Publié le 9 Juillet 2014

Je reprends mon vieux Dictionnaire de la conversation et de la lecture, daté de 1837, et je m’arrête à « papillon, genre d’insecte de l’ordre des lépidoptères. Il renferme des espèces remarquables par l’éclat de leurs couleurs et par l’élégance de leurs formes. Les papillons sont excessivement nombreux. »

Restons sur les papillons voulez-vous et éteignons la lumière

L’ouvrage s’en tient là pour l’entomologie proprement dite, mais va développer le sens figuré et les proverbes. Lisons :

« On dit figurément d’un esprit léger, qui court d’objets en objets sans se fixer à aucun, que c’est un papillon. Un auteur qui se borne à effleurer des sujets est un vrai papillon en littérature… »

Tiens c’est moi ça !

«… tel a souvent été Voltaire. »

Ouf me voilà rassuré, je vais laisser des traces dans la littérature et la philosophie…

« L’éloquence profonde de J.-J. Rousseau l’a fait au contraire comparer fréquemment à la foudre qui déracine l’arbre qu’elle frappe. »

« Surprenant... non ? » aurait dit Pierre Desproges. Je ne les voyais pour ma part ni l’un, ni l’autre ainsi. Et en plus nous revoilà à comparer Rousseau à Ermenonville à Voltaire qui a laissé son cœur à Villette (mais qui n’y a pas mis les pieds, rappelons le). Poursuivons :

« La plupart des fashionables (déjà du franglais) et des petits maîtres qui voltigent de belle en belle sans en aimer aucune sont de vrais papillons de salon. Il est un autre point de vue sous lequel on pourrait les comparer avec plus de justesse encore à l’insecte ailé et capricieux dont nous parlons, si ce proverbe très usité encore il y a un siècle, sot comme un papillon, n’était pas un peu passé de mode : il provenait sans doute de la même source que cette autre locution, se brûler à la chandelle comme un papillon, par laquelle on désigne quelqu’un qui donne sottement dans un piège, séduit par les plus grossières apparences,

Plus ne m’irait brûler à la chandelle

dit La Fontaine en parlant du soin avec lequel il propose d’éviter ces amours de courtisanes qui ne laissent que des regrets. »

Restons sur les papillons voulez-vous et éteignons la lumière

Passons sur les papillons de salon allant de belle en belle, il y en a encore, il y en aura toujours et pas seulement dans les salons, mais dans les boites de nuit et même dans les bureaux. Mon propos n’est pas d’épiloguer ici sur la nature humaine.

De même, je n’irai pas gratter du côté des risques encourus en papillonnant sans précaution. Nous ne sommes pas sur un site médical traitant des MST, mais néanmoins sortez couverts.

Restons sur les papillons voulez-vous et éteignons la lumière

Non, je vais plutôt rebondir sur le papillon qui se brûle à la chandelle. Avec d’abord un triste épisode lié à la musique. Vous ne le savez peut être pas, mais j’adore la musique d’Offenbach et ses opéras. Jacques Offenbach avait écrit la musique pour un ballet chorégraphié par Marie Taglioni, première grande ballerine romantique (image ci-contre). Ce ballet c’était « Le Papillon » ; il fut créé à l’Opéra de Paris en novembre 1860. C’est l’histoire de la servante Farfalla (farfalla, papillon de jour en italien par opposition à falena, papillon de nuit) qui est amoureuse du prince Djalma, neveu de l’émir. Un vieille fée, jalouse, comme il se doit, transforme Farfalla en papillon. L’insecte, à la fin du ballet, va se brûler les ailes à la flamme d’une torche, ce qui rompt le charme. La revoilà femme et elle épouse le prince. Happy end : ils se marient et auront beaucoup d’enfants.

Restons sur les papillons voulez-vous et éteignons la lumière

Mais malheureusement la vraie histoire est un drame, car la danseuse Emma Livry (image BNF), pour laquelle le rôle avait été écrit, en dansant s’approche trop près de la rampe à gaz qui éclaire la scène. Son tutu s’enflamme et elle meurt 8 mois après, à 21 ans, d’une septicémie à la suite de ses brûlures. Le ballet ne fut pas repris avant 1976 et, aujourd’hui encore, tous les petits rats de l’Opéra connaissent la très triste histoire de Farfalla, un si joli papillon.

Mais c’est le sort de bien des insectes d’aller se brûler sur les flammes ou plus encore sur les ampoules des lampadaires. Alors changement de sujet : un mot sur la pollution lumineuse. L’expression définit la présence nocturne anormale ou gênante de lumière et les conséquences de l’éclairage artificiel nocturne sur la faune, la flore, plus généralement les écosystèmes ainsi que sur la santé humaine. Mais rassurez-vous, je vais ici encore papillonner, le sujet est trop vaste pour ma petite rubrique.

En 1837, l’éclairage public était bien maigre. La fée électricité n’avait pas encore fait son apparition et seuls les papillons de nuit ou autres insectes noctambules venaient se brûler à la flamme des becs de gaz. Seuls les papillons de nuit étaient donc « sots » à moins que sottement quelques lépidoptères diurnes n’aient pris le bec de gaz pour l’astre du jour. Et c’est fort possible.

Aujourd’hui les insectes vont se faire griller sur les ampoules non protégées ou s’épuiser à tourner autour des lampes à vapeur de mercure dont les ultraviolets les attirent, et je passe sur les phares des voitures. Ils sont plus facilement croqués par leurs prédateurs (oiseaux nocturnes, chauves-souris, reptiles ou batracien), mais qui eux-aussi sont perturbés. Pire, la présence permanente de lumière va avoir des conséquences sur leurs cycles physiologiques, que ce soit par perturbation de la chaîne alimentaire ou effet sur la reproduction. Le suréclairage serait, après les pesticides, la 2ème cause de disparition d’espèces d’insectes.

Restons sur les papillons voulez-vous et éteignons la lumière
Restons sur les papillons voulez-vous et éteignons la lumière

Le plus menacé est peut être le ver luisant ou Lampyre (Lampyris noctiluca), en fait un coléoptère . En effet le mâle ne va plus percevoir l’effet fluorescent de la femelle (photo ci-dessus), qui ne pourra pas être fécondée le moment venu.

Ainsi dans nos villes suréclairées, ne voyons nous plus les étoiles, tandis que les insectes – aussi nombreux qu’elles, vont mourir autour des luminaires.

Que ce soit pour des raisons d’économie d’énergie ou de protection des écosystèmes, il faut donc, qu’on soit particulier, entreprise ou collectivité territoriale, faire tout son possible pour réduire sa pollution nocturne. Le Code de l’Environnement, à la suite du Grenelle de l’Environnement, a pris des dispositions réglementaires en ce sens. Entré en vigueur le 1er juillet 2013, l’Arrêté du 25 janvier 2013 règlemente à l'éclairage nocturne des bâtiments non résidentiels afin de limiter les nuisances lumineuses et les consommations d'énergie.

