Publié le 4 Mars 2015

L’an passé, je suis allé faire mon tour au salon et je n’ai guère vu d’insectes. Disons que je cherchais surtout si on y parlait d’insectes comestibles et si on pouvait les déguster dans un stand ou l’autre entre les jambons, les fromages et crêpes proposés par nos terroirs. A part du miel, je n’avais pas vu grand chose.

Sur le stand de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), j’avais bien vu des petites bêtes dans un cristallisoir, ce n’était pas des insectes, mais des arachnides, … des tiques, responsables de maladies, dont la maladie de Lyme.

Qu’en était-il cette année ? La presse m’avait déjà alerté car des articles parlaient de l’alimentation des animaux d’élevage avec des farines d’insectes. Les photos montraient … des vaches.

Bon d’accord, moi jusqu’à présent j’ai plutôt entendu parler d’aquaculture ou d’aviculture. Il n’est pas question de donner des mouches à ruminer aux bovins qui regardent passer les trains, mais aux poissons ou aux poules qui en ont l’habitude depuis toujours, j’allais dire dans la vie courante. Ceci dit les vaches ont bien mangé des farines animales, jusqu’à l’épisode de la vache folle.

Je me lance donc dans l’exploration du Salon. Le hall institutionnel me semble le plus adéquat pour débuter, j’en profiterai pour établir des contacts. Premier passage sur le stand de l’ONF. Chou blanc, pas d’insectes xylophages, pas de référent sur le stand. Il y a toutefois des jolies cartes postales pour les enfants dont une montre comment dessiner une libellule en 4 coups de crayon. Sympa. Ceci dit on peut aussi dessiner un sanglier toujours en 4 coups. Une fiche apprend à reconnaître les traces du gibier, mais pas des cerfs-volants et de leurs biches. Je veux parler bien sûr de lucanes.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Allons plus loin et cette année et voilà le stand du CIRAD (organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes), qui affiche « Ciel ma terre ! Agriculture et dérèglement climatique ».

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

On y parle de biodiversité et de changement climatique, d’agriculture climato-intelligente, de services environnementaux (services rendus par les écosystèmes, comme capture du carbone, protection des bassins versants, …), mais aussi de prédiction du risque d’émergence de maladies. Des enfants se pressent autour de microscopes et écoutent les explications d’un scientifique. Je m’approche, c’est Ignace, un entomologiste spécialiste des maladies des animaux tropicales et émergentes et entre autres de la maladie de la langue bleue (bluetong), ou fièvre catarrhale ovine transmise par des insectes du genre Culicoides, de petits diptères, des moucherons de 1 à 3 mm hématophages. On trouve aussi un panneau montrant un beau moustique responsable de la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale majeure des ruminants transmissible à l’homme.

Mais le CIRAD travaille aussi sur des insectes qui s’attaquent aux plantes comme par exemple la scolyte des baies du caféier, Hypothenemus hampei, un coléoptère, ou encore Helicoverpa armigera, un papillon ravageur du cotonnier, connu aussi sous le nom de noctuelle de la tomate.

Pas très rassurant tout cela.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Allons plus loin, c’est le stand de l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Je vois surtout un drôle de faux bourdon : c'est le drone eBee sensefly présenté par un enseignant chercheur d’AgroParistech, Jean-Marc, qui m’explique comment les drones peuvent apporter rapidement de précieux renseignements aux agriculteurs pour une exploitation respectueuse de l’environnement de leurs plantations (entre autres en optimisant l’épandage de fertilisants ou de pesticides).

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Et voilà le stand de l’ANSES. Cette année pas de tiques, mais des insectes en plastique ou en carton, destinés aux enfants.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Des tableaux montrent comment reconnaître simplement un insecte « une armure, 6 pattes et des antennes » mais aussi comment l’identifier scientifiquement au microscope et même avec son code ADN. Je suis un grand enfant et j’engage la discussion avec Raphaëlle, une des cinq entomologistes de l’ANSES à Montpellier. L’ANSES, qui abrite l’Agence nationale du médicament vétérinaire, s’intéresse aux insectes vecteurs de maladie de l’animal, ainsi qu’aux insectes ravageurs du végétal, par exemple la nématode du pin, un ver microscopique véhiculée par des coléoptères cérambycidés du genre Monochamus spp.

Au fond du hall, le Ministère de l’Agriculture et de la forêt présente un superbe hôtel à insectes, un hôtel de luxe.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Là encore les enfants découvrent les insectes et le rôle important des pollinisateurs.

Ce hall présente aussi les formations à l’agriculture avec AgroParistech, mais aussi les autres écoles comme l’Institut polytechnique LaSalle Beauvais, membre de notre association.

Passons dans un autre hall, celui-ci consacré aux cultures et aux filières végétales, il y a là d’autres insectes, mais comme on va le voir c’est l’abeille qui a la vedette. Le stand de LU, vous savez le p'tit beurre qu’on mange en commençant par les coins, y met en vedette l’abeille et les autres pollinisateurs, en insistant sur le fait que 3/4 des fruits et des légumes en dépendent.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

L’abeille sauvage est aussi présente, mais on n’insiste pas sur les très nombreuses espèces d’abeilles sauvages, il y en a plus de 800 espèces - sauvages et solitaires - en France, andrènes, osmies, colletes, etc. LU et son partenaire NOE proposent aux visiteurs des sachets de plantes fleuries pour maintenir ou ramener la biodiversité en ville.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Mais c’est aussi le stand SAVEOL, une coopérative de maraichers de Bretagne, qui m’attire. On y parle de la protection biologique intégrée et des insectes auxiliaires : comme la micro-guêpe Encarsia formosa, et de la punaise Macrolophorus, qui luttent contre l’aleurode, une mouche blanche qui ravage les légumes, ainsi que contre pucerons, mineuses, acariens et autres chenilles.

Ceci dit ce sont les bourdons pollinisateurs, présentés par une bien sympathique maraichère, satisfaite de leur travail, qui attirent petits et grands.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

J’adore ces braves bourdons infatigables. Il paraît qu’ils sont à l’ouvrage plus longtemps que les abeilles, résistant mieux qu’elles aux baisses de températures, que ce soit le soir ou à l’approche des frimas.

Le stand de l’Odyssée végétale présente dans un coin, insuffisamment mis en valeur à mon sens, un hôtel à insectes original fait de palettes. Une excellente idée, mais les palettes ne sont-elles pas traitées ? D’où risque de toxicité pour nos chers insectes ?

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

L’idée est excellente et la réalisation simple. L’immeuble est de taille est devrait bourdonner superbement.

Dans le hall on trouve les agriculteurs respectueux de l’environnement de FARRE à proximité des industriels de la protection des plantes (UIPP), autrement dit les fabricants de pesticides. Espérons qu’ils vont passer à une chimie plus douce, moins toxique pour la santé, et au bio-contrôle.

Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?
Les insectes étaient-ils au Salon de l’Agriculture 2015 ?

Pour finir, et nous en resterons là, les abeilles sont encore présentes par le stand de l’apiculture avec la participation de l’ITSAP, l’institut de l’abeille.

