Publié le 18 Octobre 2015

Ce sont 175 photos présentées par 61 candidats que L’Agrion de l’Oise a reçues à l’occasion de cette 2ème édition du concours "Insectes de France", donc nettement plus que pour la 1ère édition en 2014. 83,6 % des photos venaient de la Région Picardie-Nord-Pas-de-Calais, dont 67,2 % de l’Oise, les autres d’autres régions de France, au Sud-Ouest et à l’Est. Notre concours, bien ancré dans l’Oise, confirme ainsi son caractère national.

Les 24 photos sélectionnées fin août par le Jury ont été exposées du 10 au 17 octobre au Centre commercial Val d’Halatte (Leclerc) de Pont-Sainte-Maxence. Un public nombreux et captivé a pu les admirer et voter pour son coup de cœur.

Samedi 17 octobre à 17h15, le dépouillement des votes peut débuter après avoir fait tirer au sort deux bulletins de vote, évidemment par une main innocente âgée de 7 ans. Les heureux votants, MM. ou Mmes Sannier et Lobry, pourront ainsi bénéficier d’abonnements Quintet à la Manekine, Maison intercommunale des Cultures à Pont-Sainte-Maxence, offerts par notre partenaire, la Communauté de Communes Pays d’Oise et d’Halatte. N’étant pas présents au moment du tirage, ils seront avisés par courrier électronique.

Il faut 45 minutes pour dépouiller les 525 bulletins sous les yeux d’un public attentif, allant voir et revoir les photos au fil de la montée des votes. Au bout du compte, 7 photos dépassent les 30 votants, mais 3 se détachent nettement : nos 3 lauréats.

"Les azurés bleu-nacré" 1er Prix du Public et 1er Prix du Jury © Bruno Van der Haegen

"Les azurés bleu-nacré" 1er Prix du Public et 1er Prix du Jury © Bruno Van der Haegen

Le 1er Prix du Public (photo n° 24) est attribué avec 64 votants (12,2 % des voix) à Bruno Van der Haegen de Cauffry (Oise) pour sa photo "Les azurés bleu-nacré". La photo a été prise avec un appareil Nikon D90, objectif 18-105 mm, le 16 août 2013 à 8h15 au Mont-César à Bailleur-sur-Thérain, haut-lieu des photographes d’insectes, et notamment des papillons de prairie dans l’Oise. Ces lépidoptères sont deux argus bleu-nacré (Polyommatus coridon) batifolant sur une ombellifère.

Il gagne un bon cadeau d’une valeur de 122 € offert par notre partenaire, Oise-Tourisme, l’agence de développement et de réservation touristique de l’Oise. Il s’agit de "Faites une pause en lisière de forêt de Compiègne", une nuit pour deux personnes en chambre d’hôtes dans une belle maison à colombages à Couloisy, petit-déjeuner gourmand et accès au spa et au sauna.

Mante religieuse 2ème Prix du Public © Patrick Carliez

Mante religieuse 2ème Prix du Public © Patrick Carliez

Le 2ème Prix du Public revient à Patrick Carliez de Roye (Somme) avec 49 votants (9,3 % des voix) pour sa photo de mante religieuse prise le 27 août 2014 à 15h56 - quelle précision, vive le numérique – sur le larris de Fignières dans la Somme (photo n°13). Dans son envoi, le photographe précisait que c’était la première fois qu’il observait une mante religieuse sur ce site géré par le Conservatoire d’espaces naturels de Picardie. Il ajoutait que le fond uni et marron n’était autre que le champ moissonné en bas du coteau.

© L’Agrion de l’Oise

© L’Agrion de l’Oise

Patrick Carliez remporte un bon d’achat d’une valeur de 100 € offert par notre partenaire, l’Espace culturel Leclerc, remis par Monsieur Guillaume Bossard, directeur-adjoint, à sa représentante, qui - entre parenthèses - avait aussi été candidate (et qui sera peut-être sélectionnée une autre fois).

"La dame blanche est aux anges" 3ème Prix du Public et 2ème Prix du Jury © Diem Nguyen

"La dame blanche est aux anges" 3ème Prix du Public et 2ème Prix du Jury © Diem Nguyen

Enfin le 3ème Prix du Public est pour Diem Nguyen de Verneuil-en-Halatte avec 41 votants (7,8 % des voix). Sa photo présente une araignée blanche dévorant une mouche. C’est bien sûr pour le moucheron que le jury a retenu la photo, car comme chacun sait les araignées ne sont pas des insectes…

La photo (n°23), titrée "La dame blanche est aux anges", a été prise avec un appareil Sony SLT-A65V, objectif macro Sigma EX 105 mm, dans le jardin du photographe le 4 mai 2015 à 13h06. L’araignée est une femelle de thomise variable ou araignée crabe (Misumenia vatia), elle ne fait qu’une dizaine de millimètre ; le malheureux moucheron n’a pas été identifié.

Diem Nguyem, qui n’était pas présent, gagne deux abonnements Quintet à la Manekine, offerts par la Communauté de Communes Pays d’Oise et d’Halatte.

L’annonce des Prix du Jury – attribués lors de la délibération de fin août – peut commencer.

© L’Agrion de l’Oise

© L’Agrion de l’Oise

Le 1er Prix du Jury revient à Bruno Van der Haegen, qui fait ainsi coup double, et emporte un second séjour offert par Oise Tourisme. C’est cette fois un bon cadeau d’une valeur de 290 € "Luxe, histoire et gastronomie en forêt de Compiègne", une nuit pour deux personnes à Choisy-au-Bac, à la Villa du Châtelet, ancienne maison du compositeur Léo Delibes, avec petit-déjeuner gourmand, et dîner avec ou sans atelier de cuisine... Si c’est cet automne que Bruno s’y rend, il aura peut-être la chance d’entendre le brame du cerf à la tombée de la nuit… Mais il y a aussi de beaux insectes à photographier en forêt, par exemple un cerf-volant ou sa femelle la biche (autrement dit un lucane Lucanus cervus) et pourquoi pas, plus difficile, Cerambyx cerdo, le capricorne du chêne,

Le 2ème Prix du Jury revient à Diem Nguyen, déjà 3ème prix du Public, autre coup double, qui reçoit un bon d’achat pour tirages photographiques de notre partenaire Photo Henrique à Pont-Sainte-Maxence. Précisons que c’est Photo Henrique qui a effectué dans son laboratoire les somptueux tirages 30x40 des photos sélectionnées.