Restons sur les papillons voulez-vous et éteignons la lumière

De son côté, l'Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes (ANPCEN) propose un cahier des charges pour les collectivités territoriales, souhaitant diminuer leur pollution lumineuse et faire des économies d’énergie.

Elle a aussi mis en place depuis 2009 «le Jour de la Nuit » une manifestation qui aura lieu cette année le 20 septembre pour sensibiliser à la pollution nocturne et à la protection de la biodiversité.

Vous avez un peu plus de 2 mois pour vous y préparer.

Ci-contre l'affiche du Jour de la Nuit 2013, c'était le 13 octobre.

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Publié le 2 Juillet 2014

De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu'aimez-vous mieux ? - Moi, les roses ;
- Moi, l'aspect d'un beau pré vert ;
- Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons ;
- Moi, le rossignol qui chante ;
- Et moi, les beaux papillons !

Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l'on cueille en un réseau ;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l'oiseau !...

De toutes les belles choses

Quand revient l'été superbe,
Je m'en vais au bois tout seul :
Je m'étends dans la grande herbe,
Perdu dans ce vert linceul.
Sur ma tête renversée,
Là, chacun d'eux à son tour,
Passe comme une pensée
De poésie ou d'amour !

Voici le papillon "faune",
Noir et jaune ;
Voici le "mars" azuré,
Agitant des étincelles
Sur ses ailes
D'un velours riche et moiré.

De toutes les belles choses

Voici le "vulcain" rapide,
Qui vole comme un oiseau :
Son aile noire et splendide
Porte un grand ruban ponceau.
Dieux ! le "soufré", dans l'espace,
Comme un éclair a relui...
Mais le joyeux "nacré" passe,
Et je ne vois plus que lui !

Comme un éventail de soie,
Il déploie
Son manteau semé d'argent ;
Et sa robe bigarrée
Est dorée
D'un or verdâtre et changeant.

De toutes les belles choses

Désolé cher lecteur, mais les vacances arrivant, L'Agrion de l'Oise se met un peu en roue libre. Alors ne m'en veuillez pas si les papillons cités dans ce beau poème de Gérard de Nerval ne sont pas ceux présentés par mes photos (sans compter que je ne vous en donnerai pas le nom, pas plus vernaculaire que latin).

Désolé si le poème est incomplet. Un jour, qui sait, vous en aurez peut être la suite...

Les photos sont de moi, elles ne sont pas de cette année.

J'en profite pour vous rappeler notre concours photo.

A la semaine prochaine.

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Publié le 25 Juin 2014

Plus qu'un mois pour envoyer vos photos d'insectes.

Notre concours photo a été lancé le 1er juin.

Son règlement est disponible sur le blog, ainsi que le bordereau d’envoi.

Nous avons déjà reçu les premières photos, mais il n’est pas inutile de faire une piqûre de rappel et pour ce faire je vais utiliser quelques unes de mes photos "proxi". Personnellement, en tant qu’organisateur, je n’ai pas le droit de concourir, sinon croyez-moi bien, je l’aurais fait. Notez bien que cette interdiction ne concerne aucunement les adhérents à notre association. Mais ils n’auront pas de traitement de faveur : le jury ne connaîtra pas l’identité des candidats.

Mais tout d’abord je voudrais insister sur le fait que nous n’attendons pas que des photos d’amateurs éclairés, mais aussi celles de candidats de moins de 15 ans, en espérant que cela leur donnera l’envie de s’intéresser à ces petites bêtes qui peuplent notre environnement proche : un safari photo près de chez soi.

Et pour montrer que l’on peut faire des choses intéressantes, même sans grande expérience, même sans matériel de compétition, voici une photo faite par mon petit-fils de 10 ans, Alexandre, avec mon bridge Lumix. Lui non plus ne peut concourir étant de la famille d’un des organisateurs. Il enrage… C’était aux dernières vacances de Pâques au bord d’un étang entre Béziers et Narbonne. Je faisais des photos avec un autre appareil. Il m’a demandé de lui prêter le Lumix et il est revenu avec cette belle prise. J’ai été époustouflé, j’avoue.

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

Ce papillon est un échiquier ibérique (Melanargia lachesis), qu’on pourrait confondre avec un demi-deuil (Melanargia galathea), mais sa couleur ocre et le lieu où la photo a été prise confirment l’espèce. C’est un papillon de France, il aurait été recevable.

En ballade, dans son jardin, en observant bien les herbes ou les fleurs, on a quelquefois de jolies rencontres. En voici quelques unes faites dans mon jardin. J’ai déjà eu l’occasion de les présenter sur ma page Facebook personnelle.

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

Le ballet de quatre syrphes, probablement de l'espèce Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus), sur une simple rose du jardin. Merci à ces gracieux diptères butineurs.
C'est vrai, il n'y a pas que les abeilles pour s'occuper des fleurs.

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

Toujours dans mon jardin, une autre jolie bestiole. C'est l’œdemère noble (Oedemera nobilis), un petit coléoptère de la famille des Oedemeridae, Ses fémurs postérieurs renflés nous disent que c'est un mâle, un vrai costaud. Ses larves sont xylophages, encore un qui aime les vieux bois dans nos forêts.

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

La cétoine dorée (Cetonia aurata) cachée dans sa fleur préférée : une rose de mon jardin.
On l'ennuyait, elle a eu vite fait de s'envoler.

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

Dans les pois de senteur du jardin une belle butineuse : l'abeille xylophage ou charpentière (Xylocopa Violacea), un splendide hyménoptère de 30 mm qui revient fidèlement nous visiter.

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

Dans le pavot rouge, une petite sauterelle verte. Là j’ai du mal à donner le nom de l’espèce

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

En ballade à Gerberoy, la ville des roses, mais pas sur une rose, un joli diptère dont les couleurs s’accordent à merveille avec la fleur qui l’accueille. C’est une volucelle transparente (vollucella pellucens), un diptère (une mouche) de la famille des Syrphidae. Elle contribue à la pollinisation. Elle pond ses œufs dans les nids de guêpes et ses larves parasitent leurs larves.

Rappel : le concours photo « Insectes de France » de L’Agrion de l’Oise

Et la dernière est en lisière de forêt d’Halatte où j’ai déjà fait de bien jolies prises.

Cette photo a été faite avec mon vieux compact Nikon (Coolpix 11) : une belle punaise brune de la forêt (Coreus marginatus).

Bien sûr ce n’est pas de la « macro », mais notre concours n’est pas réservé aux super-spécialistes, tout le monde peut postuler.

Alors à vous de jouer. Grands et petits, n’hésitez pas à nous soumettre vos photos, quel que soit votre appareil, proxi ou macro, quelle que soit votre expérience.

Le jury sera certainement sensible à un peu d’imagination, un peu de sens artistique, voire un brin d’humour. Je connais quelqu’un qui a gagné un concours de photos de sport avec un cliché présentant des pantoufles, un programme télé et une canette…

Nous attendons vos photos. Vous avez jusqu’au 27 juillet minuit pour les envoyer selon les modalités du règlement à notre adresse mail

lagriondeloise@orange.fr

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Publié le 18 Juin 2014

Et si on parlait du doryphore ?