Je vous avoue que je ne suis pas allé ce jour-là voir s’il y avait des mouches du côté de Filouse, l’égérie du Salon, une superbe vache Rouge Flamande.

Conclusion : les insectes étaient au Salon, les utiles et les nuisibles, les gentils et les méchants. Peut-être l’an prochain pourra-t-on enfin en déguster accompagnés d’un petit vin de pays ou d’une bière artisanale ?

Photos ©RogerPuff

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Publié le 21 Février 2015

Pendant notre exposition « Lumières d’insectes » comme nous devions recevoir des classes d'écoles maternelles et primaires, un quizz était proposé. L’une des questions permettait aux enfants de s’interroger sur les photos de syrphes présentées : il y a en avait trois. Nous leur demandions si le syrphe était une espèce de mouche ou une espèce de guêpe.

Bien sûr la quasi-totalité des enfants sont tombés dans le panneau, disant qu’il s’agissait d’une espèce de guêpe du fait de leur livrée jaune rayée de noir. Occasion pour moi de leur parler du mimétisme.

Ultra-léger motorisé©ChristopheLaurain  -  sélectionnée au concours 2014

Ultra-léger motorisé©ChristopheLaurain - sélectionnée au concours 2014

Syrphe sur coquelicot ©SébastienBerthelot - sélectionnée au concours 2014, prise dans le Loir et Cher

Syrphe sur coquelicot ©SébastienBerthelot - sélectionnée au concours 2014, prise dans le Loir et Cher

Syrphe aux étoiles ©RogerPuff – prise à Verneuil-en-Halatte 2014

Syrphe aux étoiles ©RogerPuff – prise à Verneuil-en-Halatte 2014

En effet les syrphes sont une famille de mouches, donc appartiennent à l’ordre des Diptères, du sous-ordre des Brachycera, mouches muscoïdes aux antennes courtes (brachy du grec "court" d’où aussi "brachycéphale" pour les cranes humains).

Mouches, comme tous les diptères elles n’ont qu’une seule paire d’ailes membraneuses, l’autre paire s’est transformée en "haltères", minuscules petites massues servant de balanciers pour stabiliser leur vol. Leurs yeux sont assez gros, ceux des mâles se touchent alors que ceux des femelles sont bien séparés. Elles ne présentent pas la fameuse "taille de guêpe" des hyménoptères, guêpes ou abeilles, qui de plus ont quatre ailes membraneuses.

La famille des syrphides compte plus de 5000 espèces décrites. On les trouve souvent sur les ombellifères dont le nectar est leur nourriture. Les syrphes contribuent à la pollinisation.

Ces mouches sont les championnes du mimétisme cherchant à ressembler à des hyménoptères comme les bourdons, les guêpes ou les frelons,ou même à certains coléoptères ou lépidoptères.

Ce mimétisme leur permet d’inspirer à leurs éventuels prédateurs la crainte qu’ils peuvent avoir des hyménoptères. Il s’agit ici de se faire passer pour une espèce dangereuse. Dans d’autres cas, l’insecte se fait passer pour une espèce non comestible voire toxique.

L’insecte "mime" imite l’insecte "modèle" (ou référence) et la "dupe" est le prédateur dont les sens, ici la vue, ont été abusés.

Le camouflage est une autre forme de mimétisme. Il s’agit là de mimer l’environnement, de se confondre avec l’environnement, soit par le mimétisme des couleurs, soit par celui des formes.

Je vous propose un bel exemple : un papillon que j’ai pu photographier en 2010 au Brésil.

sur écorce ©RogerPuff – Brésil 2010

sur écorce ©RogerPuff – Brésil 2010

Le distinguez-vous sur l’écorce d’arbre ? Non ?

Vous le verrez nettement mieux sur le sol d’une terrasse du côté des chutes d’Iguazu.

au sol ©RogerPuff – Brésil 2010

au sol ©RogerPuff – Brésil 2010

Je ne suis absolument pas sûr de mon identification, mais – si j’en crois le site du National History Museum à Londres - ce pourrait bien être le craqueur variable ou Hamadryas feronia, largement répandu du sud du Texas à l’Argentine -de la famille des Nymphalidae et de la sous-famille des Biblidinae et du genre Hamadryas, d’après ses ailes marbrées et la marque rouge en S caractéristique de ses ailes antérieures. Ses larves se nourrissent surtout d’euphorbiacées.

Les mâles font un claquement sonore en battant des ailes (d’où son nom de craqueur ?), soit pour attirer les femelles, soit pour éloigner les concurrents ou les prédateurs. Malheureusement je ne l’ai pas entendu voler. …

Fantastique camouflage !

Surtout chance d'en avoir repéré un exemplaire sur son écorce et vu un autre au sol.

Et ce n'est pas tout.

criquet à ailes rouges ©PhilippeDelmer

criquet à ailes rouges ©PhilippeDelmer

Notre ami Philippe Delmer me fait parvenir une photo qu’il a prise près de Narbonne. Un autre bel exemple de mimétisme : oedipoda germanica qui a les ailes postérieures rouges, le criquet à ailes rouges ou encore oedipode rouge, orthoptère de la famille des Acrididae, et que l'on retrouve essentiellement dans les régions chaudes de la France. Il me dit qu’il existe également l'oedipode bleue, espèce semblable à la rouge.

Fabuleux monde animal…

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Publié le 18 Février 2015

L’Agrion de l’Oise compte un nouvel adhérent « entreprise » : Nicolas Moulin, entomologiste.

J’ai fait sa connaissance au colloque Insectinov en décembre 2014, où il présentait un poster sur ces activités.

Nicolas, entomologiste de terrain de 33 ans, a monté sa PME de consultant.

au labo©Nicolas Moulin

au labo©Nicolas Moulin

Très tôt il s’est passionné pour les phasmes et les mantes qu’il a élevés pour mieux les observer. Il s’est orienté naturellement pour ses études supérieures vers les sciences de la vie et de la terre, d’abord à l’Université Orsay, puis à l’Université de Tours, réputée en entomologie, pour y préparer un master professionnel sur insectes et environnement. Il a alors travaillé sur les coléoptères Carabidae (ex. le carabe doré) et les lépidoptères rhopalocères (papillons de jour) Maculaninea ou Phengaris, espèces menacées faisant l’objet d’un plan national d’actions . En effet leurs chenilles ont besoin d’une plante hôte comme toutes les autres espèces de papillon, mais leur développement nécessite aussi la présence d’une fourmi hôte ; les chenilles terminent leur phase larvaire dans des fourmilières. Ce mode de vie complexe rend les espèces très vulnérables aux modifications de leur habitat.

Il a poursuivi par un Master 2 au Muséum national d’Histoire naturelle et les rencontres ont fait qu’il est revenu aux mantes de sa jeunesse.

