Publié le 12 Février 2020

L'Agrion de l'Oise a tenu son Assemblée générale

Mardi 4 février 2020, 20h00, une vingtaine de personnes assistent à notre Assemblée générale, à la salle des Noues à Verneuil-en-Halatte.

C’est Bernard Flamant, secrétaire du bureau, qui assure la présidence. Après les formalités d’usage, mots d’excuse et pouvoirs, il passe la parole au président Roger Puff, pour le rapport d’activité et le rapport moral.

Nous ne reproduisons ci-dessous que le rapport moral du président.

Comme en 2018, il a été beaucoup question des insectes au cours de l’année 2019 :

  • Deux nouvelles études sont parues sur le déclin des insectes, dont une méta-étude australienne portant sur 73 études particulières, d’où la conférence Le dramatique déclin des insectes que j’ai présentée à Creil, Senlis et Chantilly ;
  • Les pesticides – et tout particulièrement les néonicotinoïdes - sont de plus en plus rejetés par les populations, d’où des conflits avec les agriculteurs, par exemple sur la question des distances d’épandage par rapport aux habitations ;
  • Cela étant les risques liées aux espèces exotiques envahissantes à présent bien connus des populations, sont de plus en plus préoccupants :
    • moustique-tigre, punaise de lit : vecteurs de maladies,
    • pyrale du buis : atteinte à la végétation
    • frelon asiatique : atteinte aux ruches ;
  • Mais il faut y ajouter scolyte du chêne, capricorne du mûrier, punaise marbrée, punaise diabolique, bombyx disparate, processionnaire du pin, processionnaire du chêne, dragon jaune, tous agressant la végétation …
  • La réduction des populations d’abeilles domestiques fait toujours la une des médias, mais 2019 a vu l’accent mis sur les autres pollinisateurs, notamment les abeilles sauvages, sur leur rôle mais aussi sur les dangers qui les menacent ;
  • Cela étant, le public prise de conscience du rôle des insectes pour les services écosystémiques rendus (pollinisation, nettoyage de la nature, biocontrôle, etc.)
  • Côté entomophagie, la construction de grandes « fermes » de production d’insectes pour l’aquaculture, notamment Ynsect dans la Somme, confirme l’intérêt de cette nourriture d’avenir, pour faire face à l’accroissement de la population mondiale.

Il s’avère que dans l’opinion publique, et nous l’avons constaté lors de nos contacts avec le public, l’insecte prend une place de plus en plus importante. Il n’est plus le parent pauvre de la biodiversité. Cette évolution rend le rôle de notre association d’autant plus important, voire indispensable, tout en étant captivant.

au Musée des Papillons de Saint-Quentin

au Musée des Papillons de Saint-Quentin

Il faut donc poursuivre nos activités vers le grand public et les scolaires. Nous ne sommes pas des spécialistes, mais nous pouvons par nos conférences, nos expositions, nos sorties entomologiques, nos manifestations artistiques (concours photos, festival cinéma, concert), informer et sensibiliser le public, lui donner des éléments pour une prise de conscience de ce que la biodiversité nous apporte. Nous essayons cela étant de rester le plus objectif possible sur le rôle positif ou négatif des espèces d’insectes, sans tomber dans l’opposition insectes nuisibles / insectes utiles des planches illustrées des salles de classe de notre enfance

Si vous en êtes d’accord, l’Agrion de l’Oise, votre association poursuivra son noble rôle de vulgarisation, pour – en partageant notre intérêt voire notre passion pour les insectes - mieux faire comprendre au plus grand nombre l’importance de ces bestioles, trop souvent méprisées et même détestées.

La Fête des Mares à Verneuil-en-Halatte

La Fête des Mares à Verneuil-en-Halatte

2019 a été très dense en activités avec :

  • de nombreuses conférences organisées par L’Agrion de l’Oise avec des conférenciers de haut niveau à Verneuil, Rieux et Sacy-le-Petit
  • des conférences proposées par L’Agrion de l’Oise à Verneuil, Senlis et Compiègne
  • des sorties entomologiques avec initiation à la macrophotographie dans l’Oise, dont une en nocturne, mais aussi au Musée des Papillons à Saint-Quentin ;
  • de nouveaux panneaux présentant les arbres sur le Sentier de la Biodiversité, grâce à l’implication totale de la commune de Verneuil ; soulignons que le Sentier a fait l’objet d’une 1ère sortie organisée par l’Office de Tourisme communautaire et guidée par l’Agrion de l’Oise
  • notre 2ème Fête des Mares (labellisée par la Société nationale de Protection de la Nature) à laquelle plusieurs associations locales (AVV, AMAP, CE Alate) ou départementales (OTSI, PNR, LPO, SOS Ecureuil roux, …) ont pris part
  • de nombreuses expositions à la Maison de la Ville à Creil, à la Médiathèque à Nogent-sur-Oise, à l’abbaye du Moncel à Pontpoint à l’occasion de la Fête des Echanges, au Trail à Verneuil, …
  • la coopération avec les scolaires à Verneuil et Creil, mais surtout notre présence pour la Fête de la Science à Compiègne (6ème participation) et Senlis (3ème participation),
  • la 6ème édition de notre concours photos « Insectes de France » avec plus de mille votants pour le Prix du public
  • la 5ème édition de notre concert « Notes d’Insectes » pour la 2ème fois à la Manekine avec 120 spectateurs,
  • et une nouveauté un 1er Festival du Film documentaire entomologique monté avec Mai du Cinéma au cinéma Le Palace de Pont-Sainte-Maxence, sous le patronage du Festival international Nature Namur, que les commentaires du public y ayant assisté nous encouragent à pérenniser.

Et oui nous souhaitons que les manifestations que nous organisons s’installent dans la durée.

Le Festival du Film documentaire entomologique

Le Festival du Film documentaire entomologique

Ces manifestations, vous le savez sont ouvertes à tous - adhérents ou non – et sont, mis à part le concert et le festival cinéma, gratuites. Mais, je dois le dire et même insister, toujours un peu décevantes pour les organisateurs, il reste toujours des places… et ce malgré une communication soutenue. Aidez-nous en étant nos ambassadeurs, en communiquant vous aussi via réseaux sociaux, à faire venir de plus en plus de monde.

Je dois remercier ici les membres de notre Conseil d’Administration et de quelques adhérents bénévoles, qui s’impliquent énormément dans nos activités, qui chaque année sont plus nombreuses : étant de plus en plus connu, l’Agrion de l’Oise est de plus en plus sollicité.

Certaines comme les forums des associations (Verneuil-en-Halatte et Pont-Sainte-Maxence), la Fête de la Science (Compiègne et Senlis), l’exposition du concours photo, sont très consommatrice en personnes et en temps. Les administrateurs s’y investissent à fond. Alors permettez-moi ici un appel aux bénévoles et pourquoi pas à de nouvelles candidatures pour le Conseil d’Administration. Nous y sommes 9 et nos statuts donnent la possibilité d’être jusqu’à 15 administrateurs.

L’an dernier, parmi les points noirs, je citais l’érosion du nombre de nos adhérents observée en 2018. 2019 a vu une remontée des adhésions et nous espérons que ce sera confirmé en 2020.

Mais il n’y a pas eu d’amélioration du côté des financements des collectivités : une baisse de 50% du côté du Conseil départemental et une impossibilité de se positionner dans le cadre des aides du Conseil régional. Heureusement la ville de Pont-Sainte-Maxence est venue nous soutenir.

Nous espérons toujours trouver des partenaires privés ou du moins des adhésions d’entreprises, qui restent à un niveau trop bas. Peut-être faudrait-il aller chercher les fabricants de pesticides, mais je crains fort que vous ne me suiviez pas…

Rien de nouveau du côté de l’Insectarium, toujours en suspens. Il y a eu quelques espoirs, je les avais évoqués ici même l’an dernier. Le site de Villette est toujours convoité, mais les investisseurs potentiels risquent de ne pas être sensibles à un tel projet. Une ville voisine pourrait être intéressée, mais il lui serait difficile de monter un projet aussi ambitieux que celui que nous avions jusqu’en 2014. Faut-il espérer quelques choses des prochaines élections municipales ? Il n’est pas interdit de rêver … Cela étant la diapause se poursuit.

En attendant de vous présenter nos projets pour 2020, je veux remercier en mon nom et celui du Conseil d’Administration de L’Agrion de l’Oise tous ceux qui nous ont aidé à proposer le beau programme de l’année 2019.

Le rapport d’activité et le rapport moral sont adoptés à l’unanimité.

 Le trésorier Jean-Michel Vandeplanque présente le bilan comptable de l’année 2019.

Les dépenses se montent à 6027,11 €, en hausse de 28,54 % par rapport à 2018, représentant une hausse de 6,5 % par rapport à celles prévues au projet de budget à l’assemblée générale de février 2019. Globalement la majeure partie des actions ont été sous les prévisions. L’action « Concert », la plus prestigieuse, est la plus coûteuse, les cachets des artistes et le pot de l’amitié étant à notre charge, la recette allant à La Manekine qui supporte tous les autres frais (salle, régie, billetterie, location du piano, Sacem, etc.

Les recettes sont en nette baisse à 3°384,09 €, contre 4 104,45 € en 2018. Les subventions n’ont été que de 1 000 €, contre 2 200 € en 2018. En revanche cotisations et dons sont à la hausse.

Le résultat fait ressortir un déficit de 2 643,02 €. Nous connaissons pour la deuxième année consécutive un déficit, allant en s’accentuant.