Le Doryphore "Porte-lance" est une statue du sculpteur grec Polyclète représentant un jeune guerrier porteur d’une lance. " Un bien bel homme" disent ces dames. Elle daterait de 440 av. J.C.

Mon fameux Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture de 1837 nous en dit plus dans l’article écrit par un certain Général Bardin, dont personne ne se souvient :

"Ce mot, qui était en usage dans la milice grecque, dérive des expressions doru, lance, et phérô, je porte. C’était la dénomination des soldats porte lance ou armés d’une demi-pique, comme le dit Procope. – il y avait des doryphores parmi les troupes formant la garde des souverains, comme il s’y voit des hallebardiers dans les temps modernes. – Quinte-Curce appelle doryphores des soldats perses qui composaient une division de quinze mille hommes ; c’était un corps célèbre par sa valeur, distingué par la richesse de son armement, et qui jouissait de nombreux privilèges. – Suivant Jabro, des doryphores portaient le manteau du roi de Perse en manière d’enseigne, et marchaient devant son char."

Rien sur un quelconque insecte. Le vieux Dictionnaire Larousse Universel en 2 volumes daté de 1922, que mon père avait dû acheter dans une vente aux enchères, en dit lui enfin quelque chose :

"Doryphora ou doryphore, n. m. Insecte coléoptère, originaire d’Amérique, qui ravage les plantations de pommes de terre. Le doryphore a causé de grands dégâts aux Etats-Unis."

Les fameuses planches des Editions Deyrolle, récemment rééditées, ne le présentent même pas aux écoliers de l’époque parmi les insectes nuisibles comme le thrips des céréales, le bostriche, la calandre des blés, le pyrale de la vigne, l’altise des potagers ou le saperde chagriné, j’en passe et des meilleurs.

Et oui, ce n’est qu’à la fin de la Première Guerre Mondiale que le Doryphore (Leptinotarsa decemlineata), ou Doryphore de la pomme de terre, originaire du Mexique où il vivait sur les solanacées sauvages, est apparu en France après être passé par les Etats-Unis. Cet insecte, de l'ordre des coléoptères et de la famille des chrysomélidés, a des élytres jaunes rayés de noir, un peu comme la livrée de Nestor, le serviteur du Capitaine Hadock à Moulinsart. Vous voyez ce que je veux dire ?

Alors pourquoi doryphore ? Cet insecte ravageur porterait-il une lance ? Wikipedia n’en sait rien. Son nom n’aurait donc absolument rien à voir avec Polyclète ou le roi des Perses. Un blog prétend cependant que sa poitrine serait armée d’une longue lance, d’où son nom, mais un contradicteur qui dit que les insectes n’ont pas de poitrine - pense que cela vient plutôt de ses rayures noires sur les élytres (le qualificatif decemlineata signifiant "10 lignes"). Je pense qu’il est dans le vrai.

Et si on parlait du doryphore ?

Le doryphore envahit les champs de patates et c’est pourquoi pendant la Guerre de 39-45, les Allemands ont été surnommés les "doryphores". Il paraitrait que dans certaines provinces (sans doute reculées), c’est ainsi qu’on traite encore aujourd’hui les touristes de toutes nationalités et même les parisiens.

Bon que dire de plus, à part qu’il boulotte les pommes de terre, sinon que nos parents ou nos grands-parents devaient pendant la dernière guerre aller dans les champs – sur ordre du Maréchal Pétain – pour les enlever à la main puis les brûler, ce qui était mieux que d’employer des insecticides, qu’ils n’avaient de toute façon pas suffisamment. Dans le village de Ronno (Rhône) les enfants des écoles ramassèrent en un mois 8000 larves et 97 insectes parfaits, encouragés par le maire qui paya chacun d’eux une prime de 2 centimes par larve ou insecte ramassé. C’est peut-être aussi la raison du surnom des Allemands. En enlevant les doryphores et leurs larves, nos papis faisaient de la résistance.

Et si on parlait du doryphore ?

Sa larve est de couleur orange avec des points noirs sur les flancs. On ne peut pas confondre la larve de doryphore avec celle de la coccinelle de couleur gris-noir avec de grandes taches jaune-orange, elle considérée comme utile comme chacun sait, faut-il le rappeler. D'accord là il manque la couleur, mais je n'ai pas vu de larve sur les pommes de terre du jardin, alors pas de photo...

Attention le doryphore se déplace pedibus jambus ou en volant et ce sur de grandes distances pour trouver les feuilles des tubercules qu’il affectionne. Ceci dit ce n’est pas à la nage ou en volant qu’il est venu des Etats-Unis, mais plutôt par bateau avec des pommes de terre importées. Les Européens, conscients du problème s’en étaient préoccupés dès la fin du XIXème siècle en interdisant l’importation de pommes de terre d’Outre-Atlantique, mais la bestiole a eu raison du blocus. Elle était signalée en Angleterre en 1901, en Allemagne avant 1914. En France, c’est en 1922 qu’elle apparaît en Gironde, vraisemblablement apportée avec des patates importées. Elle se répand lentement jusqu’en 1930, infectant 18 départements à partir du Bordelais. A partir de là, après l’offensive de 1931, l’expansion s’accélère à la faveur d’un climat chaud, le saillant de l’Ardèche est réduit et le Rhône franchit en plusieurs points. En 1936 l’est du pays est atteint. En 1942, 18 ans après Bordeaux, le Doryphore avait envahi la France. Il était même passé en Belgique et au Luxembourg et envahissait l’Allemagne. Juste retour des choses.

Et si on parlait du doryphore ?

Doryphore capturé dans mon jardin, sur les pommes de terre. Il n'y en avait pas d'autres. Quand on le prend en main, il fait le mort. Il ne s'est animé que dans le récipient où je l'ai emprisonné quelques temps. C'est un beau coléoptère, un peu plus grand qu'une coccinelle. Dommage qu'il soit le ravageur de nos chères tubercules.

Une étude de 1943 (Etude géographique sur le doryphore en France et principalement dans la région lyonnaise par Georges Castellan) relate cette invasion des doryphores à la manière d’un récit de guerre (c’est cette étude qui donne l’exemple de Ronno). Les agriculteurs ne sont pas toujours disciplinés et malgré la prime, l’arséniate est cher. Les services agricoles du département du Rhône décrivent en 1938 quelles sont les causes de ces négligences :

"1° Etat d’esprit de certains cultivateurs, jardiniers, etc. qui, pour une faible surface de pommes de terre, ne veulent pas se donner la peine d’opérer et contribuent à entretenir et propager l’épidémie. 2° Manque de soins pris pour les pulvérisations – 3° Parfois, refus de traiter à l’arséniate par crainte d’empoisonnement du gibier, des bestiaux, voire des hommes. Ces craintes sont vaines, mais entretenues dans les campagnes par les chasseurs qui colportent souvent des faits non contrôlés et par certains démarcheurs de produits non arsenicaux qui trouvent là un argument de première valeur commerciale, sinon scientifique".