Notre Jury a donc fait montre quelques semaines plus tôt des mêmes goûts que le public, ce qui n’est pas toujours le cas, faut-il le préciser.

"Tu me vois" 3ème Prix du Jury © Evelyne Guiriec

"Tu me vois" 3ème Prix du Jury © Evelyne Guiriec

Le 3ème Prix du Jury revient à la photo 6 titrée "Tu me vois". Il s’agit d’un futur papillon, une chenille de sphinx de la vigne (Deilephila elpenor). A noter que cette photo très originale a beaucoup intrigué le public, qui lui a donné un nombre non négligeable de suffrages.

© L’Agrion de l’Oise

© L’Agrion de l’Oise

La photographe lauréate, Evelyne Guiriec de Montmorency (Val d’Oise) est présente. Elle souligne que ce ne sont pas les yeux de la chenille qui nous regardent mais deux taches ocellées destinées à faire peur aux prédateurs. La photo a été prise avec un appareil Canon Digital Ixus 80 IS le 28 août 2013 à 17h14 à la réserve naturelle des Marais de Stors, sur la commune de Mériel (Val d’Oise), en bordure de la forêt de l’Isle Adam et de l’Oise. Le site est géré par l’Agence des Espaces verts de la Région Ile-de-France.

Evelyne Guiriec gagne deux abonnements à la Manekine offerts par la Communauté de Communes Pays d’Oise et d’Halatte. Elle n’aura pas de mal à se rendre au spectacle à Pont-Sainte-Maxence depuis Montmorency.

Et voilà arrivé le moment tant attendu par deux jeunes filles présentes dans l’assistance, l’annonce des Prix du Jury catégorie moins de 18 ans. Rappelons que l’an dernier nous n’avions pas eu de jeunes candidats.

"Syrphe au Point d’eau" 1er Prix du Jury "moins de 18 ans" © Manon Debroskre

"Syrphe au Point d’eau" 1er Prix du Jury "moins de 18 ans" © Manon Debroskre

Le 1er Prix du Jury moins de 18 ans est attribué à Manon Debroskre de Nozeroy (Jura), lycéenne de 17 ans, pour sa photo "Syrphe au Point d’eau" (photo n° 16). Dans sa présentation, Manon précisait que "le syrphe reposait sur une feuille au dessus d’un point d’eau, pourchassant les autres insectes qui s’approchaient". La photo a été prise avec un Olympus Imaging le 16 juin 2013 à 16h20 dans son jardin.

Malheureusement, Manon n’est pas là pour recevoir son prix, "En famille sous une yourte", une nuit dans une authentique yourte mongole pour deux adultes et deux enfants dans l’Oise, une expérience insolite offerte par Oise-Tourisme. Voilà une famille jurassienne qui va découvrir notre beau département.

"Le butinage" 2ème Prix du Jury moins de 18 ans © Célia Dersigny

"Le butinage" 2ème Prix du Jury moins de 18 ans © Célia Dersigny

Le 2ème Prix du Jury moins de 18 ans revient à la toute jeune Célia Dersigny, 11 ans à peine, de Saint-Martin-aux-Bois (Oise), pour "Le butinage", son beau bourdon dans une fleur bleue, un bleuet (photo n°19). Célia nous avait précisé dans son envoi que « bourdon désigne les insectes hyménoptères sociaux ou solitaires au vol bruyant et qui sont plus trapus et plus velus que les abeilles sauvages ou domestiques ». La photo a été prise avec le Nikon D3100 de son papa, équipé d’un Nikkor 105 mm, le 27 mai 2015 à 13h03, dans le terrain familial.

A noter que cette photo a beaucoup plu au public, qui en a apprécié l’harmonie des couleurs, et a recueilli pas mal de voix. Un troisième doublé n’était pas bien loin.

Ses parents, qui l’accompagnent, ont eux aussi participé à notre concours, mais sans succès, malgré la qualité de leurs photos. Ils auront peut être plus de chance la prochaine fois. Et on attend les photos du petit frère.

© L’Agrion de l’Oise

© L’Agrion de l’Oise

Célia Dersigny reçoit un chèque de 80 euros offert par notre association, L’Agrion de l’Oise. Cela lui permettra sans doute d’acquérir son propre appareil photo.

"Calopteryx virgo" 3ème Prix du Jury "moins de 18 ans" ©Justine Harang

"Calopteryx virgo" 3ème Prix du Jury "moins de 18 ans" ©Justine Harang

Le 3ème Prix revient à Justine Harang, étudiante de 16 ans, de Bulles dans l’Oise, pour son calopteryx virgo (caloptéryx vierge de l’ordre des odonates, sous-ordre des zygoptères ou demoiselles, donc une proche cousine de l’Agrion). La photo a été prise au Canon Powershot SX510HS, nous n’en savons pas plus. Peut être que Justine va, encouragée par ce prix, en apprendre toujours plus sur les insectes et nous donnera plus de détails une prochaine fois.

© L’Agrion de l’Oise

© L’Agrion de l’Oise

Justine reçoit deux abonnements à la Manekine offerts par la Communauté de Communes Pays d’Oise et d’Halatte.

Nous félicitons ces trois jeunes filles et les incitons vivement à poursuivre la photographie d’insectes – et plus généralement l’entomologie et la vie passionnante de nos chères petites bestioles - car nous souhaitons vivement les retrouver pour la prochaine édition de notre concours.

2015, en conclusion une excellente cuvée.

Nous félicitons tous les photographes sélectionnés qui ont pu présenter leurs œuvres au public pendant cette semaine d’octobre. Certains sont venus voir l’exposition pendant cette semaine ou étaient présents à la remise des prix et nous avons pu ainsi faire plus ample connaissance. D’autres occasions pour représenter des photos au public se profilent sous peu et ils en bien entendu seront avisés.

