Publié le 28 Avril 2021

La Lithobie, une chasseuse redoutable © Joël Tribhout

La Lithobie, une chasseuse redoutable © Joël Tribhout

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22 mars

Toujours dans le bois mort, c’est la Lithobie à pinces qui passe devant mon objectif. Ce Chilipode, qui aime l’humidité et fuit la lumière (lucifuge), est un chasseur redoutable car il est équipé d’une impressionnante paire de pattes-mâchoires appelées forcipules. Que ce soit des araignées, perce-oreilles, collemboles, petits coléoptères ou diverses larves, tous finiront entre ses mandibules après avoir reçu une bonne dose de venin. N’ayez crainte, il n’y a pas de danger à l’observer mais cela demande beaucoup de patience car sa première réaction quand on la dérange est de s’enfuir.

Avec le Platyrhinus on est dans le monde du minuscule © Joël Tribhout

Avec le Platyrhinus on est dans le monde du minuscule © Joël Tribhout

28 mars

Sous l’écorce d’un vieux chêne et J’ai failli ne pas le voir, je suis en présence du Platyrhinus resinosus. Ce petit Coléoptère (moins d’1cm), phytophage est rattaché à la famille des Anthribidae. Une fois repéré, ce dernier se met sur le dos en faisant le mort. Je ne me laisse pas duper et je prépare mon appareil photo en mode vidéo. Une quinzaine de secondes plus tard, une à une ses pattes se mettent en mouvement puis il se retourne et disparaît très vite.

Une araignée très séduisante © Joël Tribhout

Une araignée très séduisante © Joël Tribhout

Dans ce cocon la vie est en mouvement © Joël Tribhout

Dans ce cocon la vie est en mouvement © Joël Tribhout

30 mars

Cette année 2021, j’ai passé beaucoup de temps à chercher des araignées du cocon à l’adulte et mes rencontres ont été fructueuses. Une de mes plus belles découvertes est la Dysdera crocata. Cachée sous un tronc, elle s’est figée devant mon appareil prenant la pause. D’une belle couleur orangée cette femelle capture des cloportes et transperce leurs carapaces avec les puissants crochets de ses chélicères. Quelques jours auparavant, J’ai vu un reportage où un aranéologue la prenait dans sa main. La tentation était trop grande et le danger de se faire mordre inexistant. Après quelques secondes passées dans ma main, je l’ai déposé et sans un regard elle a disparu à toutes pattes. Sous la fine écorce de ce tronc d’arbre deux cocons renfermant des araignées qui commencent à s’activer vont bientôt percer leur nid soyeux pour de nouvelles aventures.

La femelle lampyris est équipée d’une lampe très efficace © Joël Tribhout

La femelle lampyris est équipée d’une lampe très efficace © Joël Tribhout

Le mâle Lampyris ne dira pas le contraire © Joël Tribhout

Le mâle Lampyris ne dira pas le contraire © Joël Tribhout

1er avril

Je le ou la cherchais depuis longtemps car assez rare à trouver. Je veux parler du Lampyris, du grec lampe, briller et pyros, feu. Il désignait déjà le ver luisant chez les Romains. En grattant un tronc en décomposition je me frotte les yeux. Oui, je suis en présence de la femelle Lampyris qui ressemble à une larve car elle est dépourvue d’ailes. Le mâle a une paire d’élytres typique des Coléoptères. La femelle possède sous son abdomen une petite lampe appelée photophore qui produit une lumière vert-jaune. Lors de la période amoureuse, elle grimpe le long d’une tige, recourbe son abdomen et le balance lentement. Si un mâle repère cette lumière avec ses yeux globuleux, il se laisse tomber à côté de sa promise. Après l’accouplement elle dépose une centaine d’œufs jaunes légèrement luminescents de 1mm de diamètre dans la végétation.

Le Gloméris est équipé d’une ingénieuse et efficace armure © Joël Tribhout

Le Gloméris est équipé d’une ingénieuse et efficace armure © Joël Tribhout

Le Gloméris adulte © Joël Tribhout

Le Gloméris adulte © Joël Tribhout

2 avril

Sous un morceau de bois je découvre toute une famille de Gloméris, 9 exactement, ressemblant à de minuscules billes. A ne pas confondre avec les cloportes qui l’on voit dans le même type d’habitat. Leur nom vient du verbe latin Glomerare signifiant « se mettre en boule ». Ce sont des myriapodes-diplopodes qui possèdent 17 paires de pattes. Quand le Gloméris adopte cette attitude de protection en boule, il est bien difficile de savoir où est la tête car les anneaux s’ajustent à la perfection, protégeant les parties du ventre souples et vulnérables. Ceci lui confère une longévité pouvant aller jusqu’à 11 ans.

Quelques minutes de patience et le spectacle était au rendez-vous quand L’un après l’autre, les 9 Gloméris se sont mis en mouvement.

Ce Carabe embrouillé a revêtu son plus bel habit © Joël Tribhout

Ce Carabe embrouillé a revêtu son plus bel habit © Joël Tribhout

Une tête très impressionnante  © Joël Tribhout

Une tête très impressionnante © Joël Tribhout

17 avril

Au bord d’une allée forestière un tronc vermoulu attire mon attention. D’un geste délicat, je soulève l’écorce et mes yeux sont éblouis devant ce grand Carabe bleu-violet de la famille des Carabidés avec ses élytres granuleuses. Je veux le voir de face alors je le manipule avec douceur. Les yeux dans les yeux, je découvre de longues et impressionnantes mandibules acérées lui permettant de transpercer facilement ses proies telles les limaces dont il est très friand. Il ne vole pas mais J’ai pu constater qu’il peut partir très vite. Il faut savoir que ce Coléoptère ne peut se maintenir dans des forêts soumises à une exploitation intensive donc il aurait tendance à se raréfier. Cette espèce est inscrite comme vulnérable.

Voilà la fin de cette belle aventure qui me fait dire que le monde des insectes doit être considéré comme indispensable à notre écosystème.

Le monde du minuscule devrait être enregistré au patrimoine mondial du bien être animal.

Texte et Photos © Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 21 Avril 2021

© Joël Tribhout

© Joël Tribhout

Quand on se promène dans une forêt on s’émerveille de la beauté des arbres qui s’élancent droits comme des I vers la canopée, du chant des oiseaux bien cachés dans la ramure, des insectes qu’il nous faut dénicher à l’abri dans la végétation. La vie végétale et animale est en pleine effervescence dès que le printemps s’installe.