Et si on parlait du doryphore ?

En 1941, une loi avait organisé la protection des végétaux (quarantaine, désinfection, interdiction de planter, destruction par le feu) et en cas de refus du propriétaire le traitement sera organisé par le Syndicat de défense aux frais de l’intéressé. Une deuxième loi la complète en organisant les Services extérieurs de la protection des végétaux assurant les opérations de police phytosanitaire et de contrôle prévues par la loi précédente. A cette époque la superficie en pommes de terre représentait 1,5 millions d’hectares et 75 millions de francs de chiffre d’affaire. Les dégâts se chiffraient en millions de francs avec 5% de la production affectée.

L’étude de 1941 concluait :

"Le paysan peut encore être renseigné d’une façon plus simple [que par les bulletins d’avertissements régionaux] en observant les plantes sauvages ; ainsi les insectes [les doryphores] sont sortis en grande majorité quand la fougère aigle déroule sa crosse, la ponte commence lorsque les grandes marguerites digitales sont en fleurs, l’évolution larvaire coïncide avec la floraison du châtaignier, etc. Le danger prévu est toujours moins redoutable.

Il subsiste tout de même et l’importance du problème n’est que trop évidente dans les circonstances actuelles où les questions de ravitaillement prennent une importance exceptionnelle. Or, aux dernières nouvelles la situation est grave. En 1940, la lutte a été pratiquement nulle, l’insecte a pu se multiplier à son gré : maintenant il pullule partout. Sans doute son évolution a été retardée par les pluies du mois de mai, mais le retour du beau temps va voir les grands vols printaniers, les pontes, l’invasion larvaire. La campagne s’annonce dure. On dispose cependant pour la mener à bien de textes législatifs fermes et nets, de services dont le rôle est bien défini, de stocks d’arséniate suffisants. Il faut le concours de toutes les bonnes volontés pour sauver le précieux tubercule, qui assurera notre subsistance, de son ennemi numéro 1 : le Doryphore."

Et si on parlait du doryphore ?

Après avoir lu cette étude qu’on pourrait croire métaphorique, voire codée, tant elle décrit comme en miroir l’invasion doryphorique, comment peut-on s’étonner que les Allemands aient été qualifiés à cette triste époque de Doryphores ?… Depuis nos amis d'Outre-Rhin ont mis pacifiquement en vedette la vaillante et tant aimée coccinelle... Das Auto.

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Publié le 9 Juin 2014

Que disait-on des insectes nuisibles au temps des Années Folles ?

Aujourd'hui intéressons nous une peu à l'hygiène domestique.

Je suis tombé sur un ouvrage en deux volumes « Nouveau Dictionnaire de la Vie pratique » édité par la Librairie Hachette en 1923. Si on y recherche l’entrée « Insecte », on ne tombe que sur « Insectes nuisibles », ceci dit on y trouve aussi une belle planche en couleurs « Végétaux (amis et ennemis des) » et une autre en noir et blanc, mais c'est hors sujet aujourd'hui.

Voyons ce que l’on disait sur le sujet en 1923, il y a un peu plus de 90 ans, après la Grande Guerre, pendant les Années Folles à l’époque de l’Art Déco.

L'entrée "Insectes nuisibles" est classée dans « Economie Domestique ». Elle va donc intéresser essentiellement la maison et la famille. On y traite en 9 chapitres des Blattes ou Cafards, des Guêpes et Frelons, des Fourmis, des Mouches, des Mites, des Moustiques, des Puces, des Punaises et enfin des Poux. Ces bestioles nous turlupinent toujours et font généralement dans nos foyers aujourd’hui l’objet d’une lutte chimique sans merci. Mais avouons que ce n’est plus une préoccupation de tout instant.

Que disait-on des insectes nuisibles au temps des Années Folles ?

Je me contenterai ici de reprendre l’introduction générale aux chapitres thématiques consacrés à chacun de ces 9 fléaux.

« La propreté parfaite du corps, des vêtements et du logement est le meilleur moyen d’éloigner les insectes nuisibles. On combat chaque espèce avec les moyens que nous indiquons spécialement.

Lorsqu’on visite les pauvres dans les maisons mal tenues, avoir soin de changer des vêtements et de linge aussitôt qu’on rentre ; mettre les vêtements à l’air et les faire battre, plonger le linge dans l’eau chaude, prendre un bain. Ne pas introduire de meubles anciens dans un appartement sans qu’ils aient été soigneusement désinfectés, avec une solution de sublimé au 1000e ou par des vapeurs d’aldéhyde formique ou de soufre (ne jamais employer les vapeurs sulfureuses si le meuble est orné de cuivre ou d’ornements en métal). Le sublimé détériore aussi le cuivre : mais il est facile de ne pas toucher les cuivres avec le tampon, imprégné de sublimé.

Ne jamais autoriser les domestiques à placer dans leurs chambres des meubles – lits ou armoires – leur appartenant sans s’assurer que ces meubles sont indemnes de tout parasite. Pour se préserver des mites, brosser et battre les tentures et les vêtements, ôter les taches ; ranger avec le plus grand soin les vêtements d’hiver et les vêtements d’été suivant la saison et les procédés indiqués (voir MITES).

La poudre de pyrèthre est l ‘insecticide qui réussit le mieux ; on l’achète en flacon ou bien on le fabrique soi-même en pulvérisant dans un mortier les capitules de fleurs de pyrèthre ; conserver la poudre dans des flacons de verre à large goulot, bien bouchés (bouchon de liège, coiffé d’une capsule métallique), avoir un petit soufflet spécial qui permette de l’insuffler dans les trous des murs et des placards. »

Que disait-on des insectes nuisibles au temps des Années Folles ?

Arrêtons-nous là. Cela fleure bon sa bourgeoisie bien pensante qui se méfie des pauvres gens et des domestiques, tout autant que les insectes nuisibles. Apparemment l’un ne va pas sans l’autre. On se croirait sous l’Ancien Régime, ou avant la Guerre (de 14-18 bien sûr).

D’ailleurs la bourgeoisie a des préjugés tenaces, puisque même ce dictionnaire qui l’a comprend si bien nous dit à l’entrée « domestique » :

« Comment traiter les domestiques – Ne faites pas comme certains maîtres qui semblent oublier, en parlant à leurs domestiques, que ceux-ci méritent le respect comme tout être humain et sont capables des mêmes sentiments que les autres hommes ; ni comme ceux qui affectent de traiter leurs domestiques avec une familiarité ridicule. »

Une autre époque…

Que disait-on des insectes nuisibles au temps des Années Folles ?

Quelques informations techniques indispensables sur ces produits d’hygiène que l’on ne connaît plus aujourd’hui.