Nous félicitons tous les autres photographes, qui malheureusement n’ont pas été retenus par le Jury. Il y avait de très belles choses dans les photos qui ont été écartées. Continuez à photographier les insectes, ils le méritent car il y a tant de beautés à découvrir dans ce monde fabuleux et tant de plaisir à rechercher la belle image. Sans oublier que c’est dans votre jardin, dans la prairie, le petit bois ou le marais près de chez vous que vous pouvez faire un inoubliable safari photo.

Bravo à tous.

Nous attendons bien sûr tous ces photographes amateurs de talent pour la prochaine édition.

L’Agrion de l’Oise remercie ses partenaires : Oise Tourisme, Centre commercial et Espace culturel Leclerc, Photo Henrique, La Manekine, Communauté de Communes Pays d’Oise et d’Halatte et la Mairie de Verneuil-en-Halatte qui a fourni les grilles supports de notre exposition.

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Publié le 6 Octobre 2015

L’Agrion de l’Oise vient tout juste de vous inviter à venir le rencontrer du 8 au 11 octobre pour la Fête de la Science 2015 à Compiègne et à Senlis, mais ce n’est pas tout.

La 2ème édition 2015 de notre concours photos « Insectes de France », lancée le 1er mai, s’est clôturée le 16 août. Le Jury s’est réuni fin août et a délibéré après avoir visionné les nombreuses photos d’excellente qualité que les photographes amateurs nous ont fait parvenir.

Venez voter pour votre photo préférée –  Concours "Insectes de France 2015"

Du samedi 10 octobre au samedi 17 octobre, l’Agrion de l’Oise expose les photos sélectionnées en format 30 x 40 dans la galerie marchande du centre commercial Val d’Halatte (Centre Leclerc) à Pont-Sainte-Maxence (Oise).

24 photos ont été sélectionnées et leurs auteurs en ont été informés. Le Jury a délibéré et fait son choix pour les Prix du Jury « Adultes » et « moins de 18 ans ». 6 photos sont donc d’ores et déjà récompensées, mais les photographes gagnants ne le savent pas encore.

Il vous appartient à présent de choisir les 3 photos qui recevront les Prix du Public.

Pour cela vous pourrez voter pendant une semaine.

Les Prix du Jury et du Public seront proclamés samedi 17 octobre à 18h00 à l’issue du dépouillement des votes.

Rappelons que les 1ers prix sont offerts par notre partenaire Oise Tourisme, occasion de découvrir l'Oise aussi bien pour les gagnants d'autres horizons que pour les locaux.

Les 2èmes prix en bons d’achats sont offerts par nos partenaires Photo Henrique et Centre Leclerc.

Les 3èmes prix sont des abonnements pour les spectacles de la saison 2015-2016 à La Manekine.

Deux bulletins de vote seront tirés au sort et les gagnants se verront remettre eux aussi comme prix un abonnement pour La Manekine.

Venez nombreux, vous pourrez rencontrer des photographes et des membres de notre association.

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Publié le 30 Septembre 2015

L’Agrion de l’Oise sera présent du 8 au 11 octobre à l’Université de Technologie de Compiègne pour la Fête de la Science.

Les thèmes majeurs de la Fête de la Science 2015 sont :

  • le changement climatique à quelques semaines de la COP21 (Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris - du 30 novembre au 11 décembre 2015) et
  • la lumière dans le cadre de l’Année de la Lumière en France 2015.

On se souviendra de l’exposition "Lumière d'insectes" que notre association avait présentée en février sous le label Année Lumière 2015 au Musée de la Mémoire des Murs de Verneuil-en-Halatte.

L’Agrion de l’Oise a pu sans problème s’emparer de ces thèmes.

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Il propose une exposition de posters :

« Les insectes, quel futur pour l'homme ? »

En effet le changement climatique, mais aussi la globalisation, nous inquiètent. L’élévation de la température, les échanges internationaux, sont en partie à la source de l’apparition et l’extension d’insectes invasifs, susceptibles de ravager la végétation, cultures agricoles, arbres et forêts (pyrale du buis, chenille processionnaire, mouche du fruit,…) ou d’être vecteurs de maladies dues à des agents infectieux : virus, bactéries, parasites, … (moustiques, poux, puces, punaises,…).

frelon asiatique  ©Roger Puff

frelon asiatique ©Roger Puff

Il sera également question des risques qui pèsent sur les abeilles, menacées notamment par le varroa, le frelon asiatique et les pesticides utilisés pour éradiquer les ravageurs.

Mais les insectes ne sont pas que menaces, ils sont aussi les outils du bio-contrôle pour la protection des cultures (auxiliaires tels que micro-hyménoptères, coccinelles, …), la nourriture du futur (entomophagie) et la source de substances nouvelles (bio-raffinerie –avec le projet DESIRABLE financé par l’Agence nationale de la Recherche - ou développement de molécules pharmaceutiques et de vaccins), sans oublier le biomimétisme (appelé aussi bioinspiration pour le développement de nouveaux produits ou procédés), donc porteurs de R&D, d’innovation et de développement économique.

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Mais ce n’est pas tout, à l’invitation de l’Agrion de l’Oise, Serge Berthier, prononcera une conférence sur le thème de la lumière en relation dans ses relations avec les insectes.

Professeur à l'Université Paris Diderot, Serge Berthier enseigne notamment l'électromagnétisme et la physique des lasers. Chercheur passionné par les structures biologiques, la couleur et le biomimétisme, il anime l’équipe « Milieux désordonnés multi-échelle : bio photonique, couleur » de l’Institut de Nanosciences de Paris. Il est également membre de la chaire de Nanotechnologie UNESCO-UNISA (Université d’Afrique du Sud, Le Cap). Il est auteur de l’ouvrage « Photonique des Morphos », première étude quasi exhaustive, des structures fines de ce genre de papillons et des propriétés optiques et colorimétriques qu’ils génèrent.