La situation financière de l’association reste acceptable, mais il convient de trouver de nouvelles ressources si l’on veut maintenir un niveau d’activité comparable à celui des années précédentes.

Le vérificateur aux comptes Christian Tauziède a donné quitus au trésorier de sa gestion.

Le rapport financier 2019 a été adopté à l’unanimité.

Le président présente ensuite le projet de programme 2020 qui reprend les 7 actions. L’année sera marquée par le 2ème Festival du Film documentaire entomologique, la 3ème Fête des Mares, le 7ème concours photo, le 6ème concert Notes d’Insectes, pour la 8ème année de notre association, créée rappelons-le fin octobre 2013’où le calendrier prévisionnel d’activité 2020 suivant :

L'Agrion de l'Oise a tenu son Assemblée générale

L’Agrion de l’Oise - Calendrier prévisionnel des manifestations 2020

  • 1er trimestre
  • Ma 04/02               Assemblée générale à Verneuil-en-Halatte
  • Ve 21/02 - Je 12/03            Expo Photos Concours 2019 à la Bibliothèque Saint-Vaast-les-Mello
  • Di 8/03                    Hauts-de-France propres : Nettoyage du Sentier de la Biodiversité
  • Me 11/03                Goûter cinéma avec Mai du Cinéma au cinéma Le Palace à Pont-Ste-Maxence
  • Sa 21/03                  Conférence Déclin des insectes et des oiseaux (avec LPO), Médiathèque de Nogent-sur-Oise
L'Agrion de l'Oise a tenu son Assemblée générale
  • 2ème trimestre
  • Ma 07/04             Réunion trimestrielle, Conférence Entomo-archéologie par Jean-Hervé Yvinec, archéo-zoologiste (CRAVO, président ADEP, (Maison de la Ville Creil)
  • Me 06 - Ve 29/05  Expo Photos Concours 2019 pour la Fête de la Nature, Maison de la Ville Creil
  • Me 13/05                Sortie entomologique au Mont-César
  • Ve 15/05               Conférence Agrion Les Odonates pour le Fête de la Nature à Creil, film documentaire Les Arthropodes cavernicoles Donald Accorsi
  • Sa 16/05                  Fête de l’Arbre organisée par CCPOH/OTSI au Poteau du Grand Maître
  • Di 17/05                 Conférence A quoi servent les insectes ? dans le cadre des Beffrois des insectes à l’Ecomusée Sucrerie de Francières
  • Me 27/05                Sortie entomologique aux Marais de Sacy
  • Di 31/05                  Expo-stand au Trail du Château de Verneuil
  • Lu 01/06                  Lancement du 7ème Concours Photo
  • Sa 06/06                  3ème Fête des Mares à Verneuil-en-Halatte (avec associations partenaires)
  • Ma 09/06               Réunion trimestrielle, Conférence Jean-Louis Fischer, historien des sciences, Maria Sybil Merian, la première femme entomologiste, Verneuil-en-Halatte
  • Sa 13/06                  Visite guidée du Sentier de la Biodiversité avec l’OTSI CCPOH
  • Je 18/06                  Visite guidée du Sentier de la Biodiversité des CM1 Ecole Gérard de Nerval Creil
  • Sa 20/06                  2ème Forum Science à Senlis
  • Di 28/06*                Expo-stand Fête des Echanges, Abbaye royale du Moncel (O’rizons)
  • Ma 30/06                Sortie entomologique aux Marais Chantraine à Saint-Vaast-les-Mello
L'Agrion de l'Oise a tenu son Assemblée générale
  • 3ème trimestre
  • Sa 4/07 au Ve 28/08          Exposition photos 2019 et jeux pour enfants à l’Ecomusée Sucrerie                            Francières ; sortie entomologique à vélo et conférence Les Odonates le 4/07
  • Je 09/07                  Sortie entomologique à la Cavée aux Vaches à Béthisy-St-Pierre
  • Je 27/08                  Sortie entomologique nocturne à Verneuil-en-Halatte
  • Sa 29/08 au Sa 26/09         Exposition photos 2019 à la Médiathèque de Nogent-sur-Oise
  • Di 30/08 ou 6/09*              Expo-stand à Un Dimanche à la Campagne à Nogent-sur-Oise
  • Di 13/09*               Expo-Stands Forums des Associations Verneuil-en-Halatte, Pont-Ste-Maxence
  • Me 09/09                Sortie entomologique à la Pierre Glissoire à Péroy-les-Gombries
  • Je 10/09                  Clôture 7ème Concours Photos
  • Sa 12/09                  Visite guidée du Sentier de la Biodiversité avec l’OTSI CCPOH
  • Sa 26/09                  Réunion trimestrielle, conférence : Entomologie judiciaire, par Mme Laetitia Fillâtre, DREAL Beauvais (Médiathèque Nogent-sur-Oise)
  • Je 24/09                  Jury Concours Photos à la CCPOH
L'Agrion de l'Oise a tenu son Assemblée générale
  • 4ème trimestre
  • Sa 10 – Je 14/10*                4ème Séminaire entomologique des Hauts-de-France à Senlis
  • Sa 10 – Di 18/10*                Fête de la Science : CPIE60 à Senlis
  • Je 15-Di 18/10*    Fête de la Science : Université de Technologie de Compiègne
  • Sa 24- Sa 31/10    Concours photo 2020 # Exposition, vote du public et remise des prix au centre   commercial Val d’Halatte de Pont-Ste-Maxence
  • Ma 10/11                2ème Festival Film documentaire entomologique de l’Oise avec Mai du Cinéma
  • Ma 17/11                Réunion trimestrielle, table ronde Les insectes et la forêt / PSM
  • Di 22/11*               6ème Concert « Notes d’Insectes » à La Manekine

Attention * # Dates à confirmer

L'Agrion de l'Oise a tenu son Assemblée générale

Budget 2020

Nous avons prévu un budget de 6 000 €, permettant d’assurer un programme se voulant toujours ambitieux.

Le concert, qui est l’opération au plus fort budget, représente 3 000 € de dépenses. Souhaitant pouvoir financer une création par un jeune compositeur, un montant a été budgété compensé par une baisse sur les autres dépenses.

Les recettes ne sont pas acquises à ce jour. Nous avons cependant tablé sur une hausse des subventions, des cotisations et des dons. Le différentiel Dépenses-Recettes fait apparaitre un déficit de 1 400 €, ce qui nous oblige cette année encore à mobiliser nos fonds propres. On ne pourra donc assurer le programme 2020 que si les ressources escomptées sont bien obtenues. A défaut, il faudra revoir à la baisse nos ambitions, si nous voulons que l’association perdure.

Discussion

Une participante fait remarquer que ce budget est particulièrement optimiste. Roger Puff assume ce choix volontariste délibéré. Il s’investira pour obtenir le plus possible de subventions publiques et privées. Quant aux adhésions, il demande à tous les adhérents de s’investir de leur côté pour augmenter le nombre d’adhérents. La question de l’augmentation des cotisations est clairement posée.

Sans autre question, l’assemblée passe au vote conjoint du programme et du budget 2020, qui sont approuvés à l’unanimité.

 

Cotisations 2021 : maintenues au niveau actuel ;

Admissions au Conseil d’Administration

Sont sortants en 2020 :MM. Boulifard, Huyvaert, Puff, Vasseur. Ils se représentent. Le Conseil pouvant être complété, il est fait appel à candidatures. MM. Pierre Mouilleseaux et Joël Tribhout posent leur candidature.

Les 6 candidats sont élus à l’unanimité.

Vérificateur aux comptes : M. Christian Tauziède est réélu

Intervention des élus

Mme Dominique Lavalette, conseillère départementale, devant s’absenter a fait son intervention à mi-réunion (voir plus haut). M. Philippe Kellner, au nom de la municipalité de Verneuil, confirme son plein soutien à l’association et rappelle ce qui est fait pour le Sentier de la Biodiversité. Cette année le sentier sera complété à sa demande de plusieurs nouveaux panneaux (gui, lierre, litière du sol, orties, compost,…) et sur suggestion de L’Agrion de l’oise une spirale à insectes sera construite au pied des vestiges du château où par ailleurs des plantations seront faites dans la friche de la pente.

 Election du Bureau : prévue le 11 février 2019.

La séance se poursuit par le pot de l’amitié.

 

Pour consulter le compte rendu complet cliquer ici

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Publié le 3 Février 2020

La scène - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

La scène - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Aujourd'hui nous vous proposons un retour sur la 5ème édition de notre concert Notes d'Insectes du 24 novembre 2019.

Un très beau programme - 100 % consacré aux insectes - était présenté à la Manekine à l'initiative de notre association, sous la direction musicale de Christophe Chauvet.

La scène était décorée de grandes photos d'insectes prises par des photographes sélectionnés ou lauréats de notre dernier concours photos Insectes de France, superbement mises en valeur par le superbe éclairage fignolé par Stéphane Cagnart, directeur technique de La Manekine.

Malheureusement il ne sera possible de vous donner qu'un aperçu de ce concert, la prise de son ne rendant pas suffisamment compte de la belle qualité de la prestation de nos artistes. Nous en sommes désolés. Mais nous espérons que vous apprécierez la qualité de la prise de vue et le montage des vidéos proposées ici (cliquer sur les liens).

Christophe Chauvet - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Christophe Chauvet - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Christophe s’installe au piano pour nous donner Quatre pièces (Papillon, Mouche, Libellule, Sauterelle) de Grégory Stark, qui est présent, assis au premier rang.
Le papillon s'envole et se pose sous les doigts de Christophe.