Aujourd’hui il se partage entre entomologie appliquée (inventaire, suivi de populations, diagnostic par ex. dans le cadre d’études environnementales réglementaires), c’est l’activité professionnelle de sa PME, et étude systématique sur les mantes, c’est sa passion qui le mène en mission en milieu tropical.

un belle fleur©Nicolas Moulin

un belle fleur©Nicolas Moulin

Il porte un très beau projet que je vous laisse découvrir. Il a besoin de soutiens pour mener à bien son expédition "A la recherche des mantes d’Afrique" qui a pour but de compléter la connaissance sur le terrain de ces espèces de l’ordre des Mantoptères, dont nombre seraient encore à trouver, à décrire et à nommer.

Souhaitons lui la réussite.

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Publié le 10 Février 2015

"Tu veux des voyages exotiques ? tu veux des photos d’insectes ? je vais t’envoyer quelque chose de mon voyage en Louisiane en 2012." me dit Jean-Louis, un autre adhérent de l'Agrion de l'Oise.

Et voilà ce que je reçois peu de temps après dans ma boite mail.:

dans le bayou ©Jean-Louis_Montagne

dans le bayou ©Jean-Louis_Montagne

C’est malin… Un superbe alligator.

Jean-Louis se fiche de moi. Cela étant, il ne croyait pas si bien faire car cette photo me rappelle immédiatement une lecture récente dans Philosophie de l’insecte de Jean-Marc Drouin (Seuil, 2014), où l’auteur écrit sous le titre Le crocodile paradoxal (crocodile et alligator c’est caïman la même chose, tout le monde sait cela), rappelant l’évolution dans l’histoire de l’entomologie de ce que l’on mettait dans la définition des insectes :

"Le terme insecte comme le terme latin insectum, comme son équivalent grec entomon, que l’on retrouve dans entomologie, renvoie à l’idée d’entaille, laquelle évoque les étranglements dans la forme du corps. L’étymologie repose donc sur l’aspect segmenté des animaux. Or cet aspect, s’il est commun à toutes les espèces d’insectes au sens actuels, est tout aussi perceptible chez les Araignées, les Scorpions ou les Mille-pattes et même certains Vers. […] La définition étymologique des Insectes comme animaux à entailles semble ainsi très large. Elle paraît encore trop étroite à Réaumur puisque, lorsqu’il publie le premier volume de ses mémoires pour servir à l’histoire des insectes, en 1734, il tient à préciser qu’il ne se limitera ni à l’étude des animaux « qui ont des incisions » ni à celle des animaux « qui ont une certaine petitesse ». Pour illustrer son propos, il n’hésite pas à écrire : « un crocodile serait un curieux insecte ; je n’aurais pourtant aucune peine à lui donner ce nom."

Voilà pour le grand Réaumur. Dans Théologie des insectes, ou Démonstration des perfections de Dieu, Friedrich Christian Lesser - dont nous avons déjà parlé ici - écrit en 1742 après avoir énuméré huit caractères propres aux insectes :

"Mais après avoir examiné un Animal, on ne lui trouve ni ce premier caractère [NdR. les incisions], ni presque aucun des huit autres que je viens d’indiquer, il me semble que ce serait confondre par des noms impropres des choses que la Nature a essentiellement distinguées, que de vouloir donner à un tel animal le nom d’Insecte. Par conséquent, ni les Grenouilles, ni les Crapauds, ni les Serpents, ni les Couleuvres, ni les Vipères, ni les Tortues, ni les Lézards, ni les Crocodiles, ni d’autres Reptiles de cet ordre ne sauraient proprement appartenir au genre des Insectes, quoique des Naturalistes très habiles n’aient pas laissé de les considérer comme tels, faute peut-être d’avoir fait attention aux caractères que nous venons d’indiquer".

Et oui la chose fait débat.

Histoires de crocodiles et de criquets

Encore un vieux grimoire, Abrégé de l’histoire des insectes, pour servir de suite à l’Histoire naturelle des abeilles deGilles-Augustin Bazin en 1751

"Originairement ce nom a été donné par les Latins à ceux dont le corps long est partagé par anneaux, comme s’il était coupé en plusieurs parties ou composés d’autant de pièces que l’on voit d’anneaux : mais peu à peu on a oublié l’origine du nom, et on a confondu sous la même dénomination, et sans égards aux incisions, tous les petits animaux qui ne sont point de ceux que nous entendons par les distinctions de quadrupèdes, oiseaux et poissons. […]. Il semble que communément l’on n’ait eu égard qu’à leur petitesse. […] On n’hésite point de mettre le lézard dans la classe des insectes, mais le genre des lézards s’élève jusqu’au crocodile. Il n’y a donc plus de mesure qui puisse déterminer la longueur d’un insecte, ou il faut se résoudre à traiter le crocodile d’insecte.

Voilà donc avec quels errements les entomologistes du XVIIIème sicle peinaient à délimiter la classe Insecta. Donc il ne suffit pas d’être prédécoupé comme notre alligator semble l’être ou d’être minuscule pour être un insecte.

Passons sur cet épisode et revenons à nos arthropodes terrestres. Jean-Louis m’avait aussi envoyé la photo du paysage où il avait photographié l’insecte : le bayou de Segnette , un parc d’état à l’ouest de Westwego dans la banlieue de La Nouvelle Orléans :

Le bayou de Segnette ©Jean-Louis_Montagne

Le bayou de Segnette ©Jean-Louis_Montagne

Il joignait la photo cette fois-ci d’un véritable insecte, encore que vu de dessus il me faisait penser à un beau homard qui aurait perdu ses pinces. Mais la photo était à faible définition et même à l’agrandissement je distinguais mal l’anatomie de l’animal. Je voyais bien qu’il était plutôt noir, qu’il avait six pattes, deux antennes et, signe particulier une ligne longitudinale blanche partageant le corps de la tête à l’extrémité de l’abdomen.

L’insecte à identifier©Jean-Louis_Montagne

L’insecte à identifier©Jean-Louis_Montagne

Mes recherches m’ont même fait croire - mais je ne suis pas entomologiste vous le savez - qu’il s’agissait de blister beetle, en français méloé un coléoptère, d'une famille d'insectes qui secrètent de la cantharide, peut être Epicauta floridensis. Mais la tête ne collait vraiment pas. J’ai envoyé une photo de ce méloé à Jean-Louis qui m’a affirmé que cela n’avait absolument rien avoir avec ce qu’il avait vu.

Mais il avait heureusement conservé la photo d’origine avec une bonne définition et il a pu me transmettre quelque chose de nettement plus lisible, même si on focalisait sur l’insecte :

 Est-ce bien un criquet lourdaud ? ©Jean-Louis_Montagne

Est-ce bien un criquet lourdaud ? ©Jean-Louis_Montagne

Et là aucune ambiguïté, j’avais affaire à un bel orthoptère. Oui mais lequel ?

Rapidement j’ai eu la conviction qu’il s’agissait d’un grasshopper, un criquet. Selon Jean-Louis la bestiole faisait environ 4 cm et n’avait pas bougé pendant tout le temps de l'observation.

