a déposé ses œufs à l’entrée de galeries d’Hyménoptères comme des Abeilles solitaires du genre Andrena ou des bourdons du genre Bombus. Les larves qui éclosent des œufs sont dotées de puissantes mandibules acérées. Elles pénètrent à l’intérieur des galeries et y consomment les larves des Hyménoptères qui sont donc parasitées.

Et voilà, notre charmant bombyle est en fait un vilain diptère profiteur qui pond dans les galeries des braves hyménoptères qui se sont mis à l’ouvrage en même temps que lui. Mlle Maugeret avait pressenti les méfaits de ses larves.

l'andrène et son trou ©RogerPuff

l'andrène et son trou ©RogerPuff

Je n’ai pas encore pu saisir le moment où notre bombyle pénètre pour pondre dans la galerie de l’andrène, mais celle-ci qui sort de son trou doit craindre pour l’avenir de sa progéniture.

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Publié le 2 Avril 2015

courtilière en fin de mue ©Dominique Pinaud

courtilière en fin de mue ©Dominique Pinaud

On m’envoie la photo d’un gros insecte juste en train de muer, prise dans la campagne charentaise l'an derniier au printemps . C’est une courtilière, gryllotalpa gryllotalpa, de la famille des Grillotalpidae, de l’ordre des orthoptères, une cousine des sauterelles, criquets et autres grillons.

Son nom vient de courtil, un petit jardin attenant à la ferme en vieux français. L’insecte est gros, en moyenne 5 cm, j’ai même lu qu’il pouvait atteindre 10 cm. Impressionnant… Bien que son mode de vie soit nocturne, on le repère dans les petits jardins par les sérieux dégâts qu'il fait en fouissant comme une taupe à laquelle il ressemble beaucoup avec ses pattes puissantes. De ce fait on le nomme aussi taupe-grillon, perce-chaussée, taupette, avant-taupe. Il fait aussi penser à un crustacé alors son nom est écrevisse de terre. Plus surprenant c’est loup de terre. C’est dire si la voracité de la bestiole impressionne.

La courtilière a pour ennemi les oiseaux, les rats, les renards, sans oublier les taupes et les guêpes du genre Larra qui la parasitent. En Asie on les aime frites. Faut dire qu’elles ont la taille d’une belle frite et qu'elles ne dédaignent pas manger les pommes de terre. Mais son meilleur ennemi est le jardinier du courtil, le courtillier, qui n’apprécie pas du tout qu’elle ravage ses couches et ses plates-bandes.

J’ai fait mes recherches dans les livres anciens. Voilà par exemple ce que l’on pouvait lire dans La Revue Scientifique du Limousin en 1896 :

La courtilière fait le désespoir des jardiniers. Aux terrains durs et compacts, elle préfère les terres légères et ameublies où elle chemine plus facilement. Aussi établit-elle de préférence sou quartier général dans les jardins bien amendés…

Donc méfiance si votre jardin est fertile.

Plus avant, je lis dans l’Annuaire du républicain ou légende physico-économique d’Aubin-Louis Millin paru chez M.F. Drouin en 1793

Il y a plusieurs autres espèces de grillons ; la principale est le grillon-taupe, appelée vulgairement courtilière, parce qu’elle dévaste les potagers, ou courtils. Ses pattes, armées de scies, lui servent à couper les racines, qu’il détruit aussi avec ses dents. C’est l’ennemi le plus redoutable des jardiniers fleuristes, et surtout de ceux qui cultivent des melons. […] La femelle de cet insecte, comme toutes celles de ce genre, a l’anus armé d’une pointe, avec laquelle elle perce la place où elle veut déposer ses œufs. Ils éclosent en Prairial.

Ah le beau temps du calendrier de Fabre d’Eglantine.

Aussi l’espèce ne se voit plus guère dans nos courtils. La raréfaction des huppes - ce bel oiseau du bocage, friant de larves d’insectes de bonne taille - serait même due à la raréfaction de notre taupe-grillon, en fait à l’éradication de l’insecte. La bêche du jardinier et d’autres méthodes plus sophistiquées ont eu raison de lui.

Voilà d’ailleurs ce que l’on peut lire dans l’Agriculture française – Principes d’agriculture aux diverses parties de la France de Louis Gossin paru à la Librairie scientifique, industrielle et agricole Lacroix et Baudry à Paris en 1868. L’auteur n’y va pas de mains mortes.

la courtilière va rapidement disparaitre ©Dominique Pinaud

la courtilière va rapidement disparaitre ©Dominique Pinaud

Cet insecte, long de 5 à 6 centimètres, ressemble à une énorme sauterelle. Sa couleur brun-foncé, son aspect hideux, ses énormes pattes dentelées, sa large cuirasse, ses allures brusques et convulsives, mais surtout les immenses dégâts qu’il occasionne le rendent partout un objet d’horreur. "Si conduisant une voiture, tu rencontres la courtilière", dit un proverbe allemand, "arrête-toi, fût-ce même sur le versant d’une montagne, et ne continue ta route qu’après l’avoir écrasée".

Revenons un peu en arrière dans le Nouveau cours complet d’agriculture théorique et pratique comprenant la grande et la petite culture, etc. édité par l’Institut de France chez Déterville à Paris en 1809, sur la base d’une ouvrage antérieur de l’abbé Rozier et avec contribution de Parmentier.

On a employé jusqu’à ce jour plusieurs moyens pour les détruire. Le premier dut être de les chasser comme la taupe, de les guetter au moment où ils travaillaient à leur galerie et de les enlever avec la bêche. Mais ce moyen était insuffisant, parce que la courtilière, au moindre mouvement, se sauve avec beaucoup de vitesse dans son trou […]. Je ne parlerai pas de la manière de les chasser à coups de pistolet ; elle n’est bonne que pour ceux qui n’ont rien de mieux à faire. La préférence que ces insectes donnent au fumier, et principalement à celui de la vache, qui contient un grand nombre d’insectes, a déterminé plusieurs cultivateurs à faire de distance en distance des petites fosses qu’ils remplissent de ce fumier et qu’ils piétinent bien. Les courtilières, et principalement les jeunes, s’y rassemblent. De temps à autres deux ouvriers, se plaçant aux deux extrémités du tas, l’enlèvent promptement avec des fourches ; ils l’éparpillent et tuent les courtilières qui s’y trouvent.

