Publié le 11 Juillet 2015

Les insectes à l'école maternelle

Cette année, dans le cadre de son nouveau projet d’école, l’école maternelle Paul Langevin de Pont Sainte Maxence a travaillé sur le thème des insectes. Notre collègue de cours préparatoire de Fabre d’Eglantine, Cécilia Besserer, s’y est associée en réalisant un panneau sur les insectes de la mare ; son projet « classe d’eau » était tout indiqué pour permettre à ses élèves de mener des observations riches conduisant à des productions d’écriture et de dessin tout à fait intéressantes.

Les insectes à l'école maternelle

Pourquoi sensibiliser les enfants aux insectes ? Tous les enseignants peuvent témoigner de la propension de leurs élèves à dédaigner, voire à maltraiter les insectes et il nous a semblé tout à fait approprié de changer cette attitude à l’heure où il est important de contribuer au respect de la biodiversité pour un avenir plus radieux !

Les insectes à l'école maternelle

Notre cour et son jardin étaient le lieu idéal pour commencer à découvrir le monde riche des insectes, leurs particularités et leur diversité, puis, plus tard, des balades en forêt sont venues pour élargir le champ de nos recherches. Des loupes ont été distribuées, des indications données pour que nos petits élèves ouvrent grands leurs yeux dans cette belle chasse au trésor.

Les insectes à l'école maternelle

Nous avons également mis en place un élevage de phasmes qui a permis aux enfants de voir en pratique le cycle de la vie. Il a fallu donner à manger et à boire à ces petites bêtes, nettoyer leur habitat. Que de responsabilités ! Ensuite, est venu le temps du travail de mise en forme des informations récoltées. Dessins et travail de lecture et d’écriture sont venus assoir ces nouvelles connaissances de nos petits élèves devenus soudain passionnés par toutes ces minuscules bêtes.

Les insectes à l'école maternelle

Une large part a été laissée au monde des abeilles, on connaît l’importance de leur contribution dans les équilibres biologiques de même, les attaques qu’elles subissent avec l’utilisation des pesticides. Un apiculteur a été invité pour parler de son activité ; il avait apporté ruche et cadres de cire et matériel de protection pour illustrer ses explications suivies avec beaucoup d’intérêt par tous, petits et grands. Puis est venue une dégustation de miel, bien entendu…

Les insectes à l'école maternelle

Enfin, une exposition des travaux a clôturé toutes ces activités, permettant de se rendre compte du travail effectué et réjouissant nos yeux des productions plastiques réalisées. Les jolies photos prêtées par l’Agrion de l’Oise sont venues les compléter.

Les insectes à l'école maternelle

Nous nous félicitons d’avoir mené ce travail qui a donné l’occasion aux enfants d’ouvrir leurs yeux sur un monde qu’ils dédaignaient ou qui leur faisait peur. Leur regard a changé, leur attitude d’un plus grand respect pour ce petit monde nous conforte dans notre mission de savoir et d’éducation que nous poursuivrons l’an prochain.

Dominique Lavalette* et Jean-Jacques Cary, enseignants de l’école Paul Langevin

L’Agrion de l’Oise félicite et remercie Dominique et Jean-Jacques de leur action en faveur de nos amis les insectes. Bravo !

A noter que ces enseignants font partie d'une groupe de collègues de Pont-Sainte-Maxence, Verneuil-en-Halatte et Creil qui travaillent en liaison avec l'Agrion de l'Oise sur des projets pédagogiques consacrés aux insectes.

* les photos sont de Dominique Lavalette

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Publié le 3 Juillet 2015

L’abeille est toujours notre insecte favori, d’autant plus qu’elle est menacée aujourd’hui par les pesticides, le varroa, le frelon asiatique, …que sais-je encore ? Pour vous en parler j’ai trouvé un savoureux texte sur cet insecte écrit au cours de la période révolutionnaire dans un journal destiné aux agriculteurs « La Feuille du Cultivateur », sous-titré « ou Journal des découvertes et des améliorations qui ont eu lieu en Franc et chez l’étranger dans toutes les parties de l’agriculture, de l’économie rurale et domestiques ». Un beau programme.

Le nez dans la rose ©Roger Puff

Le nez dans la rose ©Roger Puff

L’article est daté du 12 Brumaire An IX, à savoir le 3 novembre 1800. C’est le « Discours sur les Abeilles » prononcé le 30 Vendémiaire an VII, le 21 octobre 1798, par le citoyen Vallée à la 59ème séance publique du Lycée des Arts, société dont il était membre.

Des abeilles au Jardin-Egalité

Qui est le Citoyen Vallée ? On sait juste qu’il est membre du Bureau consultatif du Commerce, garde du Dépôt général des archives du Commerce. Ce dépôt général avait été envisagé dès 1777 par Necker, ministre de Louis XVI, mais il ne s’est constitué qu’à partir de 1791 au Ministère de l’Intérieur. Ancien archiviste du Bureau du Commerce supprimé par un décret de la Convention, Vallée le concrétisa, étant secrétaire du nouveau Bureau de Commerce créé par le Comité de Salut Public. Détail pittoresque, le secrétaire du Bureau supprimé se nommait Abeille.

Le Comité de Salut Public créa en effet par arrêté du 14 Germinal An III un dépôt d’archives commerciales ouvert au public, dont Vallée devint le conservateur. Le dépôt qui regroupait des archives jusqu’alors éparses, sera transféré en 1811 aux Archives de l’Empire, aujourd’hui les Archives nationales.

Quant au Lycée des Arts, il avait été fondé en 1795 par le colonel-ingénieur Charles Desaudray (Charles-Emmanuel Gaulard de Saudray 1740-1832), avec une subvention de la Convention, dans le cirque du Jardin Egalité construit en 1787 au Palais Royal (Palais-Egalité sous la Révolution). Il s’agissait d’encourager les arts utiles. On y proposait des cours publics gratuits pour propager les connaissances utiles. Parmi les enseignants on relève les noms de Boissy d’Anglas, Brogniard, Lakanal, Lamarck, Lavoisier, etc. des scientifiques, des artistes, des manufacturiers... Le Lycée brûla à peine deux mois après la séance où Vallée s’exprimait, le 25 frimaire an VII (15 décembre 1798). Desaudray reprit son activité rue Saint-Honoré. En 1800, il sera nommé directeur de l’Institut de l’Hôtel des Invalides par Bonaparte, Premier Consul.

A noter que dans la même séance du 30 Vendémiaire an VII, le citoyen Pipelet présentait un rapport sur un bras artificiel, le citoyen Régnier « une machine à broyer l’émery pour occuper les bras oisifs dans les prisons », le citoyen Hector Chaussier un nouvel instrument pour l’opération de la cataracte, tandis que Desaudray lui même proposait un essai en grand de la double échelle à incendie. J’en passe et des meilleures, le tout étant clôturé par un concert.

