Publié le 22 Septembre 2014

Venez nombreux et votez pour votre photo préférée en allant visiter l'exposition en plein air et en grand format qui s'ouvre le vendredi 26 septembre prochain à Pont-Sainte-Maxence.

La remise des prix du public et du jury aura lieu le vendredi 3 octobre à 17h00.

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Publié le 18 Septembre 2014

Avertissement : Un de nos adhérents vient de nous transmettre cet article. Comme il est un peu long, nous vous le proposons en 2 parties. Vous aller voir jusqu’où l’entomologie peut nous entraîner.

"Le plus mauvais jour de pêche est toujours meilleur que le meilleur jour de travail"

Ces lignes risquent d'agacer le lecteur parce qu’il va y trouver quantité de mots en anglais. Je suis désolé, mais, tout se passe en BC - pour British Columbia - au Canada, et, bien souvent, je ne connais même pas le mot en français… Une magnifique province.

J'ai la chance d'avoir une maison à Nanaimo sur l'Isle de Vancouver. Cette ville de 80 000 habitants est appelée "The Harbour City". Elle a un port important et c’est l'un des deux terminaux de ferry venant de Vancouver. L'autre terminal dessert Victoria, la capitale de BC. Je vous invite à visiter The Harbour City. Si vous allez à Nanaimo, n'hésitez pas à pousser la porte du Crow and Gate Pub. Vous y serez très bien reçu, et si vous vous référez à Cousin Philippe et Cousine Kate, vous pourrez facilement vous faire offrir un verre. Le patron, c'est Bryce Olson et la patronne, c'est Cousine Linda. C'est un endroit charmant.

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Bryce est le cousin germain de mon épouse Kate. C'est un pêcheur à la mouche redoutable, mais pas trop, j'y reviendrai. Au fait, j'aime bien dire mêche à la pouche, c'est idiot, mais j'aime bien. Notre Président (de l’Agrion de l’Oise dont je suis adhérent) aussi, ça le fait rire bêtement. C'est bon ça, de rire bêtement, ça guérit de tout un tas de trucs, c'est comme quand on vient d'avoir vu un opéra d'Offenbach. C'est comme quand on était petit devant Guignol.

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Nous, on a de la chance, on a des milliers de km de côtes et des dizaines de milliers de km de rivières et gais ruisseaux papillotant au vent léger à peine filtré par la forêt pluviale. Dans toute cette eau, salée ou douce, saumâtre un peu ou saumâtre beaucoup, transitent des milliards de saumons de toutes sortes. Allons y voir.

Le Chinook, il y en a eu qui dépassaient les 100 Lbs (45 kg), c’est le plus gras. Ce n'est pas le plus gros des saumons, le plus gros vit en Mongolie et en Sibérie, il mesure jusqu'à 2 m et peut vivre 30 ans. Il s'appelle le Taimen…100 kg et plus. Le Sockeye, 10 Lbs typiquement. Le Coho, le plus costaud au kg, il pèse jusqu'à 25 Lbs (le rêve du mêcheur à la pouche). Le Pink, le plus petit, 8 Lbs maxi.

Le Chum, jusqu'à 30 Lbs. Il s'appelle aussi Dog Fish en raison de ses dents et encore saumon Kéta. Sa chair est moins bonne ; de ce fait, il est pêché professionnellement quand il est prêt à se reproduire. Il est sans doute quasiment immangeable, mais, les œufs sont mûrs. Ils se détachent tout seul des sacs. La chair est sacrifiée au profit des œufs. Les œufs de saumons c'est très bon et rempli de vitamine K2, indispensable avec la D3 pour un bon cycle du calcium. Le foie gras en contient encore plus. Mangez en beaucoup, et des œufs après, c’est bon pour ce qu’on a.

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Voilà pour les saumons du Pacifique de la famille Oncorhyncus. L'autre famille, c'est celle du saumon de l'Atlantique Salmo salar. En fait, il y a quantité d'autres poissons qui vont à la mer les sea going trouts. Il y a le char trout… Le Dolly warden, c'est un char… j'en attrape de celui-là. Le Cutthout trout : on en attrape plein aussi.

Et la reine des truites, la truite arc en ciel qui va à la mer, j'ai nommé le fameux Steelhead (tête d’acier). C'est un poisson magnifique. Il peut traverser la Buckley River ou la mythique Babine sur la queue tant il est puissant.

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Sur ces rivières, on utilise des mouches très variées, il ne faut pas manquer ça.

Les sea going trout sont quasiment comme des saumons, du reste, je crois que le Steelhead est devenu ou va devenir un saumon.

Tout ce que je viens de dire est une simple introduction, qui n'est du reste pas terminée.

Tous ces poissons arrivent à un moment ou un autre, disons suivant l'espèce, le temps qu'il a fait… sur nos plages. Ils n'ont qu'une pensée en tête. Il faut dire que la future maman a environ 10 % de poids en œufs et le mâle 10 % en laitance… Rapporté à l'homme, c'est une envie de plusieurs litres ! Le saumon a donc très envie, il en oublie de manger. C'est pour cela que vous pouvez pêcher toute la journée, les bottes dans les saumons, sans rien prendre et puis, tout d'un coup, PAF !

Le problème que rencontre le saumon quand il arrive, c'est qu’en général les rivières sont trop basses pour qu'il puisse aller frayer. Il séjourne plus ou moins près du rivage, parfois dans 20 cm d'eau. Il peut y rester trois semaines. Et puis tout d'un coup, il pleut, et tout ce petit monde est avalé par la rivière où d'autres dangers l'attendent. Où vont-ils ces poissons? Et bien, ils cherchent un endroit où les œufs vont être retenus par les graviers. Il y en a des tas qui dévalent le courant sans rien dire et qui vont régaler par exemple les Cutthroat trouts. En bas, c’est-à-dire en mer… Il y a tout un petit monde qui se régale. Il faut donc une certaine granulométrie de graviers pour que les œufs puissent être retenus et enfouis par les parents, et, que l'oxygène circule dans la gravière. La vitesse du courant détermine la taille des graviers et il y a un endroit où cette taille convient… alors, là, p..., c’est le super panard !

Les heureux évènements ne tarderont pas, Papa et Maman seront morts …

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Notre mode de pêche favori, c'est avec un pontoon boat (c’est moi sur le ponton), comme ça on peut se rapprocher des bancs, parfois à quelques centaines de mètres de la plage. On bien content quand les pauvres pêcheurs du bord n'arrivent pas à atteindre leur cible ! Deux fois par an, on va pêcher sur des lacs de montagne.

Pour introduire correctement le sujet qui nous occupe, il faut absolument parler des truites triploïdes. On prend des œufs, on les fertilise, on les met sous pression, et les truites qui naitront seront parfaites, sauf en ce qui concerne la reproduction. Elles seront stériles. Des écloseries livrent ces truites aux différentes associations qui "stockent" les lacs. Des dizaines de milliers de petites truites triploïdes vont peupler des lacs convenablement choisis pour que ces poissons se développent en Trophy trouts. Des Rainbow trouts de 6 kg voire plus…

Cette méthode permet de peupler des lacs où la reproduction est impossible faute d'eau courante, donc de gravière et d'oxygène. Des truites fécondes se casseraient le nez, si je puis dire. Les œufs pourrissent à l'intérieur, infection, elles meurent. Pas toujours, mais alors elles restent petites. Nous, on en veut des GROSSES.

Les trophy lakes sont choisis pour offrir une nourriture abondante, bien étalée sur l'année, etc. etc.

J'arrête là, non sans signaler qu’en fait, les poissons voient énormément plus d'insectes que les oiseaux. Au stade nymphe. Quelques jours de vie dans l'air… des années dans l'eau où un massacre se perpétue seconde après seconde…

Mon introduction est maintenant terminée, ou presque.