Pourtant, si on revient quelques mois en arrière, un monde animal se prépare à sortir de sa cachette au grand jour.

Avez-vous remarqué que de nombreuses souches, troncs et arbres en décomposition jonchent le sol de nos forêts ? L’ONF (Office National des Forêts) laisse volontairement ces bois morts permettant à tout un monde de se cacher, se développer et se nourrir.

Sous les troncs, les écorces où au plus profond dans le bois vermoulu, ma curiosité m’a permis de mieux comprendre l’évolution de certaines espèces. Des rencontres magiques qui pendant de très longues minutes m’ont déconnecté du monde des bipèdes.

Coléoptères, Hyménoptères, Myriapodes (Diplopodes et Chilipodes), Cloportes, Aranéides, Hémiptères ont occupés mes nombreuses sorties dès la fin du mois d’octobre Jusqu’à début avril.

C'est parti pour un hiver bien au chaud © Joël Tribhout

C'est parti pour un hiver bien au chaud © Joël Tribhout

Ma première rencontre en octobre sera avec la reine des bourdons, bien lovée dans sa loge sous une écorce prête à entrer en hibernation.

Je me dépêche de faire deux à trois clichés puis je repose délicatement l’écorce. Au printemps, la reine des bourdons se réveille puis elle fait sa toilette et avant de faire son premier repas de nectar pour reprendre des forces, on peut la voir voler au ras du sol et s’enfuir sous les feuilles pour se reposer de son hibernation. Un phénomène que je remarque à chaque printemps. Puis elle va chercher un endroit propice au sol pour fonder sa colonie. Souvent ce sera un ancien terrier de petit mammifère, idéal pour protéger la future colonie des prédateurs et des intempéries.

Une longueur impressionnante pour ce Géophile © Joël Tribhout

Une longueur impressionnante pour ce Géophile © Joël Tribhout

Le 26 novembre

Je continue mes balades en forêt quand je suis attiré par une grosse pierre. Je sais que la vie animale s’y cache. Doucement, je déplace ce bloc avec précaution pour découvrir un Géophile de la classe des Chilipodes, du grec chili, bord et pod, pied, qui, surpris dans un premier temps, commence à mettre en marche ses 180 paires de pattes.  En quelques secondes il disparaît dans une petite faille. Je remet la pierre en place puis je poursuis mes recherches.

Un frelon européen pas si antipathique © Joël Tribhout

Un frelon européen pas si antipathique © Joël Tribhout

28 novembre

J’ai longtemps hésité à vous présenter le frelon européen de son nom scientifique Vespa crabro car sa réputation d’insecte dangereux s’attaquant aux abeilles est fausse. Il est souvent confondu avec le frelon asiatique qui lui est un prédateur d’abeilles. Le frelon européen est carnivore et en dehors des mouches, il peut s’’attaquer aux papillons, sauterelles, chenilles, mais rarement aux abeilles. Sous une très grosse bûche que je fais rouler lentement, elle est là, endormie, la reine du frelon européen, protégée par deux à trois feuilles. Sa taille peut atteindre les 35 mm contre 18 à 28 mm pour les autres frelons de la colonie. Je sais que je ne risque rien même si sa grande taille peut être dissuasive de toute approche. Je ne suis plus qu’à 1 cm. Je déplace les feuilles et je peux observer en toute tranquillité son abdomen qui bat au rythme de son cœur. Je reste de longues minutes à la regarder, la photographier, la filmer avant de lui remettre sa couverture hivernale. Quand elle se réveillera au printemps, sa tâche sera de fonder une colonie.

La larve du Lucane Cerf-volant en hibernation © Joël Tribhout

La larve du Lucane Cerf-volant en hibernation © Joël Tribhout

Elle deviendra ce majestueux Coléoptère © Joël Tribhout

Elle deviendra ce majestueux Coléoptère © Joël Tribhout

2 décembre

En soulevant une écorce je suis tout excité de ma découverte. Je suis en présence de la larve du Lucane Cerf-volant dont J’ai pu photographier un adulte mâle quelques mois plutôt. Cet insecte, dont l’origine du nom Lucanus vient du latin lucus, « bois sacré », aurait donné le nom au Cerf-volant, car les enfants autrefois, dit–on, faisaient voler les Lucanes avec un fil à la patte. Les passionnés de Cerf-volant aujourd’hui sont appelés « lucanistes ». Les larves qui restent cachées pendant 3 à 5 ans, se nourrissent de bois mort en décomposition. Puis elles entameront leur stade nymphal. Dommage mais je n’ai pas la patience d’attendre, alors je replace l’écorce proprement après une série de clichés.

Cette larve de Taupin va bientôt s’envoyer en l’air © Joël Tribhout

Cette larve de Taupin va bientôt s’envoyer en l’air © Joël Tribhout

Le Taupin est monté sur ressort © Joël Tribhout

Le Taupin est monté sur ressort © Joël Tribhout

Le 3 février

Ce n’est pas en faisant les moissons que j’ai trouvé la larve du Taupin mais comme vous vous en doutez c’est sous une écorce. Ce Coléoptère fait partie de la famille des Elatéridés. La larve qu’on appelle « vers fil de fer », car elle est dure, cylindrique et filiforme, va passer 4 ans sous terre à grignoter les racines des plantes. Pourquoi était-elle sous une écorce ? Mystère ! … Une fois adulte, le Taupin qui vole peu trouvera sa nourriture sur les ombellifères ou les arbres à fleurs. L’originalité de cet insecte est étonnante. S’il se retrouve sur le dos il ne peut se retourner à l’aide de ses pattes car elles sont trop courtes. J’attend patiemment de voir son stratagème. Il relève la tête en arrière afin de tendre un muscle élastique. La tension accumulée dans le muscle est libérée d’un coup envoyant le Taupin en l’air avec un petit clic afin de retomber sur ses pattes.