Jaune et violet ©Roger Puff

Jaune et violet ©Roger Puff

Mais revenons à l’exposé du Citoyen Vallée. Il débute ainsi :

« Rien n’est inutile dans la nature, et tout ce qu’elle produit a été conquis par le génie des hommes. Ils ont su s’approprier le travail des animaux, en dirigeant leur instinct laborieux, et ils en ont obtenu des choses utiles et agréables. L’animal qui, à pas lents, trace le sillon nourricier, et le coursier fougueux sur lequel le guerrier combat et triomphe, ont également plié leur tête sous le joug des hommes. L’habitant des airs et celui des eux concourent à satisfaire nos besoins et nos plaisirs. L’abeille même travaille pour nos jouissances ; l’abeille, surtout, admirable par son industrie, par son régime, par les lois qu’elle suit au milieu de ses nombreuses peuplades, nous fournit le miel et la cire, qu’elle tire des substances parfumées de toutes les fleurs. »

Suivent quatre pages denses, dont je vais vous donner quelques extraits. Vallée nous présente quatre espèces d’abeilles, puis les diverses abeilles de la ruche : la reine, les faux-bourdons qui la fécondent, les ouvrières. Il décrit comment les larves «nourries d’une bouillie particulière [… ] dont on ignore la composition » (c’est la gelée royale) peuvent devenir reines.

Des abeilles au Jardin-Egalité

Il nous fait part des découvertes de François Huber, un savant aveugle « aidé d’un domestique adroit et intelligent » sur la fécondation de la reine-abeille. Notons qu’il était aussi aidé par son épouse, Vallée n’en parle pas ; rendons hommage à celle-ci.

« Il a surpris à la nature les secrets de cette fécondité prodigieuse, et il s’est assuré que les reines-abeilles ne sont jamais fécondes par elles-mêmes (comme quelques uns l’ont pensé) ; quelles ne le deviennent qu’après leur accouplement avec les faux-bourdons, et que jamais cet accouplement n’a lieu dans la ruche, ni sur les arbres ou les fleurs qui les entourent, mais loin des yeux des hommes, et toujours dans les airs. »

François Huber est un naturaliste suisse (1750 Genève – 1831 Lausanne), considéré comme l’un des premiers observateurs scientifiques des abeilles, qui fera paraitre en 1802 ses Nouvelles Observations sur les abeilles. Vallée, en 1798, est donc bien au courant des travaux de ce savant, avant même la publication de 1802.

Mais Vallée ne reprend pas les détails de cet accouplement dont il dit pudiquement :

« Nous aurions voulu pouvoir décrire publiquement les savants et curieux détails de cette nouvelle découverte ; mais, s’ils sont faits pour charmer l’oreille du naturaliste, ils pourraient effaroucher celles moins accoutumées aux termes anatomiques, et colorer le front timide de l’innocence, en écoutant le récit de cet intéressant chef-d’œuvre. Il prouverait que ce feu divin qui embrase tout ce qui respire, est un sentiment que l’Etre suprême a créé pour le bonheur et l’utilité du monde, et que l’amour et la volupté sont les enfants du ciel et les dieux de la terre. »

Suivent plus succinctement les descriptions de la métamorphose de la larve royale (que Réaumur s'obstinait à appeler ver) en 16 jours à l’état de reine parfaite, celle de l’ouvrière et celle du faux bourdon.

Vallée nous dit encore :

« On n’est pas parvenu à connaître exactement la durée de vie des abeilles, mais on présume qu’elles existent plusieurs années. Elles semblent s’endormir l’hiver ; la nature assoupie languit alors sous les frimas, et tous ses enfants se reposent. »

Et vient le printemps :

« Mais aux premiers jours du printemps, à l’instant où les rayons du soleil percent à travers les brouillards qu’ils dissipent, la terre s’échauffe, la feuille s’échappe du bourgeon qui la recèle, les oiseaux chantent le retour du plaisir, et la volupté se réveille pour rappeler à l’amour tous les enfants de la nature. Alors l’abeille sort de sa ruche, et va chercher la fleur prête à éclore ; elle reprend ses travaux. »

Quelle poésie chez ce révolutionnaire archiviste, quel amour de la vie…

Blanc et rose ©Roger Puff

Blanc et rose ©Roger Puff

Vallée poursuit avec l’essaimage de la vieille reine, la fécondation des reines vierges qui « reviennent avec les signes extérieurs de la fécondité, et c’est alors pour elles les soins et les respects des habitants de la nouvelle ruche… »

Puis Vallée décrit ce qui se passe lorsque deux reines veulent diriger la même ruche, leur combat corps à corps jusqu’à la mort de l’une d’elle. Les abeilles, « vigilantes sentinelles », à la porte de la ruche, examinent tous les individus qui se présentent et si c’est une reine étrangère, « enferment l’indiscrète reine dans un cercle si étroit, si épais, que souvent elle meurt étouffée sans avoir reçu un coup d’aiguillon. »

Le frivole papillon ©Roger Puff

Le frivole papillon ©Roger Puff

Puis voilà le travail des ouvrières :

« Le printemps et l’automne, après le lever du soleil et avant son coucher ; et dans l’été une heure avant le jour et jusqu’à l’entrée de la nuit, et tandis que le frivole papillon fatigue sans dessein la rose qu’il caresse un instant, la laborieuse abeille se pose sur le thym fleuri, et pompe légèrement son parfum, qu’elle porte à sa ruche, dont elle ressort à l’instant pour voler en recueillir encore. »

C’est à partir des fleurs que l’abeille va produire le miel qui « sert aux besoins de l’homme et s’emploie utilement dans les remèdes que son intempérance lui rend trop souvent nécessaires» et la cire qui « sert bientôt à éclairer nos plaisirs : c’est à elle que la femme jolie doit la lumière douce qui vient éclairer ses charmes, et nous fait apercevoir des attraits que la modestie cachait autrefois pour doubler nos plaisirs, et que la mode découvre aujourd’hui pour diminuer nos jouissances. »

Notre archiviste devait aimer les femmes…

Vallée n’en a pas fini. Il va s’employer à motiver l’habitant des campagnes pour « trouver un assez grand profit dans l’éducation des abeilles… ». Il s’emploie à décrire différents types de ruches, celles de Paletau, de della Rocca, celle à feuillets de Huber… mais il considère que celle « en bois, dont la forme est conique, semblable à une baratte à battre le beurre… » convient le mieux aux simples cultivateurs. Elle est décrite en détails. Puis vient l’acquisition en Floréal ou Prairial d’un jeune essaim, si possible « dont les abeilles sont petites, d’un jaune-aurore, luisantes, vives et alertes » et de « vingt-huit hectogrammes ».

extrait de Notice sur la ruche à espacements et sa culture de Charles Sauria édité chez Frédéric Gauthier 1845

extrait de Notice sur la ruche à espacements et sa culture de Charles Sauria édité chez Frédéric Gauthier 1845

Bien sûr il faut veiller à la bonne santé de la ruche, « dont il faut écarter soigneusement les souris, les lézards, les crapauds, les araignées, les fourmis et tous les ennemis des abeilles ». La maladie la plus commune est alors la dysenterie que l’on guérit facilement « avec un sirop composé de jus de poire, de miel et de vin blanc, bouilli avec un peu de sel marin. »

Pas de frelon asiatique, pas de varroa, pas de néocotinoïdes. Ah ! La belle époque…

Positionnement de la ruche pour recevoir les rayons du soleil et se prémunir du vent du Nord, puis description des soins de Vendémiaire pour préparer l’hiver, précautions à prendre en Brumaire, Frimaire, Nivôse et Pluviôse, sortie des ruches en Ventôse et Germinal pour « leur donner quelques fumigations de propolis et de bouse de vache, pour prévenir les maladies qui font quelquefois de grands ravages au commencement du printemps . » En Floréal, l’essaimage et la capture de l’essaim si possible sur l’arbre le plus proche.