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Au mois de septembre, réunion au Starbucks avec Bryce, Glenn, Peter, Dick et Harvey. Glenn Di Giorgio a 80 ans. Il a été coach de l'équipe canadienne de javelot. Il a bien connu Ben Jonson. Glenn est un athlète, il pêche 8 à 10 h par jour sur son pontoon boat. Après manger près du feu de bois, discuter des bugs et autres sujet puis dodo sous la tente par - 5°. Peter a 80 ans aussi, il est né avec une fly rod dans les mains. Depuis, il ne pense qu'à ça. Il pêche le Steelhead l'hiver. La ligne se bloque dans les petits anneaux du haut… il suffit de tremper le bout de la canne dans l'eau pour déglacer… J'ai aussi connu ça. Donc …

Très forte émulation et impatience. En effet, on commence à soupçonner qu'il est temps d'y aller. C'est une envie un peu comme celle du saumon, mais pas pour le même objectif. C'est parce qu’il va, c'est certain, bientôt y avoir une chute de Water Boatmen sur Big OK Lake. C'est à 500 km de Nanaimo dans les montagnes du "continent".

En général, on part vers le 20 septembre. L'organisation est bien rodée. Tentes, bouffe pour une semaine, pontoon boats, tronçonneuses, gaz, vraiment plein de trucs.

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Et puis, le plus important, les water boatman flies. Elles sont belles. Dick, Glen et Harvey en font de magnifiques. Elles sont caractérisées par de longues pattes. Dans le dictionnaire, à boatman on trouve la traduction "passeur". Ce serait donc Charon passant le Styx.

Histoire de mêche à la pouche ou "le vrai du faux"

Ce n'est pas Charon qu'il faut se représenter mais l'ensemble: "passeur sur sa coquille de noix avec les deux rames" comme le water boatman dont la carapace est la coque et les pattes les avirons. La coque est sur l'eau car il nage sur le dos.

Nos mouches de synthèse sont censées représenter les authentiques … qui ont l'air moins sympathiques, vous allez voir. Et puis attendez la fin de l'histoire !

En fait les choses se compliquent, car le terme water boatman peut correspondre à des insectes de deux familles différentes.

Micronecte © Piet Spanns Wikipedia Commons
Micronecte © Piet Spanns Wikipedia Commons

Tout d’abord la famille des Corixidae, des punaises d’eau, du sous-ordre des hétéroptères, de l’ordre de hémiptères, parmi lesquels Corixa punctatas (water boatmen aux US et au Canada britannique, lesser water boatman pour les anglais, le waterboatman inférieur). Il y a aussi Micronecta scholtzi. Ce dernier comme son nom l’indique est très petit 2 mm, mais ce n’est pas sa seule particularité, j’y reviendrai plus loin.

Notonecte © Didier Descouens Wikipedia Commons
Notonecte © Didier Descouens Wikipedia Commons

Puis la famille des Notonectidae, dont Notonecta glauca, appelé greater water boatman par les anglais. On l’appelle aussi backswimmer, le nageur sur le dos.

Notre water boatman en Colombie britannique, c'est la notonecte. Sa taille peut aller jusqu’à 20 mm. En France on l'appelle parfois abeille d'eau… parce que si vous la prenez dans la main, elle vous pique, enfin non, elle vous mord … ou elle vous mange la main par un procédé absolument charmant : elle possède un rostre bi canal, l'un qui vous injecte des sucs gastriques qui digèrent sur place in situ et l'autre qui réaspire le "bol alimentaire" externalisé.

La notonecte est donc carnivore... Elle mange d’autres bestioles aquatiques, y compris des têtards et - dois-je le dire ? - même des agrions…

Philippe le mêcheur à la pouche

A suivre

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Publié le 13 Septembre 2014

Au cours du mois d’août dernier, j’ai eu l’occasion d’emprunter la Route des Vins et au niveau de Guebwiller, en remontant la vallée vers le Markstein, je suis allé visiter un bien intéressant vieux moulin. Sa belle roue de 4 mètres de diamètre tournait paisiblement et devant elle, une gigantesque mante religieuse de métal montait la garde.

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Pénétrons la grande bâtisse, voilà l’accueil. C’est François le stagiaire qui tient la caisse. Il est animateur nature formé à Lons-le-Saunier par les CPIE de Franche-Comté. Il m’explique que l’association a été créée en 1991 à la suite d’une très intéressante exposition sur les fourmis. Elle s’est installée dans le moulin de Dominique Stoffel, un passionné d’insectes et d’arachnides. C’est lui qui s’occupe des animaux vivants avec Serge, le capacitaire. Catherine Galliath préside l’association qui occupe 5 salariés. Le moulin reçoit chaque année entre 12 et 15000 visiteurs, dont bien sûr les enfants des écoles.

François nous propose le questionnaire auquel il va falloir répondre en parcourant le moulin. Les bonnes réponses nous permettront de trouver le code d’un coffre renfermant un spécimen exceptionnel rapporté, nous dit-on, par le célèbre professeur Annie Zoptère, rentrant tout juste d’expédition. De quel animal peut-il bien s’agir ?

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Le moulin a conservé une partie de sa mécanique, ce qui permet, à côté des petites bêtes, de montrer au public comment fonctionnait un moulin à eau. Ce sont surtout les arachnides qui peuplent ce vivarium, mais le rez-de-chaussée du moulin est occupé par une fourmilière où l’on voit les fourmis s’affairer dans le tunnel de plexiglas. Après maintes tentatives et moult photos floues, je renonce à photographier les bestioles.

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Les autres salles de ce niveau proposent des terrariums avec divers arachnides : des grosses mygales, mais aussi de petites araignées des maisons, tégénaires ou pholque, et même des scorpions. Il y a aussi un vaste aquarium de poisson d’eau douce, où l’on peut voir, entre autres, un bel esturgeon.

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Les panneaux nous présentent les insectes aquatiques, comme le dytique, ainsi que les larves des odonates. J’ai du mal à les voir dans l’aquarium. En revanche, un axolotl -ambistoma mexicanum - drôle de batracien urodèle (à queue comme les tritons) des lacs mexicains, consommateur d’insectes aquatiques, retient mon attention.

Il y a beaucoup de panneaux didactiques, très bien faits il faut le dire.

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Des statues métalliques, manifestement réalisées avec des pièces de récupération, se présentent dans tous les coins. Ce sont des œuvres du sculpteur Joseph Schruoffeneger, tout comme la grande mante au jardin.

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Passons à l’étage.

Une autre mante métallique nous ouvre la voie des terrariums : des araignées, néphile de Madagascar, tégénaire d’Europe, … mais aussi beaucoup de phasmes, phasme coloré du Pérou, phasme bâton du Viet Nam, …

phasme à tiare d’Australie (Extatosoma tiaratum)

phasme à tiare d’Australie (Extatosoma tiaratum)

phasme orchidée (superbe !), etc. et encore…

phasme orchidée (superbe !), etc. et encore…

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

une belle grosse sauterelle verte de Thaïlande, sans oublier des blattes souffleuses de Madagascar (princesia vanwereabeki), des réduves d’Afrique (punaise platymeris biguttata), des iules (myriapodes) et j’en passe…

Mais il ne faut surtout pas oublier - moulin à farine oblige - la vitrine à ténébrions (tenebris molitor), dont la larve – ou ver de farine – est le fléau du meunier, … mais qui - il faut le souligner - fait partie des insectes comestibles.

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Le dernier étage est consacré aux insectes pollinisateurs et en majesté la reine des abeilles avec une superbe ruche en activité. Les tubes en plexiglas permettent d’observer le ballet des abeilles qui quittent ou regagnent la ruche. Des panneaux expliquent la pollinisation, présentent tous les insectes pollinisateurs, font référence au programme européen Urbanbees consacré aux abeilles sauvages urbaines (dont j’ai déjà parlé ici). Il y a également une petite ruche de bourdons où l’on peut admirer la grosse reine en pleine activité.