Une Petite biche pressée de sortir dans la forêt © Joël Tribhout

Une Petite biche pressée de sortir dans la forêt © Joël Tribhout

Le 17 février,

Toujours sous une écorce, me voici en présence de la Petite biche, Dorcus parallelipipedus. Je trouve un peu tôt l’arrivée de ce Coléoptère lucanidé. Mais au vu de la température positive, pourquoi pas !... Je suis en présence d’un mâle car la femelle, plus petite, possède deux petites bosses sur le thorax. Je présume qu’après deux à trois ans passés dans ce bois nourricier, il a envie de se dégourdir les pattes même si sa vitesse de déplacement se rapproche de celle d’un escargot. Si cet insecte est crépusculaire, on le rencontre également en journée se régalant de la sève suintante de la plaie des arbres.

A côté dans une loge se trouve une larve et ne voulant pas la déranger, je pense qu’il s’agit d’une future petite biche.

Une réunion de larves de Pyrochre écarlate © Joël Tribhout

Une réunion de larves de Pyrochre écarlate © Joël Tribhout

23 février

Chacune de mes sorties m’offrent de nouvelles images comme ces larves de Pyrochre écarlate à différents stades d’évolution. Son corps très aplati est pourvu de deux solides éperons ainsi que de mandibules lui permettant de se nourrir de larves d’insectes. Il n’est pas rare qu’en cas de pénurie alimentaire elles se mangent entre elles. Son développement est de 2 à 3 ans. En avril 2020, J’ai photographié la métamorphose de la larve du stade nymphal à celui d’imago et je puis vous assurer que ce moment à été magique.

Le Polydesme caréné marche au radar © Joël Tribhout

Le Polydesme caréné marche au radar © Joël Tribhout

18 mars

Voici le Polydesme caréné qui est un myriapode-diplopode. On le reconnaît grâce à ses anneaux calcaires d’aspect rugueux.  En grec, myria et podos signifient de très nombreuses pattes. Le Polydesme possède 31 paires chez le mâle et 30 pour la femelle. Ce Diplopode vit dans l’obscurité et ne possède pas d’yeux. Il se dirige grâce à ses antennes qui sont équipées de capteurs sensoriels ultrasensibles. Je ne pense pas que ce cocon d’araignée l’intéresse, car sa nourriture est composée de matières végétales en décomposition, de racines ou de fruits tels les fraises des bois.

Texte et Photos © Joël Tribhout

A suivre

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 31 Mars 2021

Une osmie salue l'Agrion de l'Oise (plaque sur l'hôtel à insectes) © Michel Huyvaert

Une osmie salue l'Agrion de l'Oise (plaque sur l'hôtel à insectes) © Michel Huyvaert

Tout début mars, il y a eu quelques jours de beau temps. Nous avons pu observer que quelques mâles d'Osmies cornues, Osmia cornuta, étaient sortis de leurs tubes. Derniers pondus, premiers sortis. Ils attendaient les femelles qui tardaient à éclore.

Ce sont des abeilles sauvages et solitaires, mais néanmoins grégaires. Il n'y a pas de reine, il n'y a pas de ruche, on ne produit pas de miel. Pratiquement autant de mâles que de femelles qui forment des couples éphémères et vivent en colonies.

Quelques mâles, premiers sortis de leurs tubes, attendent les femelles © Michel Huyvaert

Quelques mâles, premiers sortis de leurs tubes, attendent les femelles © Michel Huyvaert

Les frimas ont repris et tout est redevenu calme à l'hôtel. Plus d'animation.

Mâle d'osmie cornue reconnaissable à son toupet blanc © Michel Huyvaert

Mâle d'osmie cornue reconnaissable à son toupet blanc © Michel Huyvaert

On se réunit à trois garçons, faudrait qu'elles viennent. On attend nous © Michel Huyvaert

On se réunit à trois garçons, faudrait qu'elles viennent. On attend nous © Michel Huyvaert

Ce mâle est parasité, un intrus avait dû venir pondre dans la cavité © Michel Huyvaert

Ce mâle est parasité, un intrus avait dû venir pondre dans la cavité © Michel Huyvaert

A deux on est bien, mais si on n'est pas du sexe opposé, mais faut bien attendre que ces dames soient sorties © Michel Huyvaert

A deux on est bien, mais si on n'est pas du sexe opposé, mais faut bien attendre que ces dames soient sorties © Michel Huyvaert

Quelques individus, majoritairement des mâles s'occupent comme ils peuvent autour de l'hôtel à insectes.

L'hôtel à insectes du Sentier de la Biodiversité © Michel Huyvaert

L'hôtel à insectes du Sentier de la Biodiversité © Michel Huyvaert

Sortie de mâles © Michel Huyvaert

Sortie de mâles © Michel Huyvaert

La maman de celui-ci avait choisi un autre type d'alvéoles © Michel Huyvaert

La maman de celui-ci avait choisi un autre type d'alvéoles © Michel Huyvaert

Il y a foule maintenant, mais ce sont surtout des mâles © Michel Huyvaert

Il y a foule maintenant, mais ce sont surtout des mâles © Michel Huyvaert

Il a fallu attendre la dernière décade de mars, à partir du 23, pour voir les osmies en foule autour de l'hôtel et pratiquement tous les tubes décapsulés. les orgies allaient pouvoir commencer.

Mesdames nous vous attendons © Michel Huyvaert

Mesdames nous vous attendons © Michel Huyvaert

Les femelles, à peine sorties et encore pataudes et peu mobiles, sont assaillies par les mâles.

Le mâle a un toupet blanc, la femelle est nettement plus grosse © Michel Huyvaert

Le mâle a un toupet blanc, la femelle est nettement plus grosse © Michel Huyvaert

Quelquefois il y a un mâle de trop © Michel Huyvaert

Quelquefois il y a un mâle de trop © Michel Huyvaert

Et si on allait dans la verdure, c'est plus sympa eton sera peut être seuls © Michel Huyvaert

Et si on allait dans la verdure, c'est plus sympa eton sera peut être seuls © Michel Huyvaert

Non voilà un troisième larron, un second mâle oui, mais son abdomen est différent. Qui est-ce ? © Michel Huyvaert

Non voilà un troisième larron, un second mâle oui, mais son abdomen est différent. Qui est-ce ? © Michel Huyvaert

Bon Mesdames, il va falloir pondre. les tubes sont libérés, il faudra faire un peu de ménage avant d'y pondre.