Etc. suivent des méthodes de plus en plus sophistiquées…

J’aime assez celle-là extraite du Dictionnaire d'agriculture pratique: contenant la grande et la petite culture, l'économie rurale et domestique, la médecine vétérinaire, etc. de 1836… elle aussi relevée parmi d’autres, mais il faut bien varier les plaisirs.

Si on a plusieurs chats, on leur donne une courtilière morte ou hors d’état de s’échapper ; ensuite on leur en jette de bien portantes. Si les chats les mangent avec avidité, on les prend, et pendant qu’on les tient, on jette sur le terre une courtilière qu’on laisse s’enterrer en partie ; alors on lâche le chat, qui déterre la courtilière avec ses griffes, et qui continue ensuite à les chasser, surtout lorsque les courtilières s’accouplent. Il faut avoir l’attention de donner, dans cette saison, un peu de lait aux chats qui mangent cet insecte et d’autres ; autrement ils maigrissent et périssent.

d'après Lydekker, R. 1879 The Royal Natural History. Volume 6. Frederick Warne and Co. (Wikipedia Commons)

d'après Lydekker, R. 1879 The Royal Natural History. Volume 6. Frederick Warne and Co. (Wikipedia Commons)

Le Bon Jardinier : almanach pour l’an 1837 paru à la Librairie Agricole de la Maison Rustique indique mois par mois les travaux à faire dans les jardins, décrit toutes les plantes potagères et donne des tas de conseils utiles. Ses rédacteurs sont A. Poiteau, ancien jardinier en chef des Pépinières royales de Versailles, Botaniste du Roi, et Vilmorin, marchand grainier, cultivateur, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur. Des références donc pour l’époque.

La courtilière, courterole ou taupe-grillon, est un insecte carnivore et herbivore : s’il rend quelques services en détruisant beaucoup d’insectes et leurs larves, ces services sont loin de compenser les dégâts qu’il cause dans les cultures, 1° par les nombreuses galeries qu’il pratique en tous sens, qui soulèvent et éventent les racines des jeunes semis et les font périr ; 2° par la grande quantité de plantes venues qu’il fait mourir en coupant leur racines entre deux terres, soit seulement pour se faire un passage comme on le dit, soit aussi pour les manger comme nous nous en sommes assuré. On emploie ordinairement pour le détruire que de l’eau sur laquelle on jette un peu d’huile,. On verse cette eau par les trous de la courtilière, et, si l’eau parvient au fond du trou, elle remonte pour éviter l’inondation ; et traverse la couche d’huile qui l’a fait périr sur-le-champ.

Un autre ouvrage qui avait déjà donné ces bons conseils en 1836 - Le dictionnaire des ménages: ou recueil de recettes et d'instructions pour l'économie domestique ... : ouvrage utile aux pères et mères de famille et à tout chef de maison - précisait que l’huile bouchait les trachées de la courtilière par lesquelles elle respirait. Ce qui nous donne l’occasion de parler de la respiration des insectes.

Certains insectes ont une respiration par la peau, d’autres comme les insectes aquatiques ont des branchies similaires à celles des poissons. Mais la majorité des insectes respirent par les stigmates respiratoires, des petits trous dans la carapace sur les côtés du thorax et de l’abdomen. L’air passe ensuite par les trachées, sorte de petits tuyaux, se ramifiant en trachéoles pour apporter l’oxygène à toutes les cellules du corps. L’air arrive donc aux organes sans passer par un liquide intermédiaire comme le sang chez les animaux à poumons. L’insecte rejette l’oxygène non consommé, l’azote et le gaz carbonique formé par les mêmes circuits, aspirant et refoulant sous l’action de muscles du thorax et de l’abdomen. A noter que certains arthropodes - comme par exemple le scorpion - ont une respiration pulmonée.

Voilà donc comment avoir raison de notre malheureuse courtilière. Voilà aussi pourquoi on n’en voit pratiquement plus alors qu’elle était répandue partout en France. Alors aujourd’hui, si vous en voyez par chance une, épargnez-lui la bêche, l’huile et surtout les pesticides, laissez lui quelques salades ou patates de votre courtil, et vous aurez peut être la chance d’entendre le chant de la courtilière mâle stridulant du fond de ses galeries pour attirer une charmante compagne. Il paraît qu’il ressemble au chant de l’engoulevent, autre oiseau rare… d’autres vous dirons que c’est au chant de la locustelle tachetée qu’il faut se référer, un passereau qui se nourrit d’insectes et d’araignées. Ces oiseaux vengeurs singeraient-ils le chant de notre brave courtilière mâle pour se gorger de sa femelle. Je n'ose pas y penser.

Dernière astuce, il paraît que le marc de café répandu au sol peut l’éloigner des endroits à protéger. Profitez-en pour recycler vos dosettes…

Quelques informations sur la courtilière en Picardie, où elle est présente, mais considérée dans un état de conservation défavorable donc à préserver prioritairement.

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Publié le 26 Mars 2015

Des amies de l’Agrion de l’Oise nous ont fait parvenir des photos d’une même espèce de chenille prises l’an dernier en forêt d’Halatte.

la pudibonde ©Elise

la pudibonde ©Elise

Il s’agit d’une jolie chenille vert tendre aux longs poils en brosse avec des touffes rousses sur le dessus et un épi de poils rouge-brun sur le segment de queue. La chenille, polyphage, se nourrit surtout de feuilles. Au début, les chenilles vivent en colonies. Leurs longs poils permet au vent de les disperser dans les environs immédiats. Elles se métamorphosent dans un cocon au sol, dans les fissures de l’écorce des arbres ou sous les pierres. La chrysalide hiberne et le papillon éclot entre fin avril et juillet.

C’est la chenille d’un papillon de nuit Calliteara pudibonda (ou Elkneria pudibonda, ou Dasychira pudibonda), nom vernaculaire Orgye pudibonde (d’après le comportement la chenille qui dissimulerait sa pudeur en se mettant en pelote pour à moins que ce soit du fait des rougeurs de sa physionomie) ou patte-étendue pour l’imago, lépidoptère de la famille des lymantridés avec thorax, tête et pattes très velus. L’espèce présente un dimorphisme sexuel important. Les adultes ne se nourrissent pas. La chenille n'est pas réputée nuisible.