Mes recherches à partir de photos sur le net et divers sites anglophones m’ont conduit à la forme sombre (dark morph) d’un adulte de Lubber grasshopper (littéralemend criquet lourdaud), Romalea guttata ou microptera, une espèce d'orthoptères du sous-ordre Caelifera de la famille des Romaleidae, répandu dans le sud et le sud-est des Etats-Unis (Louisiane, Floride, Mississippi, Géorgie,…).

A noter que grasshopper, littéralement « celui qui saute dans l’herbe », est souvent traduit en français par sauterelle. Les scientifiques réservent le terme de criquet au sous-ordre Caelifera et celui de sauterelle aux espèces de la famille des Tettigoniidae, appartenant au sous-ordre Ensifera, caractérisé entre autres par la tarière en forme de sabre de la femelle, comprenant également les grillons et les courtilières. Vous me suivez ? Oui je sais, c’est bien compliqué tout cela et je m’y perds moi-aussi.

Cela étant la forme la plus répandue de Romalea guttata est colorée :

Romalea guttata ©Klaus Hoffmeier GNU Free Documentation License 3/10/03

Romalea guttata ©Klaus Hoffmeier GNU Free Documentation License 3/10/03

Si vous voulez voir la forme « noire » je vous renvoie à une photo de l’Université du Mississipi et vous verrez que le doute est à peine permis, si ce n’est qu’on apprend que l’insecte peut atteindre 2,5 à 3 pouces (64-76 mm) alors que celui photographié par Jean-Louis ne faisait que 40 mm., sans doute n’avait-il pas fini de grandir.

Et si on l’appelle lubber, c’est à dire lourdaud, c’est qu’il ne bouge pas beaucoup. Il est incapable de voler avec ses ailes atrophiées. Il marche ou fait de petits sauts. L’insecte de couleur noire est aussi appelé diable-noir et en Louisine Devil’s horse ou en cajun cheval-diable, On le trouve aussi sous le nom de Giant Locust, c’est à dire cricket pélerin géant.

Histoires de crocodiles et de criquets

Encore une belle histoire, cette fois-ci dans les bayous du côté d’Old man River et ses bateaux à roues à aubes. On aurait même pu voir passer sur leur radeau le jeune Huckleberry Finn et son ami Jim...

Sacré bonhomme de fleuve, sacré bonhomme de fleuve,

Il doit bien savoir quelque chose,

Mais il ne dit rien,

Il suit simplement son cours,

Il va imperturbablement son chemin.

Extrait de Ol’ Man River

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Publié le 4 Février 2015

Une de nos adhérentes, Céline, a passé les fêtes de Noël en Guadeloupe.

Avant qu’elle ne parte, je lui avais demandé de prendre, si elle le pouvait, des photos d’insectes. Lorsqu’elle est revenue, la récolte était maigre. "Je n’ai pratiquement pas vu d’insectes" m’a-t-elle dit désolée, "On ne voit rien" a-t-elle ajouté "à part quelques micro-mouches piquantes, les yen-yens, on les sent surtout, quelques araignée ; sans oublier la nuit de belles lucioles, des bèt-a-lanp, mais je n’ai pas pu en photographier". C’est sûr, beaucoup d’insectes se cachent le jour et photographier de nuit n’est pas facile.

Céline avait toutefois réussi à photographier deux belles chenilles, que j’ai pu identifier. Je vais vous les présenter. Elles sont quasi emblématiques de l’ile.

La première, très grosse, très colorée, des anneaux vert clair et noir, aux extrémités de l’orange et du rouge avec une antenne fièrement dressée à la queue, a été vue sur la baie de Terre-de-Haut aux Saintes, une des plus belles baies du monde …

Chenille du sphinx du frangipanier ©CelineArdi

Chenille du sphinx du frangipanier ©CelineArdi

C’est la chenille d’un papillon, le sphinx du frangipanier (Pseudosphinx tetrio). Elle peut atteindre 15 cm de long. Ses couleurs vives la protègent des oiseaux qui redoutent sa toxicité. Avec ses mandibules puissantes, elle dévore les feuilles des frangipaniers rouges ou blancs, ces arbustes Plumera sont répandus dans tous les pays des tropiques, à Tahiti leurs fleurs parent l’oreille des belles vahinés. La chenille s’attaque aussi à celles de l’allamanda, autre arbuste à fleurs d’Amérique centrale. Ceci dit, les botanistes estiment que l’arbre attaqué produit plus de fleurs et de fruits, ce serait donc plutôt bénéfique. Le sphinx du frangipanier est un papillon de nuit (Lépidoptère, sous-ordre des Hétérocères, famille des Sphingidés) aux ailes gris-marron. Rien à voir donc avec les couleurs vives de sa chenille. Certains en Guadeloupe l’appellent la chenille "rasta" à cause des ses couleurs caractéristiques, mais on verra plus loin qu’en fait la véritable chenille "rasta" est très différente.

On trouve ce lépidoptère aux Antilles, mais également du sud du Brésil jusqu’au sud des Etats-Unis.

Céline a pu photographier une seconde chenille sur un mur, près de buissons de lauriers à Grande-Terre dans la marina de Saint-François entre l’Anse des Rochers et la Pointe des Châteaux.

Chenille "rasta" ©CelineArdi

Chenille "rasta" ©CelineArdi

Cette chenille jaune orangé avec des touffes et des points noirs est nettement plus petite et fait environ 40 mm. C’est la chenille d’un papillon de Syntomeida epilais de la famille des Arctiidae (la famille des Ecailles que nous connaissons en France). A noter qu’on compte 11000 espèces dans le monde, leurs chenilles sont toujours très poilues et on les appelle chenilles "hérissonnes".

Le papillon est diurne (sous-ordre des Rhopalocères) avec un abdomen bleu tacheté de blanc dont l’extrémité est rouge sur 2 anneaux "comme un feu rouge" dit ma petite-fille. Ses ailes sont bleu-violet métallique avec "comme des gouttes de peinture blanche" dit-elle encore (je vous laisse le soin d’aller vous-même chercher sa photo). On le trouve dans les Antilles, également en Floride et en Géorgie aux Etats-Unis, au Mexique et au Honduras.

La chenille se plait à consommer les plantes ornementales, comme les lauriers roses où Céline l’a vue, d’où son nom en anglais oleander caterpillar, la chenille du laurier rose. D’après le site de l’INRA elle n’a été signalée qu’en 1981 en Martinique, où elle est devenue rare) et en 1982 en Guadeloupe, où apparue autour de l’aéroport de Raizet à Pointe à Pitre, elle a envahi toute la Grande-Terre.