Et nous arrivons au terme de la visite et du questionnaire. Les bonnes réponses ont été données et le coffre peut être ouvert pour y découvrir le fameux spécimen. Mais je n’en dirai pas plus. A vous de jouer. Sachez seulement qu’Annie Zotptère revenait du Sud-Est asiatique.

Le jardin est aménagé pour le pique-nique, mais on n’y trouve aussi une petite mare sillonnée par de grosses libellules, toujours difficiles à photographier.

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

Je me contenterai de jolis hôtels à insectes et d’autres bestioles…

Au Vivarium d’Alsace, insectes et arachnidesAu Vivarium d’Alsace, insectes et arachnides

dont certains venaient manifestement de la ruche du moulin.

Si vous voulez découvrir le Vivarium du Moulin à Lautenbach-Zell (Haut-Rhin), il se visite toute l’année sauf 3 semaines en décembre.

Et en Alsace vous pourrez aussi découvrir le Jardin des papillons exotiques vivants à Hunawihr (près de Ribeauvillé) ouvert de Pâques à la Toussaint. A la Maison du Parc naturel régional des ballons des Vosges, à Munster, on pouvait aussi découvrir l’exposition « Instants d’Insectes » (jusqu’au 1er novembre) avec les photos de Denis Bringard.

Pour ce qui me concerne, je me suis contenté du beau moulin.

Notez aussi que vous n'êtes pas loin de la Route des Vins (à consommer avec modération).

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Publié le 22 Août 2014

L'Agrion de l'Oise sera présent au Forum des Associations de Verneuil-en-Halatte le 7 septembre et à celui de Pont-Sainte-Maxence le 14 septembre.

Photo ©Ville de Pont-Sainte-Maxence

Photo ©Ville de Pont-Sainte-Maxence

Venez nous y retrouver. Nous espérons bien sûr y faire de nouveaux adhérents pour défendre le projet d'insectarium.

Notre 3ème réunion trimestrielle aura lieu le jeudi 18 septembre à 20h à la salle des fêtes de Monceaux. Il y sera donné une conférence lecture sur Ernst Jünger, un écrivain allemand qui a écrit sur sa guerre 14-18 (centenaire oblige), mais qui a également été un grand entomologiste, spécialiste des cicindèles.

La rentrée de l'Agrion de l'Oise

Nous espérons que vous serez nombreux à cette réunion ouverte aux non-adhérents.

Un évènement important a été la clôture de la première édition de notre concours photo le 27 juillet dernier et la tenue du jury le 4 août.

Les photos retenues seront exposées en grand format en plein air du 27 septembre au 4 octobre dans le parc du conservatoire de musique et de danse Adam-de-la-Halle à Pont-Sainte-Maxence. Vous pourrez participer au vote pour le prix du Public. Les prix du Jury et du Public seront décernés le samedi 4 octobre. L'expérience sera probablement reconduite en 2015. Préparez vos objectifs.

Photo ©Ville de Pont-Sainte-Maxence

Photo ©Ville de Pont-Sainte-Maxence

Pour la Fête de la Science 2014, l'Agrion de l'Oise sera présent du 16 au 19 octobre à l'Université de Technologie de Compiègne par une exposition de design bioinspiré par l’anatomie des insectes avec des modèles réalisés par les étudiants de l’Institut Saint-Luc de Liège.

Modèle exposé à Agrobiotech Gembloux - travail d'un étudiant en design de l'Institut Sain--Luc de Liège -                  Photo ©Roger Puff -

Modèle exposé à Agrobiotech Gembloux - travail d'un étudiant en design de l'Institut Sain--Luc de Liège - Photo ©Roger Puff -

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Publié le 20 Août 2014

Dans le journal La Montagne du 3 avril 1962, Alexandre Vialatte (1901-1971) consacrait sa rituelle chronique hebdomadaire aux insectes, sous le titre « chronique des pupipares et des siphonaptères », inspiré par sa lecture du « Guide de l’entomologiste » par G. Colas, du Muséum national d’histoire naturelle, ouvrage publié par les éditions Boubée et couronné par la Société entomologiste de France (prix Dollfus 1945), nouvelle édition revue, avec 151 figures dans le texte et 40 photographies hors texte par l’auteur.

Nous recommandons bien entendu la lecture de cet ouvrage érudit à tous les amis de l’Agrion de l’Oise et rendons hommage à Alexandre Vialatte de l’avoir popularisé auprès du grand public, à sa manière très particulière il faut le préciser, qui est plutôt celle du poète amoureux des noms rares et pittoresques et du chroniqueur ironique que de l’homme de science docte et sérieux. Mais les entomologistes et autres insectophiles ne sont-ils pas tous un peu poètes ? Dans quel autre univers nous est-il donné de fréquenter des pupipares et des siphonaptères, des catopides et des cicindèles, des buprestes et des phasgonurides ?

Amis ou ennemis

Autant que par les mœurs de ces petites créatures à six pattes, Alexandre Vialatte était fasciné par les méthodes de chasse des entomologistes dévoilées par ce guide qui ne manquaient pas de l’intriguer :

« C’est un vrai roman d’aventures », écrit-il à propos de cet ouvrage, « il s’agit en effet de ne pas rater la chenille. Quand on la tient, on ne la lâche plus. On la vide sans la débiter. On la cuit au four de campagne qu’on emporte toujours sur soi avec une petite lampe à alcool, et on la gonfle avec une paille, en soufflant dedans ….C’est à quoi aboutissent tant de peines. Le philosophe s’en émerveille, l’esprit en reste confondu »

L’intérêt d’Alexandre Vialatte pour les insectes n’était pas neuf puisqu’il avait été le traducteur pour la France de l’œuvre de Franz Kafka.

Quel rapport avec les insectes nous direz-vous ?

Il s’avère qu’Alexandre Vialatte était un écrivain amoureux de la langue et de la culture germaniques qui avait quelques années plus tôt consacré son temps à la traduction en langue française de l’œuvre de Franz Kafka qu’il admirait, lequel, bien que tchèque, écrivait en allemand. Entre autres ouvrages de Kafka, Vialatte avait traduit la célèbre nouvelle « La Métamorphose » (Die Verwandlung) qui conte l'histoire de Gregor Samsa, un vendeur qui se réveille un matin transformé en insecte.

Nous y voilà.

« Il était couché sur le dos, un dos dur comme une cuirasse, et, en levant un peu la tête, il s’aperçut qu’il avait un ventre brun en forme de voûte divisé par des nervures arquées. La couverture, à peine retenue par le sommet de cet édifice, était près de tomber complètement, et les pattes de Grégoire, pitoyablement minces pour son gros corps, papillotaient devant ses yeux. « Que m'est-il arrivé ? » pensa-t-il. Ce n'était pourtant pas un rêve... »

Se métamorphoser en insecte, un cauchemar !

Amis ou ennemis

Cette nouvelle, outre sa dimension fantastique et ses multiples interprétations possibles dans le champ philosophique, exprime à sa façon la relation de l’homme au monde des insectes, fait de fascination- répulsion.

Il faut reconnaitre que les insectes ont de quoi inquiéter. Contrairement aux mammifères, ils ne peuvent être domestiqués par l’homme (à part la puce savante).

C’est pourquoi l’homme s’en méfie.

Il faut dire que L’Agrion de l’Oise ne fait rien pour dissiper l’inquiétude, bien au contraire. Son président prend un malin plaisir à l’entretenir tout au long de ses publications avec une constance remarquable. Qu’on en juge à ce petit florilège de titres anxiogènes récoltés dans les publications de l’Agrion de l’Oise, plus particulièrement sa page Facebook :

« Nancy: scarabée dans les haricots d’un supermarché »

« Top des piqûres d'insectes les plus douloureuses »

« Prolifération des punaises de lit »

« La chenille qui se transforme en serpent »

« Ces insectes qui vont nous pourrir l’été »

« Une voiture envahie par 20000 abeilles »

« Yonne : le moustique-tigre aux portes de l’Ile-de-France »

« Le papillon tueur attaque en Languedoc-Roussillon »

…et ne parlons pas de la de pyrale du buis qui nous traumatise tous.

