Publié le 2 Avril 2015

courtilière en fin de mue ©Dominique Pinaud

courtilière en fin de mue ©Dominique Pinaud

On m’envoie la photo d’un gros insecte juste en train de muer, prise dans la campagne charentaise l'an derniier au printemps . C’est une courtilière, gryllotalpa gryllotalpa, de la famille des Grillotalpidae, de l’ordre des orthoptères, une cousine des sauterelles, criquets et autres grillons.

Son nom vient de courtil, un petit jardin attenant à la ferme en vieux français. L’insecte est gros, en moyenne 5 cm, j’ai même lu qu’il pouvait atteindre 10 cm. Impressionnant… Bien que son mode de vie soit nocturne, on le repère dans les petits jardins par les sérieux dégâts qu'il fait en fouissant comme une taupe à laquelle il ressemble beaucoup avec ses pattes puissantes. De ce fait on le nomme aussi taupe-grillon, perce-chaussée, taupette, avant-taupe. Il fait aussi penser à un crustacé alors son nom est écrevisse de terre. Plus surprenant c’est loup de terre. C’est dire si la voracité de la bestiole impressionne.

La courtilière a pour ennemi les oiseaux, les rats, les renards, sans oublier les taupes et les guêpes du genre Larra qui la parasitent. En Asie on les aime frites. Faut dire qu’elles ont la taille d’une belle frite et qu'elles ne dédaignent pas manger les pommes de terre. Mais son meilleur ennemi est le jardinier du courtil, le courtillier, qui n’apprécie pas du tout qu’elle ravage ses couches et ses plates-bandes.

J’ai fait mes recherches dans les livres anciens. Voilà par exemple ce que l’on pouvait lire dans La Revue Scientifique du Limousin en 1896 :

La courtilière fait le désespoir des jardiniers. Aux terrains durs et compacts, elle préfère les terres légères et ameublies où elle chemine plus facilement. Aussi établit-elle de préférence sou quartier général dans les jardins bien amendés…

Donc méfiance si votre jardin est fertile.

Plus avant, je lis dans l’Annuaire du républicain ou légende physico-économique d’Aubin-Louis Millin paru chez M.F. Drouin en 1793

Il y a plusieurs autres espèces de grillons ; la principale est le grillon-taupe, appelée vulgairement courtilière, parce qu’elle dévaste les potagers, ou courtils. Ses pattes, armées de scies, lui servent à couper les racines, qu’il détruit aussi avec ses dents. C’est l’ennemi le plus redoutable des jardiniers fleuristes, et surtout de ceux qui cultivent des melons. […] La femelle de cet insecte, comme toutes celles de ce genre, a l’anus armé d’une pointe, avec laquelle elle perce la place où elle veut déposer ses œufs. Ils éclosent en Prairial.

Ah le beau temps du calendrier de Fabre d’Eglantine.

Aussi l’espèce ne se voit plus guère dans nos courtils. La raréfaction des huppes - ce bel oiseau du bocage, friant de larves d’insectes de bonne taille - serait même due à la raréfaction de notre taupe-grillon, en fait à l’éradication de l’insecte. La bêche du jardinier et d’autres méthodes plus sophistiquées ont eu raison de lui.

Voilà d’ailleurs ce que l’on peut lire dans l’Agriculture française – Principes d’agriculture aux diverses parties de la France de Louis Gossin paru à la Librairie scientifique, industrielle et agricole Lacroix et Baudry à Paris en 1868. L’auteur n’y va pas de mains mortes.

la courtilière va rapidement disparaitre ©Dominique Pinaud

la courtilière va rapidement disparaitre ©Dominique Pinaud

Cet insecte, long de 5 à 6 centimètres, ressemble à une énorme sauterelle. Sa couleur brun-foncé, son aspect hideux, ses énormes pattes dentelées, sa large cuirasse, ses allures brusques et convulsives, mais surtout les immenses dégâts qu’il occasionne le rendent partout un objet d’horreur. "Si conduisant une voiture, tu rencontres la courtilière", dit un proverbe allemand, "arrête-toi, fût-ce même sur le versant d’une montagne, et ne continue ta route qu’après l’avoir écrasée".

Revenons un peu en arrière dans le Nouveau cours complet d’agriculture théorique et pratique comprenant la grande et la petite culture, etc. édité par l’Institut de France chez Déterville à Paris en 1809, sur la base d’une ouvrage antérieur de l’abbé Rozier et avec contribution de Parmentier.

On a employé jusqu’à ce jour plusieurs moyens pour les détruire. Le premier dut être de les chasser comme la taupe, de les guetter au moment où ils travaillaient à leur galerie et de les enlever avec la bêche. Mais ce moyen était insuffisant, parce que la courtilière, au moindre mouvement, se sauve avec beaucoup de vitesse dans son trou […]. Je ne parlerai pas de la manière de les chasser à coups de pistolet ; elle n’est bonne que pour ceux qui n’ont rien de mieux à faire. La préférence que ces insectes donnent au fumier, et principalement à celui de la vache, qui contient un grand nombre d’insectes, a déterminé plusieurs cultivateurs à faire de distance en distance des petites fosses qu’ils remplissent de ce fumier et qu’ils piétinent bien. Les courtilières, et principalement les jeunes, s’y rassemblent. De temps à autres deux ouvriers, se plaçant aux deux extrémités du tas, l’enlèvent promptement avec des fourches ; ils l’éparpillent et tuent les courtilières qui s’y trouvent.

Etc. suivent des méthodes de plus en plus sophistiquées…

J’aime assez celle-là extraite du Dictionnaire d'agriculture pratique: contenant la grande et la petite culture, l'économie rurale et domestique, la médecine vétérinaire, etc. de 1836… elle aussi relevée parmi d’autres, mais il faut bien varier les plaisirs.

Si on a plusieurs chats, on leur donne une courtilière morte ou hors d’état de s’échapper ; ensuite on leur en jette de bien portantes. Si les chats les mangent avec avidité, on les prend, et pendant qu’on les tient, on jette sur le terre une courtilière qu’on laisse s’enterrer en partie ; alors on lâche le chat, qui déterre la courtilière avec ses griffes, et qui continue ensuite à les chasser, surtout lorsque les courtilières s’accouplent. Il faut avoir l’attention de donner, dans cette saison, un peu de lait aux chats qui mangent cet insecte et d’autres ; autrement ils maigrissent et périssent.

d'après Lydekker, R. 1879 The Royal Natural History. Volume 6. Frederick Warne and Co. (Wikipedia Commons)

d'après Lydekker, R. 1879 The Royal Natural History. Volume 6. Frederick Warne and Co. (Wikipedia Commons)

Le Bon Jardinier : almanach pour l’an 1837 paru à la Librairie Agricole de la Maison Rustique indique mois par mois les travaux à faire dans les jardins, décrit toutes les plantes potagères et donne des tas de conseils utiles. Ses rédacteurs sont A. Poiteau, ancien jardinier en chef des Pépinières royales de Versailles, Botaniste du Roi, et Vilmorin, marchand grainier, cultivateur, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur. Des références donc pour l’époque.

La courtilière, courterole ou taupe-grillon, est un insecte carnivore et herbivore : s’il rend quelques services en détruisant beaucoup d’insectes et leurs larves, ces services sont loin de compenser les dégâts qu’il cause dans les cultures, 1° par les nombreuses galeries qu’il pratique en tous sens, qui soulèvent et éventent les racines des jeunes semis et les font périr ; 2° par la grande quantité de plantes venues qu’il fait mourir en coupant leur racines entre deux terres, soit seulement pour se faire un passage comme on le dit, soit aussi pour les manger comme nous nous en sommes assuré. On emploie ordinairement pour le détruire que de l’eau sur laquelle on jette un peu d’huile,. On verse cette eau par les trous de la courtilière, et, si l’eau parvient au fond du trou, elle remonte pour éviter l’inondation ; et traverse la couche d’huile qui l’a fait périr sur-le-champ.

Un autre ouvrage qui avait déjà donné ces bons conseils en 1836 - Le dictionnaire des ménages: ou recueil de recettes et d'instructions pour l'économie domestique ... : ouvrage utile aux pères et mères de famille et à tout chef de maison - précisait que l’huile bouchait les trachées de la courtilière par lesquelles elle respirait. Ce qui nous donne l’occasion de parler de la respiration des insectes.

Certains insectes ont une respiration par la peau, d’autres comme les insectes aquatiques ont des branchies similaires à celles des poissons. Mais la majorité des insectes respirent par les stigmates respiratoires, des petits trous dans la carapace sur les côtés du thorax et de l’abdomen. L’air passe ensuite par les trachées, sorte de petits tuyaux, se ramifiant en trachéoles pour apporter l’oxygène à toutes les cellules du corps. L’air arrive donc aux organes sans passer par un liquide intermédiaire comme le sang chez les animaux à poumons. L’insecte rejette l’oxygène non consommé, l’azote et le gaz carbonique formé par les mêmes circuits, aspirant et refoulant sous l’action de muscles du thorax et de l’abdomen. A noter que certains arthropodes - comme par exemple le scorpion - ont une respiration pulmonée.