Sa conférence « Les insectes et la lumière » aura lieu

Samedi 10 Octobre 2015 à 15h au Centre Pierre Guillaumat de l’UTC

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Les liens entre lumière et insectes, comme avec tous les organismes vivants, sont complexes. La lumière est essentielle à la vie, mais peut aussi s’avérer dangereuse, voire mortelle. Pour gérer ces échanges électromagnétiques entre l’extérieur et l’organisme, la nature a développé aux interfaces (ailes et cuticule) des structures adaptées aux différentes contraintes. Dans le domaine de l’optique, ces structures, qualifiées de photoniques, donnent lieu à de magnifiques effets colorés. Serge Berthier commencera donc à présenter et à illustrer les « insectes-couleurs » et les différentes structures générant ces effets. Il traitera ensuite des échanges lumineux d’un point de vue plus énergétiques, en commençant par la lumière entrante, c'est-à-dire de l’insecte capteur d’énergie solaire. Comment est optimisée l’absorption, comment il évite la surchauffe…Dans une troisième partie, il abordera la lumière sortante ou l’insecte LED. Par fluorescence ou bioluminescence de nombreux insectes émettent de la lumière et ont beaucoup à nous apprendre sur son extraction ! En toute occasion, des pistes ou des réalisations bio inspirées seront présentées.

Mais L’Agrion de l’Oise a également tissé des liens avec le CEEBIOS (Centre européen d’excellence en biomimétisme de Senlis) et il suivra Serge Berthier qui prononcera une deuxième conférence à Senlis le même jour.

« Les structures photoniques dans la gestion des flux électromagnétiques des insectes »

Samedi 10 octobre à 18h30 au CEEBIOS.

L'Agrion de l'Oise fait la fête aux insectes et à la Science

Après une courte présentation de l’activité de son équipe « Biomimétismes » de l’INSP, Serge Berthier présentera deux exemples de structures naturelles intervenant directement dans la gestion des flux énergétiques par les insectes.

Le premier concerne l’auto-régulation de l’émissivité du « capteur » papillon. Les insectes sont des organismes poikilothermiques qui doivent assurer en partie de manière exogène leur approvisionnement énergétique, principalement en captant l’énergie solaire. Chez les lépidoptères en particulier, cela est assuré majoritairement par les ailes qui jouent le rôle de trakers et de concentrateur chez les insectes clairs ou d’absorbeur sélectifs chez les sombres. C’est une stratégie dangereuse car ils doivent à l’inverse éviter l’hyperthermie (au delà de 40°) qui leur serait fatal. Un dispositif qui allie structure photonique absorbante et matériau émissif leur permet de moduler automatiquement leur émissivité qui augmente quand le papillon est trop chaud et diminue lorsqu’il est trop froid, le maintenant ainsi dans une fourchette de température viable.

Le second traite de l’extraction de lumière d’un milieu haut indice vers un milieu bas indice, généralement fortement limité par la réflexion totale à l’interface. Il s’agit d’un problème particulièrement important dans les LED par exemple ou l’indice de l’émetteur est élevé. Il montrera comment de nombreux insectes émetteurs de lumière (par fluorescence ou bioluminescences) sont parvenus à tourner ce problème et à optimiser leur émission à l’aide de structures photoniques de surface, généralement multi-échelles.

La conférence se terminera par une brève présentation de quelques travaux en cours sur les structures anti-abrasion développées par des organismes fouisseurs comme la golden mole « Chysachloris leucorhina » ou le lézard des sables «Scincus scincus » par exemple. Le transfert de telles structures sur nos capteurs pourraient permettre de protéger leur surface des agressions du sable en milieu désertique.

Photos Berthier/INSP

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Publié le 24 Septembre 2015

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

J’ai eu récemment l’occasion de visiter le très intéressant Familistère à Guise dans l’Aisne.

Son créateur Jean-Baptiste André Godin (1817-1888) - vous connaissez tous bien le poêle Godin - y a mis en application avec succès les idées utopistes de Fourier. J’ai retenu de cette visite qu’il portait des principes que l’on chérit toujours aujourd’hui : le droit à l’air pur, à l’eau courante (bien évidemment non polluée), à la lumière, à l’espace. Précurseur en lançant dès 1858 la construction de bâtiments d’habitation à proximité de son usine, il a voulu que tous ses ouvriers en bénéficient, alors qu’à l’époque la condition ouvrière c’était plutôt Germinal, roman que Zola ne publiera qu’en 1885.

Il écrit dans son ouvrage Solutions sociales paru en 1871.

"L’air est un des principaux éléments que la Nature donne à l’homme pour l’entretien de son existence ; c’est un aliment de tous les instants […]. Il est donc du plus grand intérêt que l’architecture fasse concourir toutes les dispositions de l’habitation pour tirer de l’air le parti le plus utile à la santé."

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Les espaces verts autour des bâtiments contribuent à son assainissement. La conception du système de ventilation naturelle du palais social assure le rafraichissement de l’air en été et son réchauffement en hiver. On pourrait ici faire l’analogie avec la termitière à laquelle l’économie bleue pense aujourd’hui pour construire des immeubles plus économes en énergie. La couverture vitrée des cours intérieures joue le rôle de serre pour réchauffer l’air en hiver.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Je retiens plutôt pour ma chronique - consacrée bien sûr aux insectes- le chapitre « L’air : absence d’insectes ».

"La rareté des insectes est peut-être un véritable signe de l’état de salubrité du Familistère ; dans tous les cas, c’est un motif de tranquillité de plus à ajouter aux avantages de l’habitation, et à signaler en faveur des sociétaire du Palais.

Qui ne sait combien sont gênantes, dans la plus grande partie des maisons ouvrières, et particulièrement à la campagne, ces quantités innombrables de mouches dont les logements sont remplis ?"

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

"C’est qu’aux abords de ces maisons les eaux croupissantes, les matières en décomposition, les tas d’ordures, sont des foyers où se développent les larves dont éclosent les insectes. Rien de pareil ne peut se produire au Familistère ; aussi les mouches y sont elles très rares, et même, pendant plusieurs années, en ont-elles été complètement absentes."

Ces quelques photos de mouches plutôt solidaires ne donneront qu’une vague idée de la prolifération évitée dans ces constructions.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

"Mais un fait bien propre à faire saisir les avantages de l’habitation unitaire, pour l’application des moyens de destruction des insectes, c’est l’absence de puces au familistère, chez une population à peine sortie de la misère. "

Je n'ai pas plus de photos de puces à vous proposer qu de termites, dommage.