J’ai cependant trouvé un texte présenté à l’Académie des Sciences en 1849 par Monsieur Eugène Chevandier « Notes dur les ravages produits en 1848 par l’Orgye pudibonde dans les forêts de hêtre du versant occidental des Vosges entre Phalsbourg et Cirey ».

Je vous en donne quelques lignes :

Au mois de septembre 1848, arrivant à Cirey après une longue absence, j’appris qu’une véritable invasion de chenilles avait lieu depuis quelques temps dans les forêts de hêtre. Les journaux d’Alsace, ceux de Lorraine en faisaient grand bruit, et les ravages produits par ces insectes s’étendaient avec rapidité.

L’auteur décrit bien notre chenille et indique que les chenilles, vulgairement appelées Rouge-Queue, Rotschwantz en allemand, étaient apparues en deuxième quinzaine de juillet, tout à côté de la ligne de chemin de fer de Paris à Strasbourg et du canal de la Marne au Rhin. Il décrit l’avancée inexorable des chenilles dans la direction NE-SO, assez parallèlement à la chaîne des Vosges avec une expansion à l’ouest vers Phalsbourg et la plaine. Les chenilles très vivaces au début étaient à la fin souvent immobiles comme repues... puis mortes sur des épaisseurs de 3 à 4cm exhalant une odeur très fétide. Il considère qu’il ne s’agit pas d’une migration des chenilles, qui seraient restées là où elles sont nées, mais de la répartition de la ponte des papillons.

Ia pudibonde ©Dominique

Ia pudibonde ©Dominique

Un marchand de bois avait noté en juin des nuées de petits papillons blancs voltigeant à l’approche de la nuit, au-dessus des grands arbres de la forêt de hêtres située derrière son habitation.

Ce sont probablement les Bombyces (autre nom du papillon Bombyx patte-étendue) qui se sont répandus vers l’ouest et le sud-ouest. Leurs chenilles avaient ravagé préférentiellement les hêtres, plutôt les futaies que les taillis, n’avaient attaqué les jeunes taillis ou les semis qu’après avoir dépouillé les vieux arbres. Ne trouvant plus de hêtres, elles ont attaqué les chênes, épargnant les bouleaux et les trembles, laissant intacts les résineux. Le comportement des chenilles était remarquable :

Généralement ces chenilles paraissent très impressionnables ; pour peu qu’on les touche ou qu’elles éprouvent une commotion, elles tombent des arbres et se roulent sur elles-mêmes en formant la pelote. On m’a assuré en avoir vu le sol couvert après le retentissement du tonnerre, mais je n’ai pas eu l’occasion d’observer ce fait par moi-même. Les pluies, les brouillards prolongés les font périr, et toutes leurs habitudes se ressentent de cette extrême susceptibilité.

Est-ce la raison pour laquelle elles ont laissé les lisières quasi intactes,, ne ravageant que la partie centrale des massifs forestiers ?

Après une copieuse discussion, l’auteur signale que la plupart des auteurs qui ont parlé de l’orgye pudibonde considéraient l’insecte comme peu dangereux et ne voyaient pas la nécessité de lutter contre. Ils estimaient que les ravages tardifs ne compromettaient pas la saison suivante et qu’une espèce d’ichneumide très commune contrôlait leur prolifération… Mais dans le cas présent l’auteur craignaient de fâcheuses conséquences, vu le nombre de chenilles qui pourraient aller jusqu’au stade papillon cette année. Il voyait des conséquences désastreuses pour l’économie locale fondée sur l’exploitation de la forêt. Il fondait l’espoir de voir s’arrêter le désastre par la prolifération parallèle des ichneumides et quelques mesures : enlèvement des feuilles dans les cantons envahis, introduction de porcs en automne et en hiver, brûlage des feuilles et des mousses… moyens facilement praticables de combattre ces invasions et d’aider les ichneumides dans l’accomplissement de la tâche à laquelle la nature paraît les avoir destinés.

Il concluait en déplorant la disparition des petits oiseaux insectivores.

Malheureusement la destruction de ces animaux paraît faire tous les ans des progrès, malgré les lois destinés à les protéger ; et cependant leur action continuelle, insuffisante peut-être pour arrêter les grandes invasions, tend au moins à la prévenir en limitant régulièrement la propagation annuelle des chenilles. Il serait bien urgent que de nouvelles mesures plus sévères, motivées sur l’intérêt général, mettent un terme à la guerre incessante que l’on fait à ces races d’oiseaux.

Ainsi en 1848, on craignait déjà le Printemps silencieux et on mettait en évidence toute l’importance de la biodiversité pour l’équilibre de la nature. 1500 hectares de forêts feuillues avaient été détruits.

.papillon Pudibonde ©Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0. téléversé par Kulac

.papillon Pudibonde ©Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0. téléversé par Kulac

L’ouvrage Mémoires de la Société d’émulation du Doubs paru en 1854, tenant compte de ces événements de 1848 rapportés plus haut, parle de couches de chenilles de 10 à 12 centimètres, de pèlerinages pour obtenir la cessation du fléau que les paysans avaient nommés Chenilles de la République, les voyant sans comme une suite des événements révolutionnaires de cette fameuse année 1848. Bien qu’aucun autre phénomène de l’importance de l’invasion de 1848 ne soit connu, l’ouvrage place l’Orgye pudibonde au rang de lépidoptère nuisible.

A noter que cet ouvrage donne une très belle planche illustrée de la chenille et de son papillon (voir sur googlebooks).

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Publié le 18 Mars 2015

Je suis passé samedi au 27ème Salon des Œufs décorés de Compiègne. Là en fouinant parmi les nombreux stands d’artistes, je suis tombé en arrêt sur un magnifique œuf décoré de deux insectes : une demoiselle (un calopteryx manifestement) au premier plan et une libellule à l’arrière.

Œuf brodé par Jackie Lamarre photo ©Roger Puff

Œuf brodé par Jackie Lamarre photo ©Roger Puff

Il existe toutes sortes de techniques pour décorer les œufs, je n’entrerai pas dans les détails. Là, l’œuf de Monsieur Jacquie Lamarre est une véritable coquille d’œuf, un bel œuf de cane, brodé, vous avez bien lu, brodé. Il y avait bien d’autres insectes sur les œufs de l’artiste : des papillons, une éphémère, un coléoptère, et d’autres sujets sans rapport avec l’entomologie, mais ce sont ces odonates qui ont retenu mon attention. En effet, j’avais justement en chantier un article sur libellules et demoiselles.