C’est elle la vraie chenille "rasta", le site du parc national de Guadeloupe signale bien la confusion qui est faite entre ces deux chenilles. Chenille "rasta", chenille "hérissonne"… dreadlocks rastafari à la Bob Marley et musique reggae ou poils raides et piquants du hérisson … au fait une citation anonyme "Des scientifiques ont réussi à croiser un ver de terre et un hérisson : ils ont obtenu vingt centimètres de fils de fer barbelé". Ici nous n’en avons que 40 mm, mais si on n’en met 5 bout à bout…

Mais je ne résiste pas à citer Bob Marley "Dieu a créé les gens en technicolor. Dieu n’a jamais fait de différence entre un noir, un blanc, un bleu, un vert ou un rose". Je pense qu’il en va de même pour les chenilles et les papillons…

Bref et pour conclure sur les chenilles, Céline a eu la chance (mais la probabilité était élevée à la Guadeloupe) de tomber sur la fausse et sur l’authentique chenille rasta. Dommage qu’elle n’ait pas photographié leurs papillons…

Ceci dit, elle a tout de même ramené une photo de lépido.

Flambeau ©CelineArdi

Flambeau ©CelineArdi

Ce grand papillon (envergure environ 80-90 mm) est Dryas julia, ou Flambeau, ou papillon Flamme, un lépidoptère de la famille des Nymphalidae, sous-famille des Heliconiinae. Cette espèce est plus ou moins orange. La sous-espèce guadeloupéenne, est présente en République Dominicaine d’où son nom Dryas julia dominicana. Il s’agit ici d’un mâle car la femelle ne présente pas de marques noires prononcées.

Et là notre adhérente n’a pas photographié la chenille du Flambeau qui est noire piquetée de blanc, avec des grands poils dressés et des pattes marron clair. On ne peut pas tout avoir.

L’insecte est présent aux Antilles, en Amérique Centrale, au sud du Mexique et en Floride. Il migre au nord au Nebraska. On le trouve en forêt claire au bord des rivières et dans les jardins fleuris.

Flambeau ©RogerPuff

Flambeau ©RogerPuff

Et en recherchant dans mes archives, je trouve ce Flambeau que j’avais pu photographier en juin 2010 dans la serre du Naturospace d’Honfleur.

Alors quand vous êtes en vacances pensez à photographier des insectes et à nous les envoyer, nous nous ferons une joie de publier vos clichés. Et si vous rédigez l’article ce sera encore mieux. N’oubliez pas, ceci dit, de photographier la famille, les monuments et les paysages, sinon vous pourriez avoir des remarques désagréables au retour lors de vos séances photos.

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Publié le 25 Janvier 2015

2015 : Année du centenaire de la disparition du grand entomologiste Jean-Henri Fabre (1823-1915), il fallait le célébrer, L’Agrion de l’Oise va s’y employer toute l’année.

Et pour débuter une belle exposition au Musée Serge Ramond, Musée de la Mémoire des Murs, à Verneuil-en-Halatte du 7 février au 1er mars.

"Lumières d'insectes" - notre première grande manifestation 2015

"Lumières d’insectes", l’exposition présentée au Musée de la Mémoire des Murs avec le soutien de l’ASPAG (Association de Sauvegarde du Patrimoine Archéologique et Glyptographique), de la Municipalité de Verneuil-en-Halatte et de la Communauté de Communes Pays d'Oise et Halatte, bénéficie du Label

"2015 Année de la Lumière en France".

Vous pourrez y découvrir :

  • La collection de luminaires bioinspirés par l’anatomie des insectes, réalisés par les étudiants en design industriel du Pr Hilke Vervaeke à l’Ecole Supérieure des Arts de l’Institut Saint-Luc à Liège, présentée pour la 1ère fois en mai 2014 à Insectopolis, le Festival de l’Insecte, la grande manifestation entomologique belge à Gembloux dans le cadre de la Faculté d’agronomie Agro Bio Tech de l’Université de Liège.
  • des boites d’insectes naturalisés, certaines de plus de 150 ans, de la collection historique et pédagogique de l’Institut Polytechnique LaSalle Beauvais, la grande école d’ingénieurs agronomes et environnementalistes de l’Oise, adhérente de notre association.
  • Les macro-photos d’insectes sélectionnées par le jury de la 1ère édition 2014 du concours "Insectes de France" proposé par l’Agrion de l’Oise, réservé aux photographes amateurs. Ces photos sont complétées par quelques œuvres "hors concours" de photographes vernoliens et de Stéphane Losacco, un photographe isarien partageant avec nous la belle appellation "Lumières d’insectes", qu’il avait utilisée en 2013 pour une exposition au Parc du Marquenterre en Baie de Somme.

La 2ème édition de notre concours photos "Insectes de France 2015" sera lancée le 1er avril prochain. Nous espérons de nombreux candidats, avec nous le souhaitons vivement des jeunes de moins de 15 ans, et bien sûr à nouveau de superbes photos.

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Publié le 21 Janvier 2015

Lorsque notre projet d’insectarium a été lancé en 2007 au niveau du pays Sud de l’Oise, j’ai voulu en savoir plus sur les insectariums en France et dans le monde. Ma première visite a été pour l’insectarium de Montréal bien sûr avec son rayonnement mondial et ses près de 450000 visiteurs par an. L’année suivante je suis allé voir Micropolis, construit à proximité de la maison natale de Jean-Henri Fabre et l’année suivante je suis allé visiter l’Harmas à Lésignan, la maison où il a passé la fin de sa vie et où il est mort.

Viaduc de Millau et panneau Micropolis Cité des Insectes ©RogerPuff

Viaduc de Millau et panneau Micropolis Cité des Insectes ©RogerPuff

Il n’est pas dans mes intentions de faire ici la biographie de Jean-Henri Fabre, d’autres s’en chargeront sans doute cette année, notamment le Muséum national d’Histoire naturelle, car c’est l’année du centenaire de sa mort en 1915.

Si vous descendez vers le Languedoc-Roussillon, en empruntant l’autoroute A75, après avoir traversé le Massif Central, vous arrivez à quelques kilomètres au nord de Millau et de son viaduc à une sortie qui vous mène à Micropolis. Ceci dit, nous on remontait vers Paris venant de Montpellier et c’était notre premier passage du viaduc. Profitez de la visite de ce beau musée vivant et promenez vous sur le chemin ludique juste au-dessus, chemin aménagé pour que les enfants puissent se dépenser avant de reprendre la route.

Vue de Micropolis.©RogerPuff

Vue de Micropolis.©RogerPuff

De là vous pourrez voir la maison natale de Fabre sur l’autre flanc de la vallée. Une lunette permet même de l’approcher. Ensuite il suffit de suivre les panneaux puis peintes directement sur le chemin, de bien sympathiques fourmis…

Maison natale de Jena-Henri-Fabre ©RogerPuff

Maison natale de Jena-Henri-Fabre ©RogerPuff

Vous arriverez à la maison où Jean-Henri Fabre est né le 21 décembre 1823 et où, après avoir été élevé par ses grands-parents maternels dans une ferme un peu plus loin, il est revenu âgé de sept ans. C’est à Saint-Léons du Lévézou, une modeste maison, qui aujourd’hui se visite. En fait c’est un petit insectarium. Une jeune femme nous a fait découvrir la maison au mobilier campagnard, à la grande cheminée et au plafond à poutres apparentes.