Christophe Chauvet - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Christophe Chauvet - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Puis viennent la mouche, la libellule et la sauterelle, sautant sur les touches du piano.

Compositeur nourri par sa pratique régulière de l'improvisation au clavier, Grégory trouve une voie d'expression dans une modernité empreinte de post-romantisme, en phase avec la sensibilité contemporaine. Pianiste de concert, il interprète ses propres œuvres

Joël Tribhout et Christophe Chauvet - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Joël Tribhout et Christophe Chauvet - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Notre conteur poète Joël Tribhout,entre en scène pour L'Oeil magique un très beau texte de sa composition, où il est navigateur : ”Longtemps j’ai navigué,/ Guidé par la voie lactée,/ Escorté d’une myriade de libellules,/ Dansant dans les airs telles des funambules.” Christophe Chauvet, au piano, joue pour l’accompagner la Troisième romance sans paroles de Gabriel Fauré (1845-1924).

Juliette Xu, Christophe Chauvert, Pierre Cesmat, Stéphanie Keutat - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Juliette Xu, Christophe Chauvert, Pierre Cesmat, Stéphanie Keutat - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

La Libellule est du musicien tchèque Martinů (1890-1893). Elle est jouée par Pierre Cesmat au violon, Stéphanie Keutat à la harpe et Christophe Chauvet au piano. Et voilà que la voix-off entre en scène, c’est Juliette Xu, qui  va dire le très beau texte de Henri d’Ornage qui accompagne la musique de Martinu. Je n’avais rien trouvé sur  Henri d’Orange. Mais ce matin dans une dernière recherche sur le net, je tombe sur ce texte, qui éclaire ce beau morceau : ”C’est là un Martinů élégiaque qui ne survivra guère à ces juvéniles émois (les Trois Mélodrames datent de 1913). Pièce d’une eau précieuse, interprétée à ravir (au sens qu’entendent les Anglais par le mot rapture, et non au sens plus fade que ravissant a pris en français) ! La libellule de l’obscur Henri d’Orange (mais il était vice-consul de France à Prague...) volète sur une musique délicieusement imitative de harpe,violon et piano”.

Christophe Chauvert, Faustine Picco - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Christophe Chauvert, Faustine Picco - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Puis c'est Charles Gounot (1818-1893) avec Tombez, mes ailes, sur un poème d’Ernest Legouvé (1807-1903). Faustine Picco  accompagnée par Christophe nous conte l’histoire d’une Petite fourmi sérieuse,/ Qui travaille sur ce sillon,/ Hier au ciel, comme un gai papillon,/Tu volais vive et rieuse!... mais elle s’est elle-même arraché les ailes, car fini de jouer la fille de l’air et de filer le parfait amour, elle est mère à présent et il lui faut veiller et travailler.

Christophe Chauvert, Pierre Cesmat, Florence Augustin, Stéphanie Keutat , Duastine Picco                              - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Christophe Chauvert, Pierre Cesmat, Florence Augustin, Stéphanie Keutat , Duastine Picco - vidéogramme l'Agrion de l'Oise

Mais ce n’est pas tout, il manque un bis pour final réunissant tous les artistes. Et Christophe nous propose Nous avons fait un beau voyage, le duo de  Duparquet et Ciboulette de l’opérette Ciboulette de Reynaldo Hahn (1874-1947), livret de Flers et Croisset.

Mais il fallait absolument un ténor pour ce duo et surprise, le ténor sera Pierre Cesmat. Et au cours de ce beau voyage nous avons rencontré des dindons emphatiques, des lapins prolifiques, des oies très distinguées, etc. mais surtout des abeill’s enfièvrées, des cigal’s inspirées et,

Nous avons fait des découvertes / On refus' du monde dans les nids.  / Une seule rose s'est offerte / A vingt papillons réunis./ Nous avons fait un beau voyage / C'est le premier jour du printemps / Les oiseaux se mett'nt en ménage, / Tout l' monde voudrait en faire autant.

Oui des découvertes, nous en avons faites au cours de ce beau concert, où pour la cinquième année consécutive, Christophe nous a offert un très beau spectacle, entièrement renouvelé. Découvertes d’un répertoire existant, mais aussi de créations de nouvelles œuvres. Soulignons l’accueil formidable de La Manekine animée par Pascal Reverte, l’investissement de ses techniciens avec la superbe mise en lumière réalisée par Stéphane Cagnart,

Salut

Salut

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Publié le 28 Janvier 2020

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Publié le 18 Janvier 2020

Dans la serre à papillons du Zoo de Londres  ©Roger Puff

Dans la serre à papillons du Zoo de Londres ©Roger Puff

Dans le précédent article j’étais parti de La panthère des neiges et je remontais le temps dans les œuvres de Sylvain Tesson. Après Sur les chemins noirs (2016), je me suis plongé dans S’abandonner à vivre, un livre de nouvelles, publié en 2014, donc écrit avant sa chute d’août cette même année.

Dès la page 26, dans la nouvelle Le barrage, nous sommes sur les rives du Mékong à 3000 km de l’embouchure, donc à 2000 km de la source. Le fleuve charrie des eaux boueuses. Les buffles labourent de minuscules parcelles de rizière. Le climat est plus serein et chaud que sur les plateaux himalayens. Il est avec une amie : ”Des papillons géants se posaient sur la tête de Marianne, s’éventant lentement. Je trouvais bien laid le contraste entre la rousseur des cheveux et le turquoise des ailes et me disais que les races servent à cela : préserver l’harmonie des couleurs. Sur les reflets de jais des chevelures chinoises, les camaïeux des lépidoptères eussent été du plus bel effet.

Mais les insectes n’ont pas toujours la grâce des papillons : ”Le soir, les tôliers des auberges nous préparaient le poisson et nous mangions en silence, dans l’odeur de la citronnelle dont Marianne s’aspergeait la peau pour lutter contre la férocité des moustiques. Ils préféraient sa peau à la mienne et je pensais qu’ils avaient bon goût.

Pas très sympa avec Marianne le narrateur dans cette nouvelle, mais ils boiront le vin du Sichuan ”en écoutant les insectes striduler dans la nuit tropicale” avant de faire l’amour…

le hanneton ©Joël Tribhout

le hanneton ©Joël Tribhout

Dans La gouttière, page 38, il est question d’un docteur en séminaire de formation en médecine tropicale dans un hôtel de périphérie. Il suit une initiation ”aux mystères de la bilharziose et des cycles de reproduction de la mouche filaire”. En fait ce docteur est le compagnon de Marianne et le narrateur profite de son absence. ”Marianne avait le cœur compartimenté.”

Il faut aller à la page 141 pour retrouver dans la nouvelle L’ermite un autre insecte. Pour qualifier la Russie, Tesson la compare à un insecte titubant ”…je me disais que la Russie est aux nations ce que le hanneton est à l’évolution : une aberration.” Il faut dire qu’il s’appuie sur un article de Pour la Science de 1977 dans lequel un entomologiste allemand expliquait que ”le hanneton ne peut mathématiquement pas voler” vu ”son poids, la surface de ses ailes, la fréquence de ses battements-, il devrait s’écraser”. Le hanneton : ”un camouflet à la science”. Recherche faite, on trouve cette anecdote dans de nombreux blogs. On attribue la répartie à Nadar "Mais le hanneton ignore les mathématiques, s'en fout ... et vole !" en réponse à Poincaré, Henri le mathématicien, pas Raymond le politique. A vérifier. J’ai bien trouvé une caricature de Nadar datant de 1867. Il est à califourchon sur un hanneton dans le n°20 du magazine satirique Le Hanneton et tient un papier où on peut lire Le Hanneton, professeur de navigation aérienne ! Il ne se sert pas de ballons, ne fait pas de calculs et est plus lourd que l'air - signé Nadar”. L’ingénieur aéronautique russo-américain Igor Sikorsky quant à lui aurait déclaré ”Le rapport mathématique entre les ailes et le poids du bourdon nous démontre que voler lui est impossible mais le bourdon l'ignore, c'est pourquoi il vole”. Ce que je sais en revanche c’est que des hélicoptères Sikorsky ont été utilisés pour épandre des insecticides contre les hannetons. Toujours est-il qu’on aura bien du mal à trouver l’origine de ce buzz.

les fourmis coupeuses de feuilles - Insectarium de Montréal ©Roger Puff

les fourmis coupeuses de feuilles - Insectarium de Montréal ©Roger Puff

Revenons à Sylvain Tesson, dont le style est bien meilleur que le mien. Je remonte encore le temps pour arriver à son recueil de nouvelles La vie à coucher dehors de 2009. Dès la page 12 ”Les bergeronnettes gobaient les insectes à grand coups de faux” dans la nouvelle L’asphalte. C’est prometteur. Plus loin, page 14 le héros, Edolfius, contemple une fourmilière. S’en suit un paragraphe d’une vingtaine de lignes se terminant par ”Même ces saloperies d’insectes circulent mieux que nous ! Il flanqua un coup de pied dans la fourmilière. La petite Babel explosa”. Il faut dire que cela circule mal pour les humains sur la piste poussiéreuse et caillouteuse qui relie le village géorgien de Talska à la ville la plus proche. La civilisation viendra avec les accidents de circulation.