Revenons donc sur les odonates, sujet déjà traité dans un papier posté sur ce blog en décembre 2014. J’évoquais alors un ouvrage de 1803, Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, appliquée aux arts, principalement à l’agriculture et à l’économie rurale, où la partie sur les insectes avait été confiées à deux naturalistes Guillaume-Antoine Olivier et Pierre-André Latreille, membres de l’Institut.

Cette fois-ci je reprends ma collection du Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture paru chez Belin-Mandar à Paris en 1837. Je possède la 1ère édition, héritage de famille. On en trouve la 2ème édition de 1868 sur le site books.google.fr. Le titre y est élégamment sous-titré Inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous par une société de savants et de gens de lettres sous la direction de M. W. Duckett – Seconde édition entièrement refondue, corrigée et augmentée de plusieurs milliers d’articles tout d’actualité.

Dans la 1ère édition le tome XXXV traite des libellules et l’article signé par un dénommé H. Belfield-Lefèvre les assimile aux demoiselles, classant ces insectes dans l’ordre des Névroptères.

Les libellules, ou demoiselles, forment un genre distinct dans l’ordre des Névroptères et sont différenciées des autres genres du même ordre par leur tête, qui est globuleuse, et dont les yeux composés, extrêmement développés, occupent presque toute la surface ; par leurs antennes qui sont courtes et sétacées [NdR. En forme de soie] ; par la forme de leur bouche, que recouvre entièrement une lèvre inférieure monstrueuse, par la position de leurs ailes membraneuses et diaphanes, qui à l’état de repos sont toujours étalées dans un même plan horizontal.

Libellule (anisoptère) ©André Schoeller

Libellule (anisoptère) ©André Schoeller

Stop, il s’agit bien là d’après ce que je croyais avoir compris de mes lectures- dans l’ordre des odonates - de la description d’une libellule, appartenant au sous-ordre des anisoptères et non de celle d’une demoiselle, du sous-ordre des zygoptères, avec les deux yeux bien séparés et les ailes alignées le long du corps dans un plan cette fois-ci vertical.

Toujours dans le Dictionnaire en question, allons au tome XX, à l’article Demoiselle. Signé V. de M. il définit le terme affecté aux filles non mariées, ainsi que pour les outils du paveur, du monneyeur et enfin du facteur d’orgue… Un paragraphe spécifique - signé P.G. - traite cependant d’entomologie et nous dit :

Les insectes vulgairement désignés sous le nom de DEMOISELLES forment dans l’ordre des névroptères la famille des libellules, qui comprend les genres odonate, oeschne (sic), ayrion (sic) et LIBELLULE (voir ce dernier mot).

J’en perds mon latin. La classification a bien changé depuis le début du 19ème siècle. Odonate est à cette époque un genre, alors qu’aujourd’hui c’est un ordre, mais là où cela se complique quand je prends le guide Flammarion que j’ai acquis il y a peu (Insectes de France et d’Europe occidentale de Michael Chinery, 2012) c’est que la confusion règne encore et toujours. En effet dans les ordres regroupés sous Exoptérigotes (insectes à métamorphose incomplète, sans stade nymphal immobile), on trouve « Libellules, ordre des Odonata », dont il y aurait environ 6000 espèces connues divisées en deux sous-ordres :

  • Zygoptères à savoir les Demoiselles, "insectes délicats au corps fin et au vol souvent faible. La tête est très transverse et les yeux, bien séparés, sont rejetés de chaque côté. Les ailes antérieures et postérieures sont à peu près semblables (Zygoptères = ailes égales) et, chez la plupart des espèces, sont maintenues verticalement au-dessus du corps au repos"
  • Anisoptères, "insectes plus grands, plus massifs et que l’on nomme souvent libellules pour les distinguer des demoiselles. Les ailes postérieures sont plus larges que les ailes antérieures (Anisoptères = ailes inégales), elles sont maintenues étalées de chaque côté du corps. La tête est généralement plus globuleuse et les yeux, souvent très grands, se rejoignent fréquemment sur le dessus de la tête."
Deux calopterix éclatants (zygoptères) ©André Schoeller

Deux calopterix éclatants (zygoptères) ©André Schoeller

Donc le problème c’est bien que l’on donne le nom de Libellules aussi bien aux deux-sous-ordres qu’à l’un des deux. Pas simple… Ceci dit la plupart des personnes que j’ai interrogées appellent « libellule » les deux sous-ordres. D’ailleurs une excellente plaquette éditée par le Conservatoire des Sites naturels de Picardie (je vous la recommande) met les deux sous-ordres dans le même sac si j’ose dire, enfin plutôt le même filet (à papillons).

En revanche, le Conservatoire, qui propose le dimanche 31 mai une ballade intitulée "Les demoiselles de la réserve" organisée par Picardie Nature, fait là clairement le distinguo "à la découverte des odonates : Libellules et demoiselles vous séduiront par leurs parures multicolores".

Je ne résiste pas à vous proposer une définition du Dictionnaire universel de la langue française de M. Bescherelle aîné, paru chez Garnier frères en 1856.

Libellule s.fr. Entom. Genre d’insectes névroptères de la famille des odonates, appelés communément demoiselles. On croit que le nom vient de ce que la plupart des espèces tiennent leurs ailes étendues comme les feuillets d’un livre, lorsqu’elles sont au repos, ou bien à cause de la manière dont ces insectes planent en fendant l’air. Quant à la dénomination de demoiselles, il est à croire qu’elle a été donnée par le vulgaire à cause des formes sveltes et élégantes de ces insectes, qui ont le corps allongé et orné de couleurs agréablement distribuées, et à cause de leurs ailes de gaze ; ce qui les a fait encore appeler des prêtres dans quelques contrées, à cause des nervures dont l’étoffe ou la matière légère de leurs ailes se trouve régulièrement maillée, ainsi que le sont les volants ou les ailes des surplis de nos prêtres catholiques.

Joli, non ?