Arrêtons là cette énumération qui pourrait faire fuir nos adhérents.

On voit par là que les insectes ne sont pas tous nos amis.

Mais, nous direz-vous, tous les insectes ne sont pas méchants. A côté des insectes qui nous veulent du mal, il en existe de gentils. Tenez : la sympathique coccinelle, cette gentille demoiselle bête à bon Dieu des comptines pour enfants, n’est-elle pas adorable ?

Amis ou ennemis

Détrompez-vous. Sachez que la coccinelle est une véritable tueuse en série. Elle perfore sa proie, sans anesthésie, pour y injecter sa salive chargée de suc digestif. En un instant, l’adversaire est anéanti. La coccinelle dissout par l'intérieur le malheureux puceron qui ne lui a rien fait. A-t-on pensé à la souffrance du puceron et à l’angoisse de ce malheureux livré à la voracité de la coccinelle ?

Alors, comment rendre les insectes sympathiques ? En les mangeant? Quelle drôle d'idée, aurait-on idée de manger son animal de compagnie, son chien ou son chat ? Quand bien même, nous savons que le consommation d'insectes comestibles est à peine tolérée en France. Pourtant l'on trouve des insectes à vendre dans les animaleries, mais ils sont du mauvais côté de la chaîne alimentaire (de leur propre point de vue du moins) ; ils sont en effet vendus comme nourritures pour les NAC (nouveaux animaux de compagnie) tels que les lézards, serpents, varans...

Mais pourquoi ne deviendraient ils pas à leur tour des NAC ? A leur avantage, ils ne sont pas encombrants, on peut les transporter dans une boite d’allumettes ou dans sa poche. Remarquez que certains nous accompagnent déjà mais sans nous demander la permission, comme les poux, les puces ou les tiques, mais ceux-là ne sont pas vraiment nos amis.

En revanche, quoi de plus adorable qu’un criquet apprivoisé, comme Jiminy Cricket, la bestiole anthropomorphe pleine de sagesse qui sert de bonne conscience à Pinocchio ?

Ce n’est qu’un conte pour enfant mais aussi un beau sujet de philosophie sur la prétendue supériorité de l’espèce humaine. L’homme pourra-t-il un jour s’en remettre aux insectes pour penser à sa place ?

En attendant, nous nous contenterons de décerner un Agrion d’Or à Alexandre Vialatte et à Franz Kafka pour une partie de leur œuvre et leur sollicitude pour les insectes.

JMV

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Publié le 13 Août 2014

En ballade avec mes petits-enfants au Parc de la Tête d’Or à Lyon, nous avons pour objectif d’aller voir les grosses bêtes : crocodiles, girafes ... et surtout les singes. En allant vers le zoo, nous passons par une allée où tous les buissons sont comme brûlés.

Pire que la pyrale du buis ?

Ce sont des buis. Un panneau explique qu’ils ont été ravagés par la pyrale du buis, un papillon de nuit d’origine asiatique - Cydalima perspectalis de la famille des Crambidae- dont la chenille se nourrit exclusivement des feuilles de buis. Le panneau très bien fait précise que le phénomène est apparu à Lyon en 2013 et s’est développé dans le Parc de la Tête d’Or cet été.

D’autres sources nous disent que la pyrale serait arrivée en France à partir de 2005, mise en évidence d’abord en Alsace, puis en Ile-de-France et Poitou-Charentes. La pyrale du buis est inscrite parmi les espèces ravageuses depuis 2008 sur la liste d'alerte de l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes.

Les chenilles s’attaquent d’abord au centre du buisson et l’infestation n’est franchement visible que tardivement.

La lutte contre la chenille est très difficile. Les buis ont été traités avec Bacillus thurengiensis, produit respectueux de l’environnement mais d’efficacité faible. A noter que ce bacille synthétise et excrète des cristaux protéiques ayant des propriétés insecticides sur les lépidoptères, les coléoptères et les diptères. Le panneau précise que la chenille n’est pas dangereuse pour l’homme (elle n’est pas urticante). Il dit aussi que les buis ne sont pas morts, mais que leur cycle végétatif est très ralenti. Les jardiniers attendent de voir si au printemps prochain les buis repartent en végétation ou s’ils sont définitivement perdus.

Pire que la pyrale du buis ?

En regardant d’un peu plus près j’ai pu voir et photographier une chenille caractéristique avec sa couleur olivâtre, ses verrues noires et ses longs poils blancs.

Et ce n'est pas tout …

Pire que la pyrale du buis ?

Il y a quelques petits papillons sur les branches effeuillées. Effectivement des pyrales du buis. En voilà un photographié dans la foulée.

Vous ne verrez pas les photos de la girafe cette fois-ci..

Et oui les papillons ne sont pas tous de beaux insectes colorés qui déroulent leur longue trompe pour aspirer le nectar des fleurs. Il en est aussi quelques uns qui causent bien des soucis. Les pyrales (en grec pyr désigne le feu et une couleur rousse ou rougeâtre) sont en fait des papillons de plusieurs familles distinctes : notamment les Pyralidae et des Crambidae, toutes plus ou moins ravageuses spécifique d’une plante : luzerne, cactus, houblon, maïs, etc.

La pyrale de la vigne sous sa forme imago (papillon) - Sparganothis pilleriana appartient à la famille des Tortricidae, dont la chenille est appelée Tordeuse printanière de la vigne. Bref cela se complique… Un papillon de jour, le "brun" du géranium - Cacyreus marshalli de la famille des Lycaenidae – apprécie les pélargoniums (appelés à tort géraniums). Sa chenille fore des galeries dans les tiges.

Dans le sud de la France un papillon originaire d’Argentine s’attaque aux palmiers. Il s’agit de Paysandisia archon de la famille des Castniidae. Il a été introduit en Europe accidentellement par des importations de palmiers d'Amérique du sud, prélevés dans la nature.

Mais il y a aussi un coléoptère qui s’active à la destruction des palmiers dans le midi : le charançon rouge des palmiers - Rhynchophorus ferrugineus - de la super-famille des Curculionoideae ... Et au Canada, c’est un autre coléoptère, l'agrile du frêne - Agrilus planipennis - de la famille des Buprestidae, qui ravage le frêne.

Ne jetons pas la pierre aux papillons…

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Publié le 6 Août 2014

Nos amies les guêpes

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler des guêpes, ces mal-aimées … et oui revoilà le mois d’août et ces diablesses sont parmi nous.

J’ai découvert chez un bouquiniste, un ouvrage de 1881, mais c’était déjà la 4ème édition des « Mœurs pittoresques des Insectes » de Victor Rendu, inspecteur général de l’agriculture, chez Hachette à Paris. L’ouvrage, relié en rouge avec des lettres en or, avait été offert par la Ville de Paris à un jeune garçon de 5ème comme prix de Français, de Conduite et de Calcul. Un de ses descendants avait dû s’en débarrasser. Recherches faites, la 1ère édition était datée 1870. Victor Rendu était né à Maisons-Alfort en 1809 et devait décéder à Paris en 1877. Le bonhomme a son article sur Wikipedia et je me permets de m’y référer. Il est petit-fils de l’agronome Victor Yvart, né à Boulogne-sur-Mer, en charge de la ferme-modèle de Maisons-Alfort, et également neveu d’Ambroise Rendu, l’un des organisateurs de l’Université sous Napoléon 1er. Une belle généalogie, une belle parentèle, incontestablement.