Page 48 une araignée. Passons… Page 69, une phrase que je ne résiste pas à vous citer entière : ”C’est l’heure brûlante. Le ciel est une forge. Bêtes, hommes et Dieu se terrent à l’ombre. Les coléoptères renoncent à voler. Les papillons aèrent leurs ailes, les buffles tentent de disparaitre entièrement dans la boue et la langue des chiens pend”. On est au Gujarat en Inde à midi. Le titre de la nouvelle ? Le bug. Je n’en dirai pas plus, le dit bug n’est pas un insecte, mais un dysfonctionnement du programme patriarchal. Toujours dans Le bug, mais du côté de Mexico, ”Le point d’une mouche au plafond”. Neuf lignes plus loin ”La mouche s’envole et se repose soixante centimètres plus loin”. Une page plus loin ”la mouche décolle et trouve le chemin du grand air”. Entretemps ? Ce n’est pas un féminicide de plus, il y a eu un bug de plus.

les insectes sont  des bijoux - Insectarium de Montréal ©Roger Puff

les insectes sont des bijoux - Insectarium de Montréal ©Roger Puff

 

Page 88, nous sommes dans Le lac, en Russie. Un long paragraphe. Piotr jette une buche dans le poêle. Il ne veut pas risquer de griller des insectes et cogne le bois pour déloger les xylophages. Il ne veut pas écraser un capricorne et contrairement à Edolfius le Géorgien de la page 14, il ne tape jamais dans les fourmilières. Tuer un ours ou un élan ne le trouble pas. ”Mais les insectes… Ces petits bijoux articulés, dans leur livrée vernie, avec leurs dentelles, étaient d’une telle délicatesse.” Il les observe et les épargne ”en remerciement de leur beauté”. On apprendra que quarante ans plus tôt Piotr a tué un homme… et qu’un ours blessé est redoutable.

Désolé j’ai sauté Dans les forêts de Sibérie publié en 2011. Je ne pourrai donc pas savoir s’il y parlait des moustiques des bords du lac Baïkal. Je suis sûr qu’il y en avait à profusion. Ce sera pour une autre fois.

araignée et charançon ©Joël Tribhout

araignée et charançon ©Joël Tribhout

En revanche, j’ai butiné dans Éloge de la vie vagabonde, un essai publié en 2006. Et là, patatras…

Dans Aral, le premier chapitre de cet essai, Sylvain Tesson relate son long voyage à vélo entre la mer d’Aral et la mer Caspienne les longs des pipelines gaziers et pétroliers.

Page 21, voilà ce que j’apprends alors qu’il se dirige vers le plateau de l’Oustiourt : ”Au mois de juin, le plateau est écrasé de soleil et envahi d’araignées. La chaleur et les arthropodes sont deux choses que je crains le plus au monde”. Sylvain Tesson n’aime pas les arthropodes et moi qui ai écrit qu’il aimait les insectes. Gageons qu’il a changé depuis 2006. Enfin c’est l’espoir que j’ai.

Dans le chapitre suivant, Oustiourt, il maudit la steppe, océan sans port d’attache : ”Sous le soleil, je l’ai haïe”. Le découragement ne dure pas : ”Le moindre événement – combat de coléoptères, galopades lointaine, ballet d’un vautour au-dessus d’une carcasse – abolit l’angoisse”. S’il craint les arthropodes, au moins il s’y intéresse, c’est déjà cela. Page 43, il bivouaque sous la tente mais n’allume pas sa lampe frontale de crainte d’attirer les solifuges ”ces horribles araignées chasseresses galopent dans la nuit, sans bruit, chélicères en avant.” Je comprends, plus grosses que le poing ”elles sont capables de déchirer la chair de proies vivantes ”. Il y a de quoi se méfier.

 

araignée Pisaure admirable ©Joël Tribhout

araignée Pisaure admirable ©Joël Tribhout

Dans le chapitre Steppes kazakhes, nez à nez avec un lézard, il nous éclaire : ”Tout vagabond des steppes entretient une conversation amicale avec les êtres vivants qui l’entourent. C’est le syndrome de saint François d’Assise. L’acidité de la solitude se transforme en un miel affectif qui se répand sur toutes les créatures.” Voilà pourquoi, même s’il les craint, il les observe avec une certaine affection.

En sillonnant les champs d’hydrocarbures, sur les chemins des pipes convoyeurs d’énergie fossile, il se dit que toute cette énergie est le produit de la décomposition sur des millions d’année de matières végétales et animales ”insectes et animalcules”, entre autres : ”L’humanité se chauffe, s’éclaire et se déplace grâce aux ancêtres immensément lointains du lézard de ce matin. ” Il faudra en attendre des millions d’années pour reconstituer ce stock, ”ce précipité du temps” que nous aurons consommé et épuisé en quelques dizaines d’années à peine.

Dans le chapitre Caspienne, sur un site pétrolier, les hommes s’affairent avec un empressement d’insectes, mais deux pages plus loin, Tesson traite les arthropodes de race maudite, les vertébrés étant donc la race élue.

dans la ruche ©Joël Tribhout

dans la ruche ©Joël Tribhout

On passe au chapitre Azerbaïdjan, là – page 127 - il compare : ”Symboliquement, il est facile de voir le pétrolier comme un prédateur, frère de race de l’anophèle. Il suce le sang du monde. La colonne du derrick perce la croûte terrestre tel le poinçon du mâle de la punaise forant la carapace femelle pour lâcher sa giclure.” Page 131, la chaleur est accablante : ”J’envie le système à sang-froid des phalènes et des carabes sur le tronc des peupliers.

Après avoir traversa la Géorgie, il est en Anatolie, titre du chapitre qui plus est, et là page 175, une jolie phrase, qui fera un superbe aphorisme : ”Dans les herbes hautes, des sauterelles : les points d’exclamation des prairies.” Mais voilà page 181 qu’il visite une exploitation apicole financée par la British Petroleum. Il en tire deux belles pages sur les abeilles, les ruches et le miel : ”Concentré d’énergie, le miel est un pétrole lumineux. La ruche, un baril de brut doux”. Je n’en dirai pas plus. Page 188, il revient sur les abeilles, qui comme l’homme, exploitent les ressources naturelles : ”Le pollen contrairement au brut est renouvelable”. Page 191, il vient à parler de l’entomophagie après avoir rejeté la viande, si coûteuse en énergie, mais il y en Occident un obstacle culturel : ”Dix mille années de chasse dans les forêts giboyeuses nous ont habitués aux salaisons. Il sera difficile d’oublier l’ortolan pour accepter la blatte, de troquer le rôti pour l’élytre. L’entomophagie est l’avenir de l’humanité. En outre, elle nous venge à l’avance des asticots.

Et voilà cet essai sur un parcours à vélo le long des pipelines entre la mer d’Aral et la Turquie, aura été pour Sylvain Tesson l’occasion de glisser quelques pensées sur les arthropodes, dont j’ai fait mon miel pour cet article.

Je reviendrai plus tard sur les écrits de Sylvain Tesson avec les aphorismes qu’il a polis au fil du temps. J’en ferai un collier avec ceux consacrés aux insectes.

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Publié le 12 Janvier 2020

Tout commence sur les bords de la Moselle, dans les Vosges, sans doute du coté de Vagney, entre Rupt-sur-Moselle et Le Thillot - c’est mon hypothèse. Sylvain Tesson et le photographe animalier Vincent Munier sont à l’affut. Ils guettent les jeux d’une famille de blaireaux.

”Les oiseaux dans la charmille striaient l’air du soir |…]. C’était la beauté. La rivière coulait à cent mètres. Des escadres de libellules volaient au-dessus de la surface, carnassières.

Je ne suis qu’à la 6ème page – dans l’avant-propos, juste après les cartes – de La Panthère des neiges de Sylvain Tesson, le Prix Renaudot 2019. En prélude à la panthère, objet de sa quête prochaine, des blaireaux, des oiseaux, des libellules… Ce n’est pas fréquent chez les écrivains de parler d’insectes. Intrigué, je m’engage plus avant dans ce bouquin. Son style incisif me captive rapidement.

Cordulégastre annelé (Cordulogaster boltonii) ©Michel Huyvaert

Cordulégastre annelé (Cordulogaster boltonii) ©Michel Huyvaert

Sylvain Tesson et ses compagnons Vincent, Marie et Léo partent pour la province du Qinghai sur le plateau du Changtang aux confins du Tibet. Leur but : photographier la mythique panthère au nord de Lhassa. Je me dis que dans ces contrées, les odonates ne peuvent pas pulluler. C’est l’hiver, à 4 ou 5000 mètres d’altitude, que l’on a des chances de croiser le félin, car ”comme des monitrices tyroliennes, la panthère des neiges fait l’amour dans des paysages blancs”. A ces altitudes, ces paysages arides et par ce froid, j’ai a priori peu de chances de croiser un quelconque insecte au détour des phrases ciselées de l’écrivain. Les animaux rencontrés dans un premier temps dans ce ”Tibet [à] la peau à vif dehors, un soleil de sanatorium rehaussait parfois le thermostat au-dessus de – 20 °C, seront des yacks sauvages dans les rares herbages, un renard furtivement aperçu : ”les bêtes surgissent sans prémices puis s’évanouissent sans espoir qu’on les retrouve. Il faut bénir leur vision éphémère comme une offrande”. Bon sang, quelle belle écriture. Pas de gras, le sens de la formule, précis, surprenant parfois. Je savoure.