Entre chaque œuf vous déposerez un peu de pollen pour que la larve une fois éclose puisse trouver sa nourriture. Elle fera d'ici l'automne sa chrysalide qui attendra le mois de mars 2022 pour sortir de son alvéole.

Les mâles derniers pondus sortiront les premiers et attendront les femelles et le cycle recommencera.

Une seule génération par an qui pollinise pendant 3-4 semaines les premières fleurs du printemps, dont celles de nombreux arbres fruitiers.

 

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Rédigé par Michel Huyvaert

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Publié le 23 Mars 2021

La très belle Argiope frelon au milieu de sa toile © Joël Tribhout

La très belle Argiope frelon au milieu de sa toile © Joël Tribhout

Après l’épeire diadème, voici Argiope bruennichi plus connue sous les noms d’épeire fasciée ou argiope frelon au vu de la coloration de son abdomen aux rayures jaunes et noires. Elle fabrique également une toile circulaire mais tisse en complément une bande de soie blanche en forme de zigzag à partir du moyeu de la toile appelée stabilimentum.

Cette particularité n’est pas bien définie. Certains disent que c’est un tendeur, d’autres qu’elle sert à réfléchir les rayons UV ou à stabiliser la toile. Une fois son œuvre géométrique terminée, elle se positionnera en son centre et attendra immobile, la tête vers le bas, pendant des heures qu’une proie vienne se coller.

On remarque qu’au repos ses huit pattes sont regroupées par paire formant un X. Dès qu’un insecte vient s’empêtrer dans ce piège et se fatigue inutilement pour s’en extraire, on retrouve le même processus que pour l’épeire diadème. Elle bondit, l’emmaillote de soie puis la mord et la sirote.

Son cocon en forme de montgolfière © Joël Tribhout

Son cocon en forme de montgolfière © Joël Tribhout

Alors que la fin de l’été approche, je découvre une étrange boule de couleur brune avec des bandes noires et marron foncé bien accrochée et protégée avec des fils de soie sur un noisetier tortueux.  

Après l’avoir photographiée et pris des renseignements sur internet pour identification, ma curiosité me pousse à aller plus loin dans cette découverte. Muni d’une paire de ciseaux j’ouvre délicatement ce cocon appelé aussi sac à œufs, d’un diamètre de 2 à 2,5 cm ressemblant à une montgolfière inversée car l’ouverture est dirigée vers le haut.

Elle assure aux œufs une protection maximale © Joël Tribhout

Elle assure aux œufs une protection maximale © Joël Tribhout

La récompense est là sous mes yeux. Enveloppée d’une soie marron, une petite poche de la taille d’un demi dé à coudre est remplie d’une centaine d’œufs environ d’un beau jaune clair. Je ne peux m’empêcher de penser à des œufs d’esturgeon mais là s’arrête ma comparaison. Je sais que cette opération chirurgicale est fatale pour ces futures araignées mais je pense à Jean-Henri Fabre et à ses expériences dans son laboratoire à Sérignan du Comtat, afin d’étudier le comportement de ce monde animal.

Je réalise une série de photos me permettant de mieux comprendre la structure de ce cocon. Une fois qu’elle aura déposé ses œufs accompagnés des spermatozoïdes pour fécondation, ces derniers passeront l’hiver dans cette boule dont l’intérieur est tapissé d’une soie épaisse bien douillette et chaude qui les isolera du froid. L’argiope frelon terminera cette construction par une couche extérieure protectrice ressemblant à une feuille de papier kraft.

Une fois sa tâche accomplie, l’argiope frelon passera de vie à trépas.

Lorsque le moment est venu de sortir de l’œuf, les araignons se servent d’une dent d’éclosion pour percer la coquille mais ils resteront encore bien au chaud. Quand la température se fait plus clémente ils quittent leur cocon et après plusieurs mues les voici adultes devenus.

 

La Pisaure admirable au profil de mini singe © Joël Tribhout

La Pisaure admirable au profil de mini singe © Joël Tribhout

Une autre aranéide a également suscité ma curiosité. Il s’agit de la pisaure admirable (Pisaura mirabilis). Cette dernière ne tisse pas de toile mais chasse à l’affût dans la végétation grâce notamment à ses pattes robustes.

Quand on regarde sa tête de profil de très près, on remarque qu’elle ressemble à un mini singe d’Amazonie. A quatre pattes dans l’herbe pour la photographier, je suis hypnotisé par une certaine tendresse dans son regard. J’ai eu beaucoup de mal à la quitter et l’envie de la caresser ce corps soyeux me démangeait.

Avant l’accouplement, le mâle se veut galant et il lui offre un cadeau bien en chair enveloppé dans de la soie. Une belle preuve d’amour ou est-ce par prudence afin d’éviter la morsure ?

Un sac ovigère magnifiquement réalisé © Joël Tribhout

Un sac ovigère magnifiquement réalisé © Joël Tribhout

Une fois qu’elle s’est accouplée, elle fabrique un très beau cocon rempli de centaines d’œufs qu’elle maintient sous elle avec ses pédipalpes et ses chélicères. Ainsi, pendant plusieurs semaines, elle arpente la végétation en cessant toute alimentation.

La Pisaure admirable surveillera les araignons jusqu’à son dernier souffle © Joël Tribhout

La Pisaure admirable surveillera les araignons jusqu’à son dernier souffle © Joël Tribhout

Le moment est enfin venu de suspendre son sac ovigère dans un arbuste autour duquel elle tisse un réseau de fils de soie afin de protéger ses jeunes pisaures des prédateurs qui n’en feraient qu’une bouchée. Avec la douceur printanière et sous la surveillance permanente de leur mère, ils percent des petits trous dans leur ballon et vont rester plusieurs semaines dans leur pouponnière et se nourrir de petits moucherons avant de se lancer à la conquête du monde.

Beaucoup y laisseront leur vie avant d’atteindre l’âge adulte. Quand à Madame Pisaure, sa tâche étant accomplie et après un dernier regard sur ses petits, elle peut partir pour l’au-delà.

Magnifique toile en pyramide avec les araignons en sécurité © Joël Tribhout

Magnifique toile en pyramide avec les araignons en sécurité © Joël Tribhout

Pour terminer ce petit tour d’horizon sur les araignées au fil de mes balades, voici en images un échantillon de toiles autres que circulaires ainsi que des rencontres passionnantes sur leur comportement.