A la fin de Prairial, les ruches ont produit et il faut placer un nouveau chapiteau sur la ruche et l’abeille qui a été enfumée va reprendre son vol « sur les champs émaillés de fleurs, et à pomper dans leurs calices odorants, et la cire, et le miel. »

En Messidor on peut accoupler deux ruches. En Thermidor, il faut faire la guerre aux ennemis des abeilles « c’est dans ce mois qu’abondent guêpes, bourdons, abeilles pillardes, qui cherchent à vivre sans travailler, aux dépens des ruches ; il faut les détruire : le lâche, le paresseux, l’égoïste insouciant qui veut vivre sans concourir à faire vivre les autres, ne doit pas entrer dans le temple de l’industrie. »

En Fructidor, dernier mois de l’année au calendrier républicain, on pourra déplacer les ruches.

Et Vallée de conseiller la lecture des bons auteurs en commençant par Pline et Virgile pour finir par Paletau et Huber, en passant par Réaumur et Buffon. Et il y a même une dame :

« La Citoyenne Barras vient d’y ajouter encore, dans un mémoire fait avec ce goût qui caractérise le style d’un sexe aimable, dont les grâces, quand il écrit, semble toujours tailler la plume. »

Ce n’est pas l’épouse de Barras, qui vota la mort de Louis XVI et fut un des Directeurs sous le Directoire, … ? Celui-ci aimait les femmes belles et spirituelles, mais son épouse légitime épousée en 1791 n’aurait pas quitté Fox-Amphous en Provence. La Citoyenne Barras est – c’est le dictionnaire Fortunée Briquet de 1804 qui nous l’apprend - Marie-Thérèse Quiqueran Beaujeu, Dame Barras, née à Salon de Provence en 1753, également membre du Lycée des Arts. Vallée se référait à son Mémoire sur l'Éducation des Abeilles, qu'elle avait fait paraitre « chez J.-J. Fuchs, libraire, rue des Mathurins, au ci-devant hôtel de Cluny, et chez tous les Marchands de nouveautés. An VIII de la Rép. Fr. »

Le dictionnaire nous dit que « ce mémoire est absolument élémentaire. Il est écrit avec précision. On regrette seulement que le style n'en soit pas plus soigné. ». Notre aimable Vallée aurait-il été outrageusement flatteur vis-à-vis de la dame ?

vu à Strasbourg ©Roger Puff

vu à Strasbourg ©Roger Puff

Mais revenons à son texte. Je ne peux pas ne pas citer ce beau paragraphe évoquant l'Eden ou l'Arcadie :

« Dans l’enfance du monde, et lorsque le luxe, en inventant les jouissances factices, n’avait pas encore multiplié les besoins des hommes, les peuples pasteurs vivaient de lait et de miel, alors l’abeille, errante, fixait ses rayons sucrés dans les troncs d’arbres, et près des fleurs humectées par les ruisseaux paisibles ; le berger couronnait de roses le gâteau qu’il arrachait à l’arbre protecteur, le portait à sa tendre amie. Heureux temps ! Vous avez fui à mesure que les hommes ont connu les passions nées au sein des cités ; mais nous pouvons encore trouver dans le miel et la cire, des ressources précieuses pour l’humanité. »

Et Vallée de conclure son discours par ces propos :

« On ne saurait donc trop encourager l’éducation des abeilles ; ce soin est un plaisir, ami de l’innocence et de la tranquillité. La jeunesse peut s’en occuper, et la vieillesse se reposer de ses travaux, en s’en occupant encore ».

Alors c'est décidé, vous vous lancez dans l'apiculture ?

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Publié le 25 Juin 2015

Il vous reste 52 jours pour envoyer vos photos d'insectes au concours de l'Agrion de l'Oise.

Si vous voulez en savoir plus et découvrir la procédure d'envoi, reportez vous à l'article paru fin avril au lancement du concours.

Rappel Concours Photos "Insectes de France"

Dernier délai dimanche 16 août 2015 à 24h00.

Vous avez encore la possibilité de faire de magnifiques photos et de gagner le prix du public ou le prix du jury.

Rappelons qu'un prix spécial est prévu pour les moins de 18 ans.

Réglement

Bordereau d'envoi

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Publié le 11 Juin 2015

L’Agrion de l’Oise avait été invité à exposer à l’occasion de l’Oise verte & bleue au 9ème Festival au Jardin organisé à Pierrefonds par l’Institut Charles-Quentin pendant le week-end des 6 et 7 juin.

En rouge & or dans l’Oise verte & bleue

Notre stand « rouge & or » était installé dans la bibliothèque d’une belle bâtisse érigée en 1865, le château du Prieuré, d’après des plans de Viollet-le-Duc , pour le compte de Guillaume Sabatier, critique et auteur dramatique, directeur-rédacteur du journal L’Eclair, fondateur du Quotidien Illustré… Ce château est à présent le bâtiment principal de l’Institut, un lycée privé d'enseignement général et agricole, sous tutelle du Ministère de l’Agriculture.

Le Parc mérite une visite approfondie avec son jardin anglais et son petit étang peuplé de demoiselles et de libellules, son jardin de curé, son potager pédagogique, son arboretum aux soixante espèces et le parcours forestier pédagogique, élaboré sur 1 km par Said Belkacem, enseignant en production forestière. Nous y reviendrons plus loin.

Notre stand, qui exposait les photos de notre concours 2014, était installé parmi ceux proposant des parfums naturels, des bijoux artisanaux, de la carterie et de la papeterie, etc. Il y avait là également Georges Larnoult, un photographe de la nature qui présentait des clichés d’oiseaux, de cerfs bramant et de renards bondissant… mais qui m’a montré ses photos d’insectes et qui devrait participer à notre concours 2015. Tout à côté de nous, une librairie associative de Chevrières, Graines de mots, qui mérite d’être connue pour ses actions culturelles.

Le temps superbe a permis a de nombreux visiteurs de découvrir les lieux pendant cette journée « Portes ouvertes » où se pressaient les parents d’élèves.

Occupé à accueillir les visiteurs sur le stand, je n’ai pas pu profiter de toutes les attractions proposées, ni découvrir tous les produits artisanaux comestibles ou non.

En rouge & or dans l’Oise verte & bleue

Je retiens l’Envol des Sens où les élèves de l’Institut faisaient découvrir les 5 sens au public avec divers tests bien sympathiques et notamment un petit parcours à effectuer pieds nus pour le bonheur de ses petons.

En rouge & or dans l’Oise verte & bleue

Les grandes associations naturalistes régionales étaient présentes pour l’occasion : Picardie-Nature et le Conservatoire des Sites naturels de Picardie pour décrire leurs actions et sensibiliser le public à la biodiversité et à la préservation de l’environnement.

En rouge & or dans l’Oise verte & bleue

Les insectes de nos jardins étaient à l’honneur et Madame l’Abeille était comme il se doit la vedette grâce au Rucher du Prieuré, un rucher pédagogique exploité par les élèves de l’Institut, qui proposaient leur production, assisté par une jeune entreprise de Bonneuil-en-Valois, Les Ruchers D’ici. Cette entreprise a une démarche tout à fait originale comme me l’a expliqué un de ses deux fondateurs. Ils installent des ruches chez des partenaires : particuliers, associations, entreprises ou collectivités, et fournissent tout le matériel pour les exploiter. Ce sont eux qui, avec leur camion laboratoire, assurent le suivi et le nettoyage de leurs ruches, la centrifugation des cadres pour récolter le miel. Ce sont ensuite les exploitants qui commercialisent le miel sous leurs propres étiquettes. L’entreprise se rémunère sur un pourcentage des ventes. Une belle initiative lauréate 2015 du Réseau Entreprendre Picardie. Souhaitons leur plein succès.