Voilà donc comment avoir raison de notre malheureuse courtilière. Voilà aussi pourquoi on n’en voit pratiquement plus alors qu’elle était répandue partout en France. Alors aujourd’hui, si vous en voyez par chance une, épargnez-lui la bêche, l’huile et surtout les pesticides, laissez lui quelques salades ou patates de votre courtil, et vous aurez peut être la chance d’entendre le chant de la courtilière mâle stridulant du fond de ses galeries pour attirer une charmante compagne. Il paraît qu’il ressemble au chant de l’engoulevent, autre oiseau rare… d’autres vous dirons que c’est au chant de la locustelle tachetée qu’il faut se référer, un passereau qui se nourrit d’insectes et d’araignées. Ces oiseaux vengeurs singeraient-ils le chant de notre brave courtilière mâle pour se gorger de sa femelle. Je n'ose pas y penser.

Dernière astuce, il paraît que le marc de café répandu au sol peut l’éloigner des endroits à protéger. Profitez-en pour recycler vos dosettes…

Quelques informations sur la courtilière en Picardie, où elle est présente, mais considérée dans un état de conservation défavorable donc à préserver prioritairement.

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Publié le 26 Mars 2015

Des amies de l’Agrion de l’Oise nous ont fait parvenir des photos d’une même espèce de chenille prises l’an dernier en forêt d’Halatte.

la pudibonde ©Elise

la pudibonde ©Elise

Il s’agit d’une jolie chenille vert tendre aux longs poils en brosse avec des touffes rousses sur le dessus et un épi de poils rouge-brun sur le segment de queue. La chenille, polyphage, se nourrit surtout de feuilles. Au début, les chenilles vivent en colonies. Leurs longs poils permet au vent de les disperser dans les environs immédiats. Elles se métamorphosent dans un cocon au sol, dans les fissures de l’écorce des arbres ou sous les pierres. La chrysalide hiberne et le papillon éclot entre fin avril et juillet.

C’est la chenille d’un papillon de nuit Calliteara pudibonda (ou Elkneria pudibonda, ou Dasychira pudibonda), nom vernaculaire Orgye pudibonde (d’après le comportement la chenille qui dissimulerait sa pudeur en se mettant en pelote pour à moins que ce soit du fait des rougeurs de sa physionomie) ou patte-étendue pour l’imago, lépidoptère de la famille des lymantridés avec thorax, tête et pattes très velus. L’espèce présente un dimorphisme sexuel important. Les adultes ne se nourrissent pas. La chenille n'est pas réputée nuisible.

J’ai cependant trouvé un texte présenté à l’Académie des Sciences en 1849 par Monsieur Eugène Chevandier « Notes dur les ravages produits en 1848 par l’Orgye pudibonde dans les forêts de hêtre du versant occidental des Vosges entre Phalsbourg et Cirey ».

Je vous en donne quelques lignes :

Au mois de septembre 1848, arrivant à Cirey après une longue absence, j’appris qu’une véritable invasion de chenilles avait lieu depuis quelques temps dans les forêts de hêtre. Les journaux d’Alsace, ceux de Lorraine en faisaient grand bruit, et les ravages produits par ces insectes s’étendaient avec rapidité.

L’auteur décrit bien notre chenille et indique que les chenilles, vulgairement appelées Rouge-Queue, Rotschwantz en allemand, étaient apparues en deuxième quinzaine de juillet, tout à côté de la ligne de chemin de fer de Paris à Strasbourg et du canal de la Marne au Rhin. Il décrit l’avancée inexorable des chenilles dans la direction NE-SO, assez parallèlement à la chaîne des Vosges avec une expansion à l’ouest vers Phalsbourg et la plaine. Les chenilles très vivaces au début étaient à la fin souvent immobiles comme repues... puis mortes sur des épaisseurs de 3 à 4cm exhalant une odeur très fétide. Il considère qu’il ne s’agit pas d’une migration des chenilles, qui seraient restées là où elles sont nées, mais de la répartition de la ponte des papillons.

Ia pudibonde ©Dominique

Ia pudibonde ©Dominique

Un marchand de bois avait noté en juin des nuées de petits papillons blancs voltigeant à l’approche de la nuit, au-dessus des grands arbres de la forêt de hêtres située derrière son habitation.

Ce sont probablement les Bombyces (autre nom du papillon Bombyx patte-étendue) qui se sont répandus vers l’ouest et le sud-ouest. Leurs chenilles avaient ravagé préférentiellement les hêtres, plutôt les futaies que les taillis, n’avaient attaqué les jeunes taillis ou les semis qu’après avoir dépouillé les vieux arbres. Ne trouvant plus de hêtres, elles ont attaqué les chênes, épargnant les bouleaux et les trembles, laissant intacts les résineux. Le comportement des chenilles était remarquable :

Généralement ces chenilles paraissent très impressionnables ; pour peu qu’on les touche ou qu’elles éprouvent une commotion, elles tombent des arbres et se roulent sur elles-mêmes en formant la pelote. On m’a assuré en avoir vu le sol couvert après le retentissement du tonnerre, mais je n’ai pas eu l’occasion d’observer ce fait par moi-même. Les pluies, les brouillards prolongés les font périr, et toutes leurs habitudes se ressentent de cette extrême susceptibilité.

Est-ce la raison pour laquelle elles ont laissé les lisières quasi intactes,, ne ravageant que la partie centrale des massifs forestiers ?

Après une copieuse discussion, l’auteur signale que la plupart des auteurs qui ont parlé de l’orgye pudibonde considéraient l’insecte comme peu dangereux et ne voyaient pas la nécessité de lutter contre. Ils estimaient que les ravages tardifs ne compromettaient pas la saison suivante et qu’une espèce d’ichneumide très commune contrôlait leur prolifération… Mais dans le cas présent l’auteur craignaient de fâcheuses conséquences, vu le nombre de chenilles qui pourraient aller jusqu’au stade papillon cette année. Il voyait des conséquences désastreuses pour l’économie locale fondée sur l’exploitation de la forêt. Il fondait l’espoir de voir s’arrêter le désastre par la prolifération parallèle des ichneumides et quelques mesures : enlèvement des feuilles dans les cantons envahis, introduction de porcs en automne et en hiver, brûlage des feuilles et des mousses… moyens facilement praticables de combattre ces invasions et d’aider les ichneumides dans l’accomplissement de la tâche à laquelle la nature paraît les avoir destinés.

Il concluait en déplorant la disparition des petits oiseaux insectivores.

Malheureusement la destruction de ces animaux paraît faire tous les ans des progrès, malgré les lois destinés à les protéger ; et cependant leur action continuelle, insuffisante peut-être pour arrêter les grandes invasions, tend au moins à la prévenir en limitant régulièrement la propagation annuelle des chenilles. Il serait bien urgent que de nouvelles mesures plus sévères, motivées sur l’intérêt général, mettent un terme à la guerre incessante que l’on fait à ces races d’oiseaux.

Ainsi en 1848, on craignait déjà le Printemps silencieux et on mettait en évidence toute l’importance de la biodiversité pour l’équilibre de la nature. 1500 hectares de forêts feuillues avaient été détruits.

.papillon Pudibonde ©Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0. téléversé par Kulac

.papillon Pudibonde ©Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0. téléversé par Kulac

L’ouvrage Mémoires de la Société d’émulation du Doubs paru en 1854, tenant compte de ces événements de 1848 rapportés plus haut, parle de couches de chenilles de 10 à 12 centimètres, de pèlerinages pour obtenir la cessation du fléau que les paysans avaient nommés Chenilles de la République, les voyant sans comme une suite des événements révolutionnaires de cette fameuse année 1848. Bien qu’aucun autre phénomène de l’importance de l’invasion de 1848 ne soit connu, l’ouvrage place l’Orgye pudibonde au rang de lépidoptère nuisible.

A noter que cet ouvrage donne une très belle planche illustrée de la chenille et de son papillon (voir sur googlebooks).

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Publié le 18 Mars 2015

Je suis passé samedi au 27ème Salon des Œufs décorés de Compiègne. Là en fouinant parmi les nombreux stands d’artistes, je suis tombé en arrêt sur un magnifique œuf décoré de deux insectes : une demoiselle (un calopteryx manifestement) au premier plan et une libellule à l’arrière.

Œuf brodé par Jackie Lamarre photo ©Roger Puff

Œuf brodé par Jackie Lamarre photo ©Roger Puff

Il existe toutes sortes de techniques pour décorer les œufs, je n’entrerai pas dans les détails. Là, l’œuf de Monsieur Jacquie Lamarre est une véritable coquille d’œuf, un bel œuf de cane, brodé, vous avez bien lu, brodé. Il y avait bien d’autres insectes sur les œufs de l’artiste : des papillons, une éphémère, un coléoptère, et d’autres sujets sans rapport avec l’entomologie, mais ce sont ces odonates qui ont retenu mon attention. En effet, j’avais justement en chantier un article sur libellules et demoiselles.

Revenons donc sur les odonates, sujet déjà traité dans un papier posté sur ce blog en décembre 2014. J’évoquais alors un ouvrage de 1803, Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, appliquée aux arts, principalement à l’agriculture et à l’économie rurale, où la partie sur les insectes avait été confiées à deux naturalistes Guillaume-Antoine Olivier et Pierre-André Latreille, membres de l’Institut.