Victor Rendu a écrit de nombreux ouvrage de vulgarisation, seul ou en collaboration avec Ambroise Rendu, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation, fils de son oncle, autrement dit son cousin germain. Il est connu comme ampélographe, c’est à dire spécialiste de la vigne et plus particulièrement des cépages. On lui doit entre autres « Ampélographie française comprenant la statistique, la description des meilleurs cépages, l'analyse chimique du sol, et les procédés de culture et de vinification des principaux vignobles de la France.» Deuxième édition. Paris, Masson, 1857. Hommage lui soit rendu, c’est le cas de le dire. Outre ses « Mœurs pittoresques des Insectes », il est aussi l’auteur de « Les Abeilles » et d’un « Essai d’entomologie appliquée à l’Agriculture ». Mais il ne s’est pas contenté des insectes, de la zoologie, de la vigne et l’agriculture, il a aussi traduit les « Psaumes de David » et écrit sur les souffrances du Christ. Tout autre domaine, vous en conviendrez.

Nos amies les guêpes

Mais c’est de guêpes que je voulais vous entretenir. Victor Rendu leur consacre un chapitre « Les Guêpes » dans ses « Mœurs pittoresques ». Bien qu’il ne l’écrive pas, il s’agit ici manifestement de guêpes sociales (car il y en a bien d’autres) et tout particulièrement de la guêpe allemande (Vespula germanica). Tiens aujourd’hui les insectes qui nous dérangent seraient plutôt « asiatiques », qu’ils soient coccinelles ou frelons.

Pour être rigoureux Vespula germanica appartient à l’ordre des Hyménoptères (comme les abeilles et les fourmis) , infra-ordre Aculeata (mais on trouve aussi sous-ordre Apocrita), super-famille Vespoidea, famille Vespidae (comprenant les guêpes dites sociales, mais aussi des guêpes solitaires, et encore les frelons et les polistes), genre Vespula.

Nous nous en tiendrons au texte de Victor Rendu dans cet opuscule apparemment destiné à la vulgarisation scientifique et à l’édification des jeunes collégiens. En effet dans sa courte préface, datée d’octobre 1869, Victor Rendu n’écrit-il pas ? :

« Puisse-t-il contribuer à développer le goût de l’histoire naturelle, vulgariser les immortels travaux des Swammerdam, des Réaumur et des Hubert, et surtout convaincre le lecteur de cette vérité inscrite dans l’Imitation de Jésus-Christ : « il n’est pas de créature si petite et si méprisée, qui ne nous montre la bonté de Dieu ! ».

Que nous dit-il ?

« Le nom de Guêpe éveille, tout d’abord, une idée désagréable, il rappelle le souvenir d’un visiteur effronté, toujours grondant, menaçant, l’arme sans cesse au poing, de mœurs pillardes et sanguinaires, et d’un caractère tellement irritable, qu’il n’y a jamais à plaisanter avec lui. Son poignard le rend féroce. Tout cependant n’est pas détestable chez les Guêpes. Architectes habiles, elles le disputent même aux abeilles dans l’art d’élever des palais ; mères dévouées, elles ont la plus grande tendresse pour leurs petits ; elles vivent, enfin, pacifiquement entre elles ; malgré de graves défauts, elles ont aussi leurs bons côtés. »

Ainsi cette bestiole agaçante qui vient troubler nos repas en terrasse ou sur l’herbe, plongeant dans nos confitures ou dans la sauce de notre viande, que l’on craint d’avaler avec notre jus de fruit où elle serait en train de se noyer, n’est pas celle qu’on croit. Elle aurait des qualités que jusqu’alors je ne soupçonnais pas.

Nos amies les guêpes

Victor Rendu nous éclaire sur la société des guêpes, beaucoup plus égalitaires que celles des abeilles, pour qui nous n’avons que de bons sentiments. Leur société est une république, où il n’y a point de reine : leurs femelles sont nombreuses et pondent bien sûr, mais sont aussi bâtisseuses, chasseresses et picoreuses, tout comme les nombreuses ouvrières qui, nous dit Rendu, « font la majorité de la nation ». Ce sont ces dernières qui « maçonnes de leur métier, la tâche la plus importante et la plus lourde leur incombe comme aux plus courageuses ; tous les travaux publics leur sont dévolus ; elles veillent, en outre, au respect de la cité, remplissent les fonctions de nourrices, et, de plus vont en course et sont chargées de l’approvisionnement des petits. » Quant aux mâles : « ce ne sont pas des satrapes oisifs, s’engraissant aux dépens de la société comme les faux-bourdons des abeilles.» Ce sont eux qui s’occupent de l’hygiène publique de la maison, la débarrassant des cadavres et des déchets. Ils ne sortent pas et n’ont pas besoin d’être armés contrairement aux femelles et aux ouvrières « pourvues d’armes formidables ; leur poignard envenimé donne rapidement la mort aux insectes », qu’elles peuvent diriger aussi contre nous et cela fait mal, vous le savez sans doute. Elles sont aussi pourvues de mandibules redoutables leur permettant d’arracher des parcelles de nourriture.

(ci-dessus image extraite de Les Insectes par Louis Figuier (1875), Gallica BnF)

Nos amies les guêpes

Victor Rendu nous dit qu’elles seraient volontiers « butineuses et pastorales comme les abeilles », mais comme il leur faut de beaucoup de nourriture, tout leur est bon, mais surtout ce qui est sucré, donc tout particulièrement les fruits : « avec sagacité elle s’attaque aux plus mûrs et aux plus succulents », comme celle-ci qui dévore une belle mirabelle bien mûre (photo ©Roger Puff)

Mais quand il y a les petits à nourrir, la guêpe devient vorace, s’attaquant aux proies vivantes « insectes de toutes sortes, abeilles surtout, tombent sous ses coups ; elle en fait des hécatombes. »

Tel un oiseau de proie, elle attaque en vol, dépèce au besoin sa proie, la transporte au nid, la partageant souvent généreusement avec ses collègues.

Nos amies les guêpes

Malheureusement ce triste sort peut lui arriver à elle aussi, en voici une tuée par un frelon (photo ©Philippe Delmer) .

La guêpe vous l’avez compris ne fait pas de miel, même s’il lui arrive de butiner. Il s’agit de nourrir les petits qu’elles ont installés dans un nid confortable et douillet. Elles le cachent dans de vieux bois ou de vieux murs, le construisant avec des débris de bois qu’elles transforment en une espèce de pâte à papier. Le nid a la forme d’une grosse boule plus ou moins ovale installée dans une cavité ou dans un buisson, épousant les formes, contournant les obstacles, englobant les branchages… Sous l’enveloppe des cellules hexagonales reliées par des liens ou des piliers. Les guêpes se sont mises à l’ouvrage et ensemble ont bâti ce nid plus ou moins régulier, muni de deux trous pour entrer et sortir. Je passe sur les détails de la construction, nettement moins parfaire que celle de l’abeille. Je passe sur la description précise qu’en fait Victor Rendu dans le cas de la guêpe germanique, qui est la plus commune chez nous. Sachez cependant que le nid – le guêpier - est construit à partir du haut et que toutes les parties formant plusieurs niveaux de plancher alvéolé vont être suspendues ou reliées aux parois du nid au moyen de colonnettes.