En rouge & or dans l’Oise verte & bleue

Côté ambiance musicale, il y avait le choix. Un groupe en costumes, le Ballet russe, assurait avec prestance des démonstrations de danses, quadrilles, polkas ou valses d’une époque où les militaires chamarrés et les belles dames enrubannées enchantaient les salons.

En rouge & or dans l’Oise verte & bleue

Plus près de nous, le Trio Villena, violoncelle, bandonéon et guitare, plongeaient l’assistance dans l’ambiance tango de Buenos-Aires des années 20 au temps présent. Ce concert ouvrait la saison 2015 du Festival des Forêts.

En rouge & or dans l’Oise verte & bleue

Entretemps Hugues de Grandmaison, animateur des promenades en musique du Festival des Forêts, Said Belkacem, enseignant à l’Institut et Thierry Decoutère de la Ligue de protection des Oiseaux, faisaient découvrir le parcours forestier sur le thème fédérateur des oiseaux de la forêt.

Ce sont Said Belkacem et Hugues de Grandmaison qui parleront de sylviculture et d'insectes à notre conférence du 10 juin.

Un lieu, un parc, un parc à découvrir.

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Publié le 7 Juin 2015

L’Agrion de l’Oise et les orchidées à l’Abbaye royale du Moncel

Du jeudi 14 au dimanche 17 mai, l’Agrion de l’Oise était présent sur un stand à la 1ère exposition internationale ORCHIDEES à l’Abbaye du Moncel organisée par l’association Orchidées 60. Notre stand a vu passer une bonne partie des 5000 visiteurs qui ont découvert cette belle exposition ayant remporté un magnifique succès. Un coup d’essai transformé en coup de maître. Bravo !

Le projet d’insectarium a intrigué pas mal des gens qui se sont arrêtés sur le stand. Des riverains croyaient l’opération déjà bien engagée, d’autres venus d’ailleurs nous demandaient s’ils pouvaient prolonger leur visite au Moncel par la découverte de l’insectarium. Beaucoup de déception donc, surtout quand il a fallu dire que l’ouverture n’était pas pour demain, loin de là…

Quatre jours d’exposition, c’est long pour une jeune association, avec de nombreux adhérents il est vrai, mais encore peu de bénévoles prêts à consacrer un peu de leur temps. Heureusement le président a été assisté par Dominique pour monter le stand, le trésorier Jean-Michel et une nouvelle adhérente très dynamique Caroline pour le tenir, ainsi que Bernadette pour le démonter, ce qui n’était pas de trop. Qu’ils soient ici remerciés..

Un mois de mai bien rempli

Notre stand était bien sûr l’endroit idéal pour promouvoir notre concours photo à défaut de promouvoir l’insectarium, voire l’association. De nombreux visiteurs passaient en effet équipés d’appareils plus ou moins sophistiqués, d’objectifs plus ou moins gros, plus ou moins longs… Venus pour photographier des fleurs, il suffisait de les motiver pour qu’ils ne les photographient que si un insecte y été posé… Vite leur intérêt changerait, ils photographieraient les insectes avec ou sans fleurs.

L'exposition Orchidées sur le blog de Destination Oise Tourisme

Un mois de mai bien rempli

Comme L’Agrion de l'Oise découvrait les orchidées, c’était une bonne occasion pour s’intéresser au fameux papillon prédit par Darwin, Xantopani morgani.

En 1862, le célèbre naturaliste Charles Darwin publia un ouvrage sur la biologie des orchidées. En étudiant les angraécoides, il remarqua que ce groupe d’orchidées était pollinisé par des insectes spécifiques. Une des orchidées, Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, découverte au 19ème siècle par le botaniste Du Petit-Thouars, se caractérisait par son très long éperon : « Dans plusieurs fleurs que m’a envoyées Mr Bateman, j’ai trouvé des nectaires de onze pouces et demi (29 cm) de long, avec seulement le pouce et demi inférieur (4 cm) rempli d’un nectar très doux. Il est cependant surprenant qu’un insecte soit capable d’atteindre la nectar : nos sphinx anglais ont des trompes aussi longues que leur corps, mais à Madagascar il doit y avoir des papillons avec des trompes capables d’une extension d’une longueur comprise entre dix et onze pouces (25-30 cm) ». En effet, ce papillon fut découvert et décrit 41 ans après la prédiction de Darwin : il appartenait au genre Xantopani morgani prædicta, c’est à dire « prédit », ce qui est amplement mérité.

NB. Ce paragraphe et la photo de papillons viennent d’une boite d’insectes photographiée à l’insectarium du Bioparc de Gaspésie (Canada) l’an dernier.

A noter que le fameux papillon n’a été filmé (de nuit) pollinisant la fleur qu’en 2008.

L'Agrion prend l'autoroute

L’Agrion de l’Oise a répondu à la demande de l’Agence Verte et de la Sanef comme l’an dernier pour participer vendredi 22 et samedi 23 mai à l’animation de l’aire de repos de Chevrières sur l’A1, sortie vers Pont-Sainte-Maxence et Compiègne, entre Paris et Lille. Il s’agissait de célébrer la Fête de la Nature et la Biodiversité sur une aire respectueuse du développement durable. Nous étions aux côtés de la Ligue de Protection des Oiseaux qui proposait aux automobilistes des nichoirs, d’un apiculteur qui décrivait avec passion sa profession, d’un marchand de yaourts glacés bio, d’une maquilleuse et d’un caricaturiste. Le vendredi matin il s’agissait de jouer le rôle de guide naturaliste pour guider une centaine d’élèves de l’école primaire de Chevrières. Nous étions 3 : Guy et Marie m’assistaient avec brio. Ce sont eux qui ont eu l’honneur des caméras. Beaucoup de succès avec une épuisette et un bocal pour capturer aux fins d’examen larves de demoiselles et notonectes dans la mare, et décrire avec force détails la consoude tubéreuse, ou apprendre à distinguer le hêtre du charme…

Un mois de mai bien rempli

On pouvait admirer les magnifiques ruches peintes par des artistes que présentait André Claude, notre ami l’apiculteur. Il en a 21, de quoi exposer….

Un mois de mai bien rempli

L’aire se visite bien sûr 365 jours par an. Voilà ce que Sanef en dit : « La biodiversité est mise à l'honneur sur l'aire de repos de Chevrières (A1). Un parcours découverte jalonné de nombreux panneaux d'information sur la richesse de la Biodiversité de la vallée de l'Oise, vous y attend."

Pour en savoir plus

L'Agrion supporte les coureurs

Dimanche matin, 31 mai, l’Agrion de l’Oise était présent sur un stand du Village du Trail du Château à Verneuil-en-Halatte. C’est Jean-Marc qui assurait le service avec la superbe exposition très didactique qu’il avait montée sur sa passion, l’apiculture. La ruche qu’il voulait présenter avait été colonisée quasiment la veille par un essaim en goguette. Heureusement Chrysta a pu apporter sa ruche ancienne. Les enfants pouvaient même endosser un habit complet d’apiculteur à leur taille. Deux autres adhérents, très actifs sur le Trail, Frédéric et Jean-Louis, nous ont aidés pour nous installer. Jean-Louis avait même exposé son mini-hôtel à insectes. Si le Trail a été un grand succès, la pluie a un peu fait fuir les visiteurs potentiels du stand. Il y a cependant eu de l’intérêt pour notre concours photo.