Le sublimé n’est pas défini dans ce dictionnaire. Cherchons dans Le Larousse Universel en deux volumes de 1922. « Le sublimé corrosif, ou simplement sublimé, est le bichlorure de mercure HgCl2,. Son antidote est le blanc d’œuf. C’est une substance âcre, caustique et très vénéneuse ; c’est aussi à doses faibles, un antiseptique puissant, très employé en solution de 1 p. 10000 à 1 p. 1000.

On employait le sublimé comme désinfectant, mais aussi dans le traitement des traverses de chemin de fer ou comme antisyphilitique avant l’avènement des antibiotiques… Les composés du mercure sont particulièrement toxiques avec des effets neurotoxiques. Aujourd’hui le Code du travail l’interdit aux titulaires d’un CDD ou aux mineurs.

Le sublimé doux est le calomel Hg2Cl2. On l’utilisait comme purgatif et il serait responsable de la mort d’Agnès Sorel.

Le pyrèthre semble être bien connu du lecteur de l'époque, puisqu’on ne le trouve pas au Dictionnaire de la Vie pratique entre le pyramidon et la pyrogravure… En fait le pyrèthre est une plante voisine du chrysanthème, dont certaines espèces fournissent à partir de leurs capitules une poudre insecticide.

Et n’oublier pas le petit soufflet…

N.B. les images d'hygiène sont tirées du Nouveau Dictionnaire de la Vie Pratique Hachette 1923, ouvrage "de famille", tandis que celles d'insectes nuisibles sont tirées du Larousse Agricole 1921, accessible sur le site de OPIE-Insectes,

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Publié le 3 Juin 2014

Une découverte archéologique sensationnelle à Pont-Sainte-Maxence à l’occasion des fouilles de sauvetage avant la construction de l’hypermarché Leclerc.

Avec Calopteryx le Gaulois, sauvegardons le mur gallo-romain de Pont-Sainte-Maxence

C’est un mur immense, construit parallèlement à ce qui fut une voie romaine, non loin de l’Oise où des quais antiques avaient déjà été mis à jour. Le mur de l’enceinte d’un vaste sanctuaire, datant du 2ème siècle, à la fin du règne d’Antonin, apogée de l’empire romain.

Un mur sans contreforts avec une série de 13 à 17 arcades de 70 m de long et de 10 m de haut, orné de sculptures remarquables aux canons de la sculpture grecque, tout un panthéon, la mythologie avec les dieux Vulcain, Jupiter, Hadès, des attributs de Junon et de Diane, bref une merveille unique, écroulée quelques décennies après son édification.

Sans compter une représentation exceptionnelle de Vénus accroupie évoquant un épisode de l’Odyssée d’Homère, où la déesse, honteuse d’avoir été surprise trompant son mari Vulcain avec Mars, métamorphose en rocher la jeune femme qui l’a vue.

Quel va être le devenir de ces vestiges prestigieux, incomparables ? D’abord les protéger des pillages, mais ensuite ? Les stocker dans une réserve en attendant de pouvoir les présenter, les mettre en valeur ? Oui sans doute.

Ces richesses ne doivent pas quitter notre département, ne doivent pas quitter Pont-Sainte-Maxence. C’est là qu’il faut au plus tôt les mettre en valeur pour que le public puisse en voir toute la splendeur.

Mais où ?

Assurément pas devant l’hypermarché, le temple moderne de la consommation.

Pas très loin, à moins de 1500 mètres, Pont-Sainte-Maxence possède une autre richesse, c’est le lieu où le projet d’insectarium que nous défendons doit être implanté pour être le point focal d’un site consacré à la nature et la biodiversité : le Domaine de Villette. Ce domaine a lui aussi une riche histoire.

Il a été propriété du Marquis Charles de Villette, le "marquis révolutionnaire", qui fit entrer le corps de Voltaire au Panthéon en 1791, temple choisi pour y honorer nos grands hommes. En novembre 1777 il avait épousé Reine Philiberte Rouph de Varicourt, "Belle et Bonne" la fille adoptive de Voltaire. Malheureusement Voltaire, mort en mai 1778 au domicile parisien du Marquis, n’y a pas mis les pieds et c’est bien dommage, car Pont-Sainte-Maxence aurait alors pu être le pendant d’Ermenonville avec Rousseau. En revanche, le cœur de Voltaire y a été un temps conservé. A chacun son parc et son philosophe. Qui plus est le château de Villette, que le père de Charles avait fait construire en 1761, avec des matériaux récupérés du château de Verneuil-en-Halatte, qui lui avait appartenu à Anne d’Este, puis à Henri IV qui y logeait sa maîtresse Henriette d’Entragues.

Avec Calopteryx le Gaulois, sauvegardons le mur gallo-romain de Pont-Sainte-Maxence

Aussi proposons-nous de reconstruire ce grandiose mur gallo-romain, d’une immense valeur patrimoniale, à l’entrée du Domaine de Villette, puisqu’on a déjà su y remettre en valeur des pierres "historiques", mais respectons l’intégrité du monument. Réédifié le long de l’allée donnant accès au cœur du Domaine et à l’Insectarium, il fera un magnifique effet, renforçant ainsi l’attrait de ce site à vocation touristique et culturelle.

Ainsi la diversité du Panthéon des dieux latins viendra se joindre à la biodiversité et à la splendeur du monde des insectes.

Après tout le scarabée n’a-t-il pas été vénéré par les Egyptiens en tant que Khepri, symbole du soleil et de la terre ? L’abeille vénérée par les Celtes et les Mayas, serait aussi assimilée à Déméter/Cérès. Virgile la chanta dans ses Géorgiques. Ovide dans ses Métamorphoses nous dit que ce sont des fourmis qui furent transformées en guerriers - les Myrmidons de mýrmex en grec « fourmi » - pour constituer l’armée d’Achille au siège de Troie. Mars est le dieu de la guerre, mais aussi celui qui protège les récoltes des ravages des insectes. Rappelons-nous le taon (Tabanus bovinus) envoyé par Héra/Junon, une fois de plus exaspérée par les frasques de son mari Zeus/Jupiter, pour piquer les flancs de Io, que le dieu des dieux avait transformée en génisse pour lui-même l’honorer sous la forme d’un taureau.

Et comme dans un insectarium les insectes font toujours une petite place aux arachnides, n’oublions pas Arachné la lydienne, fille d’Idmon, qu’Athéna/Minerve métamorphosa en araignée pendue à son fil pour tisser les aventures de Jupiter.

Quantité d’insectes portent des noms évoquant les dieux latins ou grecs. Si je ne devais en citer qu’un ce serait bien sûr l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), emblématique du Parc naturel Régional Oise Pays de France et que notre association honore en ayant choisi pour nom "L’Agrion de l’Oise". Mercure, le dieu du commerce, des voyages (donc du tourisme) et messager des autres dieux dans la mythologie romaine, l’Hermès des Grecs.

Mais il y a le Vulcain, l’Apollon, la Diane, l’Argus, le Silène, tous des papillons porteur d'un nom de dieux ou de demi-dieux, et encore l’Aurore, un autre lépidoptère, du nom de la divinité latine qui ouvrait les portes du ciel au char du soleil. Et dans un autre ordre la Lucilie impériale, une mouche.