Cette fois-ci je reprends ma collection du Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture paru chez Belin-Mandar à Paris en 1837. Je possède la 1ère édition, héritage de famille. On en trouve la 2ème édition de 1868 sur le site books.google.fr. Le titre y est élégamment sous-titré Inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous par une société de savants et de gens de lettres sous la direction de M. W. Duckett – Seconde édition entièrement refondue, corrigée et augmentée de plusieurs milliers d’articles tout d’actualité.

Dans la 1ère édition le tome XXXV traite des libellules et l’article signé par un dénommé H. Belfield-Lefèvre les assimile aux demoiselles, classant ces insectes dans l’ordre des Névroptères.

Les libellules, ou demoiselles, forment un genre distinct dans l’ordre des Névroptères et sont différenciées des autres genres du même ordre par leur tête, qui est globuleuse, et dont les yeux composés, extrêmement développés, occupent presque toute la surface ; par leurs antennes qui sont courtes et sétacées [NdR. En forme de soie] ; par la forme de leur bouche, que recouvre entièrement une lèvre inférieure monstrueuse, par la position de leurs ailes membraneuses et diaphanes, qui à l’état de repos sont toujours étalées dans un même plan horizontal.

Libellule (anisoptère) ©André Schoeller

Libellule (anisoptère) ©André Schoeller

Stop, il s’agit bien là d’après ce que je croyais avoir compris de mes lectures- dans l’ordre des odonates - de la description d’une libellule, appartenant au sous-ordre des anisoptères et non de celle d’une demoiselle, du sous-ordre des zygoptères, avec les deux yeux bien séparés et les ailes alignées le long du corps dans un plan cette fois-ci vertical.

Toujours dans le Dictionnaire en question, allons au tome XX, à l’article Demoiselle. Signé V. de M. il définit le terme affecté aux filles non mariées, ainsi que pour les outils du paveur, du monneyeur et enfin du facteur d’orgue… Un paragraphe spécifique - signé P.G. - traite cependant d’entomologie et nous dit :

Les insectes vulgairement désignés sous le nom de DEMOISELLES forment dans l’ordre des névroptères la famille des libellules, qui comprend les genres odonate, oeschne (sic), ayrion (sic) et LIBELLULE (voir ce dernier mot).

J’en perds mon latin. La classification a bien changé depuis le début du 19ème siècle. Odonate est à cette époque un genre, alors qu’aujourd’hui c’est un ordre, mais là où cela se complique quand je prends le guide Flammarion que j’ai acquis il y a peu (Insectes de France et d’Europe occidentale de Michael Chinery, 2012) c’est que la confusion règne encore et toujours. En effet dans les ordres regroupés sous Exoptérigotes (insectes à métamorphose incomplète, sans stade nymphal immobile), on trouve « Libellules, ordre des Odonata », dont il y aurait environ 6000 espèces connues divisées en deux sous-ordres :

  • Zygoptères à savoir les Demoiselles, "insectes délicats au corps fin et au vol souvent faible. La tête est très transverse et les yeux, bien séparés, sont rejetés de chaque côté. Les ailes antérieures et postérieures sont à peu près semblables (Zygoptères = ailes égales) et, chez la plupart des espèces, sont maintenues verticalement au-dessus du corps au repos"
  • Anisoptères, "insectes plus grands, plus massifs et que l’on nomme souvent libellules pour les distinguer des demoiselles. Les ailes postérieures sont plus larges que les ailes antérieures (Anisoptères = ailes inégales), elles sont maintenues étalées de chaque côté du corps. La tête est généralement plus globuleuse et les yeux, souvent très grands, se rejoignent fréquemment sur le dessus de la tête."
Deux calopterix éclatants (zygoptères) ©André Schoeller

Deux calopterix éclatants (zygoptères) ©André Schoeller

Donc le problème c’est bien que l’on donne le nom de Libellules aussi bien aux deux-sous-ordres qu’à l’un des deux. Pas simple… Ceci dit la plupart des personnes que j’ai interrogées appellent « libellule » les deux sous-ordres. D’ailleurs une excellente plaquette éditée par le Conservatoire des Sites naturels de Picardie (je vous la recommande) met les deux sous-ordres dans le même sac si j’ose dire, enfin plutôt le même filet (à papillons).

En revanche, le Conservatoire, qui propose le dimanche 31 mai une ballade intitulée "Les demoiselles de la réserve" organisée par Picardie Nature, fait là clairement le distinguo "à la découverte des odonates : Libellules et demoiselles vous séduiront par leurs parures multicolores".

Je ne résiste pas à vous proposer une définition du Dictionnaire universel de la langue française de M. Bescherelle aîné, paru chez Garnier frères en 1856.

Libellule s.fr. Entom. Genre d’insectes névroptères de la famille des odonates, appelés communément demoiselles. On croit que le nom vient de ce que la plupart des espèces tiennent leurs ailes étendues comme les feuillets d’un livre, lorsqu’elles sont au repos, ou bien à cause de la manière dont ces insectes planent en fendant l’air. Quant à la dénomination de demoiselles, il est à croire qu’elle a été donnée par le vulgaire à cause des formes sveltes et élégantes de ces insectes, qui ont le corps allongé et orné de couleurs agréablement distribuées, et à cause de leurs ailes de gaze ; ce qui les a fait encore appeler des prêtres dans quelques contrées, à cause des nervures dont l’étoffe ou la matière légère de leurs ailes se trouve régulièrement maillée, ainsi que le sont les volants ou les ailes des surplis de nos prêtres catholiques.

Joli, non ?

Probablement un cordulégastre annelé-Cordulegaster boltonii (anisoptère) ©André Schoeller

Probablement un cordulégastre annelé-Cordulegaster boltonii (anisoptère) ©André Schoeller

L’article poursuit :

On sait que les libellules, sous l’état parfait, habitent les lieux humides, sur les bords des marais, des étangs, des rivières. Toutes en effet proviennent de larves qui se développent et ne peuvent vivre que dans l’eau. Les principales sont : La libellule aplatie, la libellule à quatre taches, ma libellule bronzée, la libellule grande, la libellule à tenailles.

Alors ne soyons pas plus royaliste que le roi.

Libellules, demoiselles … qu’importe, elles sont toujours bien belles et jamais trop ne pullulent (j’espère que vous avez apprécié les rimes même si les vers sont libres, très libres).

Mais que deviennent nos Névroptères ? Du grec ancien, composé de νεῦρον, neûron (nerf) et πτερόν, pterón (aile), ce terme définirait littéralement les insectes "aux ailes à nervures". On peut donc l’utiliser pour un super-ordre qui rassemble des insectes aux caractéristiques très différentes, mais qui tous possèdent quatre ailes membraneuses réticulées, comprenant entre autres les phryganes de l’ordre des Trichoptères, les panorpes (ou mouches-scorpions) de l’ordre des Mécoptères et les fourmilions et autres chrysopes de l’ordre des Neuroptères. Tiens névroptère et neuroptère ne sont donc pas synonymes… Alors là c’est mon grec que je perds.

Probablement nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) ©André Schoeller

Probablement nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) ©André Schoeller

A propos de grec, on a vu plus haut que zygo était interprété comme étant semblable, de même taille. En fait zygo vient du grec ancien ζυγόν, zugón, qui signifie "couple, paire", donc a priori mais pas obligatoirement de même taille. Si je cherche encore je tombe sur zygo- du grec ζυγόν, zugon (joug, attelage, paire), ex : zygote, homozygote, zygomatique. Et là je retombe sur une interprétation de zygo, que j’avais trouvée naguère, où les deux yeux des demoiselles, positionnés en haltère, donnaient l’impression d’un joug "Pièce de bois que l'on fixe soit en avant, soit en arrière des cornes du bœuf pour y attacher un dispositif d'attelage", en général il y a un joug pour les deux bœufs de l’attelage. Attention rien à voir avec la joue de bœuf, plat succulent…

Mais le joug c’est aussi un symbole, celui de l'asservissement à une domination, une tyrannie, un vice, une passion, que sais-je encore ? On le secoue ce joug pesant, insupportable; avilissant, honteux, humiliant,… Et bien il semblerait que je sois tombé sous le joug d’une passion, celle pour les insectes. Passion inassouvie car il me reste encore bien des choses à découvrir. Passion qui n’a toutefois rien de pesant, d’insupportable; et encore moins d’avilissant, d’honteux et d’humiliant,… Et il en est certainement de même de la passion de Monsieur Lamarre pour la broderie de coquille d’œuf.

Mais pour aujourd’hui nous en resterons là.

Une question encore ? Allez-y, je vous en prie. « Mais qui était donc cet Henry Belfield-Lefèvre ? »

Bonne question et je vous remercie de me l’avoir posée. Ce savant, dont on ne connaît ni la date de naissance, ni la date de décès, a écrit en effet de nombreux articles pour le Dictionnaire de la Conversation et de la lecture sur les sangsues, sur la langue, la mâchoire, la salive et la peau, l’hélianthe et le lycopode, les mandibules des oiseaux et celles des insectes, la marte et la souris, le surmulot et la zibeline, le physicien anglais Leslie et le phoque, j’en passe et des meilleures, et sans être entomologiste quelques articles sur larves, libellules, Névroptères, ainsi que les mouches, j'y reviendrai. Pourquoi cette passion pour les demoiselles et autres insectes à ailes nervurées ?