Ouvrages écrits par Jean-Henri Fabre ©RogerPuff

Ouvrages écrits par Jean-Henri Fabre ©RogerPuff

Quelques boites de collection d’insectes épinglés. Quelques ouvrages dont un traité de Chimie agricole et une édition des Souvenirs entomologiques en japonais. Et oui les enfants japonais apprennent paraît-il le français dans les textes de notre entomologistes, peut-être plus connu au pays de Madame Butterfly qu’en France. Au fait Loti honorait-il Fabre en nommant ainsi son héroïne que Puccini mit en musique ?

Jardin et vue sur l'Insectarium Micropolis ©RogerPuff

Jardin et vue sur l'Insectarium Micropolis ©RogerPuff

Un petit jardin où une statue en pied de l’entomologiste regarde en face l’impressionnant bâtiment de Micropolis.. Dans le jardin un hôtel à osmies, ces abeilles sauvages solitaires si utiles à la pollinisation. Une petite maison toute simple. C’est là que Jean-Henri Fabre s’éveillera aux merveilles de la nature, observant les bêtes de la ferme d’abord, puis les insectes, qui le passionneront sa vie durant.

A dix ans, à une époque où on ne voyageait guère, la famille doit aller chercher du travail ailleurs. Rodez, Aurillac, Toulouse, Montpellier, Avignon … où il entre avant à l’Ecole normale d’instituteurs à dix-sept ans.

L’autodidacte va devenir un scientifique. A vingt cinq ans après avoir acquis le bac littéraire et le bac en mathématiques, il est titulaire d’une licence de sciences mathématiques et d’une de sciences physiques… Professeur de sciences physiques à Ajaccio, il se passionne toujours pour la nature. Il sera enseignant-chercheur à trente ans de retour à Avignon. A la guerre de 1870, il quitte l’enseignement et se retire à Orange pour écrire des ouvrages pour l’enseignement dans pratiquement toutes les matières et des ouvrages de vulgarisation, tout en poursuivant ses études personnelles sur les insectes.

En 1979, grâce à l’argent gagné avec ses ouvrages, il achète à 8 km d’Orange, à Sérignan-du-Comtat, une propriété qu’il baptise L'Harmas. Ce sera sa dernière demeure et son laboratoire.

C’est là qu’il meurt le 11 octobre 1915.

Et c’est cette belle propriété, qui aujourd’hui appartient au Muséum national d’Histoire naturelle, que je suis allé visiter l’année suivante, en 2009, alors que les études de faisabilité de l’insectarium étaient engagées.

L'Harmas ©RogerPuff

L'Harmas ©RogerPuff

Une belle bâtisse au sein d’un grand jardin clos de murs.

Les pièces de travail de Fabre avec de grandes vitrines pour ses collections, son tout petit bureau, qui le suivait depuis longtemps dans ses multiples demeures, et où il a écrit tous ses ouvrages et consignés toutes ses observations.

On ne photographie pas à l’intérieur… dommage. Ceci dit depuis 2009, cela a peut être changé.

Dans le jardin L'Harmas ©RogerPuff

Dans le jardin L'Harmas ©RogerPuff

Mais la merveille, enfin pour moi, c’est le jardin avec son grand bassin. Un paradis pour les insectes.

Ces quelques photos prises ce jour-là en l’hommage du grand entomologiste.

Vanesse du chardon ou Vanesse des chardons (Cynthia cardui ou Vanessa cardui), appelée Belle-Dame ©RogerPuff

Vanesse du chardon ou Vanesse des chardons (Cynthia cardui ou Vanessa cardui), appelée Belle-Dame ©RogerPuff

Pièride de la rave ( Pieris rapae) ©RogerPuff

Pièride de la rave ( Pieris rapae) ©RogerPuff

Je n’ai pas photographié de grand paon, mais je voudrais vous donner à son sujet, un extrait d’un texte de Fabre, pour vous en faire apprécier la clarté du style.

Ce fut une soirée mémorable. Je l'appellerai la soirée du Grand-Paon. Qui ne connaît ce superbe papillon, le plus gros de l'Europe, vêtu de velours marron et cravaté de fourrure blanche ? Les ailes, semées de gris et de brun, traversées d'un zigzag pâle et bordées de blanc enfumé, ont au centre une tache ronde, un grand oeil à prunelle noire et iris varié, où se groupent, en arcs, le noir, le blanc, le châtain, le rouge amarante.

Souvenirs entomologiques, Série VII, Chapitre 23 "Le Grand Paon"

Abeille mellifère, oui mais quelle espèce ? ©RogerPuff

Abeille mellifère, oui mais quelle espèce ? ©RogerPuff

J’avoue mon incompétence. Quel est ce bel hyménoptère ?  ©RogerPuff

J’avoue mon incompétence. Quel est ce bel hyménoptère ? ©RogerPuff

Et à propos des hyménoptères un autre extrait :

Expérimentons maintenant le Chalicodome des murailles sous un autre point de vue psychologique. — Voici une Abeille maçonne qui construit ; elle en est à la première assise de sa cellule. Je lui donne en échange une cellule non seulement achevée comme édifice, mais encore garnie de miel presque au complet. Je viens de la dérober à sa propriétaire, qui n'aurait pas tardé à y déposer son oeuf. Que va faire la maçonne devant ce don de ma munificence, lui épargnant fatigues de bâtisse et de récolte ? Laisser là le mortier, sans doute ; achever l'amas de pâtée, pondre et sceller. — Erreur, profonde erreur : notre logique est illogique pour la bête. L'insecte obéit à une incitation fatale, inconsciente. Il n'a pas le choix de ce qu'il doit faire ; il n'a pas le discernement de ce qui convient et de ce qui ne convient pas ; il glisse, en quelque sorte, suivant une pente irrésistible, déterminée d'avance pour l'amener au but. C'est ce qu'affirment hautement les faits qu'il me reste à rapporter.

Souvenirs entomologiques, Serié 1, Chapitre 22 "Echange de nids"

NB. Le chalicodome des murailles, Megachile parietina, ou abeille-maçonne, est un hyménoptère de la famille des osmildes

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Publié le 14 Janvier 2015

Depuis quelques temps, quand tout était calme dans la maison, nous entendions des bruits au plafond. Que se passait-il au grenier ? Des souris ? Des chauves-souris ?

aperçu de la charpente ©PascaleC

aperçu de la charpente ©PascaleC

Il a fallu aller y voir de près. A la lampe de poche, a priori pas de bestioles apparentes, ni souris, ni chauve-souris, mais les poutres de la charpente étaient dans un drôle d’état avec comme des boursouflures.

Des termites ? Nous ne savions pas, alors nous avons fait appel à un spécialiste pour qu’il diagnostique le mal.

Et voilà le résultat.

Ce n’était pas des termites (ordre des blattoptères), notre région au nord de Paris n’est pas (encore) atteinte par ce fléau. Ce n’était pas la petite vrillette (Anobium punctatum), ni la grosse vrillette (Xestobium rufovillosum), la fameuse "horloge de la mort", ainsi nommée à cause du bruit régulier fait par le mal en se cognant la tête contre le bois pour attirer le femelle, tous deux des coléoptères de la sous-famille des Anobiinae. Les vrillettes font comme des trous de perceuses dans les bois alors que chez nous la surface du bois semblait s’effriter. Elles s’attaquent aussi bien aux feuillus qu’aux résineux, la grosse vrillette s’attaquant surtout aux bois humides.