Et les noms des insectes font tous penser à des noms de dieux, même s’ils n’ont rien à voir avec une quelconque mythologie : Ménorpe, Panorpe, Chrysope, Calopteryx (le Gaulois ?), …ou à des empereurs romains, comme le Pompile…

Avec Calopteryx le Gaulois, sauvegardons le mur gallo-romain de Pont-Sainte-Maxence

Chez les Grecs, c’est Aristote dans son Histoire des Animaux qui donne le nom d’Entoma aux articulés à l’exception des crustacés. Chez les Latins, ce sont Columelle dans De re rustica, Varron et Palladius, qui s’intéressent à l’apiculture et à l’entomologie agricole. Pline l’Ancien consacre tout un livre de sa compilation Naturalis historiae aux insectes. Et j’en passe…

Mais j’insiste : tous les insectes ne portent-ils pas des noms latins ? En vrac quelques uns juste pour se faire plaisir : Myrmeleon formicarius, Anax imperator, Melanargia galathea, Xylocopa violacea, Carabus hortensis, Locusta viridissima, Oryctes nasicornus… j’arrête car on compte près de 1 million d’espèces d’insectes, chacune portant un nom latin permettant à tous de l’identifier, quel que soit son nom vernaculaire dans une langue ou une autre.

Bref et il est temps pour moi de conclure en espérant avoir convaincu : la place de cet ensemble monumental gallo-romain ne peut être qu’à Pont-Sainte-Maxence, sur le site du Domaine de Villette, aux portes de l’Insectarium (tiens voilà encore du latin). Ainsi le règne d’Antonin rejoindra le Siècle des Lumières pour donner un prestigieux écrin à la biodiversité, dont notre 21ème siècle doit se préoccuper. Les dieux, qu’ils soient latins ou grecs, semblent l’avoir voulu ainsi en permettant aux archéologues la mise à jour d’une telle merveille.

En ces périodes de vaches maigres, on ne manquera sans doute pas de me faire remarquer qu’un peu de l’indispensable Pactole du royaume de Lydie serait bien nécessaire, mais quelque Mécène y pourvoira peut-être (Mécène, homme politique romain proche de l'empereur Auguste, ayant consacré sa fortune et son influence à promouvoir les arts et les lettres). Pourquoi pas un Imperator de la grande distribution, du tourisme ou du luxe ? Calopteryx le Gaulois, cousin d’Astérix, ne pourrait-il pas nous y aider ?

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Publié le 30 Mai 2014

L’Agrion de l’Oise lance son 1er Concours Photo réservé aux photographes amateurs « Les Insectes de France »
Partez en safari dans votre jardin, dans le pré ou le petit bois tout proches.
Découvrez la grande diversité des insectes présents près de chez vous ou au cours de vos vacances.
Rapprochez vous au plus près des insectes, observez-les et tirez leur le portrait.
Moins de 15 ans ou plus,
Photographes débutants ou confirmés,
Macro ou Proxi, pas d’importance,
Surtout faites de beaux clichés créatifs et originaux

L’Agrion de l’Oise vous propose son 1er concours photo, en partenariat avec Oise Tourisme et la Communauté de Communes Pays d’Oise et d’Halatte (CCPOH),

Entre le 1er juin et le 27 juillet, envoyez vos fichiers numériques et le bordereau d’accompagnement à notre adresse mail :

lagriondeloise@orange.fr

en respectant bien les modalités du règlement du concours

Pour consulter le règlement
et copier le bordereau d’accompagnement

Date limite d’envoi : dimanche 27 juillet 2014 à minuit

Le jury se réunira début août. Les photographes retenus seront avisés avant le 15 août au plus tard.

Prix du Jury

Catégorie Jeunes moins de 15 ans

1er prix : week-end « Dormir perchés dans les arbres » pour 2 adultes et 2 enfants d’une valeur de 200 € offert par Oise-Tourisme

2ème prix : lot d’une valeur de 100 € offert par l’Agrion de l’Oise

3ème prix : bon d’une valeur de 70 € pour deux abonnements Quintet à la Manekine offert par la CCPOH

Catégorie plus de 15 ans :

1er prix : week-end « Moulin des Forges » pour 2 personnes d’une valeur de 166 € offert par Oise-Tourisme

2ème prix : bon d’achat pour tirage photographique de 100 € offert par Photo Henrique

3ème prix : bon d’une valeur de 70 € pour deux abonnements Quintet à la Manekine offert par la CCPOH

L’Agrion de l’Oise lance son 1er Concours Photo réservé aux photographes amateurs « Les Insectes de France »

Les 24 meilleurs clichés seront exposés en format 30x40 du 27 septembre au 4 octobre 2014 en plein air dans le Parc du Conservatoire de Musique de Pont-Sainte-Maxence (Oise).

Les photos exposées feront l’objet d’un vote par le public. Un bulletin sera déposé dans une urne prévue à cet effet (sur les lieux de l’exposition, un seul bulletin par visiteur).

Le dépouillement des votes se fera le samedi 4 octobre en présence d’un huissier.

Prix du Public

1er prix : week-end « Comme des Châtelains» pour 2 personnes d’une valeur de 270 € offert par Oise-Tourisme

2ème prix : lot d’une valeur de 100 € offert par l’Agrion de l’Oise*

3ème prix : bon d’une valeur de 70 € pour deux abonnements Quintet à la Manekine offert par la CCPOH

Les meilleures photos pourront être publiées sur les sites Internet de l’Agrion de l’Oise , de la CCPOH et de Oise Tourisme, ainsi que dans les magazine « Notre Pays Oise et Halatte » et « 60 »

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Publié le 27 Mai 2014

Dans le cadre des « Jardins en scène » organisés par le Conseil Régional de Picardie, les magnifiques insectes de bronze du sculpteur François Chapelain-Midy, disparu en 2007, seront présentés par son épouse Mireilledu vendredi 30 mai au dimanche 1er juin aux Jardins de la Muette à Largny-sur-Automne (Aisne).

Mireille Chapelain-Midy, qui est membre de notre association, pratiquement depuis sa création, a invité l’Agrion de l’Oise à être à ses côtés. Nous la remercions de son invitation et nous nous ferons un plaisir d’être présents le vendredi 30 mai à partir de 14h00.

Cette semaine l’Agrion de l’Oise a un week-end bien rempli

Ne ratez pas ces œuvres magnifiques, que notre blog a déjà évoquées. Elles seront mises en beauté dans un superbe lieu.

Jardins de la Muette
2, rue du château
02600 - LARGNY-SUR-AUTOMNE

Et c’est dans le cadre de « l’Oise Verte et Bleue », ensemble de manifestations sous l’égide du Conseil général de l’Oise, qu’une autre de nos adhérentes, Virginie Dupressoir du Théâtre du Pressoir, nous a invités le samedi 31 à ses côtés à la Maison du Conseil Général Hors les Murs à Estrées-Saint-Denis (Oise).