Dans ces déserts glacés nombreux pourtant sont les animaux rencontrés : chèvres bleues, ânes sauvages, loups, gazelles, antilopes : ”Panthalops hodgsonii, dit Munier, qui parlait latin en présence des animaux, mais il faut attendre la page 48, pour – parmi les souvenirs de ses propres rencontres animales : loup au Tibet en 1997, ours en 2007 et 2010 dans la taïga – être en présence d’un arthropode : ”le déplaisir de sentir une tarentule courir sur [sa] cuisse au Népal en 1994. Tesson a compris que si lui ne voit pas les animaux, eux le voient et l’observent : ”les bêtes sont des gardiens de square, l’homme y joue au cerceau en se croyant le roi.

Et oui amis photographes chasseurs d’insectes, les bêtes nous voient plus et beaucoup mieux que nous les voyons…

Cicindèle hybride (Cicindela hybrida)  ©Roger Puff

Cicindèle hybride (Cicindela hybrida) ©Roger Puff

Puis Tesson s’interroge sur la vie, combat entre les êtres, proies et prédateurs, le plus redoutable étant l’homme qui porte ”au plus haut degré la capacité de détruire ce qui n’est pas lui-même tout en se lamentant d’en être capable.  Dissertant sur l’évolution, il évoque une espèce d’insecte : ”Ce matin-là, dans le Tibet central, antilopes, gypaètes et grillons à la lutte m’apparaissaient des facettes de la boule disco accrochée au plafond de l’expansion. Où a-t-il vu des grillons, se battant qui plus est ? Sans doute dans une yourte, mais il n’en dit rien. Soudain page 57 au détour d’une phrase apparait Ernst Jünger. Il est question de précambrien, de fossile, de l’apparition de la vie. Ernst Jünger, cet écrivain allemand, qui sa vie durant chassa les cicindèles. Je découvrirai bientôt par d’autres lectures, notamment un article de Paris Match de juillet 2017, que Sylvain Tesson a lu tout Jünger et que les œuvres de ce dernier occupent deux mètres de rayonnages dans sa bibliothèque. Il a évidemment lu ses fameuses Chasses subtiles, où Jünger nous fait découvrir sa passion pour l’entomologie.

Dans une interview de Tesson parue dans le n°92 de la Revue internationale de stratégique 2013/4, j’ai trouvé cette phrase : ” Ernst Jünger me semblait faire la navette permanente entre ces deux niveaux d’échelle tout à fait antipodiques […]. Lorsqu’il regarde une mouche, il finit par parler de la vie.

Sylvain Tesson est-il lui aussi passionné d’entomologie ? Il est d’abord géographe de formation et dans la même interview, il dit :  ”Lorsque je marche dans les steppes de Mongolie, mon œil passe souvent du ciel aux grains de sable des steppes, dans lesquels il y a des insectes. Entre la climatologie et l’entomologie, c’est-à-dire entre la contemplation du cosmos et l’observation de l’infiniment petit, il y a une multitude d’échelles qui correspondent à une multitude de sciences et de disciplines. Je crois que le géographe est celui qui fait la navette permanente entre ces différentes échelles.

Cétoine dorée (Cetonia aurata) ©Henri Deloison  (sélectionné Concours Insectes de France 2019)

Cétoine dorée (Cetonia aurata) ©Henri Deloison (sélectionné Concours Insectes de France 2019)

Manifestement il ne s’intéresse pas aux insectes pour les épingler dans une boite bien close, ni même pour les photographier. Il se contente de les observer avec attention et admiration. Et là vient une phrase superbe. La technique de Munier, le photographe animalier : ”traquer partout les échos de la partition première, […], rassembler à coups d’obturateur les tessons de la matière mère explosée par l’Évolution. Chaque bête constituait un scintillement de la source égarée. Pensons-y quand nous captons les éclats des élytres d’une cétoine dorée, ou le chatoiement des ailes d’un paon du jour, ce sont des étincelles du Bing Bang primordial, ce sont de fragments de l’origine du monde.

Dans l’attente de voir enfin la panthère des neiges, l’esprit de Tesson s’évade vers le souvenir d’anciennes amours regrettées, en des lieux plus cléments. L’aimée, qu’il n’a pas su retenir, qu’il appelait la femme des bois, vivait dans la forêt des Landes et se passionnait pour la faune, oiseaux, serpent, chevreuil, mais aussi chétifs arthropodes ”un araignée errante - « une lycose », disait-elle -avait débusqué un coléoptère capricorne derrière une fougère […] Devant un scarabée, elle disait « c’est une pièce du blason, il mérite notre vénération. Il est serti dans le jeu […] Elle était prêtresse, je la suivais. […] Sur la dune à genoux, elle disait : « Elle va retrouver sa colonne. Elle a été attirée par le suc de l’orpin, les autres sont passées au plus facile. » Cette fois c’était une fourmi qui rejoignait après un crochet vers un bouton jaune. D’où venait son infinie tendresse pour la minutie des bêtes ? « Ce leur volonté de bien faire, disait-elle, de leur précision. Nous autres, ne sommes pas sérieux ».”

Plus loin, page 114, Tesson nous signale qu’il écrit ses aphorismes dès qu’il le peut et que pour lui les Histoires naturelles de Jules Renard sont ”le plus bel hommage qu’un homme muni d’un calepin puisse rendre à la nature.” Il le cite : ”Il voyait une araignée : « Toute la nuit, au nom de la lune elle appose ses scellés », croisait un cafard : « Noir et collé comme un trou de serrure ».” Mais il en propose aussi des siens qualifiant la gazelle, l’âne sauvage ou le grand duc, et même Dieu qui ”s’est servi de la panthère comme buvard pour essuyer l’encre de sa plume.” Il faudra que je trouve d’autres aphorismes de la plume de Tesson. La bibliographie en tête d’ouvrage m’apprend qu’il en a publié deux opus. Il y en a à coup sûr évoquant des insectes.

Épeire des bois (Aculepeira  ceropegia) ©Roger Puff

Épeire des bois (Aculepeira ceropegia) ©Roger Puff

Pardonnez-moi de butiner dans ce beau texte. J’aurais envie de tout citer, tant les réflexions de Tesson sont profondes sur la vie animale, sur notre vie d’humain, notre comportement et les torts que nous causons à la nature. Je me permets encore de vous proposer ces extraits de la page 143 : ”En ce début de siècle 21, nous autres huit milliards d’humain, asservissions la nature avec passion. Nous lessivions les sols, acidifiions les eaux, asphyxiions les airs. Un rapport de la Société zoologique britannique établissait à 60 % la proportion d’espèces sauvages disparues en cinq décennies. Le monde reculait, la vie se retirait, les dieux se cachaient. La race humaine se portait bien. Elle bâtissait les conditions de son enfer, s’apprêtait à franchir la barre des dix milliards d’individus. Les plus optimistes se félicitaient de la possibilité d’un globe peuplé de quatorze milliards d’hommes. Si la vie se résumait à l’assouvissement des besoins biologiques en vue de la reproduction de l’espèce, la perspective était encourageante : nous pourrions copuler dans des cubes de béton connectés à la Wifi en mangeant des insectes.

La panthère des neiges a été vue et photographiée au prix de longs affuts immobiles et silencieux dans le froid.  Des souvenirs inoubliables, la récompense. Mais des espèces et un monde menacés. Un livre contant une aventure loin de l’urbanisation trépidante, qui nous interroge sur notre responsabilité vis-à-vis de la nature. A lire d’urgence si ce n’est pas encore fait.

Mais j’ai voulu aller plus loin avec Sylvain Tesson, remonter le temps, découvrir d’autres écrits.

Ce sera d’abord Sur les chemins noirs, paru en 2016, un livre relatant le périple de Sylvain Tesson, prenant les sentiers de l’hyper-ruralité, ceux qui ne sont pas équipés de panonceaux colorés, ceux qui sont de fines lignes noires pointillées, cherchant les friches et les jachères, pour parcourir la France en écharpe du col de Tende à la frontière italienne à la pointe du Cotentin. Ayant reconquis l’usage de ses jambes, il est à peine remis de sa lourde chute : ”|Il s’était] cassé la gueule en tombant d’un toit où [il faisait] le pitre.” Parti le 24 août, il atteindra - suivant le cheminement du loup - son but le 8 novembre. Je comptais bien sur ces chemins ruraux trouver quelques insectes. Je n’ai pas été déçu. J’ai à nouveau goûté un style superbe. Et dès son premier jour de marche, ils étaient là, à la page 16, dans un paysage de Giono : ”Après des mois si tristes, même les moucherons au soleil offraient d’heureux présages. Leur nuage dans l’or tiède adressait un signe à la solitude.” A deux mille mètres d’altitude, il allume un feu : ”La chaleur délogea des araignées grasses, elles ne me faisaient plus peur…”. Pardonnez-moi de ne parcourir ce beau texte qu’avec un œil d’entomologiste et de ne pas vous faire partager toutes les réflexions de Sylvain Tesson sur l’état de la France des territoires qui ne bénéficie pas encore de la modernité, pas de ZUP, de ZAC, de rocades ou de Wifi…

Épeire fasciée (Argiope bruennichi) ©Daniel Schwenn (Wikipedia Creative commons)

Épeire fasciée (Argiope bruennichi) ©Daniel Schwenn (Wikipedia Creative commons)

Dans les hautes pâtures de la Haute-Provence, page 37, ”Restaient quelques sauterelles et, au ciel, la lente spirale des rapaces, pour témoigner d’une vie mystérieuse”, des gypaètes et des lézards, un engoulevent, l’ombre d’une bête … Page 44, devant les fruits des haies ”De belles araignées, noir et jaune – des argiopes -, assuraient la garde. Les temps où le peuple glanait est révolu.” Mais une page plus loin, dans les champs de lavande : ”La terre était cimentée, lavée de produits chimiques, domestiquée par les besoins de la parfumerie et de la production de miel. La lutte contre les insectes avait été remportée. On y avait gagné un silence de parking. Il n’y avait pas un vrombissement dans l’air. Et moi je divaguais dans ces rainures bleutées avec des pensées de Parisien stupide, admiratif des insectes. Elles auraient fait ricaner les producteurs qui craignaient, malgré des décennies de napalm, les attaques des cicadelles sur les plants”. Juste un bémol : il faut des abeilles pour faire du miel… Petit point qui a dû échapper à la relecture.