Entonnoir de toile en nappe © Joël Tribhout

Entonnoir de toile en nappe © Joël Tribhout

Positionnée au fond de son entonnoir de sa toile en nappe chargée de gouttelettes, l’araignée attend patiemment son repas.

Toile en réseau de l'épeire des roseaux © Joël Tribhout

Toile en réseau de l'épeire des roseaux © Joël Tribhout

L'épeire des roseaux © Joël Tribhout

L'épeire des roseaux © Joël Tribhout

On trouve aussi une toile en réseau entre les plantes pour cette très belle épeire des roseaux.

L'araignée Dysdera crocata © Joël Tribhout

L'araignée Dysdera crocata © Joël Tribhout

L’araignée femelle Dysdera crocata émerge de son berceau soyeux avant de partir à la recherche d’un cloporte.

Couple d'araignées crabes © Joël Tribhout

Couple d'araignées crabes © Joël Tribhout

L’araignée crabe femelle en compagnie du mâle. Va-t-il s’accoupler ou cherche t’il un moyen de transport facile ?

Cocon © Joël Tribhout

Cocon © Joël Tribhout

Dans des herbes torsadées avec un renflement dans leur centre, m’intrigue. Avec délicatesse je les écarte pour découvrir un cocon en forme de belle cacahuète.

Araignées et araignons © Joël Tribhout

Araignées et araignons © Joël Tribhout

Ma curiosité l’emporte. Je découpe délicatement la soie sur deux centimètres et là je suis face à face avec cette araignée tégénaire qui n’apprécie guère ma présence et me le fait comprendre avec ses chélicères écartées. Je découvre qu’elle partage cet habitat avec ses araignons et j’en déduis l’instinct maternel de cette araignée. Je comprends mieux sa réaction de défense.

Défense des araignons © Joël Tribhout

Défense des araignons © Joël Tribhout

Loin d’être impressionné, j’immortalise cette rencontre. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand lasse de m’intimider elle décide de réparer sa toile.

Je peux alors admirer son travail de couturière avec la soie qui sort de ses filières. Je me dis que ses araignons ne sont pas prêts à quitter le logis.

Araignée sans vie © Joël Tribhout

Araignée sans vie © Joël Tribhout

En revenant au mois d’octobre je découvre un autre cocon déserté par les araignons mais avec leur mère sans vie à l’intérieur.

Voilà une dernière information qui me permet de mieux comprendre la complexité des mœurs du monde des araignées.

Texte et photos © Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 11 Mars 2021

Toile chargée de gouttelettes de rosée ©Joël Tribhout

Toile chargée de gouttelettes de rosée ©Joël Tribhout

Les araignées ou aranéides font partie, tout comme les insectes, du groupe des arthropodes mot qui vient du grec « arthron » articulation et « podos » pied.

Ici s’arrête la comparaison avec les insectes car les araignées ont huit pattes contre six pour les insectes. De plus leur corps est divisé en deux parties car la tête et le thorax forment le céphalothorax qui est relié par un fin pédoncule à l’abdomen, le pédicelle.

Au niveau du céphalothorax on trouve des yeux simples qui peuvent être au nombre de huit, six, quatre, deux ou zéro, deux pédipalpes, des glandes à venin, un cerveau, deux chélicères terminées par des crochets à venin, un jabot aspirateur, l’aorte, l’œsophage, huit pattes composées chacune de hanche, trochanter, fémur, patelle, tibia, métatarse, tarse et une griffe. Au niveau de l’abdomen il y a le cœur, l’intestin, le poumon, des glandes digestives, l’ovaire, un réceptacle séminal, les glandes séricigènes, l’anus et les filières.

Avec les scorpions, pseudo-scorpions, acariens, opilions (appelés aussi faucheux), les araignées forment la classe des arachnides.

Si les entomologistes sont les spécialistes des insectes, les arachnologues des araignées et autres arachnides, ceux qui étudient uniquement les araignées sont des aranéologues.  

Si vous êtes arachnophobe (la peur des araignées) pas de chance pour vous car on les trouve sur tout le globe et à presque toutes les altitudes. Certaines ont été vues jusqu’à 6700 m dans l’Himalaya. Déserts de pierre ou de sable, dans les grottes, sous la glace des montagnes et même dans l’eau enfermées dans une bulle d’air.

On recense à ce jour 47 000 espèces d’araignées dont la taille varie de 10 cm pour certaines mygales à 0,2 mm pour l’araignée Patu marplesi.

Cette petite bête n’est pas toute jeune car les premières traces fossiles remontent il y a environ 300 millions d’années, bien avant les premiers dinosaures (170 millions d’années).

 

Epeire diadème ou porte-croix, elle porte bien son nom ©Joël Tribhout

Epeire diadème ou porte-croix, elle porte bien son nom ©Joël Tribhout

Pour ce premier volet, on vous présentera la plus commune de nos jardins qui est l’Épeire diadème (Araneus diadematus).

Cette araignée tisse une toile géométrique circulaire pouvant atteindre 40 cm de diamètre. On les appelle les araignées orbitèles du latin orbis (cercle) et tela (toile).

Il faut savoir que toutes les araignées ne tissent pas de toiles mais elles fabriquent toutes de la soie. A l’intérieur de son abdomen, il y a une véritable petite usine à soie. On trouve plusieurs types de glandes dites séricigènes qui produisent une soie de qualité bien spécifique en fonction de son utilisation. Cette soie liquide à l’intérieur se solidifiera au contact de l’air par la modification des propriétés des protéines. Quand on regarde d’un peu plus près l’extrémité de l’abdomen et quand l’araignée tisse sa toile, on peut voir les 6 tubes appelés filières qui sortent de son abdomen.

Ces filières se terminent par une multitude de microtubes, les fusules.

Nous reviendrons plus tard sur la fabrication de sa toile mais avant faisons les présentations physiques car elle n’a pas que des amis.

Quand on prononce le mot araignée, il provoque soit l’admiration ou la répulsion. Son aspect velu avec ses huit pattes crochues ne plaide pas en sa faveur et souvent la première réaction des gens et de l’écraser sous leurs semelles. Pourtant, des deux animaux en face à face, c’est bien l’araignée qui est en position de faiblesse. Il faut savoir que tous les poils qui couvrent son corps sont en soie, donc il est important de dire que l’araignée est soyeuse. Ce sont ces soies réparties sur tout son corps qui lui permettent de détecter les vibrations.