Effectivement en vivant dans des logements mono-familles tenus en état de propreté et d’aération parfaite, on évite la prolifération de vermine. Godin d’ailleurs indique que la seule invasion de puces connues l’a été dans les dortoirs consacrés aux ouvriers célibataires. Il a suffi de mélanger du coaltar et de la sciure de bois pour en faire une poudre qu’on dispersait la nuit sur les sols et dans les gaines de ventilation et qu’on balayait au matin.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

"Cette opération si simple, et qui suffit pour faire disparaitre, en quelques jours, jusqu’au dernier de ces insectes ennemis du repos de l’homme […]"

Point n’est besoin comme dans la fable de La Fontaine d’invoquer les dieux pour qu’ils vous prêtent leur foudre et leur massue. Un bon goudron de houille suffit, mais il devient difficile de s’en procurer.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Mais plutôt que le curatif, Godin préférait les solutions préventives :

"Comme il est infiniment plus simple de prévenir le mal que d’y porter remède, on n’attend plus au Familistère que le repos des travailleurs soit troublé par des insectes gênants pour interdire à ces derniers l’entrée du Palais. L’invasion de la vermine y est donc paralysée par des moyens d’assainissement employés en vue de l’hygiène générale, l’influence de ces moyens eux-mêmes, sur la santé publique, semble prouver que les maladies épidémiques ou contagieuses sont moins accessibles au Familistère qu’elles ne le sont dans les habitations de la ville."

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

Malheureusement Godin ne traite pas des moustiques et des frelons, qui aujourd’hui mobilisent nos quotidiens. Sans doute ces trublions ne posaient-ils pas problème en ce temps-là.

Au fait savez-vous que la ruche a été un temps la marque moulée dans la fonte des poêles Godin ? Le drapeau de l’Harmonie en était aussi marqué. La ruche était symbole de la solidarité que l’on mettait en œuvre dans le Familistère.

Des mouches, des puces et des abeilles au Familistère

La ruche a été l’emblème de l’habitat social, notamment avec la cité-jardin La Ruche construite en 1891-1893 par l’architecte Georges Guyon à La Plaine Saint-Denis. La Ruche est aussi un lieu de résidence et de travail pour les artistes à Montparnasse inauguré en 1902, qui recyclait un pavillon octogonal construit par Gustave Eiffel pour l’Exposition Universelle de 1900. Ce qui n’a cependant pas conduit les abeilles à se lancer dans la construction de cellules à 8 côtés. La ruche symbolise aujourd’hui encore l’économie sociale et solidaire.

Photos R.Puff

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Publié le 12 Septembre 2015

Jules Michelet
Jules Michelet

Dans un ouvrage de 1857 intitulé tout simplement "L’Insecte", le grand historien Jules Michelet (1798-1874) s’intéresse à l’entomologie et à l’art, tout particulièrement dans le chapitre "De la rénovation de nos arts par l’étude de l’insecte". L’image ci-contre est un extrait d’un portrait peint par Thomas Couture, cher aux habitants de Senlis où il est né en 1815.

"Les arts proprement dits, les beaux arts, profiteraient encore plus que l’industrie de l’étude des insectes. L’orfèvre, le lapidaire, feront bien de leur donner des modèles et des leçons".

C’est ce que n’ont pas manqué de faire les artistes du tournant du 20ème siècle avec l’Art Nouveau, il n’y a qu’à voir les bijoux femme-libellule ou femme-papillon de René Lalique. Je vous conseille de visiter un jour le Musée Lalique à Wingen-sur-Moder en Alsace, vous y verrez des merveilles.

Le taon d’un regard ©Philippe_Delmer

Le taon d’un regard ©Philippe_Delmer

Michelet poursuit : "Les insectes mous, les mouches, ont spécialement dans leurs yeux des iris vraiment magiques, près desquels aucun écrin ne soutient la comparaison. "

Plus loin il s’intéresse aux coléoptères :

Les bousiers ©Roger_Puff

Les bousiers ©Roger_Puff

"Le bousier, lourd insecte noir à le regarder par le dos, offre au ventre un sombre saphir, comme on n’en a jamais vu dans la couronne des rois. "

Un saphir dans la main ©Roger_Puff

Un saphir dans la main ©Roger_Puff

J’ai essayé de vérifier cela lors de ma dernière ballade en forêt. En voici un dans ma main, il gigotait hardiment, ayant hâte de se remettre sur ses six pattes et j’ai eu bien du mal à le photographier convenablement. Rassurez-vous, ce n’est pas l’un des partenaires de la photo du petit couple prise en Normandie il y a deux ans … Celui-ci est reparti gaillardement vers son destin.

Je change momentanément d’auteurs, mais reste au bousier, qui porte aussi escarbot pour nom, plus très usité aujourd’hui. Jean de La Fontaine nous a conté la fable de l’Aigle et l’Escarbot, souvenez-vous. Mais j’ai autre chose, "La Pharmacopée Universelle contenant toutes les Compositions de Pharmacie" de Nicolas Lemery, de l’Académie Royale des Sciences, Docteur en Médecine, ouvrage daté de 1764, qui nous propose un onguent Unguentum Scarabeorum :

Bon pour les rhumatismes ©Roger_Puff

Bon pour les rhumatismes ©Roger_Puff

"On amassera des escarbots, qu’on appelle fouille-merdes, quand ils sont dans leur vigueur, on les écrasera bien dans un mortier, & on les mêlera avec de l’huile de laurier, on mettra le mélange dans un pot qu’on bouchera exactement, & on le laissera en digestion pendant un mois, etc."

Cet onguent est paraît-il excellent pour les rhumatismes. Il va falloir que je pense à en préparer un plein pot. Donc comme vous pouvez le constater, le bousier inspire non seulement l’artiste, mais aussi le pharmacien.

Revenons à Michelet : il évoque à présent le scarabée de l’Egypte « vivante émeraude, mais tellement supérieur à cette pierre par la gravité, l’opulence, la magie du reflet. »

J’ai bien vu un carabe doré sur un chemin des Vosges cet été, mais sa vivacité ne m’a pas permis d’en faire une photo correcte. J’ai honte. Il devient rare sur nos chemins ce scarabée rapide.

carabe chagriné ©Hubert_Carpentier

carabe chagriné ©Hubert_Carpentier

En revanche, je vous propose ce beau carabe chagriné, bien moins chatoyant évidemment, mais dont les élytres me font penser à un tableau de Pierre Soulages.