Probablement un cordulégastre annelé-Cordulegaster boltonii (anisoptère) ©André Schoeller

Probablement un cordulégastre annelé-Cordulegaster boltonii (anisoptère) ©André Schoeller

L’article poursuit :

On sait que les libellules, sous l’état parfait, habitent les lieux humides, sur les bords des marais, des étangs, des rivières. Toutes en effet proviennent de larves qui se développent et ne peuvent vivre que dans l’eau. Les principales sont : La libellule aplatie, la libellule à quatre taches, ma libellule bronzée, la libellule grande, la libellule à tenailles.

Alors ne soyons pas plus royaliste que le roi.

Libellules, demoiselles … qu’importe, elles sont toujours bien belles et jamais trop ne pullulent (j’espère que vous avez apprécié les rimes même si les vers sont libres, très libres).

Mais que deviennent nos Névroptères ? Du grec ancien, composé de νεῦρον, neûron (nerf) et πτερόν, pterón (aile), ce terme définirait littéralement les insectes "aux ailes à nervures". On peut donc l’utiliser pour un super-ordre qui rassemble des insectes aux caractéristiques très différentes, mais qui tous possèdent quatre ailes membraneuses réticulées, comprenant entre autres les phryganes de l’ordre des Trichoptères, les panorpes (ou mouches-scorpions) de l’ordre des Mécoptères et les fourmilions et autres chrysopes de l’ordre des Neuroptères. Tiens névroptère et neuroptère ne sont donc pas synonymes… Alors là c’est mon grec que je perds.

Probablement nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) ©André Schoeller

Probablement nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) ©André Schoeller

A propos de grec, on a vu plus haut que zygo était interprété comme étant semblable, de même taille. En fait zygo vient du grec ancien ζυγόν, zugón, qui signifie "couple, paire", donc a priori mais pas obligatoirement de même taille. Si je cherche encore je tombe sur zygo- du grec ζυγόν, zugon (joug, attelage, paire), ex : zygote, homozygote, zygomatique. Et là je retombe sur une interprétation de zygo, que j’avais trouvée naguère, où les deux yeux des demoiselles, positionnés en haltère, donnaient l’impression d’un joug "Pièce de bois que l'on fixe soit en avant, soit en arrière des cornes du bœuf pour y attacher un dispositif d'attelage", en général il y a un joug pour les deux bœufs de l’attelage. Attention rien à voir avec la joue de bœuf, plat succulent…

Mais le joug c’est aussi un symbole, celui de l'asservissement à une domination, une tyrannie, un vice, une passion, que sais-je encore ? On le secoue ce joug pesant, insupportable; avilissant, honteux, humiliant,… Et bien il semblerait que je sois tombé sous le joug d’une passion, celle pour les insectes. Passion inassouvie car il me reste encore bien des choses à découvrir. Passion qui n’a toutefois rien de pesant, d’insupportable; et encore moins d’avilissant, d’honteux et d’humiliant,… Et il en est certainement de même de la passion de Monsieur Lamarre pour la broderie de coquille d’œuf.

Mais pour aujourd’hui nous en resterons là.

Une question encore ? Allez-y, je vous en prie. « Mais qui était donc cet Henry Belfield-Lefèvre ? »

Bonne question et je vous remercie de me l’avoir posée. Ce savant, dont on ne connaît ni la date de naissance, ni la date de décès, a écrit en effet de nombreux articles pour le Dictionnaire de la Conversation et de la lecture sur les sangsues, sur la langue, la mâchoire, la salive et la peau, l’hélianthe et le lycopode, les mandibules des oiseaux et celles des insectes, la marte et la souris, le surmulot et la zibeline, le physicien anglais Leslie et le phoque, j’en passe et des meilleures, et sans être entomologiste quelques articles sur larves, libellules, Névroptères, ainsi que les mouches, j'y reviendrai. Pourquoi cette passion pour les demoiselles et autres insectes à ailes nervurées ?

La ponte des demoiselles (agrion jouvencelle) ©André Schoeller

La ponte des demoiselles (agrion jouvencelle) ©André Schoeller

J’oubliais, on trouve également dans le Dictionnaire au tome XXX sous son nom un article sur le naturaliste Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire. Ce dernier né en 1772, qui avait participé à la campagne d’Egypte en 1798, avait été élu membre de l’Académie des Sciences en 1807, avait examiné avec ses confrères la Venus hottentote en 1815, etc. ne mourra qu’en 1844. L’article est donc, c’est exceptionnel, écrit de son vivant, preuve de sa célébrité à l’époque.

L’année de la sortie du Dictionnaire, 1837, Henry Belfield-Lefèvre publie sa thèse de docteur en médecine de la Faculté de Paris Recherches sur la nature, la distribution et l’organe du sens tactile. L’ouvrage consultable en ligne sur booksgoogle.fr est justement dédicacé par l’auteur à Geoffroy Saint-Hilaire. En 1838 il est rédacteur de Introduction à l’étude des sciences médicales, une transcription des leçons orales de Philippe Buchez (1796-1865, docteur en médecine, homme politique, historien et sociologue), dont il était un des disciples et amis. Ils étaient aussi tous deux membres de l’Institut historique de France en 1836. En 1842, Philippe Buchez disait que Belfield-Lefèvre était l’auteur d’un traité de géologie sous presse, dont il [regrettait] la tardive publication. Je n’ai pas trouvé trace de publication effective de cet ouvrage. En 1843, on le retrouve co-inventeur avec Léon Foucault (1819-1868)– l’homme du pendule du même nom - d’un procédé photographique perfectionné "moyens de produire des tons brillants et obscurs dans une image daguérienne". On relève dans les rapports de l’Académie des Sciences plusieurs communications sous son nom sur les techniques photographiques. Henry Belfied-Lefèvre serait mort vers 1850-1860.

Voilà où nous mènent les odonates.

Merci à André Schoeller pou ses photos.

Au fait si vous voulez en savoir plus sur les œufs décorés, suivez le lien 27ème Salon des œufs décorés de Compiègne

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Publié le 9 Mars 2015

Le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, édité en 1834 chez Belin-Mandar, libraire à Paris, que j’aime parcourir, nous propose un article détaillé sur les coléoptères.

Coléoptères  en vrac – Insectarium de Montréal ©Roger Puff 2014

Coléoptères en vrac – Insectarium de Montréal ©Roger Puff 2014

Relevons-en, si vous voulez bien, quelques passages.