Cette semaine l’Agrion de l’Oise a un week-end bien rempli

Tandis que Pollen et Coxy, une abeille coquine et une coccinelle mutine, évolueront pour le plaisir des spectateurs à 11h00 et 14h00, il sera possible d’admirer d’une part les travaux « recyclage » des enfants des écoles et d’autre part les œuvres de photographes amateurs de talents, adhérents ou sympathisants de l’Agrion de l’Oise. Ce sera aussi pour l’Agrion de l’Oise l’occasion d’évoquer le concours photos « Insectes de France » qu’il lance le 1er juin, avec le concours de Oise-Tourisme, et dont nous aurons l’occasion très bientôt de reparler ici.

Maison du Conseil Général Hors les Murs

15 rue Guynemer

60190 ESTREES-SAINT-DENIS

Enfin dans un tout autre contexte, sportif celui-là, l’Agrion de l’Oise sera présent et vous accueillera dimanche matin, 1er juin, au village du Trail du Château de Verneuil-en-Halatte.

Non il n’est pas prévu qu’il prenne part à la compétition, mais tous les sportifs et leurs amis pourront faire sa connaissance.

Cette semaine l’Agrion de l’Oise a un week-end bien rempli

Trail du Château

Place de Piegaro

60550 Verneuil-en-Halatte

Et n’oubliez pas jeudi 5 juin à 20h00 la réunion trimestrielle des adhérents de l’Agrion de l’Oise.

Le point des actions passées et à venir sera fait et une conférencière enseignante et apicultrice devrait nous captiver sur le thème « des élèves, des abeilles et … des robots »

(possibilité d’adhérer sur place)

Salle Salomon de Brosse

60550Verneuil-en-Halatte

Pour tout renseignement tél : 06 25 00 21 26

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Publié le 25 Mai 2014

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Chaque année, autour du 22 mai, journée internationale de la biodiversité, des milliers de manifestations sont organisées dans toute la France depuis 2007 sous le label "Fête de la Nature".

Cette année c’est du 21 au 25 mai 2014.

Objectif : tous ensemble, célébrer la nature.

Tout à proximité du futur site d’implantation du projet d’Insectarium que l’Agrion de l’Oise soutient, la SANEF, gestionnaire de l’autoroute A1, proposait du 22 au 24 mai aux automobilistes, venant de Paris ou du sud de la France et se dirigeant vers Lille ou le nord de l’Europe, des animations sur l’aire de repos de Chevrières. Et là notez bien que la SANEF, ce n’est pas que l’asphalte des 2 fois 2 ou 3 voies, les péages, les aires de service ou de repos, c’est aussi 7000 ha d’espaces verts exploités en gestion raisonnée.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

L’Agence Verte, qui assiste la SANEF dans ses projets de communication vers les clients, avait pressenti l’Agrion de l’Oise pour participer à ces animations. Bien sûr, nous ne pouvions que nous sentir concernés ; nous ne nous sommes pas trop fait prier (et super contents d’avoir été retenus). Sans compter que ces trois jours se sont passés dans l’agréable compagnie des très sympathiques équipes de la SANEF, de l’Agence Verte et des autres intervenants. Et bien sûr des visiteurs, grands et petits, Français ou étrangers, tous bien sympathiques, intéressés et intéressants.

L’aire de Chevrières, idéalement équipée pour la détente et le repos des automobilistes, conçue dans le respect du développement durable, propose un circuit d’interprétation de la biodiversité en zones de prairies, autour d’une belle mare "faite de la main de l’homme" où la nature exerce à présent pleinement ses droits, grâce à des plantations et des graines judicieusement choisies avec l’aide des spécialistes. L’automobiliste ou le routier, à l’occasion d’une pause de détente ou de pique-nique, se retrouve pratiquement dans l’environnement qu’il aurait s’il se promenait dans les prairies en bordure de l’Oise, la rivière qu’il vient tout juste de traverser. Cadre idéal pour les longues pauses obligatoires des routiers, mais aussi pour les familles.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Dans un paysage de prairies humides de vallée alluviale, grâce aux panneaux explicatifs conçus avec le concours du Conservatoire d’Espaces naturels de Picardie, plantés sur le circuit, le voyageur va pouvoir se situer géographiquement, découvrir la flore avec le butome à ombelles et le séneçon aquatique, apprendre le mode de vie des batraciens grenouilles, rainettes, tritons palmés ou crêtés, connaître l’économie d’élevage des prairies humides, imaginer le passage des oiseaux migrateurs et visualiser entre autres le râle des genets, ce bel oiseau emblématique de Picardie qui se raréfie dramatiquement, enfin il pourra s’intéresser aux insectes de ces prairies : cuivré des marais, criquet ensanglanté ou leste sauvage.

Pendant ces trois jours d’animation, André-Claude, l’apiculteur dont les jolies ruches anciennes et les rayons ont eu tôt fait d’attirer les butineuses du voisinage, faisait découvrir les indispensables abeilles et leurs merveilleux miels,

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

tandis qu’Ivo, le portraitiste caricaturiste, croquait petits et grands. Enfin il était possible, avec nos amis de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) d’apprendre à construire un nichoir à oiseaux et même de repartir avec le nichoir sous le bras.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Et c’est à l’Agrion de l’Oise - en fait à Roger son président – qu’était dévolu le rôle du guide naturaliste, faisant faire le tour de la mare aux visiteurs pour approfondir les explications, répondre aux questions, mais aussi avouons-le, les aider un peu à bien répondre au quizz proposé (avec à la clé un tirage au sort bien intéressant). Il a même eu droit à l’interview filmée et un coup de soleil sur le nez. Sans doute les participants à ce tour guidé ont peut être un tout petit peu plus entendu parler des insectes "une tête, deux antennes, un thorax, six pattes, un abdomen…", et en tout particulièrement des odonates, que des autres représentants du monde animal.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Qui plus est, la LPO ne pouvant malheureusement être présente sur les 3 jours, c’est l’Agrion de l’Oise qui s’est lancé dans l’aide au montage des nichoirs, agrémentée de quelques notions d’ornithologie de base. Et là c’est Jean-Michel, notre trésorier, qui a excellé dans le domaine. Les amis des insectes se rapprochaient ainsi des amis des oiseaux. C’est aussi çà la biodiversité.

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

L’occasion aussi pour le "guide naturaliste" de faire quelques photos du petit peuple de la mare : de belles rainettes vertes – comme dit le panneau - plutôt bruyantes, à moins que ces charmants amphibiens ne soient plutôt des grenouilles vertes (laissons aux herpétologistes le soin de trancher, mais l'Agrion de l'Oise a sa petite idée) :

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

de bien jolies demoiselles (quelques gracieux zygoptères sans garantie d’identification : agrion jouvencelle, ischnure élégant, mâles et femelles et juvéniles),

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

d’une larve de libellule prête à la métamorphose (probablement de libellule déprimée, car deux ces véloces anisoptères à l’abdomen bleu sillonnaient la mare et ont échappé à l’objectif du photographe)

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

et de quelques insectes divers, à première vue des cantharides, une panorpe ou mouche scorpion… et bien sûr des coccinelles...