"Le hanneton, rude et prosaïque au premier aspect, promet peu. Cependant son aile écailleuse, mise au foyer d’un microscope, bien éclairé en dessous du petit miroir, et vue ainsi par transparence, offre une noble étoffe d’hiver, feuille morte, où serpentent des veines d’un très beau brun. […] Mirage étrange ! Toute cette fête de lumière, c’était l’aile d’un hanneton ! "

Je n’ai pas voulu arracher l’aile fine sous l’élytre d’un pauvre hanneton, aujourd’hui bien rare d’ailleurs, pour l’observer sous l’œilleton du microscope et vérifier les dires de Michelet. Plutôt l’admirer vivant même terne, il est trop mignon. Il faudra en reparler.

Pour Michelet il faut s’inspirer de l’insecte non seulement pour les bijoux mais aussi pour les tissus.

Mosaïque de coléoptères - Insectarium de Montréal 2014 ©Roger_Puff

Mosaïque de coléoptères - Insectarium de Montréal 2014 ©Roger_Puff

"La Nature, qui est une femme, lui dira que pour parer ses sœurs, au tissu doux, léger, de l’ancien cachemire, il faut inscrire, non pas les tours de Notre-Dame, mais cent créatures charmantes, - si vous voulez, ce petit prodige, si commun, de la cicindèle, où tous les genres sont mêlés ; - moins que cela, le scarabée de pourpre glorifié dans son lis ; - ou la verte chrysomèle, que ce matin j’ai trouvé sensuellement blottie au fond d’une rose ."

Vert et Jaune ©Thierry_Marbach

Vert et Jaune ©Thierry_Marbach

Plutôt que de la chrysomèle, ne serait-ce pas plutôt du hanneton des roses, la cétoine dorée, superbe émeraude, dont l’historien veut nous parler ? Je vous en propose une, mais dans une autre fleur.

"je vais" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

"je vais" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

Pas évident de trouver des photos de certains coléoptères trop rapides ou devenus rares. Par chance, Philippe a photographié une cicindèle, ce rapide insecte chasseur coureur des sables, pas plus évident à prendre au filet (voyez ce qu’en dit son grand spécialiste, l’écrivain Ernst Jünger dans son livre Chasses subtiles), qu’à photographier. Un récent article disait que la cicindèle était "l’animal le plus rapide du monde, rapporté à sa taille". Rapporté à la taille d'un homme, la cicindèle foncerait à 700 km/h. Usain Bolt n’a qu’à bien se tenir. Philippe a pu la photographier fuyant, ...

"je viens" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

"je viens" dit la cicindèle ©Philippe_Delmer

Mais, me dit-il, l’insecte est curieux et revient sur ses pas voir qui peut bien tant s’intéresser à lui. D’où la deuxième photo. Bien vu !

Cependant Michelet de conclure :

"Est-ce à dire qu’il faille copier ? Point du tout. Ces êtres vivants, et dans leur robe d’amour, par cela seul ont une grâce, je dirai une auréole animé, qu’on ne traduit pas. Il faut les aimer seulement, les contempler, s’en inspirer, en tirer des formes idéale, et des iris tout nouveaux, de surprenants bouquets de fleurs… "

On est en en plein dans le biomimétisme, mais fallait-il le préciser ?

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Publié le 1 Septembre 2015

Dans le cadre de ses réunions trimestrielles, l'Agrion de l'Oise vous propose une présentation de la protection biologique intégrée

mercredi 9 septembre

à 20h salle Salomon de Brosse

à Verneuil-en-Halatte.

Un agriculteur pratiquant une agriculture respectueuse de l'environnement, faisant entre autres appel à des insectes pour la protection des cultures, nous fera part de son expérience.

Ce sera aussi l'occasion de faire le point sur le fonctionnement de notre association.

Les insectes et la protection biologique intégrée

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Publié le 23 Août 2015

Je suis allé récemment au Parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville pour les Nuits des Etoiles, mais où on peut aussi y découvrir jusqu’à fin octobre encore une exposition consacrée à Rousseau et la botanique.

Sur un panneau, j’ai noté et je me suis permis de photographier cette citation extraite d’une lettre écrite en 1772 à Mme Delessert :

Rousseau décrit les ombellifères ©RogerPuff et Parc J.J. Rousseau

Rousseau décrit les ombellifères ©RogerPuff et Parc J.J. Rousseau

Y figure une très belle description de la structure des Ombellifères, bel exemple de géométrie fractale dans la nature… Le chou-fleur c’est pas mal non plus (comme exemple de fractale).

La famille des Apiaceae, les Ombellifères dans la classification de Cronquist de 1981, compte environ 3000 espèces en 420 genres dans le monde (d’après Wikipedia, mais sur le site de l’Université Pierre et Marie Curie, j’ai aussi trouvé 3055 espèces et 438 genres, faudrait savoir ! Où donc est la vérité ?). En France, Jean-Pierre Reduron, dans son ouvrage Ombellifères de France, paru en 2007, en dénombre 356 espèces différentes, "indigènes, naturalisées, subspontanées, adventices, cultivées ou potentielles". Parmi elles : aneth, angélique, carotte sauvage, panais sauvage, céleri, coriandre, fenouil, persil, etc.

belle réunion sur ombellière ©RogerPuff

belle réunion sur ombellière ©RogerPuff

A noter que la berce du Caucase, une espèce de très grande taille, jusqu’à 5 m de hauteur, à la sève phototoxique, introduite en Europe de l’Ouest comme plante ornementale, figure dans la liste des plantes invasives classées parmi les plus nuisibles au 21ème siècle. Le moustique-tigre est dans cette même liste. Vous voyez le problème.

deux diptères prêts à décoller ©RogerPuff

deux diptères prêts à décoller ©RogerPuff

Certaines Apiaceae sont utilisées pour leurs racines comestibles, d’autres pour leurs vertus aromatiques, d’autres sont des poisons violents comme la ciguë… Beaucoup ne servent à rien sauf aux insectes, et puis, ne boudons pas le plaisir des yeux : une belle et grande ombellifère, c’est élégant et esthétique, çà a de l’allure. La preuve ? Les Anglais avaient introduit la berce du Caucase aux jardins botaniques de Kew pour cette raison dès 1817.