Coléoptères, du grec koleos, gaine, étui, et pteron, aile. On a donné ce nom aux insectes à quatre ailes, dont les deux supérieures sont en forme d’étui. Cette dénomination a prévalu sur celle de vagipennes (du latin vagina, gaine, et penna, aile), sous laquelle on avait proposé de la désigner. Cette préférence est fondée sur son uniformité avec les autres termes de la nomenclature entomologique. Les coléoptères ne sont pas, dans le grand embranchement des animaux articulés, les seuls insectes dont les ailes inférieures soient recouvertes par des étuis ou élytres. Aussi les entomologistes ont-ils proposé la dénomination d’élytroptères pour réunir les coléoptères, les orthoptères et les hémiptères, qui sont tous des insectes ailés à étuis ou élytres plus ou moins développés.

A noter que dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc, de Jacques Eustache de Sève, paru chez Deterville en 1816, on traite aussi par opposition des insectes anélytres, sans étui. Jacques Eustache de Sève écrit :

Ceux qui ont les ailes membraneuses, ou plus ou moins pellucides, forment dans la méthode de Linnæus une section (les gymnoptères), qui renferme trois ordres : les névroptères, les hyménoptères et les diptères.

Et pour les élytroptères, il parle d’ailes supérieures "plus ou moins crustacées ou coriaces". Ce qui nous rappelle que crustacé vient de crusta, la croûte. Oui on peut casser la croûte avec un homard. Quant à coriace, cela vient de corium, le cuir.

Revenons à notre dictionnaire, où l’article est signé Laurent. Je n’en sais pas plus sur lui.

Parmi les animaux de ce grand groupe, les coléoptères sont les plus nombreux et les mieux connus. Ils constituent le cinquième ordre de la classe des insectes, dans la classification de Monsieur Latreille.

Et bien rapportons nous à Gilles Boeuf, actuel président du Muséum national d’Histoire naturelle, qui nous disait récemment dans un article intitulé "La planètes des insectes" :

A eux-seuls, les coléoptères représentent aujourd’hui 400 000 espèces soit 40 % du nombre d’espèces d’insectes. Un être vivant sur quatre connus aujourd’hui est un … coléoptère, ce qui avait provoqué la célèbre réplique d’Haldane, « … si Dieu existe, il aime les coléoptères… ! ». Les grands ordres ensuite en nombre d’espèces sont les lépidoptères (175 000), les diptères (153 000), les hyménoptères (115 000 dont 12 000 fourmis !) et les hémiptères (90 000). Les orthoptères viennent loin derrière avec 25 000, puis les trichoptères avec 13 000 espèces. »

Mais qui est ce Haldane ? Un généticien britannique - né à Oxford en 1892 et mort en Inde en 1964- qui aurait effectivement dit « Dieu, s'il existe, a un penchant démesuré pour les coléoptères » traduction de « God has an inordinate fondness for beetles », compte tenu du nombre important d'espèces de ce groupe taxonomique sur Terre par rapport aux autres espèces.

Ceci dit d’autres ont attribué la phrase à Charles Darwin, mais qu’importe, c’est vrai les coléoptères sont les plus nombreux, et, cerise sur le gâteau, ils sont effectivement très beaux.

Ouvrons les élytres et envolons nous ©Roger Puff

Ouvrons les élytres et envolons nous ©Roger Puff

Le Dictionnaire poursuit :

Les formes singulières et le volume de leur corps, les couleurs brillantes et agréables qu’offrent plusieurs de leurs espèces, la consistance plus solide de leurs téguments, qui rend leur conservation plus facile, leur ont mérité l’attention des naturalistes. Leurs caractères sont : quatre ailes, dont les deux supérieures crustacées en forme d’écailles, horizontales, et se joignant au bord interne par une ligne droite, les deux inférieures pliées seulement en travers, recouvertes par les précédentes ; des mandibules et des mâchoires nues et libres, d’où le nom d’éleuthérates (du grec eleutheros, libre), donné à ces insectes par Fabricius ; antennes de formes très variables, en général composées de onze articles ; yeux à facettes au nombre de deux, point d’yeux lisses ; dans quelques espèces, les élytres, soudés sur la ligne médiane, forment une sorte de bouclier ; les ailes inférieures manquent alors. Quelquefois les élytres sont rudimentaires, mais ils ne manquent jamais complètement.

Le Dictionnaire continue sur le nombre d’articles du tarse variant de 3 à 5 et la classification qui en découle. Il décrit les changements de forme (métamorphoses) de la larve à l’insecte parfait, en passant par la nymphe. J'abrège. L’article se prolonge sur les nuisances de ces coléoptères :

Charançons - boite de coléoptères  Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Charançons - boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Parmi ces insectes, quelques espèces (calandres) sont très nuisibles par les ravages qu’elles font aux différentes graines, en rongeant la substance farineuse ; d’autres (anthrènes, dermestes) attaquent les pelleteries et toutes les substances animales. D’autres encore (cétoines, criocères, chrysomèles, etc.) rongent les feuilles des plantes. ; enfin, la substance même du bois n’est pas épargnée par les capricornes, les leptures, etc. Mais tous ces insectes ne sont le plus souvent nuisibles que dans l’état de larves. Il en est de même à l’égard de certains coléoptères qui nous font des dommages, en attaquant soit les larves et les nymphes des abeilles que nous cultivons, soit les cochenilles. Ce sont toujours les larves des clairons apivores et des coccinelles qui nous les font éprouver. Les insectes parfaits ne sont point malfaisants. Ils n’excitent la sollicitude des agriculteurs qu’à cause de la ponte.

Le clairon apivore (trichodes apiarus) ou clairon des abeilles, également surnommé "loup des abeilles" s’introduit dans les ruches faibles pour s’attaquer au couvain.

Ils sont partout :

Les coléoptères sont répandus avec profusion. On en rencontre partout, sur la terre ou sur le sable, dans la fiente des animaux, sous les pierres, dans la terre, à la racine des plantes, dans les troncs des arbres morts ou vivants, dans les charpentes, les boiseries, dans les cadavres frais ou desséchés, dans l’eau ou à sa surface ; on en trouve aussi sur les fleurs ou sur les feuilles des plantes.

Mais attention, sont-ils dangereux pour nous ?