Alors, elle pourrait vous dire « prend moi dans le creux de ta main, je suis douce et ne te mordrai pas ».

Tel un funambule, elle commence par fabriquer les rayons avec ses pattes munies de crochets ©Joël Tribhout

Tel un funambule, elle commence par fabriquer les rayons avec ses pattes munies de crochets ©Joël Tribhout

Revenons à l’araignée tisseuse de toile que l’on peut observer facilement dans la nature.

J’ai choisi trois arachnides qui ont évolué dans mon jardin.

L’Épeire diadème appelée aussi araignée porte-croix, l’Argiope frelon ou Épeire fasciée et la Pisaure admirable qui contrairement aux deux précédentes ne tisse pas de toile.

Pourquoi ? Tout simplement elle chasse ses proies dans la végétation. Mais son comportement maternel mérite que l’on s’y attarde.

Un piège collant pour insectes imprudents ©Joël Tribhout

Un piège collant pour insectes imprudents ©Joël Tribhout

Commençons par l’épeire diadème.

La fabrication de sa toile se fait tôt le matin. Notre épeire diadème doit tout d’abord fabriquer un cadre à partir d’un fil porté par le vent qui s’accroche à un support quelconque. Une fois ce cadre réalisé, elle tend de nombreux fils non collants et solides appelés rayons comme ceux de la bicyclette. Il est curieux de voir que les premiers rayons forment un Y, seule lettre de l’alphabet que connaisse notre épeire.

 L’intersection des trois barres de cette lettre constituera le centre de sa toile nommé « Moyeu » auquel elle ajoutera quelques tours d’une spirale serrée. Une fois que les rayons sont terminés, l’araignée tisse un fil en spirale centrifuge non collant qui part du centre vers l’extérieur et dont les spires sont dans un premier temps espacées. Une fois ce premier travail de consolidation terminé, notre ouvrière va disposer un fil de soie gluante d’un diamètre plus important avec des spires plus serrées. Elle le fait de manière centripète, c’est-à-dire de l’extérieur vers le centre.  Tout en déposant ce nouveau fil, elle mange la première spirale dite de consolidation qui ne lui sert plus. 80 % de cette soie sera réutilisée plus tard. On peut dire que notre araignée est écologique.

Après la mise en place du cadre, la soie sort d’une des filières pour commencer sa toile ©Joël Tribhout

Après la mise en place du cadre, la soie sort d’une des filières pour commencer sa toile ©Joël Tribhout

Ce travail lui demandera presque 1h et sa toile aura un diamètre de 40 cm à peu près. Ce piège collant qu’elle à conçu est redoutable car si sa toile est chargée de gouttelettes d’eau à l’aube, elle deviendra invisible ou presque dès que l’air se réchauffera et les insectes viendront s’y coller. On se pose quelques fois la question : pourquoi elle ne se colle pas à sa toile ? Pas bête l’araignée car elle fabrique une salive, sorte d’antiglue, à base de composés chimiques qu’elle dépose sous chacune de ses huit pattes et ainsi elle peut marcher sur sa toile sans se coller.

Souvent, l’araignée reste soit au centre du moyeu ou alors elle tisse un fil d’alarme jusqu’à une cachette dans la végétation proche.

Ce diptère imprudent fera bien son affaire ©Joël Tribhout

Ce diptère imprudent fera bien son affaire ©Joël Tribhout

Il faut savoir que l’araignée peut être amenée à refaire sa toile tous les jours si cette dernière est encombrée de saletés. Il lui arrive également de se prendre pour une couturière et de remplacer certains fils manquants.

Certains oiseaux utilisent les fils collants de sa toile pour consolider leur nid.

 

C’est parti pour un emballage soyeux avant la dégustation ©Joël Tribhout

C’est parti pour un emballage soyeux avant la dégustation ©Joël Tribhout

Il suffit d’être patient pour assister au festin de l’araignée. Dès qu’un insecte vient se coller, la toile vibre et le fil d’alarme l’avertit que son repas est servi. N’ayant pas une excellente vision, elle se dirige sans hésiter vers sa proie guidée vers la partie plus lourde de sa toile où s’est collé l’insecte. En quelques minutes grâce à ses deux crocs qu’on appelle chélicères se terminant par deux crochets mobiles au bout desquels sort le venin, elle mord sa proie, l’emballe de soie tel un cadeau puis en aspire ou sirote l’intérieur grâce à des sucs digestifs qui liquéfie les chairs. Après ces festins, on retrouve sur sa table collante plusieurs carapaces informes. Cette collation lui permet également de s’hydrater.

Les Araignons se dispersent au moindre danger ... ©Joël Tribhout

Les Araignons se dispersent au moindre danger ... ©Joël Tribhout

On peut remarquer qu’en fonction de son appétit, on lui a donné le surnom d’ogresse, certaines proies restent sur la toile telle la nourriture dans un frigo.

Il faut savoir qu’en général les araignées engloutissent en moyenne leur poids en un à dix jours.

Mais le but dans la vie des araignées comme pour les insectes, c’est la reproduction. Si vous êtes curieux de nature et qu’il vous est difficile de faire la différence entre une araignée femelle ou mâle, sachez que la femelle est plus grosse. Seule la femelle épeire fabrique une toile.

Et le mâle me direz-vous, où est-il que fait-il ? Pour lui, l’heure de l’accouplement a sonné. Depuis plusieurs jours il ne s’alimente plus. Il ne rêve que d’une femelle. Le mâle ne fabrique jamais de toile mais pour cette occasion il en conçoit une très petite appelée toile spermatique qui lui servira à déposer des gouttelettes de sperme pour remplir ensuite ses bulbes copulateurs situés à l’extrémité de ses pédipalpes, l’embolus, appelé aussi gants de boxe.

... puis se regroupent ©Joël Tribhout

... puis se regroupent ©Joël Tribhout

Mais approcher la femelle est pour lui une aventure à haut risque. Il doit la jouer malin. Alors il tire un fil de soie jusqu’à la toile de sa promise appelé fil de cour. Le mâle attiré par les phéromones va se transformer en mélomane en faisant vibrer ce fameux fil qui est le passeport vers le plaisir. Dame araignée peut faire languir son prétendant pendant de longues minutes puis elle le laisse s’approcher mais gare à ne pas finir emmailloté. Sa technique et d’être au plus près et d’emprisonner sa belle de fils de soie et d’introduire rapidement ses gants de boxe dans l’Epigyne, orifice génital de sa promise, avant qu’elle ne se libère et ne fasse qu’une bouchée de se prétendant présomptueux.