L’Agrion de l’Oise fête la Nature sur l’autoroute

Une belle Fête de la Nature pour l’Agrion de l’Oise avec plein de nouveaux amis.

Et un bon conseil, si vous êtes sur l’A1 en direction de Lille - animations ou pas - arrêtez-vous sur l’aire de la biodiversité de Chevrières pour prendre votre pause, faites à votre allure le tour de la mare, installez-vous confortablement sur une table de pique-nique pour déguster votre jambon-beurre ou le superbe panier que vous avez préparé, c’est une détente assurée et vous saurez tout sur la faune et la flore de notre belle vallée de l’Oise. C’est l’Agrion de l’Oise qui vous le dit.

Et vous apprécierez les autres équipements : les jeux pour les enfants, les appareils de musculation, les places de parking couvertes pour se protéger du soleil, les distributeurs de boisson et de chouettes toilettes… Ah ! Si toutes les aires de repos étaient comme celle-là … Gageons qu’elles le deviendront.

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Publié le 16 Mai 2014

Cette semaine je suis plutôt sec pour un article un peu consistant et documenté (si tant est que les précédents l’aient été) ; je n’ai rien de prêt sous le coude. Mais le temps étant beau, je me promène en forêt d’Halatte mercredi après-midi pas loin de chez moi l’appareil photo en bandoulière.

Le premier insecte remarquable rencontré me parait être une guêpe, mais en y regardant de plus près, c’est un coléoptère et un bel exemple de mimétisme. Je ne suis pas entomologiste et tout à fait débutant dans l’identification des espèces, mais je me soigne…

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

D’après les documents consultés, ce serait un clyte commun ou clyte bélier (Clytus arietis), un coléoptère longicorne de la famille des cérambycidés. Sa larve vit dans le bois mort. Même ses déplacements évoquent la guêpe. Son mimétisme remarquable lui permet de ressembler à des insectes toxiques ou dangereux pour les prédateurs

Poursuivant mon chemin en lisière de bois, un beau papillon noir avec un corps rouge qu’il cache soigneusement m’attend.

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Là il s’agirait d’une écaille fermière (Epicallia villica), ou villageoise, un lépidoptère de la famille des Arctiidae. J’en avais déjà croisé une il y a quinze jours en cueillant du muguet. Ses couleurs voyantes éloignent les oiseaux. Là encore un moyen de défense.

Mais le suivant est un odonate zygoptère :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Sauf erreur de ma part (et si j’en fais, corrigez-moi svp), c’est un agrion jouvencelle mâle (Coenagrion puella), au vu des segments bleus et noirs, mais je n’ai pas pu distinguer le U caractéristique sur le 2ème segment. Il faudra que je fasse confirmer par une amie spécialiste.

Je poursuis ma chasse (en fait nous sommes deux à repérer nos proies en battant les fourrés chacun d'un côté du chemin, mon aide – mon épouse – à l’œil aiguisé et ne rate rien).

Voilà deux coléoptères bien rouges qui batifolent :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Des cardinaux à tête rouge (Pyrochroa serraticornis ), coléoptères appartenant à la famille des Pyrochroidae. Il existe un cardinal à tête noire encore plus rouge vif.

Et voilà un autre longicorne (ou capricorne). Il est beau, tout brillant :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Ce serait – selon les photos qui me permettent une identification probable grâce à ses longues antennes noires et blanches - l’Agapanthie ou Saperde à pilosité verdâtre (Agapanthia villosoviridescens), coléoptère de la famille des cérambycidés. J’avoue ne pas distinguer ses poils. Il est sur une feuille d’ortie, un de ses lieux de prédilection (et sa nourriture) avec les sommités des ombellifères.

Voilà un hanneton avec de magnifiques antennes en peigne. Les hannetons se font rares, dit-on.

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Le hanneton est un coléoptère, classé dans la famille des Scarabaeidae, de la sous-famille des Melolonthinae. Mais est-ce le hanneton commun (Melolontha melolontha ) ? En tout cas je le trouve bien élégant, je le prends dans ma main pour qu’il me gratte la paume (que cela me rappelle mon enfance) et le remets délicatement sur sa branche de fougère.

Alors là je suis gâté, voici un moro qui butine en vol stationnaire de sa longue trompe recourbée les fleurs de vesce :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Il ne tient pas en place et j’ai du mal à l’isoler. Le Moro sphinx ou Sphinx colibri (Macroglossum stellatarum) est un lépidoptère, de la famille des Sphingidae. Il fait du vol stationnaire et, paraît-il, affectionne les fleurs violettes ou bleues. Je l’adore ce papillon.

Tiens, voilà des duettistes, à moins que … mais oui bien sûr :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Une photo de dessus me montre les trois points noirs caractéristiques sur leur abdomen rondelet et glabre d'un bel orange. Il s’agit d’un couple de diptères, des gymnosomes arrondis (Gymnosoma rotundatum), de la famille des mouches tachinaires. Elles pondent leurs œufs dans les punaises vertes qui seront le futur repas des futures larves. Les adultes préfèrent quant à eux le nectar des ombellifères, qu'ils aiment consommer en se promenant en couple..

Et pour finir, je tombe sur cette jolie bestiole :

Une ballade en forêt particulièrement fructueuse en beaux insectes

Je croyais d’abord à une araignée, mais je lui compte bien 6 pattes, pas de doute c’est un insecte. Je ne trouve pas sur l’Internet de photo pour l’identifier. Alors je prends mon bon vieux Guide du promeneur dans la nature (Hatier 1978), tout abimé par l’usage. Ce serait un rhynocore coléreux ou rédule assassin (Rhynonocoris (Harpactor) iracundus), une punaise de la famille des réduviidés, dont la piqûre est très douloureuse. On le trouverait plutôt dans le sud de la France. Heureusement je ne l’ai touché que des yeux. Il se promène sur les ombellifères à la recherche des diptères et des petits hyménoptères, dont – c’est un vampire – il suce les viscères après avoir percé leur carapace de son solide crochet. Je l’ai échappé belle.

Une ballade riche en belles prises. N’est-elle pas superbe – et mystérieuse - cette forêt d’Halatte, où l’on peut partir en safari sans même prendre l’avion ? Et voir autant de beaux spécimens en à peine une heure.

Encore faut-il que nos lisières de forêt et nos bords de chemins soient préservés non seulement des insecticides mais aussi des tontes rases et trop fréquentes des cantonniers consciencieux. Laissons vivre ces insectes, laissons l'équilibre naturel s'établir entre proies et prédateurs, laissons leur aussi des haies pour se réfugier, car nombres d'insectes sont fort utiles comme auxiliaires dans les champs proches - tous ne font pas des kilomètres comme les abeilles pour se nourrir - et puis, n'oublions pas, comme pitance pour les oiseaux dont les chants nous ravissent tôt me matin.

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