La ponte des demoiselles (agrion jouvencelle) ©André Schoeller

La ponte des demoiselles (agrion jouvencelle) ©André Schoeller

J’oubliais, on trouve également dans le Dictionnaire au tome XXX sous son nom un article sur le naturaliste Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire. Ce dernier né en 1772, qui avait participé à la campagne d’Egypte en 1798, avait été élu membre de l’Académie des Sciences en 1807, avait examiné avec ses confrères la Venus hottentote en 1815, etc. ne mourra qu’en 1844. L’article est donc, c’est exceptionnel, écrit de son vivant, preuve de sa célébrité à l’époque.

L’année de la sortie du Dictionnaire, 1837, Henry Belfield-Lefèvre publie sa thèse de docteur en médecine de la Faculté de Paris Recherches sur la nature, la distribution et l’organe du sens tactile. L’ouvrage consultable en ligne sur booksgoogle.fr est justement dédicacé par l’auteur à Geoffroy Saint-Hilaire. En 1838 il est rédacteur de Introduction à l’étude des sciences médicales, une transcription des leçons orales de Philippe Buchez (1796-1865, docteur en médecine, homme politique, historien et sociologue), dont il était un des disciples et amis. Ils étaient aussi tous deux membres de l’Institut historique de France en 1836. En 1842, Philippe Buchez disait que Belfield-Lefèvre était l’auteur d’un traité de géologie sous presse, dont il [regrettait] la tardive publication. Je n’ai pas trouvé trace de publication effective de cet ouvrage. En 1843, on le retrouve co-inventeur avec Léon Foucault (1819-1868)– l’homme du pendule du même nom - d’un procédé photographique perfectionné "moyens de produire des tons brillants et obscurs dans une image daguérienne". On relève dans les rapports de l’Académie des Sciences plusieurs communications sous son nom sur les techniques photographiques. Henry Belfied-Lefèvre serait mort vers 1850-1860.

Voilà où nous mènent les odonates.

Merci à André Schoeller pou ses photos.

Au fait si vous voulez en savoir plus sur les œufs décorés, suivez le lien 27ème Salon des œufs décorés de Compiègne

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Publié le 9 Mars 2015

Le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, édité en 1834 chez Belin-Mandar, libraire à Paris, que j’aime parcourir, nous propose un article détaillé sur les coléoptères.

Coléoptères  en vrac – Insectarium de Montréal ©Roger Puff 2014

Coléoptères en vrac – Insectarium de Montréal ©Roger Puff 2014

Relevons-en, si vous voulez bien, quelques passages.

Coléoptères, du grec koleos, gaine, étui, et pteron, aile. On a donné ce nom aux insectes à quatre ailes, dont les deux supérieures sont en forme d’étui. Cette dénomination a prévalu sur celle de vagipennes (du latin vagina, gaine, et penna, aile), sous laquelle on avait proposé de la désigner. Cette préférence est fondée sur son uniformité avec les autres termes de la nomenclature entomologique. Les coléoptères ne sont pas, dans le grand embranchement des animaux articulés, les seuls insectes dont les ailes inférieures soient recouvertes par des étuis ou élytres. Aussi les entomologistes ont-ils proposé la dénomination d’élytroptères pour réunir les coléoptères, les orthoptères et les hémiptères, qui sont tous des insectes ailés à étuis ou élytres plus ou moins développés.

A noter que dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc, de Jacques Eustache de Sève, paru chez Deterville en 1816, on traite aussi par opposition des insectes anélytres, sans étui. Jacques Eustache de Sève écrit :

Ceux qui ont les ailes membraneuses, ou plus ou moins pellucides, forment dans la méthode de Linnæus une section (les gymnoptères), qui renferme trois ordres : les névroptères, les hyménoptères et les diptères.

Et pour les élytroptères, il parle d’ailes supérieures "plus ou moins crustacées ou coriaces". Ce qui nous rappelle que crustacé vient de crusta, la croûte. Oui on peut casser la croûte avec un homard. Quant à coriace, cela vient de corium, le cuir.

Revenons à notre dictionnaire, où l’article est signé Laurent. Je n’en sais pas plus sur lui.

Parmi les animaux de ce grand groupe, les coléoptères sont les plus nombreux et les mieux connus. Ils constituent le cinquième ordre de la classe des insectes, dans la classification de Monsieur Latreille.

Et bien rapportons nous à Gilles Boeuf, actuel président du Muséum national d’Histoire naturelle, qui nous disait récemment dans un article intitulé "La planètes des insectes" :

A eux-seuls, les coléoptères représentent aujourd’hui 400 000 espèces soit 40 % du nombre d’espèces d’insectes. Un être vivant sur quatre connus aujourd’hui est un … coléoptère, ce qui avait provoqué la célèbre réplique d’Haldane, « … si Dieu existe, il aime les coléoptères… ! ». Les grands ordres ensuite en nombre d’espèces sont les lépidoptères (175 000), les diptères (153 000), les hyménoptères (115 000 dont 12 000 fourmis !) et les hémiptères (90 000). Les orthoptères viennent loin derrière avec 25 000, puis les trichoptères avec 13 000 espèces. »

Mais qui est ce Haldane ? Un généticien britannique - né à Oxford en 1892 et mort en Inde en 1964- qui aurait effectivement dit « Dieu, s'il existe, a un penchant démesuré pour les coléoptères » traduction de « God has an inordinate fondness for beetles », compte tenu du nombre important d'espèces de ce groupe taxonomique sur Terre par rapport aux autres espèces.

Ceci dit d’autres ont attribué la phrase à Charles Darwin, mais qu’importe, c’est vrai les coléoptères sont les plus nombreux, et, cerise sur le gâteau, ils sont effectivement très beaux.

Ouvrons les élytres et envolons nous ©Roger Puff

Ouvrons les élytres et envolons nous ©Roger Puff

Le Dictionnaire poursuit :

Les formes singulières et le volume de leur corps, les couleurs brillantes et agréables qu’offrent plusieurs de leurs espèces, la consistance plus solide de leurs téguments, qui rend leur conservation plus facile, leur ont mérité l’attention des naturalistes. Leurs caractères sont : quatre ailes, dont les deux supérieures crustacées en forme d’écailles, horizontales, et se joignant au bord interne par une ligne droite, les deux inférieures pliées seulement en travers, recouvertes par les précédentes ; des mandibules et des mâchoires nues et libres, d’où le nom d’éleuthérates (du grec eleutheros, libre), donné à ces insectes par Fabricius ; antennes de formes très variables, en général composées de onze articles ; yeux à facettes au nombre de deux, point d’yeux lisses ; dans quelques espèces, les élytres, soudés sur la ligne médiane, forment une sorte de bouclier ; les ailes inférieures manquent alors. Quelquefois les élytres sont rudimentaires, mais ils ne manquent jamais complètement.

Le Dictionnaire continue sur le nombre d’articles du tarse variant de 3 à 5 et la classification qui en découle. Il décrit les changements de forme (métamorphoses) de la larve à l’insecte parfait, en passant par la nymphe. J'abrège. L’article se prolonge sur les nuisances de ces coléoptères :

Charançons - boite de coléoptères  Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Charançons - boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Parmi ces insectes, quelques espèces (calandres) sont très nuisibles par les ravages qu’elles font aux différentes graines, en rongeant la substance farineuse ; d’autres (anthrènes, dermestes) attaquent les pelleteries et toutes les substances animales. D’autres encore (cétoines, criocères, chrysomèles, etc.) rongent les feuilles des plantes. ; enfin, la substance même du bois n’est pas épargnée par les capricornes, les leptures, etc. Mais tous ces insectes ne sont le plus souvent nuisibles que dans l’état de larves. Il en est de même à l’égard de certains coléoptères qui nous font des dommages, en attaquant soit les larves et les nymphes des abeilles que nous cultivons, soit les cochenilles. Ce sont toujours les larves des clairons apivores et des coccinelles qui nous les font éprouver. Les insectes parfaits ne sont point malfaisants. Ils n’excitent la sollicitude des agriculteurs qu’à cause de la ponte.

Le clairon apivore (trichodes apiarus) ou clairon des abeilles, également surnommé "loup des abeilles" s’introduit dans les ruches faibles pour s’attaquer au couvain.

Ils sont partout :

Les coléoptères sont répandus avec profusion. On en rencontre partout, sur la terre ou sur le sable, dans la fiente des animaux, sous les pierres, dans la terre, à la racine des plantes, dans les troncs des arbres morts ou vivants, dans les charpentes, les boiseries, dans les cadavres frais ou desséchés, dans l’eau ou à sa surface ; on en trouve aussi sur les fleurs ou sur les feuilles des plantes.

Mais attention, sont-ils dangereux pour nous ?

Cicindèles – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Cicindèles – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Aucun coléoptère n’est armé d’aiguillons venimeux pour piquer l’homme et les animaux domestiques ; cependant quelques uns, tels que les scarites, les carabes, les cicindèles, mordent ou pincent fortement, lorsqu’on les saisit. Les buprestes passent pour être dangereux aux bœufs qui en avalent, l’action toxique des cantharides ingérés est très connue.