Cicindèles – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Cicindèles – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Aucun coléoptère n’est armé d’aiguillons venimeux pour piquer l’homme et les animaux domestiques ; cependant quelques uns, tels que les scarites, les carabes, les cicindèles, mordent ou pincent fortement, lorsqu’on les saisit. Les buprestes passent pour être dangereux aux bœufs qui en avalent, l’action toxique des cantharides ingérés est très connue.

On en mangeait déjà il y a bien longtemps et sans besoin d’appliquer le règlement européen Novel Foods CE n°258/97 (oui mais en Gaule, Obélix préférait les sangliers) :

Les Romains nourrissaient avec de la farine plusieurs larves de coléoptères, appartenant, à ce qu’on croit, aux genres lucanes et capricornes, pour les servir sur leurs tables. Les Indiens et les Américains préparent avec les larves du charançon palmiste des mets qu’ils mangent avec délices.

Les médecins en avaient selon le Dictionnaire guère l'usage :

Si l’on excepte la cantharide vésicatoire et le milabre de la chicorée, qui en Chine et dans tout le Levant sont employés de la même manière, aucun coléoptère n’est utile à la médecine ni aux arts.

La cantharide officinale, Lytta vesicatoria, de la famille des méloïdés, ou mouche cantharide, contient une substance, la cantharidine, très toxique, vésicatoire, qui brûle la peau et les yeux. Mais elle a aussi des propriétés aphrodisiaques, que prisait le Marquis de Sade. Le mylabre de la chicorée, également un méloïdé, contient également cette substance. Cela étant, Roland Lupoli, dans son ouvrage L’insecte médicinal (Editions Ancyrosoma, 2010) montre que bien d'autres coléoptères sont ou ont été utilisés en médecine traditionnelle. Par exemple, le lucane :

Lucanes – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Lucanes – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Lucanus cervus, le lucane cerf-volant était employé comme diurétique et contre l’hydropisie (œdème lié à une insuffisance cardiaque), la goutte, les problèmes rénaux et les rhumatismes. Il était administré en poudre après avoir séché les insectes au soleil. Après cuisson avec un onguent approprié, il avait une action antalgique contre les douleurs nerveuses et les convulsions. En décoction dans l’huile il agissait contre les douleurs d’oreilles. L’huile de lucanus et le scorpion ensemble guérissaient l’épilepsie des enfants et facilitaient les accouchements difficiles (Virey, 1811 ; Goureau, 1872).

Inutile aux arts ? Et à l'artisanat s'entend... Pourtant le Dictionnaire s’étend sur l’usage des coléoptères dans la parure. Un art mineur ? Qu'en pensent nos joailliers de la Place Vendôme ?

Carabes– boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Carabes– boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Cependant les couleurs brillantes et métalliques de plusieurs genres (cétoines, buprestes, quelques charançons, carabes) pourraient être substituées pour l’éclat, dans des ouvrages de bijouterie, à l’or, à l’argent et aux pierres précieuses. Les couleurs vert-doré, azur et pourpre du charançon royal font un tel effet que quelques amateurs en ont fait monter des bagues. Plusieurs de ces insectes servent d’ornement et de parure aux Indiens ; leurs femmes s’en font des colliers, des pendants d’oreilles et des guirlandes.

Nous avons dans cet article déjà parlé du nombre d'espèces d’insectes avec Gilles Bœuf, mais le Dictionnaire avait lui aussi des chiffres à donner :

Le nombre des espèces de coléoptères est si considérable qu’il s’élevait en 1824 à 6 692 dans la collection de M. le Cte Dejean, l’une des plus riches de notre époque ; depuis , ce nombre s’est encore augmenté de beaucoup.

Des coléoptères

Le Comte Dejean ? Un Picard ! Pierre François Marie Auguste, 2ème comte Dejean (1780 Amiens - 1845 Paris) fut général dans les armées de Napoléon 1er ; il devint entomologiste après la fin de sa carrière militaire, spécialiste des coléoptères, et surtout des Carabidae. Il avait la plus grande collection privée –22 000 espèces identifiées selon le catalogue final - avec des spécimens du monde entier. Il présida la société entomologique de France en 1840. Sa collection a malheureusement été dispersée;

Selon l’OPIE, sur les 35 200 espèces de coléoptères dénombrées en France, les coléoptères en représenteraient 9 600 (24%). Pour d’autres sources, il y en aurait 10 500, voire 11 400. Jean Sainte Claire Deville (1870-1932), le fis du chimiste, les estimait à 8 500 environ dans les années 20-30. Faudrait savoir ! On en découvre donc encore tous les jours. Au niveau du monde, notre président d’honneur me disait en août 2014 que sur 1 million d’espèces, la moitié était des coléoptères…

Mais on est peut être bien loin du compte : l'entomologiste Terry Erwin, de la Smithsonian Institution à Washington, évalue à 8 millions le nombre d'espèces de coléoptères inféodés aux canopées, puis, les coléoptères constituant 40 % de la diversité de ce peuplement entomologique, à 20 millions le nombre d'espèces d'insectes vivant dans la seule canopée des forêts… Jusqu’où ira-t-on ?

N.B. Collection IPLB (Institut polytechnique LaSalle Beauvais)

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Publié le 4 Mars 2015

L’an passé, je suis allé faire mon tour au salon et je n’ai guère vu d’insectes. Disons que je cherchais surtout si on y parlait d’insectes comestibles et si on pouvait les déguster dans un stand ou l’autre entre les jambons, les fromages et crêpes proposés par nos terroirs. A part du miel, je n’avais pas vu grand chose.

Sur le stand de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), j’avais bien vu des petites bêtes dans un cristallisoir, ce n’était pas des insectes, mais des arachnides, … des tiques, responsables de maladies, dont la maladie de Lyme.

Qu’en était-il cette année ? La presse m’avait déjà alerté car des articles parlaient de l’alimentation des animaux d’élevage avec des farines d’insectes. Les photos montraient … des vaches.

Bon d’accord, moi jusqu’à présent j’ai plutôt entendu parler d’aquaculture ou d’aviculture. Il n’est pas question de donner des mouches à ruminer aux bovins qui regardent passer les trains, mais aux poissons ou aux poules qui en ont l’habitude depuis toujours, j’allais dire dans la vie courante. Ceci dit les vaches ont bien mangé des farines animales, jusqu’à l’épisode de la vache folle.