Nos amies les guêpes

Ce que Victor Rendu ne dit pas clairement c’est de quoi est fait le nid. Il parle bien d’une substance papyracée, c’est à dire « qui est mince et sec comme du papier ». Mais il ne nous dit pas que le guêpier est fait de fibres de bois mâchées et mélangées à la salive de l’insecte. Et là ? … bingo ! biomimétisme : ce procédé pour la fabrication du papier à partir de la cellulose de bois. Dès 1719, Réaumur, après avoir étudié de près les nids de guêpe, en pressentait la possibilité. Voilà ce qu’il écrivait dans ses Mémoires pour servir à l’histoire des insectes (volume 6, Imprimerie Royale 1742, d’où est extrait la figure ci-contre) :

« Celles-ci [les guêpes] nous donnent une importante leçon en nous apprenant qu’on peut faire du papier de la qualité du nôtre, avec des fibres de plantes, qui n’ont pas passé par l’état de linge et de chiffon : elles semblent nous inviter à essayer si nous ne pourrions pas parvenir à faire de beau et bon papier, en employant immédiatement certains bois. »

Mais ce n’est qu’à partir de 1844 et grâce au recours à la chimie que l’industrialisation pu se développer. Le temps du papier fait à partir de chiffons était révolu (ceci dit on en produit toujours mais pas en quantité industrielle).

Après cette digression, revenons à Victor Rendu. Les femelles vont sans tarder pondre leurs œufs dans les cellules du nid :

« Le nid est à peine en voie de construction, que la mère Guêpe s’occupe de sa ponte ; chaque cellule reçoit un œuf ; les œufs qui doivent produire l’armée des travailleurs sont logés dans un quartier à part, ceux des mâles et des femelles se trouvent souvent entremêlés dans le même rayon, mais toujours dans des cellules distinctes. »

Huit jours après les œufs éclosent pour donner des larves dotées de mandibules.

« Elle (la larve) est très vorace et ne se contente pas d’un repas par jour, il lui en faut plusieurs ; elle les prend à la becquée comme les oiseaux. L’activité avec laquelle une mère Guêpe parcourt, les unes après les autres, toutes les cellules d’un gâteau, est chose vraiment merveilleuse […]. Avec d’aussi bonnes nourrices, les larves croissent vite. »

Nos amies les guêpes

Ici une poliste (polistes dominula), guêpe non sociale, en train de construire son nid sur une feuille de figuier (photo ©Roger Puff)

Quand elles sont prêtes à la métamorphose :

« Bien qu’on ne leur ait point appris le métier de filandière, elles y sont fort habiles, elles tapissent leur logis d’une membrane soyeuse, et ferment l’orifice de leur cellule par une calotte sphérique […] Peu de temps après que le ver soit ainsi cloîtré, il se change en nymphe… »

Encore un peu de temps et l’insecte parfait va sortir de son cocon, mais il lui faut quelques heures à se fortifier pour être vraiment opérationnel :

« … les ouvrières lui apportent du dehors le produit de leur chasse, chair ou fruits, ces derniers à l’état de conserve sucrée, qu’elles font sortir de leur bouche, sous forme de gouttelettes transparentes. La jouvencelle, on le devine, fait honneur à ses hôtesses ; elle mange avec avidité la chair et savoure la liqueur offerte : ainsi fortifiée par ce dernier repas, elle est en état d’affronter la température extérieure ; ses ailes sont ressuyées, lustrées ; d’un bond énergique, elle se lance dans la vie active : la société compte un citoyen de plus, travailleur et chasseur comme ceux qui l’ont précédé dans la vie. »

Les cellules seront nettoyées par les ouvrières et les mères pondront aussitôt une autre portée. Les ouvrières poursuivent leur tâche de construction du nid. Elles peuvent être huit à dix mille, et le nid compter de nombreux étages. Les guêpes vont vaillamment défendre leur nid de leurs prédateurs. Entre elles c’est l’harmonie :

« L’ordre le plus parfait règne dans son intérieur, bien qu’au dehors la guerre éclate avec fureur contre tout étranger ; point de querelles, point de combats entre les Guêpes ; rarement elles se chamaillent sérieusement ; jamais elles ne se livrent à ces attaques violentes de tribus à tribus, ainsi que cela se voit parfois chez les abeilles en proie à la disette ; en temps de famine, la Guêpe meurt avec courage et résignation, elle ne pille jamais ses semblables. »

Nos amies les guêpes

Serait-ce une fable de La Fontaine, la Grenouille et les Guêpes (photo ©Roger Puff)

Et Victor Rendu poursuit :

« Du reste, le gouvernement des Guêpes explique très bien la douceur de leurs mœurs publiques : point de disputes parmi elles ; personne ne règne ni ne gouverne ; chacun vit librement dans une cité libre, sous la seule condition de n’être pas à la charge de l’Etat et de travailler à sa prospérité. Tous agissent de concert, et sous l’inspiration puissante du salut public, sans monopôle ni favoritisme d’aucune sorte : quel gouvernement humain pourrait être comparé à cette république modèle ? »

Mais cette belle société n’est pas éternelle. La Roche Tarpéienne est près du Capitole. A peine les premiers froids arrivés, le fonctionnement du nid est changé du tout au tout. Les guêpes découragées ne travaillent plus. Les ouvrières et les mâles sacrifient les larves et même les nymphes. Mais tous vont mourir :

« Confinées dans leur gîte par le mauvais temps, sans provision aucune au logis, sans ressource au dehors où il n’y a plus un seul morceau de mouche ou de vermisseau, elles sont d’abord obligées de faire diète ; bientôt la diète devient jeûne et jeûne atroce ; elle épargne à peine quelques estomacs ; la gelée leur évite une longue et cruelle agonie 

Les femelles seront les dernières à mourir. Le guêpier est abandonné. « Tout cet édifice somptueux qui a coûté tant de travail et de dévouement à cette nation naguère si animée et si populeuse », n’aura servi qu’une seule année. Quelques femelles survivent cependant et chercheront un autre endroit pour établir une nouvelle communauté, qui « passera, à son tour, par les mêmes vicissitudes. »

Mais ce que Victor Rendu ne nous dit pas dans ce chapitre consacré aux guêpes, c’est comment les femelles rescapées de ce désastre vont procréer dans le futur guêpier. Où est le mâle rescapé qui engendrera la nouvelle société ?

Heureusement d’autres informations complètent utilement ces extraits de Victor Rendu (et surtout actualisent les connaissances entomologiques) : la nouvelle colonie est fondée par une femelle fécondée l’année précédente.

Ceci dit, aujourd’hui de nombreux références parlent d’une reine unique pour le guêpier, contrairement à ce qu’écrivait Victor Rendu, pour qui il y aurait de nombreuses femelles pondeuses vivant dans un même guêpier, ce qu’Aristote disait lui aussi déjà dans son « Histoire des Animaux », lui parlait d’ailleurs de « chefs » pour ces femelles fondatrices. Ces chefs pondaient d’abord des œufs destinés à devenir des ouvrières, puis plus tard seulement des œufs qui seraient les futures mères.

C’est bien compliqué la vie des bêtes…

Nos amies les guêpes

Alors une seule reine ? Des reines ? Des citoyennes pondeuses ?

Oui mais toutes à taille de guêpe ! Alors là on ne pense plus à guêpier mais à guêpière, et c’est une autre histoire.

Toujours est-il que ces guêpes ne sont plus pour moi aussi antipathiques. Elles butinent un peu et participent à la pollinisation, bien sûr elles ne font pas de miel. Elles contribuent aussi au bio-contrôle du jardin, détruisant quelques insectes qui pourraient en vouloir à nos fruits et légumes. Enfin elles mêmes servent de pâture à certains oiseaux, comme les guêpiers, qui, très galants, offrent des insectes à leurs conquêtes à la saison des amours (mais ces volatiles seraient aussi très friands de libellules et de demoiselles … pauvre agrion…).

Nos amies les guêpes

Mais - rappelez-vous - je terminais ici récemment une autre chronique consacrée au doryphore par une allusion automobile. Ici encore nous pouvons rester dans la métaphore mécanique, mais cette fois-ci motocycliste avec la légendaire Vespa (guêpe en italien), scooter de la société Piaggio & Co, créé en 1946, succès mondial s’il en fût. Une taille de guêpe sur une Vespa ? Audrey Hepburn ou Anita Ekberg ? Pas la même cylindrée, manifestement.