On en mangeait déjà il y a bien longtemps et sans besoin d’appliquer le règlement européen Novel Foods CE n°258/97 (oui mais en Gaule, Obélix préférait les sangliers) :

Les Romains nourrissaient avec de la farine plusieurs larves de coléoptères, appartenant, à ce qu’on croit, aux genres lucanes et capricornes, pour les servir sur leurs tables. Les Indiens et les Américains préparent avec les larves du charançon palmiste des mets qu’ils mangent avec délices.

Les médecins en avaient selon le Dictionnaire guère l'usage :

Si l’on excepte la cantharide vésicatoire et le milabre de la chicorée, qui en Chine et dans tout le Levant sont employés de la même manière, aucun coléoptère n’est utile à la médecine ni aux arts.

La cantharide officinale, Lytta vesicatoria, de la famille des méloïdés, ou mouche cantharide, contient une substance, la cantharidine, très toxique, vésicatoire, qui brûle la peau et les yeux. Mais elle a aussi des propriétés aphrodisiaques, que prisait le Marquis de Sade. Le mylabre de la chicorée, également un méloïdé, contient également cette substance. Cela étant, Roland Lupoli, dans son ouvrage L’insecte médicinal (Editions Ancyrosoma, 2010) montre que bien d'autres coléoptères sont ou ont été utilisés en médecine traditionnelle. Par exemple, le lucane :

Lucanes – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Lucanes – boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Lucanus cervus, le lucane cerf-volant était employé comme diurétique et contre l’hydropisie (œdème lié à une insuffisance cardiaque), la goutte, les problèmes rénaux et les rhumatismes. Il était administré en poudre après avoir séché les insectes au soleil. Après cuisson avec un onguent approprié, il avait une action antalgique contre les douleurs nerveuses et les convulsions. En décoction dans l’huile il agissait contre les douleurs d’oreilles. L’huile de lucanus et le scorpion ensemble guérissaient l’épilepsie des enfants et facilitaient les accouchements difficiles (Virey, 1811 ; Goureau, 1872).

Inutile aux arts ? Et à l'artisanat s'entend... Pourtant le Dictionnaire s’étend sur l’usage des coléoptères dans la parure. Un art mineur ? Qu'en pensent nos joailliers de la Place Vendôme ?

Carabes– boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Carabes– boite de coléoptères Collection IPLB ©Roger Puff 2015

Cependant les couleurs brillantes et métalliques de plusieurs genres (cétoines, buprestes, quelques charançons, carabes) pourraient être substituées pour l’éclat, dans des ouvrages de bijouterie, à l’or, à l’argent et aux pierres précieuses. Les couleurs vert-doré, azur et pourpre du charançon royal font un tel effet que quelques amateurs en ont fait monter des bagues. Plusieurs de ces insectes servent d’ornement et de parure aux Indiens ; leurs femmes s’en font des colliers, des pendants d’oreilles et des guirlandes.

Nous avons dans cet article déjà parlé du nombre d'espèces d’insectes avec Gilles Bœuf, mais le Dictionnaire avait lui aussi des chiffres à donner :

Le nombre des espèces de coléoptères est si considérable qu’il s’élevait en 1824 à 6 692 dans la collection de M. le Cte Dejean, l’une des plus riches de notre époque ; depuis , ce nombre s’est encore augmenté de beaucoup.

Des coléoptères

Le Comte Dejean ? Un Picard ! Pierre François Marie Auguste, 2ème comte Dejean (1780 Amiens - 1845 Paris) fut général dans les armées de Napoléon 1er ; il devint entomologiste après la fin de sa carrière militaire, spécialiste des coléoptères, et surtout des Carabidae. Il avait la plus grande collection privée –22 000 espèces identifiées selon le catalogue final - avec des spécimens du monde entier. Il présida la société entomologique de France en 1840. Sa collection a malheureusement été dispersée;

Selon l’OPIE, sur les 35 200 espèces de coléoptères dénombrées en France, les coléoptères en représenteraient 9 600 (24%). Pour d’autres sources, il y en aurait 10 500, voire 11 400. Jean Sainte Claire Deville (1870-1932), le fis du chimiste, les estimait à 8 500 environ dans les années 20-30. Faudrait savoir ! On en découvre donc encore tous les jours. Au niveau du monde, notre président d’honneur me disait en août 2014 que sur 1 million d’espèces, la moitié était des coléoptères…

Mais on est peut être bien loin du compte : l'entomologiste Terry Erwin, de la Smithsonian Institution à Washington, évalue à 8 millions le nombre d'espèces de coléoptères inféodés aux canopées, puis, les coléoptères constituant 40 % de la diversité de ce peuplement entomologique, à 20 millions le nombre d'espèces d'insectes vivant dans la seule canopée des forêts… Jusqu’où ira-t-on ?

N.B. Collection IPLB (Institut polytechnique LaSalle Beauvais)

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Publié le 4 Mars 2015

L’an passé, je suis allé faire mon tour au salon et je n’ai guère vu d’insectes. Disons que je cherchais surtout si on y parlait d’insectes comestibles et si on pouvait les déguster dans un stand ou l’autre entre les jambons, les fromages et crêpes proposés par nos terroirs. A part du miel, je n’avais pas vu grand chose.

Sur le stand de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), j’avais bien vu des petites bêtes dans un cristallisoir, ce n’était pas des insectes, mais des arachnides, … des tiques, responsables de maladies, dont la maladie de Lyme.

Qu’en était-il cette année ? La presse m’avait déjà alerté car des articles parlaient de l’alimentation des animaux d’élevage avec des farines d’insectes. Les photos montraient … des vaches.

Bon d’accord, moi jusqu’à présent j’ai plutôt entendu parler d’aquaculture ou d’aviculture. Il n’est pas question de donner des mouches à ruminer aux bovins qui regardent passer les trains, mais aux poissons ou aux poules qui en ont l’habitude depuis toujours, j’allais dire dans la vie courante. Ceci dit les vaches ont bien mangé des farines animales, jusqu’à l’épisode de la vache folle.

Je me lance donc dans l’exploration du Salon. Le hall institutionnel me semble le plus adéquat pour débuter, j’en profiterai pour établir des contacts. Premier passage sur le stand de l’ONF. Chou blanc, pas d’insectes xylophages, pas de référent sur le stand. Il y a toutefois des jolies cartes postales pour les enfants dont une montre comment dessiner une libellule en 4 coups de crayon. Sympa. Ceci dit on peut aussi dessiner un sanglier toujours en 4 coups. Une fiche apprend à reconnaître les traces du gibier, mais pas des cerfs-volants et de leurs biches. Je veux parler bien sûr de lucanes.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Allons plus loin et cette année et voilà le stand du CIRAD (organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes), qui affiche « Ciel ma terre ! Agriculture et dérèglement climatique ».

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

On y parle de biodiversité et de changement climatique, d’agriculture climato-intelligente, de services environnementaux (services rendus par les écosystèmes, comme capture du carbone, protection des bassins versants, …), mais aussi de prédiction du risque d’émergence de maladies. Des enfants se pressent autour de microscopes et écoutent les explications d’un scientifique. Je m’approche, c’est Ignace, un entomologiste spécialiste des maladies des animaux tropicales et émergentes et entre autres de la maladie de la langue bleue (bluetong), ou fièvre catarrhale ovine transmise par des insectes du genre Culicoides, de petits diptères, des moucherons de 1 à 3 mm hématophages. On trouve aussi un panneau montrant un beau moustique responsable de la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale majeure des ruminants transmissible à l’homme.

Mais le CIRAD travaille aussi sur des insectes qui s’attaquent aux plantes comme par exemple la scolyte des baies du caféier, Hypothenemus hampei, un coléoptère, ou encore Helicoverpa armigera, un papillon ravageur du cotonnier, connu aussi sous le nom de noctuelle de la tomate.

Pas très rassurant tout cela.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Allons plus loin, c’est le stand de l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Je vois surtout un drôle de faux bourdon : c'est le drone eBee sensefly présenté par un enseignant chercheur d’AgroParistech, Jean-Marc, qui m’explique comment les drones peuvent apporter rapidement de précieux renseignements aux agriculteurs pour une exploitation respectueuse de l’environnement de leurs plantations (entre autres en optimisant l’épandage de fertilisants ou de pesticides).

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Et voilà le stand de l’ANSES. Cette année pas de tiques, mais des insectes en plastique ou en carton, destinés aux enfants.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Des tableaux montrent comment reconnaître simplement un insecte « une armure, 6 pattes et des antennes » mais aussi comment l’identifier scientifiquement au microscope et même avec son code ADN. Je suis un grand enfant et j’engage la discussion avec Raphaëlle, une des cinq entomologistes de l’ANSES à Montpellier. L’ANSES, qui abrite l’Agence nationale du médicament vétérinaire, s’intéresse aux insectes vecteurs de maladie de l’animal, ainsi qu’aux insectes ravageurs du végétal, par exemple la nématode du pin, un ver microscopique véhiculée par des coléoptères cérambycidés du genre Monochamus spp.

Au fond du hall, le Ministère de l’Agriculture et de la forêt présente un superbe hôtel à insectes, un hôtel de luxe.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Là encore les enfants découvrent les insectes et le rôle important des pollinisateurs.