Je me lance donc dans l’exploration du Salon. Le hall institutionnel me semble le plus adéquat pour débuter, j’en profiterai pour établir des contacts. Premier passage sur le stand de l’ONF. Chou blanc, pas d’insectes xylophages, pas de référent sur le stand. Il y a toutefois des jolies cartes postales pour les enfants dont une montre comment dessiner une libellule en 4 coups de crayon. Sympa. Ceci dit on peut aussi dessiner un sanglier toujours en 4 coups. Une fiche apprend à reconnaître les traces du gibier, mais pas des cerfs-volants et de leurs biches. Je veux parler bien sûr de lucanes.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Allons plus loin et cette année et voilà le stand du CIRAD (organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes), qui affiche « Ciel ma terre ! Agriculture et dérèglement climatique ».

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

On y parle de biodiversité et de changement climatique, d’agriculture climato-intelligente, de services environnementaux (services rendus par les écosystèmes, comme capture du carbone, protection des bassins versants, …), mais aussi de prédiction du risque d’émergence de maladies. Des enfants se pressent autour de microscopes et écoutent les explications d’un scientifique. Je m’approche, c’est Ignace, un entomologiste spécialiste des maladies des animaux tropicales et émergentes et entre autres de la maladie de la langue bleue (bluetong), ou fièvre catarrhale ovine transmise par des insectes du genre Culicoides, de petits diptères, des moucherons de 1 à 3 mm hématophages. On trouve aussi un panneau montrant un beau moustique responsable de la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale majeure des ruminants transmissible à l’homme.

Mais le CIRAD travaille aussi sur des insectes qui s’attaquent aux plantes comme par exemple la scolyte des baies du caféier, Hypothenemus hampei, un coléoptère, ou encore Helicoverpa armigera, un papillon ravageur du cotonnier, connu aussi sous le nom de noctuelle de la tomate.

Pas très rassurant tout cela.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Allons plus loin, c’est le stand de l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Je vois surtout un drôle de faux bourdon : c'est le drone eBee sensefly présenté par un enseignant chercheur d’AgroParistech, Jean-Marc, qui m’explique comment les drones peuvent apporter rapidement de précieux renseignements aux agriculteurs pour une exploitation respectueuse de l’environnement de leurs plantations (entre autres en optimisant l’épandage de fertilisants ou de pesticides).

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Et voilà le stand de l’ANSES. Cette année pas de tiques, mais des insectes en plastique ou en carton, destinés aux enfants.

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Des tableaux montrent comment reconnaître simplement un insecte « une armure, 6 pattes et des antennes » mais aussi comment l’identifier scientifiquement au microscope et même avec son code ADN. Je suis un grand enfant et j’engage la discussion avec Raphaëlle, une des cinq entomologistes de l’ANSES à Montpellier. L’ANSES, qui abrite l’Agence nationale du médicament vétérinaire, s’intéresse aux insectes vecteurs de maladie de l’animal, ainsi qu’aux insectes ravageurs du végétal, par exemple la nématode du pin, un ver microscopique véhiculée par des coléoptères cérambycidés du genre Monochamus spp.

Au fond du hall, le Ministère de l’Agriculture et de la forêt présente un superbe hôtel à insectes, un hôtel de luxe.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Là encore les enfants découvrent les insectes et le rôle important des pollinisateurs.

Ce hall présente aussi les formations à l’agriculture avec AgroParistech, mais aussi les autres écoles comme l’Institut polytechnique LaSalle Beauvais, membre de notre association.

Passons dans un autre hall, celui-ci consacré aux cultures et aux filières végétales, il y a là d’autres insectes, mais comme on va le voir c’est l’abeille qui a la vedette. Le stand de LU, vous savez le p'tit beurre qu’on mange en commençant par les coins, y met en vedette l’abeille et les autres pollinisateurs, en insistant sur le fait que 3/4 des fruits et des légumes en dépendent.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

L’abeille sauvage est aussi présente, mais on n’insiste pas sur les très nombreuses espèces d’abeilles sauvages, il y en a plus de 800 espèces - sauvages et solitaires - en France, andrènes, osmies, colletes, etc. LU et son partenaire NOE proposent aux visiteurs des sachets de plantes fleuries pour maintenir ou ramener la biodiversité en ville.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Mais c’est aussi le stand SAVEOL, une coopérative de maraichers de Bretagne, qui m’attire. On y parle de la protection biologique intégrée et des insectes auxiliaires : comme la micro-guêpe Encarsia formosa, et de la punaise Macrolophorus, qui luttent contre l’aleurode, une mouche blanche qui ravage les légumes, ainsi que contre pucerons, mineuses, acariens et autres chenilles.

Ceci dit ce sont les bourdons pollinisateurs, présentés par une bien sympathique maraichère, satisfaite de leur travail, qui attirent petits et grands.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

J’adore ces braves bourdons infatigables. Il paraît qu’ils sont à l’ouvrage plus longtemps que les abeilles, résistant mieux qu’elles aux baisses de températures, que ce soit le soir ou à l’approche des frimas.

Le stand de l’Odyssée végétale présente dans un coin, insuffisamment mis en valeur à mon sens, un hôtel à insectes original fait de palettes. Une excellente idée, mais les palettes ne sont-elles pas traitées ? D’où risque de toxicité pour nos chers insectes ?

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

L’idée est excellente et la réalisation simple. L’immeuble est de taille est devrait bourdonner superbement.

Dans le hall on trouve les agriculteurs respectueux de l’environnement de FARRE à proximité des industriels de la protection des plantes (UIPP), autrement dit les fabricants de pesticides. Espérons qu’ils vont passer à une chimie plus douce, moins toxique pour la santé, et au bio-contrôle.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?
Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Pour finir, et nous en resterons là, les abeilles sont encore présentes par le stand de l’apiculture avec la participation de l’ITSAP, l’institut de l’abeille.

Je vous avoue que je ne suis pas allé ce jour-là voir s’il y avait des mouches du côté de Filouse, l’égérie du Salon, une superbe vache Rouge Flamande.

Conclusion : les insectes étaient au Salon, les utiles et les nuisibles, les gentils et les méchants. Peut-être l’an prochain pourra-t-on enfin en déguster accompagnés d’un petit vin de pays ou d’une bière artisanale ?

Photos ©RogerPuff

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