Il s’agissait, nous dit-on, du capricorne des maisons, dont le nom scientifique Hyhotrupes bajulus, Hylotrupes du grec "je perce le bois". Le creusement de la larve est audible – voilà pourquoi nous entendions des bruits - et les spécialistes le détectent au stéthoscope, ou bien avec un tournevis tout simplement pour mieux voir les dégâts et éventuellement mettre en évidence les larves. Notre maison abritait sans doute depuis longtemps cet intrus, insecte de 10 à 20 mm de long, avec les grandes antennes caractéristiques des longicornes, sans bien sûr que nous le sachions...

capricorne des maisons ©Wikipedia Commons

capricorne des maisons ©Wikipedia Commons

Cet insecte est un coléoptère de la famille des Cerambycidae à larve xylophage, qui endommage la structure du bois et compromet par le fait sa résistance. Comme les vrillettes il est redouté des responsables de patrimoine mobilier ou immobilier.

Son bois de prédilection : il n’attaque que l’aubier des résineux (douglas, épicéa, sapin, pin, etc.) très présents dans nos habitations ou le bois blanc.

La femelle pond une trentaine d’œufs 3 jours après l’accouplement (entre juin et août) et les dépose par groupe de 3 à 7 dans les infractuosités du bois. 7 à 20 jours après la ponte, les œufs éclosent et laissent place aux larves qui vont dévorer le bois. Leur survie dépend de la qualité nutritive du bois, de l’hygrométrie ainsi que de la température ambiante. C’est pour cela que le stade larvaire peut demander 3 à 5 ans.

Les larves creusent des galeries en suivant le fil du bois, effleurant la surface sans la percer, faisant tout un réseau ramifié de galeries ovales. Comme dans un premier temps, il n’y a pas de sciure visible au sol, on ne se rend compte de l’atteinte que tardivement. Sinon les résidus se présentent sous la forme de petits cylindres de moins d’un millimètre.

Arrivée à maturité, la larve se transforme en imago (adulte prêt à la reproduction). Ce stade, la nymphose, peut durer 15 jours. Un trou d’envol ovale de 6 à 10 mm est foré pour que l’insecte puisse s’échapper. S’il le faut la bestiole peut forer du plomb. Oui du plomb… Les insectes adultes s’observent de juin à août et leur durée de vie est de 3-4 semaines.

Il va falloir traiter si nous voulons sauver notre charpente. Trop tard bien sûr pour un traitement préventif par imprégnation. On ne peut pas badigeonner les poutres avec un produit xylophage. Il faut un traitement curatif de choc pour détruire les larves. Il doit être réalisé par des spécialistes agréés, travaillant selon les règles édictées par par le FCBA (centre technique industriel Forêt Bois-Construction Ameublement).

Alors – chez vous - cela vaut peut-être le coup de jouer au Sherlock Holmes et de monter sous la charpente. Surveillez bien toute trace de boursouflure, de vermoulure, au besoin sondez les poutres avec un tournevis : qui sait l’individu a peut-être déjà laissé des preuves de son existence…

Et si vous construisez, proscrivez l’aubier des résineux (la partie juste sous l’écorce du bois) et surtout choisissez des bois traités préventivement.

Bon à savoir : les traitements luttant contre les xylophages peuvent vous faire bénéficier d’une subvention de la part de l'ANAH (Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat).

Pascale C.

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Publié le 7 Janvier 2015

Le colloque INSECTINOV organisé par Adebiotech à Romainville en décembre dernier a réuni autour des insectes près de 180 participants du monde académique et des entreprises.

Il ne s’agissait pas d’un colloque entomologique avec des spécialistes de la classification ou de l’éthologie des insectes, mais sur les recherches et les débouchés innombrables que les insectes peuvent offrir.

Bien sûr on y a parlé d’entomophagie avec la production d’insectes dédiés à la nourriture humaine, mais surtout de la possibilité de nourrir les animaux, que ce soit les animaux de compagnie (petfood) ou les animaux d’élevage, notamment en aviculture et aquaculture, les volailles et les poissons appréciant déjà largement ce genre de nourriture.

Yellow technology ©Roger Puff

Yellow technology ©Roger Puff

Mais ce ne sera pas le propos de cet article, pas plus que la production d’insectes comme micro-guêpes ou coccinelles pour le bio-contrôle en agriculture ou bourdons pour la pollinisation. En effet d’autres débouchés sont d’ores et déjà largement explorés et offrent de belles perspectives : les "biotechnologies jaunes"..

Et oui, on a pris l’habitude de donner des couleurs aux biotechnologies. Les biotechnologies, faut-il le rappeler, sont les technologies utilisant le vivant (végétaux, animaux, micro-organismes) pour la fabrication industrielle de composés biologiques ou chimiques (médicaments, matières premières industrielles) ou pour l’amélioration de la production agricole (plantes et animaux transgéniques, organismes génétiquement modifiés). Ces technologies de bioconversion sont donc l’intersection entre la biologie et diverses techniques telles que microbiologie, biochimie, biophysique, génétique, informatique, etc.

Aujourd’hui on distingue tout un arc-en-ciel de biotechnologies :

  • Vertes, dans les domaines de l’agriculture, de l’agrochimie, de l’agro-alimentaire, (incluant les OGM)
  • Rouges, dans le domaine médical, pour le traitement ou le diagnostic des maladies, très utilisées dans l’industrie pharmaceutique
  • Blanches, dans l’industrie, entre autres celles – alternatives aux procédés chimiques, qui vont être utilisées pour la production de polymères, de solvants, de matériaux de construction, de textile, de carburants, etc.
  • Bleues, à partir des organismes marins, pour la cosmétique, la pharmacie, l’aquaculture, l’agroalimentaire
  • Jaunes, celles qui, utilisées dans le domaine de l’environnement, permettent le traitement et l’élimination des pollutions (assainissement des sols, traitement des eaux, épuration des gaz résiduels et de l'air, recyclage des déchets et résidus.). Quelquefois on les qualifie de "grises".

Ces couleurs sont admises depuis un certain nombre d’années, un ouvrage les présente ainsi en 2010 (Aide-mémoire de génie chimique, Emilian Koller, Dunod 2010)

Mais cela étant, de plus en plus souvent on trouve la dénomination "technologies jaunes" utilisée pour celles qui concernent les insectes. Sauf à me tromper cette dénomination s’est développée en France à partir de 2013 avec la médiatisation d’un centre de recherche en Allemagne. On pouvait en effet lire sur plusieurs sites Internet un communiqué émanant de bulletins-electroniques.com, un site de veille technologique internationale du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international.