Page 54, il est sur les pentes du Ventoux. Il rencontre une vieille dame portant un panier de mûres. Elle lui dit que sur le versant sud il y a des champignons et que c’est un malheur car ”les gens accourent de la ville comme des doryphores et cueillent tout, sans distinguer le cèpe de l’amanite !

Page 58, Tesson avance parmi les buis, ”Les toiles d’araignées cédaient à mon passage, sceaux de la  virginité du terrain.” Page 59, il évoque Pompidou, époque où ”La ville gagnait du terrain |…] L’agriculture d’industrialisait, les insectes refluaient, les eaux se polluaient”. Il gravit page 61 le col de la Madeleine : ”Un silence brûlant montait de la terre. Ce moment où même les insectes se taisent”. En bivouac sur le Ventoux page 63 ”des scolopendres visitèrent [ses] rêves”.

Page 66, il est sur les hauteurs de l’Aygue. Il a laissé Sérignan 20 km au sud, c’est là que le naturaliste Jean-Henri Fabre, qui ”ne voulait pas qu’on l’affublât du nom d’entomologiste”, avait son harmas, sa friche, travaillait sur sa petite table en bois parmi ses fossiles et ses papillons. Tesson en parle sur presque deux pages. Je ne retiendrai ici que cette phrase : ”Un insecte est une clef, digne de la plus noble joaillerie, pour ouvrir les mystères du vivant”.

Faisant un parallèle entre la conduite d’un domaine par un propriétaire terrien et la conduite d’un pays : ”Récemment le chef de l’État français s’était piqué d’infléchir le climat mondial quand il n’était même pas capable de protéger sa faune d’abeilles et de papillons (Fabre en aurait pleuré).” Il doit parler de la COP 21 en 2015. Ne jetons pas la pierre au président de l’époque, ce n’est pas facile de faire quelque chose pour la planète quand les grands pays pollueurs sont menés par des climatosceptiques. La COP 25 vient juste de se tenir et l’on n’a pas avancé. Il faut maintenant que les enfants prennent la parole… Avancera-t-on enfin ?

Fourmi ©Yann Brun (sélectionné Concours Insectes de France 2019)

Fourmi ©Yann Brun (sélectionné Concours Insectes de France 2019)

Page 76, nous sommes sur ”un plateau karstique où des nuées de moustiques formaient des cumulus de protéines au-dessus des herbes.” Mais Tesson n’écrit rien sur les oiseaux qui pourraient s’en repaître. Page 79, Tesson est près d’une ferme abandonnée des Cévennes vivaraises, avec un compagnon qui l’a rejoint. Soulevant le couvercle d’un puits, il dérange ”un scorpion noir, fier, superbement cuirassé, les pattes dressées – un petit dieu. ” Occasion d’évoquer d’autres arthropodes arachnides, réduves, scolopendres, qui sont – pense-t-il - les sentinelles des endroits qu’il recherche.

Page 85, marchand vers le Gevaudan, il parle du dispositif, c’est-à-dire des contraintes comportementales, sociales, politiques, économiques qui conditionnent notre destin. Occasion de parler de ”la douve, qui infect[e] les fourmis et contrôl[e] leurs mouvements, pour les contraindre à l’immobilité sur un brin d’herbe afin qu’elles s’offrent en pâture aux herbivores, qui dev[iennent] alors les nouveaux hôtes du parasite.” Tesson est un marcheur philosophe, critique de notre société de consommation hyper-urbanisée, on l’a compris. Il se sert des insectes pour illustrer ses propos. Pour moi c’est bien la preuve qu’il s’intéresse à cette petite faune.

Voilà que cela se confirme page 100 à travers l’Artense, dans des bourgs où ”Ce qui n’était pas fermé était à vendre, ce qui était à vendre ne trouvait pas d'acquéreur […] au cœur du pays perdu, dans les zones grises de « l’hyper-ruralité »...” Là il fait appel à une métaphore : ”En Australie, le pompile, somptueuse guêpe à cuirasse rubiconde, pond son œuf dans une mygale vivante que la larve dévorera de l’intérieur en grandissant. Le triple dispositif de l’économie glorieuse, de l’agriculture industrielle et de l’urbanisme triomphant avait été le pompile des campagnes.


 
Frelon européen (Vespa crabro) ©Frédéric Cleton (sélectionné Concours Insectes de France 2015

Frelon européen (Vespa crabro) ©Frédéric Cleton (sélectionné Concours Insectes de France 2015

Page 110, nous ne sommes plus dans le symbole. Sa sœur l’a rejoint du côté de La Châtre pour quelques jours de marche et de nuits de bivouac.  Elle n’a jamais dormi à la belle étoile et elle va être gâtée. Tesson a fait un feu sous un nid de frelons : ”Ils vrombissaient dans le noir, se prenaient dans les cheveux, tournaient une ou deux fois autour de la flamme et venaient griller dans les braises comme les avions « Zéro » des kamikazes japonais sur les bateaux de l’US Navy dans le Pacifique.” Et ce n’était pas fini, une araignée attendait sa sœur dans son sac de couchage et les frelons se glissaient dans le double toit de la tente. Bref un cauchemar. Les arthropodes ne sont pas toujours sympathiques dans la vraie vie. Mais au fait étaient-ce des frelons asiatiques, ces kamikazes ? A ma connaissance, le frelon asiatique n’a pas d’activité nocturne contrairement au frelon européen. Mais soumis à l’éclat d’un beau feu de camp ? Qui sait ?

C’est encore une métaphore entomologique qui, page 141, l’avant-dernière page, conclut pratiquement cette longue marche sur les chemins noirs : ”Alors on rentre chez soi débarrassé de l’insecte qui vous mordait le cœur, lavé de toute peine, remis debout.”

J’aurais pu en rester à cette belle conclusion, mais je me suis ensuite plongé dans S’abandonner à vivre, un livre de nouvelles, publié par Sylvain Tesson en 2014, donc écrit avant sa chute d’août cette même année.

A suivre

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Publié le 1 Janvier 2020

"Trio de Calopteryx splendens mâles"  © Roland Mehl - 1er Prix du Public 2019

"Trio de Calopteryx splendens mâles" © Roland Mehl - 1er Prix du Public 2019

Au cours de l'année écoulée, les mauvaises nouvelles ont été nombreuses à propos de la perte de biodiversité et de biomasse des insectes. Leur déclin - et pas uniquement celui des abeilles mellifères - nous est apparu de façon criante, et avec lui la dégradation des nombreux services écosystémiques qu'ils nous rendent. De sombres prévisions sur leur disparition à l'échéance de quelques dizaines d'année ont pu être émises.

A côté de cela les espèces exotiques envahissantes n'ont que trop fait parler d'elles : frelon asiatique, moustique-tigre, pyrale du buis, punaise de lit, et j'en passe...

Comment pourraient-ils disparaitre dans quelques dizaines d'années, alors qu'ils sont sur notre planète depuis 450 millions d'années, qu'ils volent depuis 300 millions d'années, qu'ils pollinisent depuis 200 millions d'années ?

Il y aura encore longtemps des insectes, mais ce n'est pas rassurant pour autant, car ce seront les plus opportunistes, ceux qui peuvent se loger n'importe où, se nourrir de n'importe quoi, ceux que le changement climatique favorise.

Bref ce n'est pas gagné.

L’important est avant tout de prendre conscience qu’il nous appartient de nous comporter de façon plus parcimonieuse pour protéger notre environnement, nos écosystèmes et toutes les espèces avec qui nous partageons la Terre. Mais il appartient aussi aux décideurs de donner les bonnes orientations en matière notamment d’emploi des pesticides, de type d’agriculture, de consommation d’énergie fossile… Oui c'est loin d'être gagné, mais en ce début 2020 soyons positifs, soyons résolument optimistes.

L’Agrion de l’Oise vous souhaite, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers, sans oublier notre planète et sa biodiversité, une belle année 2020, active, apaisée, rafraîchie, pleine de chants d’oiseaux et de bruissements d’insectes

 

 

C'est cette année encore avec une photo lauréate de son concours "Insectes de France" - 1er Prix du Public - que l'Agrion de l'Oise vous présente ses meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Roland Mehl, photographe de Hagondange en Moselle, du club Capteurs d'images d'Illange, participant à notre concours pour la première fois, a réalisé cette superbe photo de trois Calopteryx splendens mâles en mai 2018, dans une zone humide près de la rivière Moselle au lever du soleil par forte forte rosée. Il utilisait son Canon EOS 5D Mark 3 équipé d'un objectif Sigma 150 mm macro avec multiplicateur 1.4. 

2020 verra la 7ème édition du concours photo "Insectes de France" de L'Agrion de l'Oise. Elle sera lancée le 1er juin et les candidats auront jusqu'au 10 septembre pour envoyer leurs photos. L'Agrion de l'Oise espère de très nombreuses candidatures. Alors tous nos vœux de réussite d'excellents clichés aux photographes amateurs d'insectes.