De toute façon après l’accouplement son sort est déjà scellé, il passera de vie à trépas.

Certains mâles vont même jusqu’à se mutiler afin de laisser leurs gants de boxe dans l’orifice génital pour être l’unique géniteur.

Phénomène étrange mais ô combien important, si l’araignée vient à perdre une patte, elle repoussera de moitié retrouvant ainsi une partie de ses soies sensorielles.

Du côté de notre dame araignée, les spermatozoïdes du donateur seront stockés dans sa spermathèque. Quelques jours plus tard elle tissera un cocon appelé sac Ovigère dans lequel elle pondra de 100 à 200 œufs qu’elle déposera et cachera dans la nature, protégés par un réseau de fils de soie, mettant ainsi sa progéniture à l’abri des prédateurs. Une fois sa mission accomplie, elle meurt.

Pour ces araignons, c’est bientôt la liberté ©Joël Tribhout

Pour ces araignons, c’est bientôt la liberté ©Joël Tribhout

C’est seulement au printemps que naîtront les Araignons. Les œufs qui n’auront pas reçu de spermatozoïdes serviront de nourriture au plus jeunes.

 Avez-vous déjà remarqué dans la végétation une petite boule jaunâtre ? Approchez-vous et touchez-la. La réaction est immédiate. Grâce aux fils de soie tissés par leur mère ils partent dans tous les sens puis en quelques secondes ils se regroupent pour reformer cette boule protectrice.

Il faudra attendre quelques jours et plusieurs mues avant de commencer leur vie d’adulte qui peut durer de 1 an à plusieurs années.

 

Dans le prochain épisode, je vous présenterai l’Épeire fasciée ou Argiope frelon ainsi que de la Pisaure admirable au comportement maternel et quelques découvertes étonnantes vécues au fil de mes balades. On vous montrera également d’autres types de toiles ainsi qu’un éventail d’araignées dans leur quotidien.

Photos et texte de Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 13 Février 2021

Nos amies les petites bêtes
N'écrase pas l'Arachnide sous ton pied,
Sous prétexte que tu hais les araignées,
Observe le travail de cette ouvrière,
Tissant une pièce de soie de qualité première.
Nos amies les petites bêtes
N'arrache pas les ailes de la mouche,
Sous prétexte que tu hais les Diptères,
Elle deviendra infirme et aptère,
Alors pas touche.
Nos amies les petites bêtes
Ne détruis pas la maison de la fourmi,
Sous prétexte que tu hais les Hyménoptères,
Elles ont mis des semaines à construire leur abri,
Sinon elles ne survivront aux rigueurs de l'hiver.
Nos amies les petites bêtes
N'enferme pas le grillon dans une cage,
Sous prétexte que tu hais les Orthoptères,
Ecoute son chant sortant de la terre,
Il égaye les prairies fleuries et les pâturages.
Nos amies les petites bêtes
N'attrape jamais le papillon par les ailes,
Sous prétexte que tu hais les Lépidoptères,
Tu décoloreras ses voiles si frêles,
Qui perdront leurs habits de lumière.
Nos amies les petites bêtes
Ne chasse pas la libellule de l'étang,
Sous prétexte que tu hais les Odonates,
Approche-toi doucement, mets-toi à quatre pattes,
Admire le cœur formé par leur accouplement.
Nos amies les petites bêtes
Ne tue pas la larve de la coccinelle,
Sous prétexte que tu hais les Coléoptères,
Son corps hideux, verruqueux, épineux,
Donnera naissance à la très belle bête à bon dieu.
Poésie et photos ©Joël Tribhout

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Publié le 5 Janvier 2021

 

Janvier, mi–bête, mi–insecte

Viendrais-tu du grand désert ?

Raphidie carnassière,

Ton surnom est rigolo,

Mouche à cou de chameau.

 

Février, jeux au soleil

Une Empuse aux aguets,

Surveille ces filoutés,

De Diablotins cavaleurs,

Profitant de leur bonheur.

 

Mars, le mois des naissances

Sous l’écorce d’un bouleau,

Dans sa loge royale,

Une larve cardinal,

Teint de rouge son manteau.

 

Avril, les prés enchantés

Premières aventures,

De deux grillons bien gourmands,

De découvrir la nature,

Pour striduler en jouant.

 

Mai, une maison en bois

L’abeille charpentière,

Creuse une belle chaumière,

Pour passer l’hiver au chaud,

Avec ses nombreux marmots.

 

Juin, on joue la séduction

D’une robe colorée,

Belle-dame s’est habillée,

Pour séduire un Flambé,

Ce bel ailé est flatté.

 

Juillet, la vie en jaune

Sur un pissenlit en fleur,

La Chrysope aux yeux d’or,

Déguste avec ferveur,

Un délectable trésor.

 

Août, on joue des cymbales

Cigales dans un chêne,

Je ferme les persiennes,

Rengaines et migraines,

De notes diluviennes.

 

Septembre, c’est la rentrée

Un Syrphe porte-plume,

Se dresse comme un I,

Les écoliers transhument,

Terminée la rêverie.

 

Octobre, s’est effeuillé,

C’est la fin d’un bel été,

Quand deux libellules âgées,

Couleurs et ailes fanées,

Un dernier cœur ont formé.

 

Novembre, tous aux abris

Dans un beau terrier douillet,

La mère Perce-oreille,

Dépose dans la corbeille,

Sept œufs bien collés-serrés.

 

Décembre, une invitée surprise

La punaise diabolique,

Rusée et maléfique,

S’introduit dans la maison,

Pour un Noël au tison.

Texte et photos © Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 30 Décembre 2020

Bombylius major © Roger Puff

Bombylius major © Roger Puff

En espérant que les conditions sanitaires vont s'améliorer et que nous pourrons vous proposer un beau programme entomologique.

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Publié le 19 Décembre 2020

Anax empereur mâle ©JMiche Huyvaert

Anax empereur mâle ©JMiche Huyvaert

Sur un roseau fragile,
Les ailes immobiles,
Une libellule dort,
Au milieu de la flore.
 