Ce hall présente aussi les formations à l’agriculture avec AgroParistech, mais aussi les autres écoles comme l’Institut polytechnique LaSalle Beauvais, membre de notre association.

Passons dans un autre hall, celui-ci consacré aux cultures et aux filières végétales, il y a là d’autres insectes, mais comme on va le voir c’est l’abeille qui a la vedette. Le stand de LU, vous savez le p'tit beurre qu’on mange en commençant par les coins, y met en vedette l’abeille et les autres pollinisateurs, en insistant sur le fait que 3/4 des fruits et des légumes en dépendent.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

L’abeille sauvage est aussi présente, mais on n’insiste pas sur les très nombreuses espèces d’abeilles sauvages, il y en a plus de 800 espèces - sauvages et solitaires - en France, andrènes, osmies, colletes, etc. LU et son partenaire NOE proposent aux visiteurs des sachets de plantes fleuries pour maintenir ou ramener la biodiversité en ville.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Mais c’est aussi le stand SAVEOL, une coopérative de maraichers de Bretagne, qui m’attire. On y parle de la protection biologique intégrée et des insectes auxiliaires : comme la micro-guêpe Encarsia formosa, et de la punaise Macrolophorus, qui luttent contre l’aleurode, une mouche blanche qui ravage les légumes, ainsi que contre pucerons, mineuses, acariens et autres chenilles.

Ceci dit ce sont les bourdons pollinisateurs, présentés par une bien sympathique maraichère, satisfaite de leur travail, qui attirent petits et grands.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

J’adore ces braves bourdons infatigables. Il paraît qu’ils sont à l’ouvrage plus longtemps que les abeilles, résistant mieux qu’elles aux baisses de températures, que ce soit le soir ou à l’approche des frimas.

Le stand de l’Odyssée végétale présente dans un coin, insuffisamment mis en valeur à mon sens, un hôtel à insectes original fait de palettes. Une excellente idée, mais les palettes ne sont-elles pas traitées ? D’où risque de toxicité pour nos chers insectes ?

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

L’idée est excellente et la réalisation simple. L’immeuble est de taille est devrait bourdonner superbement.

Dans le hall on trouve les agriculteurs respectueux de l’environnement de FARRE à proximité des industriels de la protection des plantes (UIPP), autrement dit les fabricants de pesticides. Espérons qu’ils vont passer à une chimie plus douce, moins toxique pour la santé, et au bio-contrôle.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?
Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Pour finir, et nous en resterons là, les abeilles sont encore présentes par le stand de l’apiculture avec la participation de l’ITSAP, l’institut de l’abeille.

Je vous avoue que je ne suis pas allé ce jour-là voir s’il y avait des mouches du côté de Filouse, l’égérie du Salon, une superbe vache Rouge Flamande.

Conclusion : les insectes étaient au Salon, les utiles et les nuisibles, les gentils et les méchants. Peut-être l’an prochain pourra-t-on enfin en déguster accompagnés d’un petit vin de pays ou d’une bière artisanale ?

Photos ©RogerPuff

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Publié le 21 Février 2015

Pendant notre exposition « Lumières d’insectes » comme nous devions recevoir des classes d'écoles maternelles et primaires, un quizz était proposé. L’une des questions permettait aux enfants de s’interroger sur les photos de syrphes présentées : il y a en avait trois. Nous leur demandions si le syrphe était une espèce de mouche ou une espèce de guêpe.

Bien sûr la quasi-totalité des enfants sont tombés dans le panneau, disant qu’il s’agissait d’une espèce de guêpe du fait de leur livrée jaune rayée de noir. Occasion pour moi de leur parler du mimétisme.

Ultra-léger motorisé©ChristopheLaurain  -  sélectionnée au concours 2014

Ultra-léger motorisé©ChristopheLaurain - sélectionnée au concours 2014

Syrphe sur coquelicot ©SébastienBerthelot - sélectionnée au concours 2014, prise dans le Loir et Cher

Syrphe sur coquelicot ©SébastienBerthelot - sélectionnée au concours 2014, prise dans le Loir et Cher

Syrphe aux étoiles ©RogerPuff – prise à Verneuil-en-Halatte 2014

Syrphe aux étoiles ©RogerPuff – prise à Verneuil-en-Halatte 2014

En effet les syrphes sont une famille de mouches, donc appartiennent à l’ordre des Diptères, du sous-ordre des Brachycera, mouches muscoïdes aux antennes courtes (brachy du grec "court" d’où aussi "brachycéphale" pour les cranes humains).

Mouches, comme tous les diptères elles n’ont qu’une seule paire d’ailes membraneuses, l’autre paire s’est transformée en "haltères", minuscules petites massues servant de balanciers pour stabiliser leur vol. Leurs yeux sont assez gros, ceux des mâles se touchent alors que ceux des femelles sont bien séparés. Elles ne présentent pas la fameuse "taille de guêpe" des hyménoptères, guêpes ou abeilles, qui de plus ont quatre ailes membraneuses.

La famille des syrphides compte plus de 5000 espèces décrites. On les trouve souvent sur les ombellifères dont le nectar est leur nourriture. Les syrphes contribuent à la pollinisation.

Ces mouches sont les championnes du mimétisme cherchant à ressembler à des hyménoptères comme les bourdons, les guêpes ou les frelons,ou même à certains coléoptères ou lépidoptères.

Ce mimétisme leur permet d’inspirer à leurs éventuels prédateurs la crainte qu’ils peuvent avoir des hyménoptères. Il s’agit ici de se faire passer pour une espèce dangereuse. Dans d’autres cas, l’insecte se fait passer pour une espèce non comestible voire toxique.

L’insecte "mime" imite l’insecte "modèle" (ou référence) et la "dupe" est le prédateur dont les sens, ici la vue, ont été abusés.

Le camouflage est une autre forme de mimétisme. Il s’agit là de mimer l’environnement, de se confondre avec l’environnement, soit par le mimétisme des couleurs, soit par celui des formes.

Je vous propose un bel exemple : un papillon que j’ai pu photographier en 2010 au Brésil.

sur écorce ©RogerPuff – Brésil 2010

sur écorce ©RogerPuff – Brésil 2010

Le distinguez-vous sur l’écorce d’arbre ? Non ?

Vous le verrez nettement mieux sur le sol d’une terrasse du côté des chutes d’Iguazu.

au sol ©RogerPuff – Brésil 2010

au sol ©RogerPuff – Brésil 2010

Je ne suis absolument pas sûr de mon identification, mais – si j’en crois le site du National History Museum à Londres - ce pourrait bien être le craqueur variable ou Hamadryas feronia, largement répandu du sud du Texas à l’Argentine -de la famille des Nymphalidae et de la sous-famille des Biblidinae et du genre Hamadryas, d’après ses ailes marbrées et la marque rouge en S caractéristique de ses ailes antérieures. Ses larves se nourrissent surtout d’euphorbiacées.

Les mâles font un claquement sonore en battant des ailes (d’où son nom de craqueur ?), soit pour attirer les femelles, soit pour éloigner les concurrents ou les prédateurs. Malheureusement je ne l’ai pas entendu voler. …

Fantastique camouflage !

Surtout chance d'en avoir repéré un exemplaire sur son écorce et vu un autre au sol.

Et ce n'est pas tout.

criquet à ailes rouges ©PhilippeDelmer

criquet à ailes rouges ©PhilippeDelmer

Notre ami Philippe Delmer me fait parvenir une photo qu’il a prise près de Narbonne. Un autre bel exemple de mimétisme : oedipoda germanica qui a les ailes postérieures rouges, le criquet à ailes rouges ou encore oedipode rouge, orthoptère de la famille des Acrididae, et que l'on retrouve essentiellement dans les régions chaudes de la France. Il me dit qu’il existe également l'oedipode bleue, espèce semblable à la rouge.

Fabuleux monde animal…

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Publié le 18 Février 2015

L’Agrion de l’Oise compte un nouvel adhérent « entreprise » : Nicolas Moulin, entomologiste.

J’ai fait sa connaissance au colloque Insectinov en décembre 2014, où il présentait un poster sur ces activités.

Nicolas, entomologiste de terrain de 33 ans, a monté sa PME de consultant.

au labo©Nicolas Moulin

au labo©Nicolas Moulin

Très tôt il s’est passionné pour les phasmes et les mantes qu’il a élevés pour mieux les observer. Il s’est orienté naturellement pour ses études supérieures vers les sciences de la vie et de la terre, d’abord à l’Université Orsay, puis à l’Université de Tours, réputée en entomologie, pour y préparer un master professionnel sur insectes et environnement. Il a alors travaillé sur les coléoptères Carabidae (ex. le carabe doré) et les lépidoptères rhopalocères (papillons de jour) Maculaninea ou Phengaris, espèces menacées faisant l’objet d’un plan national d’actions . En effet leurs chenilles ont besoin d’une plante hôte comme toutes les autres espèces de papillon, mais leur développement nécessite aussi la présence d’une fourmi hôte ; les chenilles terminent leur phase larvaire dans des fourmilières. Ce mode de vie complexe rend les espèces très vulnérables aux modifications de leur habitat.

Il a poursuivi par un Master 2 au Muséum national d’Histoire naturelle et les rencontres ont fait qu’il est revenu aux mantes de sa jeunesse.