@Marc/Trail du Château

@Marc/Trail du Château

C'étaient les activités du mois de mai.

Le mois de juin sera l'occasion d'autres aventures dont nous vous ferons part.

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Publié le 15 Mai 2015

L’Agrion de l’Oise vous convie à une conférence de haut niveau ouverte à tous le mercredi 10 juin à 20h00 à Brenouille (Oise) : "Sylviculture et rôle des insectes dans un éco-système forestier".

A l'affiche le 10 juin et à ne pas manquer

A l'affiche le 10 juin et à ne pas manquer

Hugues de Grandmaison
Hugues de Grandmaison

Vous pourrez découvrir Hugues de Grandmaison sur le site Internet d’Esprit de Picardie. Il faut dire qu’il est bien connu et apprécié des mélomanes qui participent au Festival des Forêts, dont il est une des grandes figures. Il assure en effet l’accompagnement des concerts-randonnées, promenades en musique du Festival, faisant découvrir aux participants entre deux aubades tous les aspects de nos belles forêts domaniales. Le voici en discussion avec un ami passionné dont on ne voit que les mains ; j’ai pris cette photo de lui en 2009, entre Vieux-Village et le Prieuré des Célestins au Mont Saint-Pierre où une belle aubade nous attendait.

Forestier d’une grande expérience, il a été conseiller de la chambre d’agriculture de l’Oise durant 38 ans et contribue depuis sa retraite en 1998 à diverses associations, le Festival des Forêts bien sûr, et la Société de Protection de la Forêt de Compiègne.

Permettez-moi de vous donnez un autre éclairage - personnel - sur ce Festival d'une très grande qualité dans des sites remarquables. C'était en 2014.

Autre spécialiste, SaId Belkacem, docteur en foresterie, enseigne les techniques forestières et les relations commerciales à l'Institut Charles Quentin de Pierrefonds, collège et lycée général et agricole (et BTS), connu pour son très bel arboretum au pied du château et son jardin médiéval dans un parc sur 13 ha dont 7 ha de bois. Le parc comprend aussi un parcours dédié à la thématique forestière, conçu et aménagé par Saïd Belkacem et ses élèves, inauguré en juin 2013. Il comprend 15 stations décrivant le fonctionnement d'un écosystème forestier.

Notez qu’à l’occasion du week-end L’Oise Verte et Bleue, les 6 et 7 juin prochain, l’Agrion de l’Oise exposera à l’Institut Charles-Quentin. Nous vous y invitons. Vous découvrirez - si vous ne connaissez pas encore - un trésor du tourisme de l’Oise.

probablement le petit capricorne ©RogerPuff

probablement le petit capricorne ©RogerPuff

J’en profite pour publier une photo d’un bel insecte xylophage de nos forêts, prise sur une plante ombellifère dimanche dernier, en lisière de la Forêt d’Halatte.

En fait le premier individu remarqué a été rejoint après de prudents manoeuvres d'approche par un deuxième, pour faire, devinez quoi. Un troisième larron et arrivé, lui aussi en catimini. Je vous laisse imaginer la suite du film.

rapidement ils étaient trois ©RogerPuff

rapidement ils étaient trois ©RogerPuff

Pardonnez la médiocrité de la photo. mais la mise au point était difficile...

Est-ce le petit capricorne, cerambyx scopolii (17 à 28 mm ) ? Très probablement. Pour moi, les bestioles faisaient bien leurs 3 cm. En effet le grand capricorne noir, cerambyx cerdo, ou capricorne du chêne, mesure lui jusqu’à 6 cm hors antennes.

Nos spécialistes nous le confirmerons sans doute.

Bref, une conférence à ne surtout pas manquer.

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Publié le 24 Avril 2015

Nous rééditons cette année le concours photos « Insectes de France ».

Le nouveau règlement du concours est paru sur notre blog. Nous espérons cette année de nombreux candidats et surtout recevoir des photos réalisées par des jeunes photographes de moins de 18 ans, un prix spécial est prévu pour eux.

Le concours est ouvert à tous, adhérents ou non de notre association.

Lancement de la 2ème édition de notre concours photos

Les photos seront cette année exposées du 10 au 17 octobre dans la galerie marchande du centre commercial Leclerc Val d’Halatte aux Ageux. Le public pourra voter pour sa photo préférée pendant 8 jours. La remise de prix du Jury et du Public aura lieu le samedi 17 octobre à 16h00 (après dépouillement des votes et tirage au sort de 2 votants qui se verront également remettre un prix).

Les premiers prix cette année sont des week-ends offerts par Oise Tourisme, les 2ème prix sont des bons d’achat chez des commerçants (dont Photo Henrique et l'Espace culturel du centre commercial Leclerc) et les 3ème prix des abonnements à La Manekine offerts par la Communauté de Communes Pays d'Oise et d'Halatte.

Pour les candidats de France et de Navarre, de Belgique ou d'ailleurs, ce sera une bonne occasion de visiter notre beau département.

Cliquer sur les liens ci-dessus

Règlement du concours

Bordereau d'envoi des photos

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Publié le 22 Avril 2015

Je profite de la Journée internationale de la Terre instaurée par l’ONU il y a 45 ans déjà pour vous parler de végétaux ; j’allais dire de plantes en pots. J’aurais plutôt dû vous parler aujourd'hui de changement climatique, mais on y reviendra d’ici la COP 21 qui se tiendra à Paris en décembre. Parlons plutôt d’un événement proche.

Dans moins d’un mois, du 14 au 17 mai, L’Agrion de l’Oise sera présent à une grande exposition à l’Abbaye royale du Moncel organisée par Orchidée 60, une association amie. Cette exposition ce sont 5000 orchidées botaniques et hybrides venues de tous les continents, la prestigieuse collection des Serres du Jardin du Luxembourg, des producteurs de renommée mondiale de France, de Belgique, d’Allemagne, d’Équateur et de Taïwan, des artisans, des artistes, des passionnés, dont nous ! Bref une superbe manifestation à ne pas manquer.

L'Agrion de l'Oise s'intéresse aux orchidées

Occasion pour moi de vous dire quelques mots sur les orchidées et leurs rapports avec les insectes.

Les insectes menacent bien sûr les orchidées comme bien d’autres plantes.

Voilà ce que l’on peut lire dans un ouvrage Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe de Lucien Linden, publié en 1894 chez l’auteur à Bruxelles et chez Octave Douin , éditeur à Paris :

Un certain nombre d’insectes envahissent fréquemment les serres à Orchidées ; je citerai notamment les fourmis, les cloportes, ces ennemis de toutes les serres, les thrips, à peine visibles à l’œil nu, les blattes et cancrelats, les araignées rouges, les limaces, ces ogres qui dans l’espace d’une nuit, dévorent une quantité considérable de verdure et s’attaquent toujours de préférence aux tiges florales – et à celles auxquelles l’amateur tient le plus.

Stop ! Les cloportes ne sont pas des insectes mais des crustacés, les araignées rouges des arachnides, les limaces des mollusques… Faut pas confondre avec nos chers insectes.