Pas de photo de Vespa, mais il y avait déjà depuis un certain temps des bicyclettes qui se prenaient pour des guêpes…

(image Gallica BnF)

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Publié le 30 Juillet 2014

La semaine dernière je vous parlais d’Insect’Arts à La Petite Pierre avec ses collections d’insectes épinglés.

Cette semaine je vous présente quelques insectes que j’ai rencontrés in vivo en promenade dans les alentours de cette petite ville.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

C’est sur les ombellifères que l’on rencontre le plus de monde, souvent des espèces d’ordres différents. Le premier qui a attiré mon regard est ce coléoptère poilu : c’est la trichie fasciée (Trichius fasciatus). De loin on dirait un bourdon avec ses poils sur le corselet et sous les élytres, mais les élytres glabres révélent qu’il s’agissait d’un coléoptère de la famille des Scarabaeidae et de la sous-famille des Cetoniidae, une espèce de cétoine donc. Les larves se développent dans les vieux bois pourris et les imagos mangent les fleurs.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Plus loin une guêpe et quelques menus diptères. Je ne me prononcerai pas sur l’espèce de la guêpe.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Ce joli papillon sur les orties doit être un robert le diable, Polygonia c-album, de la famille des Nymphalidae.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Là ce coléoptère doit être un capricorne ou longicorme, encore un hôte des vieux bois, sans doute un lepture fauve, Brachyleptura fulva, espèce assez commune.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Et là cette grosse mouche pourrait être une éristale, un diptère de la famille des Syrphidae, sous-famille des Eristalinae. Je penche pour Eristalis tenax, l’éristale gluante, que les anglais appellent dronefly, la mouche-faux bourdon car elle rappelle le mâle de l’abeille.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Celle-ci nous tourne le dos. Elle est gracieuse avec sa bande noire dans le sens de la longueur sur l’abdomen et ses ailes tachées de noir. Dommage que les yeux ne soient pas visibles pour permettre de mieux l’identifier. Ce pourrait être une phasie crassipenne (Ectophasia crassipennis) de la famille des Tachnidae. Sa larve parasite d’autres espèces d’insectes.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Ce papillon noir taché de blanc doit être la Carte géographique (Araschnia levana).

Et à présent une aventure.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Sur une souche, j’aperçois un coléoptère capricorne noir à taches plutôt couleur orange.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Survient un autre assez voisin d’aspect mais un peu plus gros, noir taché jaune avec les pattes et les antennes orangées. Sont-ils de la même espèce ? Le plus petit terrasse le gros, lui monte rapidement dessus.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Celui du dessous se débat, cherche à s’enfuir. Si c’est la femelle, elle n’a vraiment pas l’air d’être consentante.Survient un deuxième insecte identique au premier qui grimpe par-dessus les deux autres.

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Voici un empilage de trois bestioles… Le premier, je l’identifierai comme étant une lepture a priori Leptura auriculata, (« vêtu d’or »), avec sa tête et son corselet noirs, ses élytres noirs à bandes rousses. Il est de la famille des Cerambycidae. Le plus gros, bien que plus jaune est donc la femelle de la même espèce. En agrandissant la photo du trio, on voir nettement le pénis de l’insecte en sandwich. La copulation est manifeste. Le second mâle prend tout simplement part à l’affaire… Quelle affaire !

Quelques beaux insectes des Vosges du Nord

Nous terminerons cette promenade sur une note plus bucolique avec cet autre papillon sur les fleurs violet et mauve (ne me demandez pas leur nom svp). Ce doit être – sans certitude – le petit Agreste ou Mercure Arethusana arethusa de la famille des Nymphalidae.

Une belle ballade vous en conviendrez.

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Publié le 23 Juillet 2014

Connaissez-vous la Petite Pierre ? Pas encore ?

C’est une petite ville de villégiature du Bas-Rhin dans les Vosges du Nord. Des hôtels, des chambres d’hôtes, des restaurants …

Plusieurs musées dans la vieille ville – le Staedel - sur son promontoire rocheux : le musée du sceau alsacien, le musée des traditions populaires avec ses moules à springerle (petits gâteaux), et tout au bout le château féodal qui abrite la Maison du Parc naturel régional des Vosges du Nord… et surtout de belles promenades en forêt pour découvrir les rochers de grès rouge. Bel endroit pour un week-end prolongé ou des vacances.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Et en plus si vous aimez les insectes, vous serez gâtés. Il y a d’abord le Circuit des Insectes sur l’Altenberg : un parcours à partir de la vieille ville, qui vous apprend tout sur les insectes avec des plantes qui les attirent.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Une foule variée de coléoptères et de diptères sur les ombellifères. Je vous laisse apprécier cette trichie fasciée, que les anglais appellent bee-beatle, scarabée-abeille, c’est une espèce de scarabée poilu… Mais des insectes vous en trouverez bien sûr dans toutes vos promenades si vous suivez un des nombreux chemins balisés par le Club Vosgien. J’aurais l’occasion de vous en présenter quelques uns une prochaine fois.

Mais on découvre aussi des insectes pas très naturels. Tiens par exemple de grands papillons ornent les murs de la cour de l’école communale sur la place René Char, le poète qui écrivait dans Fureur et mystère (1948) :

« Le peuple des prés m'enchante. Sa beauté frêle et dépourvue de venin, je ne me lasse pas de me la réciter. Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l'herbe, l'orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un, la sauterelle qui claque et compte son linge, le papillon qui simule l'ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux, les fourmis assagies par la grande étendue verte, et immédiatement au-dessus les météores hirondelles... Prairie, vous êtes le boîtier du jour. »

Ailleurs dans une vitrine les hexagones d’une ruche peuplée de petites abeilles comme des santons…

… Mais d’où vient ce grand intérêt de cette petite ville pour les insectes ?

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

La réponse est peut être dans la rue principale, là au numéro 37 dans un ancien relais de poste daté de 1788, un artiste-entomologiste va vous étonner. C’est Denis Lavoyer, dont on peut d’ailleurs apprécier une sculpture monumentale – les Dames vertes - dans la cour du château. Il m’accueille dans sa galerie d’art Le Relais des Arts où de grandes toiles représentent des insectes bien surprenants – femmes papillon, libellule ou mante religieuse - et où un énorme diptère pend au plafond. Certaines de ces toiles ont été exposées lors d’une exposition temporaire sur la bionique au Muséum national d’Histoire naturelle.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Denis Lavoyer a fait ses études aux Beaux-Arts de Dijon, puis de Paris où il a été diplômé. Tout en travaillant à ses œuvres personnelles, sa carrière s’est poursuivie dans la restauration de peintures et de fresques, puis le réalisation de décors de théâtre (il a notamment travaillé pour Notre-Dame de Paris de Robert Hossein) et de maquettes pour les musées (par exemple un criquet géant pour le Palais de la Découverte aujourd’hui présenté à la Cité des Insectes, l’insectarium de Nedde sur le Plateau de Millevaches). L’artiste, tombé amoureux de la Petite Pierre où il s’est installé en 1985, se passionne depuis longtemps pour les formes extraordinaires des insectes et il les sublime dans ses toiles et ses sculptures.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Entrons avec Denis Lavoyer dans son musée des insectes : Insect’Art. Une première pièce aux murs couverts des magnifique boites de sa collection d’insectes épinglés et, dans un coin, le bureau d’un entomologiste du 19ème siècle et ses vieux grimoires, le tout sous l’œil bienveillant de Jean-Henri Fabre. Sur un appui de fenêtre, un terrarium héberge des phasmes.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

La deuxième pièce est la Salle de l’évolution où de façon très didactique avec des « boites à questions » et sous le regard du buste de Charles Darwin, nous découvrons les insectes replacés dans la grande histoire de l’évolution. Les plus anciens sont les grandes libellules du carbonifère (entre -360 et -300 millions d’années) dont on peut découvrir des fossiles, mais aussi - pendue au plafond peint et à poutres apparentes - une maquette grandeur nature de l’une d’elle - la meganeura - avec une envergure de près de 70 cm. Il n’y a que les couleurs que l’artiste a dû imaginer