Son corps aux reflets d'argent,
Éclairé par la lune,
Attend au bord de l'étang,
La fin d'une vie nocturne.
 
Perles de rosée astrales,
Déposées sur ses voiles,
Enferment les étoiles,
Dans des écrins de cristal.
Accouplement de libellules déprimées ©Joël Tribhout

Accouplement de libellules déprimées ©Joël Tribhout

Douce brise légère,
Glisse sur une eau miroir,
Dissipant cet écran noir,
Pour des heures plus claires.
 
Lune pleine s'éclipse,
Devant la star orange,
Les anges s'évanouissent,
Volent quatre mésanges.
 
Sous les rayons du soleil,
La brume se déchire,
La nature se réveille,
L'Odonate va s'offrir.
Ponte d'Anax parthénope ©Joël Tribhout

Ponte d'Anax parthénope ©Joël Tribhout

Dans le ciel voici le bal,
D'une dizaine de mâles,
Séduisant des femelles,
Pour un acte passionnel.
 
Numéro de cœur à cœur,
D'un bel Anax Empereur,
Offrant en vol à sa belle,
Des bijoux exceptionnels.

                                                                                                                     Joël Tribhout

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Rédigé par Joël Tribhout

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Publié le 12 Décembre 2020

Comme promis voici la suite des photos sélectionnées mais non primées du concours "Insectes de France" 2020 de l'Agrion de l'Oise (précédent article)

Le Machaon  © Agnès Devaux

Le Machaon © Agnès Devaux

Agnès Devaux a photographié ce papillon avec son Canon 60d, équipé d'un objectif 70-200 Canon, début juillet 2020 en milieu d'après-midi à Compiègne (1/5000 s - ima/4 -175 mm - ISO 800).

Voilà ce qu'elle nous en dit "Au cours de mes pérégrinations champêtres, rencontre de hasard avec le machaon". Il s'agit de Papilio machaon, un beau et grand papillon

Baiser de la mort © Gilles Kitzinger

Baiser de la mort © Gilles Kitzinger

Gilles Kitzinger nous propose le face-à-face de deux mantes religieuses, Manta religiosa. Bien qu'elle soient de colorations différentes, il s'agit de la même espèce. S'agit-il d'un mâle et d'une femelle qui va le dévorer ? Le photographe ne nous le dit pas. Il a pris cette photo avec son Nikon D7200  au 62 mm sur objectif 18/140 avec loupe maruni ( F/8  -  1/1250 s - ISO 800) fin septembre 2019 sur la commune de Decazeville (Aveyron).

Guêpe ventilant ses embryons © Chantal Bongiorno

Guêpe ventilant ses embryons © Chantal Bongiorno

Chantal Bongiorno a pris cette photo avec un Olympus OMD1mark2 muni d'un objectif Olympus macro 60mm (F/2,8 - 1/800 s -ISO 80 / 4:3 recadré 3:2) fin juin 2020 en début de matinée.

Nous n'en savons pas plus. C'est une guêpe sur son nid. très probablement une guêpe poliste (Polistes dominula).

 Charançon de l'ortie © Jean-Marie Gernet

Charançon de l'ortie © Jean-Marie Gernet

Jean-Marie Gernet, équipé de son Canon EOS 40D avec objectif macro 100mm Canon et d'un doubleur Kenko (Teleplus Pro 300) (F/5,6  - 1/100 s)   a pris cette photo aux étangs de Commelles à Orry-la-Ville (Oise) à mi-juin 2013.  

Il pense qu'il s'agit d'un Charançon de l'ortie (Phyllobius urticae) "sans complète certitude, nous dit-il, car il existe  plusieurs espèces ressemblantes difficiles à différentier."    

 Les jumeaux © Denys Lachaud

Les jumeaux © Denys Lachaud

Cette photo d'une belle symétrie a été prise par Denys Lachaud équipé d'un Fuji XT3 avec zoom 50/140mm  (F/3,5 à 130mm - 1/2000- ISO 500) fin juillet 2019 vers 11h.

Ce sont des piérides du chou, dit-il, Je pense pour ma part, mais je peux me tromper, à des Piérides de la rave, Pieris rapae. et que la femelle est à gauche et le mâle à droite.                           

 Aeschne bleue © Jean-Louis Reymonet

Aeschne bleue © Jean-Louis Reymonet

Jean-Louis Reymonet nous propose un gros plan sur la face d'une Aeschne  bleue  (Aeshna cyanea) femelle.

Il a pris la photo avec son Nikon D2X, objectif Micro Nikkor 105 ( F/2.8 - 1/250s à f 22 ) à Montgobert (Aisne) en septembre 2006.
 

 La Saponaire et le Xylocope © Léa Kervroedan

La Saponaire et le Xylocope © Léa Kervroedan

Léa Kervroedan a pris le 12 août 2020 cette photo munie de son Canon 550D avec objectif macro 100mm (F/2.8 - 1/400s - ISO 400).

Voilà ce qu'elle nous en dit : "La saponaire et le xylocope : Un Xylocopa valga sur une Saponaria officinalis dans un hameau lozérien au cœur du parc des Cévennes."

La mouche © Bruno Belliard

La mouche © Bruno Belliard

Bruno Belliard équipé de son Nikon D500, objectif Nikon AF-S VR Micro-Nikkor 105 mm  (F/2.8 -  1/125  F10 ISO 250) a pris cette mouche fin juillet 2019 dans le parc de l'Abbaye du Valasse à Gruchet-le-Valasse (Seine Maritime).

Mais quelle en est l'espèce ? On dirait bien une mouche domestique ...

Alexanor © François Xavier Taxil

Alexanor © François Xavier Taxil

François Xavier Taxil a immortalisé ce papllon avec son Nikon D500 muni d'un objectif 105 mm F/2.8 (F/4,5 - 1/400 s- ISO 530). C'était à mi-juillet 2020 sur le coup de 9h30. 

C'est un cousin du Machaon et du Flambé l'Alexanor (Papilio alexanor). Il a été pris à La Charce dans la Drôme.

Cette photo termine la présentation des sélectionnés non primés de notre concours 2020.

Rendez-vous au 1er juin 2021 pour la 8ème édition de notre concours.

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