L’auteur détaille les moyens de se débarrasser de tout ce petit monde et alors là, rien de tel que le tabac. Je note :

Les thrips, aphis, araignées rouges, etc. sont chassés surtout par des lavages répétés de temps en temps avec de l’eau contenant un peu de nicotine ; mais ces insectes se logent parfois sur les étiquettes de bois. Il ne suffit donc pas de laver les feuilles et les pots et de rempoter les plantes malades, il faut encore examiner avec soin les étiquettes et les nettoyer ou les remplacer…

coccinelle à sept points ©Roger Puff

coccinelle à sept points ©Roger Puff

Non il ne s’agit donc pas de les enfumer avec les volutes de votre cigarette. Évitez d’ailleurs de fumer dans les serres. Au fait pour ceux qui ne le savent pas, les aphis sont des Aphididae (ordre des hémiptères) ou si vous préférez des pucerons. Utilisez donc quelques coccinelles bien de chez nous, si possible à 7 points.

Question fourmis, c’est vite expédié :

Les fourmis se prennent facilement à des pièges formés de pots ou vases un peu profonds contenant un sirop sucré ; le jus de pruneaux également les détruit.

Les fourmis étant engluées dans le jus de pruneaux, je ne pense pas que se soit l’action laxative du fruit qui a raison de notre bestiole. L’auteur développe ensuite la lutte contre Acarus telarius, un acarien, donc passons, ce n’est pas un insecte.

Voilà aussi ce que l’auteur propose plus concrètement pour se débarasser de la gent insecte, à nouveau l’herbe à Nicot. Il s’agit de mélanger dans 2 litres d’eau, 25 grammes de tabac à fumer, 60 grammes de savon noir, 110 gramme de fleur de soufre ; de faire bouillir quelques minutes, puis d’ajouter 6 litres d’eau, soit 10 litres de solution à utiliser en seringage ou en bassinage. Mais l’auteur a d’autres solutions qui me plaisent bien :

On peut aussi employer pour détruire beaucoup de petits insectes, la grenouille et la tortue, deux auxiliaires précieux. Toutefois les amateurs n’aiment pas tous à voir ces animaux dans leurs serres, et il n’est pas toujours facile de les y retenir.

Dommage.

Les feuilles de tomates, dispersées dans une serre, font, paraît-il, fuir définitivement les insectes.

Mais le meilleur moyen nous indique l’auteur reste encore le tabac, mais cette fois-ci avec un autre mode opératoire :

Déposer sur les tuyaux de chauffage [de la serre] une légère couche de côtes de feuilles de tabac séchées, que l’on arrose de temps en temps. Il s’en dégage une vapeur de nicotine assez faible pour ne pas incommoder les visiteurs, et même à peine perceptible au bout de deux jours, mais dont la persistance chasse absolument les insectes en produisant une réelle intoxication de l’atmosphère.

Vous voyez bien, cela fait longtemps qu’on le dit, le tabac n’est pas bon pour la santé. Les insectes l’ont expérimenté depuis belle lurette.

L'Agrion de l'Oise s'intéresse aux orchidées

Ceci dit, il faut 1 kg de côtes de tabac pour couvrir 3 à 4 m de tuyaux. Et à l’époque c’est assez cher avec1 franc le kg sachant qu'à l'époque une femme de ménage gagnait 1,5 francs par jour). Qu'en serait-il aujourd’hui avec un paquet de cigarettes anonymisé et illustré de phrases choc et de poumons ravagés, bientôt à 8 ou 10 euros, voire à 13 euros pour couvrir son coût social. Sans compter qu’il n’y a pas que du tabac dans une cigarette mais des tas d’additifs, ne serait-ce que dans le papier à cigarette. Bien sûr les insectes, eux aussi, ne doivent pas beaucoup les apprécier, mais je doute qu’ils y deviennent accros.

Aujourd’hui un jet d’insecticides revient sans doute moins cher et prend beaucoup moins de temps que l’application ces méthodes du 19ème siècle… Le progrès (mais il faut penser qu'aujourd'hui c'est la Journée internationale de la Terre, alors évitons les produits non bio)..

Mais le danger pour les Orchidées vient peut aussi d’ailleurs :

Il arrive parfois aussi que des plantes importées apportent avec elles des insectes redoutables de leur pays d’origine, lesquels sont cachés à l’état de larves dans les pseudobulbes et les tiges.

Notamment, nous dit-il, le redoutable Isosoma Cattleyae, un minuscule hyménoptère (chalcidé) qui génère des galles. On le donne aussi sous Eurytoma orchidearum (Westwood, 1869), en anglais cattleya fly, la mouche du cattleya. En 1920, la société d’entomologie d’Amérique donnait comme moyen de s’en débarrasser un mélange de 50 parties de kaolin, 20 parties de chaux hydratée, 5 parties de sulfate de nicotine à 40% et 25 parts de poussière de tabac à 1% de nicotine. Encore et toujours l’herbe à Nicot.

Mais ce n’est pas tout. Poursuivons notre lecture :

En dehors des insectes qui nuisent aux plantes et les attaquent, il en est d’autres dont l’intervention est bien moins néfaste, mais n’est cependant pas désirable, tels les guêpes, abeilles, papillons, etc., qui s’introduisent quelquefois dans les serres par les ventilateurs ouverts pendant l’été. La présence de ces insectes peut être gênante, et il peut arriver quelquefois, qu’ils fécondent des fleurs mal à propos. Il est donc préférable de les arrêter, ce qui est facile à réaliser en plaçant pendant l’été un fin grillage métalliques à l’ouverture des ventilateurs.

Aïe ! Alors la petite coccinelle à 7 points que j’évoquais plus haut, bien qu’elle ne soit pas réputée pour son rôle pollinisateur, risque peut être elle aussi de féconder mal à propos une orchidée de la serre. En lisant à un autre chapitre, j e comprends mieux le fonctionnement des fleurs :

L’apprenti semeur perdrait son temps à vouloir féconder une de ces fleurs par elle-même. Il faut avoir sous la main des fleurs des deux sexes, ce qui ne se rencontre pas très fréquemment.

Il parle de catasetum, l'orchidée-arbalète, et décrit les organes – je suis obligé de passer sur les détails – et notamment deux antennes.

Orchidée-arbalète (figures extraites de Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe)

Orchidée-arbalète (figures extraites de Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe)

L’une de ces antennes est inerte […] mais l’autre agit comme un ressort à détente d’une délicatesse extrême. Dès qu’elle reçoit le plus léger contact, elle soulève l’opercule de l’anthère ; par suite le pédicelle des pollinies, n’étant plus maintenu, se détend avec une extrême violence, de sorte que tout l’appareil pollinique est projeté à une certaine distance, généralement sur le doigt de l’observateur, ou sur le dos de l’insecte, qui visitait la fleur […]

Alors pas touche.

Ami lecteur, je ne suis en aucun pas spécialiste des orchidées et mes conseils ne sont donc pas à suivre. Je vais d’ailleurs moi-même profiter de cette belle exposition pour en apprendre plus sur les rapports entre orchidées et insectes, tels qu’on en parle aujourd'hui, 120 ans après Lucien Linden.

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Publié le 15 Avril 2015

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

Bravo RObeez et les CM1 du Plateau Rouher à Creil.

Superbe nouvelle et un très grand bravo à notre amie Joëlle Lefort, adhérente de L'Agrion de l'Oise, qui, avec ses petits Creillois en CM1, a remporté - devant 600 candidats au niveau national - le 1er prix de l'innovation numérique de l’Education nationale pour son programme RObeez, les robots-abeilles.