 

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Publié le 26 Décembre 2019

Mante religieuse, in Sciences et Voyages n°290 du 19 mars 1925

Mante religieuse, in Sciences et Voyages n°290 du 19 mars 1925

Tel est le titre d’un article sur une page du magazine Sciences et Voyages n°290 du 19 mars 1925. L’article n’est pas signé, pas plus que les gravures qui l’illustrent. Dans le coin inférieur gauche cependant un encadré fait discrètement la réclame pour un ouvrage "Entretien sur les insectes ; 100 pages illustrées : franco : 3 fr. 50". Nous savons que cet ouvrage est celui d’Alphonse Labitte, attaché au Muséum d’Histoire naturelles (Hautes-Etudes), entomologiste vulgarisateur qui a écrit une trentaine d’article pour Sciences et Voyages entre 1919 et 1925, mais habituellement signés et souvent accompagnés de photos. Nous ne lui attribuerons donc pas cet article.

Que peut-on y lire ?

"J.-H. Fabre a longuement et savamment décrit les mœurs de la Mante religieuse, mais tout le monde n’a pas eu l’occasion de lire les œuvres de ce savant naturaliste. Quelques mots et quelques figures apprendront à ceux qui les ignorent les habitudes de ce bizarre et féroce insecte."

"La Mante est un orthoptère, c’est-à-dire un insecte de la même famille que les sauterelles, les criquets et les grillons. Elle est très commune dans le Midi, plus rare dans le Centre et ne vit pas dans le Nord de la France.

Les choses ont bien changé depuis que l’entomologiste inconnu a écrit ces lignes : la Mante, Mantis religiosa, n’est plus dans l’ordre des Orthoptères, mais dans celui des Mantoptères avec ses proches cousines : Rivetina baetica, Ameles spallanziana et A. decolor, Iris oratoria et Empusa pennata, communément appelé Diablotin, présent dans le Sud de la France. Les Blattoptères ont en commun avec les Mantoptères l’oothèque dans laquelle leurs femelles pondent leurs œufs. Les pattes antérieures ravisseuses sont une caractéristique des Mantoptères. L’article nous les décrit "formidables pattes antérieures armées de dents, de crochets… ". Permettez-moi de passer sur la description du monstre.

Pour en savoir plus sur cet ordre d’insectes, je vous renvoie à un article de Nicolas Moulin "les Mantodea : synthèse sur ces insectes" paru sur le site passion-entomologie.fr.  Il est attaché honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle en charge des Mantodae, le spécialiste donc.

La belle aux yeux noirs © Roger Puff

La belle aux yeux noirs © Roger Puff

Autre commentaire important, aujourd’hui on trouve des mantes au Nord de la France. Elle est protégée en Ile-de-France et classée "quasi menacée" en Picardie, bien qu’elle soit de plus en plus souvent observée. Nous avons d’ailleurs l’occasion d’en photographier assez souvent dans l’Oise. Et on l’adore ce petit monstre. C’est une vraie récompense de pouvoir l’observer de près et de le photographier. De sa tête mobile et de ses grands yeux, elle suit tous nos mouvements. L’une d’elles – aux beaux yeux noirs - a passé plusieurs heures sur le support d’une lampe lors de notre dernière sortie nocturne fin août. C’était la vedette du show.

Mante religieuse en attitude d'oraison, in Sciences et Voyages n°290 du 19 mars 1925

Mante religieuse en attitude d'oraison, in Sciences et Voyages n°290 du 19 mars 1925

Mante se croisant les bras en ayant assez fait © Michel Huyvaert

Mante se croisant les bras en ayant assez fait © Michel Huyvaert

Revenons à notre article.

"En voyant la Mante cheminer plutôt lentement sur le sol, parmi les herbes rares, on ne peut se douter de la férocité de cet insecte, de sa voracité et de sa gloutonnerie. Elle va, l’œil attentif, surveillant ce qui se passe à droite, à gauche, explorant le moindre repli de terrain, la plus petite touffe de gazon. Soudain, elle aperçoit un criquet qui somnole au soleil. La mante s’approche, et, tout à coup, les dangereuses pattes antérieures s’allongent en avant et harponnent le criquet qui se débat vainement. La proie est immobilisée par les crochets et les terribles pattes dentées, puis amenée vers la tête de la mante qui la dévore encore vivante !... J’ai parlé d’un criquet, mais tout lui est bon : papillons, mouches, libellules, etc., elle prend tout, mange tout."

Rassasiée, elle s’arrête et prend la position qui lui a donné son surnom, Prega-Diou en provençal, Prie-Dieu, d’où Mante religieuse, sachant que Mante vient du latin mantis, lui-même du grec Μάντις "prophétesse, devineresse ". A noter que Carl von Linné, l’ayant assimilée aux orthoptères, l’avait initialement nommée Gryllus religiosius en 1758. Mais on la nomme aussi Tigre de l’herbe et même Cheval du Diable en Louisiane.

Mante religieuse faisant face à un pauvre gastéropode, in Sciences et Voyages n°290 du 19 mars 1925

Mante religieuse faisant face à un pauvre gastéropode, in Sciences et Voyages n°290 du 19 mars 1925

L’article relate que dans les campagnes, si un enfant s'égarait, une Mante rencontrée sur son chemin lui indiquerait de sa patte la bonne direction. Mais cet arthropode peut prendre bien d’autres attitudes, jugez-en :

"Notre Mante a enfin terminé ses invocations ; elle continue d’avancer lentement, quand, sur un caillou, à quelques centimètres d’elle, un inoffensif escargot tourne les cornes de son côté. Elle a vu ce mouvement, et, se croyant menacée, se met sur la défensive !... Là, elle devient terrible ! Elle s’est dressée presque debout sur ses pattes postérieures, les terribles pattes antérieures relevées, prêtes à s’abattre sur l’ennemi ! Elle a soulevé ses élytres et déployé ses ailes, faisant entendre une sorte de souffle entrecoupé et distinct !..."

Mantes amantes © Philippe Delmer

Mantes amantes © Philippe Delmer

L’article évoque aussi un combat entre deux individus, mais ne nous dit rien de son accouplement et du sort du pauvre mâle. Le combat décrit était-il un accouplement ? "Enfin l’une des deux bestioles est enlacée par l’autre qui l’étreint furieusement. Vaincue, elle est immédiatement dévorée". Je vous laisse libre d’interpréter ces quelques mots. En revanche l’article nous dit que la Mante est bonne mère et décrit "le nid bien soigné où elle met à l’abri sa progéniture". Il s’agit bien entendu de son oothèque.

La mante vient de pondre et s'éloigne de son oothèque © Roger Puff

La mante vient de pondre et s'éloigne de son oothèque © Roger Puff

Pour finir nous apprenons que cette oothèque fait l’objet de légendes : le tigno ou nid de Mante serait une "panacée presque universelle" (sic, pléonasme bien sûr) :

"On l’emploie contre les engelures, le mal blanc, le panaris ! Mieux que cela, si vous portez un tigno dans votre poche, vous n’aurez jamais mal aux dents !... Ainsi soit-il !... Seulement, voilà !... il y a un seulement. Pour que le nid de la Mante opère tous ces miracles, il faut qu’il soit recueilli dans certaines conditions trop longues à énumérer ! et il faut aussi, et surtout, qu’il ait été découvert dans le quartier de lune favorable !..."

Notre entomologiste en restera là.

Je vous conseille de lire le très intéressant article que Lucas Baliteau a fait paraitre en 2004 dans la revue Insectes n°133  : " La bête qui prie Dieu : la mante religieuse"

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Publié le 14 Décembre 2019

C'est le titre d'un article du magazine Sciences et Voyages n°398 du 14 avril 1927, dont la couverture présente ce fameux papillon ressemblant à une chouette..

Érèbe Chouette - couverture de Sciences et Voyages n°398 du 14 avril 1927

Érèbe Chouette - couverture de Sciences et Voyages n°398 du 14 avril 1927

L'article est n'est pas bien long et voici ce qu'il raconte :

"Nous présentons à nos lecteurs une bestiole extraordinaire : l’Érèbe Chouette, dont le nom scientifique est Thysania Agrippina. C'est un superbe papillon de l'Amérique équatoriale. Il habite la Colombie, le Vénézuéla,  les Guyanes et le nord du Brésil. En Guyane française, il est connu sous le nom de "Meunier".

C'est le plus grand papillon du monde, comme envergure, car il mesure au maximum 35 centimètres. La plupart des exemplaires n'arrive même qu'à 30 centimètres. Celui que nous présentons est vu en dessous, pour montrer les taches qui sont très caractéristiques de ce côté. En dessus, les ailes ne présentent que des lignes droites, des zig-zags, des ondulations ou taches étroites blanches, grises et noires qui font que ce lépidoptère disparait, quand il s'applique contre les troncs d'arbres, confondant la couleur et le dessin avec l'écorce de ces derniers.

Ce mimétisme ne doit pas surprendre, car l’Érèbe Chouette appartient au groupe des Noctuelles, papillons nombreux chez nous, qui savent aussi se dissimuler sur les troncs d'arbres de nos bois. En résumé, ce papillon monstre vit dans les forêts tropicales où il n'est pas très rare. Sa chenille énorme, allongée, ressemble à un petit serpent. Les chasseurs d'insectes de l'Afrique du Sud (région équatoriale) capturent assez souvent l’Érèbe Chouette. J'en ai vu plusieurs exemplaires chez mon collègue et ami, M. Moreau, entomologiste qui m'a communiqué les intéressants renseignements qui précèdent."