Aujourd’hui il se partage entre entomologie appliquée (inventaire, suivi de populations, diagnostic par ex. dans le cadre d’études environnementales réglementaires), c’est l’activité professionnelle de sa PME, et étude systématique sur les mantes, c’est sa passion qui le mène en mission en milieu tropical.

un belle fleur©Nicolas Moulin

un belle fleur©Nicolas Moulin

Il porte un très beau projet que je vous laisse découvrir. Il a besoin de soutiens pour mener à bien son expédition "A la recherche des mantes d’Afrique" qui a pour but de compléter la connaissance sur le terrain de ces espèces de l’ordre des Mantoptères, dont nombre seraient encore à trouver, à décrire et à nommer.

Souhaitons lui la réussite.

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Publié le 10 Février 2015

"Tu veux des voyages exotiques ? tu veux des photos d’insectes ? je vais t’envoyer quelque chose de mon voyage en Louisiane en 2012." me dit Jean-Louis, un autre adhérent de l'Agrion de l'Oise.

Et voilà ce que je reçois peu de temps après dans ma boite mail.:

dans le bayou ©Jean-Louis_Montagne

dans le bayou ©Jean-Louis_Montagne

C’est malin… Un superbe alligator.

Jean-Louis se fiche de moi. Cela étant, il ne croyait pas si bien faire car cette photo me rappelle immédiatement une lecture récente dans Philosophie de l’insecte de Jean-Marc Drouin (Seuil, 2014), où l’auteur écrit sous le titre Le crocodile paradoxal (crocodile et alligator c’est caïman la même chose, tout le monde sait cela), rappelant l’évolution dans l’histoire de l’entomologie de ce que l’on mettait dans la définition des insectes :

"Le terme insecte comme le terme latin insectum, comme son équivalent grec entomon, que l’on retrouve dans entomologie, renvoie à l’idée d’entaille, laquelle évoque les étranglements dans la forme du corps. L’étymologie repose donc sur l’aspect segmenté des animaux. Or cet aspect, s’il est commun à toutes les espèces d’insectes au sens actuels, est tout aussi perceptible chez les Araignées, les Scorpions ou les Mille-pattes et même certains Vers. […] La définition étymologique des Insectes comme animaux à entailles semble ainsi très large. Elle paraît encore trop étroite à Réaumur puisque, lorsqu’il publie le premier volume de ses mémoires pour servir à l’histoire des insectes, en 1734, il tient à préciser qu’il ne se limitera ni à l’étude des animaux « qui ont des incisions » ni à celle des animaux « qui ont une certaine petitesse ». Pour illustrer son propos, il n’hésite pas à écrire : « un crocodile serait un curieux insecte ; je n’aurais pourtant aucune peine à lui donner ce nom."

Voilà pour le grand Réaumur. Dans Théologie des insectes, ou Démonstration des perfections de Dieu, Friedrich Christian Lesser - dont nous avons déjà parlé ici - écrit en 1742 après avoir énuméré huit caractères propres aux insectes :

"Mais après avoir examiné un Animal, on ne lui trouve ni ce premier caractère [NdR. les incisions], ni presque aucun des huit autres que je viens d’indiquer, il me semble que ce serait confondre par des noms impropres des choses que la Nature a essentiellement distinguées, que de vouloir donner à un tel animal le nom d’Insecte. Par conséquent, ni les Grenouilles, ni les Crapauds, ni les Serpents, ni les Couleuvres, ni les Vipères, ni les Tortues, ni les Lézards, ni les Crocodiles, ni d’autres Reptiles de cet ordre ne sauraient proprement appartenir au genre des Insectes, quoique des Naturalistes très habiles n’aient pas laissé de les considérer comme tels, faute peut-être d’avoir fait attention aux caractères que nous venons d’indiquer".

Et oui la chose fait débat.

Histoires de crocodiles et de criquets

Encore un vieux grimoire, Abrégé de l’histoire des insectes, pour servir de suite à l’Histoire naturelle des abeilles deGilles-Augustin Bazin en 1751

"Originairement ce nom a été donné par les Latins à ceux dont le corps long est partagé par anneaux, comme s’il était coupé en plusieurs parties ou composés d’autant de pièces que l’on voit d’anneaux : mais peu à peu on a oublié l’origine du nom, et on a confondu sous la même dénomination, et sans égards aux incisions, tous les petits animaux qui ne sont point de ceux que nous entendons par les distinctions de quadrupèdes, oiseaux et poissons. […]. Il semble que communément l’on n’ait eu égard qu’à leur petitesse. […] On n’hésite point de mettre le lézard dans la classe des insectes, mais le genre des lézards s’élève jusqu’au crocodile. Il n’y a donc plus de mesure qui puisse déterminer la longueur d’un insecte, ou il faut se résoudre à traiter le crocodile d’insecte.

Voilà donc avec quels errements les entomologistes du XVIIIème sicle peinaient à délimiter la classe Insecta. Donc il ne suffit pas d’être prédécoupé comme notre alligator semble l’être ou d’être minuscule pour être un insecte.

Passons sur cet épisode et revenons à nos arthropodes terrestres. Jean-Louis m’avait aussi envoyé la photo du paysage où il avait photographié l’insecte : le bayou de Segnette , un parc d’état à l’ouest de Westwego dans la banlieue de La Nouvelle Orléans :

Le bayou de Segnette ©Jean-Louis_Montagne

Le bayou de Segnette ©Jean-Louis_Montagne

Il joignait la photo cette fois-ci d’un véritable insecte, encore que vu de dessus il me faisait penser à un beau homard qui aurait perdu ses pinces. Mais la photo était à faible définition et même à l’agrandissement je distinguais mal l’anatomie de l’animal. Je voyais bien qu’il était plutôt noir, qu’il avait six pattes, deux antennes et, signe particulier une ligne longitudinale blanche partageant le corps de la tête à l’extrémité de l’abdomen.

L’insecte à identifier©Jean-Louis_Montagne

L’insecte à identifier©Jean-Louis_Montagne

Mes recherches m’ont même fait croire - mais je ne suis pas entomologiste vous le savez - qu’il s’agissait de blister beetle, en français méloé un coléoptère, d'une famille d'insectes qui secrètent de la cantharide, peut être Epicauta floridensis. Mais la tête ne collait vraiment pas. J’ai envoyé une photo de ce méloé à Jean-Louis qui m’a affirmé que cela n’avait absolument rien avoir avec ce qu’il avait vu.

Mais il avait heureusement conservé la photo d’origine avec une bonne définition et il a pu me transmettre quelque chose de nettement plus lisible, même si on focalisait sur l’insecte :

 Est-ce bien un criquet lourdaud ? ©Jean-Louis_Montagne

Est-ce bien un criquet lourdaud ? ©Jean-Louis_Montagne

Et là aucune ambiguïté, j’avais affaire à un bel orthoptère. Oui mais lequel ?

Rapidement j’ai eu la conviction qu’il s’agissait d’un grasshopper, un criquet. Selon Jean-Louis la bestiole faisait environ 4 cm et n’avait pas bougé pendant tout le temps de l'observation.

Mes recherches à partir de photos sur le net et divers sites anglophones m’ont conduit à la forme sombre (dark morph) d’un adulte de Lubber grasshopper (littéralemend criquet lourdaud), Romalea guttata ou microptera, une espèce d'orthoptères du sous-ordre Caelifera de la famille des Romaleidae, répandu dans le sud et le sud-est des Etats-Unis (Louisiane, Floride, Mississippi, Géorgie,…).

A noter que grasshopper, littéralement « celui qui saute dans l’herbe », est souvent traduit en français par sauterelle. Les scientifiques réservent le terme de criquet au sous-ordre Caelifera et celui de sauterelle aux espèces de la famille des Tettigoniidae, appartenant au sous-ordre Ensifera, caractérisé entre autres par la tarière en forme de sabre de la femelle, comprenant également les grillons et les courtilières. Vous me suivez ? Oui je sais, c’est bien compliqué tout cela et je m’y perds moi-aussi.

Cela étant la forme la plus répandue de Romalea guttata est colorée :

Romalea guttata ©Klaus Hoffmeier GNU Free Documentation License 3/10/03

Romalea guttata ©Klaus Hoffmeier GNU Free Documentation License 3/10/03

Si vous voulez voir la forme « noire » je vous renvoie à une photo de l’Université du Mississipi et vous verrez que le doute est à peine permis, si ce n’est qu’on apprend que l’insecte peut atteindre 2,5 à 3 pouces (64-76 mm) alors que celui photographié par Jean-Louis ne faisait que 40 mm., sans doute n’avait-il pas fini de grandir.

Et si on l’appelle lubber, c’est à dire lourdaud, c’est qu’il ne bouge pas beaucoup. Il est incapable de voler avec ses ailes atrophiées. Il marche ou fait de petits sauts. L’insecte de couleur noire est aussi appelé diable-noir et en Louisine Devil’s horse ou en cajun cheval-diable, On le trouve aussi sous le nom de Giant Locust, c’est à dire cricket pélerin géant.

Histoires de crocodiles et de criquets

Encore une belle histoire, cette fois-ci dans les bayous du côté d’Old man River et ses bateaux à roues à aubes. On aurait même pu voir passer sur leur radeau le jeune Huckleberry Finn et son ami Jim...