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Un tableau chronologique montre les dates d’apparition des différentes espèces d’insectes, mais Denis Lavoyer m’explique qu’il faudra qu’il le corrige car, depuis qu’il l’a peint, les entomo-paléontologues ont découvert des fossiles prouvant pour certaines espèces une apparition bien antérieure.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Passons dans la cour. Là ce sont de grandes sculptures, certaines assez réalistes, d’autres anthropomorphes nettement plus oniriques, qui nous surprennent. On y voit entre autres quatre abeilles de taille humaine : la reine, la guerrière, l’ouvrière, la butineuse.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre
De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Dans le Jardin des Insectes, au milieu des fleurs bourdonnantes d’abeilles, de bourdons et de syrphes, tous bien vivants, on va découvrir d’autres sculptures dont la tête et le corps des insectes, papillons ou libellules, sont ici aussi souvent ceux d’une bien jolie dame. A moins que la jolie dame chevauche une énorme sauterelle sous un arbre croulant de fruits.

De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Une mare pour les odonates. Et même, derrière un grillage protecteur, quelques plantes carnivores. Prenez garde moucherons !

Revenons dans la cour et, à côté de l’atelier de l’artiste, poussons la porte de l’école d’hier. La maîtresse devant le tableau noir, les bancs des enfants… Au mur des tableaux présentent la morphologie de l’insecte - une tête, un thorax, un abdomen, 6 pattes… - et différents insectes bien caractéristiques… et même des dessins d’enfants pour l’alphabet, A l’abeille, D le doryphore…

De l'art et des insectes à La Petite Pierre
De l'art et des insectes à La Petite Pierre

Ce petit musée, « à mi-distance entre la légende et l’histoire naturelle » comme nous le dit le dépliant de présentation, voulu, conçu et réalisé par notre artiste-entomologiste, est ouvert de 14 à 18h les samedis, dimanches et jours fériés de Pâques à la Toussaint, en été tous les jours jusqu’au 18 août. L’entrée n’est que de 3 € pour les adultes. Sachez aussi que cette petite merveille, qui ouvre ses portes aux écoliers, ne bénéficie d’aucune subvention.

Et si vous voulez séjourner à la Petite Pierre, Denis Lavoyer et son épouse Anny peuvent vous proposer des chambres d’hôtes 2 étoiles dans leur relais de poste.

Et pour les amateurs : les concerts en plein air de "Jazz à la Petite Pierre" du 7 au 17 août.

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Publié le 16 Juillet 2014

Lorsque je visite un monument ou une exposition, je suis toujours à l’affut de représentation d’insectes. Lors d’une de mes visites au Château de Compiègne, j’ai regardé d’un peu plus près les panneaux peints du Salon des Fleurs.

Sur les panneaux muraux représentant des fleurs, j’ai pu voir quelques insectes : papillons, libellules… Prise de photos de détail délicate, obligatoirement sans flash. Heureusement les logiciels de traitement permettent d’éclaircir les clichés et en voici le résultat.

Des insectes dans les fleurs au Château de Compiègne

Je me suis bien sûr documenté d’abord en lisant le cartel de la pièce :

«Sous le règne de Napoléon 1er, cette pièce servait de salon de jeux, comme l’indique la présence d’une table de trictrac, deux tables de quadrille et une table de bouillotte et de nombreuses chaises. Sous le Second Empire, elle fut utilisée comme chambre pour le prince impérial, fils de Napoléon III, qui grava sur le marbre du guéridon la date du 4 décembre 1868 : il avait alors douze ans et demi.

Le décor puise son inspiration dans la botanique. Les huit tableaux de fleurs peints par Etienne Dubois s’inspirent en effet des études du célèbre peintre de fleurs Pierre-Joseph Redouté. Ils furent mis en place en 1810 pour l’arrivée à Compiègne de l’impératrice Marie-Louise. »

Des insectes dans les fleurs au Château de Compiègne

Le Prince Louis Napoléon, fils de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, plus tard engagé dans l'armée britannique, fut tué en Afrique du Sud par les Zoulous en 1879. Une anecdote dit qu’en 1910 l’impératrice Eugénie, âgée de 84 ans, serait venue au château en simple visiteuse et qu’elle se serait trouvée mal en revoyant cette pièce. Voulant rester quelques instants, il aurait fallu l’intervention du directeur, qui la reconnut, pour qu’elle bénéficie de cette faveur.

Les panneaux sont dit-on « d’après Redouté ». On peut aussi trouver « sortis des ateliers d’Etienne Dubois et Pierre-Joseph Redouté ». Je n’ai pratiquement rien trouvé sur Etienne Dubois, si ce n’est qu’il y a un peintre appelé Jean Etienne-Franklin Dubois qui peignait entre 1818 et 1825 de façon très académique des scènes de l’Antiquité. Il concouru au Prix de Rome 1815. Selon le catalogue des Dépôts d’œuvres d’art de l’Etat, il a peint un portrait de son père Etienne Dubois, qui est au ministère de la Défense. C’est sans doute lui. Le fils, alors « âgé de 27 ans, élève de M. Regnault », a obtenu le second grand prix de l’Académie des Beaux-arts en 1821 pour Salomon livré aux Philistins, le sujet imposé. J’ai aussi trouvé 1796-1754 pour ses dates de naissance et décès dans les procès-verbaux de l’Académie des Beaux-arts. Rien sur son père.

Des insectes dans les fleurs au Château de Compiègne

Pierre-Joseph Redouté est un artiste né en 1759 dans les Ardennes belges et décédé à Paris en 1840. Il est nettement plus célèbre. Il rejoint son frère aîné Antoine-Ferdinand, peintre zoologiste, à Paris en 1782 et à partir de 1784 se lance dans l'illustration botanique. L’époque est favorable aux sciences. En 1787, il est à Londres où il étudie les plantes de Kew Garden. Rentré à Paris en 1788, il est à Versailles nommé "Dessinateur et peintre du Cabinet de la Reine". La Révolution le préserve et en 1792 il est "Dessinateur de l'Académie des Sciences". En 1798, c’est Joséphine de Beauharnais qui devient sa protectrice. Il sera en 1804 son peintre officiel. En 1809, après le divorce de Napoléon et de Joséphine, il devient le professeur de peinture de l'impératrice Marie-Louise … Quel parcours d’un régime à l’autre ! Et ce n’est pas fini.

Des insectes dans les fleurs au Château de Compiègne

En 1824, il est nommé "Maître de dessin au Muséum d'Histoire Naturelle", où il donne des leçons à la reine Hortense, la duchesse de Berry, Marie-Adélaïde d'Orléans, la reine Amélie et ses filles Marie-Christine et Louise-Marie (future épouse de Léopold Ier, roi des Belges). En 1830, il est nommé " Peintre de fleurs du Cabinet de la Reine ", Marie-Amélie, l’épouse de Louis-Philippe.

Des insectes dans les fleurs au Château de Compiègne

Toute l’Europe fut – dit-on – inondée d’aquarelles et de services de porcelaine avec des fleurs de Redouté. Mais souvent ces fleurs étaient butinées d’insectes... Un ouvrage édité en fac-similé par l’Edition Cercle d'art, Paris, en 1991, nous le confirme : "Choix des Plus Belles Fleurs - Prises dans Différentes Familles du Règne Végétal et de quelques Branches des Plus Beaux Fruits groupés quelquefois, et souvent animés par des Insectes et de Papillons ».

Des insectes dans les fleurs au Château de Compiègne

La prochaine fois que vous irez au Château de Compiègne, regardez de près les panneaux fleuris : ils bruissent du vol des insectes.

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