Thysania Agrippina (Cramer, 1776) © Acrocynus (licence CC BY-SA 3.0 via Wikipedia)

Thysania Agrippina (Cramer, 1776) © Acrocynus (licence CC BY-SA 3.0 via Wikipedia)

On nous dit que c'est un puissant voilier nocturne que l'on peut confondre avec un oiseau ou une chauve-souris. Mais on ne nous dit pas qu'on peut le trouver en Afrique du Sud. Cela étant le papillon à la plus grande surface d'ailes du monde serait l'Atlas, Attacus atlas (Linnaeus, 1758), de la famille des Saturniidae, que l'on rencontre en Asie

Hamadryas feronia n aux Chutes Iguazu © Roger Puff

Hamadryas feronia n aux Chutes Iguazu © Roger Puff

Celui-ci - probablement Hamadryas feronia de la famille des Nymphalidae, appelé le Craqueur variable - ne fait pas 10 cm d'envergure. Je l'ai photographié au sol sur un support clair, mais ce papillon peut se dissimuler par mimétisme sur un sols de graviers ou sur une écorce, comme celui peut être d'une autre espèce de la photo suivante.

Papillon sur l'écorce d'une arbre aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

Papillon sur l'écorce d'une arbre aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

Mais en voici d'autres toujours pris que les chemins de visite des chutes d'Iguaçu côté Brésil ou côté Argentine. C'était en février 2010.

J'ai tenté de les identifier. Ils sont tous les trois également de la famille des Nymphalidae

Le premier ci-dessous est Catonephele numilia ou Cordonnier grec. Les deux autres sont Calicore hydaspes et Doxocopa linda.

Le parc national d'Iguazu en Argentine et son jumeau, le Parc national d'Iguaçu au Brésil, sont vraiment un paradis pour les amateurs de papillons.

 

Catonephele numilia aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

Catonephele numilia aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

Callicore hydaspes aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

Callicore hydaspes aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

Doxocopa linda aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

Doxocopa linda aux Chutes d'Iguazu © Roger Puff

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Publié le 7 Décembre 2019

L'Agrion de l'Oise vous propose une conférence sur les arthropodes cavernicoles le mercredi 11 décembre à 20h00 à Verneuil-en-Halatte à la salle des Noues (complexe sportif Gérard Level - Allée du Marais).

Les arthropodes ce sont les insectes, les arachnides, les myriapodes et les crustacés, tous des invertébrés à squelette externe. Dans l'obscurité du monde souterrain, ils ont acquis des caractéristiques particulières, dont nous parlera Donald Accorsi, président du club spéléo La Nuit minérale, en illustrant ses propos de photos réalisées par les membres de son club et par lui-même.

Les arthropodes cavernicoles : une micro-faune peu connue

Edouard-Alfred Martel (1859-1938), né à Pontoise, peut être considéré comme le fondateur de la spéléologie moderne. Il revient à Armand Viré (1869-1951) d'avoir développé la biospéléologie. Entré au Muséum national d'Histoire naturelle en 1894, il se consacra - tout en poursuivant ses expéditions dans les entrailles de la terre, en liaison avec Martel depuis 1895 - à l'étude de la flore et de la faune souterraines. On lui doit la description de nombreuses espèces cavernicoles.

De l'entrée des cavités dans lesquelles la lumière du jour s'infiltre jusqu'aux profondeurs plongées dans la nuit noire permanente à des températures constantes basses, tout un écosystème s'est développé en s'adaptant à ces conditions extrêmes.

On observe, par rapport aux espèces voisines vivant en surface, une dépigmentation leur conférant une coloration jaunâtre, une atrophie voire une disparition des ailes, une régression allant jusqu'à la disparition des organes visuels et un développement des autres organes sensoriels.

La conférence de Donald Accorsi nous ouvrira les portes de ce monde mystérieux.

 

 

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Publié le 3 Décembre 2019

Joël Tribhout nous propose ce conte de Noël.

dessiné et peint par Aude Schneider et Élise Des Meules

dessiné et peint par Aude Schneider et Élise Des Meules

Ce soir-là, c’était Noël et pourtant la tristesse envahissait le village. Les rues, les maisons étaient plongées dans le noir total. Pas la moindre petite lueur pour guider les gens. Même la lune s’était cachée derrière d’épais nuages. Les yeux des chats ne brillaient plus. A l’intérieur des maisons les sapins s'étaient éteints. Les rires des enfants avaient laissé place aux pleurs. Quelques flammes de bougies dansaient derrière les vitres embuées mais leurs halos n’arrivaient pas à égayer le cœur des bambins. Le Père Noël fut aussitôt prévenu de la situation du village. Il chercha une solution en caressant sa longue barbe blanche.

« Comment vais-je faire pour me guider dans ce noir total ? Il me sera impossible de déposer les jouets au pied des sapins.»

« Comment repérer les cheminées ?»

Pour le Père Noël, la mission s'annonçait impossible.

« Je vais devoir annuler ma tournée, sauf si... » dit-il songeur.

Le Conseil municipal au grand complet se réunit autour du chef électricien du village. Ce dernier leur annonça que toutes les installations électriques étaient normales. Pour Monsieur le Maire, l’important c’était les enfants. Les priver de la magie de Noël et de ses lumières était impensable. Surtout qu’ils attendaient cet événement depuis si longtemps et avec grande impatience. Il était 23h en ce 24 décembre. Encore une heure avant que les cloches de l’église ne sonnent les douze coups de minuit. Sans électricité, elles resteraient muettes.  La population était anéantie. A quelques centaines de mètres du village, dans un verger planté de pommiers, régnait une ambiance étrange. Une surprenante clarté éclairait les arbres fruitiers. Quelques minutes auparavant, Monsieur Mary, le doyen du village, qui fumait sa pipe sur le pas de sa porte, aperçut dans le ciel, une longue traînée lumineuse qui vînt se poser à proximité des maisons.

« Ce n’est pas une étoile filante, pas à cette époque de l’année et pas aussi grosse ! » s'exclama-t-il.

dessiné et peint par Aude Schneider et Élise Des Meules

dessiné et peint par Aude Schneider et Élise Des Meules

Intrigué, Monsieur Mary attrapa sa lampe à pétrole d’une main, sa canne de l’autre et se dirigea en direction du faisceau lumineux. Après une poignée de minutes de marche, celui-ci découvrit le verger entièrement éclairé. Le vieux monsieur s’approcha d’un pas hésitant, comme hypnotisé et s'écria :

« Oh, quelle merveille ! ».

Le brave homme cueillit une pomme d'un rouge éclatant qui éclairait tel un lampion. De plus en plus curieux mais aussi peu rassuré, il s’approcha tout près du fruit et il découvrit un trou percé dans la pomme aux trois quart vidée de sa chair. C'est ainsi que le vieil homme se trouva nez à nez devant une luciole à l'abdomen scintillant. En quelques secondes, il comprit l'étrange phénomène, leva la tête, observa autour de lui et remarqua que chaque pommier s’était transformé en un magnifique sapin lumineux. Les pommes tardives brillaient de mille feux comme des bougies phosphorescentes. Ivre de joie, oubliant sa canne contre un arbre, le vieillard retrouva ses jambes de vingt ans et rentra guilleret au village annoncer sa mystérieuse découverte. Les habitants le prirent pour un doux illuminé. Il insista jusqu'à ce que les villageois finissent par se décider à le suivre.

Le ver luisant ©Pierre Girard, photo sélectionnée au concours Insectes de France 2018

Le ver luisant ©Pierre Girard, photo sélectionnée au concours Insectes de France 2018

Hommes, femmes et enfants, s’acheminèrent au travers des sentes en direction du verger. Quand ils aperçurent au loin une illumination qui grossissait au fur et à mesure qu’ils s’approchaient, les moqueries laissèrent place à l’étonnement et à la curiosité. Excités, grands et petits se dispersèrent dans le verger et cueillirent avec précaution ces beaux fruits lumineux. L’effervescence était à son comble.

De retour au village, toutes les pommes furent accrochées aux sapins et l’intérieur des maisons se para d'un éclat magique. Des centaines d’autres Lucioles tracèrent un chemin sur les toits des maisons guidant ainsi le Père Noël vers les cheminées. Les rires emplirent de nouveau les demeures et le hameau brilla d'une lueur féerique grâce aux insectes virevoltant joyeusement au-dessus des maisons. Même Dame la Lune sortit sa tête des nuages et les yeux des chats scintillèrent de milliers d’étoiles.

A l'aube, les lucioles s’éteignirent et s’évanouirent dans la nature. Quand le village se réveilla enveloppé de son manteau de brume, les habitants se demandèrent s’ils n’avaient pas rêvé mais les pommes suspendues aux sapins  confirmaient que cette nuit de Noël avait été réellement féérique. La lumière revînt comme par enchantement le jour de Noël, mais le mystère demeura entier. Plus jamais on ne revit de lucioles dans les pommes.

Depuis ce jour et à chaque Noël, les parents racontent à leurs enfants, devant un sapin enguirlandé de pommes, comment grâce à Monsieur Mary et aux lucioles,  cette nuit fut magique.

Joël Tribhout

 

Lampyre ou Ver luisant (Lampuris noctiluca) ©Joël Tribhout

Lampyre ou Ver luisant (Lampuris noctiluca) ©Joël Tribhout

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