"Avec plus de 30 millions d'espèces connues, les insectes représentent un véritable "trésor pharmaceutique" dont il reste encore beaucoup à découvrir. Le développement de nouveaux produits basés sur les propriétés des insectes (biotechnologie "jaune") est récent, mais il est déjà internationalement reconnu comme un domaine innovant avec des perspectives de croissance considérables. En effet, la capacité des insectes à coloniser l'ensemble de la biosphère est le résultat d'une adaptabilité évolutive exceptionnelle. De nombreuses espèces d'insectes peuvent survivre dans des environnements extrêmes, et sont capables de métaboliser des substances à forte toxicité. La compréhension de leurs outils de synthèse moléculaire ouvre de nouvelles perspectives dans les domaines de la médecine (biotechnologie "rouge"), de la lutte antiparasitaire (biotechnologie "verte") et de la production industrielle (biotechnologie "blanche"). La recherche sur ces espèces doit également permettre le développement de modèles pour l'évaluation des risques éco-toxicologiques ou encore faciliter la production de nouveaux biocapteurs."

Le communiqué émanait de LOEWE avec le projet Centre for Insect Biotechnology & Bioresources, dirigé par l’entomologiste Prof. Dr. Andreas Vilcinskas de l’Université Justus-Liebig de Giessen (Land de Hesse), qui se présentait ainsi :

"LOEWE,-Centre pour la biotechnologie des Insectes utilise les insectes comme bioressource pour de nouveaux produits avec des applications en médecine, biotechnologie agriculturale et industrielle."

Le Pr Vilcinskac avait publié en 2010 à cette époque un ouvrage en anglais "Insect Biotechnology" les développements en entomologie appliquée obtenus grâce à la biologie moléculaire et résumés sous le terme de biotechnologie des insectes :

"La biotechnologie des insectes apparait comme une discipline au potentiel économique considérable ; elle englobe l'utilisation des insectes comme organismes modèles et celle des molécules d'insectes issues de la recherche médicale ainsi que des mesures de protection des plantes modernes."

extrait de LOEWE

extrait de LOEWE

Bref, admettons que ce sont les allemands de Giessen qui ont introduit le terme de biotechnologies jaunes dès 2009, peut être même auparavant. En effet on le trouve dans le résumé d’un ouvrage sur les technologies blanches paru en 2009 "Weiße Gentechnologie - Von Vitaminen & Aromen zu Industriechemikalien" (Biotechnologies blanches – des vitamines et aromes aux produits chimiques industriels ) de Jochen Schmid et Volker Sieder.

De leur côté les biologistes japonais, tout particulièrement ceux qui sont investis dans la sériciculture (ver à soie, chenille de Bombyx mori), travaillent également ces questions. La Société japonaise de la Science de la Sériciculture publie depuis 2000 le Journal of Insect Biotechnology and Sericology.

Vous avez dit "Technologies jaunes" ?

Pour en revenir au colloque INSECTINOV, la conférence inaugurale était donnée par le Professeur Jean-Marc Reichhart, de l’Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire de l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg, disciple de Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine 2011. Cette conférence de haut niveau portait sur l’historique des études menées sur la drosophile (mouche du vinaigre), modèle incontournable pour les études génétiques et l’immunité innée. A noter que la drosophile est avec l’abeille mellifère et le ver à soie (bombyx), l’une des trois espèces d’insectes légalement considérées comme domestiques.

Les conférences du lendemain matin étaient consacrées au développement des applications dans le domaine de la santé, session animée par Madame Yasmine Zouicha de la société Pall Life Sciences, spécialisée dans les appareils d’analyse en biotechnologies.

Un exposé général d’Hassan Chaabi (société Agate bioservices) présentait les utilisations possibles des cellules d’insectes dans le domaine de la santé, sujet lancé dès 1935 avec des travaux sur le ver à soie. Il évoquait notamment les caractérisations biologiques (caryotypes..), l’étude des virus d’insectes (sujet que nous avons déjà évoqué dans ce blog), la lutte biologique (production de virus pathogènes) et la production de protéines recombinantes. Les applications actuelles étaient décrites : production de vaccins vétérinaires et humains, interférons à usage vétérinaire, thérapie génique,… Il concluait sur les axes majeurs de développement.

Hot pink technology ? ©Roger Puff

Hot pink technology ? ©Roger Puff

Stéphanie Spirkel de la société Merial, filiale pour la santé animale de Sanofi, traitait plus particulièrement des vaccins vétérinaires obtenus à partir de cellules d’insectes

Roland Lupoli, chercheur à l’INSERM, auteur du livre L’Insecte médicinal (Editions Ancyrosoma, 2010), rappelait que l’usage des insectes remonte aux Mésopotamiens il y a 5000 ans, présentait un certain nombre d’utilisations en médecines traditionnelles, les miels thérapeutiques, l’asticothérapie, que je développerai peut-être un jour ici. Il montrait les perspectives ouvertes par les molécules à haute valeur pharmaceutique que l’on peut trouver chez l’insecte, comme celles obtenues à partir des insectes hématophages (ex. moustique) : vasodilatateurs, anti-agrégants, anti-inflammatoires, etc., celles contenues dans les venins, les peptides antimicrobiens, etc. Pour conclure il présentait les stratégies de développement de molécules soit par synthèse après bioguidage, soit par biosynthèse ou hémisynthèse après élevage d’insectes de certaines espèces comme Cordyceps, Apis mellifera, Tenebrio molitor, Hermetia illucens, Bombyx mori… De belles perspectives.

Tenebrio molitor (vers de farine)  ©Roger Puff

Tenebrio molitor (vers de farine) ©Roger Puff

Le traitement de maladies génétiques et de maladies rares, à partir de cellules d’insectes ou de baculovirus, était développé par Otto-Wilhelm Merten de la fondation Généthon, travaillant sur les maladies génétiques rares (désordres neuromusculaires, immunodéficiences, maladies hépatiques…). Il présentait les techniques d’obtention en laboratoire et au stade industriel, montrant clairement pourquoi, du fait de la complexité et de la durée des opérations nécessaires, ces médicaments et les thérapies qui en découlent sont si chers. Les travaux futurs permettront sans doute d’améliorer la qualité des produits et de baisser les coûts de production afin de traiter plus de patients avec de meilleurs résultats.

Sancha Salgueriro de la société danoise ExpreS2ion Biotechnologies présentait le rôle des cellules S2 de Drosophila pour le développement de nouveaux traitements immunologiques et de vaccins.

Enfin une table ronde animée par Christian Valentin de Lyonbiopole avec tous les acteurs de la filière santé permettait d’évaluer les enjeux et les perspectives de développement de cette filière insecte-santé.

Et je conclurai en disant que si les insectes sont connus pour être la cause de nombreuses maladies : chikungunya, fièvre jaune, dengue, paludisme, maladie du sommeil, etc., ils peuvent également être la source de nouveaux médicaments et de vaccins. Aussi faut-il veiller à préserver la biodiversité, car il y a peut être quelque part un insecte ignoré qui pourra nous aider à guérir une maladie nouvelle ou non…

Pour en savoir plus voir INSECTINOV et Biotechinfo

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Publié le 31 Décembre 2014

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