Nous sommes très heureux pour elle et nous la félicitons, ainsi que ses 27 élèves de l' École élémentaire Louise Michel/Jean Biondi. C'est un magnifique succès pour ce très beau projet. Je manque de superlatifs mais je suis sûr que ses abeilles, les vraies car elle est aussi apicultrice, en sont très heureuses, elles-aussi.

Voilà de la belle info "abeilles" qui nous change du frelon et du varroa. Voilà de l'espoir pour ces jeunes qui vont apprécier tout autant l'écologie que la technologie. Souhaitons-leur la réussite dans leurs études. Merci Joëlle pour ce grand plaisir que tu nous donnes.

En effet le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche organisait la 5ème édition de la Journée de l'innovation, le mercredi 8 avril 2015, au lycée Diderot à Paris. Cette Journée, sous la présidence de la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, avait pour objectif de valoriser la capacité de recherche et d'innovation du système éducatif.

Plusieurs prix étaient décernés. Joëlle était nominée sur le thème « Le numérique au cœur des apprentissages et dans la relation pédagogique ».

Voilà in extenso la présentation du projet RObeez telle qu’on la trouve sur le site de l’Education nationale :

En étudiant le fonctionnement d'une ruche, les élèves se verront proposer un défi technologique : fabriquer des RObeeZ (abeilles robots) qui vont reproduire les comportements caractéristiques des individus d'une ruche. Le travail se fera en équipe. Dans chacune d'entre elles, les rôles seront définis selon le nombre d'équipiers, cette distribution changeant à chaque séance pour que chaque élève couvre l'ensemble des tâches. Construire des robots, c'est développer des compétences d’observation, d'analyse et de conception, apprendre à résoudre des problèmes et à travailler en équipe, susciter le besoin d'aller chercher l'information, prendre conscience des actions logiques sous-jacentes, utiliser des outils mathématiques et informatiques, créer, jouer, manipuler et donner forme à des idées. Découvrir les abeilles, c'est réaliser des observations scientifiques et sociales, découvrir l'impact environnemental des êtres vivants, surtout celui des hommes, éveiller la conscience civique et humaine, nourrir une réflexion sur les actes humains et décisions futures en faveur d'un écosystème à préserver. Les évaluations nationales CE1 et CM2 montrent des difficultés en résolution de problèmes et en gestion des données : ils ne donnent pas sens aux outils mathématiques qu'ils utilisent, ils s'appliquent très bien des mécanismes mais n'entrevoient pas l'utilité concrète qu'ils peuvent avoir. Chez eux, comme à l'école, les temps de manipulation et de conception sont quasi inexistants ou insuffisants. Les robots permettent de faciliter la modélisation et de combler cette lacune. Les élèves, rarement en contact avec la nature, ne réalisent pas l'impact de nos actes sur l'environnement ; les monde végétal et animal ne leur sont pas familiers ; leur jugement «environnemental» est faussé, leur comportement se révèle inadapté puisqu'ils n'ont pas les clés nécessaires à l'analyse des interactions homme-nature. L’étude des abeilles peuvent pallier ce manque de repères.

Et on se rappelle à l’association que Joëlle était venue en juin 2014 nous présenter ses travaux à l’occasion d’une de nos réunions trimestrielles.

Alors cette semaine je vous propose de publier sur ce blog l’article qui était paru dans notre lettre mensuelle aux adhérents. Le voici :

Une enseignante, Joëlle Lefort, vient ce soir nous faire une conférence que nous avions intitulée « Des abeilles, des élèves et … des robots ». Joëlle rectifie : « Ce ne sera pas une conférence mais un témoignage ».

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

Elle se présente : enseignante à Creil sur le plateau en CM1 à l’Ecole Louise-Michel, mais aussi amoureuse de la nature. Joëlle est arrivée à l’enseignement après avoir butiné ça et là.

Il semble bien qu’elle ait trouvé son miel. Oui car elle est aussi apicultrice.

Joëlle s’est découvert une passion pour les abeilles après avoir assisté à un essaimage : « J’ai été mordue ». Heureusement elle n’a pas été piquée. Rapidement elle a envie d’avoir sa propre ruche et s’initie à Beauvais auprès d’un vieux monsieur à la belle barbe blanche.

L’enseignante-apicultrice a aujourd’hui 3 ruches en forêt d’Ermenonville.

Elle a eu envie de faire partager à ses élèves, qui n’ont pratiquement aucune occasion d’aller en campagne ou en forêt, sa passion pour la nature et les abeilles. Mais il lui était impossible d’amener sa classe voir ses ruches. Un contact avec un spécialiste des sciences cognitives l’a amenée à s’intéresser à la robotique par le biais des abeilles.

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

C’est ainsi, qu’avec l’aide d’un spécialiste de la robotique, qu’elle a initié ses élèves à la construction en briques lego (que peu d’entre eux pratiquaient), à l’utilisation d’un i-pad et à la programmation. Ils se sont vite passionnés.

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

Après avoir étudié le comportement des abeilles, les élèves ont réalisé et programmé plusieurs robots : reine, exploratrice, butineuse, gardienne, maçonne, ouvrière. Aujourd’hui ses élèves sont passionnés par les insectes, ne les considèrent plus du tout comme gênants ou dangereux. L’un d’eux est même allé jusqu’à prendre une guêpe en main...

La perspective d’un Insectarium à proximité de Creil les enchante.

L’utilisation des i-pad ne pose aucun problème à ces jeunes. Joëlle a été surprise et émue lorsque l’une de ses élèves, Betul, est venue lui présenter le dessin animé qu’elle avait réalisé seule.

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

D’autres se sont lancés depuis. Les élèves utilisent sans difficulté les moyens mis à leur disposition, par exemple pour réaliser des fiches

RObeez, les robots-insectes des CM1 de Creil

L’expérience pédagogique de Joëlle a été reconnue par l’Education nationale et elle est très heureuse de pouvoir poursuivre avec ses élèves l’an prochain en CM2. Ils vont se passionner pour d’autres insectes et perfectionner leurs connaissances.

La discussion a été nourrie, tant sur cette expérience pédagogique que sur l’apiculture, telle que la pratique Joëlle. Très affectée par la perte de ses abeilles qui avaient butiné du colza traité, elle a choisie de poser ses ruches en forêt, en petit nombre pour ne pas perturber les autres butineurs de la forêt, de laisser leur miel aux abeilles pour ne pas avoir à les nourrir l’hiver avec du sucre. Elle ne prélève que ce qui reste et le donne à ses amis, car elle-même ne mange pas de miel. Ses abeilles sont saines et peu affectées par les attaques du varroa (l’acarien qui les parasite) et résistent donc mieux aux virus qui ravagent les colonies.

Les assistants l’interrogent sur le coût de la pratique de l’apiculture (coût d’un essaim, d’une ruche,…), ainsi que sur les abeilles sauvages. Une ancienne apicultrice fait part de son expérience, des abeilles noires qui aujourd’hui habitent un vieux mur de son jardin…

Témoignage passionnant d’une enseignante passionnée.

Et pour en savoir plus encore je vous invite à découvrir

Un projet de classe (très) addicTICE qui vous dira tout sur RObeez

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Publié le 8 Avril 2015

Il y a un peu plus de 8 jours, le temps était maussade, humide et frais. Les insectes étaient rares. Sur une feuille en bordure de chemin…

Bombyle au repos ©RogerPuff

Bombyle au repos ©RogerPuff

...un petit insecte tout velu, muni d’une longue trompe bien droite et de deux ailes noir et blanc : un bombyle. Ordinairement cet insecte en début de printemps s’affaire sans pratiquement jamais se poser auprès des fleurs, plongeant sa trompe pour y puiser le nectar.