rencontre entre deux punaises arlequin Graphosoma italicum ©RogerPuff

rencontre entre deux punaises arlequin Graphosoma italicum ©RogerPuff

Roland Lupoli dans un article Punaises des ombellifères de France, paru dans le magazine Insectes, édité par l’OPIE (n°93 – 1994) écrit :

"Pendant les belles journées ensoleillées, d’impressionnantes quantités d’insectes - principalement des Hyménoptères, des Lépidoptères, des Diptères et des Coléoptères - viennent butiner ces véritables "usines à nectar à plateformes molletonnée" que sont les fleurs blanches d’Ombellifères. Les Hétéroptères [les punaises] armés de leur rostre piqueur-suceur pourront prélever la sève des Ombellifères ou tirer profit de cet incessant défilé en se nourrissant des pollinisateurs eux-mêmes, ou plus tard des fruits issus de la pollinisation et de la fécondation des fleurs."

vue de dos ©RogerPuff

vue de dos ©RogerPuff

Vous aurez compris mon attrait pour les ombellifères : les insectes en nombre qui s’y pavanent longuement me permettent quelques photos. Qui plus est, comme les plantes sont plutôt hautes, je n’ai même pas besoin de beaucoup me baisser…

désordre, des ordres ©RogerPuff

désordre, des ordres ©RogerPuff

Spots de chasse connus de longue date des insectophiles comme on disait jadis, en effet, dans son Traité élémentaire d’entomologie (1873), Maurice Girard écrit à l’attention des chasseurs d’insectes :

"La floraison des Ombellifères commence l’époque du grand développement des Hyménoptères et des Diptères, et ces plantes offrent également des Coléoptères actifs et volants. "

belle mouche ©RogerPuff

belle mouche ©RogerPuff

Pourquoi cette attirance de la part des insectes ? Dans son livre La lutte biologique : vers de nouveaux équilibres écologiques (Editions Quae, 2010), dans un chapitre traitant des auxiliaires, ces insectes qui aident le jardinier ou la cultivateur dans leur lutte sans insecticides contre les ravageurs, Lydie Suty écrit :

"Les plantes de la famille des ombellifères sont particulièrement attirantes pour un grand nombre d’auxiliaires. Plusieurs espèces de guêpes parasitaires possèdent des parties buccales courtes et ne peuvent qu’atteindre les glandes nectarifères bien exposées, ce qui est le cas des ombellifères. Dans une étude sur la préférence de la guêpe parasitaire Itoplectis conquisitor, qui attaque les larves du carpocapse de la pomme, Leius (1962) a observé que l’insecte préférait le panais sauvage à toute autre plante comme source de nectar".

Dans un bref article du magazine Insectes (OPIE n°160 – 2011) je lis à propos du fenouil sauvage :

"Garde-manger des syrphes, des chrysopes, des mouches, des punaises, et bien entendu plante de prédilection du machaon, qui y dépose ses œufs et dont la chenille raffole des feuilles aciculaires, étroites lanières tout en longueur et groupées en touffe."

petit nacré ©RogerPuff

petit nacré ©RogerPuff

Je n’ai pas de photo de Machaon à vous proposer, il faudra vous contenter de ce Petit Nacré.

Les insectes visiteurs de l’ombellifère, attirés par son nectar, vont pouvoir transférer le pollen entre les fleurs voisines d’une même inflorescence, ou celles d’une autre ombelle. Donc toute cette armada de bestioles vient sur les ombellifères pour se délecter de leur nectar, polliniser ou trouver ses mets préférés, fruits ou autres insectes proies.

tous ensemble, tous ensemble ©RogerPuff

tous ensemble, tous ensemble ©RogerPuff

Beaucoup en profitent bien sûr pour se reproduire ayant trouvé l’âme sœur sur ce forum bien fréquenté.

amaryllis ©RogerPuff

amaryllis ©RogerPuff

"Toute ombellifère à odeur fétide est suspecte ; toute ombellifère à odeur forte et aromatique st innocente. " Voilà ce que note Antoine Laurent Apollinaire Fée dans son Cours d’Histoire naturelle pharmaceutique, publié en 1828, mais il traite de substances vénéneuses, voire mortelles ou thérapeutiques et non de l’attirance des mouches. Il parle de principe vireux, avéré dans des végétaux toxiques d’odeur ou de saveur nauséabonde. Les ombellifères dégagent quasiment toutes une odeur plus ou moins forte, surtout au niveau des feuilles, des tiges et des racines, dont ont extrait des huiles essentielles. Les fleurs proprement dites seraient en général inodores ou peu odorantes, susceptibles néanmoins, il me semble, d’attirer les insectes.

syrphe sur ombelle ©RogerPuff

syrphe sur ombelle ©RogerPuff

Certaines ombellifères peuvent dégager une odeur fétide, y compris la coriandre cultivée, une plante aromatique et médicinale. En effet après dessiccation l’odeur est plutôt agréable. La plante tiendrait son nom du grec κόρις / kóris, qui signifie "punaise", mais ce serait controversé. Je n’entrerai pas dans ces polémiques.

phex sur ombelle ©RogerPuff

phex sur ombelle ©RogerPuff

Pour la ciguë, Fée parle d’odeur extrêmement forte et à propos de l’infusion, d’odeur nauséeuse. La férule assa-foetida (cela veut tout dire) a une odeur alliacée, très fétide et très tenace. La férule ammonifère a une odeur rappelant celle du galbanum, mais moins désagréable. Le galbanum, c’est la férule gommeuse, qui a des fleurs jaunes dégageant une odeur déplaisante et que l’on trouve en Iran, Turquie, Turkménistan ; sa gomme-résine est utilisée pour la préparation d’encens ; elle entrait aussi dans la préparation de la thériaque, un célèbre contrepoison. Quant à l’angélique, toute la plante a une odeur forte, aromatique et agréable, comme son nom l’indique. Un ange ne peut être que délicieusement parfumé …

cétoine dorée ©RogerPuff

cétoine dorée ©RogerPuff

Bref je m’arrête là pour les propriétés des ombellifères, sinon nous n’en sortirons pas de sitôt. Je ne vais tout de même pas vous faire un cours de phytothérapie ou d’aromathérapie. Je suis là pour parler d’insectes, non ?

grosses cuisses, petits bras (oedemera nobilis) ©RogerPuff

grosses cuisses, petits bras (oedemera nobilis) ©RogerPuff

Revenons donc, si vous le voulez, bien à Jean-Jacques Rousseau et aux insectes.