Sacré bonhomme de fleuve, sacré bonhomme de fleuve,

Il doit bien savoir quelque chose,

Mais il ne dit rien,

Il suit simplement son cours,

Il va imperturbablement son chemin.

Extrait de Ol’ Man River

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Publié le 4 Février 2015

Une de nos adhérentes, Céline, a passé les fêtes de Noël en Guadeloupe.

Avant qu’elle ne parte, je lui avais demandé de prendre, si elle le pouvait, des photos d’insectes. Lorsqu’elle est revenue, la récolte était maigre. "Je n’ai pratiquement pas vu d’insectes" m’a-t-elle dit désolée, "On ne voit rien" a-t-elle ajouté "à part quelques micro-mouches piquantes, les yen-yens, on les sent surtout, quelques araignée ; sans oublier la nuit de belles lucioles, des bèt-a-lanp, mais je n’ai pas pu en photographier". C’est sûr, beaucoup d’insectes se cachent le jour et photographier de nuit n’est pas facile.

Céline avait toutefois réussi à photographier deux belles chenilles, que j’ai pu identifier. Je vais vous les présenter. Elles sont quasi emblématiques de l’ile.

La première, très grosse, très colorée, des anneaux vert clair et noir, aux extrémités de l’orange et du rouge avec une antenne fièrement dressée à la queue, a été vue sur la baie de Terre-de-Haut aux Saintes, une des plus belles baies du monde …

Chenille du sphinx du frangipanier ©CelineArdi

Chenille du sphinx du frangipanier ©CelineArdi

C’est la chenille d’un papillon, le sphinx du frangipanier (Pseudosphinx tetrio). Elle peut atteindre 15 cm de long. Ses couleurs vives la protègent des oiseaux qui redoutent sa toxicité. Avec ses mandibules puissantes, elle dévore les feuilles des frangipaniers rouges ou blancs, ces arbustes Plumera sont répandus dans tous les pays des tropiques, à Tahiti leurs fleurs parent l’oreille des belles vahinés. La chenille s’attaque aussi à celles de l’allamanda, autre arbuste à fleurs d’Amérique centrale. Ceci dit, les botanistes estiment que l’arbre attaqué produit plus de fleurs et de fruits, ce serait donc plutôt bénéfique. Le sphinx du frangipanier est un papillon de nuit (Lépidoptère, sous-ordre des Hétérocères, famille des Sphingidés) aux ailes gris-marron. Rien à voir donc avec les couleurs vives de sa chenille. Certains en Guadeloupe l’appellent la chenille "rasta" à cause des ses couleurs caractéristiques, mais on verra plus loin qu’en fait la véritable chenille "rasta" est très différente.

On trouve ce lépidoptère aux Antilles, mais également du sud du Brésil jusqu’au sud des Etats-Unis.

Céline a pu photographier une seconde chenille sur un mur, près de buissons de lauriers à Grande-Terre dans la marina de Saint-François entre l’Anse des Rochers et la Pointe des Châteaux.

Chenille "rasta" ©CelineArdi

Chenille "rasta" ©CelineArdi

Cette chenille jaune orangé avec des touffes et des points noirs est nettement plus petite et fait environ 40 mm. C’est la chenille d’un papillon de Syntomeida epilais de la famille des Arctiidae (la famille des Ecailles que nous connaissons en France). A noter qu’on compte 11000 espèces dans le monde, leurs chenilles sont toujours très poilues et on les appelle chenilles "hérissonnes".

Le papillon est diurne (sous-ordre des Rhopalocères) avec un abdomen bleu tacheté de blanc dont l’extrémité est rouge sur 2 anneaux "comme un feu rouge" dit ma petite-fille. Ses ailes sont bleu-violet métallique avec "comme des gouttes de peinture blanche" dit-elle encore (je vous laisse le soin d’aller vous-même chercher sa photo). On le trouve dans les Antilles, également en Floride et en Géorgie aux Etats-Unis, au Mexique et au Honduras.

La chenille se plait à consommer les plantes ornementales, comme les lauriers roses où Céline l’a vue, d’où son nom en anglais oleander caterpillar, la chenille du laurier rose. D’après le site de l’INRA elle n’a été signalée qu’en 1981 en Martinique, où elle est devenue rare) et en 1982 en Guadeloupe, où apparue autour de l’aéroport de Raizet à Pointe à Pitre, elle a envahi toute la Grande-Terre.

C’est elle la vraie chenille "rasta", le site du parc national de Guadeloupe signale bien la confusion qui est faite entre ces deux chenilles. Chenille "rasta", chenille "hérissonne"… dreadlocks rastafari à la Bob Marley et musique reggae ou poils raides et piquants du hérisson … au fait une citation anonyme "Des scientifiques ont réussi à croiser un ver de terre et un hérisson : ils ont obtenu vingt centimètres de fils de fer barbelé". Ici nous n’en avons que 40 mm, mais si on n’en met 5 bout à bout…

Mais je ne résiste pas à citer Bob Marley "Dieu a créé les gens en technicolor. Dieu n’a jamais fait de différence entre un noir, un blanc, un bleu, un vert ou un rose". Je pense qu’il en va de même pour les chenilles et les papillons…

Bref et pour conclure sur les chenilles, Céline a eu la chance (mais la probabilité était élevée à la Guadeloupe) de tomber sur la fausse et sur l’authentique chenille rasta. Dommage qu’elle n’ait pas photographié leurs papillons…

Ceci dit, elle a tout de même ramené une photo de lépido.

Flambeau ©CelineArdi

Flambeau ©CelineArdi

Ce grand papillon (envergure environ 80-90 mm) est Dryas julia, ou Flambeau, ou papillon Flamme, un lépidoptère de la famille des Nymphalidae, sous-famille des Heliconiinae. Cette espèce est plus ou moins orange. La sous-espèce guadeloupéenne, est présente en République Dominicaine d’où son nom Dryas julia dominicana. Il s’agit ici d’un mâle car la femelle ne présente pas de marques noires prononcées.

Et là notre adhérente n’a pas photographié la chenille du Flambeau qui est noire piquetée de blanc, avec des grands poils dressés et des pattes marron clair. On ne peut pas tout avoir.

L’insecte est présent aux Antilles, en Amérique Centrale, au sud du Mexique et en Floride. Il migre au nord au Nebraska. On le trouve en forêt claire au bord des rivières et dans les jardins fleuris.

Flambeau ©RogerPuff

Flambeau ©RogerPuff

Et en recherchant dans mes archives, je trouve ce Flambeau que j’avais pu photographier en juin 2010 dans la serre du Naturospace d’Honfleur.

Alors quand vous êtes en vacances pensez à photographier des insectes et à nous les envoyer, nous nous ferons une joie de publier vos clichés. Et si vous rédigez l’article ce sera encore mieux. N’oubliez pas, ceci dit, de photographier la famille, les monuments et les paysages, sinon vous pourriez avoir des remarques désagréables au retour lors de vos séances photos.

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Publié le 25 Janvier 2015

2015 : Année du centenaire de la disparition du grand entomologiste Jean-Henri Fabre (1823-1915), il fallait le célébrer, L’Agrion de l’Oise va s’y employer toute l’année.

Et pour débuter une belle exposition au Musée Serge Ramond, Musée de la Mémoire des Murs, à Verneuil-en-Halatte du 7 février au 1er mars.

"Lumières d'insectes" - notre première grande manifestation 2015

"Lumières d’insectes", l’exposition présentée au Musée de la Mémoire des Murs avec le soutien de l’ASPAG (Association de Sauvegarde du Patrimoine Archéologique et Glyptographique), de la Municipalité de Verneuil-en-Halatte et de la Communauté de Communes Pays d'Oise et Halatte, bénéficie du Label

"2015 Année de la Lumière en France".

Vous pourrez y découvrir :

  • La collection de luminaires bioinspirés par l’anatomie des insectes, réalisés par les étudiants en design industriel du Pr Hilke Vervaeke à l’Ecole Supérieure des Arts de l’Institut Saint-Luc à Liège, présentée pour la 1ère fois en mai 2014 à Insectopolis, le Festival de l’Insecte, la grande manifestation entomologique belge à Gembloux dans le cadre de la Faculté d’agronomie Agro Bio Tech de l’Université de Liège.
  • des boites d’insectes naturalisés, certaines de plus de 150 ans, de la collection historique et pédagogique de l’Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, la grande école d’ingénieurs agronomes et environnementalistes de l’Oise, adhérente de notre association.
  • Les macro-photos d’insectes sélectionnées par le jury de la 1ère édition 2014 du concours "Insectes de France" proposé par l’Agrion de l’Oise, réservé aux photographes amateurs. Ces photos sont complétées par quelques œuvres "hors concours" de photographes vernoliens et de Stéphane Losacco, un photographe isarien partageant avec nous la belle appellation "Lumières d’insectes", qu’il avait utilisée en 2013 pour une exposition au Parc du Marquenterre en Baie de Somme.

La 2ème édition de notre concours photos "Insectes de France 2015" sera lancée le 1er avril prochain. Nous espérons de nombreux candidats, avec nous le souhaitons vivement des jeunes de moins de 15 ans, et bien sûr à nouveau de superbes photos.

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