Moi je me plonge dans les vieux grimoires en commençant par l’Entomologie analytique, parue en 1860 chez Didot Frères à Paris, de André-Marie Constant Duméril, cet entomologiste né à Amiens en 1774 et dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici.

Que nous dit Duméril à propos du bombyle ?

Ce nom tout à fait grec avait été employé par Aristote, par Aristophane et depuis par Swammerdam, mais pour indiquer des Guêpes et des Abeilles Bourdons qui font du bruit en volant.

Le bombyle d’Aristote est en fait notre Bourdon, Bombus en latin.

Frédéric Georges Cuvier, dans le Dictionnaire des sciences naturelles, paru chez Levrault en 1806, nous décrit celui qui fait l'objet de mon propos :

On ne connaît point du tout la larve des bombyles ; par conséquent on ignore comment et où se fait leur métamorphose. Quoique sous l’état parfait cet insecte paraisse armé de manière à attaquer les animaux et à se nourrir de leur sang, il ne s’alimente cependant que du nectar des fleurs, qu’il pompe en volant, comme le font les sphinx en général et principalement les sésies. Au reste la direction horizontale de la trompe s’opposerait à ce que le bombyle pût sucer étant posé ; car il faudrait alors qu’elle se relevât verticalement sur la tête, et sa grande longueur y mettrait bientôt obstacle. Lorsque ces insectes volent, ils produisent beaucoup de bruit par leur bourdonnement, et c’est probablement à cause de cette particularité que Linnæus leur aura donné le nom de bombyle.

Il décrit plusieurs espèces de bombyles, le nôtre est manifestement le bombyle majeur, bombylus major, que l’on trouve « fort souvent aux environs de Paris ».

Nous en avons une très belle photo :

Bombyle en piqué ©PhilippeDelmer

Bombyle en piqué ©PhilippeDelmer

prise par notre ami Philippe Delmer et que nous avons exposée lors de « Lumières d’insectes » en février dernier au Musée Serge-Ramond de Verneuil-en-Halatte.

Je ne résiste pas à vous donner une jolie description due à Mademoiselle Marie Maugeret dans La Science à travers les champs, ouvrage paru en 1880 chez Mame à Tours :

[…] voici un petit diptère qui mérite bien que nous disions un mot sur son compte. Remarquez qu’il plane au-dessus de cette fleur, à la manière de l’oiseau-mouche, sans même y poser ses petites pattes, pour puiser le suc dont il fait sa nourriture. Son corps, noir, couvert de poils jaunes assez épais, est d’un poids relativement lourd, ce qui ne l’empêche pas de traverser l’air comme une flèche. On lui a donné le nom de bombyle bichon, et les entomologistes ne manqueraient pas, ne serait-ce que par plaisir de vous débiter quelques grands mots scientifiques, de vous dire qu’il appartient à l’ordre des diptères, divisions des brachocères, subdivision des tétracoètes, famille des tanystomes et tribu des bombyliers.

Je passe sur les considérations très poétiques qui suivent pour noter que Mlle Maugeret se pose toujours une grande question :

Comme les bêtes ont de l’esprit ! Les hommes, qui en ont quelquefois aussi, et les savants, qui en ont un tout exprès pour eux, n’ont pas encore su découvrir la larve des bombyliers. C’est un point obscur qui doit les gêner considérablement. Pour nous, cela nous est, je suppose, assez indifférent. Plus d’une fois déjà nous avons pu constater que les larves sont de méchants personnages, qui n’ont d’autre occupation que de faire le mal, en égoïstes toujours, en assassin le plus souvent […].

Mlle Maugeret, comment pouvez-vous blâmer la larve alors que vous semblez admirer l’insecte ? Sans larve, point d’insecte … et réciproquement.

A peine cinq ans avant en 1875, Louis Figuier, dans Les Insectes paru chez Hachette, que Mlle Maugeret avait sans doute pu lire, se posait la même question :

 Louis Figuier gallica.bnf
Louis Figuier gallica.bnf

Beaucoup plus commun dans les climats chauds que dans le Nord, ces insectes, dont les larves ne sont pas encore connues, prennent leur essor à l’heure où les rayons du soleil sont les plus ardents. Ils volent très rapidement, en faisant entendre un bourdonnement grave. Ils planent au-dessus des fleurs, sans se poser sur leurs corolles.

L’ouvrage nous propose une bien belle illustration : l’insecte est toujours qualifié de bichon, terme que donnait déjà en 1804 Pierre André Latreille dans son Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes, parue chez Dufart. Bichon ? Du nom bien sûr de ce petit chien à nez court et à poils longs que les dames portaient dans leur manchon, très à la mode du temps de la Régence .

L’an dernier vers le 25 mars j’avais pu faire quelques photos de bombyles dans les muscaris qu’ils affectionnent tout particulièrement.

Mais cette année, en ce début d’avril, le temps toujours un peu frais et le vent plutôt vif ne favorisaient pas la sortie des insectes au jardin. Seuls quelques gros bourdons endurcis profitaient des fleurs du prunus. Mais en ce lundi de Pâques, il n’en allait plus de même : bourdons, abeilles, mouches de toutes tailles et nos bombyles étaient de sortie. A côté du bourdonnement des bourdons, je dois dire que les bombyles ne sont pas vraiment bruyants.

autre bombyle en piqué ©RogerPuff

autre bombyle en piqué ©RogerPuff

au but ©RogerPuff

au but ©RogerPuff

Alors bien sûr j’ai voulu faire un peu concurrence à Philippe, et voilà, j’ai de nouvelles photos de mes bombyles dans les muscaris de la pelouse.

Oui, mais me direz-vous : quid des larves ?

Et bien aujourd’hui nous avons la réponse et je vous recommande l’article (et les photos) de Jean-Pierre Moussu du département de Biologie de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, que je cite ici

C’est l’un des premiers insectes à faire son apparition au printemps. Dés les premiers beaux jours, et surtout lorsque les premières fleurs s’ouvrent, le grand Bombyle (Bombylius major) émerge de la galerie souterraine dans laquelle il a passé sa vie larvaire et la rigueur de l’hiver. Cette galerie n’est d’ailleurs pas exactement la sienne. En effet, lors de la saison précédente, la femelle a déposé ses œufs à l’entrée de galeries d’Hyménoptères comme des Abeilles solitaires du genre Andrena ou des bourdons du genre Bombus. Les larves qui éclosent des œufs sont dotées de puissantes mandibules acérées. Elles pénètrent à l’intérieur des galeries et y consomment les larves des Hyménoptères qui sont donc parasitées.

Et voilà, notre charmant bombyle est en fait un vilain diptère profiteur qui pond dans les galeries des braves hyménoptères qui se sont mis à l’ouvrage en même temps que lui. Mlle Maugeret avait pressenti les méfaits de ses larves.

l'andrène et son trou ©RogerPuff

l'andrène et son trou ©RogerPuff

Je n’ai pas encore pu saisir le moment où notre bombyle pénètre pour pondre dans la galerie de l’andrène, mais celle-ci qui sort de son trou doit craindre pour l’avenir de sa progéniture.

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