Les insectes n’apprécient pas que les plantes en pleine floraison. Ils aiment aussi se repaître des herbes séchées dans les herbiers et peuvent en peu de temps ravager le patient et méticuleux travail de l’herborisateur.

Rousseau, herborisateur, avait une bonne recette :

"Pour garantir votre herbier des ravages qu’y feraient les insectes, il faut tremper le papier sur lequel vous voulez fixer vos plantes dans une forte dissolution d’alun, le faire bien sécher, etc. "

La citation est tirée du Dictionnaire élémentaire de Botanique de Bulliard, revu par Richard (Paris, 1802) au mot Herbier, et, selon l’auteur, serait extraite d’un manuscrit de Rousseau… (in Œuvres complètes – 93 titres de Jean-Jacques Rousseau - Arvensa Editions, 2014). Petit complément d’information : l’alun ordinaire est un sulfate double d’aluminium et de potassium (KAl(S04)2, 12 H2O).

bourdon ©RogerPuff

bourdon ©RogerPuff

Une autre recette s’appliquait aux végétaux plutôt qu’à leur support : elle préconisait de traiter les plantes en les trempant dans une solution alcoolique de sublimé corrosif, c’est en tout cas ce que je lis dans le Dictionnaire d’Histoire naturelle de Rey et Gravier publié en 1825 (NdR. traduit en petit chimiste moderne le sublimé corrosif c’est du chlorure mercurique, HgCl2)

cantharidae ©RogerPuff

cantharidae ©RogerPuff

En revanche Rousseau ne semble pas avoir eu une grande considération pour les insectes ; en effet, il écrit pour la Septième Promenade des Rêveries du promeneur solitaire :

"Le règne animal est plus à notre portée et certainement mérite encore mieux d’être étudié. Mais enfin cette étude n’a-t-elle pas ses difficultés, ses embarras, ses dégoûts et ses peines. […] Je passerais ma vie à me mettre hors d’haleine pour courir auprès des papillons, à empaler de pauvres insectes, à disséquer des souris quand j’en pourrais prendre […] Ce n’est pas là, sur ma parole, que Jean-Jacques ira chercher ses amusements. "

Vulcain et la mouche©RogerPuff

Vulcain et la mouche©RogerPuff

Je vous ai fait grâce des cadavres puants, des squelettes affreux et des vapeurs pestilentielles… Manifestement notre philosophe préférait, et de loin, le règne végétal… Pour lui (je picore dans ses écrits) les insectes étaient méprisables, dévoraient la verdure, rongeaient les plantes, etc. Il devait détester ces ravageurs d’herbiers.

la mouche ©RogerPuff

la mouche ©RogerPuff

Tiens puisque qu’au Parc Jean-Jacques Rousseau, il y a eu les Nuits des Etoiles, une autre citation, celle-ci extraite de l’Emile. Elle traite d’insectes et de microscope, de taches du soleil et de télescope :

"Emile ne saura jamais la dioptrique, ou je veux qu’il l’apprenne autour de ce bâton. Il n’aura point disséqué d’insectes ; il n’aura point compté les taches du soleil ; il ne saura ce que c’est qu’un microscope et un télescope. Vos doctes élèves se moqueront de son ignorance. Ils n’auront pas tort ; car avant de se servir de ces instruments, j’entends qu’il les invente, et vous vous doutez bien que cela ne viendra pas de si tôt. "

A deux c'est mieux (ruptela maculata) ©RogerPuff

A deux c'est mieux (ruptela maculata) ©RogerPuff

Donc une exposition "Rousseau et l’entomologie" n’est sans doute pas pour demain. J’en parlerai tout de même un jour aux responsables du Parc d’Ermenonville. On ne sait jamais et de toute façon il est permis d’en rêver, qu’on soit solitaire ou en association.

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Publié le 13 Août 2015

ET voilà, c'est la dernière ligne droite.

Il ne restera ce soir à minuit que 72 heures pour envoyer vos 3 photos.

Le règlement du concours est à votre portée

N'oubliez pas le bordereau d'envoi

L'Agrion de l'Oise attend vos envois.

Dernier rappel Concours Photos "Insectes de France" 2015

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Publié le 8 Août 2015

Aujourd'hui compris, il ne vous reste plus que 9 jours pour nous envoyer vos photos d'insectes de France.

N'attendez pas la dernière minute.

Le lundi 17 août à 0h01, il sera trop tard.

Le Machaon de Frédéric Pingliez a obtenu le 3ème Prix du Public en 2014

Le Machaon de Frédéric Pingliez a obtenu le 3ème Prix du Public en 2014

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Publié le 27 Juillet 2015

Aujourd'hui, il vous reste 20 jours, pas un de plus pour envoyer vos photos d'insectes de France.

N'attendez pas la dernière minute.

Le lundi 17 août à 0h01, il sera trop tard.

Rouge sur rouille (Crocothémis écarlate mâle surveillant son territoire) ©Bruno Derouané

Rouge sur rouille (Crocothémis écarlate mâle surveillant son territoire) ©Bruno Derouané

Vous avez droit à 3 photos. N'oubliez pas le bordereau d'envoi.

Pour plus de détails reportez vous svp à l'article de lancement du concours

Réglement

Bordereau d'envoi

Le jury se réunira le 26 août prochain pour sélectionner les photos qui seront soumises aux voix du public et attribuer ses prix.

Les photographes sélectionnés seront informés dans les meilleurs délais. Ils devront fournir le fichier de leur photo retenue au meilleur format disponible, si possible avec les détails techniques de la prise de vue et une légende.

Le public pourra voter pour sa photo préférée du 10 au 17 octobre au centre commercial Val-d'Halatte à Pont-Sainte-Maxence (Leclerc partenaire du concours). La proclamation des prix du jury et du public se fera le samedi 17 octobre à partir de 16h00.

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